Coucou mes lapins :)
J'espère que votre semaine s'est bien passée :)
Vous êtes géniaux vous les savez ça ?! Le nombre de lecteurs augmente chaque semaine et je ne peux que vous en être reconnaissante. Merci beaucoup :)
Merci au nouveau follow/fav pour cette semaine.
Merci à Alexis, Flo, Claire, uneklaineuuuuuse, Marion, Emma, CeliaCom7, Anna. G, Claire bis, xMiu, Klaineuse, Zoé, Sara, SwiftCriss, LePinguAmoureux pour vos reviews.
Anderverysue : ouais la provocation est en quelque sorte un déclencheur dans leur relation pour quelque chose de plus physique ) C'est vrai qu'ils sont clairement cons parfois mais c'est pour ça qu'on les aime :)
Bambinos67/StrangeFlo : tu le verras dans ce chapitre ) merci j'essaye de rajouter des articles régulièrement dessus :) Ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas :)
Maloke : bien sûr, c'est déjà super que tu le fasses tu le sais )
Uneklaineuuuuuse : oh c'est qu'elle t'a plu alors. Ce que tu dis est vraiment adorable merci :') ça me touche beaucoup :) j'espère que tu aimeras toujours la suite, à bientôt peut-être :)
IheartIns : coucou ! hehe merci :) oh merci pour l'avoir regardé et aimé en plus c'est gentil :) eh bien, tu n'as plus à attendre le voilà :) Gros bisous Marion.
Klainekisses : Darren est mon roi, personne ne mérite un WOHOO de ma part à part lui ) parce que ouais Dare il est… WOOOOOOOHOOOO ! Oh eh bien merci, c'est la première fois qu'on me dit ça en fait… ça sort tout seul, directement de ma tête, sans artifice ! Ouais j'ai vraiment voulu montré que Thomas Hummel était le genre de vieux monsieur super gentil qu'on aime tout de suite. Et puis, Santana je l'adore. Dans la série elle m'amuse tellement… Et j'aime voir Lady Hummel et Satan ensemble. Plus qu'avec Rachel, enfin je l'aime pas du tout elle. Tu verras dans le chapitre si tes souhaits sont exaucés. Ouais le vol en planeur au Québec était un clin d'œil pour toi. NE SOUHAITE PAS LA MORT DE DARREN *pleure sous son lit* merci, je t'aime aussi !
CeliaCom7 : Merci. Ouais c'est le mot IL EST PARFAIT !
AnnaKlaineuse : Miss Slogan j'aime ça ) Mais non, Blainey n'est pas débile… Il ne pense pas aux conséquences (bon, il est un peu débile oui !) mais c'est drôle non ? à la semaine prochaine Anna *cœur*
Clairegleek78 : tu la verras dans ce chapitre, tu t'en doutes bien ) Oui ils le seront (petit spoil du vendredi hello !) mais pas pour tout de suite, tu l'auras compris ) Non mais comme je t'ai dit, j'ai du inversé en tapant mon texte (oui j'écris à la main mes chapitres et je les tape ensuite, breeeff). Mais merci, si tu remarques les petits détails comme ça c'est que tu es attentive donc merci de me l'avoir fait remarquer ) Bisous Claire !
xMiu : coucou ! Oh oui, le cul de Blaine/Darren est... argh supermegafoxyawesome :) et oui, aucune chance pour nous de l'avoir j'en ai bien peur ! C'est vrai que le Seblaine est vachement cool mais ici, je ne peux pas faire ce que tu as imaginé :( (peut-être dans une autre fic qui sait )) Le petite voix de Blaine existe vraiment. Je m'inspire d'une de mes amies pour la faire (Zoé reconnais toi dans ses paroles) donc… marie-toi avec Zoé ) Les boules argentées sont un peu la marque de fabrique du Klaine de Nuances, avec le nœud pap' gris bien sûr ) Et les loups les rendent encore plus sexy oui :D haha tu verras par toi-même si tes théories sont bonnes. Non ils n'auront aucune importance dans la suite. Enfin Burt et Carole oui, mais pas les grands-parents. Sebastian, l'enchère… tu pourras lire les conséquences dans ce chapitre ! OMG LE TRAILER DE 50 SHADES EST SUBLIME ** oui je vois ça tu penses à moi en cours ) bisous bisous !
Klaineuse : WALALA ! Putain tu me tues avec ce mot : c'est MAGNIQUE ! :'D Ouais l'affrontement Seblaine est pour… bientôt *sourire diabolique* Que deviendraient Blaine et Kurt sans leur moment lapinesques (nouveau mot à entrer dans le dico Sourieuse/Sniffouilleuse) J'ai vraiment eu envie de le faire fouiller mais je me suis dit non finalement. Ça aurait créé un conflit Klaine et on aurait dépassé les 15000 mots sur le chapitre ) Eh bien Kurt n'a jamais eu de relations, de vraies relations je veux dire, donc il ne sait pas comment réagir avec Blaine. Ce n'est pas qu'il veut pas c'est qu'il ne sait pas. En même temps, tu as botté le cul d'Hunter et tu l'as envoyé dans une contrée lointaine, normal qu'il ne soit plus là ) Oui, j'aime bien les réunions de famille comme ça, pas toi ? Hey, mon Blaine n'a pas de gel déjà (les cheveux de Dare sont trop beaux pour être cachés sous du gel selon moi) Mais ouais ils ne sont pas toujours futés ) C'est vrai mais pas tout de suite, laissez mon Kurt comme ça bande de sadiques ) Ouais celui là fait plus de 11000 mots. Non je les écris en général en 5 jours plus 1 ou 2 pour les taper. OUAIS PETITION (rajoute keupine aussi :')) Ouais tu m'as reviewé au 6ème chapitre je crois :') mais on est plus à l'aise maintenant :) le Crisstianisme sera la religion officielle Haha (c'est tellement nulle comme blague que c'est drôle :D) HAN OMG TU AS VU LA VIDEO FUNNY OR DIE DE DARREN GENRE DARE A POIL DANS SA BAIGNOIRE ! HMMMMM calme-toi Cindy… Non les conventions coutent trop chères. Et quitte à mettre le prix, autant qu'il y ait mon idole (Darren pour ceux qui n'ont pas compris) je pense non ? J'attends ta review avec impatience. Je t'adore aussi keupine :') gros bisous !
Tsuchito : hey :') toi tu me tues avec tes reviews (enfin la c'était un sms but anyway) tu me fais rire parce que Kurt sort son Duval tu veux lui foutre dans le cul mais Montgomery tu t'en balec :'D Merci pour cette profonde conclusion )
Licorne-Klaine : Oui Le Portrait de Dorian Gray est mon livre préféré. J'adore lire mais celui-là est de loin celui que j'aime le plus! Tu verras tout dans ce chapitre, même Sebastian qui sait ;) Gros bisous Sara et je t'adore aussi!
SwiftCriss : hehe, tu n'as plus a attendre une semaine cette fois ;)
LePinguAmoureux : coucou! Ce n'est pas grave tu le sais :) peu importe quand tu reviewes, tu le fais c'est déjà bien. C'est génial même. C'est la tenue de Blaine que j'ai posté je crois ;) Mais merci quand même! Ben c'est juste pour ça en fait :'D Pour le provoquer ;) A bientôt j'espère :)
/!\ Présence de lemon /!\
Sur ce bon chapitre les amis !
ENJOY !
Chapitre 33
Pourquoi je viens d'ouvrir ma bouche sérieusement ? Bordel, je dois être bourré ou un truc du genre.
Je ne pense pas quand même, enfin je n'en sais rien. J'ai sifflé plusieurs flûtes de champagne et j'ai goûté à chaque vin proposé… Je regarde Kurt qui est attentif et qui tape dans ses mains.
Pourquoi j'ai fait ça ? Maintenant il va me faire une crise de colère. La soirée avait si bien débutée pourtant.
Tu n'avais qu'à utiliser ta petite tête Anderson !
Kurt tourne la tête vers moi et m'adresse un grand sourire. Il serait magnifique s'il était vrai et sincère. Il s'approche de mon visage et dépose un baiser sur ma joue avant d'aller effleurer mon oreille de sa bouche et me murmure d'un ton froid et tendu :
« J'hésite entre me mettre à genoux devant toi et te baiser les pieds ou laisser exprimer la créativité de ma main qui chatouille »
Je sais exactement de quoi j'ai envie là, tout de suite. Je lève la tête vers lui pour trouver le bleu de ses yeux et lui envoie un regard, que j'espère langoureux et aguicheur. J'aimerais pouvoir voir l'expression de son visage sous son masque.
« Eh bien, je prends la deuxième proposition. Si ça te convient » chuchotais-je chaudement tandis que le silence regagne la salle.
Il ouvre légèrement la bouche pour laisser passer un souffle tremblant. Putain je veux tellement ses lèvres sur ma peau. Non. Je le veux lui, entièrement. Je le veux à un tel point que s'en est douloureux. Cette fois quand il sourit, ses yeux s'illuminent et il m'éblouit. Il est à tomber par terre.
« Tu as mal on dirait, non ? Peut-être que je peux t'aider avec ce petit problème » lâche-t-il sensuellement en faisant glisser le bout de son doigt de mon menton à la base de mon oreille.
Ce léger toucher réveille, ou plutôt stimule, quelque chose de profondément ancré en moi. Cette envie qui fait mal et qui balaie tout le reste. Je le veux. Maintenant. Mais c'est impossible, on doit rester pour assister aux ventes des lots.
Je me tortille de plus en plus sur ma chaise. Kurt a glissé un bras dans le bas de mon dos et y trace des cercles avec son pouce. Cela fait se tordre d'une façon exquise les muscles de mon ventre. Sa main gauche est enlacée à la mienne. Il y dépose un baiser avant de les reposer sur sa jambe.
Dans un doux mouvement, quasiment imperceptible avant que je ne m'en rende compte, il déplace nos doigts liés vers le haut de sa cuisse jusqu'à la bosse formée par son sexe bandé. Je sursaute quand je la sens et je regarde dans tous les sens autour de nous, inquiet. Tout le monde va nous voir. Mais non, chaque convive fixe l'estrade. Putain, je n'ai jamais tant aimé ce masque que maintenant.
Décidant de tourner ce petit jeu à mon avantage, je passe lascivement ma paume sur son membre à moitié dur. Il ne me lâche pas. Je ne sais pas si c'est pour garder le contrôle de la situation ou si c'est pour dissimuler ma main crapuleuse. Il remonte sa main droite dans mon cou et le caresse. Ses lèvres sont à peine ouvertes et j'entends sa respiration irrégulière s'en échapper. C'est le seul signe visible de mon toucher timide. Mais pour moi, c'est beaucoup. Il a envie de moi. Je sens mon pantalon devenir étroit. Trop étroit.
Le séjour au lac Ontario proposé par Burt et Carole est le dernier lot mis en vente. La salle se défoule et les prix s'enchaînent et grimpent en un éclair. Mais mon attention ne reste pas bloquée là-dessus longtemps. Kurt durcit de plus en plus grâce à moi. Je me sens invincible.
« Et adjugé pour quatre-vingt-dix mille dollars ! » s'exclame joyeusement le maître de cérémonie.
L'ensemble des invités expriment leur contentement en cris et en applaudissements. Malheureusement, Kurt et moi suivons la vague pour ne pas éveiller les soupçons. Notre bulle de perversion explose par la même occasion.
Il me regarde, les yeux assombris et brillants.
« On s'en va ? » mime-t-il sur ses lèvres alors que le brouhaha s'élève un peu plus.
Je hoche la tête, impatient de le suivre.
« Blaine ! » m'interpelle Santana, « suis-moi, c'est maintenant ! »
Quoi ? Mais de quoi elle parle bon sang ?!
« Maintenant quoi ? »
« Les enchères. Pour la première danse. Allez, bouge ton cul hobbit ! »
Elle se met debout et me tend le bras pour que je lui prenne la main. Je regarde brièvement Kurt. S'il avait des mitraillettes à la place des yeux, Santana serait une passoire maintenant. J'ai envie de pleurer de frustration, mais d'un autre côté, de rire. J'explose donc dans un fou rire sans fin car le diable en robe rouge a, à nouveau, empêcher une séance de pelotage intense. Kurt me scrute stoïquement avant de finalement sourire à cause de mes gloussements d'adolescente.
« Personne n'obtiendra de première danse avec toi à part moi ok ? Crois-moi, cette danse ne sera pas devant un public » susurre-t-il sensuellement à mon oreille en lâchant un souffle chaud.
Tous rires s'arrêtent quand mon bas-ventre se crispe me rappelant l'envie puissante que j'ai pour lui.
« Je suis pressé d'y être »
Je me mets sur la pointe des pieds pour l'embrasser tendrement sur les lèvres comme pour conclure cette promesse. Je jette un coup d'œil aux gens près de nous. Ils sont tous la bouche et les yeux grands ouverts. Ils sont surpris. Evidemment, Kurt ne s'est jamais montré avec un homme avant.
Ses lèvres se retroussent dans un sourire à couper le souffle. Il me paraît vraiment joyeux.
« Bon, tu viens Blaine ? » s'impatiente Santana.
Je prends la main tendue vers moi. Elle nous dirige vers l'estrade où sont déjà placés quatre hommes et quatre femmes. Je grimace un peu quand je vois qu'Adam est parmi ces personnes.
« Mesdames, Messieurs, je suis sûr que vous attendiez cet instant avec impatience ! » annonce le maitre de cérémonie déclenchant une vague d'exclamations, « le moment où tout est permis. Toutes ces personnes ont gracieusement accepté de mettre leur première danse en vente ! »
Et merde. Je n'avais pas saisi ça comme ça. Je m'empourpre tout entier. On ne m'a jamais demandé d'être présenté comme un objet devant tous ces gens.
« Détends-toi, on fait ça pour l'association » essaye Santana en voyant ma gêne, « en plus Kurt n'autorisera personne à poser ses mains sur toi. Il va avoir ta première danse. Il ne t'a pas lâché depuis le début de la fête »
Ok, je fais ça pour l'association. En plus, Kurt a les moyens de gagner l'enchère. Je veux dire, il est pété de thunes quoi !
Tu es juste sur le point de l'inciter à acheter tes services comme une pute.
En même temps, je préfère que ce soit lui qui « m'achète » plutôt qu'un gros dégueulasse ou qu'une femme en manque. Pour une fois, c'est une dépense pour une cause noble.
Oh oui, c'est sûr que balancer douze mille dollars comme ça, c'est noble !
Putain. Ma petite provocation de tout à l'heure avait complétement disparu de mon esprit. Mais attends, est-ce que je suis en train de me prendre la tête tout seul ? Quel abruti !
« Commençons mesdames, messieurs. Approchez et examinez attentivement la personne avec qui vous souhaitez danser votre première danse. Cinq hommes athlétiques et cinq femmes séduisantes »
C'est dégueulasse. Plus humiliant, tu meurs. On est simplement des objets. Dégouté, j'inspecte chaque personne qui s'approche de l'estrade pour venir nous reluquer. Kurt est là bien sûr. Il se déplace dans notre direction de sa démarche pleine de grâce. Il salue quelques fois des gens à certaines tables. Dès que le maître de cérémonie juge que tous ceux qui étaient intéressés se trouvaient devant lui, il reprend son discours :
« Comme vous l'avez tous sûrement remarqué, cette soirée est un bal costumé. Pour faire planer le mystère plus longtemps, je n'emploierai que les prénoms de ces personnes. Le premier est Jared »
Jared s'avance et sourit grandement. Il a l'air sûr de lui. Mais bon Dieu, qu'est-ce que je fous là ? Il porte un costume bleu foncé ainsi qu'un simple masque assorti. Deux femmes dans l'assemblée le jauge, près à lui sauter dessus.
Eh bien, Jared va bien s'amuser ce soir…
« Jared est dompteur de vaches au Texas. Il ne se déplace qu'en trottinette et a donné des cours de chinois au président des Etats-Unis » le présente le maitre de cérémonie en souriant, « alors combien pour danser avec ce cowboy texan ? »
Jared rit et fixe le maitre de cérémonie. Vue sa tête, il doit avoir tout inventé. Il se tourne vers la foule devant lui et donne un clin d'œil à l'une des deux femmes qui le regardaient avec convoitise.
« Mille dollars » crie celle qui a eu droit au signe de Jared.
Le prix monte rapidement pour finalement atteindre les cinq mille dollars.
« Adjugé ! » annonce le maitre de cérémonie, « à la jeune femme masquée »
Qu'est-ce qu'il est drôle… Tout le monde porte un masque. Je roule des yeux alors que certains rient ou applaudissent. Jared quitte l'estrade et prend dans ses bras la femme à qui il avait adressé le clin d'œil et qui a remporté l'enchère. Ce doit être sa femme ou quelque chose comme ça.
« Tu as vu ? Ce n'est pas si terrible que ça. On peut s'amuser » me chuchote Santana, « et pour le bien de tous, il serait bien mieux que Kurt gagne ton enchère. Ce serait mal vu que son côté garce agressive ressorte non ? »
« Garce agressive ? » répétais-je, assez étonné.
« Ouais, tout le monde le craignait. Enfin, c'est toujours le cas. Mais il arrive à encaisser maintenant »
Un éclair de tristesse et de colère passe sur son visage.
Kurt ? Agressif ? C'est difficile de l'imaginer ainsi. Il arrive à toujours être maitre de lui-même. Je ne l'ai vu que très rarement perdre son sang-froid. Qu'est-ce qui a pu le faire changer ?
Une fille s'avance sur le devant de la scène et le maitre de cérémonie fait sa présentation. Mais je n'y prête pas attention.
Je tourne et retourne dans ma tête ce que vient de me dire Santana. Est-ce que c'est Sebastian qui l'a tellement abimé qu'il a radicalement changé ou bien c'est ce qui lui est arrivé au lycée ? J'ignore d'ailleurs ce que c'est mais je sais que c'est encore une plaie ouverte en lui.
Je le cherche parmi la foule devant nous et le trouve en train de me fixer intensément. Nous gardon ce contact visuel un moment. Kurt Hummel la garce… Je n'aurais jamais pensé pouvoir utiliser ce qualificatif sur lui.
« C'était quand ? »
Santana fronce les sourcils, ne comprenant pas. Je repose ma question en la précisant plus.
« Quand est-ce que Kurt était… comme ça ? »
« C'était durant nos premières années de lycée. Les gens l'emmerdaient à cause de son homosexualité et Kurt se défendait en prenant les défauts des autres et en les retournant contre eux avec des piques méchantes. Tout le monde avait peur de s'attirer ses foudres. Enfin sauf… »
Elle s'arrête et fixe un point invisible devant elle d'un air absent. Sauf qui ?! Elle me regarde à nouveau.
« Il ne t'avait rien dit hein ? »
Je secoue la tête et elle souffle.
« Il a toujours été solitaire mais à cause de ce moyen de défense qu'il s'était créé, personne ne lui parlait au lycée. On l'évitait à tout prix. Et puis… Il a changé de lycée au cours de la troisième année et il est devenu petit à petit quelqu'un d'autre. De plus froid et de plus contrôlé » finit-elle.
Ok… Un bout de l'histoire de Kurt vient de s'ajouter aux autres que j'avais déjà récoltés.
Le maitre de cérémonie présente une autre fille mais je décroche totalement.
Donc Kurt était ce genre d'élève au lycée. Toujours seul et que tout le monde évitait par peur. Mais Santana a sous-entendu que quelqu'un ne le craignait pas. Qui ? Et pourquoi il a quitté le lycée en cours d'année ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Je le contemple discrètement. Je sens les yeux pesants d'Adam sur moi. Mon Kurt…
« Laissez-moi maintenant introduire le beau Blaine »
Putain c'est à moi. Je jette un coup d'œil à Santana dans l'espoir qu'elle m'aide mais, au lieu de ça, elle me pousse pour que je sois bien exposé devant tout le monde. J'ai un peu de chance dans tout ça puisque je ne m'étale pas en trébuchant sur mes propres pieds. Ma maladresse a dû prendre des vacances. Je me tortille, nerveux et mal à l'aise sous tous ces yeux scrutateurs. Je lève la tête vers Kurt qui a un sourire sournois plaqué sur le visage. Espèce de con !
« Le beau Blaine est l'homme le plus souple du monde. Il peut jouer du piano avec ses pieds et, à ses heures perdues, il est astronaute. Sur ce, que les enchères commencent ! »
Kurt est en train d'assassiner le maitre de cérémonie du regard. Le pauvre…
« Dix mille dollars ! »
Je crois qu'Adam vient de décéder derrière moi.
« Quinze mille »
Qu'est-ce que c'est encore ? Tout le monde tourne la tête en direction de la voix. Un homme habillé très élégamment en est le possesseur.
Je jette un regard incrédule à mon maniaque du contrôle. Il va péter un câble normalement dans un, deux… Mais non, il sourit hautainement à l'inconnu en se tapotant la lèvre de son index. Kurt sait qui il est. C'est certain. L'inconnu lui fait un signe de tête.
« Wow on dirait que ces deux messieurs sont prêts à mettre la main au porte-monnaie ! »
Le maitre de cérémonie cache à peine son enthousiasme. Il regarde Kurt et lui lance un énorme sourire. C'est vraiment un très bon divertissement. Même si je suis en plein milieu.
Surtout parce que tu es en plein milieu !
« Vingt mille » enchérit tranquillement Kurt.
Le silence emplit le chapiteau. Les yeux des gens présents naviguent entre Kurt, l'inconnu et moi.
« Vingt-cinq » rétorque l'étranger.
C'est tellement gênant tout ça. Faites que le sol s'ouvre sous mes pieds. Kurt m'examine, le visage stoïque mais les yeux brillants d'une lueur malicieuse. Tous les regards sont braqués sur lui. A quoi il pense ? Qu'est-ce qu'il prépare ? Mon cœur va sortir de ma poitrine d'une minute à l'autre.
« Cent mille dollars » renchérit-il fortement et d'un ton provocateur.
« Oh nom de Dieu de bordel ! » lâche Adam en arrière sur l'estrade.
Des chuchotements scandalisés et rieurs s'élèvent sous le chapiteau. L'étranger rit et baisse la tête, vaincu. Kurt lui sourit en retour, très fier de lui. Je me tourne vers Santana qui lève son pouce, folle de joie.
« Pour le beau Blaine, cent mille dollars une fois… Cent mille dollars deux fois… »
Le maitre de cérémonie interroge l'étranger du regard mais celui-ci secoue les mains, un air de déception faux sur ses traits. Il s'incline devant Kurt en signe de défaite d'un geste exagéré.
« Adjugé ! » s'exclame joyeusement le maitre de cérémonie.
Un tonnerre d'applaudissements conclut cette enchère. Kurt s'approche de moi, enlace mes doigts avec les siens pour mes faire descendre de l'estrade. Il me fixe avec amusement, dépose un baiser sur mon poignet et passe un bras dans mon dos en me poussant gentiment vers la sortie du chapiteau.
« Tu le connais ? »
« Oui. Tu feras sa connaissance tout à l'heure. Pour le moment, j'ai quelque chose à te faire voir. On est tranquille une demi-heure, le temps que les ventes soient bouclées. Après, on devra être de retour pour que j'ai la possibilité de savourer mon achat »
« Quelques pas hésitants à cent mille dollars » dis-je d'un ton ironique.
« Tous les cents seront justifiés. J'en suis certain »
Ses lèvres s'étirent dans un sourire sexy, pervers secret. Le tiraillement qui fait presque mal revient dans le bas de mon ventre.
On traverse le jardin. Je m'attendais à ce qu'il m'emmène à nouveau dans le hangar à bateaux, mais non. Une pointe de regrets me traverse quand je vois qu'il nous dirige vers le grand kiosque en bois. Des musiciens semblent être en train de se préparer et plusieurs convives sont rassemblés pour fumer. La plupart des invités sont sous le chapiteau donc personne ne s'attarde sur nous.
Kurt me tire vers la maison, fait coulisser une baie vitrée et me fait entrer dans une grande pièce chaleureuse où je n'étais jamais venu avant. On passe le grand couloir avant d'aller vers l'immense escalier en marbre de l'entrée. Il attrape gentiment ma main et nous montons au deuxième étage. Il s'arrête devant une porte en bois, respire un grand coup et l'ouvre. Il me fait entrer dans la chambre.
« C'est la mienne quand je viens passer du temps ici » annonce-t-il en fermant la porte à clé.
C'est une très grande chambre. Elle ressemble beaucoup à celle de son appartement. Les murs sont bleus et le peu de meubles qu'il y a sont blancs. Seulement, il y a un bureau en plus ainsi que quelques étagères sur lesquelles reposent des trophées et des livres. Plusieurs tableaux représentants des paysages sont accrochés aux murs. Il y a un coin, près du bureau, qui pique ma curiosité. Il y a beaucoup de photos ainsi que des tickets d'entrées de divers événements. On dirait qu'un bon nombre de ses souvenirs se trouvent ici. Burt a dû déménager toutes ces choses quand il est arrivé dans cette maison avec Carole. Mes yeux se reposent finalement sur le superbe spécimen qu'est Kurt. Il m'examine depuis le centre de la chambre de son regard brûlant et sexy.
« Tu es le premier qui vient dans cet endroit » chuchote-t-il.
« Le premier ? »
Il acquiesce doucement. Je prends une grande respiration. Le désir puissant et primal que je ressens depuis le début de soirée me tord le ventre et envoie une bonne dose de sang vers mon sexe. Kurt est immobile au milieu de cette pièce bleue claire et il porte ce masque. C'est putain de sensuel tout ça. Je le veux. Tout de suite. A même le sol s'il le faut mais tout de suite. Je fais tout mon possible pour ne pas lui sauter dessus et lui déchirer ses fringues pour qu'il soit nu. Il vient vers moi d'un pas décontracté.
« On a très peu de temps. Mais vu l'effet que tu me fais, je ne pense pas pouvoir me retenir des heures. Viens par-là, je vais te déshabiller »
Je m'approche de lui et regarde brièvement la porte, heureux qu'il l'ait fermée à clé. Il effleure mon visage du sien et souffle chaudement contre ma peau :
« Je vais te laisser le masque »
Ses mots font naître un énorme frisson dans tout mon corps et un petit gémissement passe mes lèvres. Et tout ça sans qu'il n'ait passé une seule fois ses mains sur moi.
Il déboutonne et fait passer ma veste par-dessus mes épaules. Dans le mouvement, ses doigts caressent la peau de mon cou et cela envoie des petites décharges électriques en moi. Il enlève rapidement ma chemise, dénoue mon nœud pap' et retire mon pantalon. Il plie soigneusement mes habits et les pose sur ma chaise près du bureau. Il met ensuite sa veste par-dessus la pile. Il arrête de bouger un instant et me contemple de ses yeux assombris. Je ne porte plus que mon boxer sur moi. Je ne sais même pas quand mes chaussures ont été virées. Je profite de la chaleur de son regard.
« Blaine, Blaine, Blaine » répète-t-il en prenant son temps.
Il s'approche de moi nonchalamment tandis que ses mains sont occupées à défaire son nœud papillon. Il laisse pendre les pans de tissus autour de son cou. Ses doigts dérivent ensuite vers les boutons de sa chemise.
« J'étais fou de rage tout à l'heure quand tu as enchéri pour le séjour à Aspen. Tout un tas de pensées ont traversé mon esprit. Mais je me suis souvenu que les punitions n'étaient plus à l'ordre du jour. Sauf que tu as choisi l'option numéro deux... »
Laisser exprimer la créativité de sa main qui chatouille. Le bleu de ses yeux tombe sur moi.
« Dis-moi ce qui t'est passé par la tête » murmure-t-il.
« Je le voulais. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'étais frustré, énervé, j'avais sûrement trop bu… Et puis, c'était pour la bonne cause »
Je baisse la tête pour ne pas avoir à affronter son regard.
Dis-lui que tu voulais surtout qu'il s'intéresse à toi.
C'est vrai. J'avais envie de lui. Enfin c'est encore le cas maintenant. En dix fois plus fort mais c'est encore le cas. Le tiraillement en moi est presque insupportable. Et je sais qu'il est capable de l'arrêter, de satisfaire ce désir bestial en le nourrissant d'une façon dont il est très habile. Il s'humidifie les lèvres et je vois le bout de sa langue dépasser. Je veux la sentir sur ma peau, sur ma…
« Je me suis fait la promesse de ne plus te donner de fessées. Même avec toutes les supplications du monde »
« Je t'en prie »
« Mais j'ai bien saisi que tu souffrais de la situation car je ne suis pas le genre d'hommes à te laisser sur ta faim d'ordinaire »
Ce petit con orgueilleux affiche un sourire fier. Je ne m'arrête pas là-dessus car, après tout, tout ce qu'il dit est vrai.
« Tu as raison » lâchais-je.
« Donc… Si on le fait, j'ai bien dit si, tu dois me faire une promesse »
« Tout ce que tu voudras »
« Je veux que tu utilises le mot d'alerte dès que tu sens que c'est trop ok ? Je te ferai simplement l'amour dans ce cas »
« D'accord »
Je tremble de partout. J'ai besoin qu'il me touche.
Il prend une profonde inspiration avant de m'emmener près du lit. Il replie la couverture, se pose sur le matelas et place un coussin à gauche de ses cuisses. Je me tiens debout devant lui. Il me regarde attentivement avant de prendre mon poignet et de me tirer brusquement à plat ventre sur ses cuisses. Il bouge sous moi pour que je sois dans une position confortable afin que mon torse repose sur le coussin. Je tourne la tête pour pouvoir le regarder. Il caresse tendrement les boucles sur mon crâne et joue avec le ruban doré de mon loup.
« Tends-les bras derrière toi » me chuchote-t-il.
Je sais ce qu'il va faire. Mon idée est confirmée quand il tire sur un bout de son nœud papillon et qu'il attache mes poignets ensemble avec. Mes bras sont liés dans mon dos.
« Blaine, tu es certain de vouloir le faire ? »
Je clos les paupières. Depuis que je le connais, pour la première fois, j'en ai envie. Je sens que c'est absolument nécessaire.
« Oui »
« Pourquoi ? » me questionne-t-il en passant sa main lentement sur mon cul.
Je geins quand sa peau touche la mienne hypersensible. Pourquoi ? Pourquoi ? C'est difficile à dire. Ce samedi a été comme un ascenseur émotionnel. On s'est engueulé à cause du fric, d'Elliott, de Sebastian Smythe, des informations retraçant ma vie sans compter le traçage de la carte des zones minées, cette fête luxueuse, les masques, le trop plein d'alcool, les boules métalliques, les enchères… Tout ça fait que j'en ai besoin.
« Je dois me justifier ? »
« Non, bien sûr que non bébé. J'aimerais juste savoir à quoi tu penses parfois »
Il met sa main gauche sur mes poignets liés pour me tenir et la deuxième rompt le contact sur ma peau pour revenir une microseconde après violemment sur le bas de mon cul. L'échauffement que ça crée à une liaison directe avec mon érection douloureuse.
Oh putain de bordel. Je lâche un grand cri. Il me fesse à nouveau pile au même endroit. Je crie encore.
« Deux » chuchote-t-il, « je vais le faire encore huit fois »
Putain, putain. L'autre fois, ce n'était pas du tout comme ça. Là, c'est érotique, c'est essentiel. Il frôle ma peau échauffée du bout des doigts. Je suis exposé, fragile, couché sur ses genoux. Il tient ma fierté entre ses mains et c'est moi qui l'aie placée là. Il me tape à nouveau, sur ma fesse gauche cette fois et encore, à droite. Il s'arrête un instant pour faire glisser mon sous-vêtement le long de mes jambes. Il caresse mon cul de sa paume avant de l'abattre encore. Chaque fessée brûlante ralentie mon envie. Ou alors l'attise. Je ne sais pas trop, je suis incapable de raisonner. Je me laisse aller sous ses claques qui m'irradient et je m'en délecte.
« Dix » chuchote-t-il d'une voix grave.
Il effleure mes fesses chaudes et je sens qu'il fait glisser ses doigts entre elles. Il caresse mon entrée et me pénètre d'un doigt puis d'un deuxième. Il effectue un mouvement de ciseaux en moi pour m'étirer, ainsi que des va-et-vients. C'est délicieux et je sens la chaleur désormais caractéristique monter en moi.
« K-Kurt, j-je v-vais… » gémis-je fortement.
Avant que l'orgasme ne me frappe, il a arrêté tout mouvement. Je geins de mécontentement et j'essaye de balancer mes hanches contre ses doigts pour qu'il continue mais il me retient.
« Non, non bébé. Pas tout de suite » murmure-t-il d'un ton pervers.
Il retire le nœud de mes poignets mais n'enlève pas ses doigts de mon intimité. Je suis tout essoufflé et je suis au bord de la jouissance.
« Je veux que l'on jouisse ensemble Blaine » me souffle-t-il en nous déplaçant mais en ne me libérant pas pour autant.
Il m'agenouille sur le parquet de la chambre et laisse reposer mon buste sur le matelas. Il se place derrière moi et j'entends qu'il se débraguette. Il enlève ses doigts de moi et craque l'emballage d'une capote.
« Ecarte un peu plus tes genoux »
J'obéis. Il passe une main sur mon ventre et touche mon sexe avant d'entrer d'un coup en moi.
« Ce sera rapide bébé » chuchote-t-il en caressant ma verge.
Il sort complétement de moi avant de revenir violemment.
« Oh ! »
Je hurle. C'est tellement bon de le sentir m'étirer de cette façon.
Il tape fortement ma prostate à quasiment chaque coup de reins. La langue de chaleur se déroule un peu plus à chaque fois dans mon corps. C'est violent mais tendre aussi. Mon cerveau va péter, c'est certain. Mais je m'en fous, j'ai envie de ça. Je lance mon bassin contre ses hanches quand il me pénètre pour qu'il me prenne plus profondément.
« B-Blainey pas ça ! » siffle-t-il en tentant de m'empêcher de bouger.
Mais je me fous de ce qu'il dit. Je veux qu'il me baise plus fort. Alors je jette mes hanches contre lui et me synchronise avec ses mouvements.
« Blainey, putain, BLAINEY ! » crie-t-il en se libérant en moi.
Sa délivrance me fait jouir fortement, longuement, délicieusement. Si le lit ne me retenait pas, je m'écroulerais par terre, haletant, pour une bonne centaine d'années. Je suis à bout de force.
Kurt s'approche de moi et dépose ses lèvres sur ma nuque et sort de moi. Il enroule ses bras autour de mon corps et niche son visage dans mon dos. On profite de cette étreinte post-orgasmique, à moitié assis sur le sol pendant quelques minutes, seulement le temps de retrouver un souffle régulier. Le tiraillement dans mon bas-ventre s'est effacé. Je suis rassasié et épanoui.
Kurt desserre ses bras et m'embrasse à nouveau.
« Une danse nous attend cher Blaine » chuchote-t-il.
« Mmh, mmh »
Je profite des fragments de plaisir qui restent en moi ainsi que de la sensation de satisfaction extrême.
Kurt s'assoit par terre et me fait quitter ma position pour m'attirer contre lui.
« On doit y retourner, on va remarquer notre absence.
Il dépose un baiser sur mon front et me met sur mes pieds.
Je me mets sur le lit en grognant, cherche des yeux mon boxer, le trouve et le passe. Ensuite, je vais d'un pas lourd vers le bureau et attrape mes habits. J'enfile mon pantalon, boutonne ma chemise, noue habilement mon nœud papillon et remets mes chaussures. Kurt s'habille aussi, refait le lit et noue aussi son nœud pap'.
Je passe ma veste et lève les yeux vers le mur près du bureau plein de photos. Kurt, plus jeune, était déjà très beau. Il y a beaucoup de clichés de lui et Santana : au ski, à Paris près de la Tour Eiffel, à Londres devant Big Ben. Il y en a d'autres où il est seul ou avec son père et Carole.
Il y a quelques tickets de représentations pour des shows de Broadway, des concerts divers et quelques opéras. Et, sur une toute petite photo, se trouve une belle femme blonde aux yeux bruns, souriante. Elle ressemble à quelqu'un mais je n'arrive pas à savoir à qui. Son visage me dit vraiment quelque chose.
« Qui est cette femme ? »
« Ça n'a pas d'importance » grogne-t-il en enfilant sa veste et en passant une main dans ses cheveux.
« Dis-moi qui c'est. Je t'en prie »
Il souffle bruyamment.
« C'est… ma mère. Est-ce que mon nœud papillon est bien Monsieur L'expert ? »
Je mets du temps à réagir. Bien sûr que c'est sa mère… Il lève la tête comme un enfant et je redresse son nœud en lui donnant un tendre sourire.
« Voilà tu es parfait comme ça »
« Toi tu l'es tout le temps bébé » chuchote-t-il avant de m'embrasser langoureusement, « tu te sens bien maintenant ? »
« Oui. Grâce à toi Kurt »
« On remet ça quand tu veux Blainey »
OoOoOoOoOoO
Toute la foule a migré sous le grand kiosque en bois. Kurt m'adresse un léger sourire. On est revenu pile au bon moment. Il m'entraîne sur le plancher de la piste de danse.
« Il est l'heure de la première danse chers invités. Madame et Monsieur Hummel, prêts ? »
Burt hoche la tête en tenant Carole amoureusement dans ses bras.
« Chaque couple de la première danse, prêts ? »
Tout le monde acquiesce. Je remarque que Santana est avec un homme. Où est passée Helaine, sa petite amie ?
« Eh bien, que le bal débute ! Marley, c'est à vous ! »
Les acclamations s'élèvent et une jeune femme s'approche timidement du micro, regarde les musiciens, leur fait un signe de tête et commence à chanter. Je ne connais pas la chanson. Je demanderai à Kurt.
Il me serre contre lui et je n'ai qu'à le suivre pour les pas de danse. Il est tellement doué que je n'aie même pas à me forcer ou à peiner. Nous avons tous les deux des sourires niais sur le visage et nous virevoltons sur la piste.
« Ce morceau est vraiment agréable » chuchote Kurt en m'admirant, « les paroles me semblent… faites pour nous »
« C'est quoi ? »
« All I Need de Within Temptation »
« Tout ce dont j'avais besoin, je l'ai obtenu il y a quelques minutes »
Il fronce les sourcils mais ses yeux brillent de malice.
« Blaine Anderson vous me choquez. Où est donc passée votre retenue ? » dit-il faussement scandalisé.
« Certainement envolée avec ma virginité et le peu d'innocence qu'il me restait mais que vous avez remplacé par des leçons plus… adultes »
« J'en suis fier »
Il est vraiment sincère quand il dit ça. Rien n'existe à part nous deux et la musique. Seuls nos deux corps collés comptent.
La chanson se termine et toutes les personnes présentes sur la piste de danse félicitent Marley. Elle nous remercie et présente un à un les musiciens.
« Permettez-moi de vous déranger »
Nous nous tournons vers la voix et en face de nous se tient l'homme qui a enchéri contre Kurt lors de l'enchère de ma première danse. Kurt retire ses bras d'autour de moi et fait un pas raide en arrière. Mais je décèle tout de même une lueur joueuse dans ses yeux.
« Bien sûr. Blaine, voici William Schuester. Will, Blaine »
Bordel !
Kurt part vers un des serveurs avec un rictus sur les lèvres.
« Vous appréciez la soirée Blaine ? » m'interroge gentiment le Docteur Schuester.
Le ton de sa voix est très amical.
« O-Oui merci » bafouillais-je comme un con.
Les musiciens commencent une nouvelle chanson et le Docteur me prend contre lui. Très peu d'hommes serait à l'aise de danser avec un autre homme en public mais lui semble tranquille et a l'air d'être tout à fait naturel.
Je me l'étais représenté plus vieux. Il doit avoir à peine trente-cinq ans, d'après ce que je vois de son visage. Il est assez grand, un peu plus que Kurt. Il n'est pas aussi élégant que lui par contre.
Je ne sais pas quoi lui raconter. Euh salut, vous voulez bien me dire pourquoi Kurt est un peu sadique sur les bords ? Non. Pourquoi vous avez voulu m'acheter plus tôt ? Non plus. Je pourrais lui demander mais ça me parait malpoli.
« C'est un plaisir de pouvoir enfin vous voir Blaine. C'est une belle réception n'est-ce pas ? »
« Oui très belle »
« J'espère que je ne vous mets pas mal à l'aise. Je ne vous ai même pas demandé l'autorisation pour danser avec vous »
Il me donne un sourire d'excuses amical. Je me détends un peu.
« Docteur Schuester, vous êtes le psy entre nous deux. Vous devriez déceler ça, non ? »
« Oh, le malaise est donc là. L'angoisse de rencontrer un psy capable de lire dans votre esprit » sourit-il plus grandement.
Je ris doucement.
« Je suis terrifié à l'idée de révéler quelque chose sur moi qui vous permettrait d'entrer dans ma tête donc je reste sur mes gardes et je réfléchis avant de parler. Mais, si vous voulez tout savoir, je meurs d'envie d'apprendre des détails sur Kurt »
« Eh bien, si vous n'avez pas remarqué, nous sommes à une fête donc j'ai rangé mon tablier « psy fou » pour ce soir » dit-il sous le ton de la plaisanterie, « et puis, je n'ai pas le droit de divulguer des secrets sur Kurt. Et même si je le pouvais, nous devrions prendre une année sabbatique pour ça » finit-il avec une expression de défi.
Je suis bouche bée.
« Je rigole Blaine »
Je m'empourpre assez embarrassé. Puis je lève hautainement le menton parce qu'il fait de l'humour sur le dos de Kurt.
« Je vais pouvoir dire à Kurt que j'avais raison : vous êtes un escroc »
Le Docteur Schuester glousse.
« Votre jugement est peut-être bon »
« Vous êtes quelqu'un de très secret non ? »
« Je ne sais pas. Je dirais plutôt que je suis fastidieux. J'ai une vie tranquille »
« Vous vous rabaissez »
« Voilà mon principal défaut. Je pourrais en dire autant de vous Blaine »
« Que je me rabaisse ou que je suis fastidieux ? »
Il rit à nouveau.
« Non. Je voulais dire que vous êtes très secret aussi »
« J'ai une vie tranquille » souriais-je.
« Permettez-moi d'en douter »
Tout à coup, il adopte un air boudeur. Je sens mes joues chauffer mais heureusement pour moi, la chanson prend fin. Kurt arrive près de moi et le Docteur Schuester me lâche.
« Je suis content d'avoir fait votre connaissance Blaine »
Il me sourit amicalement une dernière fois. Pourquoi est-ce que je me sens si exposé, comme s'il venait de me faire passer un subtil interrogatoire ?
« William » salue poliment Kurt.
« Kurt » répond le Docteur sur le même ton avant de s'éloigner et d'être englouti par la marée d'invités.
Kurt me serre contre lui pour entamer la prochaine danse.
« Je le voyais plus vieux » commençais-je, « et puis, il n'est pas du tout professionnel »
Kurt incline la tête sur son épaule.
« Pas professionnel ? »
« Absolument pas. Il a tout dit »
Il se tend immédiatement à l'entente de mes paroles.
« Bon, eh bien, je vais prévenir Joey d'avancer la voiture. Je suis certain que tu veux t'éloigner de moi maintenant » chuchote-t-il.
J'arrête de bouger.
« Il n'a rien dit »
J'entends son cerveau bouillir de confusion d'ici. Il fronce les sourcils puis un air rassuré prend place sur ses traits. Il me reprend dans ses bras.
« D'accord. Dansons alors ! »
Son regard croise le mien. Il est éblouissant. Il m'entraine et me fait tourner à travers la piste de danse.
Ses secrets sont si gros qu'il pense que je voudrais m'enfuir quand je les saurais. C'est assez bête.
On continue de tourbillonner pendant deux morceaux mais finalement, une envie pressante me prend.
« Je reviens vite »
Je marche sur la pelouse pour rejoindre le chapiteau car les toilettes ont été installées à l'intérieur. Je passe l'ouverture de la grande tente. Les lumières sont toujours allumées mais il n'y a presque plus personne. Ah si, un couple dans un coin en train de se tripoter sans aucune gêne. Je baisse la tête vers le sol pour ne pas jouer au voyeur et me précipite vers les toilettes.
« Blaine ? »
Une voix d'homme suave me fait peur. Je tourne la tête vers un homme grand en costume gris foncé et avec une cape noire par-dessus. Il porte un loup vénitien argenté avec des traits dorés ainsi qu'un haut-de-forme noir. Il est superbe.
« Je suis plutôt fier de vous avoir intercepté seul » dit-il aimablement, « j'ai voulu discuter avec vous dès que je vous ai vu arriver »
« Excusez-moi mais qui êtes-vous ? »
Il retire son chapeau et son loup.
Putain ! Sebastian Smythe !
« Je suis désolée de vous avoir effrayé »
Je ne sais même pas quoi dire ou faire ? Merde pourquoi ce mec m'a abordé déjà ?! Comment est-ce que je suis censé me comporter face à un détraqué sexuel ? Il m'indique d'un signe de main une chaise avec un sourire charmeur. J'ai peur, je suis intimidé et je suis perdu donc je m'assois, heureux de pouvoir me cacher derrière mon masque.
« Je n'en aurais pas pour longtemps Blaine. Kurt m'a rapporté la façon dont vous me voyez »
Je le fixe stoïquement. Je ne veux pas qu'il voit mes émotions. Je suis quand même content qu'il sache. Comme ça, je n'ai pas à lui avouer et il peut continuer sans détour. Et, je dois l'avouer, ma curiosité est piquée depuis qu'il m'a accosté.
Il regarde derrière moi.
« Je vois que Joey assure vos arrières »
Je me tourne et je vois Joey à l'entrée du chapiteau. Montgomery n'est pas très loin d'ailleurs. Ils examinent l'intérieur de la tente mais pas une seule fois ils ne posent les yeux sur nous.
« Je ne vais pas tourner autour du pot » continue-t-il rapidement, « Kurt vous aime. C'est très clair. C'est la première fois que je le vois comme ça. La première fois »
Il accentue les derniers mots. Quoi ? Kurt est amoureux de moi ? Quel est son intérêt de me le dire ? Il veut faire copain-copain ? Je suis déboussolé.
« Il n'est surement pas prêt pour vous le dire. Je ne suis même pas certain qu'il s'en est même rendu compte. Ce n'est pas faute de lui avoir répété pourtant. Mais c'est ainsi. Il a dû mal avec ce qu'il ressent et avec le bonheur plus généralement. Enfin, vous avez dû le remarquer. Son estime de lui-même frôle le zéro »
Je n'arrive pas à m'en remettre. Kurt est amoureux de moi ? Il ne le sait pas encore certainement mais ce type le sait. C'est vraiment bizarre.
Tout un tas d'événements me passent en tête : l'IPad, le vol au-dessus de Los Angeles, il m'a rejoint en Californie pour une journée à peine, son comportement, sa jalousie, l'offre de cent mille dollars pour pouvoir danser avec moi. C'est ça l'amour ?
Et l'apprendre grâce à ce type, que ce soit lui qui me dévoile les sentiments de Kurt, c'est plutôt déplacé. J'aurais aimé que ces mots sortent de sa propre bouche.
Je sens un pincement au cœur. Il se déteste à un tel point qu'il ne peut pas imaginer que quelqu'un l'aime. C'est triste.
« Pour la première fois depuis que je le connais, il découvre ce qu'est le bonheur. Et je sais que vous partagez ses sentiments »
Il affiche un sourire bref.
« Je suis content et je vous souhaite tout le bonheur du monde. Mais je voulais juste vous avertir : si vous lui faites du mal, rien qu'une seule fois, je saurais vous trouver et je vous fais la promesse que ce ne sera pas joli à voir »
Son regard vert clair me transperce de part en part et tente de forcer mes pensées. Sa mise en garde est pathétique et surtout malvenue. Je ne peux retenir le rire qui passe mes lèvres. Il n'a vraiment pas honte putain.
« Mes paroles vous amusent Blaine ? » lâche-t-il visiblement énervé, « si vous aviez vu son état samedi dernier vous ne ririez pas »
J'arrête de rire et prends une expression sévère. M'imaginer Kurt plus triste qu'il ne l'est d'ordinaire me fait physiquement mal. Et samedi dernier, je l'ai abandonné. Il a sûrement été le voir quand je suis parti. Cette pensée me tord le ventre. Nom de Dieu de merde, pourquoi je reste à l'écouter déblatérer toutes ces conneries aussi ?! Je me mets debout calmement sans le quitter des yeux.
« Votre culot est vraiment amusant Monsieur Smythe. L'histoire que j'ai avec Kurt ne vous regarde absolument pas. Si je décide de le laisser et que vous venez me trouvez, soyez certain que je serais là à vous attendre. Et, croyez-moi, ce que vous avez fait subir à Kurt plus jeune et qui lui a certainement fait plus de mal qu'autre chose, ce sera de la rigolade à côté de ce que je vous réserverais »
Il est bouche bée et ne dit rien.
« Désolé mais je préfère aller perdre mon temps plutôt que de rester une minute de plus coincé avec vous »
La fureur et l'adrénaline battent dans mes veines. Je me détourne et fonce à grands pas vers la sortie. Derrière Joey, Kurt apparait. Il a l'air agité et anxieux.
« Ah je te trouve enfin » dit-il.
Il plisse le front quand il voit Sebastian derrière moi. Je passe à côté de lui comme une furie sans lui adresse une parole. Je lui laisse le choix : lui ou moi. il fait le bon.
« Blainey ! » m'interpelle-t-il.
Je me fige jusqu'à ce qu'il vienne se planter devant moi.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Tu n'as qu'à aller le demander à ton Sebastian »
Ma voix est froide et sèche. Sa bouche forme une ligne droite et ses yeux perdent leur chaleur.
« C'est à toi que je pose la question » souffle-t-il calmement.
Je sais qu'une tempête sa cache sous cette apparence. Nous nous regardons en chien de faïence.
Si je garde la bouche fermée, une engueulade va éclater.
« Il a promis de s'attaquer à moi si tu souffrais à nouveau par ma faute »
Il a l'air rassuré. Ça passe sur son visage en un éclair. Sa mâchoire se relâche.
« Est-ce que tu perçois le sarcasme de cette menace ? » me questionne-t-il en se retenant de sourire.
« Je suis ravi que la situation t'amuse »
« Non c'est vrai, ce n'est pas drôle. Je lui en toucherai deux mots »
Son visage est sérieux mais ses lèvres tremblent sous un sourire retenu.
« Non, tu ne lui en parleras pas »
J'ai parlé à voix basse. Ma fureur se réveille d'un coup en moi. il fronce les sourcils, étonné par mon énervement.
« Je sais très bien que tu es attaché à lui, sans aucun jeu de mots. Vous êtes associés, j'ai saisi. Mais… »
Je m'interromps. Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je suis égoïste à ce point pour lui demander de ne plus lui parler et le voir ?
« Je dois aller aux toilettes »
Je croise les bras sur mon torse et le regarde, fou de rage. Il souffle et incline la tête sur son épaule. Pourquoi faut-il qu'il soit si beau ?!
« S'il te plait, ne sois pas fâché contre moi. J'ignorais qu'il serait présent. Il m'avait prévenu de son absence »
Sa voix est douce et rassurante. Il caresse ma bouche fermée de son pouce.
« Blaine s'il te plait, Sebastian ne doit pas pourrir notre bon moment. C'est terminé avec lui. Terminé pour de bon »
Il attrape mon menton du bout des doigts, lève ma tête et effleure sensuellement ma bouche de la sienne. Je lâche un souffle et cligne des yeux. Il se remet droit et passe un bras dans mon dos.
« Va utiliser les toilettes de la maison. Tu ne croiseras personne comme ça »
Nous nous redirigeons vers la baie vitrée. Kurt me conduit à une porte au rez-de-chaussée.
« Je serais au petit salon près de la baie vitrée bébé » me chuchote-t-il.
Quand je le rejoins, je me sens plus calme. C'est vrai ce que Kurt a dit : Sebastian ne doit pas gâcher notre soirée. Surtout qu'il cherchait certainement à le faire.
Kurt est devant la baie vitrée et parle à quelqu'un au téléphone. Je ne fais pas de bruit pour qu'il ne me repère pas tout de suite. La conversation a l'air tout à fait banale.
« Pourquoi tu étais là ? Tu m'avais assuré que tu ne viendrais pas… Non, tu le laisses tranquille… Il est ma première histoire digne de ce nom alors je t'interdis de la foutre en l'air seulement parce que tu es inquiet pour moi. Tu le laisses tranquille, je ne rigole pas Seb »
Il se tait et j'entends une voix grésiller au bout du fil.
« Tu le sais très bien »
Il soupire bruyamment et lève la tête vers moi.
« Je dois y aller. Bonsoir Sebastian »
Il raccroche. Je l'observe en fronçant les sourcils.
« Je devais mettre les choses au clair » se justifie-t-il, « on retourne danser un peu ou tu souhaites rentrer ? » demande-t-il en regardant la montre à son poignet.
« J'aimerais danser »
« Très bien, allons-y » lâche-t-il en me prenant doucement dans ses bras, « s'il te plait, ne le laisse pas nous éloigner »
« Il se fait du souci pour toi »
« Oui comme un ami le ferait. Blaine… Dire que l'histoire entre Sebastian et moi est complexe serait un euphémisme. Mais c'est une histoire complexe passée. Il est juste un ami désormais. S'il te plait, ne pense plus à lui »
Il dépose un baiser sur mon front. Pour ne pas envenimer la situation, j'abandonne. Je voulais simplement en apprendre plus.
On se dirige, nos mains ensemble, sur la piste de danse.
« Blaine ? »
Je fais demi-tour pour regarder Carole.
« Je voulais savoir si tu accepterais de danser au moins une fois avec moi » m'interroge-t-elle d'une voix douce.
« Avec plaisir » souriais-je.
Kurt me lâche et je suis Carole sur le parquet. Marley débute un nouveau morceau et je prends la main de Carole et nous commençons à bouger.
« C'est vraiment gentil d'avoir fait un don pour l'association Blaine »
« Madame Hummel, je… »
« Appelle-moi Carole mon chéri, je t'en prie »
« Je suis content d'avoir pu le faire. J'ai récemment touché une somme d'argent conséquente qui ne m'était pas nécessaire alors j'ai jugé bon d'en faire profiter cette association »
Elle me sourit chaleureusement et j'ose introduire subtilement certaines choses qui me tracassent.
« Kurt m'a un peu parlé de son enfance et contribuer à cette cause est une chose qui me paraissait bien »
Peut-être que cela va entrainer Carole sur des terrains encore inconnus pour moi. Elle a l'air étonnée.
« Kurt t'a parlé de son enfance ? C'est plutôt… surprenant. Tu lui fais du bien Blaine. C'est la première fois, je crois, je le vois si insouciant »
Je m'empourpre.
« Excuse-moi, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise »
« Hmm, je pense pouvoir dire que Kurt est totalement un homme surprenant » chuchotais-je.
« Tu as raison Blaine »
« La jeunesse de Kurt semble avoir été pleine de malheurs »
« J'étais l'infirmière qui s'est occupée de lui quand les pompiers l'ont sortis de l'accident de voiture. Il avait quelques plaies et des bleus mais surtout, il était terrorisé… Pauvre enfant »
Carole semble encore toute retournée de cette nuit-là. Mais elle continue :
« Il a toujours été renfermé sur lui-même. Il ne parlait presque plus. Il m'avait bouleversée, je me tenais au courant de son état. Ça s'est arrangé quand il a rencontré Santana et quand il a commencé le piano »
Elle sourit. Putain… Jusqu'à ses neufs ans, il a gardé ses angoisses pour lui.
« Il est très doué d'ailleurs. Son père et vous devaient être fiers du chemin qu'il a parcouru »
« Tellement. Il est courageux et ambitieux. Mais si tu veux la vérité, c'est quand il est enjoué et heureux comme maintenant qui me rend le plus fière. Son père aussi. Burt et moi en discutions plus tôt. Et je sais que c'est grâce à toi »
Je rougis comme une tomate.
« Il est assez réservé et nous avions presque perdu espoir qu'il s'ouvre à quelqu'un et qu'il trouve un petit-ami. Et puis, tu es arrivé et Kurt est devenu plus… un garçon de vingt-quatre ans ordinaire »
« J'aime le voir enjoué » dis-je pour combler le blanc.
Le morceau se finit et je me détache de Carole. Kurt revient vers nous.
« Vous êtes adorable tous les deux. J'espère pouvoir profiter de ce spectacle encore longtemps » dit Carole.
Elle nous caresse gentiment les joues et part élégamment.
« Carole t'apprécie on dirait »
« Evidemment, je suis irrésistible » lançais-je dans un clin d'œil.
« C'est vrai Blainey. Tellement vrai »
Il me tend la main.
« M'accorderais-tu cette danse ? » murmure-t-il alors qu'une autre chanson commence.
« Bien sûr » acceptais-je en fonçant dans ses bras.
Nous dansons lentement en silence, profitant seulement d'être l'un contre l'autre. Le morceau se finit et nous nous regardons intensément dans les yeux éclipsant le monde autour de nous. La voix de Burt perce notre bulle.
« Chers invités, cette soirée touche à sa fin. Je voulais simplement vous annoncer que, grâce à vos généreux donc, un million quatre cent trente-deux mille dollars ont été récoltés »
Des cris et des applaudissements jaillissent.
« Merci pour Have Fun But Stay Alive » conclut Burt.
« Kurt c'est vraiment génial ! »
Il hoche la tête, me sourit et dépose tendrement ses lèvres sur les miennes.
« Rentrons » chuchote-t-il.
Je déglutis car ce petit mot veut dire pleins de choses. Tout à coup, la fatigue s'abat sur moi.
Kurt me sert contre lui et Joey s'approche de nous alors que la foule se disperse. Les deux hommes parlent mais je n'y prête pas plus attention.
« On va attendre un petit peu, le temps que l'allée se dégage » me dit Kurt.
J'acquiesce. Il me lance un regard doux comme le miel et caresse mes cheveux.
« On a donc un séjour à Aspen de prévu »
« Oui… Merde, je n'ai pas payé ! »
« Tu feras un chèque, ne te fais pas de soucis » m'apaise Kurt.
« Tu étais très énervé ? »
« Oui »
« Tu ne peux t'en prendre qu'à toi et tes accessoires »
« Ton esprit était embrumé Blaine. Mais j'ai réussi à te soulager si je me souviens bien » sourit-il, une lueur perverse dans les yeux, « et qu'est-ce que tu en as fait ? »
« De l'accessoire ? Ici » dis-je en tapotant ma veste.
« Je voudrais le récupérer. C'est un jouet qui peut devenir dangereux dans des mains inexpérimentées »
« Mon esprit pourrait s'embrumer avec un autre, c'est vrai »
Un éclair de jalousie passe dans ses yeux.
« Je préfère ne pas l'imaginer » siffle-t-il, acide, « maintenant, Blainey, tu me le rends ? »
« J'y penserai »
Son regard s'assombrit à ma provocation. Un air de musique pop s'élève.
« On danse ? »
« Je n'en peux plus Kurt. On peut rentrer s'il te plait ? »
Kurt lève la tête vers Joey qui lui fait un signe. On part vers la maison. Kurt me soutient fermement. Heureusement car je suis épuisé. Santana surgit devant nous.
« Vous rentrez ? Oh non ! Venez bouger vos beaux petits culs ! Viens Blainey » dit-elle en me tirant le bras.
« Santana » la gronde Kurt, « Blaine est mort de fatigue. On doit rentrer, on a une journée chargée demain »
Première nouvelle.
Santana boude mais ne dit rien pour protester.
« D'accord les amoureux. Ça te dirait d'aller faire les boutiques dans la semaine ? » me demande-t-elle.
« Avec plaisir Santana »
Elle m'embrasse la joue avant de prendre Kurt dans ses bras. Je me tends quand je vois qu'elle pose ses mains directement sur son torse. Kurt me jette un regard effrayé.
« C'est bon de te voir enfin heureux Kurtie » dit-elle en lui faisant un bisou sur la joue, « rentrez bien et ne soyez pas trop sages les amoureux ! »
Elle part. Où est donc passée Helaine ?
« On va dire au revoir à mon père et Carole et on rentre »
Nous nous déplaçons jusqu'à Monsieur et Madame Hummel. Ils nous saluent en nous prenant dans leurs bras.
« C'était un plaisir Blaine » me dit gentiment Carole.
« Merci. Merci pour tout gamin » me murmure Burt en me donnant une tape sur l'épaule.
Une fois les salutations faites, nous passons sur le devant de la maison et nous attendons la voiture. Je regarde mon maniaque. Il est détendu et souriant. C'est agréable de le voir comme ça. Il penche la tête vers moi.
« Merci Blaine. Grâce à toi, cette fête était parfaite »
Je ne réponds pas. Il plisse les yeux.
« Blaine… Lâche cette lèvre » souffle-t-il chaudement.
« C'est quoi cette journée chargée ? »
Il semble momentanément hébété.
« J'ai appelé le Docteur Fabray pour un rendez-vous et tu verras pour le reste »
« Le Docteur Fabray… Pourquoi ? »
« Je hais les capotes » dit-il naturellement.
Il me scrute du regard, attendant ma réaction.
« Tu aurais pu me le dire quand même, c'est mon corps » grognais-je, boudeur.
« Il est à moi aussi » murmure-t-il.
J'accroche mes yeux au bleu si intense et sincère des siens. C'est vrai, il est le sien aussi. Il en connait chaque recoin. J'approche mes doigts de son cou. Il tremble légèrement mais ne me repousse pas. Je tire sur le bout de nœud pap' et le laisse pendre sur ses épaules.
« J'aime quand tu le portes comme ça. C'est… sexy »
Il me sourit.
« On doit vraiment rentré. Suis-moi »
La voiture est en bas des marches. Montgomery donne quelque chose à Kurt. Il plisse le front et me regarde. Je monte sur la banquette arrière après que Joey m'ait ouvert la portière. Kurt prend place à côté de moi et me tend une enveloppe alors que Joey et Montgomery s'installent devant.
« Elle est pour toi. Quelqu'un l'a faite passer à Montgomery. Surement un admirateur secret »
Il a voulu paraitre léger mais son ton est trop froid pour ça.
De qui ça peut venir ? Je l'ouvre et lis le contenu rapidement. Putain, c'est de lui ! Il ne peut pas me lâcher non ?
J'ai peut-être porté un jugement hâtif sur vous. Et évidemment, vous aussi pour moi. Vous pouvez me téléphoner si vous voulez éclaircir certains points. On pourrait se rencontrer dans la semaine, même si Kurt m'a interdit de vous approcher. Votre histoire ne me dérange pas mais, je vous jure sur ma vie, que s'il souffre… Sa vie a été assez difficile.
(212) 279-6261
Sebastian Smythe
« Blaine, ça va ? »
Je ne réponds pas.
« Blaine ?! »
« I-Il m'a écrit »
« Qui ? » dit-il en m'arrachant le mot des mains, « putain ! C'est vraiment n'importe quoi ! »
Il passe ses mains dans ses cheveux plusieurs fois. Il a l'air exaspéré.
« Je m'occuperai de son cas demain. Non lundi »
Au fond de moi bouillonne la satisfaction. Sebastian l'énerve et j'aime ça. Je me tais et lui prend le papier pour le mettre dans ma poche. Par la même occasion, je tire les boules et les lui rends pour revoir son sourire.
« Tu les reverras bien assez tôt » murmure-t-il.
Il prend ma main et je ferme les yeux en ressassant tout ce que j'ai appris aujourd'hui : la carte des zones minées, quelques détails sur sa jeunesse. Et puis, j'ai rencontré Sebastian. Ce bel homme qui apprécie un peu trop mon Kurt. Kurt l'apprécie aussi mais pas de la même façon. Pff… Un mal de tête pointe son nez.
OoOoOoOoOoO
Kurt me secoue. La voiture est garée devant le Phénix.
« Tu peux monter ou je dois te porter ? » me questionne-t-il en caressant mes boucles.
Je bouge négativement la tête, encore ensommeillé.
Dans la cabine d'ascenseur, je me laisse aller contre lui, la tête nichée dans son cou et les bras pendants mollement contre mon corps. Montgomery est devant nous, visiblement gêné.
« Tu as eu une rude journée Blainey ? »
J'opine.
« Tu veux dormir ? »
J'acquiesce encore.
« Tu as perdu ta langue ? »
Je hoche la tête. Il rit doucement.
« On va aller se coucher »
On sort de la cabine mais Montgomery nous bloque le passage pour traverser le corridor. Ma fatigue s'est effacée d'un coup. Montgomery parle.
« Reçu J. » lâche-t-il en nous regardant, « Monsieur Hummel, les pneus de l'Audi de Monsieur Anderson ont été crevés et toutes les vitres brisées »
Quoi ? C'est quoi ce bordel ? Pourquoi ma voiture ? Qui a… Elliott !
Je lève la tête vers Kurt qui est tout pâle.
« Joey a peur que la personne qui a commis ces méfaits soit entrée dans l'appartement et y soit encore. Il veut vérifier »
« Ok » murmure Kurt, « qu'est-ce qu'il a prévu ? »
« Il vérifie les escaliers et les étages avec Wright. Ils assureront l'étage principal avant de nous indiquer de rentrer »
« Merci Montgomery. Cette journée est de pire en pire »
Kurt me serre fort dans ses bras. Il souffle et niche son nez dans mes cheveux.
« Montgomery, je dois aller voir. Faites attention à Monsieur Anderson. Il ne doit pas entrer sans mon accord. Joey s'inquiète trop, j'en suis sûr »
« Kurt, Kurt. Je t'en prie. Ne me laisse pas, je t'en supplie »
Il me lâche.
« Obéis Blaine. Et ne bouge pas d'ici. Montgomery ? »
Celui-ci se décale et laisse passer Kurt pour qu'il entre dans son appartement. Et il se replante devant moi, m'empêchant de passer, un air stoïque sur le visage.
Non, Kurt… Tout un tas d'idées horribles et malsaines me passent par la tête. Je ne peux rien faire à part rester bloqué ici, à m'angoisser.
Et voilà pour ce 33ème chapitre.
J'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à me donner votre avis dans une review.
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Gros bisous, à la semaine prochaine.
Cindy :)
