Bien le bonjour en ce dimanche 13 Janvier ! Comme promis, voici le Chapitre 1 d'Invincibles.

Je tiens d'abord à tous vous remercier : tous vos compliments m'ont énormément touché et je ne pensais pas que le prologue de cette histoire vous plairait autant, alors merci !

Et puis évidemment, merci pour les reviews auxquelles j'ai répondu (à toutes, normalement, à part les anonymes), les gens qui ont ajouté cette histoire dans leurs favoris ou leurs alertes. Bref, merci, quoi ! ^^

Mais surtout un grand merci à ma bêta dido22 qui m'aide énormément en me donnant des conseils, son avis sur les chapitres et sur l'histoire.

Beaucoup de personnes m'ont demandé si je publierai régulièrement : en tant que lectrice, je sais comme l'attente peut être frustrante, alors oui, je ferais tout mon possible pour publier chaque dimanche. Déjà quatre chapitres sont bouclés, vous aurez donc encore trois chapitres assurés pour les trois Dimanches qui vont suivre.

Si vous ne voulez pas attendre, vous pouvez toujours rejoindre la page Facebook que j'ai créé : /Bellwardverse (Le lien se trouve sur mon profil).

Des extraits seront disponibles entre la publication des chapitres ! Et ne soyez pas timides, je ne mords pas ^^

Sur ce, je vous laisse lire ce chapitre. Bonne lecture.


_Es-tu en train de me dire que je suis celui qui t'empêche d'avancer ?

Sa voix n'était plus qu'un murmure. Je ne m'étais jamais autant haïe qu'à ce moment-là, mais il avait raison, je ne pouvais plus supporter tout ça. Il fallait y mettre un terme. Je ne répondis pas, ne trouvant pas les mots. Le silence s'étendit, puis quelques secondes plus tard, je le perdis. Définitivement.

Chapitre 1. Une vie sans lui.

Près de trois ans plus tard, elle était ici, dans les bras de James. Il était plutôt bel homme. De longs cheveux blonds lié en catogan, une paire de jean qui laissait deviner un fessier plutôt musclé et une veste en cuir qui était enfilée au-dessus d'une chemise qu'il avait accepté de revêtir pour l'occasion. C'était un homme de caractère qui ne se laissait jamais faire. Il avait une grande gueule, des idées bien arrêtées, mais c'est ce que Bella appréciait chez lui, cette façon dont il arrivait à se débrouiller dans n'importe quelle situation et sa capacité à persévérer quand il n'arrivait pas à obtenir ce qu'il voulait.

Elle observa la foule et aperçu son père qui avançait vers eux. Il embrassa Alice et serra la main de son petit-ami, le regard noir. Charlie n'avait jamais apprécié James, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, après tout, apprécier un être qui se revendiquait marginal pour un chef de police n'était pas aisé. Malgré tout, il faisait des efforts et elle appréciait cela.

Il l'enlaça brièvement, n'ayant jamais été vraiment à l'aise avec les débordements d'affection, et lui sourit.

_J'ai une surprise pour toi, lui dit-il.

Elle grimaça. Elle n'avait jamais aimé les surprises, mais ça, personne ne semblait le comprendre, sauf…

Elle se mordit la lèvre, se haïssant de penser encore à lui. Elle n'avait pas eu de ses nouvelles depuis deux ans, mais les souvenirs étaient toujours présents et le manque était encore plus fort. Elle se souvint de la dernière conversation qu'ils avaient eus à l'aéroport, le jour de son départ pour New York.

_Je reviendrai dans cinq ans, d'accord ? Avait-il soufflé dans son cou alors qu'il l'étouffait de ses bras. Je reviendrai te voir, et on ne se quittera plus…

Elle s'était dégagée de son étreinte en soupirant.

_Ne fais pas de promesses que tu ne tiendras pas.

Elle avait essayé de sourire, vraiment. Mais elle savait pertinemment au plus profond d'elle que tout cela sonnait plus comme un adieu qu'un au revoir.

_Allez Bella, avait-il rigolé, je ne raterai ta remise des diplômes pour rien au monde. Tu feras une sociologue hors-pair, toi et ta façon de tout remettre en cause et de ne jamais être d'accord.

_On verra…

Elle revint au moment présent, nerveuse. Et si la surprise était… Non, Edward ne reviendrait pas la voir, jamais. Elle savait qu'elle l'avait blessé deux ans plus tôt et que tout était fini entre eux, quoi que ce fût.

_Tiens, ta surprise est là ! S'exclama son père, souriant.

Elle tourna vivement la tête et n'en crut pas ses yeux. Elle se dégagea de James, et courut, frénétique, avant de se jeter dans les bras d'Esmée. Carlisle se tenait à ses côtés et posa sa main réconfortante sur ses cheveux.

Et d'un coup, elle fondit en larmes. Esmée resserra son étreinte et la rassura, comme elle avait toujours su le faire depuis qu'elle était petite.

Edward ne reviendrait pas.

Vingt-quatre ans.

_Salut ma belle.

Bella sentit vaguement des lèvres effleurer sa tempe, mais elle était bien trop choquée pour relever quoique ce soit. Elle referma son magazine people d'un coup sec et essaya de reprendre contenance. Elle leva les yeux vers Jacob qui avait l'air inquiet et curieux à la fois.

_Salut, lui répondit-elle en priant pour qu'il ne pose pas de questions.

Elle avait rencontrée Jacob deux semaines auparavant et depuis, ils se voyaient assez régulièrement. Bella savait très bien ce qu'il attendait, mais depuis sa déception avec James, elle n'osait pas retenter l'expérience d'une relation stable. Cependant, elle devait avouer que sa compagnie était très agréable et qu'il arrivait à l'apaiser, ce qu'elle appréciait grandement.

Le visage de son ami se décontracta légèrement quand elle lui sourit.

La serveuse arriva et déposa deux cappuccinos sur la table avant de s'en aller. Bella porta immédiatement la tasse fumante à ses lèvres.

_Alors, tu vas te décider à me dire pourquoi tu maltraites ce pauvre torchon ?

Sans qu'elle ne puisse l'en empêcher, il s'empara du magazine et le feuilleta rapidement.

_Tiens, Angelina Jolie et Brad Pitt se seraient mariés, s'exclama-t-il. Ce ne serait pas la septième fois ?

_Rends-moi ça ! Rigola-t-elle avant de lui arracher des mains.

_Je ne comprends pas pourquoi tu lis ces trucs… Tu m'avais l'air pourtant d'être une fille intelligente… Dit-il en faisant la moue.

_Ecoute, je repose mon cerveau, c'est tout ! lui répondit-elle sur le ton de la plaisanterie.

Elle rouvrit le magazine à la page qu'elle avait ouverte avant que Jacob n'arrive et regarda furtivement une petite photo qui serait passée inaperçue aux yeux d'une autre personne : l'image représentait un homme assez grand, des cheveux cuivrés et un sourire enjôleur une guitare à la main. La légende sous la photo indiquait qu'il s'agissait d'un nouveau talent à ne surtout pas rater qui allait sortir son premier album dans quelques jours. Il s'appelait Edward Cullen. Ignorant les tambourinements de son cœur qui semblait vouloir sortir de sa poitrine, elle referma à nouveau le magazine et leva les yeux vers Jacob.

Il lui souriait, comme toujours. A ce moment précis, elle décida de se laisser porter par les évènements et de laisser une chance à l'homme qui lui, était à ses côtés. Jacob n'était pas Edward. Personne ne pourrait jamais remplacer Edward, mais il fallait qu'elle se fasse une raison : le Edward qu'elle avait connue l'avait laissé derrière lui en s'envolant pour New York. Le Edward qu'elle avait connue n'avait pas essayé de la recontacté quand elle avait décidé de couper les ponts avec lui. Le Edward qu'elle a connu n'avait pas tenu sa promesse.

Oui, oublier Edward était la seule chose à faire, et aujourd'hui, elle se sentait prête.

Vingt-cinq ans.

_Je voudrais qu'on se marie Bella.

Stop.

_Pardon ?

La voix de Bella n'était qu'un murmure et Jacob l'entendit à peine. Elle fronça les sourcils et tenta de se dégager de l'étreinte de son petit-ami.

Ils venaient de fêter leur première année en tant que couple. Bella avait trouvé cette idée ridicule mais Jacob était si enthousiaste qu'elle n'avait pas osé refuser.

Ils avaient dinés dans un petit restaurant familial et finalement, elle avait trouvé la soirée agréable. La blanquette de veau n'était franchement pas mauvaise et le vin blanc avait un goût irrésistiblement fruité. Une fois le repas terminé, ils étaient rentrés ensemble dans l'appartement de Jacob et avaient tout naturellement fini dans le lit de ce dernier pour fêter leur anniversaire.

Bella était heureuse avec lui. Il était doux, attentionné et arrivait toujours à la faire rire. Leur relation était stable et saine. Sa joie de vivre était devenue une drogue et elle aimait la routine tranquille qu'était devenue sa vie.

Sauf que ce soir, dans la pénombre de la chambre du brun, tout allait de travers.

_Qu'est-ce que tu fais Bella ?

La voix de Jacob trahissait son inquiétude, il n'avait sûrement pas prévu qu'elle prenne ses jambes à son cou. Elle s'était précipitée sur ses sous-vêtements et s'affairait maintenant à retrouver son jean qui semblait porté disparu. Elle s'énerva et s'agita encore plus.

Quand Jacob se leva, elle eut un mouvement de recul.

_Oula… s'exclama-t-il en levant ses deux mains en signe d'apaisement. On se calme tigresse.

Sa tentative d'apaiser Bella s'avéra vaine. Elle se remit à chercher ses vêtements de plus belle et quand elle les trouva enfin, elle les enfila avec de grands gestes avant de sortir de la chambre sans un regard en arrière. Elle atteint la porte d'entrée mais Jacob lui empoigna le bras.

_Attend, s'il te plait… implora-t-il. Ne pars pas Bella, j'ai l'impression que si je te laisse faire, je ne te reverrais plus jamais…

Elle se mordit la lèvre et ferma les yeux.

_Je te promet de venir te voir demain, d'accord ?

Jacob hocha la tête, puis lâcha son bras, dépité.

E&B

_Calme-toi Alice…

Elle n'aurait jamais dû dire ça. Jamais. Alice se retourna et ses yeux la fusillèrent dangereusement. Elles marchaient sur l'Occidental avenue South, sortant à peine du Starbucks avec des gobelets de capuccino fumant dans leur main. Le temps était assez humide pour un mois de Juin, mais à Seattle, elles étaient habituées, surtout pour Bella qui avait connu bien pire à Forks, ville où il pleuvait 360 jours par an.

Elle essaya vainement de rattraper son amie qui marchait à vive allure. Excédée, elle lui attrapa le poignet et la fit se retourner.

_Allez, lâche-toi ! S'énerva-t-elle.

Alice sembla réfléchir quelques instants, les sourcils froncés, puis s'exécuta.

_TU AS DIT NON BELLA !

Sa voix partit dans les aigus à la fin de sa phrase et Bella grimaça. Pour Alice, refuser une demande mariage était passible de peine de mort.

_Jacob t'a demandé en mariage et tu as dit non, répéta-t-elle, plus calmement.

_Mais cela ne faisait qu'un an que nous étions ensemble !

_Et alors ?

_Je n'aime pas les mariages.

_ça, je n'en ai rien à faire Bella !

_Je pars à Chicago pendant un an !

La brune leva les yeux au ciel en jurant et se remit à marcher encore plus vite, si cela était possible. Bella soupira et se résigna à la suivre. Elle n'avait pas osé lui parler de la conversation qu'elle avait eu avec lui à propos d'Edward. Elle but une gorgée de son café et ce fut à ce moment-là qu'elle vit l'affiche sur le bus qui passait à ce moment-là sur l'avenue.

Edward.

Depuis un an, elle croyait devenir cinglée. La première fois qu'elle avait vu la photo d'Edward dans un magazine, elle avait failli faire une syncope. Aujourd'hui, elle ne frôlait plus la crise cardiaque, mais ses jambes tremblaient toujours autant.

Edward avait percé dans le monde de la musique, et d'un côté, elle ne pouvait s'empêcher d'être heureuse pour lui. D'un autre, elle détestait le voir s'immiscer dans les rues de Seattle. Non seulement elle voyait sa photo dans tous les magazines, et autant dire qu'elle en était devenue allergique, mais elle ne pouvait pas allumer la radio sans entendre sa voix, ni espérer surfer sur Internet sans y voir un article qui en parlait.

Edward était devenu la coqueluche des médias. Edward avait été élu l'homme le plus sexy de l'année. Edward avait reçu un disque d'or pour son premier album. Edward était en tournée dans tous les Etats-Unis. Edward trompait sa énième copine avec son énième coup d'un soir. Edward portait des calçons Calvin Klein. Edward buvait du café Nespresso. Edward allait sortir un nouvel album. Bref, Edward était célèbre et elle voyait sa tête partout.

Alice s'arrêta et elle fonça dedans, manquant de renverser son café. Elles venaient juste d'arriver devant le magasin de vêtement que tenait Alice depuis quelques mois. Depuis qu'elle avait obtenu son diplôme de styliste, Alice avait ramé pour trouver un poste convenable. Il faut dire que Seattle n'est pas vraiment la capitale de la mode. Après deux ans de galères, elle avait tout bonnement baissé les bras devant les nombreux refus et avait décidé d'ouvrir sa boutique de fringue. Le local était assez petit et passait plutôt inaperçu, mais en quelques mois, sa réputation n'était plus à refaire et ses vêtements s'arrachaient. Bella était réellement heureuse pour elle, même si elle pensait qu'elle méritait beaucoup plus qu'un petit magasin à Seattle… Bella, quant à elle, était encore en plein dans sa thèse. Il lui restait un an avant de la présenter et elle serait, si tout se passait bien, Doctoresse Swan en sociologie.

Elle passait ses journées à préparer sa thèse dans son minuscule bureau de l'Université de Seattle, la même université où elle avait passé son diplôme. En tant que thésarde, elle ne gagnait pas beaucoup et était obligée d'assurer des cours aux étudiants. Bizarrement, elle avait pris goût à l'enseignement, et attendait à présent de terminer sa thèse pour tenter de devenir professeur titulaire d'une université.

Quand sa demande pour effectuer sa dernière année de doctorat à Chicago avait été acceptée, elle avait été folle de joie. Bien sûr, cela n'avait pas été le cas d'Alice, ni de Jacob.

Jacob. Quand elle pensa à lui, son cœur se serra. Jacob était beau, c'était indéniable. La peau mate, les yeux sombres et profonds. Il avait une carrure qui inspirait la sécurité et était incroyablement doux et tendre. Elle l'avait aimé, oui. Mais sa demande en mariage avait tout gâché.

_Je peux te parler ?

Alice s'installa à ses côtés sur le seul canapé de la boutique et posa sa petite main sur la cuisse de son amie.

_Je m'inquiète pour toi Bella. Déjà, quand James t'a quitté, je m'attendais à ce que tu…

Bella grimaça. Le souvenir de sa rupture avec James n'était pas très agréable. Quelques semaines après la fin de leurs études, elle avait découvert qu'il la trompait avec une dénommée Victoria.

_Tu plaisantes ? Je n'allais pas devenir une loque pour un mec qui te trompe avec pour excuse « Tu ne m'aimes pas ! ».

_Mais c'était vrai, Bella…

_Pas à ma connaissance, contra-t-elle.

_Et Jacob... Enfin, merde Bella ! Ce mec est une perle !

Elle détourna les yeux, gênée. C'était vrai. Jacob était une perle.

_Tu sais… J'espère vraiment que tu vas profiter de cette année à Chicago pour mettre les choses au clair.

_Que veux-tu dire ?

_Je veux dire… qu'il n'y a que deux heures d'avion entre Chicago et New York.

Alice se releva, laissant Bella sous le choc, et haussa les épaules avant d'aller ouvrir les stores de son magasin. Qu'avaient-ils, tous ? Cette conversation lui rappela celle qu'elle avait eu le matin-même avec Jacob.

Bella s'était réveillée avec un mal de crâne atroce. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle avait réagi aussi violemment. Certes, elle avait toujours eu une idée assez arrêtée du mariage après le divorce de ses parents, mais ce n'était sans doute pas une raison pour avoir eu un comportement aussi blessant envers Jacob.

Elle avait essayé de dormir pendant une bonne partie de la nuit, mais les pensées qui l'assaillait l'en avait empêché. Au fond d'elle, elle connaissait pertinemment la raison pour laquelle elle avait réagi de cette façon. Elle aimait Jacob, mais ce n'était pas suffisant pour combler le vide qu'il y avait dans son cœur. Car si elle aimait Jacob, ce qu'elle ressentait encore pour Edward était mille fois plus fort.

Après avoir bu un café bien serré et s'être préparée, elle décida de ne pas attendre une minute de plus et prit la direction de l'appartement de Jacob.

Quand il lui ouvrit la porte, elle remarqua que ses traits étaient tirés et qu'il avait d'imposantes cernes sous les yeux. Ce constat la brisa un peu plus : elle n'avait jamais vu Jacob dans un tel état. Il la laissa entrer dans le salon sans dire un mot, puis referma la porte derrière elle.

_Tu veux boire quelque chose ?

Sa voix était rauque et lasse. Bella se mordit la lèvre et refusa doucement.

_Jacob…

_Tu sais, j'ai compris Bella. Te demander en mariage était une grosse connerie… Je ne savais pas que tu en étais allergique !

Cette fois-ci, il paraissait sarcastique et mauvais.

_Je suis vraiment désolée, Jacob.

Il soupira et passa sa main devant ses yeux.

_Est-ce qu'on peut oublier tout ça ?

Bella ne savait pas vraiment quoi répondre. Cette nuit, elle avait pris conscience qu'elle ne pouvait pas continuer comme ça. Elle tenait énormément à lui, mais elle avait l'impression de lui faire plus de mal qu'autre chose.

_Je ne peux pas t'offrir ce que tu veux de moi… Je suis désolé.

_Pardon ?

Jacob était énervé à présent. Il paraissait prendre conscience des mots qu'elle venait de prononcer.

_Attends Bella… T'es en train de me quitter, là ? Je suis en plein cauchemar ! S'écria-t-il avant de faire les cent pas dans la pièce.

Bella n'osa rien dire et se contenta de fixer son regard sur ses mains qui étaient posés sur ses genoux.

_Tu sais… Toute la nuit je me suis dit que mon égo en avait pris un sacré coup ! Je sais que tu n'es pas une fille comme les autres, et c'est pour cette raison que je suis tombé amoureux de toi. Mais de là à me quitter parce que je t'ai demandé en mariage !

Quelques minutes passèrent avant qu'il ne se calme et revienne s'asseoir à ses côtés sur le canapé. Il soupira.

_Tu ne m'aimes pas, c'est ça ?

_Bien sûr que si…

_Mais pas assez.

Elle détourna les yeux, gênée. Que devait-elle répondre à ça ? Il avait mis le doigt sur le problème et elle n'arrivait même pas à acquiescer.

_En tout cas moins qu'Edward Cullen… continua-t-il.

Bella ouvrit la bouche en grand et le regarda comme s'il lui était poussé une seconde tête.

_Pa…pardon ?

_Tu sais, tu parles dans ton sommeil. Lui répondit-il en haussant les épaules. Ça t'arrive souvent de prononcer son prénom quand tu dors. La première fois, j'ai été choqué et j'ai posé des questions à Alice. Ne lui en veux pas, je l'ai vraiment harcelée…

Il s'arrêta quelques secondes, semblant hésiter à poursuivre.

_Elle m'a juste dit que c'était Edward Cullen, un ami d'enfance. Quand je l'ai su, j'ai tout de suite fait le lien avec la manière dont tu réagissais quand il y avait des photos d'Edward Cullen dans la presse, ou quand il passait à la télé. Sans oublier le fait que dès qu'une de ses chansons passait à la radio, tu changeais tout de suite de station. Quel genre d'ami d'enfance pourrait hanter vos rêves chaque nuit ?

La dernière question était purement rhétorique. Bella ne savait vraiment pas quoi lui dire tellement tout ce qu'il venait de prononcer était véridique.

_Ecoute… lui dit-il doucement en posant sa main sur son bras. Je ne connais pas ton histoire avec…Edward (Prononcer son nom paraissait difficile pour lui), et ma demande en mariage t'a fait peur… Mais si vraiment tu m'aimes comme tu le dis, ce serait con de tout faire foirer, tu crois pas ?

_Je ne sais pas…

Bella était perdue. Des pensées tournaient dans sa tête : sa relation avec Jacob, l'absence d'Edward, la demande, Chicago…

_Je serais toujours là Bella, d'accord ?

_Je ne veux pas que tu m'attendes… Ce n'est pas juste pour toi, ni pour moi.

_Et que veux-tu que j'y fasse ? Je t'aime, je suis vraiment amoureux de toi Bella. Je voudrais que tu réfléchisses à tout ça, d'accord ? Quand tu reviendras de Chicago, tu auras peut-être les idées un peu plus claires…

Peut-être avaient-ils raison ? Peut-être qu'elle allait devoir prendre le temps de réfléchir à tout ça durant son année à Chicago…

Le jour où tout a (re)commencé.

Chicago. Chicago et ses 2,7 millions d'habitants. Lincoln Park, son Institut d'Art, son Musée d'Histoire naturelle, son Chicago Tribune

Oui, son Chicago Tribune que Bella avait bêtement ouvert ce jour-là alors qu'elle prenait son petit-déjeuner à la terrasse d'un café. Si elle avait banni les magazines people de son existence, il fallait aujourd'hui qu'elle y ajoute les journaux à grands tirages. Non mais, sur quelle planète vivait-on ?

Elle avait tranquillement débuté sa journée. Cela faisait à présent deux mois qu'elle était arrivée à Chicago, et mis à part le fait qu'Alice lui manquait terriblement et qu'elle avait dû subir une petite déprime post-déménagement, elle se sentait plutôt bien ici.

L'Université de Chicago dans laquelle elle était installée était très accueillante, et ses collègues très agréables. Elle s'entendait d'ailleurs à merveille avec l'une d'entre-elle, Angela. Leurs travaux de thèse étaient somme toute assez similaires et elles étaient toutes deux en charge du même TD sur la Sociologie de la famille.

Elle s'était réveillée tôt et en avait profité pour acheter le journal avant de prendre une collation dans un des nombreux cafés au Sud de la ville, près de l'Université. Elle ne savait pas encore ce qui lui avait pris d'acheter le Chicago tribune, avec son Smartphone, elle avait accès à toutes les infos en temps réels, bordel ! Elle avait dégusté ses toasts et son capuccino tranquillement, tournant délicatement les pages. Puis elle avait tourné une autre page, et elle était tombée sur une photo du visage d'Edward en gros plan. Ses yeux s'étaient ouverts en grand, puis son ventre s'était serré, comme d'habitude.

Où qu'elle aille, il fallait qu'elle tombe sur lui. Bien souvent, elle avait pensé à quitter les Etats-Unis, mais Alice l'aurait sûrement séquestrée avant qu'elle n'ait pu faire un seul geste. D'un coup, elle s'était sentie lasse et avait lu le titre de l'article.

EDWARD CULLEN DEBUTE SA TOURNEE A CHICAGO!

_Humph…Evidemment… Avait-elle murmuré pour elle-même avant de reprendre une gorgée de café.

L'article était en fait une interview du chanteur réalisée la veille, selon la journaliste. Elle avait hésité quelques instants puis s'était plongée dans la lecture de la dite-interview.

CT : Comment vous sentez-vous Edward ?

EC : Plutôt bien, je dois dire ! [Rires]. J'adore Chicago, cela change un peu de New York !

CT : Êtes-vous prêt à entamer la tournée pour votre second album ?

EC : Je dois dire que je suis un peu effrayé… Cet album est très différent du premier et j'espère qu'il plaira autant ! [Sourire]

Bella avait vu la scène d'ici : le sourire-made-in-Cullen d'Edward qui vous faisait fondre. Elle aurait mis sa main à couper que la journaliste était tombée directement sous le charme. Et puis, de toute manière, toutes les femelles des Etats-Unis avaient l'air d'être déjà tombées sous son charme alors bon…

CT : Nous avons effectivement eu le plaisir d'écouter votre album en avant-première. Non seulement vous mélangez les styles, mais nous avons également été agréablement surpris par les paroles de vos chansons. Est-ce vous qui les avez composées ?

EC : Oui, ces paroles viennent de là [pointe le haut de sa tête avec son index]. Le premier album était plus calme, et les paroles un peu plus…impersonnelles, on va dire. [Hésitant] Sur Beautiful [Ndlr : Titre du second album], j'ai essayé de varier les styles et les instruments. Quant aux paroles, elles me tiennent beaucoup à cœur.

CT : Vous les avez tirés d'une quelconque expérience personnelle ?

EC :[Très sérieux] Quand j'écris, cela se fait toujours avec mon cœur. Alors oui, toutes les chansons de cet album sont issues de mon expérience et de mon ressenti actuel.

CT : Pouvez-vous nous dire qui a inspiré ces magnifiques textes ? Il doit bien y avoir quelqu'un de particulier…

EC : [Sourire mystérieux] Je ne peux pas vous le dire… C'est un secret !

CT : Nous avons vu que vous vous êtes entourés de plusieurs musiciens pour cet album ?

EC : Oui, j'ai enfin réussi à convaincre mes amis Jasper et Alec d'y participer. [Rires] Jasper est à la guitare et Alec à la batterie. Nous avions un groupe quand nous étions à Julliard, et cela m'a fait énormément plaisir de refaire de la musique à leur côté.

CT : Pouvons-nous espérer que vous allez reformer ce groupe ?

EC : Définitivement, non. Peut-être m'accompagneront-ils pendant une bonne partie de ma carrière s'ils le souhaitent, mais ils ne veulent absolument pas être sous le feu des projecteurs. Moi-même, j'ai parfois du mal à l'assumer. [Petit sourire en coin]

CT : Et bien, nous ne pouvons vous souhaiter que de la réussite pour votre tournée qui débutera dans un mois à l'United Center de Chicago. Merci de nous avoir accordé de votre temps…

EC : Mais je vous en prie, tout le plaisir était pour moi…

Bella avait refermé le journal aussi sec. Décidément, il allait falloir qu'elle arrête de se faire du mal pour rien…

Sauf qu'un mois plus tard, elle était devant l'United Center de Chicago. Comment était-elle arrivée là ? Oh, un coup de téléphone à Alice, une discussion alcoolisée et un billet VIP envoyé par courrier.

Quelques fois elle détestait Alice. Elle l'avait appelé immédiatement après avoir reçu le billet du concert et n'avait jamais crié aussi fort. Alice avait tout écouté, du début à la fin, et pourtant son monologue ne ressemblait plus à rien tant elle était enragée et il fallait l'avouer : totalement effrayée.

_De toute façon, tu ne seras pas là pour me surveiller, avait-elle dit après s'être légèrement calmée. Il me suffira de rester tranquillement à la maison et tu ne pourras rien y faire !

_Bella, Bella… Tu me sous-estimes ! J'ai envoyé un ticket à Angela pour qu'elle t'y accompagne.

_Angela ne m'obligera pas à y aller, ce n'est pas son genre.

_Savais-tu qu'elle était fan d'Edward ?

Elle grogna alors qu'elle devinait parfaitement sa traitresse d'amie sourire derrière son combiné.

_Raison de plus pour ne pas y aller ! J'aurai juste à refiler le ticket à une collègue. Les groupies d'Edward ne manquent pas dans le coin…

_Ne m'oblige pas à exécuter le plan B.

_Quel plan B ?

_Celui qui m'oblige à venir à Chicago et à t'amener là-bas par la peau des fesses.

_Je préfère le plan B. Tu me manques, Alice.

_Toi aussi Bella, mais… OH ET PUIS ZUT ! Arrête d'essayer de m'attendrir ! Tu y vas et puis c'est tout ! Si jamais j'apprends que tu t'es défilée, je te promets Bella, je te promets que tu me devras au moins cent journées shopping !

Je grimaçai. Une journée shopping aux côtés d'Alice équivalait à dix heures à arpenter les magasins, et cinq heures à la regarder défiler avec ses nouvelles acquisitions.

_D'accord, d'accord… Tu as gagné !

_Et puis franchement… as-tu seulement écouté cet album ?

_Non, je ne suis pas sado-maso Alice ! Pourquoi me poses-tu cette question ?

_Comme ça…

A suivre…


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? N'hésitez pas à laisser une review pour me donner vos impressions ou venir sur la page si vous voulez en discuter :)

(Réponse à la review de nana10 : je n'ai plus besoin de te répondre concernant James… ^^ Oui, il n'était que de passage, j'espère que tu n'es pas déçue !)

Rendez-vous Dimanche prochain pour le second chapitre, avec le retour d'Edward !