Bonjour tout le monde ! On se retrouve pour le chapitre 3 d'Invincibles. A propos, je tiens à préciser qu'à partir de maintenant, les chapitres seront publiés le Samedi et non plus le Dimanche.

Merci à tous pour vos nombreuses reviews de la dernière fois, j'espère avoir répondu à tout le monde, mis à part les anonymes, bien évidemment. Vous m'avez tous fait des compliments qui me motivent encore plus pour écrire cette histoire ! Alors encore merci !

Vous m'avez également toutes traité de sadique… :) Et oui, je vous avais prévenu ! Mais pour me rattraper, le chapitre 3 est un peu plus long que les précédents et je pense que vous allez grandement apprécier la fin… Je vous laisse déguster !

Bonne lecture.


Chapitre 3 : Tu as baissé les bras en premier, Bella.


Un silence pesant s'installa. J'avais essayé toute la soirée de l'avoir au téléphone, et maintenant qu'elle m'appelait, je ne savais pas quoi dire. Comment rattraper sept ans de sa vie ? Pas au téléphone, en tout cas.

_Donne-moi ton adresse.

Et elle avait dû penser la même chose car elle me la communiqua l'instant d'après et raccrocha. Pour ma part, j'eus à peine le temps d'enfiler une paire de jeans, une veste et de revêtir un bonnet et des lunettes de soleil que j'étais déjà en train de courir à l'extérieur pour attraper un taxi. Heureusement les rues de Chicago étaient calmes à cette heure-ci, et j'arrivai devant son immeuble en une quinzaine de minutes seulement.

J'escaladai les marches deux par deux et m'arrêtai deux secondes devant sa porte, le cœur battant. Je n'avais pas encore frappé qu'elle s'ouvrit, laissant apparaitre celle que j'avais tant envie de voir. Nous nous regardâmes quelques instants. Moi, les mains dans les poches, elle, appuyée contre sa porte d'entrée, puis je me jetais sur elle pour l'enlacer comme si ma vie en dépendait. Alors qu'elle refermait ses bras autour de mon torse, je respirai ses cheveux. Le parfum de son shampoing m'avait tellement manqué… Je pouvais sentir son cœur qui battait presque aussi fort que le mien, et ce fait me rassura.

Après cinq bonnes minutes, je m'écartai et elle me laissa entrer chez elle avant de fermer sa porte. Je crois qu'aucun de nous deux n'étions prêt à discuter de quoi que ce soit. Elle me prit la main et m'emmena dans sa chambre. J'ôtai ma veste, la balançant à terre et m'allongeai, ouvrant mes bras pour qu'elle s'y blottisse. Elle se lova à moi et peu de temps après, sa respiration se fit plus lente et profonde. Je sombrai à mon tour dans le sommeil ayant ma dernière pensée pour Tanya qui ferait sûrement une crise de nerf en remarquant mon absence le lendemain matin.

E&B

Quand j'ouvris les yeux le lendemain matin, la chambre était baignée de lumière et je dû me concentrer quelques instants avant de me souvenir où j'étais. Je n'avais pas dormi aussi bien depuis… depuis plusieurs années, en fait. Je me relevai sur un coude et tournai la tête pour observer le petit réveil de Bella. 10h57. Tanya allait me tuer.

J'étirai mes bras en baillant. J'avais vraiment bien dormi, bordel. Je me levai et observai mes vêtements froissés. Si je rentrais dans cet état, je me ferais remarquer… Et pas sûr que mon bonnet et mes lunettes de soleil me protègent ce coup-ci !

Je me levai et fronçai le nez en humant l'odeur de café bien frais. Depuis quand n'avais-je pas bu un vrai café ? Des semaines, sûrement. Les cafés des hôtels – aussi luxueux soient-ils - et des salles de spectacles étaient vraiment dégueulasses.

Je me dirigeai le cœur battant en dehors de la chambre, pressé de revoir Bella à la lumière du jour. Au fond de moi, je devais juste me rassurer qu'avoir dormi à ses côtés n'avait pas été un rêve. Pour ça, il aurait fallu que je sois encore endormi, soit-dit en passant, vu que je me trouvais dans sa chambre et que je pouvais sentir son odeur à chaque pas que je faisais.

Quand je trouvai enfin la cuisine, je la vis. Elle était de dos et ses bras s'agitaient vivement. Elle portait un jean qui lui allait à merveille, un simple débardeur blanc qui laissait apercevoir ses épaules nues et ses cheveux étaient rassemblés dans une espèce de chignon qui ne ressemblait pas à grand-chose. Elle aurait pu apparaitre négligée, surtout dans le monde dans lequel je vivais depuis plusieurs mois… Mais à cet instant, je sus que je n'avais jamais vu une femme aussi magnifique. Bella était simple et dégageait quelque chose de fort au naturel, ce que beaucoup de personnes pourraient lui envier.

_Tu engages un combat contre ce pot de confiture ? Rigolai-je.

_Il me provoque ! S'exclama-t-elle en se tournant vers moi et en me souriant.

Oui, définitivement magnifique.

Je m'approchai d'elle et lui saisit le pot des mains.

_Tu as un couteau ?

Elle esquissa un geste vers un des tiroirs de sa petite cuisine et me tendit l'objet, les sourcils froncés.

Je posai le pot sur le plan de travail et assénai un vif coup de couteau dans le couvercle pour faire sortir l'air. Je pus ensuite aisément dévisser le couvercle et je tendis le pot à Bella, qui me regardait intensément.

_Magique.

Je ne pus m'empêcher de rigoler devant son air émerveillé.

_C'est un pot de confiture Bella, et de la physique.

_Je ne parlais pas du pot de confiture…

Nous nous regardâmes un instant. J'étais tendu à l'extrême et mon regard refusait de se détacher d'elle. Finalement, ce fut elle qui craqua et elle s'affaira à beurrer les toasts.

_Comment vont Emmett et Rosalie ?

_Oh. Rosalie est en représentation en France, aux dernières nouvelles. Elle ne rentre que dans trois mois. Et Emmett est en pleines répétitions pour une pièce de théâtre qui sera à l'affiche dans deux semaines.

_C'est bizarre, en voyant Emmett, je l'aurais plus vu dans un film d'action plutôt que dans une pièce de théâtre, tu vois… Genre art martiaux et mitraillettes.

Je rigolai à nouveau, pensant que je l'avais plus fait en une matinée avec elle que pendant les deux dernières années.

_Tu as une image très stéréotypée d'Emmett. Mais tu as raison sur un point : je pense qu'il aimerait beaucoup tourner dans un film. Le problème, c'est que c'est plutôt dur de percer dans ce milieu…

_Il a pourtant Edward Cullen comme ami, ce n'est pas rien ! Sourit-elle en servant à présent le café dans deux tasses.

_Il ne veut pas de mon aide. Pourtant ce n'est pas faute de lui avoir proposé…

Elle me tendit une tasse et déposa une assiette de toast à la confiture sur le bar. Nous mangeâmes tranquillement en bavardant de tout et de rien. Je ne me rappelais plus à quel point il était facile de discuter avec elle, à quel point j'étais à l'aise. Mais malgré tout, j'avais la fâcheuse impression qu'il faudrait un moment ou à un autre aborder le sujet qui fâche. Surtout que j'allais bientôt devoir partir si je ne voulais pas mourir de manière très lente.

_Alors, commença-t-elle en déposant les tasses vides dans l'évier. Où est ton prochain concert ?

Merde, les concerts… Depuis hier soir, cela m'était totalement sorti de l'esprit, et maintenant que je me trouvais là, avec elle, je n'avais absolument pas envie de traverser les Etats-Unis.

_Et bien… j'ai encore deux concerts ici. Ensuite j'irai à Cleveland, Charlotte, Jacksonville, Houston, Phoenix, Los Angeles, San Francisco, Seattle… Puis je termine à New York.

_ça fait un beau programme, tout ça. Murmura-t-elle en m'observant.

J'hochai la tête, incapable de dire quoique ce soit. J'allais passer un an à voyager aux quatre coins du pays et même si l'an passé, cela m'avait fait du bien de prendre un peu de recul, je n'avais aujourd'hui aucune envie de m'éloigner d'elle.

_Et toi, depuis combien de temps habites-tu à Chicago ?

_Deux mois. Mais ce n'est que temporaire, je repars à Seattle au prochain Automne.

Je fus déçu, mais rapidement, je fis le calcul dans ma tête.

_Je serais à Seattle durant le mois de Décembre. On pourra… enfin si tu veux… On pourra se voir… Tu veux bien ?

Bon Dieu, j'étais totalement pathétique.

Elle sembla réfléchir. Connaissant Bella, elle devait sûrement peser le pour et le contre.

_Je ne sais pas Edward…

Qu'est-ce que j'ai dit déjà ? Ah oui : totalement pathétique.

_J'ai vraiment envie de te voir à Seattle Bella. Je ne pourrais pas errer pendant un mois dans une ville en te sachant tout près sans te voir, c'est impossible.

Ses sourcils se froncèrent et je regrettai immédiatement mes paroles. PA-THE-TIQUE. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche, je savais déjà que ce qui en sortirai ne me plairait pas.

_Pourtant quand tu es loin, ça ne te dérange pas plus que ça ! S'énerva-t-elle.

Je levai mes mains devant moi en signe d'apaisement, mais cela ne fit qu'accentuer sa colère.

_Tu penses vraiment que tu peux revenir comme ça dans ma vie du jour au lendemain ?

Sa voix partait dans les aigus, et c'était vraiment mauvais signe.

_Rappelle-moi qui a mis un terme à tout ça ? M'exclamai-je.

_T'as pas le droit de faire ça Edward ! C'est toi qui n'es jamais, et je dis bien JA-MAIS venu me voir UNE SEULE FOIS ! Cria-t-elle en accentuant bien ses mots. TU m'as mis de côté et tu pensais peut-être que j'allais rester bien gentiment à t'attendre ? Non mais tu croyais quoi ? Le pire dans tout ça, c'est que tu n'as même pas tenu ta promesse.

J'eus l'impression de me prendre une gifle. Non, pas une gifle, un couteau bien acéré. En plein ventre.

Bien sûr que je me souvenais de la promesse que je lui avais faite avant de m'envoler pour New York. Un mois avant la remise de son diplôme, j'avais acheté un billet d'avion pour venir la voir, mais je pensais tout simplement qu'avec ce qu'elle m'avait dit au téléphone, elle n'aurait certainement pas envie que je sois présent. Et maintenant, elle reposait la faute sur moi ?

_Tu penses que tu es la seule à avoir souffert de tout ça ? Murmurai-je.

_C'est toi qui a décidé de partir, pas moi, rétorqua-t-elle.

J'avais l'impression de jouer à un jeu stupide où le but était d'assommer l'autre de reproches. Et celui qui gagne, il gagne quoi ?

_Tu veux que je te dise, je suis peut-être parti, mais c'est toi qui a baissé les bras en premier, Bella.

Elle ouvrit grand les yeux. Je l'avais sûrement choquée, blessée avec ces paroles, mais c'est ce que j'avais toujours pensé au fond de moi. Elle n'avait pas cru en moi, en nous.

_Je dois y aller.

Je me levai du tabouret de bar et sans un regard me détournai d'elle. Le chemin de la cuisine vers la porte d'entrée me parut affreusement long. Bêtement, j'attendais qu'elle me rattrape, ou qu'elle dise quelque chose, mais quand la porte se referma derrière moi, je sus que je m'étais menti toute ma vie. Non, elle et moi n'étions pas invincibles.

Point de vue de Bella.

Quelques mois plus tard… Septembre

Alice était venue me chercher à l'aéroport et m'avait littéralement sauté dessus, mais ça, j'étais habituée à présent. Elle m'avait terriblement manqué durant cette longue année. Bien sûr, Angela était une fille adorable, mais je n'avais pas la même complicité avec elle qu'avec Alice. Alice avait un instinct hors du commun et quelques fois, je m'étais d'ailleurs demandé si elle n'avait pas été médium dans une autre vie. Le lendemain du concert, Angela m'avait tendu l'album dédicacé en souriant et je n'avais pas pu m'empêcher de pleurer. J'aurais pu lui expliquer, mais je n'avais pas vraiment envie de le faire. Surtout qu'il aurait également fallut que je parle de la dispute que nous avions eu la veille.

Le trajet s'était bizarrement passé calmement. Je jetai de fréquent coup d'œil à Alice et remarquai qu'elle passait son temps à se mordiller la lèvre, signe de nervosité.

Nous arrivâmes chez nous et je posai ma valise en soufflant, contente d'être enfin arrivée à bon port. Alice était toujours silencieuse. Je fronçai les sourcils et m'installai dans le canapé.

_Qu'y a-t-il, Alice ? Tu me fais peur, là.

Elle soupira, semblant relâcher toute la pression qui la consumait de l'intérieur et disparut rapidement dans sa chambre. J'hésitai à la suivre, mais quand je me décidai, elle en revint et se posta devant moi.

Elle me tendit une enveloppe, me rendant nerveuse à mon tour. Je regardai le bout de papier mais il n'y avait aucune trace d'écriture. Je levai les yeux vers ma meilleure amie.

_Ce sont des tickets de concert ?

_Non.

_Bien.

Un peu plus rassurée, j'ouvris l'enveloppe et en sortis son contenu. Mon ventre se tordit et finalement, je regrettai que ce ne soit pas des tickets.

J'avais dans mes mains une vieille photo de moi quand nous avions dix-sept ans. Je la retournai et vis l'écriture soignée d'Edward.

Nobody said it was easy
Personne n'a dit que c'était facile
No one ever said it would be this hard
Personne n'a jamais dit que ce serait aussi difficile
Oh take me back to the start
Ramène-moi là où tout a commencé

E.C

Je retins mes larmes. Alice s'assied à côté de moi et me prit dans ses bras. Je savais qu'Edward viendrait à Seattle, mais je ne pensais pas qu'il chercherait à me contacter, surtout avec la manière dont nous nous étions quittés la dernière fois. D'ailleurs, ne devait-il pas venir qu'en Décembre ? Je redirigeai à nouveau mon attention sur la photo que je tenais dans ma main. Oui, je me souvenais parfaitement de ce moment. Nous étions assis, Edward et moi à notre table habituelle dans la cour du lycée. C'était la dernière semaine de notre année de terminale, et même si à l'époque je savais qu'il serait bientôt parti, j'essayai de reléguer ça dans un coin de ma tête.

Edward souffla fortement et referma son manuel de chimie d'un coup sec avant de le balancer derrière son épaule.

_Cullen, arrête ça ! Criai-je avant d'aller le récupérer. Je te rappelle qu'on a un examen de chimie demain et que tu as autant de capacités en chimie qu'un lémurien sous morphine !

_Les cours sont terminés, déstresse Bella.

_Ils seront terminés quand ce foutu examen sera fini, compris ?

Je le vis hausser ses épaules et il se replongea dans son bouquin en rechignant. Coude posé sur la table, je posai ma tête sur ma paume et jetai un coup d'œil vers un groupe qui chahutait près de la cafétéria. Pendant un court instant, je me dis que j'allais peut-être regretter cet endroit. Seulement un court instant, car un flash me fit sursauter et je lançai un regard noir à Edward.

_Quoi ? Me dit-il sur la défensive avant de reporter son attention à l'écran de son appareil photo numérique. Pour ma défense, tu es très belle sur cette photo.

Mes joues s'empourprèrent et vu le sourire qui était collé sur son visage, je sus que cela ne lui avait pas échappé.

_Ta chimie. Me contentai-je d'énoncer.

_Tu es beaucoup plus intéressante que la chimie.

_Ravie de le savoir.

J'avais beau jouer la carte de la nonchalance, mon cœur tambourinait dans ma poitrine.

Je revins sur terre. Alice avait toujours ses bras autour de moi et j'avais toujours les yeux rivés sur mon portrait.

_Allez viens, je t'emmène quelque part.

E&B

Quand la voiture d'Alice s'arrêta, je compris immédiatement la raison pour laquelle elle m'avait demandé de prendre une veste chaude, un bonnet et une paire de gant en plein mois de Septembre.

_Tu ne vas pas me foutre sur des patins, quand même ? M'écriai-je, la voix partant dans les aigus. Tu sais que dans certains Etats, ça pourrait être considéré comme un homicide volontaire ?

_Arrête de dramatiser Bella, rigola-t-elle.

Moi je n'avais pas vraiment envie de rire. Elle coupa le moteur et descendit du véhicule. J'hésitai très fortement à la suivre. Elle fit le tour et vint ouvrir ma portière.

_Allez, viens !

La patience ne faisait pas parti des nombreuses qualités d'Alice. J'eus à peine le temps de détacher ma ceinture de sécurité qu'elle me tirait déjà par le bras devant le bâtiment.

_Alice, c'est fermé ! M'exclamai-je joyeusement.

Je sentis mon soulagement disparaitre quand je la vis me faire un clin d'œil et sortir une clef de la poche de son manteau.

_Décidément, tu es plein de ressources, grognai-je.

_Et encore, tu n'as rien vu !

Une fois dans ce qui ressemblait à un vestiaire, elle me tendit une paire de patin.

_Tu crois sincèrement que je vais enfiler ça ?

_Non, évidemment. J'attends que tu les avales !

Je la regardai méchamment, mais me résignai et m'asseyait sur un des bancs à disposition. Alice se dirigea vers un autre casier et en sortit une paire qu'elle enfila comme si elle avait fait cela toute sa vie. J'en étais encore à saisir comment les enfiler qu'elle s'agenouilla devant moi et vint à ma rescousse.

_Tu sais que je tiens à peine sur mes pieds en temps normal ? Me risquai-je. Tu tiens vraiment à me casser une jambe ?

Elle rigola mais ne répondit pas, se contentant de finir d'attacher les lacets de mes patins.

_Allez, on y va.

Je la suivis doucement, me retenant à tout ce qui me venait sous la main. Quand nous arrivâmes au bord de la patinoire, je me sentis défaillir.

_Pars devant, je vais me préparer psychologiquement…

_Tu n'as pas intérêt à t'enfuir !

_Je t'en prie Alice, avec ça au pied, même un escargot pourrait me rattraper !

Son rire résonna dans l'immense salle et je la regardai s'éloigner, ses patins glissant gracieusement sur la glace. A la voir, cela paraissait extrêmement simple. Elle s'arrêta au bord opposé et sembla manipuler quelque chose. Quand elle se positionna au centre de la piste, une musique douce s'éleva. Je la reconnus directement et des frissons s'élevèrent le long de ma nuque. Clair de Lune de Claude Debussy avait toujours été la partition préférée d'Edward. Déjà à sept ans, il la connaissait par cœur et passait son temps à la jouer. Alice commença par faire quelques tours de piste. Je fus étonnée par son aisance, jamais je n'avais su qu'elle savait aussi bien patiner, ni même qu'elle aimait cela.

Quand les notes s'accentuèrent, elle effectua des figures dont je ne connaissais même pas le nom. Je crus en reconnaitre une ou deux que j'avais aperçu à la télévision lors de championnats diffusés, mais je n'aurais pas pu les nommer. Quand la musique toucha à la fin, elle tournoya si vite que j'en eus le tournis. J'en avais le souffle coupé, littéralement. Elle revint vers moi, les joues rouges.

_Alors ? Me demanda-t-elle en souriant timidement.

La timidité n'était pas non plus un trait de son caractère. J'avais l'impression qu'elle me faisait pénétrer dans son jardin secret et cela me mit du baume au cœur.

_J'espère que tu ne comptes pas me faire faire des pirouettes, rigolai-je. C'était magnifique Alice… Sincèrement.

Elle sembla se détendre et son sourire s'élargit.

_Venir ici m'aide à réfléchir. Me confia-t-elle en s'asseyant sur un banc derrière nous. Je pensais que ça t'aiderais peut-être…

_Réfléchir à quoi ? Lui demandai-je bêtement en l'imitant, essayant d'éluder le sujet.

Avec les heures de vol que je venais d'endurer, les émotions que j'avais ressenti en découvrant l'enveloppe d'Edward et les horreurs que je portais aux pieds, je n'avais pas vraiment envie de réfléchir à quoique ce soit.

_Oh, je ne sais pas… Sa voix était tintée d'ironie. Au fait que tu es complètement amoureuse d'Edward, certainement depuis toujours, et qu'aujourd'hui, il semble vouloir revenir dans ta vie, peut-être ?

_Sept ans, ça suffit à changer les gens.

_Oui mais au vu de ses chansons, ses sentiments pour toi n'ont pas l'air d'avoir changé !

_Je ne sais même pas ce qu'il ressent pour moi Alice. Nous étions jeunes, nous n'avons jamais été qu'amis. Il n'a jamais été question d'autre chose entre nous.

_Vraiment ? On ne passe pas ses journées à écrire des chansons d'amour pour une amie, Bella.

_Je connais Edward, il a toujours été comme ça… Ce n'est pas de l'amour, c'est de l'affection, rien de plus.

_T'es vraiment bornée. Tu choisis toujours la solution la plus tordue ! S'il a toujours été comme ça, c'est qu'il a toujours été amoureux de toi, point.

Je n'étais pas vraiment convaincue, mais je ne répondis rien.

_Comment as-tu obtenu la clef de la patinoire ? Lui demandai-je, curieuse.

Je connaissais Alice depuis ma première année à la Seattle University. A ma connaissance, elle avait toujours vécu dans cette ville. Alice avait beau être très bavarde et très extravertie, elle ne parlait quasiment jamais de son passé. Tout ce que je savais, c'est qu'elle avait été abandonnée à sa naissance et qu'elle avait vécu en foyer jusqu'à la fin du lycée. Quand je l'avais appris, mon admiration pour elle n'en avait été que renforcée : à la voir aussi joyeuse et aussi battante, jamais je n'aurais pu deviner à quel point elle en avait bavé toute son enfance.

_Le propriétaire est une vieille connaissance, me dit-elle en haussant les épaules.

_Tu viens ici depuis longtemps ?

Je la vis se tendre légèrement et je regrettai aussitôt ma question. Je sentais qu'elle n'était pas vraiment prête à aller plus loin dans ses confidences.

_Depuis toujours… Enfin, à ma connaissance.

Elle laissa sa phrase en suspens et fixa le vide quelques secondes.

_Tu es la meilleure amie que tout le monde souhaiterait avoir. Je ne sais pas comment je ferais sans toi.

_A t'entendre je suis reléguée à un vieux personnage secondaire qui ne sert qu'à épauler le personnage principal... Sourit-elle.

Je n'avais jamais vu Alice aussi triste. J'avais l'impression de voir une nouvelle facette d'elle et cela la rendait plus…humaine.

Je sentis qu'il fallait que je change de sujet.

_Tu crois vraiment qu'Edward est amoureux de moi ?

Son visage se détendit et elle me sourit.

_Si jamais je m'étais trompée, je te promets de bouffer mes patins !

Je n'avais jamais vraiment su comment qualifier la relation que nous avions depuis que nous étions enfants. Oui, nous avions été amis, pendant très longtemps. Mais l'amitié pouvait-elle encore être de mise quand nous étions entrés au lycée ? Je ne pense pas. J'avais beau essayé de m'intéresser à d'autres garçons, seul Edward parvenait à me faire me sentir bien et à ma place. J'étais sans arrêt à le chercher, à me blottir dans ses bras. Dès qu'il n'était pas dans un de mes cours, je pensais à lui et me demandait à quoi il pouvait bien penser. Non, à cette époque, notre amitié n'existait déjà plus, du moins pour moi. Mais était-ce le cas pour lui ?

Peut-être avait-il eu raison en me reprochant d'avoir baissé les bras. Même s'il n'avait pas tenu sa promesse, même s'il n'était jamais venu me voir et que ses appels se faisaient de plus en plus rares, j'avais été la première à perdre espoir en nous. J'avais été injuste et égoïste. S'il était vraiment amoureux de moi depuis si longtemps, j'avais dû le blesser énormément.

_Allez ! Se reprit Alice en se remettant debout et en me sortant de mes pensées. On va remédier à ta nullité en patinage.

Je fis la moue et manquai de tomber de mes patins en me redressant. Alice grimaça.

_C'est pas gagné…

E&B

Nous étions rentrées chez nous quelques heures plus tard. J'avais pris une bonne douche bien chaude et j'avais dévoré un plat entier de pâtes, emmitouflée dans une couette sur le canapé. Alice avait dû partir à la boutique pour terminer une importante commande et j'avais passé ma soirée devant une émission stupide.

La photographie et l'enveloppe étaient toujours posées sur la table basse, devant moi. J'avais beaucoup réfléchi depuis notre discussion avec Alice et j'avais décidé de l'appeler. Malheureusement, maintenant que j'étais seule, ma résolution commençait à partir en fumée. Que devrais-je lui dire ? J'allais certainement devoir m'excuser. Pas que ça me dérange, mais j'avais peur de la tournure que pouvaient prendre les évènements. J'étais certaine que j'avais besoin d'Edward dans ma vie : les sept ans passés à essayer de l'oublier – et à ne pas y arriver – m'avaient bien fait comprendre qu'il tenait une place importante. Laquelle ? Je ne savais pas vraiment. Oui, j'étais très certainement amoureuse Edward Cullen depuis longtemps, depuis le lycée sûrement. Mais aujourd'hui, nous évoluions dans deux mondes très différents et cette perspective me faisait très peur. De même, je ne pouvais pas occulter les sept longues années que nous avions passées séparément. J'avais changé, et lui aussi. Cependant, il avait tout de même écrit un album entier me concernant et ce n'était pas négligeable. La dispute que nous avions eue à Chicago me laissait un goût amer dans la bouche et je n'avais vraiment pas envie de rester là-dessus. Je jetai à nouveau un œil à la photo qui me représentait et l'attrapai délicatement avant de lire pour la centième fois ce qu'Edward avait écrit au dos.

Prenant mon courage à deux mains je m'emparai de mon Smartphone et l'appelai. Plusieurs sonneries retentirent à mon oreille, mais il ne décrocha pas. Quand le répondeur s'enclencha, mon cœur se calma légèrement et je raccrochai, déçue. Sans prendre la peine de réessayer je me dirigeai dans ma chambre, bien décidée à dormir d'un sommeil de plomb.

E&B

Quand j'ouvris les yeux, il était trois heures du matin. Ma chambre était plongée dans l'obscurité et seul mon téléphone dégageait un rais de lumière en faisant vibrer ma table de nuit. Les traits tirés je décrochai sans prendre la peine de regarder le nom de mon interlocuteur.

_Allo, fis-je à moitié agressive.

_Hey.

_Oh.

J'éloignai l'écran de mon oreille pour vérifier si je ne rêvais pas. Le nom d'Edward était inscrit en toute lettre.

_Je suis désolé de te réveiller. J'étais en plein concert quand tu m'as appelé et… et bien en fait, je viens de… rentrer, en quelque sorte. J'aurais pu attendre demain mais…

Un silence se fit.

_Mais en fait, je n'avais pas envie d'attendre demain. Compléta-t-il dans un souffle.

Je me relevai dans mon lit et m'appuyai, dos contre le mur. Je ne savais pas vraiment quoi dire.

_Tu veux que je te laisse dormir ? Rajouta-t-il, percevant mon silence.

_Non, pas vraiment.

La réponse était sortie d'elle-même. Je n'avais effectivement plus envie de dormir à présent. Tout ce qui importait, c'était la voix grave d'Edward à l'autre bout de la ligne. Je l'entendis soupirer. Le connaissant, il devait très certainement se passer une main dans ses cheveux.

_En fait, je te dois des excuses.

Même si ma voix ne tremblait pas, je n'étais pas vraiment dans mon état normal.

_Je t'en dois aussi. Je suis désolé Bella, vraiment.

_C'est pas vraiment idéal d'avoir cette discussion par téléphone… Grimaçai-je.

_Je suis d'accord avec toi. J'aurais bien une solution mais…

_Mais ?

_J'ai bien peur que tu ne me prennes pour un psychopathe…

_Tu ne comptes pas prendre un avion en plein milieu de la nuit quand même ? Rigolai-je.

_Pas exactement…

Je me relevai vivement. Peut-être qu'Edward avait changé, mais le Edward que je connaissais pouvait très bien faire des choses vraiment stupides…

_Ne me dis pas que tu es à Seattle ?!

Des choses stupides comme prendre un avion pour Seattle en plein milieu de la nuit après un concert qui s'était déroulé à l'autre bout du pays…

_En fait, je suis en bas de chez toi.

_QUOI ?!

Je courus à la fenêtre et regardai par la vitre. Il n'avait effectivement pas menti. Edward, casquette vissée sur le crâne et lunette de soleil sur le nez était bel et bien en bas de chez moi. Les jambes tremblantes, j'enfilai une paire de jeans et un pull large qui me tombait sur l'épaule. Je descendis lui ouvrir, le cœur prêt à exploser.

_Salut.

Je ne voyais pas ses yeux, mais son sourire en coin ne m'échappa pas. Je l'invitai à entrer d'un geste de la main et refermai doucement la porte derrière lui.

_Tu arrives à voir la nuit avec ça ? Lui demandai-je pour détendre l'atmosphère.

Porter des lunettes de soleil la nuit de devait pas être très pratique… Comment arrivait-il à supporter tout ça ?

_Question d'habitude. Murmura-t-il en haussant les épaules et en enlevant son accoutrement. Alice dort, j'imagine ?

A dire vrai, je ne savais même pas si elle était rentrée. Il lui arrivait souvent de s'endormir directement à sa boutique lorsqu'elle avait de grosses commandes. Elle avait même fait exprès d'acheter un canapé convertible pour cette raison. Je montai les escaliers doucement et entrouvrait la porte de sa chambre. Le lit était vide.

_Elle n'est pas là, déclarai-je d'une voix normale en descendant les marches.

D'un coup, l'irréalité de la situation me frappa. Edward était chez moi, à Seattle, et venait de s'asseoir lourdement sur mon canapé. A bien le regarder, il avait l'air exténué.

_Je peux te proposer du café peut-être ?

_Volontiers.

Quand je lui apportai une tasse de café fumant, je remarquai qu'il tenait la photo qu'il m'avait donnée dans ses mains. Il la reposa lorsque je m'assieds à côté de lui.

_Je crois que je te dois des explications…

_Tu vas enfin me dire pourquoi tu joues les psychopathes ? Rigolai-je, mais mon rire mourut dans ma gorge quand je vis son air sérieux. Ses yeux me transperçaient et sous son regard, je crus fondre.

_Quand j'ai vu que tu m'avais appelé, je n'ai pas vraiment réfléchi. J'étais à San Francisco et le trajet en avion ne dure que deux heures… Une fois le concert terminé, je me suis directement rendu à l'aéroport. J'ai senti que ton appel était un signe, le signe que je devais absolument venir te voir et t'expliquer. A vrai dire, je pense que j'aurais dû faire ça depuis longtemps.

Il s'arrêta quelques secondes, comme si ce qu'il s'apprêtait à dire était d'une importance capitale. Mon cerveau, quant à lui, était porté disparu.

_Je suis parti à New York pour la musique. Quand j'ai été reçu à Julliard, j'étais le plus heureux des hommes. Tu sais ce que représente la musique pour moi… A cette époque, je me disais que rien ne pourrait venir entacher notre amitié. Quand je suis parti, j'en ai eu le cœur brisé, vraiment, mais je me disais que c'était un mal pour un bien et que je ne pouvais pas me permettre de laisser passer une opportunité pareille.

Il semblait prêt à vider son sac. Je n'osais pas l'arrêter, de peur de gâcher le moment. Moi aussi, j'avais besoin d'entendre ses explications.

_Plus les mois passaient, plus je ressentais ce vide en moi. J'avais rencontré des amis formidables, je vivais ma vie à fond, profitant de New York et de tout ce qu'elle avait à m'offrir. Mais il n'y a pas un jour où je ne pensais pas à toi et où j'étais à deux doigts de prendre un avion pour venir te voir.

Je scrutai son visage, mais tout ce que je vis fut un immense sérieux. Il fronçait les sourcils et se passait régulièrement la main sur sa nuque et dans ses cheveux. Ses aveux me firent plaisir, en même temps qu'ils me terrifièrent.

_C'est un comble, n'est-ce pas ? Enfin je veux dire… je me suis éloigné de toi pour la musique et une fois à Julliard, toute ma musique t'étais dédiée. Je crois que j'ai eu peur de ce que je ressentais pour toi, Bella. Je savais déjà au lycée que notre amitié n'était pas banale, mais une fois loin de toi, je me suis rendu compte que c'était beaucoup plus que ça.

A cet instant, il me regarda dans les yeux. J'eus l'impression qu'il cherchait confirmation de ce qu'il disait, mais j'étais incapable de dire quoique ce soit.

_Je n'avais pas envie de gâcher notre amitié, que tu sois effrayé par ce que je ressentais pour toi. C'est pour cette raison que je ne suis jamais revenu. Je pense que si j'étais revenu te voir, je ne serais jamais reparti, tout simplement.

J'avais l'impression qu'on venait de me frapper avec une batte de Baseball. Si ce qu'il disait était vrai – et je n'en doutais pas, car Edward était quelqu'un d'honnête – les sept années passées à tenter vainement de l'oublier n'avaient servis strictement à rien, mis à part me faire souffrir, voire nous faire souffrir tous les deux.

_Tu es stupide, déclarai-je en m'enfonçant dans le canapé.

_Tu me l'as souvent dit, oui. Sourit-il. Ce que je viens de te dire ne te fait pas peur ?

Je pris quelques secondes pour réfléchir. Peur ? Certainement pas. Tout ce que je ressentais était de la frustration.

_Tout ce que j'ai envie c'est de te botter le cul.

_Oh, mais fais gaffe, il vaut de l'or maintenant… Me dit-il sournoisement.

_Je suis sûre qu'il a une page Facebook ou un site Internet…

_Jamais pensé à vérifier.

Il hausse les épaules, trahissant une certaine lassitude. Maintenant que j'y pense, toute cette célébrité doit être un véritable fardeau pour lui. J'aimerai pouvoir discuter toute la nuit de sa nouvelle vie, de tout ce qu'il a pu faire, ressentir depuis toutes ces années, mais ses révélations m'ont chamboulé et tout ce que je voudrais savoir à présent c'est où tout cela va nous mener.

_Alors, commençai-je incertaine. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

_Je pense que je n'aurais plus le courage de rester loin de toi. Me dit-il après un instant d'hésitation.

Mon cœur s'affole quelques secondes avant de reprendre un rythme normal. J'ai l'impression d'être dans un rêve, mais pourtant, nous sommes bels et bien là, dans mon salon à Seattle au beau milieu de la nuit. Je ne sais pas trop ce qui m'empêche de lui dire que oui, moi aussi je ne veux plus être loin de lui et que tout mon corps le réclame. Mes lèvres tremblent, mais aucun son n'en sort.

Il me regarde, guettant ma réaction.

_Je suis désolé Bella. Je pense que c'est trop d'un coup pour toi…

Il soupire et esquisse un geste pour se relever. C'est à cet instant que mon corps parvient enfin à bouger. Je le retiens par le bras et il se rassoit, prêt à m'écouter. L'intensité de son regard me donne des frissons.

_En fait, je ne sais pas quoi penser de tout ça…

Si, je le savais très bien. C'était simple, non ? Je savais que j'étais folle amoureuse de cet homme depuis plusieurs années. Je savais que moi non plus, je ne voulais pas vivre à nouveau sans lui. Je savais également qu'il était beau à en damner un saint et que sa bouche m'attirait inexorablement vers elle. J'étais tiraillée entre écouter ma raison, qui me disait que toute cette histoire était sans issue et suivre mon instinct, qui me dictait de ne plus passer une seule seconde loin de lui.

_Tout va beaucoup trop vite… déclarai-je, plus à l'attention de mon instinct qu'à celui d'Edward.

Nous venions à peine de nous retrouver après sept années de silence – sans compter l'interlude de Chicago que je comptais bien oublier. Nous n'avions jamais appris à être plus que des amis et j'étais dans un flou total.

_Et moi je trouve qu'on a déjà perdu assez de temps…

Que répondre à ça ? Sa voix était devenue rauque et pleine de désir. Son regard qui faisait des allers retours entre mes yeux et mes lèvres, m'enivra. Quand sa main vint se poser sur ma joue et que son visage s'approcha du mien, mon cerveau se déconnecta de bon.

Je fermai les yeux et attendis de sentir ses lèvres sur les miennes. Quand elles virent enfin se coller aux miennes, je sentis son souffle et mon corps se mit à trembler. Le baiser se fit timide, puis quand nos bouches se furent habituées, il se fit plus assuré, passionné. J'avais l'impression que ses mains étaient partout, sur mon dos, sur ma nuque, dans mon cou. Je ne parvenais plus à aligner deux pensées cohérentes tant mon corps était devenu fiévreux.

Nos langues dansaient et nos souffles – saccadés – étaient entremêlés. Ses caresses se firent plus pressantes et je sentis sa main se glisser sous mon pull, tandis que l'autre commençait à jouer avec le pan de mon jean. Il fit passer son pouce le long de mon bas-ventre, me faisant gémir de plaisir et de frustration.

Il attendait peut-être mon accord, mais je n'étais pas en état de dire quoique ce soit. Mes mains se baladaient dans ses cheveux tandis que ses lèvres parcouraient à présent le trajet de mon oreille au creux de ma gorge. Ne pouvant plus supporter la frustration, je m'installai à califourchon sur ses cuisses et reprit sauvagement ses lèvres, savourant le grognement de plaisir qui venait de s'en échapper.

Ses mains avaient abandonnés leur voyage dans mon jean, mais s'étaient faites plus aventureuse sous mon pull. Elles étaient à présent bien ancrées sur ma peau nue, et entreprenaient de m'enlever le tissu qui semblait de trop.

Jamais je n'avais ressenti un tel désir, un tel empressement. Son odeur était partout et me faisait tourner la tête, ou était-ce les frissons ? Je n'en savais rien et je n'avais pas envie de réfléchir. Mes hormones étaient en ébullitions et pour rien au monde je n'avais envie d'arrêter la douce torture qu'il m'infligeait.

D'un coup de hanche, il nous mit debout et me reposa à terre. Il m'observa quelques instants, les pupilles tellement dilatées que je ne perçus presque plus d'éclats verts dans ses yeux. Ce qu'il vit dû le satisfaire, car il enleva son tee-shirt, dévoilant son torse musclé et parfait et se remit à m'embrasser fougueusement.

_Bella… Ta chambre. Tout de suite.

Sans prendre la peine de répondre, je l'entrainais à l'étage où il m'allongea sur le lit encore défait.

Dire qu'une demi-heure plus tôt, j'étais encore endormie, seule, pensant qu'Edward était à des milliers de kilomètres d'ici.

Mon jean alla rejoindre le reste de ses vêtements au sol et il vint s'allonger au-dessus de moi.

_Tu es vraiment… magnifique.

Sa voix était hachée et ses coudes étaient posés de part et d'autre de mon visage. Il fit glisser son index de ma tempe et le descendit lentement, me faisant vibrer. Quand il survola mon sein, un gémissement m'échappa, le faisant sourire. Quand il traversa mon ventre nu, je me cambrai et rejetait la tête en arrière, impatiente. Quand il caressa ma cuisse et le dirigea vers mon intimité, ma vision s'obscurcit et je ne répondis plus de rien.

La seule pensée qui me vint fut que j'étais définitivement amoureuse d'Edward Cullen.

A suivre…


Alors, satisfaites ? Ne prenez pas trop goût à ce genre de fin… Une sadique reste une sadique, et cette histoire est loin d'être finie ! Mais profitez tout de même du calme avant la tempête… ^^

Votre avis m'intéresse toujours !

Bellwardverse.