Bonjour à toutes.
Vous remarquerez que ce chapitre est court : je suis vraiment désolée, mais ces deux dernières semaines ont été très dures pour moi (problèmes de santé, problèmes familiaux, cours qui ont repris, compétitions sportives qui approchent et donc entraînements intensifs…). J'ai été optimiste en pensant qu'une fois les cours à la Fac auraient repris, je pourrais conserver un délai de publication d'une semaine !
Vous l'aurez compris, le délai va rester pour l'instant à quinze jours entre les chapitres. J'essayerai de conserver ce délai jusqu'à la fin de mon semestre (jusqu'en Juin) et ensuite, pourquoi ne pas revenir à un délai d'une semaine ?
Par contre, je ne ferais plus de chapitre aussi court, là, c'est une exception. Je me suis dit qu'il valait mieux pour vous d'avoir un petit chapitre qu'attendre une semaine de plus, surtout avec la fin que je vous ai pondue la dernière fois !
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 5 : « Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout », Guy de Maupassant.
Je m'engouffrai à l'extérieur de la boîte de nuit, le cœur résonnant à mes oreilles, peut-être plus bruyant que la musique, étouffée, qui me parvenait de l'intérieur. Le vigil ne m'adressa pas un regard, il devait sûrement penser que j'étais une de ces personnes qui ne tenaient pas l'alcool. Quoi qu'il en soit, cela m'arrangeait un peu qu'il ne vienne pas à ma rencontre, car j'avais besoin d'espace.
Je me trouvais si ridicule que j'avais envie d'en pleurer. Ma réaction était vraiment exagérée : je ne savais même pas qui était cette femme, mais malgré moi, j'en avais tiré des conclusions hâtives. Je connaissais Edward depuis toujours et un homme aussi bon que lui ne pouvait pas se transformer en connard malgré le succès, n'est-ce pas ?
Je m'éloignai de quelques pas pour m'adosser contre un mur et reprendre mes esprits. Je n'étais pas vraiment le genre de fille à faire des scènes, ni à s'énerver pour un rien. D'aussi loin que je m'en souvienne, Edward a toujours été le seul à pouvoir me provoquer et à me faire sortir de mes gonds. J'ai toujours aimé avoir une vie prévisible et calme. Les surprises n'ont jamais été mon truc, et l'inconnu me fait extrêmement peur. A l'époque du Lycée, j'aimais me dire que j'avais un effet canalisateur sur Edward. Lui était plutôt du genre à vivre au jour le jour, sans penser aux conséquences de ses actes. J'avais réussi à le calmer légèrement, ce dont sa mère m'avait d'ailleurs remercié, exaspérée par la nonchalance de son fils unique – pourtant si brillant.
Finalement, rien n'avait changé. A part les sept années de séparation et le tournant qu'ils avaient vécu quelques mois auparavant, Edward restait la seule personne qui parvenait à la rendre plus… humaine.
Je passai mes mains sur mes bras, réalisant seulement maintenant que dans la précipitation, je n'avais pas emporté mon manteau. Le mois de Décembre était doux pour un début d'Hiver – surtout à Seattle – mais je commençai à avoir très froid. Je pensai quelques instants à entrer de nouveau pour récupérer mes affaires, mais je passerai sûrement pour une fille stupide. Enfin… si ce n'était pas déjà fait ! Je priai quelques secondes pour qu'Alice ait une de ses merveilleuses intuitions et me rejoigne, mais à peine eussé-je terminé de formuler mon vœu qu'un tissu se posa sur mes épaules.
Point de vue Edward
_EDWARD !
Je tournai la tête si vite que mon cou craqua. Je vis Tanya dans toute sa splendeur s'avancer vers notre table et je me tendis instantanément. J'avais bêtement pensé qu'elle ne se rendrait pas compte de mon départ avorté, mais c'était vraiment mal la connaitre.
Elle continuait sur sa lancée, me lançant des regards meurtriers et dévisageant Bella à la dérobée. J'imaginais déjà ses pensées et cela me fit frémir. Tanya avait beau être extrêmement compétente vis-à-vis de ma carrière, elle était également – et surtout – l'être le plus démoniaque qu'il m'ait été donné de rencontrer. Démoniaque dans le style diplômé de pourrissage de vie mention très bien d'ailleurs : je pouvais d'ailleurs en témoigner.
Quand elle avait découvert l'existence de Bella, j'avais dû batailler pour conserver mon téléphone personnel.
Tant que cela n'interfère pas dans ta carrière, je ne dirais rien.
Cependant, elle avait été particulièrement sévère avec moi ces dernières semaines. J'étais sûr qu'elle m'attendait au tournant, guettant le moment où je ferais une connerie et où elle pourrait enfin me dire : « je te l'avais dit ! ».
Je n'osais même pas regarder Bella, qui ne devait rien comprendre à la situation. Mais avant que je ne puisse dire quoique ce soit, Bella se leva et sortit en trombe. Je n'avais qu'une envie : la rattraper, mais pour cela, je devais affronter Tanya qui à cet instant même avait un regard du style « Je t'en prie, enfonce-toi encore plus ! ».
Je regardai vers Jasper, trop occupé à essayer de camoufler son sourire en coin qui voulait dire : « Je suis bien curieux de voir comment tu vas te démerder ! ».
Quant à Alice, que j'avais l'occasion de rencontrer en chair et en os pour la première fois, me dévisageait du style : « Tu vas le bouger ton cul, oui ou non ? »
Décidemment, j'avais l'impression d'avoir le don de télépathie ce soir !
Visiblement agacée que je ne réagisse pas, Tanya s'assied à la place qu'occupait Bella quelques instants plus tôt et se pencha à mon oreille.
_Je peux savoir ce que tu fous ?
J'envisageai fortement de ne pas répondre et de l'ignorer, mais je me dis que si je voulais rattraper Bella, il allait bien falloir que je lui ponde une réponse satisfaisante. Et tiens, pourquoi pas la vérité ?
_Ecoute Tanya, je suis majeur tu sais ? Tu m'emmerdes !
Je devais presque crier à son oreille pour qu'elle m'entende.
_T'es au courant que les paparazzis t'attendent au tournant depuis ta dernière escapade ? T'es vraiment inconscient ! Qu'est-ce que tu ferais sans moi, bon sang !
_Oh, mais je vais te le dire, déjà, je ne perdrais pas de temps à te parler et j'irai voir Bella. Oh, et puis tiens, je vais le faire, d'ailleurs.
Je me levai et pris la direction de la sortie.
Quelques fois, ce monde dans lequel j'étais entré grâce au succès de mon premier album m'oppressait. La célébrité avait ses bons côtés, évidemment, mais il y avait aussi le revers de la médaille. Aucune attache, aucune vérité, aucune confiance, aucune liberté. Que du superficiel, du temporaire et du matériel. Si je n'aimais pas autant la musique, cela ferait longtemps que je serais parti m'exiler au fin fond de l'Alaska.
L'air frais me fit frissonner et mes oreilles mirent quelques secondes à s'habituer à la descente de décibels. Le vigil, dans que je ne lui demande, m'indiqua directement une direction de la main et je m'élançai pour retrouver Bella. J'eu à peine fait quelques pas que je la vis, adossée contre le mur, tremblante.
Je m'approchai doucement et posai ma veste sur ses épaules. Elle devait sûrement mourir de froid dans cette tenue.
_Je peux savoir ce qu'il se passe ? Lui demandai-je doucement.
Elle se tourna vers moi et me regarda, la mine boudeuse.
_J'étais en train de me dire que j'étais stupide.
_Oh. Et bien… Je vais acquiescer, alors. Un con qui traite une fille de stupide : cela ne peut être qu'un compliment.
Son visage se détendit légèrement et elle me tapa faiblement sur le torse.
_Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris, me dit-elle.
_Oh, moi je sais ce qui t'a pris… Tu es jalouse !
_Moi ? Jamais Cullen ! S'enflamma-t-elle.
Elle essayait clairement de nier mais je pus voir à son rougissement que j'avais entièrement raison.
_Arrête de sourire aussi bêtement, me cria-t-elle, ce qui ne fit que l'accentuer.
J'avais toujours adoré la taquiner et la pousser à bout. Cette fille ne marchait pas, elle courait à chaque fois. A chaque fois que cela arrivait, et à l'époque, c'était mon activité préférée, elle se mordait la lèvre inférieure. Je pensai à cet instant qu'il fallait vraiment que je lui dise quel effet ça me fait…
_Je t'ai déjà parlé de mon manager, n'est-ce pas ?
_Oui, pourqu…
Elle s'arrêta quelques instants et ses rougissements reprirent de plus belle.
_Ne me dis pas que cette fille est ton manager ?
Elle semblait totalement paniquée.
_Tu es en train de me dire que cette fille parfaite gère ta vie quotidienne et te suit partout où tu vas ?
Moi qui pensais que la nouvelle allait l'apaiser…
_Et après, tu veux me faire croire que tu n'es pas jalouse !
Ses sourcils se froncèrent et durant un cours instant, j'ai bien cru qu'elle allait me tirer la langue. Je me mis à rire.
_Tu n'as vraiment rien à lui envier, je t'assure.
_C'est ridicule, hein ? Après tout, on ne s'est rien promis… Je ne sais même pas ce qu'on est, ni où on va ! Tout ça va beaucoup trop vite…
_Et moi je trouve qu'on a déjà assez attendu, lui rétorquai-je immédiatement.
_J'ai déjà entendu ça quelque part. Me sourit-elle, calmée.
La rapidité avec laquelle elle changeait d'expression était réellement impressionnant. Etait-ce moi qui la mettais dans cet état ?
_Et je te le répéterais autant de fois qu'il le faudra pour que tu le croies.
Ma réponse dû la satisfaire car elle n'objecta rien.
_Et maintenant, on pourrait passer aux choses sérieuses ?
_Comme ?
_J'ai vraiment très envie de vous embrasser mademoiselle Swan. Lui murmurai-je en m'approchant de son visage.
Je me penchai lentement, attendant encore un retournement de situation de sa part, mais elle ne sembla pas être contre l'idée. Je posai mes lèvres sur les siennes et entourai son visage de mes mains, profitant du doux contact qu'elle m'offrait. Nos bouches se mouvaient ensemble dans un ballet parfait qui m'excita instantanément.
J'étais à deux doigts de la plaquer contre le mur quand une lumière vive me ramena sur terre. Je me retournai immédiatement et vis qu'un homme aux vêtements sombres se tenait à quelques mètres de nous, un appareil photo dans les mains. Quand nos yeux se croisèrent, il s'enfuit.
_Et merde…
E&B
Nous rentrâmes dans l'immeuble pour se mettre en sécurité. Je savais que si les paparazzisvenaient à s'attrouper devant la boite de nuit, ils ne parviendraient pas à rentrer. Bella semblait quelque peu choqué. Ses sourcils étaient froncés et j'aurais tout donné pour connaitre ses pensées à cet instant. Je savais pertinemment que ce genre de chose allait arriver un jour ou l'autre : j'aurais simplement voulu que cela arrive plus tard. Pas maintenant, alors que je venais de la retrouver, que j'allais pouvoir rester auprès d'elle et qu'elle commençait à accepter de me laisser entrer de nouveau dans sa vie.
Je l'emmenai avec moi dans le coin VIP, mais il n'y avait plus que Tanya. Et elle allait sûrement me tuer après ce qu'il venait de se passer. Parce que si j'étais sûr d'une chose, c'est que demain, Bella ferait la une de tous les magazines people.
Mais pour le moment, l'urgence était de partir d'ici le plus vite possible. Je me penchai vers Tanya pour lui expliquer brièvement la situation. Du coin de l'œil, je vis Bella s'enfiler deux coupes de champagne en à peine une minute.
Tanya avait beau être une emmerdeuse de première, elle ne dit rien et s'éloigna aussitôt, son Smartphone dernier cri déjà collé à son oreille. Je m'assieds à côté de Bella, plus nerveux que je ne le laissais paraitre. Bella en était à sa cinquième coupe quand Jasper et Alice refirent surface, souriants.
Quand Alice vit l'état de son amie, elle lui retira le verre des mains. J'informai Jasper de ce qu'il venait de se passer et son sourire se fana. Nous nous regardâmes dans les yeux sans rien dire. Je savais qu'il pensait à la même chose que moi : il allait falloir trouver un moyen de filer d'ici à l'anglaise.
Tanya revint une dizaine de minutes plus tard et nous fit un geste de la main, nous incitant à la suivre. Elle nous fait traverser la boite et sortir par une porte à l'arrière. Dehors, une limousine nous attendait.
_Et bien je l'aurais eu finalement, ma limousine ! S'exclama Alice, essayant vainement de détendre l'atmosphère.
Je n'eus pas le temps de lui dire de se taire que Bella lui lançait déjà un regard noir qui la cloua sur place.
Nous entrâmes dans la limousine et à peine les portières verrouillées et la voiture en marche, Tanya explosa.
_QU'EST-CE QUE JE T'AVAIS DIT EDWARD ? IL FAUT TOUJOURS QUE TU N'EN FASSES QU'A TA TÊTE, TU ES IMPOSSIBLE !
Je grimaçai et vit que Bella en avait fait de même. Dans l'état d'ébriété dans laquelle elle se trouvait, le bruit devait sûrement être accentué. J'aurais envie de répondre à Tanya que j'étais grand, mais cela aurait été trop puéril et surtout faux, vu ce qu'il venait de se passer. Si elle ne m'avait pas suivi à Seattle, nous aurions été dans la merde.
_Elles ne peuvent pas rentrer chez elle, me dit Tanya, un peu calmée. Les paparazzis vont nous suivre et je préfère qu'ils campent devant un hôtel plutôt que devant chez elle. S'ils savent où elle habite, elle va vivre un enfer.
_Comme c'est touchant, ricana Bella, trop saoule pour se rendre compte de quoi que ce soit.
Je vis Tanya prête à rétorquer, mais elle se ravisa. Elle devait sûrement penser que cela serait inutile dans l'état déplorable dans lequel Bella se trouvait.
Le reste du trajet se fit dans le silence complet. Quand la limousine s'arrêta, nous ne prîmes pas le temps d'observer les environs : nous entrâmes directement dans le hall de l'hôtel que Tanya avait choisi. Tanya se tourna vers moi.
_J'ai réservé trois chambres. Je te préviens Edward, si tu mets un orteil à l'extérieur de cet hôtel, je démissionne !
Elle s'en alla la tête haute vers l'accueil et revint quelques minutes plus tard avec trois jeux de clefs. Alice en saisit un et me fit un regard contrit : en une seule soirée, je venais de perdre toute ma dignité et sa pitié venait tout simplement de m'achever. C'était l'effet que me faisait le contact de Tanya, j'avais bizarrement tendance à devenir un agneau apeuré. Je vis la brune prendre Bella par les épaules et se diriger vers l'ascenseur. Je soupirais, alors que Jasper me fit une tape amicale dans le dos.
_Allez Ed, ça ira mieux demain.
J'aurais aimé, oui. Mais j'avais vraiment l'impression que justement, les choses allaient s'empirer.
A suivre…
Et voilà… ce fut court, n'est-ce pas ? J'espère que vous aurez quand même apprécié ce chapitre. Merci encore pour les reviews que j'ai reçus sur le chapitre 4, vous ne pouvez pas savoir à quel point cela m'a boosté pour continuer cette histoire. Je vous avoue avoir eu un gros passage à vide ces deux dernières semaines et cela s'est peut-être ressenti sur ce chapitre. Rassurez-vous, JAMAIS je n'arrêterais cette histoire. Déjà parce que ma bêta viendrait de Tunisie pour m'arracher les yeux et ensuite, parce qu'en tant que lectrice, je ne peux pas accepter ça !
Donc n'hésitez pas à me donner votre avis et on se retrouve dans quinze jours (le 02 Mars).
Bellwardverse.
