Coucou tout le monde !

J'espère que vous ne me haïssez pas pour la fin de mon dernier chapitre ^^

Merci à uneklaineuuuuuse, SwiftCriss, Marion, Anna, Uruviel29880, chiichan4, Anne-So, Alexis, CeliaCom7, Claire, Klaineuse, justmoi59, Sara pour vos reviews.

uneklaineuuuuuse : j'aime ce mot d'introduction. C'est poétique et tellement doux :'D pourquoi tu veux lui mordre les doigts ? Tu es cruelle, pourquoi ses doigts ?! :O Mémé dans les orties avec un pantalon ? Parce que le cul à l'air dans les orties ça doit putain de faire mal. Après ta mémé va se gratter les fesses :'D (j'ai des images brrrrr) Personnellement, je regarderais le popotin de Blaine H24 si je travaillais avec lui *sourire pervers* j'essayerais de poster plus tôt si tu veux :) bisous

SwiftCriss : tu verras tout ça dans ce chapitre :) Tu vas savoir ce qui va arriver à Elliott, Kurt et Blaine !

IheartIns : coucou ! C'est frustrant mais excitant en même temps. Je crois que c'est la fin que j'aime le plus. Bisous !

AnnaKlaineuse : mais non ne meurs pas :''''( Je sais je vais aller te mettre une review et j'apporte un bocal plein de cookies parce que Oh ma Gaga ! Oh le début de chapitre ne t'a pas plus ? Qu'est-ce que je pourrais changer pour qu'il soit meilleur ? KLAIINE POWER !

Uruviel29880 : tu crois qu'une fin est physiquement tuable ? (Je sais pas si ce mot existe...) Sinon, vous avez 4heures pour répondre à ça :'D Elliott est taré ouais ! C'est le moins qu'on puisse dire je crois :) Tu verras comment ça va se terminer ;) Merci beaucoup pour ta review !

chiichan4 : héhé je suis contente de pouvoir t'apporter ça alors :) J'aime beaucoup Sebastian aussi. Bon il y a tout le côté pervers derrière mais il tient sincèrement à Kurt et je pense que c'est bon de savoir que Kurt n'est pas si seul qu'il le prétend. Donc si des lecteurs te frappent, ils me frappent aussi ;) Je vois que tu aimes Hunter ;) haha clairement, c'est un con. Non de toute façon, les spoilers ne me gênent pas. Mais l'ascenseur... J'espère qu'il y aura au moins un Kliss ou plus... Non Cindy ne rêve pas... Merci pour ta nouvelle review :)

HOP3SO : merci, tu es adorable :) Je salue ton royaume magique de requins licornes enchantés ! Bisous.

Anderverysue : comme je t'ai déjà dit dans nos conversations, il y a pas mal de choses qui vont changer par rapport à la version originale. Je ne peux pas te dire ce que je réserve pour ne pas te spoiler mais j'espère que ça te plaira :)

CeliaCom7 : Seb et Elliott dans un même chapitre, c'est vrai que ça peut être affolant :D

Maloke : pourquoi je ris ? Ca m'amuse tellement de vous faire attendre comme ça :'D Je ne suis pas méchante ok ? Merci beaucoup ma Claire :)

Klaineuse : WALALA :D Non je ne veux pas te tuer soeureupine :'( je vais sniffouiller après ! Blaine est vraiment amusant quand il est énervé. Je dois dire que je l'adore ;) Vous ne savez pas grand chose sur Sebastian, c'est pour ça que tu ne sais pas quoi penser de lui ;) Les disputes leur permettent de se parler à coeur ouvert je pense. Hunter... Tu vas tellement le détester pour la suite :'D (non je ne suis pas sadique !) MAIS NON NE MEURS PAS *sniffouille dans un coin* Je te rassure pour moi aussi Klaine c'est la viiiiiie ! *te rejoins à DarrenLand* A DarrenLand, il y a une attraction : les montagnes russes dans ses boucles. Elle s'appelle La vie formidable des boucles incontrolables de Darren Criss :D Blainey m'a brisé le coeur pendant la rupture mais Kurt est vraiment touchant. Je déteste le voir pleurer. JE VEUX QUE KLAINE REVIENNE ENSEMBLE OUIIIIIIIN :'( Toi aussi tu es la seule qui ne me prend pas pour une dingue avec la Darrenation (Darren vénération ok? ;) ) Bonjour tout le monde qui lira ceci : ma soeureupine et moi avons inventé une nouvelle religion le Crisstianisme. Si vous voulez nous rejoindre dans cette vénération perpétuelle du Dieu SUPERMEGAFOXYAWESOMEHOT Darren Criss veuillez nous contacter :'D :'D Ce serait bien qu'on puisse se parler ailleurs *sniffouille* Tu es magnique ma soeureupine d'amour plein de Kluimauve *coeurcoeurcoeur* CA FAIT LONGTEMPS QUE J'AVAIS PAS EU "J'adore ton chapitre" :D Gros bisous ma keupine je t'aime et vivement ta réponse encyclopédique ;)

justmoi59 : je suis frustrante ? Mais noooooon haha ;) Hunter est flippant, je te l'accorde :D

Licorne-Klaine : merci d'avoir laissé une review. J'espère que ton problème de portable sera bientôt réglé. Je vais aller te reviewer. Si ce n'est pas ce soir ce sera demain mais ce sera fait ma chérie :)

Clairegleek78 : oh d'accord. Merci pour ta review malgré tout :) Bisous

Je voulais savoir si ça vous dérange que je ne mette pas beaucoup de musiques et donc de paroles dans mes chapitres. Parce que je sais qu'à la base, Glee est une série musicale, j'aimerais avoir votre avis. Est-ce que vous voulez que j'en rajoute ou bien ça ne vous dérange pas qu'il n'y en ait pas beaucoup ? Votre avis compte pour moi :)

Sur ce, bonne lecture !

ENJOY !

Chapitre 39

Oh putain de bordel de merde !

Il est debout et me regarde sans ciller de ses yeux fous et pâles, son revolver tenu dans sa main droite et dirigé vers moi. Je sens presque tout mon corps défaillir à cette vision.

Je ferme plusieurs fois rapidement les yeux. Mon esprit s'enclenche et tourne à deux mille à l'heure. Qu'est-ce qu'il fout là ? Comment il a fait pour arriver dans ma cuisine ? Et putain où est Steve ? OU EST STEVE ?

Une boule lourde et glacée pèse sur mon cœur. Toute la surface de ma peau frémit et la chair de poule hérisse chacun des poils de mon corps. Je suis tétanisé par la peur. Il a peut-être blessé Steve ? Oh mon Dieu. Mon souffle se bloque dans ma poitrine. La terreur s'écoule rapidement dans mes veines à chaque battement de cœur. Il ne faut pas que je panique. Ou du moins, je ne dois pas lui montrer que je panique.

Il me dévisage de haut en bas comme si j'étais un extraterrestre ayant débarqué chez lui. Oh mais attendez. Il est l'intrus et on est chez moi. Alors pourquoi ce regard ?

Pour moi, ces pensées dans ma tête ont duré de longues minutes. Mais en fait, il ne s'est écoulé qu'une seconde à peine depuis que je suis entré dans l'appartement. Les traits d'Elliott sont toujours neutres. Il semble encore plus misérable et paumé que la première fois que je l'ai vu. Il a toujours les mêmes habits trop grands sur lui. Il est très sale et un bon bain ne serait pas du luxe pour lui. Ses cheveux sombres et négligés sont plaqués sur son front. Ses yeux bleus pâles sont troublés et perdus.

Même si ma langue est lourde dans ma bouche, je tente de lui dire quelque chose :

« Bonjour. Elliott je crois ? » demandais-je d'un ton incertain.

Il sourit. Enfin je suppose que c'est un sourire. C'est plus un rictus super flippant en fait. Un frisson me parcourt.

« Oh le garçon a retrouvé sa langue » chuchote-t-il d'une voix gentille mais basse en même temps, assez bizarre.

« Oui je l'ai retrouvé » répondis-je calmement d'une façon condescendante comme si j'avais à faire à un bébé, « il y a quelqu'un avec toi ? »

Où est Steve ? Mon cœur rate un battement. Pourvu qu'il ne lui ait pas fait de mal…

Son expression devient tout à coup très triste. Je m'attends presque à le voir fondre en sanglots. Il semble si mal et déboussolé.

« Personne » murmure-t-il, « personne »

La façon dont il a dit ce mot brise quelque chose en moi. Il a l'air de tellement souffrir. Qu'est-ce que ça signifie pour lui ? Il n'y a personne ici ? Il n'est personne comme il m'a déjà dit ? Il n'y a personne avec lui parce que Steve est… Mon Dieu non, non… J'inspire profondément pour contrôler ma terreur et pour que les larmes contenues dans mes yeux ne débordent pas.

« Qu'est-ce que tu es venu faire là ? Je peux faire quelque chose pour toi ? »

Je parle tranquillement même si la peur enserre mon estomac. Il plisse le front. Mes mots ont l'air de le troubler encore plus. Au moins, il ne me frappe pas ou n'essaye pas de me tirer dessus. Ses doigts tiennent néanmoins le pistolet fermement dans ma direction. J'essaye de lui changer les idées en faisant mon possible pour ignorer les poils de ma nuque dressés.

« Un café ça te dit ? »

Quelle connerie ! Pourquoi j'ai dit ça ? Peut-être que mon besoin de caféine en toutes situations de stress se pointe là, maintenant. Je n'en sais rien. Je pense soudainement à Cooper. Mon Dieu, il mourrait s'il me voyait à cet instant. Pourquoi tous les réflexes d'auto-défense que j'ai appris avec la boxe ne fonctionnent pas ? Enfin, il ne m'attaque pas totalement. Il a son arme mais je ne peux pas réagir à ça. Et si j'essayais de me déplacer ? Il bouge la tête d'une lenteur effrayante en me regardant.

J'essaye de respirer un grand coup pour me donner du courage et pour tenter de me calmer un peu. Je me déplace ensuite vers les plans de travail de la cuisine. Il écarquille les yeux, déstabilisé par mon geste et fais un pas vers moi pour pouvoir m'observer. J'ouvre le robinet afin de remplir la cafetière d'eau. Mes mains tremblent comme des feuilles. Je me force à inspirer profondément alors que je me concentre sur ma tâche. S'il avait voulu me faire du mal, il l'aurait fait. Il tient une arme après tout. Il me suit du regard, intrigué, absent et malicieux. Presque enfantin. J'appuie sur le bouton de la cafetière et je ne peux m'empêcher de penser à Steve. Il souffre ? Il est attaché quelque part ?

« Quelqu'un est ici, dans l'appartement ? » demandais-je, tendu.

Il me fixe et de sa main libre, il joue avec ses cheveux poisseux. Il entortille des mèches autour de ses longs doigts pâles. Il semble faire ce geste sans réfléchir. Comme moi quand je me mords la lèvre. Son mouvement m'a distrait un moment. Je tourne à nouveau les yeux vers ses cheveux. Bruns. Comme les miens. Un souffle léger et tremblant passe mes lèvres alors que j'attends qu'il parle, le cœur au bord des lèvres.

« Personne. Jamais personne » scande-t-il.

Merci, je me sens beaucoup plus en sécurité maintenant. Peut-être que Steve n'est pas encore arrivé ici. Mon ventre se détord un petit peu. J'espère qu'il ne risque rien. Lui au moins.

« Tu es certain que tu ne veux pas de café ? »

« Je ne veux pas boire » rétorque-t-il calmement en s'approchant doucement de moi.

Le soulagement de tout à l'heure s'envole quasi-immédiatement. Putain ! Tout mon corps se met à frissonner sans que je puisse le contrôler. L'angoisse me traverse, primale et pesante et envahit toutes les cellules de mon corps. Mais même noyé sous ces sensations, je lui tourne le dos pour attraper deux tasses au-dessus de moi.

« Pourquoi toi et pas moi ? » me questionne-t-il d'une façon innocente.

« Qu'est-ce que tu veux dire Elliott ? » demandais-je d'un ton gentil.

« Le Maitre. Monsieur Hummel. Tu as le droit de dire son prénom »

« Elliott, je ne suis pas son Soumis. Le… Maître a vu que je n'étais pas fait pour ça, que je n'avais pas ce caractère »

Il continue de tripoter ses cheveux. Ce tic me met mal à l'aise et me rend encore plus nerveux.

« Pas ce caractère »

Il répète mes mots d'un ton songeur comme pour tenter de comprendre et de s'en imprégner.

« Le Maître est content désormais. J'ai pu le voir. Il rigole et sourit maintenant. Il ne le faisait jamais avant. Tu as les mêmes cheveux que moi »

Je suis surpris par le nouveau sujet d'Elliott. Il me fixe avec concentration comme s'il ne m'avait jamais vu avant.

« Tous les hommes que le Maître apprécie ont les mêmes cheveux que nous. Tous. Tous ont les mêmes. Mais toi, tu as le droit de dormir dans sa chambre. J'ai pu le voir »

Putain. Il était donc vraiment au pied du lit. Je n'ai pas halluciné.

« Tu as pu me voir dans sa chambre ? »

« Il ne m'a jamais laissé dormir dans sa chambre » chuchote-t-il.

Il a l'air d'être une sorte de mirage surréaliste et malheureux. Une coquille complétement vide. Il semble tellement fragile. Même le pistolet qu'il tient ne change pas ça. Il me fait pitié et tout à coup, j'ai presque envie de lui venir en aide. Ses doigts se resserrent autour de la crosse de son arme. Mon regard se fixe dessus et mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine.

« Le Maître nous apprécie à sa façon. Mais j'y pense… J'y pense… Le Maître a un côté obscur, très obscur. Pourtant je suis amoureux de lui »

Il ment. Kurt n'est pas comme il le décrit. Mon amour pour lui gonfle en moi. Il n'a pas de côté obscur. Il est gentil et généreux. Je lui ai montré comment était la vie hors des ténèbres. Et lui il faut qu'il ramène cette idée et qu'il me sorte qu'il est amoureux de lui.

« Elliott, est-ce que je peux voir ce pistolet s'il te plait ? » demandais-je tranquillement.

Il resserre son emprise autour du revolver et le serre contre lui comme un doudou.

« Il m'appartient. Il est tout ce que j'ai »

Il câline l'arme avec amour.

« Il va pouvoir rejoindre son âme sœur »

Bordel ! Son âme sœur ? Il parle de Kurt là ? C'est comme s'il m'avait mis une grosse gifle dans la gueule. Je ne me fais pas d'illusions : Kurt va monter et venir voir pourquoi je mets autant de temps. Elliott veut lui faire du mal ou pire, le tuer. Cette pensée me terrifie. Une boule de peur vient se loger dans ma gorge et mon ventre se tord douloureusement à l'idée de perdre Kurt.

Au même moment, j'entends la porte d'entrée claquer violemment contre le mur. Kurt est là suivi de près par Joey.

Kurt inspecte rapidement ce qu'il se passe puis ses yeux tombent sur moi. Il me scrute dans les moindres détails et je peux voir qu'il est rassuré. Ça ne dure cependant pas longtemps car il détourne le regard sur Elliott. Ses yeux le mitraillent. Il ne bouge pas. Ils brûlent d'une façon encore inédite pour moi. Il y a une colère sans nom mélangée à de l'angoisse. Ça n'annonce rien de bon.

Elliott parait choqué mais étrangement, un éclair de lucidité semble le traverser. Il ferme et ouvre ses yeux à grande vitesse. Sa prise devient à nouveau plus forte sur la crosse du pistolet. Ma respiration se bloque dans mes poumons et mon pouls s'accélère alors que mon sang pulse douloureusement dans mes tempes. S'il vous plait, non, non, non, non.

Tout mon monde tremble. Tout devient instable autour de moi. Mon avenir se tient dans l'esprit torturé de cet homme fou. Il va le tuer ? Il va nous tuer ? Pas Kurt. Mon estomac se retourne à cette idée.

Après un temps indéterminé, des heures selon moi, Elliott finit par examiner Kurt d'un air penaud et de ses yeux ébahis.

Kurt fait un geste de la main en direction de Joey pour lui signifier de ne faire aucun mouvement. Joey est blanc comme un cachet d'aspirine mais son visage est déformé par la colère. C'est la première fois que je le vois perdre son self control. Cependant il obéit. Kurt et Eliott se toisent du regard en silence. Mes poumons retiennent l'air. Qu'est-ce qu'il va arriver ? Quelle va être la réaction de l'un ou de l'autre ? Pour l'instant, ils se fixent juste. Les traits de Kurt sont emplis de… De quoi au juste ? Je n'ai jamais vu ça. Ça semble sauvage : de la compassion, de la terreur, de la tendresse, de l'am… Non, non. Pas de ça pour lui.

Les yeux de Kurt fusillent Elliott et doucement, l'air de la pièce devient plus lourd. La tension est intenable. Je peux presque toucher le lien entre eux, leur agitation croissante.

Putain, d'un coup, je me sens de trop. Comme un voyeur les observant. Un étranger qui assiste à une scène qu'il ne devrait pas voir.

Le regard brulant de Kurt devient encore plus chaud. Il se tient différemment aussi. Sa silhouette est allongée, il semble plus fort aussi. Il est surtout plus distant et une aura glaciale l'entoure. J'ai déjà vu cette façon de se tenir chez lui. Dans la salle de torture moderne plus précisément.

Les poils de ma nuque se dressent à nouveau. J'ai en face de moi Kurt le Dominant. Il arrive à endosser ce rôle avec une telle facilité… J'ignore si c'est sa profonde nature ou si c'est une sorte de masque qu'il porte. Cependant mon estomac et mon cœur se tordent quand mes yeux tombent sur Elliott. Sa bouche est à peine ouverte pour laisser passer un souffle tremblant alors que ses joues deviennent aussi rouges qu'une tomate en plein Soleil. Putain. Je me prends en pleine face la personne qu'il a été, un morceau de sa vie passée.

Kurt prononce un mot que seul Elliott entend. Mais ça fonctionne tout de suite. Elliott s'agenouille, le visage orienté vers le sol. Le pistolet glisse de sa main et tombe vulgairement sur le sol. Oh ben bordel !

Kurt fait un pas prudent vers l'arme inutile sur le carrelage et s'incline élégamment pour le récupérer. Il l'observe avec une répugnance à peine cachée et la fourre à l'arrière de son jean. Il regarde Elliott qui est toujours à genoux et soumis sur le sol de ma cuisine.

« Blaine, va-t'en avec Joey » me commande-t-il.

Joey avance dans l'appartement et me fixe.

« Steve » chuchotais-je.

« Il est dehors » rétorque-t-il d'un air distrait en scrutant toujours Elliott.

Dehors. Il n'est pas là. Steve est sain et sauf. Je suis rassuré d'un coup et mon ventre se dénoue. Je pourrais tomber dans les pommes là.

« Blaine » redit Kurt d'un ton grave et pressant.

Seuls mes yeux s'ouvrent et se ferment. Tout le reste de mon corps est paralysé. Impossible que je l'abandonne ici, que je l'abandonne avec lui. Il bouge près d'Elliott toujours parterre. Il le surplombe d'un air protecteur. Il est statique. On dirait une statue. Je n'arrive presque pas à le croire. Pourtant c'est sous mon nez et je ne peux pas détourner le regard de ces deux hommes.

« Bordel de merde Blaine, une fois dans ta vie obéis et pars de cet appartement »

Le regard de Kurt rencontre le mien. Il est assassin. L'intonation de sa voix est piquante et froide. Je sais que son ton calme cache une fureur vibrante et à peine dissimulée.

Sa rage est orientée contre moi ? Ça c'est dingue et complétement incroyable. Il m'aurait mis un coup de poing dans le ventre, ça m'aurait fait le même effet. Pourquoi est-ce qu'il tient à tout prix à être seul avec lui ?

« Joey, faites sortir Monsieur Anderson de là. Tout de suite »

Joey baisse la tête en signe d'accord alors que mes yeux sont bloqués sur Kurt.

« Pourquoi ? » chuchotais-je du bout des lèvres.

« Pars. Rentre à la maison »

Ses yeux sont froids.

« Il faut que je reste avec Elliott. Juste lui et moi »

Sa voix me montre que la situation est urgente.

A mon avis, il tente de me dire quelque chose derrière ces mots. Mais mon esprit est trop troublé et transformé en gelée par les événements récents que je n'arrive plus à penser clairement. J'oriente mon regard vers Elliott et je vois que ses lèvres sont légèrement retroussées dans un sourire. Sinon il est stoïque. Le Soumis idéal. Putain… Cette idée fait rater un battement à mon cœur.

C'est ce qui est nécessaire pour lui. C'est ce qu'il apprécie. Je me mords la langue pour ne pas crier.

« Monsieur Anderson. Blaine »

Joey me supplie silencieusement d'aller avec lui. Il me tend le bras. Je suis paralysé par la scène à laquelle j'assiste. Elle ne fait qu'installer plus confortablement mes plus grandes peurs et mon manque de sécurité. Kurt et Elliott : le Dominant et le Soumis.

« Joey ! » insiste Kurt.

Joey m'attrape et me met sur son épaule. L'image que j'ai avant que Joey ne me fasse sortir c'est Kurt passant doucement ses mains dans les cheveux d'Elliott en lui murmurant gentiment des mots.

Joey me porte jusque dans le hall d'entrée. Je suis posé contre lui, la tête en bas. Je tente de remettre en place les événements qui se sont déroulés au cours du dernier quart d'heure. Enfin je suppose que ça a duré quinze minutes. Je n'en sais foutre rien en fait. Le temps s'est momentanément arrêté autour de moi de toute façon.

Elliott et Kurt.

Kurt et Elliott.

Tous les deux. Seuls. Qu'est-ce qu'il est en train de lui faire à cet instant ?

« Blainey ! Putain, nom de Dieu c'est quoi ce bordel ? »

Je suis rassuré quand j'aperçois Steve faire les cent pas dans l'entrée, ses bagages posés dans un coin. Oh Seigneur, merci, il n'est pas blessé. Dès que Joey me lâche, je fonce prendre Steve dans mes bras, le serrant le plus fort possible.

« Oh mon Dieu merci ! Steve ! »

Je le plaque étroitement contre moi. Je me suis fait tellement de soucis. Durant une courte durée, je m'autorise à décompresser et à tout mettre en pause. J'oublie momentanément ces deux hommes dans ma cuisine.

« Putain mais c'est quoi ce bordel Blainey ? C'est qui ce mec ? »

« Excuse-moi. Steve voici Joey. Il est au service de Kurt, mon petit ami. Joey c'est Steve. Le petit frère de mon meilleur ami Sam »

Ils s'adressent un signe de tête poli.

« Blaine, dis-moi ce qui arrive chez toi ? Je fouillais dans ma poche pour pouvoir ouvrir la porte de l'immeuble quand deux mecs m'ont sautés dessus et m'ont pris mes clés »

Un de ces mecs était Kurt.

« Tu n'es pas arrivé à l'heure. Heureusement »

« Euh ouais. Un de mes potes est à New York et on a été boire un coup. Tu vas me dire ce qui se passe ? »

« Un mec, l'ex de Kurt. Il est là-haut et il est cinglé. Et Kurt… Kurt »

Ma voix tremble et mes yeux se remplissent de larmes trop longtemps contenues.

« Chut » murmura Steve en me serrant dans ses bras, « tu as appelé les flics ou un truc du genre ? »

« Ce… Ce n'est pas une histoire comme ça »

Je ne peux pas retenir mes sanglots et je pleure dans son cou. Et voilà, je vais certainement chialer pendant des heures maintenant. Toutes les émotions accumulées depuis mon arrivée ici sortent par mes pleurs. Steve me serre plus étroitement même si je le sens sourire.

« Calme-toi Blainey. On va aller boire, ça ira mieux »

Il me caresse timidement le dos. Tout à coup, je suis vraiment gêné. Pour être franc, je voudrais rester seul. Cependant j'acquiesce et accepte son invitation. Je dois partir d'ici. Partir loin de toute cette merde.

Je pivote pour regarder Joey.

« Quelqu'un a vérifié le Phénix ? »

Je prends un mouchoir que Joey me tend et essuie mon visage et mon nez avec.

« Oui. Durant la journée »

Joey baisse la tête d'un air désolé. Il a l'air au bout du rouleau.

« Excusez-moi Blaine » chuchote-t-il.

Je plisse le front. Oh mon Dieu, il semble vraiment s'en vouloir. Je ne veux absolument pas l'enfoncer encore plus.

« Il a l'air d'être extrêmement doué pour filer entre nos doigts » marmonne-t-il.

« Steve et moi allons boire un verre et on rentrera au Phénix » précisais-je en effaçant les dernières larmes sur mon visage.

Joey gigote devant moi l'air totalement gêné.

« Monsieur Hummel aimerait que vous rentriez directement » déclare-t-il tranquillement.

« On sait où est Elliott désormais donc… »

Ma voix est dure et pleine de rancœur. Ce n'est pas de la faute de Joey mais tant pis.

« Donc tout ce dispositif de sécurité ne sert plus à rien. Prévenez Kurt que je rentrerais tout à l'heure »

Joey s'apprête à dire quelque chose mais se tait et baisse la tête en signe de compréhension.

« Tu veux que Joey emmène tes bagages ? » demandais-je à Steve.

« Non c'est gentil. Je les prends avec moi »

Steve salue Joey de la main avant de m'entrainer à sa suite à l'extérieur. Brusquement je me rends compte que je n'ai absolument pas d'argent sur moi.

« Mon portefeuille… »

« C'est bon ça va » chuchote Steve d'un air soucieux, « je t'invite, ne te fais pas de soucis »

OoOoOoOoOoO

On se décide à aller dans un petit bar juste de l'autre côté de la rue. Je m'assois sur une banquette près de la porte ayant une vue parfaite sur l'entrée de mon bâtiment et Steve se met face à moi. Il me tend une bouteille de bière. Je jette des coups d'œil réguliers dehors pour ne rien louper.

« Donc il y a un ex qui crée des problèmes ? » questionne doucement Steve.

« C'est un résumé simplifié on va dire » grognais-je comme pour me protéger.

Je ne peux rien dire de toute cette histoire. Je suis voué au silence à cause de l'accord de confidentialité. Brusquement, cet accord me dérange et je suis en colère que Kurt n'ait pas proposé de l'envoyer aux oubliettes.

« Tu peux me raconter les détails. Je ne suis pas pressé » ajoute-t-il amicalement en buvant un peu de sa bière.

« C'est un de ses ex. Ils ne sont plus ensemble depuis un moment. L'ex de Kurt était marié à un mec. Il l'a laissé pour un type. Ce même type est mort d'une overdose il y a peu et l'ex est de retour pour faire chier Kurt »

Je me tais et regarde ailleurs. J'en ai raconté mais juste assez je pense.

« Faire chier Kurt ? »

« Oui. Il cause pas mal de soucis. Il avait un pistolet »

« Putain ! »

« Il n'a pointé personne particulièrement avec. A mon avis, il voulait s'en servir sur lui-même. J'avais peur pour toi à cause de ça. J'ignorais si tu étais entré et si tu étais tombé sur lui »

« D'accord. Il semble assez malade »

« C'est le moins qu'on puisse dire »

« Pourquoi Kurt est encore avec lui là-bas ? »

Mon cœur se serre et ma respiration se bloque. J'ai soudainement la nausée.

« Je l'ignore »

Steve ouvre grand les yeux pour me regarder.

Il a compris comme un grand on dirait.

Voilà le vrai problème : pourquoi ils avaient besoin de rester seuls dans mon appartement ? Ils discutent. Pourvu qu'ils discutent seulement. Mais l'image de Kurt touchant avec tendresse les cheveux dégueulasses d'Elliott s'impose à mon esprit.

Je tente de dédramatiser les choses : Kurt prend soin de lui parce qu'il a des problèmes mentaux c'est tout.

Arrête de te faire du mal. Tu sais que ce n'est pas tout.

Elliott peut lui donner ce qu'il aime alors que moi je ne peux pas. Cette idée alourdit mon cœur. Il faut que nos moments ensemble remplacent cette merde : son « je t'aime », sa douceur et sa tendresse, son côté amusé et heureux. Pourtant certains mots que Sebastian a dit reviennent dans ma tête.

Voilà ce que c'est d'écouter aux portes.

Elle te manque ? Ta salle de jeux ?

J'avale le contenu de ma bière rapidement. Steve en commande tout de suite une deuxième. Je ne parle pas énormément mais Steve reste avec moi et me raconte des histoires pour que je pense à autre chose. Il me parle de ses cours et de Sam. Ce qui me change les idées un moment. Tout mon être est en fait avec mon maniaque du contrôle et son ex soumis chez moi. Cet homme qui est toujours amoureux de Kurt. Cet homme brun comme moi.

Pendant que nous sifflons notre troisième bière, un énorme 4x4 noir se gare devant mon bâtiment. J'aperçois le Docteur Schuester sortir de la voiture. Il est avec un jeune homme vêtu d'une tenue d'hôpital vert clair. Je vois Joey à l'entrée de l'immeuble aussi.

« C'est qui ? » me questionne Steve.

« Docteur Schuester. Une connaissance de Kurt »

« Quel type de docteur ? »

« Psy »

« Ah »

Après un instant, le Docteur et Kurt sortent de l'immeuble. Elliott est dans les bras de Kurt et il est enroulé dans un plaid. C'est quoi encore ? Epouvanté, je les suis du regard alors qu'ils grimpent tous dans le 4x4 qui part à toute allure ?

Steve me lance des coups d'œil tristes. Je me sens tout seul. Absolument tout seul.

« Tu penses qu'on peut passer à plus fort ? » demandais-je dans un souffle.

« Oui. Qu'est-ce que tu veux ? »

« Whisky s'il te plait »

Steve acquiesce avant de se lever vers le barman. Mon regard est bloqué sur l'entrée de mon bâtiment. Un moment après, Joey en sort, se met au volant de sa voiture et part. Au Phénix je suppose. A moins qu'il file Kurt. Je l'ignore.

Steve revient avec deux verres de whisky.

« Bourrons-nous la gueule Anderson ! »

Il a eu la meilleure idée du siècle là. On cogne nos verres ensemble et je trempe mes lèvres dans le liquide brun. Ça brûle sur ma langue et dans ma gorge mais l'alcool dissipe le mal qui me ronge de l'intérieur.

OoOoOoOoOoO

Il fait nuit et mon esprit est vraiment embrouillé. Steve et moi n'avons pas es clés pour rentrer à l'appartement. Steve veut à tout prix me raccompagner à pied au Phénix. Cependant il ne restera pas. Il a téléphoné à l'ami qu'il a croisé plus tôt et dort chez lui.

« Le maître du monde vit ici alors ? » souffle-t-il impressionné.

Je hoche la tête.

« Tu es certain que tu ne veux pas me suivre ? » me questionne-t-il.

« Non. Il faudra bien que je lui fasse face un jour. Ou je vais peut-être juste aller dormir »

« On se revoit demain ? »

« Oui. Merci Steve »

Je lui donne une étreinte.

« Ça va aller Blainey » me chuchote-t-il avant de s'éloigner de moi.

Il me surveille alors que j'entre dans le Phénix et il part avec un signe de la main. J'avance dans le hall et attends l'ascenseur.

Je descends de la cabine et j'arrive dans l'appartement de Kurt. Ça me fait bizarre de ne pas voir Joey à l'entrée. Je traverse le grand corridor et arrive dans le grand salon. Kurt parle, sn IPhone collé à l'oreille et il fait les cent pas autour du piano.

« Il est ici » lâche-t-il froidement.

Il pivote dans ma direction et ses yeux me jettent des éclairs meurtriers. Il range son portable.

« Bordel, t'étais passé où ? » me réprimande-t-il, immobile.

Il est énervé contre moi ? Il a passé je ne sais combien de temps avec son ex complétement taré et il est énervé contre moi ?

« Tu es bourré ? » m'interroge-t-il troublé.

« Légèrement »

Je ne savais pas que ça se verrait aussi facilement. Il soupire et passe la main dans ses cheveux.

« J'avais demandé à ce que tu rentres » lance-t-il d'un ton dangereusement calme, « il est 10 heures. Je me faisais du soucis »

« J'ai été boire un coup ou une bonne dizaine avec Steve alors que tu étais avec ton ancien soumis. J'ignorais le temps que tu allais passer avec… lui »

Il fronce les sourcils en s'avançant un peu vers moi.

« Pourquoi le dis-tu de cette façon ? »

Je baisse la tête vers mes pieds.

« Blainey, qu'est-ce qu'il y a ? »

Cette fois, je ressens autre chose que de la fureur dans son ton. Qu'est-ce que c'est ? De la panique ?

J'avale ma salive et tente de rassembler mes mots pour lui parler.

« Elliott ? Il est où ? » demandais-je en regardant son visage.

« Dans un centre spécialisé à Washington » rétorque-t-il en me détaillant, « Blainey, qu'est-ce qui se passe ? »

Il s'approche de moi jusqu'à se retrouver très près.

« Qu'est-ce qui se passe ? » murmure-t-il.

« Je ne suis pas la personne qu'il te faut » dis-je en bougeant la tête.

« Pardon ? » lâche-t-il, les yeux écarquillés d'angoisse, « qu'est-ce qui te fait dire ça ? Pourquoi tu as des idées pareilles ? »

« Je ne suis pas un homme pour toi »

« Tu es le seul homme que je veux »

« Quand je t'ai vu agir avec lui… »

Je n'arrive pas à terminer ma phrase.

« Ne me fais pas ça. Blainey ce n'est pas toi. C'est lui »

Il souffle bruyamment et dérange à nouveau ses cheveux.

« Il est vraiment instable »

« Je… Je pouvais presque voir le lien entre vous »

« Quoi ?! Non ! »

Il avance les bras vers mon visage mais je fais immédiatement un pas en arrière. Il le laisse mollement retomber le long de son corps en ouvrant et fermant les yeux. Il a l'air d'être en train d'angoisser.

« Tu pars en courant ? » murmure-t-il, ses grands yeux bleus replis de peur.

Je ne réponds pas et fais de mon mieux pour garder le reste de clarté dans mon esprit.

« Je t'en prie. C'est impossible » me supplie-t-il.

« Kurt. Je… Je… »

Je fais de mon mieux pour ne pas flancher. Que dois-je dire maintenant ? Il me faut de l'espace. De l'espace pour rassembler mes pensées.

« Non, non, non »

« Je… »

Il regarde dans tous les sens autour de lui comme s'il cherchait de l'aide ou une sortie de secours miraculeuse.

« Blainey je t'aime. Je t'en prie, ne m'abandonne pas »

« Je t'aime aussi Kurt. Il faut simplement… »

« Non, non, non » scande-t-il, implorant en encadrant son crâne de ses mains.

« Kurt »

« Non » halète-t-il, les yeux assombris par la peur.

Brusquement, il tombe devant moi, agenouillé, le visage orienté vers le sol, les paumes posées à plat de part et d'autre de ses cuisses. Il respire et s'immobilise.

« Kurt… Qu'est-ce que tu fous ? »

Il regarde fixement le sol sans bouger.

« Kurt, qu'est-ce qui se passe ? » criais-je d'un ton paniqué.

Aucun mouvement.

« Kurt, regarde-moi ! »

L'angoisse m'envahit.

Il lève tout de suite le visage. Il me regarde, ses beaux yeux bleus calmes et ses traits dociles. Il patiente.

Putain de merde !

Kurt le Soumis.

Et voilà pour ce chapitre !

Je sais qu'il n'est pas aussi long que certain mais j'ai hésité un long moment. J'aurais pu le fusionner avec le prochain mais je voulais que la fin vous tienne en haleine :) Je suis peut-être cruelle alors ne me frappez pas hein ? Je vous aime moi...

Sinon, j'ai hâte d'avoir vos avis sur le chapitre et sur la petite question que je vous ai posé en intro... N'hésitez pas à me laisser votre ressenti dans une petite review :)

Je vous aime tous cré cré fort :)

Bisous, à la semaine prochaine !

Votre humble et dévouée Cindy.