Hey mes chéris !
J'espère que vous allez bien et que votre semaine s'est bien passée. Me voilà pour ce chapitre 40. Et oui, déjà. Je suis heureuse de voir que ma fic vous plaise toujours et que vous ne vous lassez pas au fil des chapitres. Merci infiniment pour ça.
Merci aux nouveaux follows et fav de la semaine passée.
Merci à CeliaCom7, Guest, Clara, uneklaineuuuuuse, Amber, Zoé, Anna, Marion, Uruviel29880, justmoi59, Klaine-Forever21Eternity, Klaineuse, SwiftCriss, Alexis, chiichan4 pour vos reviews.
CeliaCom7 : oui au moins Elliott a été attrapé et les garçons vont pouvoir respirer pour un petit moment. J'espère que ce chapitre te plaira !
Guest : je sais le chapitre 39 et 40 n'en étaient qu'un en fait. Je l'ai juste coupé pour faire durer le suspens.
Clara00 : ce qui compte c'est que tu les lises régulièrement s'ils te plaisent. Merci de laisser des reviews de temps en temps ça me touche déjà énormément :) tu verras ici comment Blainey va réagir ;)
uneklaineuuuuuse : vous êtes nombreux à me demander de caser du point de vue de Kurt. Mais je me sens mieux dans la peau de Blaine et surtout, je ne l'ai pas fait depuis le début donc ça me paraît étrange de l'introduire d'un coup. S'il y a un mec bizarre au pied de ton lit, CRIE ! Je sais qu'il était court le 39 et le 40 n'en étaient qu'un à la base. Non pas d'Hunter mais t'inquiète pas, il est pas loin ;) Oui j'ai posté plus tôt héhé :) Oui la ps4 est une console aussi :D
Guest/Amber : ne t'inquiète pas, ce n'est pas une obligation de poster les reviews :) Je suis heureuse que tu le fasses déjà alors c'est génial, pas de soucis ! Gros bisous Amber :D
Tsuchito : ma petite Zoé tes reviews sont à chaque fois putain de géniales :o L'histoire d'Elliott viendra par la suite. Je ne peux pas ne pas expliquer la raison de sa folie ;) Tu sais à quel point j'aime Thadbastian... C'est trop seksy ;) Parce que Thad/Eddy est trop boow et que Grant/Seb aussi. Alors fbznizjbfjcbz! J'ai eu peur que tu écrives son nom :o coup de flippe énorme ! Mon cœur se remettait doucement de la vérité : Kurt n'est pas émouvant Dominant. Il se re-brise maintenant :'( * se frotte les mains en mode Monsieur Burns * (je n'ai aucune obsession pour les Simpsons NOOOON) Je ne peux pas t'en dire plus pour l'instant ma chérie… Pourquoi je ris encore de ta signature ? :'D
– Klaiindy, responsable de l'association CDA (Chats Drogués Anonymes)
AnnaKlaineuse : Elliott est vachement cooool :'D haha Blaine il est tranquille lui. Il est en mode ' J'ai un flingue pointé sur moi. Oui et ? Où est le problème ? Oh Elliott tu veux du sucre dans ton café ? ' Je dirais que Kurt et la délicatesse font 12 tu vois ? Un Blaine est sexy en toutes circonstances ma chère Anna ;) c'est pas grave il était mignon ^^ Bisous !
IheartIns : coucou ! Merci pour tout ça. Bisous
Uruviel29880 : moi ? Sadique ? Je ne sais pas du tout de quoi tu veux parler... Ils s'équilibrent niveau comportement on va dire ;) Merci beaucoup :)
justmoi59 : je dois m'excuser pour ça ?
Klaine-Forever21 : il lui ordonne un ordre de sa voix de Dominant niveau 100 tu vois. Pour que Elliott réagisse à sa voix. Du genre « à genoux ». Enfin Kurt dit ça :) Oui c'est en quelque sorte un moyen de montrer que Kurt est prêt à tout pour garder Blaine auprès de lui. Même retrouver son statut de soumis ;)
Klaineuse : Walala soeureupine. Ouais on m'a demandé de poster plus tôt donc je m'exécute. Surtout que les chapitres sont près d'avance. Je sais même pas pourquoi j'attends aussi tard d'ailleurs. L'habitude certainement. Blaine est plein de surprise que veux-tu ;) Si Kurt avait réagi gentiment, ça ne serait plus Kurt tu ne penses pas ? J'aime bien Steve. J'aime bien mes personnages secondaires du genre Steve, Joey tu vois :) Un bon coup de pied dans le magnique cul du hobbit ferait pas de mal par moment. JE SUIS VOLONTAIRE POUR LUI DONNER ! T'as tout compris keupine ! Je suis contente que tu aimes mes chapitres alors :D NON NE SORS PAS BECAUSE BABY IT'S COLD OUTSIIIIIDE :'D * ok, ok je sors aussi... * Si je le rencontre, je le ligote et l'enferme dans ma cave (je n'ai pas de cave mais on s'en fout xD) SI DARE DISPARAIT IL EST CHEZ MOI EUKEEE ? MAIS OMG SUUUUUE Je viens de me rendre compte que Sue est putain de géniale. Je la vénère si grâce à elle (et la tension sexuelle Klaine) KLAINE IS BACK :D Gros bisous ma soeureupine keupine d'amour de mon cœur. I Love You * coeurcoeurcoeurpaillette * vivement ta prochaine review :')
SwiftCriss : je te souhaite bon courage pour tes cours. Je sais à quel point ça peut être étouffant parfois...
Anderverysue : et toi tu n'imagines pas ce que j'aime tes reviews :') tu verras par toi-même mais je trouve que Kurt est soumis sans le côté sexuel de la chose... Enfin tu verras quoi ;)
chiichan4 : il agit comme ça par preuve d'amour et de dévotion pour Blaine. Il a trop peur qu'il parte alors il est prêt à tout pour le retenir. C'est vrai qu'Elliott est assez instable mais il est profondément touché et seul alors je pense que c'est normal que tu éprouves de la compassion pour lui :)
Merci à vous d'avoir répondu à ma petite question du début de chapitre précédent.
Ce chapitre est certainement l'un que je préfère de tous ceux que j'ai écris. Vous allez comprendre pourquoi je pense ;)
Sur ce, bon chapitre.
ENJOY !
Chapitre 40
Kurt, à genoux devant moi, me regardant de son regard bleu serein. Voilà la scène la plus troublante et terrifiante qu'il m'ait été donné de voir. C'est même pire qu'Elliott pointant son pistolet sur moi. Le flou formé d'alcool qui entoure mon cerveau a rapidement disparu. A la place, un sentiment d'urgence et l'adrénaline pulsante m'envahissent. Tout mon être tremble.
Je respire par saccades, totalement secoué par la situation. C'est irréel. C'est déstabilisant. C'est horrible.
« Kurt, s'il te plaît, arrête ça. Ce n'est pas ce que je souhaite »
Il ne détourne pas ses yeux de moi. Son expression est toujours emplie de soumission. Il est immobile et silencieux.
Oh mon pauvre maniaque du contrôle. Mon cœur se tourne et se tord douloureusement. Putain, qu'est-ce que je lui ai fait ? Mes yeux s'emplissent de larmes.
« Pourquoi tu agis comme ça ? Dis-moi je t'en prie » murmurais-je.
Ses paupières s'ouvrent et se ferment lentement.
« Qu'est-ce que je suis censé dire ? » rétorque-t-il calmement, d'un ton passif.
Je suis momentanément rassuré qu'il parle. Mais ça disparaît instantanément au son de sa voix.
Les larmes débordent et coulent sur mon visage. C'est insupportable d'assister à ce spectacle. Kurt agenouillé de la même façon que ce misérable Elliott. La vision de cet homme normalement plein de pouvoir mais sensiblement comme un enfant. Profondément blessé et laissé de côté, qui pense ne pas mériter l'affection de ses proches adorables et mon amour imparfait mais sincère. Mon petit garçon apeuré et abîmé. Mon cœur se brise en de fins morceaux.
La pitié. La destruction. La détresse. Ces sentiments enflent en moi et j'ai l'impression qu'ils écartent doucement mes côtes d'une façon malsaine. J'halète de souffrance. Je dois faire mon possible pour qu'il revienne, pour récupérer mon maniaque du contrôle.
Penser à donner des ordres et maltraiter quelqu'un me dégoûte. Penser à donner ce traitement à Kurt me donne envie de vomir. Je ne veux jamais, jamais me retrouver à la place du détraqué qui l'a rendu ainsi.
Cette idée me fait trembler violemment et je tente du mieux possible d'ignorer la nausée. Je ne pourrais jamais le dominer. Mon esprit retrouve un peu de clarté et un moyen de régler la situation s'installe. En gardant mon regard verrouillé au sien, je m'agenouille face à lui. Le sol me fait mal sous mes genoux mais ça n'a pas d'importance. J'efface d'un geste lâche mes larmes sur mes joues.
Au moins, ni l'un ni l'autre n'est en position de force. On est sur le même pied d'égalité. Je pense que c'est l'unique manière de la ramener.
Son regard s'agrandit un peu alors que je relève ma tête vers la sienne. Mais ses traits et sa position n'ont pas bougé.
« Kurt, ce n'est pas nécessaire de faire ça » le suppliais-je, « je ne vais pas t'abandonner. Je te le répète et te le répéterais encore et encore s'il le faut : je ne vais pas partir en courant. Les événements d'aujourd'hui… C'est le fouillis dans ma tête. Je dois prendre du temps pour tout trier là-dedans. Juste du temps pour réorganiser mes pensées. Pourquoi faut-il que tu sois toujours si pessimiste ? »
Mon ventre se tord. Je connais déjà la réponse à cette question. Il n'a pas confiance en lui, en le monde alentour et il se hait viscéralement. Les mots que Sebastian a prononcés débarquent dans ma tête : « est-ce qu'il a une idée de la haine que tu ressens envers toi-même ? Connaît-il tous les soucis qui te tracassent ? »
Oh Kurt. L'angoisse envahit une énième fois mon cœur. Je bredouille rapidement mes paroles :
« Je m'apprêtais à te demander à ce que je rentre à mon appartement pour cette nuit. Je ne peux jamais me retrouver seul avec toi. Il faut juste que je fasse le tri dans tous ces événements »
Je pleure désormais et son front se plisse légèrement.
« Juste que je remette mes idées en place. On ne se connaît presque pas. Et tu as derrière toi de si gros boulets… Il faut… Il faut que je prenne du recul. Et puis, Elliott est… Je ne sais pas ce qu'il est et je m'en fous… Mais il ne se balade plus librement dans New York. Il n'y a plus de danger… Je… Je croyais que… »
Je ne peux pas terminer cette phrase. A la place je le fixe. Il me contemple avec intensité. Je pense qu'il fait vraiment attention à ce que je dis.
« Faire face à Elliott et toi… »
Mes paupières se ferment instinctivement sous la souffrance que m'apporte les images de Kurt et son ancien soumis plus tôt.
« Je ne savais pas quoi faire ou penser. Je me suis pris ton passé en pleine tête et… et… »
J'oriente mon visage vers le sol alors qu'il est strié de larmes.
« C'est moi. Je ne te mérite pas. Un bout de ton passé m'est apparu sous le nez et je crains plus que tout que je ne te suffise plus un jour, que tu me laisses… Et Elliott aura été une prémonition de mon futur. Je deviendrais un fantôme. Je t'aime Kurt. Si tu viens à me laisser tomber, toutes les couleurs disparaîtront de ma vie. Et ça me fait tellement peur »
Ce n'est que quand ces paroles passent la barrière de mes lèvres que je comprends d'où vient mon souci, sa vraie nature : je n'arrive pas à saisir pourquoi il est amoureux de moi. Ça m'a toujours échappé.
« Je n'arrive pas à comprendre comment tu peux me trouver désirable » chuchotais-je, « toi tu es… bref tu es Kurt et moi… »
Je fronce les sourcils avant de le regarder à nouveau.
« Je n'arrive pas c'est tout. Tu es magnifique et sexy. Tu es doué dans tout ce que tu fais. Tu es généreux, patient et attentif. Je ne suis rien de ça. Je ne peux pas satisfaire tes besoins particuliers non plus. Je suis incapable de te satisfaire. C'est impossible que tu sois épanoui et que tu trouves le bonheur avec moi. C'est impossible que je te garde »
Je lui livre mes pires craintes, celles que je cache depuis longtemps tout au fond de moi. Ma voix n'est plus qu'un murmure.
« Je me suis toujours demandé pourquoi tu t'intéressais à moi. Le simple fait de vous voir tous les deux, ça a ravivé tout ça »
Je fixe son visage stoïque et essuie du revers de la main mon nez qui coule. Putain ce qu'il est frustrant ce mec !
« Tu comptes rester à genoux pour l'éternité ? Parce que je ne bougerais pas tant que tu ne bougeras pas »
Il me semble que ses traits sont devenus plus doux. Je pense même discerner un peu de malice dans ses yeux. Je n'en suis pas sûr. Mon esprit est encore embrouillé.
Ce serait tellement facile de tendre le bras afin de le caresser mais ce serait profiter de sa vulnérabilité. Je ne souhaite pas ça. J'ignore ce que lui veut ou le message qu'il essaye de me faire passer. Je suis absolument largué.
« Kurt s'il te plaît. S'il te plaît… Dis quelque chose »
Je le supplie en tortillant mes doigts sur mes genoux. Je ne suis pas confortable dans cette position mais je ne bouge cependant pas. Mes yeux sont fixés au bleu torturé des siens et je patiente.
Je patiente.
Je patiente.
« S'il te plaît » dis-je une nouvelle fois.
Brusquement, l'intensité de ses yeux se prononce et il les ferme avant de les rouvrir lentement.
« J'étais tellement effrayé » chuchote-t-il.
Merci mon Dieu, merci.
Eh ben putain, tout le monde aura serré les fesses pour le coup.
Je soupire de soulagement. J'avale plusieurs fois ma salive pour calmer le raz de marée de mes sentiments et pour retenir les larmes qui montent doucement mais sûrement dans mes yeux.
Sa voix est rauque et tendre.
« J'ai aperçu Steve se pointer à l'entrée de ton bâtiment. J'ai tout de suite compris que quelqu'un t'avait ouvert vu que tu avais laissé les clés à ton ami. Joey et moi on s'est précipité hors de la voiture. On savait. Quand je l'ai vu près de toi, avec son pistolet… Mon cœur s'est arrêté des centaines de fois Blainey. J'étais fou de rage contre lui, contre toi, contre Joey, contre moi »
Il bouge la tête et laisse sortir sa douleur.
« Je n'arrivais pas à saisir le danger de la situation. J'ignorais comment agir. J'ignorais ce qu'il allait faire »
Il s'arrête un instant.
« Et il s'est vendu tout seul : il avait l'air si concerné et tendu. Et puis, je savais quoi faire à partir de là »
Il se tait et scrute ma réaction.
« Ensuite ? » le poussais-je.
Il déglutit.
« Quand je l'ai vu comme ça, j'ai su que c'était de ma faute. En partie ma faute… » continue-t-il avant de cligner des yeux, « avant il était tellement pétillant et taquin »
Il tremble et expire bruyamment. On dirait un sanglot. Ça fait tellement mal d'encaisser ce qu'il dit. Mais je ne bouge pas et l'écoute patiemment.
« Il aurait pu te blesser ou… Je me serais senti si coupable »
Son regard inquiet et terrifié me fuie. Il s'arrête encore une fois.
« Il ne m'a pas touché » lâchais-je, « ce n'était pas ta faute s'il était malade Kurt »
Je cligne des yeux pour qu'il continue.
Tout à coup, je saisis son geste : il voulait me protéger. Et Elliott aussi car il compte pour lui. Le truc c'est de savoir combien il compte pour lui. Cette interrogation tourne dans ma tête. Il m'a dit qu'il était amoureux de moi. Pourtant sa voix était si dure et froide quand il m'a poussé à sortir de mon appartement.
« Je souhaitais seulement que tu quittes cet appartement » chuchote-t-il comme s'il avait entendu mes pensées, « je souhaitais te tenir loin de la menace. Mais tu refusais de bouger » souffle-t-il entre ses lèvres en bougeant la tête.
Je peux presque toucher son agacement. Il me fixe avec intensité.
« Blaine Devon Anderson tu es l'homme le plus obstiné qu'il m'ait été donné de rencontrer »
Il clôt ses paupières et bouge encore la tête, perplexe.
Le revoilà ! Je souffle longuement, rassuré, pour retirer toute la tension de mon corps.
Ses paupières se soulèvent. Son visage est malheureux. Profondément malheureux.
« Tu ne comptais pas fuir ? » me questionne-t-il.
« Non ! »
Ses yeux se ferment encore et un poids semble être retiré de ses épaules. Il les rouvre. Je peux voir la souffrance et la panique à l'intérieur.
« Je croyais… »
Il se coupe.
« Je suis cet homme Blainey. Entièrement cet homme… Et je t'appartiens entièrement. Qu'est-ce que je dois faire pour que tu le comprennes ? Pour que tu voies que je te désire de toutes les façons possibles ? Que je t'aime »
« Je t'aime aussi Kurt. Avoir un aperçu de toi ainsi… »
Je suffoque et mes pleurs recommencent.
« Je croyais t'avoir cassé, abîmé »
« Cassé ? Abîmé ? Non, non Blainey. C'est exactement l'inverse » dit-il en nouant délicatement ses doigts aux miens, « tu es mon pilier, mon ancre, mon sauveur » murmure-t-il.
Il pose ses lèvres sur le dos de ma main avant de la serrer plus fermement contre la sienne. Ses yeux sont toujours écarquillés par la panique. Il attire tranquillement ma paume vers lui et la met sur sa poitrine, là où bat son cœur. Dans une zone minée. Son souffle est plus rapide. Son regard est verrouillé au mien. Ses lèvres sont serrées et sa mâchoire est crispée.
Ma respiration se bloque. Mon maniaque du contrôle. Il me donne la permission de le caresser. J'ai l'impression qu'il a actionné un interrupteur pour faire la vidange de mes poumons. C'est le vide. Le sang bat rapidement dans mes tempes et mon pouls est hors de contrôle comme les battements de son cœur.
Il libère mes doigts. Je ne les enlève pas de son torse. Je les courbe à peine et je sens sa chaleur corporelle sous la fine étoffe de sa chemise. Son souffle est coupé. C'est insoutenable. Je suis sur le point de m'écarter.
« Non » s'enquit-il avant que je bouge.
Il replace sa paume contre le dos de ma main et appuie mes doigts contre son torse.
« Ne t'éloigne pas »
Comme si ses mots étaient le top départ pour moi, je m'avance légèrement vers lui pour que nos jambes entrent en contact. Je lève mon bras libre devant ses yeux pour qu'il ne panique pas et qu'il voie ce que je fais. Ses yeux s'assombrissent un peu plus. Cependant il ne me repousse pas. Lentement, je défais un à un ses boutons. Je courbe mes doigts sur sa poitrine. Il libère ma main afin que je puisse m'en servir librement. Nos regards restent accrochés ensemble alors que j'écarte les pans de sa chemise pour exposer sa peau.
Il avale sa salive, sa bouche s'ouvre légèrement, sa respiration devient plus rapide. L'angoisse entre en lui. Je peux le voir. Pourtant il ne fait aucun mouvement pour m'échapper. Il est encore dans l'état d'esprit soumis ? Je l'ignore.
Dois-je continuer ? Je ne souhaite pas le faire souffrir. Physiquement ou/et moralement. L'apercevoir comme ça, me laissant le champ libre, a été comme un bon coup de pied au cul.
J'avance ma main et la fait traîner à quelques centimètres de sa peau, mes yeux collés aux siens. Je lui pose la question sans parler : est-ce que je peux ? Lentement, il penche la tête sur son épaule et cherche le courage en lui, sachant ce que je vais faire. Le malaise est épais. Cependant, ce n'est pas de la fureur mais de la terreur.
Dois-je absolument continuer ?
« Oui » dit-il dans un souffle avec son incroyable capacité de télépathe.
Je déplie délicatement mes doigts sur sa peau pâle et applique la pulpe entre ses deux pecs. Il clot fortement les paupières et sa mâchoire se tend sous une souffrance intense. C'est un spectacle intenable. J'enlève ma main immédiatement mais il est rapide et la reprend et la plaque contre sa peau nue. Je sens sa chair de poule contre ma paume.
« Non » souffle-t-il presque trop calmement, « il le faut »
Il fronce les sourcils avec une telle force… La souffrance doit être à la limite du tenable. Ça me fait mal de le voir dans cet état. Très délicatement, je passe ma paume sur sa peau sur le point où bat son cœur. Je suis à la fois époustouflé de la sensation mais aussi effrayé en pensant avoir dépassé les limites.
Ses yeux s'ouvrent : deux perles bleues tombent sur moi.
Putain de bordel. Ses yeux sont primaux, brûlants et sa respiration est erratique. Je suis chamboulé. Je gigote.
Il ne m'interrompt pas. Je fais glisser le bout de mes doigts le long de ses côtes et sa mâchoire se décrispe. Il respire difficilement mais j'ignore si c'est la panique ou un autre sentiment.
Depuis un moment, je meurs d'envie de poser mes lèvres à cet endroit alors j'approche mon visage de lui, le questionne du regard pour avoir son autorisation. Et je m'incline et embrasse doucement son cœur. Sa peau est douce, chaude et a le gout de caramel.
Il laisse échapper un gémissement étouffé. Ça me secoue beaucoup alors je m'éloigne et reprends ma place initiale en ayant peur de l'air sur ses traits. Ses yeux sont fermement clos mais il est immobile.
« Recommence » murmure-t-il.
Je prends appui sur son torse et pose ma bouche sur la cicatrice sous son téton gauche. Sa respiration se bloque. Je pose un autre baiser sur une autre et encore. Il lâche un grognement guttural. Brusquement, je me retrouve dans une étreinte. Une main est emmêlée dans mes boucles et tire ma tête en arrière alors que ma bouche est recouverte de ses lèvres quémandeuses. On s'embrasse langoureusement. Mes mains fourragent dans ses cheveux.
« Oh Blainey » halète-t-il.
Il me couche par terre sous son corps. J'amène mes mains à ses joues mais elles sont humides de larmes.
Il pleure.
« Kurt s'il te plaît ne pleure pas. J'étais sincère quand j'ai dit que je ne t'abandonnerais pas. Je te le jure. Si je t'ai fait penser le contraire, excuse-moi. S'il te plaît, s'il te plaît excuse-moi. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime pour toujours »
Il me surplombe et me fixe. Son beau visage est déformé par la souffrance.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Ses yeux s'écarquillent.
« Qu'est-ce que tu caches et qui te fait penser que je partirais en courant ? Pourquoi tu penses que je te laisserais ? Parle-moi Kurt s'il te plait » l'implorais-je d'une voix peu sure.
Il se met en position assis et je fais comme lui. J'étends mes jambes devant moi. J'ai la pensée soudaine qu'on serait mieux ailleurs mais je ne veux pas le couper dans son élan. Je sens qu'il va parler.
Il me regarde et son regard est plein de détresse. Merde, ça pue ça.
« Blainey… »
Il s'interrompt et semble rassembler les bons mots, les traits désespérés.
Qu'est-ce que ça va donner au bout du compte ? Il souffle bruyamment avant de reprendre :
« Je suis un sadique Blainey. J'apprécie faire du mal au garçons bruns comme toi parce que… »
Il déglutit et dit à toute vitesse :
« Parce que mon harceleur au lycée était brun aussi. Il m'a tabassé et a abusé de moi »
Je détache lentement les mots dans ma tête pour comprendre.
Mon cœur s'arrête de battre et le temps se stoppe.
Je n'avais pas prévu ça. Putain c'est tellement grave. Putain de grave. Je le détaille en tentant de saisir le sens et les conséquences de ses mots. Le truc des cheveux bruns est au moins éclairci. Elliott disait : « Le Maître a un côté obscur ».
Et je me souviens de la première discussion avec lui dans la salle de torture moderne au sujet de ses goûts particuliers.
« Tu m'avais affirmé ne pas être un sadique » lâchais-je en tentant du mieux possible de saisir son point de vue et de… le défendre à moi-même.
« C'est vrai j'ai dit que je dominais. C'était un mensonge pour te protéger. Pardonne-moi »
Son regard s'oriente rapidement vers ses mains qui se tordent nerveusement. A mon avis, il s'en veut. De m'avoir raconté des cracks ou bien d'être l'homme qu'il est.
« A l'époque où tu m'avais demandé ça, je ne voyais absolument pas notre histoire comme elle est aujourd'hui » murmure-t-il.
Juste en voyant ses yeux, je sais qu'il est effrayé.
Tout à coup, je vois la réalité en face et c'est comme se prendre une grosse gifle. Kurt est sadique donc tous ces foutus accessoires et ce qu'ils impliquent sont nécessaires pour lui. Merde ! Je passe mes mains sur mes yeux.
« Donc tout vient d'être démontré » lâchais-je en le regardant finalement, « je ne suis pas capable de satisfaire tes… besoins »
On y est. Ça veut dire qu'on n'est pas fait l'un pour l'autre.
Des petits bouts de mon univers s'effritent lentement autour de moi. L'angoisse m'envahit par la même occasion. On y est. Ça ne marchera pas. La mine de Kurt s'assombrit.
« Blainey non, non, non. Tu en es capable. Tu me satisfais pleinement » m'assure-t-il, les traits tendus, « s'il te plaît, aie foi en moi »
On dirait les mots qu'un accusé utiliserait pour se défendre au tribunal.
« Je n'arrive pas à réfléchir correctement Kurt. C'est… C'est morbide »
Ma voix est rauque à cause de ma gorge rendue râpeuse par la boule qui l'enserre. Mes sanglots m'empêchent de respirer tellement je les contrôle pour qu'ils ne sortent pas.
« Blainey aie foi en moi. Quand… Quand je t'ai battu et quand tu es parti, tout mon univers a basculé. Ce n'était pas une blague quand j'ai affirmé ne pas vouloir ressentir ça à nouveau » lance-t-il d'un air implorant, « Lorsque tu m'as dit « Je t'aime » j'ai eu comme un flash. Je n'avais jamais entendu ça. Personne ne m'avait adressé ces mots avant toi. Un truc est sorti en moi. Tu as fait sortir un truc en moi. J'en parle énormément au Docteur Schuester »
Un sentiment fait battre mon cœur. De l'espoir. Tout n'est peut-être pas fichu. Je veux qu'on y arrive tous les deux.
« Qu'est-ce que ça signifie ? »
« Que ce n'est plus nécessaire. Plus pour le moment »
« Qu'est-ce qui te fait affirmer ça ? Comment tu es si certain ? »
« Je le sais. C'est tout. Penser à te blesser… Physiquement, psychologiquement… Ça me donne envie de vomir. Ça me dégoûte »
« C'est difficile là. Qu'est-ce que tu fais des limites, des fessées et de la baise perverse ? »
Il dérange ses cheveux de sa main. Je vois ses lèvres tressaillir pour un sourire mais il souffle simplement d'un air malheureux.
« Je te parle du gros matériel Blaine. Tu ne sais pas ce que je peux faire avec des cannes ou un fouet »
Je ne dis rien au début.
« Je ne souhaite pas savoir »
« J'ai compris. Si tu acceptais ces choses, ok. Mais tu ne le veux pas et ça me va aussi. C'est impossible de réaliser toutes ces merdes sans ton consentement. Comme je l'ai dit, tu as les rênes en mains. Depuis le jour où tu es de retour, je ne veux plus tout ça »
Je le fixe, perdu, en tentant de saisir le sens de ses mots.
« Pourtant au début, tu voulais bien ça non ? »
« Oui sans hésiter »
« Alors, ce besoin s'est juste envolé ? Si c'était une maladie, tu serais en quelque sorte guéri ? C'est ça ? Je ne comprends pas »
Il souffle à nouveau.
« Guéri n'est pas le mot que j'utiliserais… Tu doutes de moi ? »
« C'est assez dure à croire. Il y a une nuance »
« C'est ton départ qui a fait naître ce sentiment. Partir a été la chose la plus bénéfique pour… notre relation. Ça m'a permis de voir à quel point je te désire. Je suis sincère quand je dis te désirer de toutes les façons possibles »
Je le détaille du regard. C'est un miracle ? Un mal de tête arrive à grande allure avec toutes ces réflexions. J'ai l'impression d'être pris dans une brume.
« Tu n'as pas bougé. Je pensais que tu te serais déjà enfui » chuchote-t-il.
« Pourquoi j'aurais fait ça ? Ce n'est pas comme si tu étais taré d'apprécier battre et baiser des petits bruns parce qu'ils ont une ressemblance capillaire avec l'harceleur qui a abusé de toi c'est vrai. Je me demande pourquoi tu as cette idée en tête » sifflais-je plein de rage et à bout de nerfs.
Son visage perd toute couleur sous mes mots piquants.
« Je ne l'aurais pas dit de cette manière. Mais c'est ça » rétorque-t-il, bouleversé.
Son visage déformé et blessé me fait penser à toute vitesse et je me sens coupable d'avoir explosé de colère. Je plisse le front et je m'en veux vraiment à cause de mes paroles.
Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Je vois bien son expression penaude et honnête. Une expression de mon maniaque du contrôle.
Je me souviens quand il m'avait parlé d'un événement qui lui était arrivé au lycée. Je n'ai jamais su ce que c'était et je n'avais jamais poussé pour en savoir plus voyant que ça le bouleversait. Ce soir j'ai su. Un homme a abusé de lui et l'a frappé. Peut-être que ses cicatrices viennent de là ? Un homme brun. Comme moi. Putain. Je ne pense pas qu'il va m'en dire plus pour ce soir. Tout ça est tellement énorme déjà.
Il me fixe longuement. Je sais qu'il patiente pour voir ma réaction. Il semble honnête. Il affirme qu'il est amoureux de moi. Je suis hébétée pour le moment. Tout ce qu'il m'a révélé est morbide et horrible. Je me sens un peu mieux en ce qui concerne Elliott. Désormais je comprends comme il le satisfaisait. Cette pensée reste en travers de ma gorge.
« Kurt je suis mort de fatigue. Est-ce qu'on peut continuer cette discussion demain ? J'aimerais aller dormir »
Ses paupières se ferment sur ses yeux étonnés.
« Tu ne pars pas ? »
« Tu veux que je parte ? »
« Non ! Je croyais que tu t'en irais comme tu connais ces choses désormais »
Il m'a répété tellement de fois avant aujourd'hui que je partirais en courant quand je ferais face à l'obscurité de ses secrets profondément enfouis. Pourtant je suis au courant et je suis là. Bordel. Le Maître a un côté putain d'obscur.
Est-ce que je dois m'en aller ? Je le regarde avec insistance. Il est cinglé et je suis amoureux de lui. Oui je suis amoureux de lui. Est-ce que j'ai la force de le laisser ? C'est arrivé une fois et ça m'a presque mis en morceaux. Lui aussi par la même occasion. Je suis amoureux de lui. C'est un fait. Même avec tout ce qu'il m'a appris.
« Ne m'abandonne pas » murmure-t-il.
« Oh mais nom de Dieu non ! Je ne pars pas ! »
Je hurle et ça fait un bien fou. Au moins c'est sorti. Je ne m'en vais pas.
« C'est vrai ? »
« Qu'est-ce que je dois accomplir pour que tu comprennes que je ne vais pas partir en courant ? Quels mots dois-je utiliser ? »
Il me fixe, rongé par l'angoisse et la terreur. Il avale sa salive.
« Je ne veux qu'une chose »
« Quoi donc ? » soufflais-je durement.
« Marie-toi avec moi » murmure-t-il.
Pardon ? Il vient vraiment de…
Deuxième fois. Mon univers entier se met en pause.
Je fixe ce garçon brisé jusqu'à son âme dont je suis amoureux. J'ai du mal à croire ce qu'il vient de dire.
Mariage ? Il me demande de l'épouser ? C'est une blague ? Sans me contrôler, un petit rire nerveux enfle en moi tellement je suis abasourdi. Je me mords la langue pour que ça ne grandisse pas en fou rire énorme mais je me loupe totalement. Je m'étale par terre, le dos plaqué contre le parquet et me laisse aller à ce fou rire. Mon corps est secoué de spasmes, d'éclats de rire qui font du bien et qui me soulagent.
Pendant un moment, plus rien ne compte sauf moi et ce moment décalé : un garçon mort de rire, totalement perdu, couché sur le sol à côté d'un homme magnifique et dérangé. Je sens des larmes ardentes me monter aux yeux et je niche mon visage dans mes bras.
Dès que la crise est passée, Kurt retire lentement mes membres de mon visage. Je le regarde.
Incliné sur moi, ses lèvres sont tordues dans un sourire sarcastique et son regard me lance des éclairs. Ça ne lui a pas plu ? Oh merde.
Il passe avec douceur son pouce au coin de mon œil gauche.
« Ma demande était hilarante à ce point mon cher Blaine ? »
Mon maniaque du contrôle. J'effleure tendrement sa joue et profite de la sensation piquante de sa repousse de barbe. Je l'aime tellement.
« Mon cher Kurt Hummel… Ce n'était peut-être pas le meilleur moment… »
Je me tais. Il a sa moue si sexy. Cependant ses yeux sont plissés et je sais je l'ai touché. Aïe.
« Je suis vexé Blainey. Veux-tu m'épouser ? »
Je me redresse et m'assois en tailleur. Je m'incline vers lui en prenant appui sur ses genoux. J'admire sa si jolie tête.
« Kurt j'ai fait la connaissance de ton ex taré possédant un pistolet, on m'a foutu à la porte de mon propre appartement, j'ai fait face à toutes tes nuances de folie nucléaire… »
Il semble vouloir dire quelque chose mais je le coupe d'un geste de main. Il obéit et se tait.
« Je viens d'apprendre des détails plus que troublants sur toi et là, tu me fais ta demande »
Il incline sa tête à droite puis à gauche. Comme s'il me surveillait attentivement. Il s'amuse. Heureusement.
« Tu viens de donner un résumé net et précis » dit-il sèchement.
Je bouge la tête.
« Kurt franchement, je t'ai rencontré il y a genre trois jours. Il y a pleins de détails qui me manquent. Je suis encore bourré, je meurs de faim, j'ai sommeil et j'aimerais dormir. Je dois penser sérieusement à ta demande, à ton contrat et puis… »
Je pince mes lèvres pour signaler ma déception mais aussi pour dissiper la tension.
« On a connu des demandes en mariage plus romantiques »
Il penche la tête sur son épaule et sa bouche se tord dans un léger sourire.
« Ok, tu as raison. Comme souvent Blaine » soupire-t-il rassuré, « donc tu ne dis pas 'non' ? »
Je souffle.
« Non Kurt je ne dis pas 'non'. Je ne dis pas 'oui. Tu m'as demandé ça seulement parce que tu es effrayé et que tu n'as pas confiance en moi »
« Non. Je te l'ai demandé car je sais que tu es le seul homme avec qui je veux partager ma vie »
Mon cœur rate plusieurs battements et je succombe. Comment fait-il pour dire de si jolies et romantiques paroles au milieu de ce foutoir ?
Ma mâchoire tombe presque au sol.
« Je ne pensais pas pouvoir connaître ça un jour » continue-t-il, plus honnête que jamais.
J'essaye de retrouver ma fonction parole alors que je suis encore sous le choc.
« Tu me laisses du temps pour y penser ? Et penser à tout ce qui est arrivé durant cette journée ? A tes révélations ? Tu m'as demandé d'avoir de la patience et de te faire confiance. S'il te plaît, donne-moi la même chose en retour Kurt. C'est essentiel pour moi à ce stade »
Son regard scrute le mien. Après un court instant, il se penche vers moi et enlève les boucles qui tombent sur mon front.
« J'en suis capable »
Il embrasse brièvement ma bouche.
« Ça manquait de romantisme n'est-ce pas ? »
Ses yeux s'ouvrent en grand et je fronce les sourcils d'un air faussement sévère.
« Tu veux des fleurs et tout ça hein ? » me questionne-t-il tendrement.
J'acquiesce et il sourit doucement.
« Tu as faim ? »
« Oui »
« Tu n'as rien avalé de solide ? »
Ses yeux deviennent froids et sa mâchoire se tend.
« Non je n'ai rien avalé de solide » déclarais-je en m'asseyant mieux et en le dévisageant stoïquement, « Souviens-toi, on m'a mis dehors de mon appartement juste après avoir vu mon copain être doux et très, très proche de son ex soumis. Ça m'a légèrement coupé l'appétit »
Je le mitraille avec les yeux, les sourcils sévèrement froncés.
Kurt bouge la tête et se met debout avec élégance. Merci mon Dieu, on décampe de ce sol. Il tend la main vers moi.
« Je vais te faire à dîner alors »
« C'est impossible que j'aille juste dormir ? » lâchais-je, fatigué en prenant sa main.
Il me tire en position verticale. Je suis tendu de partout. Il abaisse son regard plein de tendresse vers moi.
« Non. Tu dois manger. Suis-moi »
Kurt autoritaire est revenu et bizarrement, ça me rassure. Il m'amène dans la cuisine et m'installe derrière le comptoir. Il part ensuite vers le frigo. Je regarde brièvement ma montre à mon poignet : 23h27. Je dois aller travailler demain matin en plus.
« Kurt j'ai vraiment pas envie de manger »
Il ne m'écoute absolument pas bien sûr et fouille dans son frigo gigantesque.
« Tu veux du fromage ? » propose-t-il.
« Pas à 23h30 non »
« Des gâteaux ? »
« Dans le frigo ? Non »
Il pivote vers moi, un grand sourire aux lèvres ?
« Tu n'apprécies pas les gâteaux ? »
« Pas au milieu de la nuit. Kurt je vais au lit. Fouille dans ton frigo jusqu'à 3 heures du matin si tu veux. Je suis épuisé et ma journée était un peu trop grosse à mon goût. Une journée que je voudrais effacer »
Je me lève du tabouret et je sens son regard assassin dans mon dos mais ça m'est égal. Je veux dormir c'est tout. Je n'en peux plus.
« Macaronis au fromage ? »
Il m'indique un plat recouvert de film alimentaire. Son visage est si attendrissant et mignon à cet instant.
« Toi, tu manges des macaronis au fromage ? » l'interrogeais-je.
Il hoche vivement la tête et mon cœur gonfle d'amour. On ne dirait pas qu'il a 24 ans là. Je n'aurais jamais pensé ça. Kurt Hummel qui aime un plat pour enfant.
« Tu en manges avec moi ? » demande-t-il, les yeux pleins d'espoir.
Je ne peux pas lui refuser. C'est vrai que je suis affamé. J'opine doucement. Il me donne un énorme sourire en retour. Il retire le film plastique du plat et met le saladier dans le micro-onde. Je me place derrière le comptoir afin d'admirer mon sublime Kurt, ce garçon qui veut se marier avec moi. Je le contemple alors qu'il bouge avec grâce dans sa cuisine.
« Donc tu sais tourner les boutons du micro-onde ? » le questionnais-je malicieusement.
« Si le repas est tout prêt ça va. Mais avec les vraies aliments je galère »
C'est dur à croire que ce même homme était à genoux à mes pieds i peine trente minutes. Ses changements d'humeur sont de retour. Il place deux assiettes, les couverts et les verres près de moi.
« Il est plus de 23h30 »
« Ne va pas bosser demain »
« Je dois y aller. Le patron s'envole pour Miami »
Kurt plisse le front.
« Tu veux visiter cette ville ce week-end ? »
« Je ne pense pas » dis-je en refusant.
« Oh donc tu prévois quoi ? »
Le bip du micro-onde résonne indiquant que notre repas est chaud.
« Je n'en sais rien. Je vais prendre les jours comme ils arrivent. Tout ce remue-ménage est éreintant »
Je soupire mais il ne fait aucune remarque là-dessus. Il met le plat devant moi et vient s'installer à ma gauche. Il a l'air à des kilomètres de la réalité. Absent. Je remplis nos assiettes. Mes papilles se réveillent à l'odeur alléchante.
« Excuse-moi pour Elliott » chuchote-t-il.
« Pourquoi ça ? »
Je prends une bouchée et c'est exquis. Mon ventre grogne en signe de remerciements.
« Tu as dû avoir très peur en le voyant chez toi. Joey était venu inspecter ton appartement ce matin même. Il s'en veut beaucoup »
« Pas moi »
« Moi non plus. Il est parti à ta recherche »
« Ah oui ? Pourquoi ? »
« J'ignorais où tu te trouvais. Ton portefeuille, ton portable étaient dans la voiture. Impossible de faire suivre la puce de ton téléphone. Tu étais où ? » me questionne-t-il.
Son ton est tendre mais je sais que le danger n'est pas loin sous la surface.
« Steve et moi étions dans le petit bar en face de mon appartement. Je voulais garder un œil sur la situation »
« Ok »
La tension dans l'air qui nous entoure est de plus en plus épaisse.
Oh c'est donc ainsi que ça va se passer. En tentant de sembler distrait et simplement curieux, je lui pose une question, même si j'ai peu de ce que je vais entendre en retour :
« Tu as fait quoi avec Elliott chez moi ? »
Je le regarde et il se tend, ses couverts levés et sa bouche ouverte. Ça ne présage rien de bon.
« Tu tiens absolument à ce que je te réponde ? »
La boule revient dans mon estomac et tout à coup, je n'ai plus faim.
Tu tiens absolument à être au courant ? Tu sais que ça ne va pas être joli n'est-ce pas ?
La mâchoire de Kurt se tend et sa bouche devient une fine ligne rose.
« On a discuté et je lui ai fait prendre une douche »
Sa voix est basse et incertaine. Je ne dis rien alors il continue :
« Je lui ai donné des habits à toi. Ce n'est pas un problème au moins ? Il en avait vraiment besoin »
Putain. Il lui a fait prendre une douche ?!
Je ne pense pas que ce soit respectueux. Je suis abasourdi. Je baisse la tête vers mon assiette. J'ai envie de vomir.
Je dois rester optimiste. D'un côté je sais qu'il a agi ainsi parce qu'il était dégueulasse. Cependant c'est vraiment difficile. Un bout vulnérable et possessif de mon être se révolte ?
Brusquement, les larmes grimpent à mes yeux. Ce ne sont pas les larmes d'un sage homme calme. Non. Ce sont les larmes d'un homme blessé qui veut hurler de colère. Je respire comme je peux pour tenter de me calmer mais la boule enserre ma gorge.
« Je ne pouvais agir que comme ça Blainey » lâche-t-il à voix basse.
« Tu ressens toujours des trucs pour lui ? »
« Non ! » hurle-t-il, épouvanté.
Ses paupières se ferment sous la peur. Je tourne les yeux à nouveau vers mes macaronis et ça me donne la nausée.
« L'apercevoir de cette façon : changé et abîmé… Je me préoccupe de lui comme un être humain se préoccupe d'un autre »
Il secoue la tête comme s'il voulait virer une mauvaise pensée. Mon Dieu, peut-être qu'il veut que je m'apitoie sur son sort.
« Blainey, regarde-moi »
Impossible. Si je le fais, je vais fondre en larmes. C'est trop dur à encaisser. Je suis une espèce de cocotte-minute prête à péter. Je ne peux plus rien prendre dans ma tête. Je ne peux pas contrôler tous les boulets qu'ils se traînent. Si ça continue ça va me bouffer et je vais exploser. Ce sera la troisième guerre mondiale en moi. Putain de merde.
Kurt qui prend soin d'une façon bien trop intime de son ancien soumis. Des flashs me viennent derrière les yeux. Putain il était à poil dans ma douche. Je tremble violemment en souffrant énormément.
« Blainey »
« Qu'est-ce que tu me veux ? »
« Non, non. Ça ne compte pas. C'est pareil que de s'occuper d'un gosse, un gosse fragile » grogne-t-il.
Mais qu'est-ce qu'il en sait lui ? Il n'a jamais approché un gosse de sa vie. Je vois juste que c'était un homme nu qu'il a baisé maintes et maintes fois de toutes les façons possible.
C'est douloureux. Je respire profondément pour me maîtriser. Il parlait peut être de lui-même. Le gosse fragile. Ça éclaircirait un peu les choses ou bien il n'y a rien à éclaircir. C'est morbide. Je n'ai plus de forces. Je dois aller me coucher.
« Blainey ? »
Je me mets debout, pose mon assiette et mes couverts dans l'évier après avoir jeté le contenu dans la poubelle.
« Blainey s'il te plaît »
Je me retourne.
« Kurt stop ! Arrête de dire sans cesse « Blainey s'il te plaît » »
Je lui hurle dessus et je pleure sans retenue.
« J'en ai ras le cul de toutes ces conneries. Je vais dormir. Je suis crevé et à fleur de peau alors laisse-moi tranquille ! »
Je pivote et fonce à grands pas vers la chambre. Ses traits étonnés sont La dernière image de lui que j'ai. Ça fait du bien de me dire que j'arrive à le surprendre parfois. J'enfile vite fait un de ses tee-shirts et part dans la salle de bains.
Je me regarde dans la glace et rencontre un garçon fatigué aux yeux bouffis emplis de larmes. C'est trop dur. Je m'assois sur le carrelage et pleure toutes les larmes de mon corps. Les sanglots m'étouffent et me font mal dans les poumons. Je ne retiens plus aucune émotion et pleure.
Voilà :)
Vous me détestez c'est ça ? J'espère que vous êtes quand même content d'en apprendre beaucoup sur le passé de Kurt. Ce chapitre vous apprend la base de son passé :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez penser et si ça vous a plu dans une petite review :)
Merci pour votre fidélité, à la semaine prochaine :)
Gros bisous
Votre humble et dévouée Cindy.
