Coucou tout le monde !
J'espère que vous allez bien et que votre semaine s'est bien passée !
Merci au nouveau follow/fav de cette semaine.
Merci à Clara, justmoi59, Marion, Uruviel29880, Anna, CeliaCom7, Claire, uneklaineuuuuuse, Anne-So, Lodret, Zoé, Sara, Guest, Klaineuse, SwiftCriss pour vos reviews.
Clara00 : désolée pour l'attente... Tu me pardonnes ? Bon week-end a toi Clara !
justmoi59 : Je suis une horrible personne je sais ;)
IhearIns : coucou ! Tu n'as pas eu la surprise à proprement parlé alors :'( Bisous Marion !
Uruviel29880 : hey non ! Tu as le chapitre et tu verras que je suis gentille finalement ! C'est vrai que la vie de Blaine est bien remplie ces temps-ci :'D C'est pour vous faire languir ? Ce ne serait pas drôle s'il n'y avait pas de suspens non ? Ouais j'ai pas mal de chapitres d'avance mais merci quand même ;) (courage pour tes cours!)
AnnaKlaineuse : NON PAS DE TOMATES :'( :O moi une sadique ? regarde ailleurs Noooooon pas du tout !
CeliaCom7 : tu verras ce que j'ai fait dans ce chapitre ;) rire diabolique
Clairegleek78 : Ouf je suis sauvé et j'ai évité le jeté de tomates ;) C'est encore plus touchant et gentil si c'est sincère. Je ne te remercierais jamais assez pour ça. Ça m'encourage énormément à continuer :') Oui j'ai une idée de fic après Nuances mais je voudrais l'écrire totalement avant de la publier. Donc il risque d'y avoir un creux entre Nuances et la prochaine... Bisous ma Nuances fan ;)
uneklaineuuuuuse : c'est adorable :) c'est super que tu dises ça parce que j'ai toujours peur de ne pas faire ressortir les émotions de la bonne façon. D'accord je vais essayer d'arranger ça. Parfois je trouve que ça alourdit le texte de mettre beaucoup de « Dit Kurt, ajoute-t-il... » Je veux que ça reste agréable à lire quand même. Bisous :)
HOP3SO : coucou ! Merci pour tes compliments et tes encouragements. Bisous !
Lodret : Je suis désolée... Ou peut-être pas tant que ça ;) Merci bisous !
Tsuchito : Exactement ça me gêne pas, tu peux laisser une review tous les 36 chapitres si tu veux, ça me fait quand même plaisir :') il y avait un tas où tu commentais chaque chapitre... A la belle époque ;) Blaine et Burt est un couple que je rêve de voir dans Glee... OU EST LE SAC A VOMI ? Seb... Grant... PUTAIN D'INTERESSANT OUI ! Imagine Thad et Sebastian... -crève- Grant et Eddy Zoé, tu comprends la chose ? Jeff... Peut-être Niff bientôt qui sait (Tu contrôles ma fic après tout ! ;)) OUI Huntbastian mais tu verras que c'est pas encooooore ! Je t'ai dit, j'aurais mon OS pour mon 40ème anniversaire ! TRANQUILLOS !
Licorne-Klaine : Tu verras dans le chapitre :') merci pour tes reviews ma chérie ! C'est génial d'en avoir 500 déjà, tu n'imagines même pas !
Guest : Merci c'est adorable ! Je publie les vendredis :D
Klaineuse : WALALA je suis malade mais sinon ça va merci :) Non ce genre de compliments ne sera jamais lassant même au bout de la millième fois ^^ Tu sauras pas mal de choses dans ce chapitre ma soeureupine :) C'est énorme pour Kurt de se lancer dans quelque chose d'aussi énorme et concret d'un avenir avec Blaine :') J'ai adoré écrire le moment dans l'ascenseur ! C'était à la fois sexy et drôle parce que Blaine, ben c'est un lapin alors... enfin je ne te fais pas un dessin tu comprends ;) mais il était embarrassé que Kurt ose ça avec les gens autour d'eux. Il ne l'a pas empêché pour autant ;) Je dirais même saute-lapin moi ! :'D LAPINESQUE ! Non en fait, Blaine a trouvé des photos d'un ancien soumis de Kurt dans une position plutôt compromettante... Excuse-moi si tu as eu du mal à comprendre :'( Eh ben, j'osais pas te l'avouer mais... C'est le dernier chapitre en fait... NOOOOON JE DECONNE :'D Je suis méchante pardon :'( Oui j'ai vu que tu n'es pas la détentrice du record de la plus longue review... EVIDEMMENT JE T'AIME ! Ouais tu es la plus grande fan ;) Oh tu es adorable :) c'est vrai que tu es une belle « rencontre » (Je ne connais même pas ton prénom mais je comprends... La première lettre puppyeyes ) Bisous ma keupine d'amour coeurbisouscâlinKlaineDarrencaleçonbaaaavebisoucoeurcoeur Vivement ta réponse soeureupine Je t'aime coeur
SwiftCriss : Je suis désolée mais tu n'as pas beaucoup à attendre pour la suite ;)
Sur ce, bon chapitre !
ENJOY !
Chapitre 45
Mes yeux sont posés d'un air absent sur les flammes. Je n'arrive pas à les décrocher. Elles bougent et s'enroulent sur elles-même. Elles sont d'un bleu presque gris à la base et l'extrémité est plus foncée dans la cheminée de chez Kurt. Même si elles diffusent une chaleur agréable et qu'un plaid est posé sur moi, je frissonne. J'ai le sang glacé.
Quelques murmures atteignent mes oreilles. Tout le monde murmure en fait. Mais je n'y fait pas attention. Ils sont comme un bruit de fond qui ne peut pas réellement me parvenir. Je ne sais pas ce qu'il se dit. Le seul son concret et distinct qui entre dans mes oreilles est celui du gaz expulsé dans la cheminée pour fournir les flammes.
Je repense à cette jolie demeure où nous avons été hier. Il y a une grande cheminée avec un âtre immense. Une vraie cheminée alimentée par des bûches. Je voudrais vraiment que Kurt me fasse l'amour devant un feu de cheminée. Même qu'il me fasse l'amour devant cette cheminée au gaz. Ce serait plaisant. Je suis sûr qu'il ferait en sorte qu'on puisse se souvenir de cet instant d'amour. Enfin, je me souviens de toutes les fois où on a fait l'amour. Même quand on baisait juste remarque... Ouais je me souviens définitivement de toutes les baises.
Où est-ce qu'il est passé ?
Les flammes ondulent et gigotent lentement. Je suis comme hypnotisé, mais en même temps, bercé. Toute mon attention est fixée sur cette magnificence ardente. Je suis captivé, ensorcelé.
Tu m'as ensorcelé.
Il a prononcé ces mots quand il a passé sa toute première nuit dans mon appartement. Non, non...
Je m'enroule de mes bras. Tout semble partir en lambeaux autour de moi et je ne fais plus vraiment attention au monde alentour. Le trou béant et profond en moi prend le l'envergure.
Personne ne sait où est son hélicoptère.
« Blaine, prenez ça » me propose Mademoiselle Jones d'une voix douce.
Ses paroles me font revenir dans le grand salon, dans la réalité et dans la peur. Elle a une tasse fumante de chocolat chaud dans les mains. J'attrape ce qu'elle me tend et la cuillère frappe la porcelaine du récipient au rythme des tremblements de mes doigts.
« Merci » chuchotais-je d'un ton grave à cause des sanglots retenus.
Santana est posée dans le grand canapé d'angle face à moi. Les mains de Carole sont dans les siennes. Leurs regards noir et vert sont collés sur moi. Leur beauté habituelle est déformée par l'anxiété. Carole a l'air d'avoir pris dix ans. Kurt n'est pas son fils mais elle se fait autant de souci que si c'était le cas. Je tourne la tête vers elle. Je ne peux pas sourire. Je ne peux pas pleurer. Je ne peux pas leur dire que ça va aller. Je ne ressens rien. Il y a juste un trou sans fond grandissant.
Mes yeux tombent sur Steve et Sam, assis sur les tabourets de la cuisine, les mines sérieuses. Ils discutent en chuchotant. Près d'eux, Mademoiselle Jones bouge sans cesse dans la cuisine.
Zoé se tient informer grâce à la télévision dans la salle équipée. J'entends les bruits étouffés venant de la grande télé. Je ne peux tout simplement pas aller la rejoindre. Je vois déjà les gros titres défilant sur une des nombreuses chaînes d'infos locales : AUCUNE TRACE DE KURT HUMMEL. Je ne peux pas aller voir ses magnifiques traits projetés sur l'écran. Une idée étrange me vient au milieu de tout ce bordel. C'est la première fois que je vois tant de personnes dans le salon. Ils ne prennent pas de place, ils sont recroquevillés dans cette grande pièce. Comme abandonnés sur le territoire de mon maniaque du contrôle. Je me demande ce qu'il dirait en les voyant tous là.
Dans un coin, Joey et Burt harcèlent les forces de l'ordre pour en savoir plus. Ils nous donnent les informations au compte gouttes. Je ne comprends de ce qui se passe. Je ne comprends pas qu'on ait plus de traces de lui depuis plus de sept heures. Pas une indication. Pas une seule parole de sa part. Les recherches ne reprendront que demain. Ça je le comprends. Il fait nuit. Personne ne sait où il est. Il a peut-être mal. Il est peut-être affamé. Il est peut-être... non, non, NON !
Même si je ne suis pas croyant, je formule une prière pour Dieu dans ma tête. S'il vous plaît, faites que Kurt soit sain et sauf.
Je me la dis encore et encore comme une litanie dans mon esprit. La chose qui m'empêche de flotter et de couler. La chose qui me garde encore à peu près sain d'esprit. La chose qui évite que je sombre, la tête la première, dans la panique. Pas besoin d'être pessimiste. Non. On peut encore espérer.
Tu es mon pilier, mon ancre, mon sauveur.
Les mots de Kurt s'imposent à moi avec force. Il ne faut jamais abandonner et baisser les bras. Il faut que je m'accroche. Ses paroles me hantent sans que je puisse faire quoi que ce soit.
Je te l'ai demandé car je sais que tu es l'homme avec qui je veux partager ma vie.
Je laisse se clore mes paupières, je bouge la tête d'avant en arrière et je continue mes prières personnelles. S'il vous plaît, ne me le reprenez pas si vite. S'il vous plaît. S'il vous plaît. On n'a rien partagé ensemble. Il nous faut encore du temps pour nous découvrir. Tellement d'événements sont arrivés au cours de ces semaines. On a fait tellement de progrès. Tout ne peut pas se cesser maintenant. Tous les instants de douceur qu'on a partagé : la délimitation de la carte des zones minées, quand il m'a tendrement fait l'amour au Bentley Hotel, agenouillé à mes pieds, totalement exposé devant moi, mes mains parcourant enfin sa peau.
Je n'ai pas changé Blainey. Je t'aime et j'ai envie de toi. Caresse-moi s'il te plaît.
Je suis amoureux de lui. A un point inconcevable. Qu'est-ce que je serais sans lui ? Une coquille vide. Sans aucun but dans la vie. Oh non, mon doux Kurt...
Je suis cet homme Blainey. Entièrement cet homme… Et je t'appartiens entièrement. Qu'est-ce que je dois faire pour que tu le comprennes ? Pour que tu voies que je te désire de toutes les façons possibles ? Que je t'aime.
Mon maniaque du contrôle. Je t'aime tellement, tellement...
Mes paupières s'ouvrent à nouveau et mes yeux se reposent sur les flammes dansantes. Je me rappelle des instants qu'on a partagé tous les deux : son bonheur enfantin dans le planeur ou sur le Blackbird son élégance raffinée et séductrice avec son masque lors de la soirée chez ses parents la danse sur du Prince, le laissant me guider et me faire tourner dans le salon son excitation à peine cachée mais quand même angoissée quand il m'a montré la maison et ce paysage à couper le souffle.
Je décrocherais la Lune pour toi Blaine. Je te désire pour l'éternité.
S'il vous plaît, faites qu'il ne soit pas blessé. Il ne peut pas s'être effacé de la surface de la Terre. Tout mon monde tourne autour de lui. Un sanglot étouffé réussit à passer la barrière de mes lèvres. Je pose ma paume sur ma bouche. Non, il ne faut pas que je craque.
Sam est brusquement assis à côté de moi. Je ne sais même pas en réalité s'il vient d'arriver ou s'il est ici depuis un certain temps. Je ne peux plus penser convenablement.
« Tu veux que je téléphone à Cooper ? » me questionne-t-il gentiment.
Non ! Je bouge la tête de droite à gauche et enlace mes doigts à ceux de Sam. Je suis incapable de dire un mot. Si j'ouvre la bouche, je sens que tout va s'écrouler en moi. L'étreinte autour de ma main ne me fait pas me sentir mieux et pourtant, c'est Sam.
Cooper... Mes yeux s'humidifient en pensant à mon frère. Je dois lui téléphoner ? Il serait certainement le seul à pouvoir m'offrir un peu de réconfort maintenant. Mais si je lui parle, je vais m'effondrer. C'est certain.
Carole se met debout et va vers son mari, ce qui attire mon regard. Je ne sais pas comment ils font tous pour être aussi maîtrisés. Santana se lève et se met à ma gauche, prenant mes doigts libres.
« Il va rentrer » lâche-t-elle.
Sa tentative pour paraître sûre d'elle s'effrite quand sa voix se casse sur la fin de sa phrase. Son regard d'ordinaire froid est plein d'inquiétude. Son visage a perdu son enthousiasme et les marques de fatigue apparaissent au fil des heures.
Je jette un coup d'œil vers Steve qui frotte doucement le dos de Carole dans un geste rassurant. Je n'avais pas vu qu'elle était vers lui. Je tourne la tête vers l'horloge murale. Il est plus de 23h45. Grosse merde de temps qui passe ! Plus les minutes s'écoulent et plus le trou en moi se creuse et m'envahit pour ne rien laisser derrière son passage. Au fond de mon cœur, je sais d'où vient cette sensation : le pire dénouement se constitue et mon corps s'adapte. Je ferme les yeux et reprends mes prières en m'accrochant fort à Sam et Santana.
J'ouvre les yeux et regarde une nouvelle fois les flammes. Son joli sourire s'affiche derrière mes paupières. Son air maladroit presque timide. Il est lui avec ce sourire : le vrai Kurt. Il peut avoir tellement de personnalité : le maniaque du contrôle, le PDG, l'obsédé de la traque, le génie sexuel, le Dominant mais aussi le vrai gosse qui s'amuse avec ses jouets. Un sourire étend mes lèvres. Sa belle voiture, le Blackbird, le planeur, l'hélico... Mon petit garçon égaré. Cette fois, il l'est pour de vrai. Mes lèvres reviennent en ligne droite et la souffrance me traverse. Le souvenir de Kurt en train de retirer les marques de maquillage sur son torse s'impose brutalement à moi.
Je suis une coquille vide Blaine. Mon cœur est de pierre et mon âme est plus sombre que les ténèbres.
La pression derrière mes yeux augmente. Oh mon Kurt, ton cœur n'est pas de pierre. Il est plein de générosité et de tendresse et il m'appartient. Je souhaite en prendre soin pour l'éternité. Parfois c'est compliqué et c'est plus dur que le parcours du combattant mais je suis amoureux. Pour la vie. Je sais qu'aucun homme ne prendra sa place.
Ce midi, au café en bas de The New Press, j'étais en train de peser le pour et le contre sur Kurt. Chacun des détails que j'avais alors listé dans la colonne « contre », même les clichés que j'ai vu dans la boite dans la matinée, ne veulent plus rien dire à cet instant. Je ne veux que sa présence près de moi là, tout de suite. Mon Dieu, s'il vous plaît, faites le rentrer. S'il vous plaît, faites qu'il soit en bonne santé. Je ferais tout pour qu'il aille bien. Si jamais il rentre à la maison, je m'assurerais de profiter de chaque seconde avec lui. C'est une promesse que je me fais.
Mes yeux se posent au cœur des flammes. Elles m'éblouissent mais ça m'est égal. Elles s'emmêlent et dansent les unes avec les autres dans une chaleur agréable. Carole se met à crier et le temps semble s'arrêter.
« Kurt ! »
Mon regard se tourne en direction de Carole. Elle bougeait dans mon dos mais elle court désormais quasiment pour aller vers l'entrée de la grande pièce. Kurt se tient là avec un air agacé. Il tient dans ses bras sa veste de costume bordeaux, ses chaussures et ses chaussettes. Il a l'air à bout de forces. Il est tout sale mais vraiment sublime.
Putain de merde... Kurt. Il est là et en forme. Je le fixe sans pouvoir bouger d'un poil en me demandant si mon esprit me joue des tours ou s'il se tient vraiment là. Ses traits sont tordus par de l'étonnement pur. Il laisse tomber tout ce qu'il tient pour réceptionner Carole qui se jette contre lui et qui dépose des baisers sur son visage.
« Carole ? »
Kurt la regarde avec une expression hébétée.
« J'ai cru que tu ne reviendrais jamais » chuchote-t-elle, prononçant les mots qui nous dérangent tous.
« Mais Carole, je suis là »
Son ton est agacé et perdu.
« J'étais tellement inquiète » murmure-t-elle d'une toute petite voix, transmettant mes pensées.
Elle tremble et pleure. C'est sûrement trop d'émotions pour elle. Kurt plisse le front, terrifié ou embarrassé -je ne sais pas lequel des deux l'emporte- et, il finit par lui rendre son étreinte avec force.
« Kurt, Kurt » halète-t-elle.
Elle le serre contre elle de toutes ses forces et sanglote contre son épaule, mettant de côté la bienséance.
Kurt ne la repousse pas. Il la maintient contre lui et frotte gentiment son dos pour la rassurer. Les larmes emplissent rapidement mes yeux en assistant à ce spectacle.
« Il est vivant ! Putain, tu es rentré ! » crie Burt.
Il s'extirpe du bureau de Joey, un portable dans la main. Il les enveloppe tous les deux de ses bras et soupire d'un air rassuré en fermant les yeux.
« Papa ? »
Santana marmonne des mots en espagnol à ma gauche avant de partir et de courir se jeter dans le petit groupe déjà réuni.
Les larmes dégringolent sur mon visage maintenant. Il est rentré et il est sauf. Cependant, je suis tétanisé et je ne peux pas bouger.
Burt se retire en premier du câlin, essuie discrètement ses yeux avant de donner une tape amicale mais affectueuse sur l'épaule de Kurt. Santana et Carole font un pas en arrière.
« Excuse-moi » articule Carole.
« Ça va Carole, ne t'en fais pas » dit doucement Kurt, encore perdu sous toute cette attention.
« Tu étais passé où ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » demande-t-elle encore visiblement apeurée.
« Hé Carole... »
Kurt lui donne une nouvelle étreinte avant d'embrasser gentiment sa tempe comme pour la rassurer. Carole agit vraiment comme si Kurt était son enfant.
« Je suis rentré. Je vais bien. Il m'a seulement fallu une éternité pour revenir de Philadelphie. Pourquoi tout le monde est là ? »
Il redresse le visage et fouille le salon de ses yeux. Ils s'accrochent finalement aux miens. Il cille plusieurs fois et envoie un regard noir à Sam qui ne laisse cependant pas tomber mes doigts. Kurt fait une grimace à cet affront. J'essaye d'encaisser le fait qu'il est bien là. Je suis rassuré. Toute énergie quitte mon corps. Je suis éreinté et fou de joie. Mais sans savoir pourquoi, les larmes inondent toujours mes joues.
Ses yeux retournent sur le visage de Carole.
« Carole, tout va bien. Qu'est-ce qu'il y a ? » la questionne-t-il d'un ton doux.
Elle encadre son visage de ses paumes.
« Kurt, personne n'avait de nouvelles de toi. Ton hélicoptère a disparu des radars et il n'est jamais arrivé à New York. Pourquoi tu n'as parlé à personne ? »
Kurt lève un sourcil d'incrédulité.
« Je ne croyais pas que ce serait si long »
« Pourquoi tu n'as téléphoné à personne ? »
« Mon portable était déchargé »
« Tu n'aurais pas pu trouvé un poste fixe ? »
« Carole, c'est assez compliqué »
« Oh oui Kurt » gronde d'une voix menaçante Burt, « ne refais plus jamais un truc pareil. D'accord gamin ? »
« Oui papa »
Burt s'approche une nouvelle fois de lui et le serre dans ses bras. Kurt ferme les yeux et respire l'odeur de son père. Burt lui dit quelque chose qui lui fait hocher la tête. Il a l'air d'être un tout petit garçon contre son père de cette façon. Après un long moment, Burt se recule. Kurt tourne la tête vers Santana qui lui fonce dessus. Elle lui donne même une grande tape sur le torse.
« On s'est tellement fait de souci pour toi Porcelaine ! » grogne-t-elle en essayant d'avoir l'air agressive mais en étant surtout adorable.
« Je suis rentré maintenant. C'est bon » s'exaspère-t-il.
Même si mon visage et mes yeux sont remplis de larmes, j'aperçois tout ce qui se passe ici. L'endroit regorge d'un amour infini. Même s'il essaye de dire le contraire, c'est sous son nez. Il ne veut juste pas le voir. Pour le moment, il semble totalement perdu. Bon sang Kurt, tous ces gens tiennent à toi. Ce serait bien qu'il puisse le réaliser.
Zoé est dans mon dos. Je n'ai pas remarqué qu'elle était sortie de la salle de télé. Elle passe tendrement ses mains dans ses boucles.
« Ça va joli cœur, il est rentré » chuchote-t-elle d'une voix apaisante.
« J'aimerais saluer mon petit copain si possible » annonce Kurt aux personnes autour de lui.
Burt et Carole acquiescent, sourient et le laissent passer.
Il vient vers moi. Son visage est sceptique mais reflète aussi une grande fatigue. Sans que je sache d'où ça vient, je parviens à me lever. Je suis un peu pantelant mais je cours me nicher dans ses bras grand ouverts pour moi.
« Kurt ! »
Je pleure.
« Calme-toi » dit-il en me serrant contre lui.
Le nez plongé dans mes boucles, il respire mon odeur. Je redresse mes yeux baignés de larmes vers lui et il pose beaucoup trop rapidement ses lèvres sur les miennes.
« Coucou toi » chuchote-t-il.
« Coucou »
La boule dans ma gorge gonfle.
« Je t'ai manqué ? »
« A peine »
Il me sourit.
« C'est ce que je vois »
D'un geste tendre, il efface les larmes qui strient mes joues avec ses pouces.
« Je... Je... Croyais... »
Je m'étouffe avec mes mots et mes pleurs.
« Je sais, calme-toi. Je suis avec toi. Je suis avec toi » murmure-t-il en me donnant à nouveau un simple baiser.
« Tout va bien ? »
Je casse notre étreinte et touche sa poitrine, ses biceps, ses hanches pour trouver une quelconque trace de blessure et pour m'imprégner de son retour. Il est ici. Mon homme sexy, magnifique et en pleine forme est avec moi. Il tremble un tout petit peu et me contemple simplement de ses yeux brûlants.
« Tout va bien. Je ne bouge pas »
« Oh merci Seigneur »
Je me niche le plus étroitement possible contre son torse.
« Tu veux manger ou boire un truc ? »
« Oui »
Je m'écarte pour pouvoir me déplacer vers la cuisine. Cependant, il me tient toujours de sa main gauche. Il finit par enrouler son bras autour de ma taille avant de tendre sa main droite vers Sam.
« Hummel » le salue Sam d'un ton poli mais froid.
« Les garçons s'il vous plaît... »
« Bienvenue chez toi Kurt je suppose. Je suis heureux que tu sois sauf au bout du compte. Hmm... »
« Merci Sam »
Kurt fronce les sourcils mais son attention se porte rapidement sur Mademoiselle Jones qui arrive à ses côtés. Ce n'est qu'à cet instant que je vois qu'elle a abandonné son uniforme habituel. Ses cheveux sont lâchés sur ses épaules et elle a un pantalon serré gris foncé et un grand pull rayé rose et noir. Elle paraît vraiment jeune à ce moment. Je dirais qu'elle a notre âge à peu près.
« Je peux faire quelque chose pour vous Monsieur Hummel ? »
Elle tamponne lentement le coin de ses yeux avec un mouchoir. Kurt lui offre un sourire d'une grande douceur.
« Je veux bien une bière Mercedes. Une Russian River s'il vous plaît. Peut-être quelque chose de rapide à manger »
« Je vais le faire » affirmais-je, voulant plus que tout être utile à mon tour.
« Non, reste ici » dit-il tendrement en accentuant le contact de son bras autour de moi.
Tous ses proches viennent autour de nous ainsi que Steve, Sam et Zoé. Kurt tend la main en direction de Steve. Il la serre. Il pose un léger baiser sur chacune des joues de Zoé. Mademoiselle Jones se présente à nouveau devant lui mais elle a la bouteille de bière demandée cette fois. Il la prend avec un signe de tête. Elle lui adresse un sourire avant de s'éclipser dans la cuisine pour laisser un peu d'intimité je pense.
« Je serais toi, j'avalerais un whisky là. Ou plusieurs même » intervient Santana, « putain mais qu'est-ce qu'il y a eu ? Burt m'a passé un coup de fil pour me prévenir que ton hélico avait quitté les radars »
« Santana ! Ton langage ! » la réprimande Carole.
Kurt lève les yeux au ciel avec une expression agacée en entendant Carole. Comme quand une maman gronde ses enfants pour l'emploi de gros mots.
« Mettons-nous sur le canapé, on sera mieux pour que je vous raconte »
Kurt me tire jusqu'au divan et tous les autres se posent autour de nous, les regards posés sur lui. Il avale un peu de sa bière et regarde rapidement Joey qui est dans l'entrée du grand salon. Il bouge la tête et Joey acquiesce.
« Comment va votre fille ? »
« Ça va. Ce n'était pas grave Monsieur »
« Tant mieux »
Kurt lui donne un sourire. Sa fille ? Qu'est-ce qui se passe avec la fille de Joey ?
« Heureux de votre retour Monsieur. Autre chose ? »
« On doit ramener l'hélicoptère »
Joey hoche la tête.
« Tout de suite ou demain matin sera bien ? »
« Demain matin Joey, demain matin »
« Bien Monsieur Hummel. Ce sera tout ? »
Kurt bouge la tête et lève sa bière vers Joey. Celui-ci lui sourit. C'est la première dois que je le vois sourire aussi grandement. Il quitte ensuite le salon. Je pense qu'il va dans son bureau ou dans ses appartements.
« Fiston, qu'est-ce qu'il y a eu ? » interroge Burt.
Kurt nous raconte avec soin sa mésaventure. Il avait utilisé son hélico avec Pierce, son bras droit, pour aller s'occuper d'une affaire pointilleuse à Philadelphie. Je décroche assez rapidement. Je suis complètement perdu. Je reste près de Kurt, mes doigts enlacés aux siens parfaits, longs et pâles, le dos de sa main lisse et son poignet décoré d'une grosse montre. Elle paraît lourde d'ailleurs. Je secoue la tête et fixe mon regard sur son beau visage. Il continue son récit.
« Pierce voulait voir l'Hudson du ciel à la tombée de la nuit. Alors, en rentrant comme on avait bouclé notre affaire avec succès, j'ai fait un détour. A la radio, on m'a annoncé qu'il y avait une restriction de vol en haute altitude au-dessus de quatre-vingts mètres. Alors je m'y suis tenu. Heureusement d'ailleurs. On était très peu élevé, environ à cinquante mètres, quand les commendes se sont mises à partir dans tous les sens. L'hélice arrière a commencé à prendre feu. J'étais obligé de couper tous les moteurs et d'atterrir en urgence »
Il bouge la tête de gauche à droite.
« On a atterri dans le New-Jersey. J'ai extrait Pierce de l'appareil et je me suis arrangé pour éteindre l'incendie »
« Incendie ? Sur chacun des moteurs ? » demande Burt, épouvanté.
« Oui »
« Putain ! Je croyais que justement... »
« Je le sais déjà » le coupe Kurt, « j'ai eu du pot de ne pas être plus en altitude » chuchote-t-il.
Je frissonne. Il libère mes doigts pour entourer mes épaules de son bras.
« Tu as froid ? » me questionne-t-il.
Je bouge négativement la tête.
« Comment tu as fait pour arrêter l'incendie ? » l'interroge Zoé, plutôt curieuse comme à son habitude.
Oh mon Dieu, elle est énervant à un point parfois.
« Il y a une loi qui dit qu'il faut avoir un extincteur à boire. C'est obligatoire » énonce-t-il tranquillement.
« Tu aurais pu te servir de la radio de l'hélicoptère, non ? » interroge Carole.
Kurt fait non de la tête.
« Toutes les commandes électroniques étaient mortes donc la radio hors service. Je ne pouvais pas me permettre de tout rebrancher avec l'incendie. Avec mon téléphone, j'ai pu me débrouiller pour trouver une route qui nous conduirait jusqu'à la prochaine ville. On a mis plusieurs heures pour l'atteindre. Pierce avait des talons aiguilles »
Les lèvres de Kurt forment une ligne sarcastique.
« Bien sûr, on n'avait aucun réseau dans ce trou perdu. Le portable de Pierce s'est d'abord déchargé et puis le mien l'a suivi de près »
merde. Je me tends. Kurt me fait glisser sur ses cuisses.
« Comment vous vous êtes débrouillés pour revenir à New York ? » demande Carole.
Ses yeux naviguent discrètement entre Kurt et moi. Elle est peut-être étonnée de nous voir si proches. Je m'empourpre.
« Je voulais faire du stop mais Pierce a dit qu'on pouvait tomber sur un malade. Alors on a réuni l'argent qu'on avait sur nous. On s'est arrangé pour trouver une gare routière pour arriver à une gare et on a sauté dans le premier train pour New York »
Kurt bouge encore une fois la tête avec un air exaspéré en repensant à tout ça.
« J'ai cru que je ne rentrerais jamais tellement c'était long. Je n'ai pas pensé, sur le coup, à demander le téléphone de quelqu'un... En fait, je n'aurais jamais cru... »
Il s'interrompt au milieu de sa phrase et passe son regard sur ses proches.
« Qu'on allait se faire du souci pour toi ? » lâche Santana de sa voix dure, « nom de Dieu Porcelaine, on était en train de perdre la boule ouais »
La brune se tait au regard noir de Carole. Kurt roule des yeux. Santana reprend plus calmement.
« Tu es même passé aux infos »
Il soupire.
« Ouais j'ai cru le comprendre quand j'ai vu tous ces journalistes regroupés devant l'entrée. Je m'excuse Carole et papa. J'aurais dû penser à demander à un passager du train s'il pouvait me prêter son portable. Je voulais juste revenir à la maison au plus vite. Je n'y ai pas pensé »
Il pose ses yeux sur Sam.
Voici la raison. Il voulait rentrer rapidement parce que je sortais avec Sam et Zoé ce soir. Je sens une pointe de colère passer en moi. Oh mon Dieu, je suis à bout de nerfs avec toute cette angoisse.
Carole soupire.
« Tout ce qui compte, c'est que tu sois rentré et que tu sois sain et sauf mon chéri »
Je m'autorise enfin à respirer à nouveau et laisse aller ma tête contre la poitrine de Kurt. L'odeur de la ville est imprégnée dans sa chemise. Mélangée à elle, il y a celle de la transpiration, un peu de caramel et de son gel douche. Mon parfum préféré entre tous. Les larmes débordent une nouvelle fois de mes yeux sans que je sache pourquoi. Le soulagement peut-être.
« Chacun des moteurs a été touché ? » redemande Burt, n'y croyant pas.
« Oui, je n'en connais pas la raison »
Kurt caresse tendrement mon dos de haut en bas.
« Chut » murmure-t-il en redressant mon visage vers le sien avec délicatesse, « ne pleure pas »
Je passe la manche de ma chemise sur mon visage pour enlever mes larmes et pour essuyer mon nez qui coule. C'est dégueulasse mais je m'en fiche.
« Ne disparais plus jamais comme ça alors »
Je renifle et sa bouche tremble.
« Court-circuit peut-être... C'est bizarre, tu ne trouves pas ? » pousse Burt.
« Oui, j'ai pensé à ça en premier moi aussi papa. Pour le moment, je rêve d'aller dormir. J'aurais tout le temps de penser à cette merde demain »
« Il faudrait prévenir les journalistes que le fameux Kurt Hummel est bel et bien vivant » lance Zoé.
« Oui. Elena et mon responsable de la communication vont s'occuper de tout ça. Pierce leur a téléphoné quand je l'ai ramené chez elle »
« En effet. C'est Elena qui m'a dit que tu allais bien » déclare Burt avec un sourire.
« Je penserais à lui donner une augmentation. Pour le moment, il est trop tard »
« Je crois qu'il essaye de nous dire quelque chose là : foutez le camp de chez moi, je veux aller dormir » raille gentiment Santana.
« Eh bien Carole, mon petit garçon est en forme alors je crois qu'on peut rentrer » dit Burt avec tendresse et amour à sa femme.
« Tu as raison, je crois qu'un peu de sommeil ne peut pas nous faire de mal » rétorque-t-elle avec un sourire.
« Vous voulez dormir là ? » demande Kurt.
« Non gamin. On peut rentrer chez nous maintenant que je sais que tu ne risques rien »
Kurt me repousse à contrecœur afin de se mettre debout. Il serre Burt contre lui. Le plus vieux lui chuchote quelque chose et je vois juste Kurt resserrer ses bras autour de lui. Il se décroche et prend Carole dans ses bras. Elle soupire d'un air rassuré.
« J'ai eu tellement peu mon chéri » murmure-t-elle.
« Tout va bien Carole »
Elle se recule et palpe délicatement son visage. Kurt est immobile.
« Oui je pense que tu as raison » lâche-t-elle une fois son inspection finie.
Elle me regarde brièvement et m'adresse un petit sourire. Je m'empourpre.
On accompagne Carole et Burt jusqu'à l'ascenseur. Dans mon dos, Steve et Santana discutent vivement en chuchotant. Je ne perçois pas leurs paroles.
Santana adresse un sourire diabolique à Steve alors qu'il la fixe la bouche grande ouverte. Brusquement, elle lève le menton et fait demi-tour. Il met ses mains en poings et les appuie sur ses yeux d'un air agacé.
« Burt ! Carole ! Je viens avec vous » dit-elle d'une voix claire.
Apparemment, elle peut changer d'humeur aussi vite que son meilleur ami. Zoé arrive vers moi et m'offre un gros câlin ?
« Si je dis qu'un tas de trucs sont arrivés dans ta vie alors que je me la coulais douce au Mexique, je me trompe ? Vous êtes fous amoureux tous les deux. C'est adorable. Je suis vraiment heureuse qu'il soit revenu sans bobo. Pour lui mais pour toi aussi Blainey »
« Merci Zo' »
Je rougis en pensant à quel point je l'aime. Et combien c'est réciproque. Mes joues me brûlent un peu plus fort. Zoé fait un pas en arrière pour pouvoir m'observer de ses petits yeux de fouine. Elle me dit silencieusement « raconte tout à tata Zoé ». Est-ce vraiment possible de lui cacher que Kurt m'a fait sa demande ?
« On va y aller ma puce » annonce Sam en arrivant derrière elle.
« On discutera plus tard joli cœur. Tu as l'air d'être crevé »
Bon, au moins, je peux respirer avant qu'elle ne passe à l'attaque.
« Évidemment. Tu dois l'être aussi avec l'avion »
Je la serre dans mes bras avant qu'elle se dirige vers l'ascenseur avec un geste pour Sam. Steve est un peu perdu au milieu du salon. Kurt le salue. Il me donne une brève étreinte avant de partir vers tous les autres. La cabine se ferme. Je me tourne finalement vers Sam.
« Je vais partir moi aussi. Juste, les tableaux sont livrés. Joey les a monté je crois »
Kurt acquiesce.
« Merci » lâche-t-il finalement.
Il se déplace près de moi, enroule ma taille de ses bras et pose un baiser dans mes boucles.
« Je vais manger le plat de Mercedes. Au revoir Sam »
Kurt va nonchalamment dans la cuisine et me laisse dans l'entrée du corridor avec Sam. Il me laisse avec Sam. Tout seul.
« Au revoir aussi dans ce cas »
Je crois que je n'ai jamais vu mon meilleur ami aussi tendu.
« Oui Sammy. J'étais content de t'avoir avec moi ce soir »
« C'est normal Blainey. Tu sais que quoi qu'il arrive je serais là pour toi. Toujours »
Je me contente d'acquiescer.
« Tu m'as manqué tu sais. J'espère qu'on pourra passer du temps ensemble bientôt »
« Toi aussi tu m'as manqué. Vraiment. Je ferais tout pour qu'on puisse se voir... Excuse-moi pour... pour nos retrouvailles assez pourries »
Je lui souris gentiment.
« Viens là »
Il ouvre grand ses bras et je fonce m'y réfugier.
« Assez pourries tu dis ? » rit-il, « sincèrement, je suis content de te voir si épanoui Blainey mais n'hésite pas si tu as besoin ok ? »
Je lève la tête vers lui et opine.
« Merci »
Il sourit et m'embrasse sur le front. Il me relâche et sort de l'appartement avec un dernier petit signe de main.
Je vais rejoindre Kurt dans le grand salon. Il se tient debout près du divan et me fixe. Son visage ne laisse trahir aucune émotion. Nous nous retrouvons rien que tous les deux et on ne fait que se détailler du regard.
« Il tient énormément à toi tu sais » chuchote-t-il.
« C'est mon meilleur ami mais... qu'est-ce qui te fait dire ça Kurt ? »
« Je connais les signes Blaine. Je suis pareil que lui »
« Je pensais que je ne pourrais jamais te voir à nouveau » murmurais-je.
Au moins, c'est sorti. Mes craintes encaissées durant toute cette affreuse soirée sortent de mon corps avec ces quelques mots.
« Il y a eu plus de peur que de mal »
Je me baisse pour récupérer sa veste et ses chaussures qui traînent par terre. Je vais ensuite vers lui.
« Je vais le faire » chuchote-t-il en voulant récupérer ses habits.
Il pose son regard sur moi et j'ai l'impression d'être la chose la plus importante sur Terre pour lui. L'émotion dans ses yeux doit être la copie conforme de celle présente dans les miens. C'est certain. Il est avec moi. Pour de vrai. Il est avec moi. Il me plaque contre son torse et enroule fermement ses bras autour de moi.
« Kurt »
Je m'étouffe et mes pleurs reprennent aussi fortement que plus tôt.
« Calme-toi » me rassure-t-il en posant ses lèvres dans mes boucles, « quand j'ai commencé à vraiment avoir peur en atterrissant, tu étais le seul à qui je pensais. Le seul à être dans mes pensées. Tu es mon porte-bonheur Blainey »
« Je croyais t'avoir perdu pour toujours »
On se tient debout, enlacés, retrouvant la chaleur de l'autre pour se rassurer. Ce n'est que quand j'accentue mon étreinte que je me rends compte que je tiens encore ses chaussures. Je les laisse tomber au sol avec un grand bruit.
« Allons prendre une douche » chuchote-t-il.
« Ok »
Je le regarde. Je ne souhaite pas quitter ses bras. Il redresse mon menton de deux de ses doigts.
« Même quand tu pleures tu es le plus bel homme au monde Blaine Devon Anderson »
Il me donne un doux baiser.
« Tes lèvres sont délicieuses »
Il m'embrasse encore une fois avec plus de passion.
Seigneur. J'aurais jamais pu dire adieu à cet homme et tout ceci. Non. Non. J'oublie mes pensées et me laisse aller.
« Je dois aller ranger ma veste »
« Abandonne-la au sol » lâchais-je contre sa bouche.
« Impossible »
Je fais un pas en arrière pour l'observer, curieux. Il a son sourire timide sur le visage.
« Regarde »
Il écarte les pans de tissu et extirpe de la poche intérieure la longue boite noire avec le nœud dessus que je lui ai offerte. Il y a son cadeau dedans. Il balance le vêtement sur le canapé et pose la boite délicatement.
Carpe Diem Blaine.
Bon c'est vrai que c'est samedi maintenant vu l'heure. C'est aussi son anniversaire.
« Tu peux l'ouvrir »
Mon cœur bat la chamade.
« J'ai tellement attendu que tu me dises ça depuis que tu me l'as donné » chuchote-t-il, « je n'arrêtais pas d'y penser »
Je lui donne un sourire taquin. Je me sens euphorique. Lui a son sourire maladroit. Je succombe même si mon cœur tambourine en moi. Je suis plus qu'heureux mais aussi curieux. Il semble enjoué. Avec des gestes rapides mais précis, il retire le nœud et ouvre la boite. C'est une petite gourmette élégante où j'ai fait graver quelque chose au lieu de son prénom.
Il fixe le bijou un moment et relève les yeux vers moi. Il lit la phrase :
« « Lorsque j'aime quelqu'un intensément, je ne dis jamais son nom à personne »*. Oscar Wilde ? » me demande-t-il à voix basse, les yeux pétillants de joie pure.
« Oui. Mais regarde derrière » haletais-je.
Il le fait. Son regard bleu s'ouvre encore plus sous le bonheur intense et la surprise sincère. Il fixe ses yeux brillants sur moi. Sa bouche s'ouvre comme s'il ne croyait pas ce qu'il voyait.
Le mot « oui » est gravé d'une jolie calligraphie au dos de la fine plaque.
« Bon anniversaire » murmurais-je d'une toute petite voix.
* Citation d'Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray.
Bien, bien, bien...
BLAINE A DIT OUI ! QUI EST CONTENT ?
Venez me dire tout ça dans une petite review :') Je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre donc j'espère qu'il vous aura plus quand même.
J'espère que je suis pardonné pour la fin du chapitre précédent.
Merci pour votre soutien chaque semaine.
A la semaine prochaine !
Gros bisous,
Cindy !
