Coucou tout le monde !

J'espère que vous avez tous passés une bonne semaine et que tout va bien pour vous !

700 REVIEWS WOOOOOOHOOO MERCI DU FOND DU COEUR MES CHERIS ! MERCI MERCI MERCI !

Un merci tout spécial à ma choupette qui m'a posté ma 700ème. Je t'adore tellement ma chérie...

Merci à mamstaz, ViviKlaine, Guest, Anna, GleekKlainers4Ever, CeliaCom7, Soso, Shiiny5, Klaineuse, Sara, Marion, Louise, justmoi59 pour vos reviews.

Mamstaz : Kurt se cache sous le sexe comme toujours. Il a peur d'exprimer ses vrais sentiments. Il ne veut pas être exposé et donc blesser. Oui tu as tout à fait raison. Il préfère étouffer ses vrais craintes sous sa colère. A la semaine prochaine !

ViviKlaine : coucou ! Cette petite tension entre eux ne va pas durer je te le promets :) Blaine a en quelques sortes, péter un câble :') j'aime te faire sourire dans ce cas :') Ouais Kurt abuse mais c'est pour ça qu'on l'aime non ? Haan tu es adorable ! Oui j'aimerais beaucoup te parler aussi. J'ai mon compte Twitter au nom de Klaiindy. Pareil pour Instagram. Et si tu veux me contacter sur Facebook, envoie-moi un message sur la page de Nuances (Klaiindy aussi) et je te donnerais mon Facebook perso :) Bisous !

Guest : oui, je vais vous proposer quelque chose pour ça :)

AnnaKlaineuse : Je sais ma pauvre ! Je suis un être diabolique que veux-tu ! Permets-moi de te corriger : tu es une grosse perverse tout court :'D OWWWI j'arrive, rejoins-moi dans ma tente sur ta pelouse ! A mon tour : Huguette la Belette, Gérard, le serpent de ma pieuvre, ma brebis (brebiche girl), mon bébé, mon Blainey d'amour, ma fournisseuse de pop-corn caramel préférée :* gros bisous sur tes petites fesses brillantes

GleekKlainers4Ever : Je suis désolée mais j'aime vous tenir en haleine ;)

CeliaCom7 : Kurt est souvent en colère mais comme tu dis, le Klex va apaiser toutes ces tensions. Je ne peux pas laisser Klaine en froid :') Oui ne t'inquiète pas, la fin n'est pas pour tout de suite ^^ Bisous

Soso : hey ma Choupette d'amour :') putain j'ai beau chercher je ne m'en souviens plus. Il faut dire qu'on en raconte tellement toutes les deux que ça s'évapore vite fait pour laisser place à d'autres conneries xD Fais toi plaisir, Hunter est là pour se faire cogner ! Haaaan merci ma meilleure copinette de la terre. C'est toi la meilleure ! Merci encore pour la 700ème ma Choupette. Tu sais à quel point ça compte pour moi... Je t'aime ma belle âme sœur coeur

Shiiny5 : je sais pas si je suis méchante à mon tour mais... Si Kurt est énervant c'est fait exprès :') Kurt est excessif et ultra protecteur envers Blaine mais c'est une étape essentielle pour leur couple. Blaine montre son mécontentement face à son comportement et crois-moi, Kurt va finir par comprendre que ça ne le mènera nulle part de le couver comme ça. Pour ce qui est de la dispute, ça va finir par éclater parce que Blaine ne va pas pouvoir supporter tout ça longtemps. Pour ce qui est de Darren je ne comprends pas pourquoi les gens font ça. Tout ce qu'ils vont gagner c'est que Dare n'acceptera plus les séances de dédicaces et voilà ! Merci pour ta review, j'aime que tu me donnes ton avis aussi franchement ! Bisous ;)

Klaineuse : Je suis toujours heureuse de voir de nouveaux lecteurs. Alors si en plus tu aimes, je suis aux anges :') Wow c'est vraiment gentil de dire ça. Je ne sais pas si je peux prétendre être meilleure que la version originale mais merci quand même, c'est un compliment énorme. Tu t'es dit ça et PAF j'arrive et réalise tes rêves ^^ Oui j'ai fait les trois d'affilée. Comme ça, si tu aimes la trilogie tu auras toute la suite d'un coup ^^ Merci à toi de la lire !

Licorne-Klaine : comme je te l'ai dit, tu ne seras jamais obligée à poster des reviews :) Merci c'est vraiment adorable ce que tu dis. Je ne sais pas quoi te dire à part merci beaucoup ! Gros bisous !

IheartIns : coucou :) Frustration est mon deuxième prénom ;) Oui Kurt est très énervé, c'est le moins qu'on puisse dire ^^ Bisous Marion !

Louise : haaan c'est trop mignoooon ! Minilou c'est joli aussi. Comme Louise en fait :') ça me plaît. On peut faire ce que tu veux tant que GayLand existe xD Eh bien le retour du jean te donne un indice sur le futur proche de notre beau bouclé je pense ^^ J'espère que ton bac s'est bien passé... Je suis bien contente d'avoir passé tout ça –' Bisous Minilouise

justmoi59 : Blaine se rebelle et c'est sexy si tu veux mon avis ;)

Donc une personne anonyme m'a demandé de poster deux chapitres par semaine. J'aimerais vous proposer quelque chose. Si j'atteins les... disons... 720 reviews avant vendredi, je vous posterais un autre chapitre. Si vous êtes d'accord pour ce fonctionnement, je le ferais à chaque chapitre pour que vous l'ayez en avance :)

/!\Présence de lemon /!\

Sur ce, bon chapitre ! ENJOY !

Chapitre 59

« Oh vraiment ? »

Ma gorge est de plus en plus râpeuse et les battements de mon cœur s'accélèrent. Bordel pourquoi il a ces habits ? Ça veut dire quoi ? Il me fait toujours la tête ou non ?

« Oui vraiment »

Il parle calmement et lâche un petit rire en s'approchant nonchalamment de moi. Son pantalon glisse encore plus sur son bassin et laisse apparaître le V de ses hanches. Je secoue la tête. Hors de question de perdre mon sang froid à cause de son corps exceptionnellement sexy. J'essaye de savoir ce qu'il ressent. Colère ? Amusement ? Désir ? Comment je peux savoir franchement ?!

« Superbe choix de jean » lâchais-je.

Il m'offre un sourire sauvage et éblouissant mais il est faux. Ok. Je suppose qu'il est toujours fou de rage. Il porte ce pantalon pour me faire flancher. Il cesse ses mouvements pour me fixer de ses yeux brûlants, pénétrants remplis d'une émotion étrangère. J'avale difficilement ma salive.

« Donc si j'ai bien saisi mon cher Blaine, tu as des choses à dire » souffle-t-il d'un ton faussement calme.

Il prend quelque chose dans sa poche. Mes yeux sont verrouillés aux siens mais le son du froissement du papier me parvient. Il le lève pour le lire et je vois que c'est le long message que je lui ai envoyé. Mes yeux retrouvent les siens qui flamboient sous la colère.

« Tout à fait » rétorquais-je à voix basse, haletant.

Je dois m'éloigner de lui pour pouvoir avoir cette conversation. M'éloigner physiquement. Seulement je n'ai pas le temps d'amorcer le moindre mouvement car il se penche vers moi pour caresser ma joue de son nez. Je me laisse aller à ce toucher soudain et doux.

« Pareil pour moi » murmure-t-il contre ma mâchoire.

Je tourne la tête vers lui à ses paroles. Il se remet droit pour me dévisager avec attention.

« Je sais déjà de quoi tu veux discuter Kurt »

Son visage est empli d'humour le temps d'un clin d'œil puis il fronce les sourcils. Est-ce qu'on va s'engueuler ? Je m'éloigne de lui avec méfiance. J'ai besoin de me reculer de son parfum entêtant, de ses yeux intenses, de son corps merveilleux et de ce putain de pantalon. Son front se plisse plus.

« Pourquoi tu es revenu de Californie ? »

Ne pas tourner autour du pot.

« Tu connais la réponse »

Le ton de sa voix est presque menaçant.

« Parce que j'ai été boire un verre avec Zoé ? »

« Parce que tu as brisé la promesse que tu m'avais faite et que tu m'as provoqué en te mettant en danger inutilement »

Je m'étouffe presque.

« Brisé ma promesse ? Tu prends ça de cette façon ? »

« Oui »

Putain, il ne va pas du tout trop loin. Non... Je m'apprête à lever les yeux au ciel mais il me fusille du regard.

« Kurt on a seulement changé de plan au dernier moment » lâchais-je d'un ton condescendant, « les gens normaux font ça tu sais »

Il cille comme si je venais de parler en chinois.

« Si seulement j'avais su les conséquences que ça aurait... Que tu rentrerais exprès... »

Je ne sais plus quoi dire. Je suis à court de paroles pour lui. Brusquement, le souvenir de notre conflit sur les vœux de mariage me revient. Je n'ai absolument pas fait vœu d'obéissance. Je ne dis rien cependant. Je suis vraiment content qu'il soit de retour et qu'il n'ait rien. Je suis content même si on se dispute.

« Tu as changé de plan au dernier moment ? »

Il n'essaye même pas de cacher son mécontentement ou son dégoût.

« Exactement »

« Et l'idée de me téléphoner ne t'a pas effleuré l'esprit ? »

Il me mitraille des yeux et continue :

« En plus de ça, tu avais deux agents de sécurité avec toi alors qu'ils auraient dû être ici. Wright aurait pu être gravement blessé ou pire »

Oh... Comment j'avais omis ça ?

« C'est vrai. Je devais te téléphoner mais je n'avais pas envie que tu te fasses du souci. En plus, j'ai la certitude que tu m'aurais obligé à rentrer à la maison. Je ne vois presque plus Zoé. Je voulais passer du temps avec elle. Et penses-y, si j'étais à l'appartement au moment où Hunter s'est pointé, Wright ne lui aurait pas laissé l'opportunité de pénétrer ici »

Dans ce cas, Hunter serait toujours dans la nature. J'ai faux ? Le regard de Kurt brûle d'intensité avant que ses traits se tordent de souffrance. Il bouge la tête et soudainement, il m'enlace et me plaque à son torse.

« Oh Blainey » murmure-t-il en me serrant presque douloureusement, « si on te faisait du mal ou... »

Il parle dans un tout petit chuchotement.

« Je n'ai rien »

« L'inverse était possible. J'ai pensé crever des dizaines de fois durant cette journée en pensant à ce qu'il aurait pu te faire. J'étais fou de rage Blaine. Fou de rage contre moi, contre toi, contre tout le monde. Je n'ai jamais été dans cet état. A part... »

Il arrête de parler. Je tente de lui faire finir :

« A part ? »

« Ce jour dans ton appartement. La fois où Elliott était là »

Je n'ai pas envie de revivre ça.

« Tout à l'heure, tu étais vraiment distant et glacial... »

Ma gorge s'enserre et ma phrase se craque. Je ressens la douleur de ce matin dans la douche quand il m'a dit non. Ses doigts passent dans mes boucles et il incline mon visage vers le sien.

« J'ignore comment contrôler ma fureur. Je ne pense pas vouloir te faire souffrir. Ce matin, je voulais vraiment te donner une punition mais... »

Il s'interrompt, cherchant visiblement quoi dire. Ou il a juste trop peur de finir. Je le fais à sa place.

« Mais tu craignais de me faire souffrir »

Je n'arrive pas à penser une seule seconde qu'il se serait laissé aller. Seulement, je suis rassuré qu'il y ait pensé. Au fond de moi, je craignais qu'il me repousse et qu'il ne me veuille plus.

« Je n'avais pas confiance en moi » dit-il calmement.

« Kurt je suis sûr que tu ne me feras jamais souffrir. Pas intentionnellement du moins »

J'encadre son visage de mes paumes.

« Ah bon ? »

Il n'a pas l'air de me croire.

« J'avais conscience que c'était un avertissement bidon. Que tu n'allais pas me donner la punition de ma vie »

« Je le voulais »

« Non, tu pensais le vouloir. Ce n'est pas plus compliqué »

« J'en sais rien » dit-il.

Je le serre et niche mon visage dans le creux de son cou.

« Songe une seconde à ce que tu as ressenti quand je suis parti. Tu me dis souvent que depuis ce matin-là, tu ne vois plus la vie de la même manière, que tu ne me vois plus de la même manière. J'ai conscience de ce que tu as repoussé pour moi. Aussi, pense à ce que tu as ressenti en voyant les stries des menottes sur ma peau pendant notre voyage de noces »

Il se tend. Il doit être en train de se repasser attentivement mes mots dans la tête. Je le serre plus fort et caresse son dos par-dessus son haut. Doucement, la tension disparaît.

C'est ça qui l'embêtait ? La crainte de me faire souffrir ? J'ai l'impression d'avoir plus confiance en lui que lui-même. C'est difficile. Je pensais que ce problème était réglé. D'ordinaire, il est si courageux et confiant. En cet instant, il est surtout déboussolé. Oh mon maniaque du contrôle. Je m'en veux. Il dépose un baiser sur mon front. Je redresse la tête et sa bouche rencontre la mienne. Elle la caresse, la goûte presque peureusement et désespérément. Pourquoi ? Je l'ignore. J'ai seulement envie de sentir ses lèvres et de l'embrasser comme il se doit.

« Tu as tellement foi en moi » chuchote-t-il.

« Tu as raison »

Il passe ses pouces sur mes pommettes, son regard accroché au mien. Toute la rage s'est envolée. Mon maniaque du contrôle est de retour. Je ne sais pas où il était parti mais je suis content de l'avoir à nouveau. Je lui donne un petit sourire.

« Tu te souviens, il n'y a jamais eu ma signature en bas du contrat »

Il semble amusé et étonné mais il resserre son étreinte.

« C'est vrai » dit-il en gloussant.

On ne bouge pas du centre du salon, enlacés.

« Suis-moi, on va au lit » murmure-t-il après un temps indéterminé.

« Kurt. On doit discuter »

« Tout à l'heure » répond-il d'un ton tendre et impatient.

« Kurt s'il te plaît. Dis-moi »

« Quoi ? » souffle-t-il.

« Tu sais quoi. Tu ne me racontes jamais rien »

« C'est pour te garder en sécurité »

« Je n'ai plus cinq ans »

« Je le sais bien Blainey »

Ses paumes glissent dans mon dos jusqu'à mon cul pour le malaxer. Il jette son bassin contre moi et je sens son sexe bandé contre mon os iliaque. Je le réprimande :

« Kurt ! Raconte-moi »

Il souffle une nouvelle fois.

« Te raconter quoi? » demande-t-il finalement en brisant notre étreinte.

Je boude. Je n'ai jamais dit qu'il devait arrêter de me tripoter. Seulement de me dire des choses. Il s'incline vers le sol pour récupérer mon message imprimé.

« Pleins de trucs »

Il me tire sur un des divans.

« Installe-toi » me commande-t-il.

Je m'exécute. Je vois que des détails resteront toujours tels quels. Kurt se met près de moi et fourre ses deux mains dans les cheveux.

Et si c'était trop à supporter ? Il se remet droit, aplati sa chevelure dérangée et me regarde.

« Pose-moi des questions » lance-t-il tranquillement.

Bon ce n'est peut-être pas si dur que ça...

« Pourquoi tu as fait renforcer la sécurité autour de tes proches ? »

« Clarington était un risque pour eux »

« C'est-à-dire ? »

« On a trouvé des documents sur eux et moi dans son disque dur. Ça touchait surtout mon père »

« Pourquoi ton père ? »

« Je l'ignore pour le moment. On va au lit ? »

« Kurt, parle-moi ! »

« Te parler de quoi ? »

« Tu es tellement... frustrant »

« Je te retourne le compliment »

« La sécurité n'a pas été renforcée suite aux découvertes dans le disque dur mais bien après. Pourquoi ? Qu'est-ce qui est arrivé pour t'obliger à le faire ? »

Kurt fronce les sourcils.

« J'ignorais qu'il essayerait de foutre le feu à mon entreprise ou... »

Il s'arrête avant de reprendre :

« On croyait qu'il faisait juste une fixette. Tu sais, on me connaît assez en ville alors il y a beaucoup de choses qui tournent sur moi. On a retrouvé tout un tas de trucs dans les dossiers de Clarington : des coupures de journaux de l'époque où j'étais à Harvard, mes victoires en chant et en kickboxing, mon parcours professionnel. Il y avait aussi des infos sur les affaires que mon père a gagné et sur Carole. Certaines choses sur Satan aussi »

C'est vraiment étrange quand même.

« Tu t'es arrêté après « ou » » dis-je.

« Quoi « ou » ? »

« Tu t'es arrêté après « de foutre le feu à mon entreprise ou... ». J'ai eu l'impression que tu allais continuer »

« Tu veux manger ? »

Hein ? Je plisse le front mais mon ventre gronde bruyamment.

« Tu as avalé quelque chose dans la journée ? »

Son ton est grave et ses yeux froids comme la glace. Je ne dis rien mais mes joues rouges me vendent.

« Je le savais. Je déteste quand tu ne te nourris pas correctement. Suis-moi »

Il se met debout et m'incite à prendre sa main.

« Je vais te donner à manger »

Virage à 180° dans son comportement... Cependant, je décèle une note charnelle sous ses mots.

« Me donner à manger ? »

Les muscles de mon bas-ventre se crispent délicieusement. Oh putain. C'est tellement habituel cette manie qu'il a de détourner mon attention. Je ne me fais pas d'illusions : il ne va rien lâcher de plus pour ce soir. Kurt m'attire à sa suite jusqu'au comptoir de la cuisine et installe un haut tabouret de l'autre côté du plan de travail.

« Mets-toi là »

« Elle est où Mademoiselle Jones ? »

Je ne me rends compte que maintenant qu'elle n'est pas présente.

« Je lui ai laissé sa soirée libre. Joey aussi »

« Pourquoi ? »

Il me fixe, une lueur hautaine et espiègle dans les yeux.

« Parce que j'en ai les moyens »

« Donc tu vas faire à manger ? »

Mon ton laisse passer l'incertitude que je ressens.

« Oh mon mari n'a donc pas confiance. Ferme ces jolis yeux »

Bien, bien. Je croyais qu'on allait avoir la dispute du siècle mais non. Il veut jouer on dirait.

« Fais-le » me commande-t-il.

Je roule des yeux et m'exécute.

« Hmm... Il faut autre chose... »

Je relève une paupière pour le voir prendre une étole rouge foncée dans la poche de son pantalon. Elle est de la même couleur que mon costume. Merde. Je lui jette un coup d'œil inquisiteur. D'où il sort ça ?

« Tes yeux » exige-t-il encore, « tu n'as pas le droit de les ouvrir »

« Tu vas mettre ce foulard sur mes yeux ? »

Soudainement je suis essoufflé.

« Oui »

« Kurt... »

Il met son index sur ma bouche pour que je ne dise plus rien. J'ai envie de discuter.

« On aura une conversation tout à l'heure. Mais là, tu dois te nourrir. Je crois que tu es affamé »

Il m'embrasse à peine. Le tissu contre la peau de mes tempes est fin. Il l'attache à l'arrière de mon crâne.

« Tu vois quelque chose ? » m'interroge-t-il.

« Non »

Je fais semblant de rouler des yeux. Il rit.

« Je sais toujours quand tu fais ça. Tu connais mon opinion sur ce geste »

Ma bouche reste tendue en une ligne fine.

« Alors on commence ? »

« Toujours pressé mon cher Blaine. La patience n'est pas ta plus grande vertu »

Il parle d'un ton amusé.

« Exactement »

« Il faut que je te donne à manger pour commencer » dit-il en touchant à peine mon front de ses lèvres.

C'est un contact léger mais je me calme tout de suite.

Ce n'est pas la peine de le contrarier. J'abandonne et je m'intéresse aux bruits qu'il fait. La porte du frigo qui est tirée. La porcelaine contre le carrelage du plan de travail. Les tiroirs qui s'ouvrent et se ferment.

« Quand je dis exactement, c'est exactement je suis impatient de discuter » lâchais-je d'une voix faussement absente.

Des odeurs délicieuses entrent dans mes narines. Je gigote sur mon siège.

« Reste immobile Blaine. Sois un bon garçon » chuchote-t-il tout près.

Putain de merde.

« Laisse cette lèvre tranquille »

Il tire sur mon menton pour que mes dents lâchent la lèvre. Je ne peux pas retenir mon sourire.

Il s'éloigne, met un truc dans le micro-onde et revient. Il débouche une bouteille et verse le liquide. L'odeur m'apprend que c'est du vin. Il n'y a plus de bruit pendant un instant et un grésillement s'élève. Le son d'une guitare électrique se fait entendre, bientôt rejoint par la voix rauque d'un homme. Je ne connais pas cette musique. Kurt met le son moins fort.

« Pour commencer, je pense qu'un verre est bien » murmure Kurt, « incline la tête en arrière. Encore » m'incite-t-il.

J'obéis. Il met sa bouche sur la mienne. Du vin frais et sucré coule entre mes lèvres. Je déglutis automatiquement. Oh merde. Des images s'imposent à mon esprit. Je suis attaché aux montants de mon lit dans mon appartement juste avant la remise de diplômes. Ce soir-là, Kurt était venu car il n'avait pas aimé mon message. Ce n'est pas si loin que ça... Est-ce que certaines choses sont différentes aujourd'hui ? Je ne crois pas. Enfin aujourd'hui, je peux dire que ce vin est le favori de Kurt. Je profite du goût en ronronnant de plaisir.

« Tu aimes ? » murmure-t-il.

Sa respiration est chaude au coin de mes lèvres. Je me délecte de l'électricité et de la sensation que libère et me procure son corps alors qu'on n'a aucun contact.

« Oui »

« Tu en veux d'autre ? »

« Je n'en ai jamais assez avec toi »

Je peux quasiment sentir son sourire. Je souris donc aussi.

« Tu veux me chauffer Blainey ? »

« Oui »

J'entends son alliance cogner le verre quand il l'attrape pour prendre du vin. Ce coup-ci, c'est lui qui penche ma tête vers l'arrière alors que ses bras sont délicatement enroulés autour de moi. Il me donne un autre baiser et j'accepte le liquide avec gourmandise quand il le fait couler dans ma bouche.

« Tu veux manger ? »

« Il me semble que j'ai déjà donné ma réponse à ça Kurt »

La musique qui emplit l'air parle d'un homme qui montre qu'il est vraiment un homme. Pas du tout macho non... Ça colle assez bien à la situation en y pensant.

Le Bip du micro-onde retentit et Kurt me lâche. Je me relève un peu. Il ouvre la porte de l'appareil et l'odeur me fait saliver.

« Merde ! Bordel ! » crie Kurt.

Le son de la vaisselle brisée arrive à mes oreilles.

« Tu vas bien ? »

« Oui ! » grogne-t-il.

Une seconde plus tard, je sens sa présence à mes côtés.

« Je me suis brûlé. Tiens, tu es doué quand il s'agit de sucer » dit-il en introduisant un doigt dans ma bouche.

J'enroule ma main autour de son poignet et enlève doucement son index de mes lèvres. Je chuchote des Chut comme pour le calmer. Je m'incline pour envoyer de l'air frais sur la brûlure et pose deux petits baisers dessus. Je l'entends alors que sa respiration se bloque. Je remets son doigt dans ma bouche et fait tourner lentement ma langue autour. Il souffle d'un coup. Mon sang migre direction plein sud. Il est délicieux comme d'habitude. Je sais ce qu'il s'amuse à faire : allumer son mari. Je pensais qu'il était furieux mais voilà où on en est. Mon époux est vraiment imprévisible. Je l'aime de cette façon. Espiègle. Amusant. Vraiment chaud. Il a répondu à mes questions même si j'en veux plus et que je veux m'amuser aussi. Avec la panique et la situation d'aujourd'hui et la merde la veille avec Clarington, ce jeu est plus que bien maintenant.

Kurt me tire de mes pensées en enlevant son index de mes lèvres.

« Tu penses à quoi ? » chuchote-t-il.

« Ton comportement »

Il se tend.

« Les nuances de folie mon cœur » dit-il finalement en embrassant la commissure de ma bouche.

Je serre le tissu de son haut ample pour l'amener plus près de moi.

« Hun hun, n'y pense pas Blaine. Garde tes mains pour toi... pour le moment »

Il attrape mes doigts et pose patiemment des baisers sur mes phalanges.

« Redresse-toi » me commande-t-il.

Je me renfrogne.

« Si tu fais la tête, tu auras la fessée. Entrouvre les lèvres »

Je déglutis mais m'exécute. Il fait entrer un sushi dans ma bouche. C'est merveilleux.

« Ça te plaît ? »

« Oui »

Lui aussi a l'air content. Je pense qu'il se nourrit en même temps que moi.

« Tu en veux d'autre ? »

J'acquiesce et il m'en tend un deuxième que je mange avec gourmandise. Il met les baguettes sur le plan de travail et bouge près de moi.

« Bouche »

Il me donne cette fois un sashimi de saumon. Apparemment, Mademoiselle Jones ou lui est descendu au traiteur asiatique au coin d'une rue proche. J'y suis allé plusieurs fois parce que leurs préparations sont géniales. J'avale avec enthousiasme. Savoir que Kurt s'amuse me donne faim.

« Plus ? »

J'acquiesce.

« Je veux de tout. Je suis affamé »

Doucement, il me donne à manger. Il récupère quelques aliments sur mes lèvres de temps en temps ou il les essuie de son pouce. Il me donne à boire avec sa sublime bouche aussi.

« Ouvre bien et croque » chuchote-t-il.

Je le fais. Un nem au poulet. Un des plats que je préfère. Il est tiède mais je ne veux pas dire à Kurt qu'il le réchauffe. Je n'ai pas envie qu'il récolte une autre brûlure. Il le met lentement entre mes lèvres et je récupère la sauce en léchant ses doigts.

« Je continue ? » demande-t-il d'une ton enroué et sérieux.

Je fais non de la tête. J'ai le ventre plein.

« Parfait » me murmure-t-il dans l'oreille, « c'est mon tour de me délecter de mon plat favori maintenant »

Il me porte. Ça me fait un peu peur et un glapissement sort de ma bouche.

« Est-ce que je peux voir à nouveau ? »

« Non »

Je m'apprête à bouder mais son avertissement me revient.

« Salle de jeux » annonce-t-il.

Oh merde. C'est bien ça ou pas ?

« Tu te sens capable de la faire ? » me questionne-t-il.

La provocation dans sa voix m'oblige à accepter.

« C'est parti » soufflais-je.

L'envie et un autre truc s'élèvent dans mon ventre. Il monte à l'étage en me tenant contre lui.

« J'ai l'impression que tu as perdu du poids » grogne-t-il comme une réprimande.

Oh vraiment ? C'est plutôt bien. J'avais assez mal pris sa remarque quand on était revenu de voyage de noces. Merde ça fait à peine une semaine.

On est bientôt devant la porte en bois sombre de la salle de torture. Il me remet sur mes pieds en prenant bien soin de me tenir collé à lui. Il ouvre vite la porte.

C'est bizarre mais à chaque fois qu'on vient ici, l'odeur citronnée me calme. Kurt me libère et me fait tourner sur moi-même. Je suis maintenant dos à lui. Il défait le nœud de l'étole sur mes yeux. Je cille pour m'habituer à la lueur douce de la pièce. Il passe lentement ses doigts dans mes boucles, me faisant frissonner, et me tire en arrière jusqu'à ce que mon dos soit plaqué contre son torse.

« J'ai des projets pour toi » chuchote-t-il contre ma nuque envoyant des décharges électriques exquises le long de mon échine.

« Je n'en attendais pas moins de toi Kurt »

Il pose un baiser sur le point sensible de mon cou.

« Tu as raison Blaine »

Le timbre de sa voix est tendre, fascinant. Il incline ma tête vers la gauche afin d'avoir un meilleur accès à mon cou. Il l'embrasse lentement et plein de fois.

« Pour commencer, il faut retirer tes habits »

La façon dont sa voix est enraillé fait se gonfler encore plus mon sexe. Peu importe ce qu'il s'apprête à me faire, je le veux. Je veux qu'on redevienne nous. Il me fait à nouveau pivoter pour qu'on se retrouve face à face. Je baisse les yeux vers son pantalon qui descend sur ses hanches. Je ne peux pas me retenir et fait glisser mon doigt sous son nombril en suivant la ligne de poils jusqu'à son pubis. Un souffle tremblant passe ses lèvres. Je relève les yeux pour les fixer aux siens qui sont devenus bleus foncés alors que je tripote le bouton défait du jean. Oh putain...

« Je pense qu'il ne faut pas que tu l'enlèves » soufflais-je.

« Je ne comptais pas le faire Blaine »

Brusquement, il met une main sur ma joue, la deuxième sur mon cul et il me colle à lui. Ses lèvres rencontrent les miennes pour me donner un baiser désespéré. Comme si c'était le dernier.

Il me pousse doucement pour me faire reculer, nos langues toujours en train de se caresser sensuellement. Je sens finalement le bois de la croix contre mes omoplates. Son corps s'appuie contre moi.

« Il faut dégager ce costume » annonce-t-il.

Il défait ma veste et la laisse tomber par terre. Il s'abaisse pour enlever mes chaussures et retirer mon pantalon. Il se remet droit pour déboutonner délicatement ma chemise, effleurant chaque parcelle de peau dévoilée. Il prend tout son temps et frôle doucement mon téton gauche.

« Avance-toi un peu »

J'obéis et il retire complètement ma chemise. Je ne porte plus que mon boxer déformé par la bosse de mon érection et ma cravate blanche. Son regard devient encore plus intense quand il s'empare de mes deux poignets et qu'il les place en l'air au-dessus de ma tête. Il cille et incline le visage sur le côté comme s'il attendait mon accord pour continuer. Ça va être quoi la suite ? J'avale difficilement ma salive et opine. Sa bouche se déforme dans un petit sourire content, fasciné et admiratif. Il lie mes mains aux montants supérieurs de la croix avec des bracelets en cuir et prend à nouveau l'étole pour cacher mes yeux.

« Il est temps d'éteindre les lumières »

Il replace le foulard sur moi. Mes oreilles, mon nez, ma peau sont plus attentifs. Son souffle rapide. Mon désir. Mon pouls sonore contre mes tympans. Le caramel, le gel douche et le citron dans mes narines. Tout ça est exacerbé. Il effleure ma joue de son nez.

« Tu vas oublier même ton prénom » chuchote-t-il.

Ses doigts s'enfoncent de chaque côté de mon bassin et allument ma peau. Il passe ses pouces sous l'élastique de mon boxer pour l'enlever. Oublier mon prénom...

« Pied droit. Gauche »

Je m'exécute afin qu'il puisse faire passer le sous-vêtement par-dessus mes pieds. Il attrape ensuite avec soin une de mes chevilles pour l'écarter de la deuxième.

« Tends la jambe »

Il lie ma cheville au bracelet de cuir de la croix et fait pareil avec l'autre. Je suis désormais totalement exposé, ne pouvant plus rien faire. Kurt fait un pas vers moi. La chaleur de son corps frappe ma peau nue. Pourtant nous n'avons aucun contact. Il encadre mon visage de ses mains et pose délicatement ses lèvres sur les miennes.

« On va s'amuser avec un peu de musique d'accord ? Tu es magnifique bébé. Laisse-moi un instant pour profiter de la vue »

Il parle tendrement. Mon membre se tend douloureusement.

Après un moment, j'entends ses pieds nus se déplacer sur le parquet. Il tire un tiroir de la commode. Il met deux objets sur le dessus du meuble. Une mélodie emplit la pièce. La même que celle du salon plus tôt. Il y a un truc angoissant dans cette chanson. Je ne sais pas si c'est le rythme des guitares ou les paroles qui me mettent mal à l'aise. Je plisse le front en cherchant une explication. Kurt me fait faire un bond en replaçant ses paumes sur mes joues et en m'incitant à libérer ma lèvre que je mords à nouveau. J'essaye de sourire pour m'apaiser. Je ne devrais pas être anxieux. Je suis sûr que c'est cette maudite chanson.

Kurt passe sa paume le long de ma mâchoire, dans mon cou, sur mon torse et sur mon téton. Il le pince doucement pour qu'il se dresse un petit peu. Il ronronne de satisfaction et colle sa bouche à ma gorge. Sa langue décrit le même schéma que sa main et arrive à mon bouton de chair. Il le fait rouler entre ses dents et le suce. Je geins quand son pouce vient titiller le deuxième. Sa bouche continue de torturer le premier jusqu'à ce qu'il soit dur et excité.

Il va plus vite et plus fort sur les deux tétons. J'essaye de me libérer des bracelets sans succès. Ces caresses délicieuses me font bander plus fort si possible et j'aimerais gigoter pour me frotter à lui pour calmer cette douleur. Mes efforts ne font que rendre la torture plus intense.

« Kurt ! »

« Chut » chuchote-t-il de sa voix plus grave, « j'éprouve ça avec toi »

Hein ? Je gémis et il continue son supplice sur mes tétons sans me laisser de répit. Je tente de jeter mes hanches contre lui mais cela ne fait qu'approcher mon mamelon de sa langue impitoyable.

« Je t'en prie ! »

Un son guttural et primal passe ses lèvres. Il se remet droit en m'abandonnant, perdu, haletant et gigotant toujours. Il laisse descendre ses paumes le long de mes côtes. Une passe sur les muscles de mon ventre alors que la deuxième s'oriente vers mes fesses.

« On va voir si tu es prêt »

Lentement, il prend mon érection en moi et caresse mon gland de son pouce. Simultanément, ses doigts derrière moi se glisse entre mes fesses et deux d'entre eux me pénètrent. Je hurle aussitôt. Doucement, il abaisse son poing et entre ses doigts plus profondément.

« Oh mon Blaine. Tu es tellement dur pour moi... »

Il fait ressortir ses doigts et remonte sur ma longueur. Il me pénètre à nouveau et fait descendre sa main. Ainsi de suite. Il ne touche que ces deux parties de moi. La colère et l'angoisse ressenties aujourd'hui se retrouvent exactement à ces deux endroits de mon corps.

Putain c'est tellement fort et étrange en même temps à cause de la mélodie. Je sens que ça vient lentement. Kurt bouge un peu. Son poing reste sur mon sexe mais ses doigts disparaissent. Une seconde plus tard, un vrombissement léger se fait entendre.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Chut... »

Sa bouche se pose sur la mienne et m'oblige à me taire. Ce contact est tendre et amoureux et il m'apaise. Je lui rends sauvagement. Il s'écarte finalement et le vrombissement est plus proche.

« Je vais te faire découvrir le pays des merveilles avec ça mon cœur »

Il pose sur la peau de mon torse un gros jouet en plastique qui vibre. Je frémis quand il le fait courir sur ma poitrine : entre mes deux pecs puis sur chacun de mes tétons. Tout se bouscule en moi. Je suis secoué de frissons violents. Mes cellules sont au garde-à-vous. Une envie profonde tord mes testicules. Je geins. Kurt recommence à bouger sa main autour de mon membre. Je sens que ça monte, ça monte. Un gémissement fort m'échappe. Je jette mon crâne contre le bois de la croix. Cependant Kurt cesse tout.

« Non ! Kurt ! »

Je l'implore et tente de balancer mes hanches contre son poing.

« Reste immobile mon cœur »

La jouissance qui allait me frapper redescend. Il s'incline pour poser ses lèvres sur les miennes.

« Agaçant hein ? » chuchote-t-il.

Je sais ce qu'il veut me faire.

« Kurt s'il te plaît »

« Chut » souffle-t-il en me donnant un autre baiser.

Il reprend ses va-et-vient. Son jouet, sa main, la chaleur de son corps : le mélange parfait pour un supplice sexy. Il fait un pas vers moi afin que son corps recouvre le mien. Il a toujours ses vêtements sur lui. Je sens le tissu rêche de son pantalon contre mon genou. Son sexe dur est appuyé contre l'os de mon bassin. Il est tellement près... La luxure même. Il m'emmène encore au bord de l'orgasme. Mes testicules se contractent et mon érection tremble prête à se libérer mais tout se stoppe encore.

« Non ! »

Il pose un chapelet de baisers sur ma clavicule et emmène le jouet vibrant vers le sud. Il passe sur mes abdos, mon bas-ventre, mon membre tendu, mes testicules. Bordel tout est si fort...

Je crie et essaye de me libérer des liens quand il introduit l'objet en moi et qu'il le colle à ma prostate. Tout mon être est hypersensible. Je sens que je vais jouir mais une nouvelle fois, je n'en ai pas l'occasion car il fait cesser les vibrations. Je crie à pleins poumons.

« KURT ! »

« Agaçant ? » chuchote-t-il dans mon cou, « comme toi. Tu me fais une promesse mais au dernier moment... »

Il se tait. Je l'implore à nouveau.

« Kurt, s'il te plaît »

Il remet les vibrations en route et bouge son poing. Il stoppe tout au moment de l'orgasme. Encore. Encore. Encore.

« Je m'arrête et c'est plus fort dès que je remets ça hein ? »

« Je t'en prie... »

Je veux me libérer. Plus que tout.

Il fait cesser les vibrations et il me donne un baiser. Il niche son nez sous mon oreille.

« Tu es l'homme le plus frustrant que je connaisse »

« Kurt... Je ne t'ai pas fait vœu d'obéissance. S'il te plaît. S'il te plaît »

Il prend mon cul de ses deux mains et jette son bassin vers moi. La fermeture de son pantalon entre dans ma peau. Son membre a du mal à rester dans le vêtement. Il retire le foulard de mes yeux et prend mon visage. Je cille. Son regard est presque noir.

« Tu me fais perdre la tête » murmure-t-il.

Il frotte son érection à la mienne quatre fois, s'adressant directement au désir dans mon bas-ventre. Je vais exploser mais l'orgasme m'est refusé. Je le veux tellement. Je le veux tellement. Je suis vulnérable mais il demeure insensible. Mes yeux se mouillent. Il va me pousser où ?

« Je t'en prie... »

Il me fixe simplement, impitoyable. Il ne va pas s'arrêter. Combien de fois il va me le faire ? Est-ce que je peux encore supporter ça ? Non, je ne peux même pas y penser. Il va continuer. Il ne veux pas arrêter le supplice. Son poing s'abaisse à nouveau autour de moi. Non. Non... C'est à ce moment que tout se brise en moi. Le ressentiment, la panique, la frayeur des dernières quarante-huit heures reviennent en force. Les larmes coulent sur mes joues et j'essaye de m'éloigner de lui. Il ne me baise pas. Il me torture réellement. Je crie dans un sanglot :

« Clown. Clown ! CLOWN ! »

Il se tend.

« Non... » dit-il abasourdi, « Bordel de merde, non »

Il agit immédiatement. Il défait les liens autour de mes poignets. Il passe un bras autour de mes hanches pour que je ne tombe pas alors qu'il détache mes pieds. Je pleure toujours, les mains sur mon visage.

« Non, non, non Blainey. S'il te plaît »

Il me porte jusqu'au matelas. Il se met dessus et m'installe sur ses cuisses pour me cajoler alors que les larmes coulent sans retenue. Je suis ravagé. Mon être tout entier est comme un nerf à vif. Je ne peux plus penser. Mes sentiments sont sans dessus dessous. Il se penche en arrière pour tirer le drap doré et pour le déposer sur moi. Il est froid et apaise la tension de mon corps. Kurt me plaque contre sa poitrine et me berce comme un bébé.

« Je suis désolé. Je suis désolé » chuchote-t-il d'une voix enrouée.

Il pose tout un tas de bisous sur mon front.

« Mon cœur je suis désolé. S'il te plaît »

Je niche mon visage dans son cou et sanglote toujours. Un nombre dingue d'événements sont arrivés durant cette semaine : le feu à Hummel Enterprises, la course poursuite avec le 4x4, ma promotion arrangée, ce gros con d'architecte, ce malade avec un pistolet dans notre maison, nos engueulades, sa fureur, sa froideur. Je prends un bout du drap pour essuyer mon nez. Je remarque que la musique horrible passe toujours dans la pièce.

« Fais taire cette chanson. Je t'en prie » reniflais-je.

« Évidemment »

Kurt bouge un peu en me tenant contre lui et sort la télécommande pour éteindre la station d'accueil. Mon souffle bruyant est tout ce qui perce le silence

« Ça te va comme ça ? »

J'acquiesce et mes pleurs se calment. Kurt efface délicatement les stries de larmes sur mon visage.

« Tu n'aimes pas vraiment cette chanson »

« Non »

Il m'admire en essayant de cacher sa honte sans succès.

« Je suis désolé » redit-il.

« Pourquoi tu m'as fait subir ça ? »

Je parle tout doucement. J'essaye de rassembler mes idées et mes sentiments. Tout est emmêlé dans mon esprit. Il bouge la tête d'un air malheureux et ses paupières s'abaissent.

« Je ne me contrôlais plus » commence-t-il, incertain.

Je plisse le front et il souffle mais n'ajoute rien. Je me tortille sur ses cuisses. Ses traits se tordent que je frappe son sexe encore dur. Je m'empourpre.

« Pardon »

Il roule des yeux et se couche brusquement sur le matelas, m'emmenant avec lui. Je me retrouve contre son torse. La cravate autour de mon cou m'étrangle un peu alors je desserre le nœud.

« Tu veux que je t'aide ? »

Je fais non de la tête. Je n'ai pas envie qu'il effleure la peau de mon cou. Il s'éloigne pour m'observer et approche timidement ses doigts de ma joue pour la toucher. Mes yeux s'humidifient encore. Il était tellement impitoyable tout à l'heure et là, il est doux.

« S'il te plaît ne pleure pas mon cœur » murmure-t-il.

Je suis stupéfait et éreinté par ce garçon. Je perds ma rage quand il faudrait qu'elle soit là. Je suis perdu. Je veux enrouler mes bras autour de moi et partir me cacher. Je cille et tente de contrôler mes pleurs en voyant ses traits peinés. Je prends ma respiration en haletant et en gardant mon regard sur lui. Comment gérer ce garçon et son obsession pour le contrôle ? Me faire à l'idée que je suis son pantin ? Je ne pense pas en être capable.

« Je me suis laissé emporter parce que tu n'as pas obéi. Tu as changé de plan et j'ignorais où tu étais passé Blainey. Je me trouvais en Californie. Je ne pouvais rien faire et je bouillonnais de colère. Si j'avais été à New York, je serais venu te chercher pour rentrer ici »

« Et tu m'aurais donné la punition de ma vie ? »

Il avale sa salive et ferme les yeux. Il n'a pas besoin de dire quoi que ce soit. Je sais que j'ai raison.

« Tu ne dois plus agir comme ça » lâchais-je.

Il fronce les sourcils.

« Déjà parce que ta haine envers toi-même ne fait que grandir après »

« C'est vrai » grogne-t-il, « je déteste te voir dans cet état »

« Eh ben, je déteste me sentir de cette manière. Quand on était sur le yacht, tu m'as toi-même avoué que tu ne t'étais pas marié avec un soumis »

« J'en ai conscience »

Son ton est tendre et tremblant.

« Ne fais pas comme si j'en étais un alors. Excuse-moi de ne pas t'avoir passé de coup de fil. Je penserais à toi avant de penser à moi désormais. Tu te fais du souci pour moi. Je suis au courant »

Ses yeux sont tristes et inquiets.

« Bien. Ok » concède-t-il.

Il s'incline mais se retient avant de me donner un baiser. Il veut la permission pour me toucher. Je pousse mes lèvres vers lui et pose délicatement les siennes dessus.

« Ta bouche est moelleuse à cause des larmes » chuchote-t-il.

« Je ne t'ai pas fait vœu d'obéissance Kurt »

« Je le sais »

« Ne l'oublie pas. Je t'en prie. Pour notre histoire. De mon côté, je vais tenter de cohabiter avec ton obsession du contrôle »

Il a l'air fragile et totalement déboussolé.

« D'accord. Je vais faire des efforts » dit-il honnêtement.

Je lâche un petit souffle.

« Je t'en prie. Si j'avais été à l'appartement... »

« Oui je sais » me coupe-t-il en devenant pâle.

Il se couche un passe sa paume sur sa figure. Je l'enserre de mes membres et colle ma joue à son torse. On ne parle pas pendant un instant. Il passe ses doigts dans mes boucles avec douceur. Voilà sa plus grande crainte : que je sois en danger. Je revois Clarington étalé sur le parquet près de son pistolet. Il y a peut-être de quoi avoir peur... Je repense à quelque chose :

« Qu'est-ce que tu voulais ajouter après le « ou » de tout à l'heure ? »

« Le « ou » ? »

« A propos de Clarington »

Il me fixe.

« Tu ne perds jamais le nord toi »

Je relève la tête pour pouvoir le regarder et profite de son toucher dans mes boucles.

« Perdre le nord ? Non. Dis-moi. J'ai horreur que tu aies des secrets pour moi. A t'entendre, il faut que je sois en sécurité mais tu es incapable de tirer avec un pistolet. Moi je le peux. Tu penses que je ne peux pas me protéger contre quelque chose dont je ne connais rien Kurt. Ton ex-soumis taré m'a menacé avec une arme. Ton ex-dominant détraqué voulait me faire je ne sais quoi. Pas la peine de me jeter ce regard noir » lançais-je durement, « ton père a le même opinion que moi »

« Tu as discuté de Sebastian avec mon père ? »

Kurt n'a jamais parlé d'une voix si aiguë.

« Oui c'est arrivé »

Il ne sait pas quoi dire visiblement.

« Toute cette merde l'a retourné. Il pense qu'il ne s'est pas bien occupé de toi »

« Tu as vraiment discuté de ça avec mon père ?! Oh mon Dieu »

Il met son bras sur ses yeux.

« Je ne lui ai pas raconté tout ce que je savais »

« Heureusement ! Ce n'est pas nécessaire que mon père sache ça. Putain Blaine »

Je soupire. J'aime bien Burt même si sa remarque sur le contrat de mariage me reste en travers de la gorge.

« Oh ! N'essaye pas de détourner mon attention. Je te parlais d'Hunter. Tu sais quoi sur lui ? »

Kurt dégage momentanément ses yeux pour me dévisager. Il replace son bras et souffle.

« Clarington a quelque chose à voir avec le crash de mon hélicoptère. Les experts ont découvert une empreinte digitale partielle. Ils ne peuvent pas dire que c'est lui à 100 %/ Seulement, tu as identifié Clarington sur la bande vidéo d'Hummel Enterprises. Il a été enfermé dans un centre pour jeunes délinquants en Ohio donc il est dans les fichiers du gouvernement »

Mes idées s'embrouillent. Hunter a trafiqué l'hélico ? Enfin Kurt est à nouveau bavard.

« On a trouvé un petit camion dans le parking du Phénix ce matin. Il appartient à Clarington. On a aussi vu comment il est entré ici »

Je fronce les sourcils.

« Wright m'a raconté. Le camion est important ? »

Kurt reste silencieux.

« Kurt parle-moi »

« Les flics ont mis la main sur... des trucs dedans »

Il s'arrête et resserre son étreinte.

« Quoi comme trucs ? »

Il ne dit rien pendant ce qui me semble une éternité. Je m'apprête à le pousser mais il continue de lui-même.

« Un lit de fortune, des calmants assez puissants pour coucher un éléphant et un mot »

Il chuchote à peine. Putain de merde.

« Un mot ? » demandais-je sur le même ton.

« Pour moi »

« Il y avait quoi dessus ? »

Kurt bouge la tête. Ou il l'ignore ou il ne veut pas me l'avouer.

« Clarington s'est introduit chez nous avec l'intention de t'enlever »

Kurt se tend, les traits crispés. Suite à ses paroles, je repense à la corde. Je m'en doutais un peu pour être franc.

« Putain » soufflais-je.

« Tu peux le dire » rétorque Kurt.

Clarington m'a toujours fait mauvaise impression. Déjà quand je bossais pour lui c'était le cas. A cette époque, il lui manquait une aussi grosse case ? Il croyait réellement me kidnapper et s'échapper tranquillement.

« J'ai du mal à saisir. C'est insensé »

« En effet. Les flics creusent. Pareil pour Duval. Je pense que tout est lié à l'Ohio »

« L'Ohio ? »

Je lui lance un coup d'œil interrogateur, ne comprenant pas.

« Oui. Un événement a certainement dû se dérouler là-bas »

« Tu m'expliques ? Je suis paumé »

Kurt gigote un peu et se redresse.

« Blainey. J'ai passé mon enfance en Ohio »

Voilà pour ce modeste chapitre !

J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me laisser votre avis dans une review ou par MP. Je suis toujours contente de vous lire.

Merci aux personnes qui lisent mais qui ne laissent pas de traces. Vous comptez autant que les autres !

Si vous avez des suggestions d'OS, partagez-les avec moi et dîtes-moi si ma proposition du début de chapitre vous plaît...

Voilà je pense que c'est tout.

A la semaine prochaine.

Bisous, bisous !

Votre humble et dévouée Cindy :)