Coucou tout le monde !
J'espère que votre semaine s'est bien passée et que vous allez bien !
Ce chapitre est dédié à l'une des personnes les plus douces, gentilles, drôles et merveilleuses que je connaisse et l'une des plus importantes aussi. C'est pour toi ma Choupette. Je t'aime.
Merci à Virginie, Célia, Soso, oceklaine50, KlaineIsLife, Louise, mamstaz, Marion, Shiiny5, Anna Huguette, Klaineuse pour vos reviews.
ViviKlaine : Coucou ! Tu verras quel sort je lui ai réservé ;) Kurt est le pro de l'exagération (?) Blainey a toujours raison, il a la science infuse en plus d'être super mignon :') Bisous :*
CeliaCom7 : hey ! Ce serait trop facile si tout était tranquillou :)
Soso : coucou ma chérie d'amour ! Une autre expression fort intéressante : « Je m'en bats les couilles » Exploitons le premier sens de ceci : un homme peut vraiment se les battre. Genre il les tape d'une main à l'autre parce qu'il s'ennuie ? Demande à ton mari de te montrer après votre slow du soir -sourire pervers- Connor le beau Connor, expert du sourire pervers, tu vois... ? J'aime surtout SoDoMo la vache qui fait du surf ! Je t'aime et tu m'aimeras aussi après ce chapitre :') des poutous sur ton bidou !
oceklaine50 : hey ne me hais pas d'accord ? J'espère que l'attente n'a pas été trop longue :)
KlaineIsLife : coucou ! Merci beaucoup ! Ne t'inquiète pas. J'aime trop la relation Blaine/Cooper... Kurt l'éternel fou de rage j'ai envie de dire ^^ Oui Sebastian va refaire son apparition :')
Louise : Hey ! Tu as vu le nouveau photoshoot de Darren. Si quelqu'un doutait de sa perfection, il est rassuré là ! Dieu ce qu'il est beau. Il est parfait ! Oui c'est vrai que les garçons étaient tous les deux à New York ! Et oui, Kurtie se laisse de plus en plus charmer par notre beau Blaine. C'est une fin joyeuse ne t'en fais pas. J'ai estimé les avoir assez torturés au fil de l'histoire ;) et oui, il reste 10 chapitres avant la fin. Bisous !
mamstaz : Oui je voulais qu'Elliott soit touchant pour ce chapitre. Ça change du psychotique un peu flippant non ? Pas de mal pour Blainey, ne t'en fais pas ^^ Oui c'est sûr que s'il arrive malheur à Cooper Blaine sera blessé pour toujours
IheartIns : coucou ! C'est justement parce que tout le monde l'aime que je lui fais ça... ^^ Je suis contente que ça te fasse plaisir. Bisous Marion
Shiiny5 : oui c'est certain. Même s'ils n'ont plus cette relation, Elliott restera soumis à Kurt pour toujours. Tu verras pour ce qui est de l'accident de Cooper. Je ne peux pas te le dire maintenant pour te gâcher le plaisir mais... tu verras juste ! Mais c'est exactement la façon dont j'imagine Kurt dans ces moments xD Pete est le coach de Kurt. Merci et bisous !
AnnaKlaineuse : Allez, t'inquiète pas, j'adore l'Anderbros Anaconda (presque autant que ta banane alors imagine!) Je pense qu'on pourrait aller dans un lit désert pour qu'on puisse fêter notre mariage comme il se doit si tu vois ce que je veux dire -sourire très pervers- Mes seins t'attendent ** Je soufflerais sur ta bougie ma couille ! Merci beaucoup Huguette N.
Klaineuse : tu verras...
Sur ce, bon chapitre !
ENJOY !
Chapitre 65
« Docteur, comment s'est arrivé ? »
Ma gorge est serrée par les sanglots que je te retiens. Cooper... Mon grand frère...
« Un véhicule a violemment heurté le sien »
« Je... Je viens. Le temps du voyage et je suis là »
Mon cœur bat à tout rompre et l'angoisse passe à toute vitesse dans mes veines. Mon souffle est bloquée dans ma poitrine.
« Où habitez-vous Monsieur ? »
Je fais de mon mieux pour répondre au médecin.
« New York. Je... Je vais tout faire pour être là rapidement »
Je sens les larmes me monter aux yeux.
« Bien. Je vous vois à l'hôpital Monsieur Anderson »
Je mets fin à l'appel.
La panique envahit la totalité de mon corps. Cooper. Non, non... Je me force à respirer calmement pour ne pas m'effondrer en petits morceaux. Je prends le combiné du téléphone et compose le numéro de Cameron. Il décroche presque instantanément.
« Blaine ? »
« Jon. Mon... Mon frère il... »
« Blaine qu'est-ce qu'il y a ? »
Je lui raconte tout d'un seul coup sans reprendre mon souffle.
« Pars. Fonce immédiatement. Ne t'inquiète pas nous. J'espère qu'il va aller bien »
« Merci. Je vous donnerez des nouvelles »
Je raccroche sans attendre sa réponse. En fait, j'en ai rien à foutre là, tout de suite.
« Kitty ! »
Elle se montre à l'entrée de mon bureau. Je récupère mes papiers, documents et mes affaires aussi vite que possible et je mets tout en vrac dans ma sacoche.
« Blaine ? »
Son front est plissé.
« Mon frère est à l'hôpital. Je dois partir »
« Oh Seigneur... »
« Repoussez tous mes rendez-vous de cet après-midi et de lundi aussi. Tu vas devoir finir le dossier des essais numériques toute seule. J'ai mis mes documents relatifs sur le site de The New Press. Va voir Daisy si tu as besoin d'aide »
« Bien » dit Kitty, « pourvu que ton frère ne soit pas en danger. Surtout ne pense pas au travail. Je vais gérer »
« Tu peux me contacter sur mon numéro personnel au cas où »
L'air soucieux sur ses doux traits tendus me fait presque pleurer. Mon Cooper... Je prends ma veste et ma sacoche.
« J'espère que ça va aller pour vous deux Blaine »
Je lui offre un petit sourire et tente de contrôler mes émotions. Je me dépêche de descendre dans le hall. Montgomery se met immédiatement debout en remarquant ma présence.
« Monsieur ? »
« Je dois aller à Los Angeles. Maintenant »
« D'accord Monsieur » répond-il, le front plissé.
On sort du bâtiment. Faire quelque chose et occuper mon esprit est bénéfique.
« Monsieur puis-je vous demander pourquoi vous devez aller en Californie ? »
Montgomery et moi nous empressons d'aller vers la voiture.
« Mon frère est à l'hôpital »
« Monsieur Hummel-Anderson est au courant ? »
« Je lui téléphonerais dans la voiture »
Montgomery acquiesce et tient la portière ouverte pour que je puisse monter à l'arrière. Mes mains n'arrêtent pas de s'emmêler quand je prends mon IPhone. J'appuie avec peine sur le contact de Kurt.
« Monsieur Hummel-Anderson ? » me répond Elena, professionnelle et nette.
« Je veux parler à Kurt »
« Il est quelque part dans le bâtiment Monsieur mais son portable est en train de charger dans son bureau »
Je me retiens de grogner d'agacement.
« Faites-lui savoir que j'ai téléphoné et que je dois lui parler s'il vous plaît. Ça ne peut pas attendre... »
« Je vais faire de mon mieux pour lui mettre la main dessus. Parfois, il part sans prévenir personne... »
« Quand vous l'aurez trouvé, dites-lui que je veux lui parler »
« Bien Monsieur... Hmm... Vous allez bien ? »
« Non. Je vous en prie. Dîtes-lui »
« Bien sûr Monsieur »
Je coupe la communication. Ma panique prend possession de moi. Je me blottis contre mes genoux, resserre mes bras autour et je m'autorise à pleurer.
« Où devons-nous aller à Los Angeles Monsieur Hummel-Anderson ? » m'interroge doucement Montgomery.
« Au Cedars-Sinai Hospital » rétorquais-je d'un ton enroué.
Montgomery s'engage sur une route mais je ne fais pas vraiment attention. Je sanglote sur la banquette arrière alors qu'une prière défile encore et encore dans ma tête.
Faites qu'il n'ait rien de grave. Faites qu'il n'ait rien de grave.
Les vibrations de mon portable me sortent de ma torpeur.
« Kurt »
« Seigneur Blainey, qu'est-ce qu'il y a ? »
« Coop est à l'hôpital »
« Putain qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Il a eu un accident de voiture. Je vais à Los Angeles »
« Los Angeles ? Dieu, Montgomery est prêt de toi hein ? »
« Oui. Il conduit »
« Où se trouve Cooper ? »
« Au Cedars-Sinai Hospital »
Un murmure indistinct résonne dans le haut-parleur.
« Je sais Pierce » rugit Kurt, « c'est bon ! Pardon mon cœur. Je pourrais te rejoindre dans plusieurs heures seulement. Une affaire doit être bouclée là. Utilise le jet. Je me débrouillerais »
Oh non. Si ça se trouve il va prendre son hélicoptère sur cette longue distance. Kurt ne s'en est pas servi depuis...
« J'ai un rendez-vous avec des Japonais. Je suis obligé d'y assister. On négocie avec eux depuis quatre mois »
J'apprends toujours ses projets professionnels dans les pires moments.
« Je serais là au plus vite » me jure-t-il.
« Ok »
J'aimerais lui assurer qu'il n'a pas besoin de venir et qu'il peut terminer proprement ses négociations mais j'en suis incapable. Sa présence m'est nécessaire plus que tout.
« Mon cœur... » murmure-t-il.
« Ne t'en fais pas pour moi Kurt. Ne te précipite pas. Fais bien les choses. Je n'ai pas envie de me faire du souci pour toi aussi. Fais attention à toi »
« Je te le jure »
« Je t'aime »
« Je t'aime aussi mon cœur. Je serais là dès que possible. Reste bien avec Wes »
« Ok »
« A plus tard bébé »
« Oui »
Je mets fin à l'appel et resserre mes bras autour de moi. Je ne sais rien du travail de Kurt. Pourquoi il est en contact avec des Japonais ? Je tourne la tête vers l'extérieur. On approche de JFK. Il doit faire attention. Mon ventre se crispe. J'ai envie de vomir. Et si Kurt et Coop se retrouvaient à l'hôpital en même temps ? Je crois que j'en mourrais. Je me redresse et continue ma prière.
Faites qu'il n'ait rien de grave. Faites qu'il n'ait rien de grave.
OoOoOoOoOoO
« Monsieur Hummel-Anderson, on est à l'hôpital » déclare Montgomery, me sortant de ma tétanie silencieuse, « je dois seulement voir par où il faut entrer »
« Je connais cet endroit »
Je me souviens de cet hôpital. Cooper m'y a emmené plusieurs fois quand je lui ai rendu visite. Comme quand je me suis cassé le bras lors de ma tentative ratée de faire de la moto. Enfin Coop était au moins avec moi à ces moments.
Montgomery se gare près de l'entrée et sort de la voiture pour venir m'ouvrir la portière.
« Je trouve une place et je vous retrouve à l'intérieur. Je m'occuperais de vos affaires »
« Merci Wes »
Il acquiesce et je cours directement dans le bâtiment. L'accueil est bondé et un bruit énorme y règne. Je m'approche d'une femme derrière un comptoir. Elle m'offre un sourire courtois. Elle trouve rapidement Cooper dans son ordinateur. Quatrième étage. Neurologie.
Il est dans le service neurologique. Non. Non. Non.
Je fais de mon mieux pour remercier la réceptionniste et pour comprendre ce qu'elle me dit.
Mon ventre pèse une tonne. Je me précipite vers les ascenseurs.
Faites qu'il n'ait rien de grave. Faites qu'il n'ait rien de grave.
La cabine monte tout doucement, faisant des arrêtes à chaque palier. C'est une torture. Bouge-toi putain ! J'oriente toutes mes pensées vers l'appareil pour qu'il accélère un peu. Je jette des regards noirs à chaque personne qui monte ou qui descend en riant ou en papotant. Ils me tiennent loin de mon grand frère.
Le Ping retentit finalement et je pousse tout le monde pour sortir de la cabine. J'ignore les marmonnements et foncent tout de suite vers une infirmière derrière un comptoir. Elle porte une blouse bleue foncée.
« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » m'interroge-t-elle gentiment.
« Mon frère, Cooper Anderson, a une chambre à cet étage. Il est au bloc en ce moment. Le 5 il me semble »
Je lui donne ces détails en espérant de tout cœur – même si c'est horrible – qu'il y ait deux Cooper Anderson dans cet hôpital et que le mien ait juste un poignet cassé.
« Attendez je vous prie Monsieur Anderson »
J'acquiesce et ne trouve pas la force de la reprendre pour mon nom. Elle examine son ordinateur.
« Je l'ai. Il a été admis aux alentours de six heures ce matin. Patientez un instant, je vais leur dire que vous êtes là »
Elle me montre une grande porte blanche à deux battants. Salle d'attente est écrit en lettres rouges criardes au-dessus.
« Vous savez dans quel état il est ? » lui demandais-je en essayant de contrôler les tremblements dans ma voix.
« Je ne peux rien vous dire. Un docteur vous décrira sa situation. Il y a d'autres gens pour lui dans la salle d'attente »
Je lui souffle un petit merci même si, dans ma tête, je lui crie dessus de ne pas m'en dire plus. Je n'ai pas le temps de lui demander qui sont les gens présents pour Cooper car elle retourne à ses occupations.
J'entre dans la salle d'attente et je les vois. Oh non... Il ne manquait plus qu'eux.
« Blaine ! » s'écrie ma mère en me voyant.
Elle est comme d'habitude : bien habillée, bien maquillée, bien coiffée. Une triste parodie de la femme parfaite qu'elle voudrait être. Mon père est là aussi. Son éternel masque froid, et empli de dégoût quand il me voit, et son costume foncé. Il est assis bien droit, son ordinateur sur les genoux. Il bosse alors que son fils aîné se fait opérer putain... Ma mère se lève et me serre dans ses bras.
« Bonjour maman » dis-je froidement sans lui rendre son étreinte.
« Oh Blaine mon chéri... »
Elle s'accroche à moi et verse des larmes de crocodile aussi fausses que son apparent malheur. Elle n'a jamais prêté attention à Cooper ou moi mais elle joue parfaitement la comédie.
« Je suis tellement inquiète » sanglote-t-elle.
« Pam, maîtrise-toi un peu veux-tu ? » grogne mon père.
Se maîtriser. Son fils est au bloc mais il chercher à sauver les apparences avant tout. Putain... Elle a au moins la décence de faire semblant de se soucier du sort de Coop. Je ne daigne pas le regarder ou le saluer sinon je vais exploser et ce n'est définitivement pas le moment ou l'endroit.
Je frotte gentiment le dos de ma mère.
« Ne pleure pas maman »
Elle pleure dans mon cou et me serre plus fort. Je la tiens au milieu de la salle un long moment. Le point positif dans tout ça c'est que ma propre tristesse est balayée par la haine, la colère et le dédain que m'inspirent mon père.
Montgomery entre dans la pièce et ma mère se détache finalement de moi. Elle se mouche discrètement et essuie élégamment ses yeux.
« C'est Monsieur Montgomery. Il m'a accompagné ici » déclarais-je.
Montgomery adresse un signe de tête poli à mes parents et va s'installer à l'écart sur un siège.
« Tu veux t'asseoir ? » demandais-je à ma mère.
Elle hoche la tête et va se mettre sur la chaise près de mon père. Je m'assois en face.
« Quelqu'un t'a raconté ce qui est arrivé ? Tu sais dans quel état est Coop ? Pourquoi ils l'opèrent ? »
Elle soupire dramatiquement et me regarde.
« Nous ne savons pas ce qu'ils lui font. Cooper était apparemment sur la route. Il assistait à l'enterrement de vie de garçon d'un ami. Il n'avait pas d'alcool dans le sang cependant. Un jeune homme ivre est rentré dans son véhicule »
Elle se tait un moment et éponge inutilement ses yeux secs.
« Il a percuté le côté conducteur de la voiture. Cooper... »
Oh mon Dieu, non... L'angoisse enserre une nouvelle fois ma gorge. Oh mon Dieu. Je tremble et j'ai subitement froid. Mon grand frère. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
« On a été prévenu ce matin mais on vient juste d'arriver. Nous avions des choses importantes à régler. Nous n'en savons pas plus que toi »
Mon corps frémit. Des choses plus importantes que leur fils blessé... Ils n'ont même pas pris la peine de m'annoncer la nouvelle eux-même. Putain. Je tremble plus.
« Pourquoi tu ne m'as pas prévenu toi-même ? Même pas un coup de fil ? » lâchais-je froidement.
Je suis sûrement le numéro à contacter d'urgence de Cooper mais ils auraient pu m'appeler quand même. Bordel.
Avant qu'elle ne puisse répondre, je sens le tissu de ma veste tomber doucement sur mes épaules.
« Je peux vous apporter un café Monsieur ? »
Montgomery est près de moi. J'acquiesce, plein de gratitude et il part.
Ma mère a les yeux baissés vers le sol et mon père est concentré sur l'écran de son ordinateur. Il est un député reconnu de l'État de Californie. Avant, il était procureur. Ma mère elle, eh bien, a toujours été la femme de James Anderson. Rien de plus. Enfin elle ça a l'air de lui plaire. Je détourne le regard d'eux et pense soudainement à quelque chose.
« Le garçon qui a percuté Coop, il est où ? »
« La police l'a emmené. En plus de l'alcool, ils ont trouvé de la drogue dans son organisme. Il n'avait qu'une bosse sur la tête et une côte fêlée il me semble » dit ma mère sur le ton de la conversation.
Montgomery entre dans la salle d'attente à ce moment, un gobelet en plastique entre les mains. Un cappuccino. Il sait quel est mon café préféré. Je le lui prends des mains.
« Est-ce que je peux vous offrir quelque chose ? » propose Montgomery à mes parents.
Ils font non de la tête. Je me retiens de crier sur mon père. Il dévisage Wes de la tête aux pieds. Montgomery retourne sur le siège qu'il occupait plus tôt.
Je me lève et fais les cents pas dans la pièce, le nez au-dessus du gobelet, respirant l'odeur du café.
« Ils nous ont oublié ou quoi ? » marmonnais-je pour moi-même en buvant un peu de café.
Faites que mon grand frère aille bien. Faites que mon grand frère aille bien.
« Ils vont revenir chéri. J'en suis certaine » lâche ma mère d'une voix apaisante.
J'acquiesce, prends une autre gorgée et m'installe sur ma chaise. L'attente est interminable. J'ai l'impression qu'il s'est passé une éternité entre ce moment et celui où j'ai quitté notre lit ce matin. Mais en même temps, les minutes se sont écoulées rapidement. C'est étrange comme sensation.
Je me souviens de la dernière fois où j'ai ressenti ça. Quand j'ai pensé que mon monde s'était écroulé. Quand l'hélicoptère de Kurt s'est crashé. Je laisse mes paupières se clore. Pourvu que mon époux me revienne entier, sans égratignure. Je baisse les yeux vers ma montre. 13 heures passées.
Je vais jeter mon gobelet vide, arpente la salle et retourne sur mon siège.
Pourquoi les docteurs ne me donnent aucune information ? L'angoisse enfle en moi.
Faites que mon grand frère aille bien. Faites que mon grand frère aille bien.
Les secondes s'écoulent comme des heures.
D'un coup, les deux battants de la porte s'écartent. Ma mère et moi nous mettons debout. Mon ventre est crispé.
Kurt arrive en courant quasiment. Ses yeux parcourent les visages de mes parents avant de se poser sur moi.
« Kurt ! »
Je lui saute dessus et je me retrouve contre son torse, enveloppé dans ses bras rassurants. Il respire dans mes boucles et je profite de son parfum, de sa tendresse, de sa protection. Mes sanglots brisés sortent à cet instant.
« Je suis là mon cœur. Je suis là » chuchote-t-il dans mes cheveux.
Une main tient fermement ma tête et son deuxième bras est enroulé autour de ma taille. Je pleure un moment mais sa présence me fait du bien et je me calme petit à petit. Il relève mon visage doucement.
« Tu en sais plus ? »
Je fais non de la tête. Je ne peux pas parler.
« Ce sont tes parents ? » murmure-t-il de sorte que je sois le seul à entendre.
J'acquiesce.
Son bras reste autour de moi quand il s'approche de ma mère, une main tendue vers elle. Elle la lui prend avec un sourire hypocrite.
« Bonjour. Je suis Kurt, le mari de Blaine »
Ma mère retire immédiatement sa main, comme si elle s'était brûlée.
« Son mari ? Quelle est cette plaisanterie ? James ! » s'indigne-t-elle en se tournant vers mon père.
Celui-ci s'est mis debout et dévisage Kurt. Son regard regard est plein de dégoût et de fureur.
« Nous ne voulons pas de gens comme... vous au chevet de notre fils » crache-t-il.
James Anderson dans toute sa splendeur. Kurt me serre plus fort d'un air protecteur et amorce un mouvement vers lui. Je tire sur le poignet de mon mari pour l'empêcher de bouger. Il me jette un coup d'œil empli d'incompréhension mais je secoue la tête. Il soupire et m'entraîne vers un siège. Il prend ma main et la caresse tendrement.
« Qu'est-ce qui s'est passé bébé ? » me demande-t-il.
Je ne réponds pas. Montgomery – dont je n'avais pas remarqué la présence près de nous – s'excuse et lui raconte les faits à ma place. Je le remercie d'un regard. Kurt se tourne ensuite vers moi.
« Tu as grignoté quelque chose ? » me questionne-t-il après un instant.
Je fais non de la tête.
« Tu veux quelque chose ? »
Je refuse. Il ne dit rien et passe son bras autour de mes épaules.
Au même moment, la porte s'ouvre sur un docteur en blouse bleue foncée. Il a l'air à bout de forces et inquiet.
Mon cœur rate un battement. Je me lève, les jambes flageolantes.
« Cooper Anderson ? » demandais-je en sentant Kurt enrouler un bras ferme autour de ma taille pour me tenir.
« Vous êtes un membre de la famille ? » s'enquiert le docteur.
Il est jeune pour être chirurgien mais il semble avoir de l'expérience.
« Je suis son frère, Blaine »
« Monsieur Anderson... »
« Monsieur Hummel-Anderson » le reprend Kurt.
Ça mériterait un coup de pied au cul ça...
« Excusez-moi » bredouille le médecin, « je suis le Docteur Johnson. Je vous ai eu au téléphone. Votre frère est stable mais encore inquiétant »
Quoi ? Quoi ? Mes jambes ne me portent plus. Je tomberais sur le sol si Kurt ne me tenait pas si fort.
« Il avait énormément de blessures. Un poumon a été perforé et sa rate a explosé avec le choc. On la lui a retirée. Avec le stress, son cœur s'est arrêté durant l'opération. On l'a ramené. Ce qui reste cependant vraiment inquiétant, c'est l'œdème qui s'est formé autour de son cerveau. Il est dans un coma artificiel. Il doit rester immobile le temps qu'on voie si l'œdème se résorbe tout seul ou s'il s'écarte... »
Autour de son cerveau...
« Nous avons des ordres quand des cas similaires arrivent dans notre service. Je ne peux vous conseiller qu'une chose : patienter »
« Quel est votre avis personnel ? » questionne calmement Kurt.
« Je ne peux pas me prononcer » rétorque le docteur, « il peut guérir totalement comme garder de lourdes séquelles motrices ou neurologiques. Seul le temps nous le dira. Il faut qu'il se batte »
« Il va rester dans le coma longtemps ? »
« Ça dépendra de l'évolution de l'œdème et de l'état de son cerveau. Je dirais trois à quatre jours »
Quatre jours ?!
« Est-ce que je peux le voir ? » demandais-je.
« Oui, ce sera possible dans à peu près trente minutes. Il monte aux soins intensifs pour l'instant »
« Merci Docteur »
Il hoche la tête.
« Il est en vie c'est ce qui compte » dis-je à demi-voix à Kurt.
Mes sanglots secouent à nouveau ma poitrine.
« Mets-toi là » me commande gentiment Kurt en me montrant le siège.
« Pam il faut qu'on y aille » dit sèchement mon père, « j'ai déjà laissé ma réunion pour venir ici. Tu n'auras qu'à revenir demain si ça te chante »
Il nous fusille du regard et sort de la salle sans rien dire de plus.
Ma mère semble hésiter entre jouer la comédie et me serrer dans ses bras comme toute mère ferait ou bien de juste être elle-même pour une fois et partir. Elle jette un coup d'œil dédaigneux à Kurt puis me dévisage. Elle a apparemment choisi de jouer son rôle « maman parfaite ».
« Appelle-moi s'il y a du nouveau chéri. Excuse-nous. Tu connais ton père et son travail... J'essayerais de venir demain »
Elle sourit faussement, caresse ma joue et y dépose un baiser avant de partir.
Il ne reste plus que Kurt, Montgomery et moi dans la salle d'attente.
« Tu es tout blanc. Approche »
Il s'installe sur un siège et m'attire sur ses cuisses. Je me love contre son torse, soulagé d'avoir les bras amoureux, chauds et protecteurs de mon époux autour de moi. Il passe ses doigts dans mes boucles et son autre main tient ma hanche.
« Je suis désolé pour... mes parents » soufflais-je.
« Non je ne veux rien entendre » rétorque-t-il d'une voix douce, « tu n'y es pour rien bébé »
Je hoche la tête.
« Tu es venu comment alors ? »
« J'ai loué un jet » dit-il avec satisfaction.
« Je ne savais même pas que c'était possible »
Je fronce les sourcils.
« Comment tu pensais que je viendrais ? »
« En... hélico »
« Non. La distance est trop longue. Et puis même, je savais que tu t'inquiéterais » dit-il en resserrant son étreinte.
J'acquiesce à nouveau et il pose un baiser sur mon front.
« Tu es sûr que tu ne veux pas manger un bout ? »
« Sûr. Plus tard. Après avoir vu Coop »
Je sens sa tension mais il ne dit rien.
« Ça a été avec les Japonais ? »
« Ils ont été accommodants »
« Pourquoi ? »
« Ils m'ont cédé leur chantier naval à un prix plus bas que prévu »
« Oh et ça te plaît ? »
« Oui »
« Mais tu n'en as pas déjà un à New York ? »
« Si mais, en ayant un chantier au Japon, les coûts de constructions des pièces des bateaux pour New York seront moins élevés »
« Tous les employés sur celui de New York, tu vas les mettre à la porte ? »
« Le moins possible. On leur proposera des formations pour d'autres postes »
Il me donne un autre baiser.
« On monte voir Cooper ? »
OoOoOoOoOoO
L'espace réservé aux soins intensif est très contrôlé niveau hygiénique. Il est très pratique pour les déplacements et insonorisé. Seuls les murmures des infirmière et les bruits des appareils médicaux sont entendus. Il y a trois malades dans des box individuels. Cooper est au fond du couloir.
Mon grand doudou...
Il est tellement minuscule dans ce lit au milieu des appareils et des tuyaux. C'est horrible. Cooper semble plus faible et vulnérable que jamais avec ces tubes dans ses narines et ces aiguilles dans ses bras. Il a un plâtre autour du poignet droit. Une machine relié à une petite pince sur son index gauche émet un Bip sonore au rythme des battements de son cœur.
Son cœur bat. Calmement. Régulièrement.
Je me déplace timidement vers le lit. Son torse est caché sous un immense bandage blanc. Un simple drap recouvre ses parties intimes.
Je remarque que les tubes enfoncés dans son nez sont reliés à une grosse machine qui respire à la place de mon frère ou qui l'aide à respirer. Je ne sais pas trop.
Mon Cooper est en vie.
Il semble serein si on oublie les intubations et les perfusions. Il a l'air de vraiment bien dormir. Une infirmière assez grande et fine vérifie les réglages des machines.
« Est-ce que je peux prendre sa main ? » l'interrogeais-je en m'approchant plus de Cooper.
« Bien sûr »
Elle m'offre un sourire chaleureux. D'après le nom sur sa blouse, elle s'appelle Sophie. Elle a les cheveux coupés au carré et blonds, ses yeux sont bleus et elle est a mon âge je pense. Elle est très jolie.
Kurt se tint de bout au pied du lit et il me contemple. J'attrape délicatement les doigts de Cooper entre les miens. Je m'attendais à ce qu'ils soient glacés mais non. Ils sont chauds comme d'habitude. Bizarrement c'est ce détail qui déclenche mes pleurs. Je tombe dans un fauteuil, serre le bras de mon frère contre ma poitrine. Je le berce, comme je le faisais quand j'étais enfant, et sanglote.
« G-Grand doudou, ne me laisse pas. Je t'en supplie »
Kurt caresse tendrement ma nuque de son pouce.
« Son état est stable. Ses constantes sont excellentes » assure gentiment Sophie.
« Merci » chuchote Kurt.
Je lève la tête vers l'infirmière pour la voir sourire simplement à Kurt. Pas de rougissements, de bafouillages ou d'évanouissements devant mon mari. Elle est peut-être lesbienne après tout.
« Il entend ce que je dis ? » demandais-je.
« Certains pensent que oui. D'autres non. Essayez. Ça ne peut pas lui faire de mal »
« C'est possible de passer du temps avec lui ? »
« Bien sûr »
Elle me sourit. Kurt a les yeux rivés sur moi.
« Je dois téléphoner. Je ne suis pas loin. Prends ton temps avec ton frère »
Il pose un baiser dans mes cheveux et quitte la pièce. Je garde les doigts de Cooper entre les miens. Je l'aime tellement. Mon grand frère a été mon ancre depuis toujours. Il s'est intéressé à moi et a pris soin de moi quand personne ne le faisait. Il est mon frère, ma mère et mon père en même temps. Il est ma famille. Il m'a toujours poussé pour que je donne le meilleur de moi-même. Si je suis où je suis maintenant, c'est grâce à lui. Je lui dois tout. Je pleure plus fort.
Ne me laisse pas Coop. Ne me laisse pas.
Je murmure tout doucement pour n'embêter personne et lui raconte notre voyage à Aspen. Je lui raconte aussi le dernier week-end où Kurt m'a emmené faire du planeur et du catamaran sur le Blackbird. Je lui parle aussi des avancements pour notre maison. Je lui fais la promesse de l'emmener au chalet d'Aspen pour qu'il voie les montagnes et pour qu'il puisse faire de la luge avec moi.
Je t'en prie Coop. Accroche-toi pour partager toutes ces choses avec moi.
Cooper ne bouge pas d'un millimètre. Les seuls sons en réponse sont ceux de son respirateur et de son rythme cardiaque. Je lève la tête et vois Kurt debout, silencieux, près du lit. J'ignore depuis quand il est là.
« Coucou » souffle-t-il, les yeux brillants d'empathie pour moi.
« Coucou »
« Tu as déjà prévu notre prochain séjour à Aspen ? »
J'acquiesce.
« Ok. Viens. On va grignoter quelque chose. Il faut qu'il se repose »
Je plisse le front. Je n'ai pas envie de le laisser seul.
« Blainey, il est dans le coma. Le docteur en charge de Cooper et les infirmières ont nos numéros de téléphone. S'il y a du changement, ils nous appelleront. On va aller manger un bout, prendre une chambre d'hôtel et se reposer un peu. On sera près de lui à la première heure demain »
OoOoOoOoOoO
La suite principale du Sunset Boulevard Hotel est identique à celle de mes souvenirs. On avait passé un super moment ici. Kurt m'avait emmené faire du planeur pour la première fois. Notre histoire romantique a réellement débuté à cet instant.
« J'ai passé beaucoup de temps dans cet hôtel » dit Kurt en mettant ma sacoche près du canapé turquoise, « tu souhaites te doucher ? Prendre un bain ? Qu'est-ce que tu veux Blainey ? »
Ses yeux sont pleins de sollicitude. J'ai conscience qu'il doit être chamboulé. Toute la journée, il a demeuré silencieux, songeur. Il ne pouvait pas prévoir tout ce qui est arrivé et surtout, il n'avait aucun contrôle sur la situation. Il a l'habitude d'être loin de la réalité et là, il doit l'affronter en face à face. Il est fragile et exposé. Mon maniaque du contrôle...
« Un bain. Je voudrais prendre un bain »
Il faut que son attention soit fixée sur un truc concret. Je suis remué, effrayé mais content que mon mari soit avec moi.
« D'accord. Je m'en occupe »
Il part dans la salle de bains, sûr de lui. J'entends quasiment tout de suite l'eau qui s'écoule.
Je me décide à passer dans la chambre. Il y a des sacs sur la commode. Kurt revient, les manches relevés jusqu'aux coudes. Il a retiré sa veste et sa cravate.
« J'ai demandé à Joey d'aller chercher quelques trucs » lance-t-il, dubitatif.
J'acquiesce d'un air rassurant pour qu'il ne s'inquiète pas. Il est où Joey d'ailleurs ?
« Blainey c'est la première fois que je te vois dans cet état. Tu arrives toujours à être solide et résistant d'ordinaire »
J'ignore quoi lui dire. Je le fixe et hausse les épaules. J'ai l'impression d'être spectateur de ce cauchemar plutôt qu'acteur. J'enroule mes bras autour de moi comme pour me protéger ou pour m'empêcher d'imploser sous la douleur. Kurt s'approche de moi et me prends délicatement contre lui.
« Mon cœur, il est en vie. Ses constantes vitales sont stables et encourageantes. On doit attendre désormais » chuchote-t-il, « suis-moi »
Il enlace mes doigts des siens et m'emmène près de la baignoire. Lentement, il me déshabille.
OoOoOoOoOoO
L'eau est brûlante et sent vraiment bon. Le parfum du chèvrefeuille s'élève autour de nous dans l'atmosphère épaisse et humide. Je suis niché contre Kurt, mon dos contre son torse, entre ses cuisses. Il n'y a pas de bruits. On est perdus dans nos pensées. Parfois, Kurt pose ses lèvres sur ma nuque alors que je joue d'un air absent avec la mousse. Ses deux mains sont nouées sur mon estomac et caressent ma peau de temps en temps.
« Tu t'es douché avec Elliott ? Le jour où tu l'as lavé dans mon appartement ? »
Il se tend et soupire faiblement. Il ne touche plus mon ventre.
« Non » dit-il, étonné.
« Je le savais. C'est bien »
Il lève sa paume vers ma joue pour orienter mon visage vers le sien afin qu'il examine mon expression.
« Pourquoi tu penses à ça ? »
Je secoue la tête.
« Je voulais être certain et puis... le fait de l'avoir revu ramène tout ça »
Ses traits se crispent.
« Tu vas l'entretenir combien de temps ? » lui demandais-je calmement.
« Je l'ignore. Le temps qu'il faudra pour qu'il puisse se débrouiller seul. Pourquoi cette question ? »
« Il est le seul ? »
« Le seul ? »
« Ex-soumis a qui tu donnes de l'argent ? »
« Il y en avait un autre. C'est terminé aujourd'hui »
« Ah bon ? »
« Oui. Il faisait des études de journalisme. Il est diplômé et a un autre... »
« Dominant ? » complétais-je à sa place.
« C'est ça »
Un silence confortable s'étend entre nous.
« Je sais que tu m'as dit de ne pas m'excuser mais... je suis désolé pour mes parents. Mon père ne m'adresse plus la parole depuis que j'ai fait mon coming-out. Enfin si, seulement pour m'insulter. Ma mère s'efforce de croire que je vais lui ramener une femme. Tu ne les avais jamais rencontrés exactement pour éviter le scandale de la salle d'attente »
Kurt embrasse tendrement mes cheveux.
« Tu n'y es pour rien Blaine. Je me fiche de ce qu'ils pensent de moi. Je t'ai toi et seul ton avis m'importe. On est mariés alors tant pis s'ils ne l'acceptent pas. Tu es un garçon fantastique. Ne les laisse pas te faire croire le contraire. Et puis, tu pourras assurer à ta mère que tu as fait face à la réalité : je suis bien un homme »
Je ris doucement et il me serre contre lui dans une douce étreinte.
« J'aime entendre ce son » murmure-t-il dans mes boucles.
« Merci de... ne pas me juger en fonction d'eux »
« Tout le plaisir est pour moi bébé »
OoOoOoOoOoO
Je suis plus calme après le bain. Ma peau est recouverte d'un épais peignoir de l'hôtel. Je regarde ce qu'il y a dans les sacs que Joey a ramené. Un short bleu foncé, un haut blanc simple et une paire de tennis. Joey m'a ramené des habits pour que je sois à l'aise le temps du séjour. Je souris en pensant qu'il m'avait déjà acheté des vêtements avant cette fois.
« Tu es déjà entré dans une boutique de toi-même ? Enfin à part quand tu es venu me déranger au garage bien sûr »
« Te déranger ? »
« Oui »
« Tu semblais si timide et stressé. C'est un bon souvenir. Un des premiers qu'on a ensemble »
Je roule des yeux. Kurt est le seul à trouver mignon le fait de m'embarrasser sur mon lieu de travail. Il sourit, plus détendu et me donne un baiser.
« Mon Blaine est de retour. Mets tes vêtements, tu vas t'enrhumer »
OoOoOoOoOoO
« On peut y aller »
Kurt est en train de bosser sur son ordinateur sur le bureau dans un coin de la pièce principale. Il a un pantalon léger et un tee-shirt rose pâle. Quant à moi, j'ai enfilé les vêtements que Joey a rapporté.
« Tu parais tout petit là-dedans » remarque gentiment Kurt, « demain tu as vingt-quatre ans »
Son ton est un peu triste. Je lui offre une moue malheureuse.
« J'aimerais ne rien faire pour mon anniversaire. On peut aller voir Coop ? »
« Oui mais mange un bout s'il te plaît. Ton assiette était presque intacte à la fin du dîner »
« Kurt je t'en prie. Je ne veux pas manger. On peut aller dire bonne nuit à Coop ? Je verrais après »
OoOoOoOoOoO
Quand on entre dans le couloir des soins intensifs, Sophie s'avance vers l'ascenseur. Elle a certainement fini son service vu l'heure qu'il est.
« Bonsoir Messieurs Hummel-Anderson »
« Bonsoir. Mon frère va bien ? » demandais-je précipitamment.
« Oui Monsieur. Enfin ce n'est pas mieux mais pas pire non plus. Ça va »
C'est déjà bien que son état ne se soit pas empiré.
« Je dois rentrer chez moi. Je suppose que je vous croiserais demain ? » dit gentiment Sophie.
Je hoche la tête et elle disparaît dans la cabine d'ascenseur.
« Viens bébé. On va voir Cooper. Je pense que tu vas être content »
« Content ? »
Kurt serait magicien et aurait guéri mon grand frère ?
« Suis-moi »
Kurt enlace ses doigts aux miens pour entrer dans le compartiment où se trouve mon frère. Carole est présente près de son lit. Elle parle en chuchotant au Docteur Johnson. Elle lève la tête et sourit chaleureusement en nous voyant.
« Kurt »
Elle pose un baiser affectueux sur sa joue et pivote vers moi. Elle me prend dans ses bras pour un câlin maternelle, sensation que je n'ai pas eu avec ma propre mère.
« Oh mon chéri... Tu vas bien ? »
« Ça peut aller. J'ai surtout peur pour Coop »
« Ne t'en fais pas. Le Docteur Johnson est très compétent. On s'est déjà rencontré précédemment. On a été à l'école ensemble »
Le Docteur Johnson baisse modestement la tête et me fait un signe poli.
« Monsieur Hummel-Anderson je suis heureux de vous apprendre que l'état de votre frère s'améliore. Ses constantes sont toujours bonnes. Il s'accroche de toutes ses forces. Je peux vous assurer sans aucun doute qu'il n'aura pas de séquelles neurologiques ou motrices. L'œdème autour de son cerveau ne grossit plus et on a même remarqué une diminution. C'est vraiment prometteur. Surtout seulement après une journée »
« C'est génial alors ! »
Il hoche la tête et me sourit.
« En effet Monsieur Hummel-Anderson. Ne vous inquiétez pas. Je prends soin de votre frère. Je suis heureux de t'avoir revu Carole » dit-il finalement en se tournant vers elle.
« Moi aussi Dwight » sourit Carole.
Le Docteur Johnson s'éclipse discrètement.
Mes yeux se posent sur le visage détendu de Cooper et j'ose espérer le revoir en pleine forme, plein de joie de vivre comme d'habitude.
Carole caresse ma joue et prend ma main.
« Blaine, prends du temps avec ton frère. Raconte-lui des choses. Je suis sûre qu'il sait que tu es là. On sera dans la salle d'attente avec Kurt »
J'acquiesce. Kurt me donne un tendre sourire et Carole et lui sortent. Je suis désormais seul avec mon grand frère, profondément endormi. Son cœur bat paisiblement, signe qu'il va bien.
OoOoOoOoOoO
Je passe le haut ample de Kurt avant de me coucher.
« Tu sembles plus tranquille. Tu as meilleure mine » dit Kurt en enfilant son bas de pyjama.
« Je suis rassuré d'avoir vu le Docteur Johnson et Carole. Tu lui as dit de faire le déplacement ? »
Kurt se faufile sous la couette et enroule son bras autour de moi, sa poitrine nue contre mon dos.
« Non. Enfin je lui ai parlé de Cooper et de l'attitude de tes parents alors elle a décidé de venir. Repose-toi mon cœur. Tu es mort de fatigue.
C'est vrai. Je roule sur le matelas pour être face à lui. Je suis content qu'il ne tente rien ce soir. Il n'a rien fait de ce genre de toute la journée. C'est mauvais ou pas ? Enfin, pour la première fois depuis notre rencontre, je n'ai envie de rien. Je niche mon visage dans le creux de son cou et glisse une de mes jambes entre les siennes.
« Tu pourras faire quelque chose pour moi ? » demande-t-il dans un murmure.
« Hmm »
« Est-ce que tu pourras manger un peu plus ? Blaine je t'en prie. Juste ça »
« Hmm »
Il embrasse ma tempe.
« Je suis heureux de t'avoir avec moi » chuchotais-je en posant un baiser dans son cou.
« Je ne suis bien qu'avec toi Blainey. C'est mon rôle d'être là pour toi. Pour le meilleur et pour le pire pas vrai ? Être dans ce lit me rappelle tout ce qu'on a fait ensemble. Le chemin qu'on a parcouru. Tu es tout ce qui compte dans ce monde mon cœur. Tu es mon monde »
Je souris.
« Endors-toi bébé » chuchote-t-il en embrassant ma peau.
Je laisse mes paupières se fermer et tombe dans le sommeil tout de suite.
Voila pour ce modeste chapitre. C'est mon préféré de tout ce que j'ai écrit !
N'hésitez pas à me donner votre avis dans une petite review !
Je vous dis à mardi pour la suite.
Bisous, bisous,
Votre humble et dévouée Cindy :)
