Coucou tout le monde !

J'espère que votre semaine s'est bien passée et que vous allez bien.

Merci à Florine2000, Soso, GleekKlainers4Ever, Célia, Huguette, KlaineIsLife, Virginie, oceklaine50, Klaineuse, Shiiny5, mamstaz, Choukapick, Marion, Evasia, Estelle, KlaineGleek, Amber, moididi3333, Louise, GoYourOwnwayChronicles pour vos reviews.

Florine2000 : Wow explosion de majuscules dis donc ! Tu es comme Kurt, tu cries par écrit avec des majuscules ? XD Merci beaucoup pour tout ce que tu dis (même si tu veux me passer par la fenêtre :'( ) tu es géniale aussi, bisous.

Soso : haaan pardon ma Choupette d'amour :'( je veux pas que tu sois triste surtout ! C'est vrai que Rognot c'est certainement la chose la plus sale sur Terre (Avec voldementon et le porc aux cheveux gras) Il faut que SuperBiscotto aille sauver Blainey petit doudou ! Ils mangeront des marshmallows au bord du feu après! Je t'aime de tout mon cœur ma chérie.

GleekKlainers4Ever : j'aime le suspens ^^ merci beaucoup mais malgré tout, elle touche à sa fin :'(

CeliaCom7 : hey ! Je suis contente en quelque sorte que tu aies ressentie la peine de Blaine (je veux pas que tu sois triste surtout) mais j'aime le fait que les émotions soient bien passées. Blaine l'a 'abandonné' pour le protéger. Il préfère le blesser un instant (parce qu'il allait lui expliquer une fois que l'argent était dans les mains d'Hunter) plutôt que de lui causer du tort. Tu as tout compris pour le comportement de Kurt. Oui Kurt et Blaine sont reliés d'une certaine façon alors ils se comprennent même sans échanger de mots. Merci beaucoup et gros bisous Célia.

AnnaKlaineuse : tu ne peux pas me haïr, je suis une personne fantastique ! Ne sois pas triste :'( je vais te serrer contre mes seins -tes seins aussi d'ailleurs puisque mon corps est tout à toi- et tu oublieras ta peine ! Après on pourra copuler si tu n'es plus triste, sinon je te mangerais ton gland vert -sourire pervers- et j'agiterais mes pêches devant toi. Bisous Anaconda :*

KlaineIsLife : coucou ! C'est vrai que les derniers chapitres ne sont pas de tout repos xD je crois que tu ne pouvais rien dire de plus génial que ça. J'ai toujours la crainte que mes chapitres soient 'plats' comme je dis. Qu'ils soient vraiment mous niveau émotion des personnages donc merci. Hé attends, Blaine ne se laisse pas faire ! Il est prêt à tout pour éviter à Kurt d'être blessé. J'espère que la suite te plaira dans ce cas !

ViviKlaine : j'espère bien qu'il a été stressant ! Je voulais qu'il le soit en tout cas et que tout le monde ressente la même peur et peine que Blainey. Hunter est une grosse pute même. Tu verras dans celui-ci si Blaine a survécu et si Santana est en bonne santé :)

oceklaine50 : désolée mais il faut bien un peu de suspens non ? J'aime vous faire languir ;)

Klaineuse : wow merci beaucoup ! Je ne crois pas pouvoir prétendre être meilleure que l'auteure originale mais ça me touche beaucoup ce genre de compliments. Merci beaucoup ! Mon Dieu je veux le film aussi ** je crois que je mourrais devant !

Shiiny5 : je sais, je m'en suis rendue compte en relisant mais tant pis. J'aime bien cette insulte, c'est violent et méchant, comme Hunter ! Oui Kurt a toujours eu la crainte que Blaine se soit marié avec lui pour sa fortune et non pour lui. Il s'attendait à cette fin depuis le début. Tu verras pour ce qui est de son retour à New York. Clarington était le boss de Blaine, Marc était le boss de Clarington. Ce qui est sûr c'est que Marc ne s'est pas retrouvé où il est de son plein gré. Je crois que Clarington a plus à s'inquiéter que de l'argent qu'il va devoir aux garçons. Un Kurt énervé et protecteur, crois-moi, ça fait flipper ^^ Merci à toi pour tes reviews toujours aussi complètes. Il reste 4 chapitres en comptant celui-ci et l'épilogue. Bisous.

mamstaz : Kurt est vraiment là, Blaine n'a pas halluciné avant de s'évanouir. Il lui a dit de prendre tout l'argent parce que Kurt ne se voit plus vivre sans Blaine. Donc il n'a pas besoin de son argent. Seulement de son bouclé. Tu pourras avoir tes réponses dans ce chapitre ^^ à bientôt

Choukapick : désolée je veux vous tenir en haleine le plus possible donc le chapitre ne vient que ce soir ^^

Iheartlns : Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir. Bisous Marion

Evasia : Oh oui, bien sûr que tu peux m'envoyer des messages privés si tu veux ^^ je ne pense jamais qu'on peut parler sur ff . net aussi ^^ tu as raison, ne te laisse pas marcher sur les pieds par Schuester ^^ tu verras si ton canon latin va bien et si Blainey le Hobbit sexy est toujours là auprès de Kurt Porcelaine tout aussi sexy. Oui j'ai un projet de fic après Nuances mais ça risque de prendre du temps avant que je la publie. Elle n'est pas commencé et j'aimerais la terminer avant de commencer la publication. OUAIIIIIS PLEINS DE BIIIIIISOUS ** Merci ma psy préférée -coeur cœur coeur-

stl1985 : Blaine a touché Kurt là où ça fait le plus mal en mettant en doute son amour et en 'l'abandonnant' Disons que leurs retrouvailles ne peuvent être que meilleures étant donné l'état dans lequel ils sont ^^ J'espère que la suite te plaira aussi. Merci beaucoup en tout cas :') à bientôt Estelle.

KlaineGleek : oui Zoé pourrait être elle c'est vrai. Seulement ma Zoé a les yeux bruns et je crois que Rachelle Lefevre les a bleus ^^

Guest / Amber : coucou ! Ne t'inquiète pas, je suis déjà contente que tu lises ma fic ^^ Frappe les Anderson parents si tu veux, ça te fera du bien ;) Blaine n'est pas vraiment la personne la plus subtile du monde pour le coup et Kurt n'est pas non plus le plus modéré alors dispute ! Non Blainey reste Blainey. Il ne peut pas tuer quelqu'un parce qu'il est profondément bon. Tu verras, la fin est bientôt là ^^ Bisous Amber

moididi3333 : ouais je crois pouvoir dire que j'arrête au pire moment ^^ Bisous

Louise : wow encore des majuscules ! C'est un chapitre qui fait sortir les majuscules ^^ enfin coucou ! Je suis désolée de t'avoir achevée, brisée le cœur et mise en colère. Putain tu sais que j'ai pensé à le faire virer les parties ? J'avais peur que ce soit trop... J'aurais dû finalement. Si Kurt a souffert, je t'assure que Blaine aussi. C'est comme s'il essayait de se persuader lui-même de laisser Kurt. Oui c'est un happy end alors pas de panique ^^ Darren Criss est la perversion même ! J'ai la conscience tranquille oui ! Bisous Louise

GoYourOwnWayChronicles : han merci pour ces choses gentilles et adorables que tu me dis. Je suis contente que ma fic te plaise toujours au fil des chapitres. N'hésite pas à me demander de l'aide avec les publications si tu n'y arrives pas ^^ à bientôt j'espère.

Sur ce, bon chapitre !

ENJOY !

Chapitre 71

J'ai mal. J'ai vraiment mal. Tout mon crâne et mon torse me font mal. Une souffrance qui va et vient au rythme des battements de mon cœur. Une souffrance accentuée à chaque fois. J'entends quelques murmures dans cette obscurité. Où est-ce que je me trouve ? Je voudrais ouvrir les yeux mais mes paupières pèsent une tonne chacune. Les mots murmurés me parviennent de plus en plus clairement, focalisant mon attention sur autre chose que la douleur.

« Il a beaucoup d'hématomes, une commotion cérébrale et deux côtes cassées. Son état est stationnaire. Il ne risque plus rien »

« Pourquoi il ne se réveille pas ? »

« Monsieur Hummel-Anderson a reçu un violent coup au niveau du crâne. Il n'y a pas de gonflements ou de fracture. Son corps s'est naturellement mis en pause pour récupérer suite au choc. Il se réveillera en temps voulu. Mais ça ne devrait pas être long »

« Il n'est plus en danger, vous êtes sûr ? »

Ses paroles sont étouffées par la panique.

« Oui Monsieur, il va se remettre »

« Oh merci Seigneur... Merci Seigneur »

Il répète ça encore et encore avec reconnaissance et une pointe de soulagement. Il se fait du souci pour moi. Même si je lui ai affirmé que je le quittais, il est là et il se fait du souci. Je voudrais avancer mes doigts pour caresser les siens mais aucun de mes muscles ne répond. Mon Kurt. Il ne me déteste pas pour lui avoir craché ces choses horribles. Il m'aime malgré tout et il veut que j'aille bien. Je suis réconforté par cette pensée et me laisse bercer par la fatigue, effaçant peu à peu la souffrance.

OoOoOoOoOoO

J'ai l'impression que mon corps tout entier est rempli de ciment, m'empêchant de bouger le moindre cil. Ma langue et mes cordes vocales ne veulent pas fonctionner. Aucun son ne sort. Je n'arrive pas à ouvrir les yeux non plus. Je ne peux pas voir ce qu'il se passe autour de moi. Le flou qui entoure mon cerveau se dissipe peu à peu, me permettant de retrouver un semblant de réalité. Je perçois des chuchotements indistincts. Les paroles arrivent doucement à mes oreilles.

« Je ne bouge pas de là ! »

Kurt... Il est toujours présent. Je veux à tout prix lui montrer que je suis bien là. Son ton est bouleversé et à peine murmuré.

« Kurt rentre au moins te reposer »

« Carole... Je ne veux pas rater son réveil. S'il te plaît »

« Je ne vais pas quitter son chevet. Il a sauvé notre petite Tana »

Santana !

« Santana va bien ? »

« Le médecin lui a donné un puissant calmant. Elle est effrayée et furieuse. Quand les effets du médicament vont partir, je crains l'ouragan »

« Putain »

« Ton père s'en veut beaucoup. Il pense qu'il aurait dû t'écouter et ordonner aux agents de sécurité de ne pas la laisser seule. Mais Santana est... Santana. Tu la connais mon chéri. Si Blaine n'avait pas été là... »

« Jeff, Joey et moi croyons que Clarington était en taule. Mon mari est un inconscient. Bordel pourquoi il ne m'en a pas parlé ? »

La voix de Kurt tremble sous la panique.

« Chéri, détends-toi. Blaine a fait preuve d'un immense courage. C'est un garçon incroyable »

« Incroyable, têtu et inconscient »

Il se tait à cause du trop plein d'émotions.

« Chut » chuchote Carole, « tu ne dois pas te montrer si méchant envers lui ou même envers toi. Je vais essayer de voir comment va Burt. Il est presque 4 heures du matin chéri. Repose-toi un peu »

Le sommeil me tombe encore dessus.

OoOoOoOoOoO

Je sors de l'inconscient mais je ne sais absolument pas quelle heure il pourrait être.

« C'était ton job de le tenir en sécurité. Mon petit frère a risqué sa vie putain ! Kurt, tu comprends qu'il a failli mourir ?! »

« Cooper je suis sincèrement désolé... »

Cooper... Mon grand frère. Ne gronde pas Kurt.

Cooper... Kurt...

J'essaie de toutes mes forces de mes réveiller mais je me laisse envahir par le flou. Encore.

OoOoOoOoOoO

« Agent Sylvester, je ne vois pas comment je pourrais mentir. Mon mari est blessé et inconscient en ce moment. Il ne peut pas subir votre interrogatoire »

Kurt est en colère. Protecteur.

« Vous pouvez être fier de votre mari Monsieur Hummel-Anderson »

« J'aurais voulu qu'il vise au bon endroit sur ce fils de pute... »

« L'affaire aurait été portée plus loin, vous le savez Monsieur Hummel-Anderson. Favreau a commencé à nous balancer des infos. Clarington est malade. Il voulait vous tuer. Vous et votre père »

Je m'endors encore. Je veux connaître plus de détails... Non. Non.

OoOoOoOoOoO

« Qu'est-ce que tu entends par dispute ? »

Burt. Une fois de plus, je souhaite plus que tout voir leurs visages mais mon cerveau ne veut pas obtempérer.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Papa... »

« Kurt. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« J'étais vraiment furieux... »

Sa voix se brise douloureusement. Le brouillard m'enveloppe à nouveau.

OoOoOoOoOoO

Un flot de parles chuchotées et mélangées s'élève.

« Je croyais que tu ne le verrais plus après la soirée chez nous »

La voix de Burt est douce mais je sais qu'il est sur la défensive aussi.

« C'était mon intention »

Kurt est sûr de lui et sincère.

« En discutant avec lui, j'ai tout réalisé. Quand Blaine m'a parlé du... hmm... je me suis rendu compte que ce que lui et moi avions vécu... ce n'était pas bien »

« Ce qu'il t'a fait vivre fils. Blaine fait ressortir le meilleur de toi depuis le début de votre relation »

« Je crois que c'est enfin entré dans sa tête... Dans la mienne par la même occasion. J'ai fait mal à Blainey dans le processus » murmure-t-il.

« Ça arrivera si tu tiens à lui fiston. Il va falloir lui présenter tes excuses. De vraies excuses. Qui viennent de ton cœur. Et surtout, laisse-le digérer la nouvelle »

« Il m'a dit qu'il m'abandonnait... »

C'était un mensonge Kurtie...

« Tu as réellement avalé ça ? »

« Ben au départ, oui... »

« Kurt, tu es tellement pessimiste avec le monde qui t'entoure et avec toi-même. Blaine est follement amoureux de toi. Il tient sincèrement à toi. Je sais que c'est réciproque. Ça crève les yeux fils »

« Il était vraiment énervé contre moi »

« J'en suis certain. Je le suis moi aussi à cet instant. Mais il t'aime alors il pourra te pardonner. Tout comme moi »

« Tu sais, j'ai repensé à tout ça. Il a mis sa vie en danger pour sauver Santana. C'est un preuve d'amour non ? »

« Oui mon grand, c'en est une »

Silence.

« Papa... Pourquoi il refuse de revenir ? Mon amour est presque parti pour toujours »

J'entends des pleurs brisées. Oh mon Kurtie...

Le brouillard revient et me happe.

OoOoOoOoOoO

« Je ne t'ai pas tenu comme ça dans mes bras depuis huit ans fils... »

« Pardon papa. Je suis tellement désolé »

« Non, non bonhomme. Chut. Tu pourras toujours compter sur moi, tu le sais »

« J-Je t'aime papa »

« Moi aussi fiston, moi aussi »

OoOoOoOoOoO

Les poils rêches de son menton irritent mes doigts quand il les porte à ses lèvres pour les embrasser.

« Mon cœur, je t'en prie, réveille-toi. Je suis désolé. Je suis désolé. Reviens. Tu me manques. Je t'aime tellement »

Je veux faire tout ça. Je le veux. Mes muscles ne répondent pas et je tombe encore dans l'inconscient.

OoOoOoOoOoO

Ma vessie va exploser. Mes paupières se soulèvent. Je me trouve dans une chambre d'hôpital plongée dans l'obscurité. L'odeur caractéristique des médicaments et du détergent emplit mes narines. Je suis content de voir que quelques rayons de Lune percent tout de même la noirceur. J'ai un mal de crâne lancinant et mes côtes envoient des éclairs de douleur. Mais plus que tout, je vais me pisser dessus. Je dois vraiment pisser. J'essaie de bouger mes jambes et mes bras. Quelque chose me pince désagréablement. Une aiguille est plantée sous ma peau. Je laisse mes paupières se clore et je fais doucement pivoter mon cou. Au moins, il réagit. J'ouvre les yeux. Kurt dort dans le fauteuil près de mon lit, le visage sur le matelas à côté de ma main droite. Je la remue et caresse ses doux cheveux.

Il sursaute et se redresse si violemment que mes doigts se referment sur le vide avant de s'étaler mollement.

« Coucou » soufflais-je d'un ton rauque.

« Blainey. Blainey ! »

Il prend délicatement mes doigts et frotte son menton rugueux en les embrassant.

« Je dois faire pipi »

Il me dévisage, surpris.

« Ok »

Je me débats pour me redresser.

« Blaine, reste calme. Je fais venir une infirmière »

Il tend le bras vers un petit boîtier blanc au-dessus de ma tête.

« Je t'en prie » gémis-je à cause de la douleur, « je dois bouger »

Je n'aime pas cette sensation de vulnérabilité.

« S'il te plaît, fais ce qu'on te dit une fois dans ta vie »

« Il faut que j'aille pisser »

Tous les muscles de mon corps sont endoloris et mes cordes vocales sont comme du papier de verre.

Une femme en blouse entre dans la pièce. Elle est petite et a des cheveux bouclés gris. Son expression est douce et rassurante. Elle doit avoir plus de cinquante ans.

« Monsieur Hummel-Anderson, c'est bon de voir vos jolis yeux. J'ai prévenu le Docteur Porter que vous étiez revenu parmi nous »

Elle s'approche de moi.

« Je suis Betty. Êtes-vous désorienté ? »

« Non. Je sais que je suis dans une chambre d'hôpital. Je dois aller aux toilettes »

« Je vous ai placé une sonde urinaire »

Oh Dieu, c'est tellement embarrassant. Je cherche les regarde de Kurt d'un air paniqué puis celui de Betty.

« Je vous en supplie, je dois bouger »

« Monsieur Hummel-Anderson... »

« Je vous en prie ! »

« Blainey... » me réprimande Kurt d'un ton menaçant.

Je gigote encore pour me redresser.

« Si vous y tenez vraiment, attendez au moins que j'enlève la sonde » souffle Betty, « Monsieur Hummel-Anderson, veuillez sortir. Je suis certaine que votre mari ne souhaite pas avoir de spectateurs pour ça »

Elle presse Kurt du regard.

« Je ne bouge pas » affirme-t-il sans détourner les yeux.

« Kurt... »

J'appuie sur le dos de sa main d'un geste insistant mais réconfortant. Il caresse la mienne en retour, même s'il semble agacé.

« Je t'en prie... »

« Ok, ok » grogne-t-il en levant les mains en signe de défaite, « je reviens dès que vous avez terminé » dit-il à Betty.

Il s'incline et pose un long baiser sur le haut de ma tête avant de sortir de la chambre.

OoOoOoOoOoO

Après la pénible épreuve de la sonde, Kurt entre à nouveau dans la pièce. Betty replace la blouse d'hôpital correctement sur mon corps et m'aide patiemment à me mettre debout. Je me demande où sont mes habits.

« Je vais m'en occuper » lance-t-il en s'approchant du lit.

« Je sais faire mon travail Monsieur Hummel-Anderson » le réprimande Betty.

Il lui jette un coup d'œil assassin.

« Mais c'est mon mari » riposte-t-il en repoussant la poche de mon intraveineuse.

« Monsieur Hummel-Anderson... » prévient-elle.

Il fait comme s'il n'avait rien entendu et s'incline vers moi. Il me porte délicatement contre son torse. D'instinct, je crochète mes bras derrière sa nuque. Tous mes muscles crient de mécontentement. C'est horrible. Il m'emmène dans la pièce adjacente. Betty est derrière nous avec le support à perfusion.

« Blaine, tu ne pèses quasiment rien » grogne-t-il en me mettant par terre.

Mes genoux ne me portent pas alors je trébuche. Je me tiens à Kurt avant de tomber.

« Je te tiens bébé. Pose-toi sur les toilettes, ce sera moins difficile » me commande-t-il, ses bras solides me tenant fermement.

Je lui obéis tout de suite, apaisant ainsi mes jambes.

« Dégage »

Je fais un mouvement de bras pour qu'il me laisse.

« Non. Allez Blaine »

Je suis plus qu'humilié maintenant.

« Tu ne vas pas me regarder pisser ?! »

« Et si tu glissais ? »

« Monsieur Hummel-Anderson » intervient Betty.

Nous faisons tous les deux la sourde oreille.

« Kurt je t'en prie »

Il passe les doigts dans ses cheveux.

« Ok. Je sors mais je reste tout près »

Il s'éloigne vers la chambre où se trouve mon infirmière très en colère.

« A défaut de fermer la porte, tourne-toi » implorais-je.

Ce garçon m'a fait faire tout un tas de trucs mais j'arrive encore à être intimidé par sa présence. Il roule des yeux mais s'exécute. Une fois qu'il ne me regarde plus, le soulagement emplit mon corps.

J'essaie de repérer toutes les sources de douleur en moi. Ma tête bien sûr. Mon flanc droit où Hunter m'a frappé plusieurs fois. Mon poignet gauche sur lequel je suis tombé suite à son coup de poing. Ma bouche est pâteuse et je crève de faim. Ouais je pourrais manger n'importe quoi. Je me penche vers le lavabo pour me rincer les mains. Je ne fais pas confiance à mes jambes pour me relever tout seul.

« J'ai terminé » lâchais-je en essuyant l'eau sur mes mains.

Kurt pivote aussitôt et me porte à nouveau contre lui avant même que je ne puisse protester. Je suis enfin contre mon mari. Je ne veux plus jamais m'éloigner de lui.

Il marque un temps d'arrêt et respire dans mes boucles.

« Tu m'as tellement manqué Blainey » murmure-t-il.

Betty commence à s'impatienter dans notre dos alors il me dépose -à regret- sur le matelas.

« Si vous le permettez Monsieur Hummel-Anderson, je dois faire mon travail désormais »

Betty n'est pas contente. Il s'éloigne un peu.

« Il est tout à vous » rétorque Kurt d'un ton relativement doux.

Elle marmonne quelque chose et me regarde ensuite. Kurt l'Agaçant.

« Vous vous sentez comment ? » m'interroge-t-elle d'un ton apaisant et un tout petit peu brusque à cause de Kurt.

« Tout me fait souffrir mais je tuerais pour un verre d'eau. Un pichet même »

Elle rit doucement.

« Je vais vous apporter ça. Le Docteur Porter doit vérifier votre état avant en revanche »

Elle prend ma tension. Je lance un regard soucieux vers Kurt. Sa mine est affreuse. Il est encore plus pâle que d'ordinaire et de larges cernes sont dessinées sous ses yeux. Ses cheveux -d'habitude parfaits- sont en désordre, sa barbe est plus fournie que jamais et ses fringues sont froissées.

« Tu vas bien ? » s'enquiert-il en se mettant sur le matelas.

« Tout est confus dans ma tête. Tout est douloureux et je suis affamé »

« Tu es affamé ? » répète-t-il, surpris.

Je hoche la tête.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Peu importe. Le potage de Mercedes »

« Monsieur Hummel-Anderson, vous devez attendre l'avis du docteur avant que votre époux ne mange quoi que ce soit »

Il la jauge stoïquement un instant et finit par appeler quelqu'un de son IPhone.

« Blainey a envie du potage de Mercedes... Parfait... Merci »

Il coupe la communication. Je regarde Betty. Ses yeux fusillent Kurt.

« C'était Joey ? » lui demandais-je.

Kurt acquiesce.

« Tout est normal Monsieur Hummel-Anderson. Je reviens avec le docteur »

Elle abaisse la manche de ma blouse et quitte la pièce en marmonnant.

« Mon infirmière est agacée à cause de toi »

« C'est l'effet Kurt ça » se moque-t-il.

Je glousse mais me stoppe presque immédiatement à cause de la douleur lancinante ressentie dans mon flanc.

« Oh putain... »

« Mon Blainey, j'adore ton rire »

Betty est de retour avec le pichet d'eau. Kurt et moi arrêtons de parler mais nous nous fixons. Elle remplit un verre et me le donne.

« Allez-y lentement » me conseille-t-elle.

« Merci Madame »

Je bois un peu et me retiens de gémir à la sensation exquise. Je prends une seconde gorgée d'eau fraîche. Les yeux de Kurt me contemplent.

« Santana ? » demandais-je.

« Elle n'a rien. Tu l'as sauvé »

« Elle était réellement avec eux ? »

« Oui »

Je n'ai pas fait tout ça pour rien. Oh Seigneur, elle est en sécurité.

« Ils l'ont kidnappé comment ? »

« Marc Favreau » répond-il simplement, comme si ce nom expliquait tout.

« Oh »

Il acquiesce.

« Il s'est fait passé pour un fournisseur de Santana »

Je frissonne. Tout est embrouillé dans ma tête.

« Blaine, on en parlera plus tard. Santana n'a rien. Ça aurait pu être pire. Ils lui ont donné quelque chose. Carole pense que c'est une puissante drogue. Elle est faible et terrifiée mais elle n'est pas blessée. Grâce à toi. Tu as été... vraiment courageux mais inconscient. Tu aurais pu mourir »

Je perçois la flamme de la fureur dans ses iris bleu électrique.

« Je ne vois pas comment je devais agir autrement »

« Il fallait me le dire ! » s'écrie-t-il presque, tendu, contrôlant sa colère.

« Il allait lui faire du mal si je prévenais quelqu'un. Santana était déjà bien trop exposée »

Les paupières de Kurt s'abaissent. La souffrance prend place sur son beau visage.

« J'ai cru mourir un million de fois depuis jeudi »

« On est quel jour ? »

« Vendredi. Presque samedi. Tu es resté endormi plus d'un jour »

« Qu'est-ce qui est arrivé à Marc et Hunter ? »

« Les flics les ont attrapés. Enfin Clarington est dans une chambre sous surveillance ici. Tu lui as laissé un souvenir dans le genou. J'ignore où exactement. Tant mieux sinon je l'aurais fini moi-même cet enculé »

Ses traits se durcissent. Oh putain, Hunter est dans l'hôpital.

Cadeau pour ce que tu m'as donné à The New Press sale pute.

Je frémis et mon ventre se tord douloureusement. Mes yeux s'humidifient et je tremble plus fort.

« Chut, chut »

Kurt vient plus près de moi, soucieux. Il retire le verre d'eau de ma prise et m'enveloppe dans une étreinte protectrice.

« Tu ne crains plus rien » chuchote-t-il dans mes boucles.

« J-Je suis désolé Kurtie »

Les larmes débordent.

« Hé... Chut, chut »

Il touche délicatement mon dos et tient ma tête contre lui. Je sanglote sur sa chemise chiffonnée.

« Je suis désolé pour les horreurs que je t'ai balancé. Je ne t'abandonnerais pour rien au monde »

« Ne pleure pas mon cœur. Je suis au courant »

« Ah bon ? »

Ces quelques mots font cesser mes pleurs.

« J'ai fini par le réaliser. Enfin Blainey, tu pensais à quoi ? »

Je sens la tension dans son corps.

« Tu m'as parlé à la banque et j'ai été surpris que tu penses que je te laissais. Je croyais que tu en savais plus sur moi. Je t'ai juré je-ne-sais-combien de fois que je ne t'abandonnerais jamais »

« Oui mais je t'ai blessé alors... je me suis dit que tu voulais t'éloigner pour de bon »

« Non, non Kurt. Il fallait seulement que tu restes loin et que Santana soit sauve »

Il souffle. J'ignore s'il est vexé, énervé ou agacé. Peut-être tout en même temps.

« Qu'est-ce qui t'a fait réaliser que je ne partais pas ? »

Il caresse mes boucles.

« On était au JFK quand j'ai eu l'appel de Kelly »

« Mais Joey et toi étiez à Philadelphie quand Montgomery a téléphoné »

« Oui on était à l'aéroport pour rentrer. Il a dit que tu étais malade. Je me suis fait du souci pour toi » déclare-t-il tendrement.

« C'est vrai ? »

« Bien sûr »

Il effleure ma bouche de son index.

« Je m'inquiète toujours pour toi. C'est plus fort que moi »

« Hunter m'avait laissé seulement deux heures pour réunir l'argent. Je devais quitter le bureau rapidement et je n'ai trouvé que ça »

La mâchoire de Kurt se crispe.

« Tu as semé Montgomery. Il t'en veut lui aussi d'ailleurs »

« Aussi ? »

« Comme moi »

Je frotte mon nez contre sa joue râpeuse. Il soupire et se colle à moi pour plus de contact.

« Ne m'en veux pas s'il te plaît »

« Je suis furieux, vraiment furieux. Tu as agi inconsciemment. Presque comme un dingue »

« C'était ça ou Santana était encore plus en danger »

« Tu te moques de te protéger. Tu penses seulement à la sécurité des autres. Mais toi-même, tu t'en fous j'ai l'impression » complète-t-il, énervé.

J'inspire pour ne pas pleurer à nouveau face à ses remontrances.

Quelqu'un arrive dans la chambre. C'est une belle femme d'une quarantaine d'années, élancée et sportive. Elle a une blouse blanche et une tablette entre les mains.

« Bonsoir Messieurs Hummel-Anderson. Je suis le Docteur Emily Porter »

Elle m'examine lentement et avec soin en me parlant toujours. Elle est très rassurante, autant par ses paroles que par ses gestes. Betty vient l'aider. Kurt se recule dans un coin pour les laisser travailler. Il en profite pour téléphoner. C'est dur de fixer mon attention sur le Docteur Porter, Betty et Kurt. Je sais tout de même qu'il passe des coups de fils à Burt, Carole et Zoé pour leur annoncer mon réveil. En dernier, il prévient Cooper.

Cooper... Il était là quand je dormais. Il était furieux contre Kurt. J'aimerais avoir mon grand frère avec moi.

Le Docteur Porter touche doucement mon flanc droit de ses doigts froids. Je siffle de douleur.

« Il vous faudra beaucoup de repos pour que vos côtes se réparent Monsieur Hummel-Anderson »

Je hoche la tête et voit Kurt la fusiller du regard. Il me fixe ensuite et mime sur ses lèvres « obéis cette fois ». Je me retiens de lever les yeux au ciel.

« Vous devrez prendre des anti-douleurs. Ils calmeront votre mal de tête et vos côtes. Je ne crois pas qu'il y ait d'énormes dommages physiques. Reposez-vous un peu. Je reviendrais demain à la première heure pour m'assurer que tout va bien. Si votre état ne se dégrade pas, vous pourrez rentrer chez vous.

Quelqu'un toque à la porte. Joey arrive avec un sac en papier entre les mains.

« Des aliments ? » s'enquiert le Docteur Porter.

« Mon mari veut manger » déclare Kurt, « c'est un potage de légumes »

« Un potage. Ça va très bien »

Elle nous sourit gentiment et quitte la pièce avec Betty. Kurt pousse le plateau vers moi et Joey met le sac dessus.

« Je suis heureux de vous voir Monsieur »

« Merci Joey »

« De rien Monsieur »

Il ouvre la bouche pour dire autre chose mais se retient.

Kurt ouvre le sac. Il y a un Thermos plein de soupe dedans, une cuillère, un bol, une petite boite pleine d'assaisonnements et une délicate serviette. Mademoiselle Jones est parfaite.

« Tout est parfait Joey »

Mon ventre grogne à l'odeur. J'ai vraiment faim.

« Autre chose ? »

« Non merci » répond Kurt.

Joey acquiesce.

« Puis-je faire quelque chose pour vous Monsieur ? »

Je regarde Kurt des pieds à la tête.

« Des habits propres pour Kurt »

« Bien Monsieur » sourit Joey.

Kurt s'examine, les sourcils froncés.

« Tu es habillé comme ça depuis... ? »

« Jeudi »

Il m'offre une moue timide. Joey sort discrètement.

« Joey t'en veut aussi » dit Kurt d'un ton bougon.

Il ouvre le Thermos pour me servir du potage. Même Joey bordel. Mes pensées sont détournées par le parfum exquis de la soupe. Je prends une cuillerée et c'est délicieux.

« Tu aimes ? » m'interroge Kurt en reprenant sa place sur le matelas.

J'acquiesce joyeusement et avale le potage avec gourmandise. J'évite de m'en mettre partout quand même.

« Dis-moi ce qui est arrivé après l'appel de la banque »

Kurt soupire et dérange ses cheveux de ses mains.

« Blainey, j'adore te regarder manger »

« Parfait je suis affamé. Parle maintenant »

« Quand j'ai raccroché après t'avoir parlé, c'est comme si tout mon monde tombait en lambeaux »

Je vois très bien qu'il a eu mal. Je ne mange plus. J'ai vraiment merdé.

« Si tu ne manges plus, je ne parle plus » m'avertit-il sans équivoque.

Je plonge ma cuillère dans le potage. Les yeux de Kurt prennent une teinte plus douce et il poursuit :

« Quelques minutes après notre discussion, Joey m'a dit que Clarington était à nouveau en liberté. Quelqu'un a payé sa caution. Je pensais que les charges contre lui étaient trop lourdes pour ça. Enfin bref... J'ai repensé à tes mots et j'ai su qu'un truc horrible se tramait »

« Je n'ai jamais été intéressé par ton argent » m'exclamais-je dans un élan de rage, « d'où t'est venue cette idée ? Je n'ai jamais voulu ton putain de fric »

Ma tête se met à tourner et je frotte mes tempes. Kurt me dévisage, surpris par mon éclat. Il fronce les sourcils.

« Fais attention » marmonne-t-il, « détends-toi et mange »

Je lui jette un regard noir.

« Blaine... » gronde-t-il.

« Ça m'a fait mal Kurt. Plus que tout le reste. Non. Pas plus que tu retournes vers ce type malsain »

Il cligne des yeux comme si je venais de le frapper au visage. Brusquement, il semble vraiment fatigué. Il baisse la tête, vaincu.

« J'ai compris » souffle-t-il, « pardonne-moi. Je m'en veux, tu ne sais pas à quel point »

Son regard brille de sincérité et de regrets.

« Finis ton bol s'il te plaît. Ça va être froid »

Je m'exécute et il a l'air de se détendre.

« La suite » exigeais-je en avalant un cuillerée de potage.

« Personne n'était au courant de la disparition de Santana. J'ai cru que Clarington te faisait du chantage alors j'ai essayé de te joindre à nouveau pour savoir mais tu m'as ignoré. J'ai laissé un message et j'ai téléphoné à Montgomery. Joey a tracé ton IPhone. Tu étais à la banque, on est alors allés là-bas »

« J'ignore comment Montgomery a su où j'étais. Il traçait mon téléphone ? »

« Non. Tous nos véhicules ont le GPS intégré. On a débarqué à la banque mais tu n'étais plus là alors on a filé Favreau. Tu souris ? »

« J'étais certain que tu te servirais de tes outils d'espion pour me retrouver »

« Et pourquoi tu souris ? »

« Hunter m'a ordonné de jeter mon portable. J'ai demandé à Kelly qu'il me prête le sien et c'est celui-là-même que j'ai remis à Marc. J'ai placé le mien dans le sac avec tes millions pour que tu ne les perdes pas »

Kurt lâche un souffle.

« Nos millions Blainey » me reprend-il, « finis ton bol »

Je lui obéis et avale jusqu'à la dernière goutte de potage. J'ai le ventre plein.

« Terminé ! »

« Parfait mon cœur ! »

Des coups sont donnés à la porte. Betty est de retour avec des cachets.

« Ce sont des anti-douleurs »

Je prends les gélules et les avale aussitôt. J'ai tellement mal à la tête.

« Essayez de dormir Monsieur Hummel-Anderson »

Betty tourne sévèrement la tête vers Kurt. Il acquiesce.

« Tu pars ? » demandais-je, angoissé.

Je ne veux pas qu'il me laisse. Non. Kurt soupire lourdement.

« Blainey, si tu penses que je vais quitter cette chambre c'est que tu me connais bien mal »

Betty exprime son mécontentement dans un souffle bruyant. Elle tapote mon coussin pour que je sois confortable.

« Dormez bien Monsieur » lâche-t-elle gentiment.

Elle regard Kurt d'un air menaçant et part. Il arque un sourcil.

« Il me semble que Betty n'aime pas me voir ici »

Il demeure droit à côté de moi. Il semble à bout de forces. Je veux plus que tout qu'il ne bouge pas mais il doit retourner chez nous.

« Va dormir Kurt. Retourne à la maison, tu vas t'évanouir »

« Je ne bouge pas. Je vais me reposer dans le fauteuil.

Je lui lance un regard sévère et lui fait une place dans le lit.

« Viens là »

« Non »

« Pourquoi non ? »

« Je vais te blesser »

« Mais non mon amour. Viens Kurt »

« Mais tes côtes... »

« Kurt... »

Je vois dans ses yeux qu'il va céder.

« Viens je t'en prie »

Je pousse la couette pour lui montrer qu'il y a de la place.

« Bon d'accord, si tu y tiens tant »

Il se déchausse et s'allonge avec précaution le long de mon flanc gauche. Tout aussi délicatement, il enroule ses bras autour de moi. Je colle ma joue à son torse. Il dépose un baiser sur mon front.

« Je ne pense pas que l'infirmière approuve notre petit complot » me murmure-t-il dans l'oreille, comme si c'était un secret d'État.

Je ris mais une souffrance aussi vive qu'un éclair s'élance dans ma poitrine.

« Ne me fais pas rigoler, je souffre »

« Oh j'aime tellement t'entendre rire pourtant » souffle-t-il dans une moue boudeuse, « excuse-moi mon cœur. Je t'en prie, excuse-moi »

Il pose un autre baiser sur le haut de ma tête et respire doucement, calmement l'odeur de mes cheveux. J'ignore pourquoi il me demande pardon. Pour mon rire ? Notre dernière dispute ? Je plaque ma paume sur son torse et il la recouvre de la sienne. On reste tous les deux silencieux un instant.

« Pourquoi tu étais avec ce type l'autre soir ? »

« Blainey » soupire-t-il, « tu veux réellement parler de ça ? On peut oublier non ? Je suis sincèrement désolé »

« Je dois connaître la raison »

« Je te raconterais tout demain » grogne-t-il, résigné, « oh l'agent Sylvester doit s'entretenir avec toi. Endors-toi »

Je souffle un grand coupe. Il faut que je sache. Bon il a l'air d'éprouver de vrais remords déjà...

L'agent Sylvester... Je n'ai pas du tout envie de confronter cette bonne femme. Je ne veux pas me replonger dans cette histoire.

« Pourquoi Hunter nous fait subir ça ? »

Kurt marmonne un truc incompréhensible. Je m'apprête à lui faire répéter mais je remarque qu'il est profondément endormi. Je me laisse bercer par sa respiration douce et par les battements lents et réguliers de son cœur jusqu'à ce que le sommeil me tombe dessus.

OoOoOoOoOoO

La bouche de Betty forme une ligne droite et son attitude entière est menaçante. Je lui indique de ne pas faire de bruit et chuchote tout doucement :

« S'il vous plaît, ne le réveillez pas »

« Vous devez profiter du lit. Pas lui » répond-elle.

Je prends la défense de mon époux.

« Je me sentais plus en sécurité avec lui »

Ce n'est pas un mensonge. Kurt se tortille. Betty et moi nous taisons. Il gémit en dormant.

« Touche pas. Terminé. Que Blainey »

Je n'ai jamais entendu Kurt parler dans son sommeil avant. Enfin il est toujours réveillé avec moi en même temps. Les seules fois où lui dort et moi non, c'est pendant ses cauchemars. Il me serre plus fort. J'étouffe un cri de douleur.

« Monsieur Hummel-Anderson... »

Betty me lance un regard noir.

« Je vous en supplie »

Elle soupire et s'en va. Je me love contre mon mari.

OoOoOoOoOoO

J'ouvre encore les yeux mais Kurt est absent. La lueur du Soleil me brûle les yeux. Toutes les surfaces utilisables sont occupées par des bouquets de fleurs. Je vois une peluche en forme d'éléphant. Ça c'est Cooper. Mon grand frère... Qu'est-ce que j'aimerais qu'il soit avec moi.

Des coups discrets sont donnés à la porte. Le visage de Burt se glisse dans l'entrebâillement. Un sourire sincère étend ses lèvres quand il me voit.

« Je te dérange ? »

« Pas du tout. Entre Monsieur Hummel »

Il porte un costume coûteux. Il va sûrement au travail. Il caresse mes cheveux en s'asseyant sur le fauteuil normalement occupé par Kurt.

« Appelle-moi Burt gamin »

J'acquiesce et il attrape mes doigts, geste qui me surprend beaucoup.

« J'ignore comment te prouver ma gratitude. Santana te doit la vie. Je ne peux pas te remercier assez pour ça. Elle est comme ma fille tu sais »

Sa voix est chargée d'honnêteté et d'émotions. Tout ça me touche beaucoup. Surtout de la part de Burt. Je ne sais pas quoi lui répondre alors je serre doucement sa main.

« Tu vas bien ? »

« Je suis plus en forme mais mes côtes sont douloureuses »

« Le docteur t'a donné des médicaments ? »

« Oui des anti-douleurs »

« Parfait. Où est mon fils ? »

« Je n'en sais rien. Il n'était plus là à mon réveil »

« Il doit être dans les parages. Il n'a pas bougé d'ici ces derniers jours »

« Je sais »

« Il est énervé contre toi mais je peux le comprendre » dit Burt en souriant gentiment.

« Ça lui arrive souvent »

« Oh c'est vrai ? »

Burt sourit plus et étreint ma main.

« Comment se sent Santana ? »

Son expression se durcit et son air enjoué part.

« Bien mieux. C'est un vrai ouragan. C'est sa façon de se défendre. Tout évacuer par de la rage pure »

« Elle est toujours là ? »

« Non. Elle est rentrée avec Carole. Elle la couve comme une mère poule »

Je ricane. Kurt me couve comme une mère poule.

« Blaine, il a raison de te protéger » me réprimande Burt comme s'il lisait dans mon esprit, « j'ai ressenti la même panique que pour Santana quand j'ai appris ton état. Tu es mon enfant désormais. Tu ne peux pas nous refaire un coup pareil d'accord ? »

Son ton est plus doux et je ressens un élan d'affection pour cet homme. J'acquiesce.

« Bien. Je dois te laisser. Il faut que j'aille au tribunal. Je reviendrais dans la soirée »

Il caresse encore mes boucles.

« Vraiment gamin. Merci du fond du cœur. Pour Kurt. Pour Santana. Pour être entré dans notre famille »

Je le regarde, les yeux pleins de larmes. Il embrasse doucement mon front, pivote et sort de la chambre.

Tant de reconnaissance en un coup me bouleverse. Burt est un homme bien. Je suis prêt à oublier le désaccord que nous avions eu au sujet du mariage.

Je soupire et me mets doucement debout. Je suis heureux de voir que mes jambes me tiennent aujourd'hui. Je suis moins faible aussi. Peut-être que ma nuit dans les bras de Kurt m'a fait du bien. Par contre, mon mal de crâne est toujours présent mais il est moins pénible déjà. Mes muscles sont endormis. Je suis sale aussi. Je me déplace vers la salle d'eau pour me rafraîchir.

OoOoOoOoOoO

« Blaine ? » m'appelle Kurt, inquiet.

« Je suis là ! » répondis-je depuis la salle de bains.

Je me rince la bouche et je me dévisage dans le reflet de la glace. Je suis vraiment pâle. J'ai une plaie entourée de violet au-dessus de l'arcade gauche ainsi qu'un œil au beurre noir à gauche aussi. Ma barbe commence à être épaisse. Je reviens dans la chambre. Kurt a amené le petit-déjeuner apparemment. Il est tout beau, tout propre et ses cernes ont disparu.

« Coucou Blaine ! » me salue-t-il joyeusement, « j'ai apporté quelques trucs pour toi »

On dirait un petit garçon fier de lui. Je m'allonge à nouveau et lui adresse un sourire radieux. Il approche le plateau. Je peux donc voir tous les aliments : du fromage blanc, des fruits séchés, du bacon, une carafe de jus d'oranges et l'odeur du café s'élève du Thermos. Mon ventre gargouille devant tout ça. Je bois du jus d'oranges avant de mélanger les fruits au fromage blanc et de les manger. Kurt se met près de moi sur le matelas et me contemple.

« J'adore te voir affamé comme ça. Tu vas comment aujourd'hui ? » demande-t-il, sérieux.

« Mieux » répondis-je entre deux cuillerées de fromage blanc.

« C'est génial de te voir aussi enthousiaste pour de la nourriture »

Autant mettre les pieds dans le plat maintenant.

« Le risque me donne de l'appétit que veux-tu »

Kurt marmonne et rit avec sarcasme :

« Ouais je sais ce que c'est... »

Je le regarde. Merde...

« Kurt je ne voulais pas... »

J'arrête de manger, ayant peur de l'avoir contrarié.

« Avale ton petit-déjeuner »

« Kurt on doit discuter »

« De quoi ? » lâche-t-il, tendu, « j'étais mort de trouille ces derniers jours. J'ai eu peur qu'il te fasse ce qu'on m'a fait... »

Je perçois son émotion derrière ses mots. L'expression de son visage me brise le cœur. Je bouge plus près de lui et caresse ses mains tout doucement.

« Il ne m'a pas touché Kurtie. Pas de cette façon »

Son insouciance est partie et ses yeux sont grand ouverts.

« On m'a... On m'a violé, tu comprends ? Personne ne devrait avoir à vivre ça »

C'est la première fois que je l'entends admettre cet événement avec ce mot. Je fais tout pour ne pas pleurer en voyant ses traits vulnérables.

« Kurt si je pouvais effacer tout ça, je le ferais. Je te l'assure »

« Blainey... Je ne crois pas être capable un jour de... »

Je l'enlace doucement et m'éloigne après un instant pour le regarder dans les yeux.

« Ça m'est égal si on n'échange jamais les rôles. Je m'en fiche. Tout est déjà parfait. Je suis très satisfait. Je t'aimerais même s'il n'y avait pas le sexe entre nous. Tu es mon âme-sœur Kurt, l'amour de ma vie. Je me fiche de tous les détails. Si tu n'es jamais prêt alors je serais là quand même. Je t'aime toi pour le meilleur et pour le pire, sans aucune limite. C'est ce qui était convenu pas vrai ? »

« Oh mon Blainey... J'ai eu tellement peur. J'ai pensé que tout était terminé quand je t'ai vu allongé sur le sol, couvert de sang et tout blanc. J'ai cru que je ne verrais plus jamais tes beaux yeux, que je n'entendrais plus jamais ton rire... Mais tu es là, vivant, toujours amoureux de moi même si je suis le pire des cons »

« Je t'aime de tout mon cœur Kurtie. Ça ne cessera jamais »

Il caresse mes joues et effacent mes larmes. Il embrasse mon front tendrement.

« Et je t'aime plus que tout Blaine » chuchote-t-il.

Il s'écarte un peu et me regarde avec certitude et confiance.

« Je vais faire des efforts pour toi. De vrais efforts. Tu le mérites mon cœur »

Il ne me donne pas l'occasion de répondre car ses lèvres recouvrent amoureusement les miennes, comme pour sceller cette promesse.

Voilà pour ce modeste chapitre !

J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me laisser votre avis dans une review ou par message privé. Je suis toujours contente de pouvoir discuter avec vous et d'échanger mes ressentis.

J'ai terminé l'OS mariage aussi :*

Je vous dis à mardi alors.

Bon week-end et gros bisous.

Votre humble et dévouée Cindy :)