Coucou à tout le monde !
J'espère que votre week-end s'est bien passé et que vous allez bien !
Merci au nouveau follow pour le dernier chapitre.
Merci à mamstaz, Virginie, Soso, Célia, Huguette, Florine2000, Jessica, KlaineIsLife, Klaineuse, Tite Lena, Lna, Amber, Louise pour vos reviews.
Mamstaz : bonjour. C'est vrai, en mettant sa vie en danger, Santana a survécu. Kurt peut lui en être reconnaissant je pense. Kurt pourrait faire tout ce que Blaine lui demande là je crois tellement il a eu peur de le perdre. Non t'inquiète pas, je crois que Clarington a compris la leçon cette fois ^^ a bientôt.
ViviKlaine : coucou. Kurt a cru le perdre définitivement alors il est un peu à cran. Cooper était là pendant que Blainey était endormi, il est venu engueulé Kurt. Merci et bisous
Soso : je crois que je viens de gerber à l'image du gosse d'Harold et Voldementon. Mon Dieu c'est une horreur. Pire que Rognot (si, si ça existe!) Mon cher mari s'occupe très bien de mon cul-cul -sourire pervers- Cooper le papa poule très vénère contre Kurt t'as vu ça ?! On ne touche pas à son Titouille enfin ! Bien sûr que c'est Monsieur Trompette ! Je suis contente que tu l'aies reconnu ma chérie d'amour. Tu es la meilleure et plus jolie Choupette de la terre et même de l'univers. Je t'aime trop :*
CeliaCom7 : coucou ! Tu n'as pas manqué beaucoup de jours tu vois ;) c'est vrai, les deux garçons ont beaucoup souffert dans l'histoire. Il reste pas mal d'explications à venir. Oui il a vraiment cru le perdre cette fois. Pas qu'amoureusement mais il a aussi cru que Blaine n'allait pas survivre. C'est plus efficace qu'un coup de pied dans les fesses ^^ Kurt est tellement intense au quotidien qu'il lui faut un événement extrême pour réagir :') bisous Célia.
AnnaKlaineuse : mais n'es-tu pas le Blaine de mon Kurt chère Huguette seksi ? Mes seins assassin ne sont qu'à toi. Personne ne peut se câliner dedans à part toi. GENIAL c'est un programme qui me plaît ! J'attendrais que notre esclave soit en train de s'occuper de CJ parce que tu es la seule à pouvoir voir ma danse des pêches ! Je te suce en retour ma quéquette :*
Florine2000 : Blaine l'a quand même 'abandonné' donc oui, ils doivent encore discuter de cette fausse rupture, du pourquoi du comment de Sebastian et tout ça. Mais le pire est passé crois-moi. Moi non plus, je n'ai pas envie qu'elle s'arrête c'est comme mon bébé :'( bisous
moididi3333 : je ne pouvais pas laisser Klaine en froid. Ils sont trop adorables et aimants pour ça ^^ merci beaucoup pour tout ce que tu dis. Ça me touche beaucoup.
KlaineIsLife : coucou ! Oui comme tu l'as très justement dis, pour le meilleur et pour le pire. Ils sont mariés et sont prêts à affronter toutes les épreuves possibles l'un pour l'autre. Kurt l'aime plus que tout quoi qu'il arrive. Wow si mon Klaine est plus intense que l'original c'est génial je pense ^^ Kurt ne veut pas le voir pisser, il ne veut surtout pas s'éloigner de lui après l'épreuve qu'il a traversé. A bientôt :*
Klaineuse : Non je ne le sais pas, sinon je ne le mettrais pas ^^
Tite Lena : coucou ! Je suis désolée que ce passage t'ait tant touché dans la lecture. C'est vrai que ça a été un moment fort en émotions comme on dit. Oui, si Blaine l'avait buté (chose qu'il méritait amplement) il aurait eu des gros gros ennuis et ce n'est pas le but premier de cette fic :) Oui tu as raison. Le passage de la banque et celui de la chambre montrent vraiment que Kurt, sous ses airs de maitre du monde, aime Blainey plus que tout. Ça me paraît intéressant comme OS, je n'ai pas l'habitude d'écrire du point de vue de Kurt mais c'est ce qui me semble attrayant justement ^^ Hunter était le supérieur de Blaine et Marc Favreau est le supérieur d'Hunter ^^ Oui les discussions sont inévitables je crois ^^ Merci beaucoup Lena et bisous
Lna : coucou ! C'est pas grave, l'essentiel c'est que tu lises :') j'aime l'Anderbros autant que Klaine alors il devait aller mieux. Merci beaucoup et bisous.
Guest / Amber : je ne pouvais pas lui faire plus de mal au pauvre petit chou. Kurt réservait les 'Je t'aime' à Blainey d'ordinaire mais je me suis dit allez explosion d'amour. Hunter est une saloperie ! Bien sûr, surtout en connaissant Kurt ;) Je sais mais je peux pas ajouter plus de chapitres ce serait lassant non ? Bisous Amber
Louise : coucou ! Clarington ne mérite que de mourir de toute façon pour le mal qu'il a fait à Klaine. Je trouvais intéressant de montrer tout ce que les autres pensent de Blaine quand il est supposé ne rien entendre. Ouais j'aime vraiment Burt. Darren est mon Dieu ! Je pense le poster une ou deux semaines après la fin de Nuances :') gros bisouuus
Sur ce, bon chapitre !
ENJOY !
Chapitre 72
« T'embrasser ne me déplaît pas. C'est même tout le contraire mais ton café va être froid si on continue » chuchote Kurt.
Il m'admire avec une lueur malicieuse. Je vois tout de même quelque chose de plus profond et de plus sexy dans ses Lunatique est avec moi.
« Finis ton petit-déjeuner » me commande-t-il gentiment.
J'avale ma salive et retourne docilement contre les coussins du lit. Je fais attention de ne pas tirer sur le fil de mon intraveineuse au passage. Il approche le plateau devant moi. Mon bol de fromage blanc est terminé mais il me reste les œufs et le bacon. Je salive rien qu'à l'odeur.
« Kurt... » commençais-je en avalant un bout de bacon, « quelqu'un t'a déjà... enfin mis à part ce jour-là ? »
Je sais que je m'aventure sur un terrain glissant. Je perçois un léger tremblement dans ses mains.
« Tu veux savoir si j'étais vierge quand ils m'ont violés ? »
La panique passe sur son doux visage et son air amusé disparaît. Putain.
« Avant ça ou même après... »
Il a l'air d'hésiter un instant.
« Oui j'étais vierge et non, personne ne m'a jamais retouché depuis ce jour. Maintenant terminé ton petit-déj' ! » m'ordonne-t-il.
Je sais que c'est vraiment dur pour lui de me dire ce genre de choses.
« A vos ordres ! Fous-moi la paix Hummel »
Je le jauge avec soin. Je sais qu'il tente de dissimuler son anxiété sous son air autoritaire. Il m'a assuré qu'il allait faire de vrais efforts pour moi mais ça n'empêche pas qu'il ait toujours peur d'aborder le sujet. Je peux tout à fait comprendre d'ailleurs. Il s'installe dans le fauteuil près de moi et s'empare du New York Times.
« C'est agaçant de te voir tous les jours dans un article Blaine » marmonne-t-il.
« Tous les jours ? »
« Depuis que tes péripéties sont venues aux oreilles des journalistes, ils n'arrêtent pas d'écrire dessus. Bon, au moins, les faits ne sont pas déformés. Tu as envie de lire l'article ? »
Je refuse.
« Lis-le toi. Mon maniaque de mari veut que je termine mon petit-déj' »
Il glousse et parcourt lentement le journal. Ils parlent de l'équipe Clarington/Favreau, du kidnapping de Santana, du rôle que j'ai eu dans son sauvetage. Il est même mentionné qu'Hunter et moi nous faisons soigner dans le même établissement. J'ai toujours aimé le côté fouine des journalistes. Si je n'avais pas autant aimé les livres, je me serais tourné vers cette carrière.
Kurt arrive au bout de l'article.
« Tu peux continuer s'il te plaît ? J'aime entendre ta voix »
Il obéit et me fait la lecture. Il me relate un reportage sur l'expansion des restaurants français à New York et aux États Unis plus généralement. En suivant ses paroles, je me surprends à ressentir un calme pur même si les dernières quarante-huit heures ont été plus que cauchemardesques. Santana ne risque plus rien. Kurt non plus.
Je suis quand même content que Kurt se soit un peu plus ouvert à moi sur son passé. C'était léger mais tous les petits pas sont bons à prendre. Je peux tout à fait saisir que ce n'est pas facile d'en parler mais je vais tenter de lui en faire dire plus, en espérant pouvoir ainsi l'apaiser. Je trouve tout de même étrange qu'il n'ait jamais essayé d'évacuer tout ça. Après tout, Carole et Burt sont des personnes exceptionnelles et présentes pour lui. L'autre détraqué a certainement ajouté une couche de mal dans sa vie. Je voudrais tout lui mettre sur le dos. Je crois que toute son insécurité et son mal être viennent de la perte de sa mère. Enfin, le fait de se faire violer et de se faire abuser par Smythe n'a pas dû arranger grand chose.
Je repense à une vague discussion entre Burt et Kurt. Je devais être dans le brouillard pour que ce soit aussi flou. C'est énervant.
Je me demande si Kurt va me donner la raison de sa rencontre avec lui de lui-même ou s'il va falloir que je lui tire les vers du nez. Je suis sur le point de le cuisiner mais quelqu'un toque à la porte. L'agent Sylvester. Elle a la politesse de s'excuser en s'avançant dans la pièce. A sa simple vue, mon moral descend dans mes chaussettes.
« Je tombe mal ? »
« Exactement » répond Kurt.
Elle fait la sourde oreille.
« Je suis ravie de vous voir éveillé Monsieur Hummel-Anderson. Je dois recueillir votre disposition. Je peux vous interroger ? »
« Si vous le souhaitez »
Je ne veux pas du tout me replonger dans cet enfer. Kurt le sent et se met tout de suite en mode « Mari Protecteur ».
« Blaine a besoin de repos et de calme »
« Je ne serais pas longue Monsieur. Je prends rapidement sa déposition et je vous laisse tranquille »
Kurt libère son fauteuil pour l'agent. Il se met sur le matelas près de moi et enlace ma main en signe de réconfort.
OoOoOoOoOoO
Après trente minutes, Sylvester a fini de me poser des questions. Elle ne m'a donné aucune nouvelle information. J'ai simplement raconté en détail ce qui est arrivé. Kurt est devenu pâle puis rouge de rage au fil de mon histoire.
« J'aurais aimé que tu lui tires où je pense » grogne Kurt.
« Monsieur Hummel-Anderson aurait soulagé pas mal de monde » dit gentiment Sylvester, « je vous remercie pour votre temps et votre patience. Je n'ai besoin de rien de plus pour le moment » conclue-t-elle.
« Il ne sera plus jamais en liberté ? »
« Je ne pense pas non »
« Vous avez le nom de la personne qui l'a fait libérer ? » s'enquiert Kurt.
« Je n'ai pas le droit de vous le révéler »
Le front de Kurt se plisse. A mon avis, il a une idée derrière la tête. Sylvester sort de ma chambre quand le Docteur Porter et Betty entrent.
OoOoOoOoOoO
Le Docteur Porter m'ausculte attentivement et m'annonce que je peux rentrer à la maison. Kurt soupire, rassuré.
« Si les migraines deviennent trop violentes ou si votre vision se dégrade, vous revenez tout de suite, d'accord Monsieur Hummel-Anderson ? »
J'acquiesce. Je suis vraiment heureux de pouvoir retourner chez moi.
Le Docteur Porter s'apprête à sortir mais Kurt l'intercepte pour lui parler à l'écart. Il ne ferme pas totalement la porte et lui murmure une question. Seule la voix claire du médecin vient à mes oreilles.
« Oui Monsieur. Il n'y a aucun risque pour lui »
Kurt revient vers moi avec un air réjoui.
« Qu'est-ce que tu lui as demandé ? »
« Si je pouvais toujours te faire l'amour » rétorque-t-il avec un regard lubrique.
Je m'empourpre instantanément.
« Donc ? »
« Le docteur a donné son feu vert » glousse-t-il.
« Kurt ! Je suis dans le regret de te dire que je suis un peu abîmé pour une partie de jambes en l'air ce soir »
Je ris doucement moi aussi.
« J'en ai conscience bébé. Je n'ai pas l'intention de te toucher un certain temps mais il fallait que je sois au courant. Au cas où... »
Il ne va pas me toucher ? Je baisse la tête. Je n'aime pas du tout l'idée que mon mari soit tout près de moi mais qu'on ne pourra rien faire.
Betty entre à nouveau dans la chambre et enlève doucement l'aiguille plantée dans mon bras. Elle lance un regard noir à Kurt. Je me retiens de rire. Elle est l'une des rares personnes qui n'est pas impressionnée par le maniaque du contrôle qui sommeille en Kurt. Je lui souffle un merci chaleureux quand elle s'en va.
« Donc on rentre chez nous ? » m'interroge Kurt.
« On peut aller voir Coop avant ? »
« Évidemment »
« Il est venu pas vrai ? C'est lui qui m'a apporté l'éléphant ? »
Kurt sourit et hoche la tête.
« Oui c'est lui. Tu es dans le même hôpital que lui mais Carole ne l'a autorisé à venir qu'une seule fois pour qu'il ne se fatigue pas trop à cause de ses blessures »
« Il... Il va bien hein ? » paniquais-je.
« Oui, ne t'en fais pas. Il était assez en forme pour me passer le savon du siècle. Je ne peux pas le blâmer pour ça... »
Je soupire de soulagement. Je me souviens vaguement de la voix de Cooper pendant mon sommeil. Il était là. Mon grand frère ne m'a pas laissé tout seul.
Kurt me sourit gentiment.
« Joey a emmené des habits pour toi. Viens là, je vais t'aider à les enfiler »
Comme je le pensais, Cooper est inquiet et hostile envers Kurt. Je l'ai rarement vu dans cet état au cours de toute ma vie. Kurt est sorti de la chambre de mon frère pour nous laisser face à face. Cooper perd toujours sa capacité de paroles quand il se fait du souci pour moi. Je n'aime pas du tout qu'il soit comme ça à cause de moi.
« Coop pardonne-moi. Je ne voulais... »
« Non Blaine. Est-ce que tu sais à quel point j'ai eu peur ? J'ai cru que je t'avais... »
Sa voix meurt dans un sanglot. Mon cœur se serre. Je monte sur le lit près de lui et me blottit contre son torse. Il me serre automatiquement et cache son nez dans mes boucles. Nous restons ainsi un long moment, sans rien dire.
« Ne me refais plus jamais ça Blaine. Je t'en supplie » dit-il dans un murmure à peine audible.
Je hoche la tête et il embrasse mon front tendrement.
« Bon, si on oublie la panique et la douleur, il faut avouer que les frères Anderson font très badboy avec leurs bleus » ajoute Cooper dans un sourire.
Je ris doucement et reste contre lui.
« Tu sais, j'ai pu m'en sortir seulement parce que tu m'as appris à tirer avec un pistolet »
« Crois-moi quand je te dis ça minus : j'aurais préféré que cette compétence ne te serve jamais. Rentre chez toi maintenant. Va récupérer un peu »
Je relève la tête vers lui et le supplie du regard de m'accepter encore un peu. Il soupire et passe le dos de ses doigts sur mon arcade meurtrie.
« Merci pour la peluche éléphant »
Il me sourit grandement.
« Quand je l'ai vu à la boutique en bas, j'ai directement pensé à Monsieur Trompette. C'était ton doudou quand tu étais enfant tu te souviens ? Je l'ai retrouvé à la maison »
« Bien sûr que je me souviens. Tu me l'avais gagné dans une fête foraine »
Je me tais un moment et profite de la présence de mon frère.
« Je suis content de te voir en meilleure forme Coop »
« Et moi je déteste te voir blessé »
« Ça va Cooper. Je vais m'en remettre. Je serais prudent »
« T'as intérêt minus, t'as intérêt. Je ne veux plus jamais ressentir ça. Tu comptes plus que tout Blainey »
Les larmes me montent aux yeux. Je me love contre son torse. Il caresse mon dos avec précaution. Après un moment, il reprend la parole :
« Petit doudou, tu veux bien aller chercher ton Kurt. J'ai été dur avec lui. Je lui dois des excuses »
OoOoOoOoOoO
On sort de l'hôpital par une porte dérobée pour éviter les photographes et les journalistes à l'entrée principale. Joey nous attend près de la berline habituelle.
Kurt reste silencieux tout le temps qu'il faut pour rentrer au Phénix. Je fais tout de mon côté pour ne pas regarder Montgomery. Je me sens coupable de l'avoir semé deux fois. En plus, il a dû se faire engueuler par Kurt. Je crois que mon mari a été chamboulé par les excuses de mon frère. Cooper a toujours été protecteur avec moi. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Kurt enlace fermement mes doigts. Il a l'air tendu. Il n'y a pas que la conversation avec Coop apparemment.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demandais-je finalement.
« Duval veut me parler »
« Duval ? De quoi ? »
« Il a des nouvelles informations sur l'autre fils de pute de Clarington »
Kurt respire la haine par tous les portes de sa peau. Je tremble.
« Il n'a pas souhaité m'en dire plus avant que je ne le voie » complète-t-il.
« Oh »
« Il revient de l'Ohio dans la journée »
« Tu penses que ça va être utile ? »
Kurt hoche la tête.
« Tu as une idée de ce qu'il a pu trouver ? »
« Pas du tout »
Pour ne pas avoir à faire aux paparazzi, Montgomery ne nous laisse pas devant le Phénix. A la place, il nous dépose directement dans le parking souterrain près de l'ascenseur. Kurt enroule son bras autour de moi pour me tenir debout alors que nous attendons la cabine.
« Soulagé d'être chez nous ? »
Je hoche simplement la tête.
Nous entrons dans l'ascenseur désormais si familier et le caractère dingue de ce qui vient de m'arriver me tombe dessus. Tout mon corps frémit violemment.
« Chut, chut... »
Kurt me prend dans ses bras et me serre.
« On est à la maison. Tu ne risques plus rien » souffle-t-il en posant des baisers sur mon front.
J'ignorais que tous mes sentiments étaient retenus au même endroit mais c'est comme s'il venait de faire tomber le barrage. Mes pleurs s'échappent d'un coup.
« Je suis là mon cœur. Je suis là » murmure Kurt en serrant ma tête contre son cou.
Mes sanglots brisés et déchirants se libèrent tout de même sur le haut de Kurt. Les mots horribles d'Hunter résonnent dans mon esprit.
« Cadeau pour ce que j'ai reçu à cause de toi à The New Press sale pute »
Les mots de Kurt qui pensaient que je partais pour de bon.
« Tu m'abandonnes ? »
La panique qui enserrait mon ventre en pensant qu'il pourrait arriver malheur à Santana.
Le Ping retentit, indiquant que nous sommes arrivés chez nous. Kurt me porte contre lui et enroule mes jambes autour de ses hanches. Il passe le corridor alors que je sanglote toujours. Il m'emmène dans la salle d'eau de notre chambre et me détache de lui pour m'asseoir sur un siège.
« Tu veux une douche ? »
Je fais non de la tête. Je ne veux pas qu'il me traite comme Elliott.
« Un bain alors ? »
Il parle tout doucement tellement il est anxieux. J'acquiesce avec les larmes striant mes joues. Il faut que les saletés de ces dernières quarante-huit heures partent de ma peau. Il faut que la sensation de colère d'Hunter dégage.
« Bien fait pour la gueule de cette salope »
Je pleure contre mes paumes alors que j'entends l'eau s'écouler contre la porcelaine de la baignoire.
« Chut... » chuchote Kurt.
Il se met à genoux face à moi. Il enlève mes mains de ma figure et encadre mes joues de ses paumes. Je cille plusieurs fois pour pouvoir voir ses beaux yeux bleus.
« Tu ne risques plus rien mon cœur. Je suis là. Je te protège » murmure-t-il.
Les pleurs redoublent.
« Non, non ne pleure pas bébé. Ça me brise le cœur »
Il efface mes larmes en vain.
« J-Je suis désolé Kurtie. Je suis désolé. J-je ne voulais pas que tu te fasses du s-souci. J-J'aurais pu tout... tout perdre. Je... Je suis désolé pour t-toutes les horreurs que j'ai dit... »
« Non mon cœur. Non je t'en prie » chuchote-t-il en posant un baiser sur mon front, « je devrais m'excuser. Papa dit qu'il faut être deux pour faire naviguer un couple »
Il sourit un peu.
« J'ai eu des paroles et des actes vraiment, vraiment très durs envers toi. On enlève ces vêtements maintenant d'accord mon bébé ? »
Je passe mon bras sous mon nez et renifle. Il dépose un autre baiser sur ma tête et retire vite mes habits. Il prend soin de ne pas effleurer mon flanc droit quand il fait passer mon polo par-dessus mon crâne. Il m'aide à entrer dans la baignoire avant de se déshabiller en un éclair et de venir se placer derrière moi. Il enroule ses bras autour de mon buste et me tient contre lui un temps indéterminé dans la chaleur de l'eau.
Il ne dit rien alors que je sanglote dans son cou. Il pose quelques fois ses lèvres dans mes boucles et il me berce patiemment. J'aime que nos peaux soient en contact, simplement lié à l'homme dont je suis éperdument amoureux. Mon bel homme qui n'a pas confiance en lui. Mon homme que j'ai cru ne jamais revoir à cause de ma bêtise. Je ne pourrais jamais assez le remercier de toujours vouloir de moi malgré tous les derniers événements.
Je voudrais qu'il me parle de certaines choses, qu'il me donne les raisons de ses actes. Dans l'immédiat, j'ai seulement envie de profiter de la sensation de sécurité et de tendresse que me donne son étreinte. S'il doit parler, il faut qu'il le fasse de lui-même. Ça ne sert à rien de le pousser. Il se braque à chaque fois. Je n'ai pas envie de devenir le cliché de l'époux qui veut toujours tout savoir de la vie de son mari. Il est amoureux de moi. Pour la première fois, il est amoureux. C'est tout ce qui compte. Cette réflexion enlève un poids de mes épaules et mes larmes se tarissent.
« Tu te sens mieux ? »
J'acquiesce.
« D'accord. Je peux te contempler maintenant ? » ajoute-t-il.
Une microseconde, je me demande pourquoi il veut me contempler. Il attrape doucement ma main gauche et la tend devant moi : mon poignet est recouvert d'un large bleu. Il pose ses lèvres dessus. Il prend un pompon de douche et verse du gel douche à l'odeur de rose dessus.
« Redresse-toi un peu »
Avec précaution, il me savonne l'avant-bras, les épaules, la nuque, le haut de mon dos et mon deuxième bras. Il me fait un peu pivoter pour pouvoir nettoyer mon torse. Je siffle de douleur quand ses doigts glissent sur mes côtes. Les yeux de Kurt prennent une teinte menaçante et ses lèvres se pincent. Sa fureur est palpable.
« La douleur est supportable » mentis-je pour apaiser sa colère.
Son regard bleu flamboyant trouve le mien ?
« Je veux le massacrer. Le buter. Je l'aurais fait si Cooper et mon père ne m'avait pas retenu » siffle-t-il entre ses dents.
Son air sévère et glacial me fait vraiment peur. Il reprend le flacon de gel douche et en remets sur le pompon. Avec une douceur infinie, il lave mes flancs et mon ventre couverts d'ecchymoses. Il passe ensuite vers mes fesses en me faisant m'accroupir. Il pose des baisers sur ma nuque. Je me retourne et encadre son visage de mes mains. Son regard accroche presque douloureusement le mien.
« Mon bébé » couine-t-il plaintivement, les yeux foncés par la rage.
« Je vais m'en remettre »
J'approche ma bouche de la sienne. Il met un certain temps à me rendre mon baiser mais quand ma langue passe ses lèvres, il réagit finalement.
« Stop » murmure-t-il dans ma bouche, « il faut que je termine de te nettoyer »
Bordel, ce n'est pas le moment de blaguer. Je fais mine de bouder et toute tension part. Il glousse et embrasse le bout de mon nez.
« Dans l'immédiat, je veux que tu sois propre. Pas le temps pour les cochonneries »
« Les cochonneries sont ce que je préfère »
« Je sais Blaine. C'est pareil pour moi mais ce n'est ni l'endroit, ni le moment »
Avant que je ne proteste, il fait mousser mes boucles et je me laisse aller au massage expert sur mon cuir chevelu.
OoOoOoOoOoO
Bon, j'adore me sentir propre aussi. J'ai l'impression que mon corps a été nettoyé de toutes les saloperies -physiques ou non- de ces derniers jours. Je suis moins déprimé aussi. J'ignore si c'est grâce au bain, aux sanglots ou au fait que j'ai réalisé qu'embêter Kurt ne me mènera nulle part. Je prends un drap de bains immense et m'enroule dedans. Je frotte doucement mes boucles. J'ai mal au crâne mais ce n'est pas trop pénible. J'ai des anti-douleurs mais le Docteur Porter m'a recommandé de ne les prendre qu'en cas de douleur trop violente.
En frottant mes cheveux, Marc me revient à l'esprit.
« Je me demande qu'est-ce que Marc foutait avec Hunter »
« Moi je sais » grogne Kurt sévèrement.
Oh. j'essaie de prendre un air sérieux mais le tableau qu'il m'expose d »tourne mon attention. Il est torse nu et des gouttelettes d'eau glissent sur les muscles de son torse. La ligne de poils qui part de son nombril et qui descend sous la serviette m'hypnotise. Il arrête ses mouvements et rit d'un air satisfait.
« Le spectacle te plaît ? »
« Tu es au courant comment ? » demandais-je comme si je n'étais pas en train de le mater sans gêne une seconde plus tôt.
« Que le spectacle te plaît ? » me rétorque-t-il malicieusement.
« Non. Pour Marc ? »
« L'agent Sylvester m'a donné quelques infos »
Je fronce les sourcils en espérant lui faire cracher le morceau. Il me semble que Sylvester est venue dans ma chambre pendant que je dormais mais je n'en suis pas sûr.
« Clarington conservait des photos et des vidéos sur des disques dur externes. Tout le montrait en train de baiser Marc et ses précédents assistants. Ce n'était pas des baises tendres. Plutôt brutales. Le chantage était alors possible »
Ses traits se transforment successivement : fureur, répulsion et dégoût de lui-mêle.
Kurt aime aussi les baises brutales.
« NON ! »
J'ai parlé sans même m'en rendre compte.
« Non ? Pourquoi non ? »
Il me jauge avec peur.
« Tu n'es pas comme ce malade. Tu n'as rien à voir avec lui »
Je vois presque Kurt se refermer sur lui-même. Il ne dit rien cependant. J'ai donc vu juste. Je dis avec plus de fermeté :
« Tu. N'es. Pas. Comme. Lui »
« On sort du même moule »
« N'importe quoi »
Je repense tout de suite à ma dernière rencontre avec le Docteur Schuester qui m'avait dit que les points de départ ne définissaient pas qui nous étions. Je me repasse aussi les mots de Kurt lors de notre voyage aller à Aspen.
« Sa mère est morte en le mettant au monde et son père était un junky. Toute son enfance, il a été trimballé dans des familles d'accueil. Les problèmes se sont accumulés en même temps. Trafic de drogue principalement. Il a été envoyé dans un centre pour jeunes délinquants »
« Je peux t'accorder que vos débuts dans la vie n'ont pas été faciles et que vous êtes originaires de l'Ohio. C'est tout Kurt »
Je le regarde sans ciller.
« Blaine, j'apprécie la confiance que tu me portes. Même après les derniers événements. On va voir ce que va nous apprendre Duval »
Il n'a pas envie d'aller plus loin.
« Kurt... »
Il me force au silence en m'embrassant.
« Chut » dit-il doucement.
Je ne dois pas le forcer. C'est vrai.
« Ne fais pas la tête bébé. Viens on va t'habiller »
Fin de la discussion.
OoOoOoOoOoO
J'ai enfilé des habits de Kurt vraiment confortables et je suis assis dos à lui alors qu'il démêle mes cheveux.
« Sylvester t'a beaucoup parlé pendant que j'étais à l'hôpital ? »
« Pas tellement non »
« J'ai entendu certaines conversations je crois »
Il fait cesser le peigne.
« Vraiment ? » demande-t-il prudemment.
« Oui. Je me souviens vite fait des voix de Coop, de Burt, de l'agent Sylvester, de Carole »
« Zoé ? »
« Zoé était là ? »
« Oui. Elle est passée en coup de vent. Elle est en colère contre toi »
Je tourne la tête pour le dévisager.
« On aura qu'à ajouter son nom à la longue liste « les personnes que Blaine a mis en rogne » »
« Je te préviens seulement » répond Kurt, surpris par mon excès de rage.
« Très bien. J'ai été con. Désolé d'avoir voulu sauvé ta meilleure-amie-quasi-sœur »
Il perd toutes ses couleurs.
« Tu as raison »
Il pose le peigne sur le matelas à côté de nous et il prend mon visage en coupe.
« Merci de nous l'avoir ramené saine et sauve. Mais ne joue plus au con ou je te botte littéralement le cul »
Je déglutis.
« Littéralement ? »
« Littéralement » affirme-t-il sans plaisanter.
Oh putain de merde.
« Je suis certain que toute la liste « les personnes que Blaine a mis en rogne » n'émettra aucune objection à ça » glousse-t-il.
Il se fout de moi. Il me semble. Je lui saute dessus. Il m'attrape au dernier moment pour m'entourer de ses bras. Il tombe en arrière sur le lit, moi sur son torse. Une douleur brûlante et vive traverse mon flanc. Merde, c'est trop tard. Un cri étouffé s'échappe de mes lèvres.
Kurt pâlit.
« Tiens-toi bien ! » me réprimande-t-il.
« Pardon » m'excusais-je en touchant tendrement son visage.
Il se colle à mon contact et tend les lèvres vers mes doigts.
« Blainey tu te fiches vraiment de ton propre bien »
Il passe sa main sous mon haut et caresse doucement la peau intacte de mon dos. Je ne bouge plus. Il la descend machinalement dans mon pantalon sur mes fesses. Mon envie s'éveille instantanément. Un léger gémissement sort de ma bouche. Kurt s'immobilise et me fixe. Il retire sa main et repousse une boucle de mon front.
« Stop » chuchote-t-il, « ne me fais pas ces yeux. J'ai vu toutes tes blessures et non. Hors de question »
Je sais au ton de sa voix qu'il ne reviendra pas sur sa décision.
« Kurt... »
« Non. Tu vas te coucher »
Il se redresse.
« Me coucher ? »
« Tu dois reprendre des forces »
« Je veux passer du temps avec toi »
Ses paupières se ferment et il soupire. J'ai l'impression qu'un débat intérieur se déroule dans sa tête. Je revois enfin ses yeux emplis de certitude.
« Obéis Blainey »
J'ai envie de me déshabiller seulement pour le provoquer mais des ecchymoses recouvrent mon corps. Je hoche la tête à contrecœur et soupire comme un enfant boudeur.
« D'accord »
« Je t'apporte à manger »
« Toi, tu vas me faire à manger ? »
Je fais semblant de m'évanouir. Il rit joyeusement.
« Je vais faire chauffer le déjeuner que Mercedes a concocté pour toi »
« Kurt je peux le faire ! Je suis en état de faire l'amour avec toi alors je peux cuisiner »
Je me redresse à grande peine et tente de ne pas émettre le moindre son de souffrance.
« Couche-toi ! »
Les yeux de Kurt me fusillent. Il me montre d'un air résigné le coussin derrière moi.
« Reste près de moi alors » suppliais-je.
Je me rends bien compte que je suis loin d'être sexy habillé de cette façon.
« Blaine. Couche-toi. Maintenant »
Je boude et me débarrasse de mon pantalon pour être plus à l'aise. Je lance un regard noir à Kurt qui sourit lorsqu'il me borde.
« Le docteur a dit qu'il te fallait beaucoup de repos pour guérir » dit-il avec tendresse.
Je m'allonge en boudant toujours.
« Je reviens vite.
Je soupire de frustration.
OoOoOoOoOoO
Je crois que je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon que le poulet au curry de Mademoiselle Jones. Kurt déjeune dans le lit, face à moi.
« Tu as vraiment bien fait marcher le micro-onde d'après moi » lâchais-je avec sarcasme.
Il me rend mon sourire. J'ai le ventre plein et je suis fatigué. Il l'avait prévu ?
« Tu veux dormir ? »
Il reprend mon plateau.
« Hmm »
« Bien. Endors-toi alors »
Il pose ses lèvres sur les miennes.
« Je dois travailler mais je reste près de toi. Ça te va ? »
J'acquiesce et mes yeux se ferment. Je me demande vaguement s'il n'a pas glissé un somnifère dans mon curry.
OoOoOoOoOoO
J'ouvre à nouveau les yeux. La nuit est en train de tomber vu les teintes orangées de la chambre. Kurt est dans le fauteuil près de la commode. Il est pâle. Il regarde fixement un document. Je m'assois tout de suite et trop vite selon la douleur de mon flanc.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Duval vient de repartir »
« Alors ? »
« J'étais dans la même école que cet enculé murmure-t-il.
« Avec Hunter ? »
Il acquiesce, les yeux ronds.
« Tu le connais ? »
« Je n'en ai pas le moindre souvenir, non »
Je me déplace vers la gauche du lit et pousse la couverture pour lui indiquer de venir me rejoindre. Il ne pinaille pas cette fois et se blottit contre mon côté valide. Il enroule son bras autour de mon ventre et me serre comme s'il avait peur. Je suis étonné. Qu'est-ce qu'il a ? Je l'enlace dans une étreinte protectrice.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
Kurt fronce les sourcils comme sous le coup d'une forte réflexion.
« Après... Après le viol, j'ai été transféré dans un lycée privé pour garçon. La Dalton Academy à Westerville. Mon père m'avait inscrit dans cette école parce qu'ils adoptaient une politique zéro contre toute forme de violence ou de harcèlements. Un moyen de me tenir en sécurité après ce qu'il m'était arrivé »
J'ignorais que Kurt avait été dans un lycée privé. Il ne me l'avait jamais mentionné.
« Tu y es resté combien de temps ? »
« Hmm... De la fin de la ma deuxième année jusqu'à mon diplôme »
« Tu as averti ton père ? »
« Non »
« Appelle-le. Il pourrait te dire s'il se souvient de lui à tout hasard »
Il resserre son étreinte.
« Regarde »
Il me donne les documents qu'il a dans les mains. Ce sont deux clichés. Je me penche pour allumer la lampe sur la table de nuit. La première photo est celle d'un majestueux et élégant bâtiment en briques rose/rouges. Des escaliers mènent à une grande porte sombre. Ce doit être la Dalton Academy. La deuxième représente un groupe de garçons en uniformes : blazers bleus foncés et rouges et pantalons gris. Il se tiennent tous parfaitement alignés devant un grand escalier en colimaçon sous un dôme de verre. Je reconnais Sebastian Smythe dans le fond. Voilà pourquoi Kurt n'avait pas mentionné son passage à Dalton. Il a dû le rencontrer là-bas. J'ignore cela pour le moment. Je repère un garçon au visage apeuré, au corps tendu comme un arc, se tenant un peu à l'écart des autres et n'ayant aucun contact physique avec eux. Mon cœur rate un battement.
« Tu es ici » soufflais-je en le pointant sur le cliché.
Le Kurt de la photo a l'air bouleversé et très maigre. Son agression devait être fraîche. Physiquement et moralement. J'essaie de ne pas pleurer. Oh mon maniaque du contrôle...
« Oui je suis là » confirme Kurt.
« Duval te les a données ? »
« Oui. Mes premiers mois à Dalton sont flous tu sais »
« Je peux te comprendre Kurtie. Tu étais profondément blessé en intégrant cette école »
« Je sais mais... je n'ai aucun souvenir d'avoir croisé Clarington pourtant... »
Je crois que je vois où Kurt veut en venir. Lui qui aime tant le contrôle ne se souvient pas de l'homme qui tente de détruire sa vie petit à petit alors qu'ils se sont certainement côtoyés au lycée.
« Hunter c'est lui ? »
Il hoche la tête et cache son visage dans mon torse. J'embrasse son front et caresse son dos. Je détaille le Hunter de l'époque. Il n'est pas très différent de celui que je connais. Il est seulement plus agressif. Chose que je ne pensais pas possible. D'ailleurs, un détail me revient à l'esprit.
« Lors de son premier coup de téléphone, Hunter a dit qu'en d'autres circonstances, il serait celui plein aux as. Tu as une idée de ce que ça veut dire ? »
Je sens Kurt se tendre.
« Quel salopard... Non, il manque certaines pièces au puzzle »
« Tu penses qu'il est jaloux de ta réussite ? »
« Ça se peut. J'en sais rien »
« Il était au courant qu'on se fréquentait toi et moi quand j'ai postulé à The New Press. Il avait peut-être en tête de me chopper depuis le premier jour seulement pour te blesser toi »
Mon ventre se tord douloureusement.
« Je ne pense pas » grogne Kurt en me regardant, « les traces de ses recherches sur nous commencent quelques semaines après que tu sois entré à The New Press. Sterling pourrait te dire quand exactement. Et Blainey, il s'est tapé tous ses assistants avant toi et il a pris des vidéos »
Kurt repose son visage sur mon torse et resserre son étreinte. J'essaie de ne pas laisser transparaître mon malaise quand je me repasse toutes les discussions qu'Hunter et moi avons échangés. Depuis le début, j'éprouvais une sorte de tension en sa présence. Mais je ne me suis jamais fié à mon instinct. Kurt dit vrai : je ne me soucie pas de mon propre bien. Il s'était mis en colère quand j'avais voulu aller à Miami avec Hunter. Merde, j'aurais terminé sur des images dégueulasses. Cette pensée me retourne l'estomac. Kurt a aussi pris des clichés de tous ses soumis.
« Nous sortons du même moule »
Non. Mon mari ne ressemble pas du tout à ce malade. Je baisse les yeux vers lui. Il est lové contre moi, comme un petit garçon effrayé.
« Kurt, essaie d'en parler à ton père »
Ses yeux bleus apeurés s'accrochent aux miens.
« Je peux lui téléphoner si tu veux ? » proposais-je.
Il fait non de la tête.
« Je t'en prie » l'implorais-je.
Kurt me dévisage.
« Je vais le faire » murmure-t-il.
« Tu peux lui rendre visite. Je peux t'accompagner si tu veux »
« Non il viendra. En plus, nous sommes en week-end. Il a toujours des dîners d'affaires » complète-t-il doucement.
« Téléphone-lui au moins. Il sait ce que tu as vécu à cette époque. Il pourra mieux te réconforter que moi »
Je tourne la tête vers la table de chevet. Il est 18 heures passées. Kurt me dévisage stoïquement quelques secondes.
« Ok » concède-t-il finalement.
Il se redresse et prend son IPhone dans sa poche. J'enroule mes bras autour de lui et appuie ma joue sur son torse.
« Papa ? »
On dirait qu'il ne s'attendait pas à avoir Burt directement.
« Oui Blaine ça va... On est rentrés chez nous. Duval m'a apporté des documents. J'ai déjà croisé Clarington avant... A la Dalton Academy... Je ne me rappelle pas avoir été avec lui »
Je sens que Kurt est plus bouleversé qu'il ne le laisse paraître.
« Oui... Tu peux vraiment ?... Oh merci papa »
Il lâche son portable.
« Il vient »
Il semble étonné que son père abandonne tout pour son fils unique. Oh mon Kurt...
« Je vais aller passer des habits... mieux »
Kurt me tient contre lui.
« Ne bouge pas »
Je fais ce qu'il me dit et essaie d'emmagasiner toutes les nouvelles informations sur le passé de mon mari.
OoOoOoOoOoO
Carole m'enlace avec précaution et tendresse.
« Oh Blaine, Blaine mon chéri. Tu as sauvé nos deux enfants. Merci. Merci du fond du cœur » murmure-t-elle.
Je m'empourpre, touché et mal à l'aise. Burt me prend dans ses bras et frotte mes boucles. Santana me saute dessus et me serre de toutes ses forces. Je suffoque à cause de la souffrance. Elle ne le voit pas.
« Merci Hobbit. Merci » souffle-t-elle en embrassant pleins de fois mon visage.
« Santana ! Lâche-le ! Tu lui brises ses côtes cassées ! » s'écrie Kurt.
« Excuse-moi Blainey »
« Ce n'est rien » lâchais-je en respirant à nouveau.
Elle porte une robe moulante jaune pâle et des talons vertigineux de la même couleur. Ses cheveux sont relevés dans un chignon lâche. Aucune trace de l'épreuve qu'elle vient de vivre. Je suis content d'avoir passé une chemise et un jean à la place du survêt' de Kurt quand même.
Santana va se blottir contre son torse en posant ses mains sur ses hanches. Mon mari donne les deux photos à Burt. Il fronce les sourcils en examinant les clichés et enroule son bras autour de la taille de Carole.
« Fiston... »
Burt appuie sa main sur l'épaule de Kurt. Joey arrive à cet instant.
« Monsieur ? Mademoiselle Moore et Monsieur Evans sont dans l'ascenseur »
« Bien. Merci Joey » dit Kurt en plissant le front.
« J'ai prévenu Zoé qu'on débarquait chez vous » dit fièrement Santana, « on va pouvoir porter un toast à Blainey comme ça »
Je prends tendrement la main de Kurt. Burt lance un regard noir mais doux à la latina.
« Je crois qu'on a de quoi grignoter. Tu viens Santana ? »
Elle hoche la tête et prend ma main pour aller dans la cuisine. Kurt entraîne son père et Carole dans son bureau pour discuter en privé.
OoOoOoOoOoO
Je sais que je vais passer un mauvais quart d'heure dès que Zoé sort de l'ascenseur.
« Qu'est-ce que tu avais en tête Anderson ? »
Tout le monde nous regarde.
« Zoé c'est bon. Ils m'ont tous déjà engueulés. Pas toi aussi s'il te plaît »
Une seconde, j'ai peur que la fureur de Zoé Moore s'abatte sur moi mais non, elle m'enlace simplement.
« Merde Blaine. Je me demande si tu es débile parfois » murmure-t-elle.
Elle pose un long bisou sur ma joue et je vois ses yeux briller.
« J'ai cru, on a tous cru, qu'on t'avait perdu »
« Pas de larmes Zo' ou je ne pourrais pas me retenir »
Elle s'éloigne et sèche discrètement ses larmes. Elle respire pour retrouver un semblant de contrôle.
« Nous apportons une bonne nouvelle pour égayer tout ça. Sam et moi nous allons nous marier au printemps. Tu voudras bien être mon témoin ? »
« Oh ! Bien sûr ! C'est génial ! Bravo, je suis sincèrement content pour vous »
Je serre Zoé puis m'avance vers Sam. Il ne me donne pas de sermons. Je lui en suis reconnaissant. Il me serre fort tout en prenant garde de ne pas me blesser. Santana me donne un verre de champagne.
Kurt sort de son bureau avec Burt et Carole. Il a l'air déboussolé. Pas assez cependant pour fusiller Sam qui me tient contre lui.
« Sam » dit-il froidement.
« Kurt » répond mon meilleur ami un peu plus gentiment.
« Évite l'alcool avec tes cachets bébé »
Kurt baisse les yeux vers mon verre. Qu'est-ce que j'aimerais boire. Un truc plus fort que du champagne en plus. Carole vient se mettre près de moi dès que Sam me lâche. Elle pose sa tête sur mon épaule, ce qui me surprend assez.
« Tu ne risques rien avec un coupe » chuchote-t-elle d'un ton conspirateur.
Je ris doucement et boit un peu. Kurt nous fixe d'un air mécontent mais affectueux. Sam et Burt se lancent dans une discussion sur le base-ball et l'atmosphère se détend.
Au bout d'un moment, Burt vient à ma droite et pose sa main sur mon bras. Carole s'écarte et sourit avant de partir dans le salon avec tous les autres. Burt et moi nous retrouvons seuls.
« Il va bien ? » lui demandais-je doucement.
« Tous ces souvenirs l'ont remués » chuchote Burt, « tout cela lui rappelle aussi les instants qu'il a eu avec Elizabeth, sa mère, et d'autres épreuves aussi. C'est douloureux pour nous tous mais le pire est pour lui. Je veux l'aider par tous les moyens. Je suis content qu'il m'ait passé ce coup de fil. Il nous a avoué que tu l'avais un peu forcé pour qu'il le fasse »
Burt sourit gentiment. J'acquiesce en rougissant un peu.
« Tu fais ressortir ce qu'il y a de meilleur en mon fils. Il n'obéit qu'à toi »
Je fronce les sourcils. Non, il y a aussi Smythe le Détraqué. Kurt a raconté des choses à ce sujet à Burt pendant que j'étais inconscient mais je ne m'en rappelle pas.
« Allons rejoindre les autres gamin. Tu me parais fébrile. Je n'avais pas prévu que Santana allait créer un rassemblement chez vous »
« Ce n'est pas grave. J'aime vous avoir ici » affirmais-je sincèrement.
J'aime voir tous nos proches parce que Kurt est heureux avec eux. Il ne manque que Cooper pour que je sois totalement content. Je me love contre Kurt.
« Tu es fatigué mon cœur ? » souffle-t-il de sorte que je sois le seul à entendre.
Je hoche la tête.
« Coop me manque beaucoup aussi »
« Quand il sera assez bien pour quitter l'hôpital, on lui libérera une chambre ici pour qu'il se remette totalement. Il est le bienvenu tu le sais ? »
J'acquiesce encore et il embrasse mon front avant de retourner à sa conversation avec Burt et Sam.
OoOoOoOoOoO
« Ma famille t'idolâtre complètement » grogne Kurt en se déshabillant.
Je suis sous les couettes et contre les oreillers. Je le dévore des yeux.
« Ils ont tout à fait raison » dis-je distraitement alors qu'il quitte son pantalaon.
« C'est vrai mon bébé »
« Alors, ton père a éclairci quelques trucs ? »
« Oui. Il sait pourquoi Clarington est obsédé par nous »
Je hausse les sourcils de surprise.
« Oh ! Raconte ! »
Il passe son bas de pyjama et me serre contre lui en se faufilant dans le lit.
« Mon père se souvient très bien de mes premiers mois à Dalton. Il connaissait cette école grâce au père de Sebastian. Ils étaient amis à l'époque »
Je fait tout pour ne pas réagir puérilement à l'entente de ce prénom.
« Enfin bref. Mon père s'inquiétait beaucoup pour moi même si Dalton était réputée pour sa tolérance zéro à la violence. Alors il a demandé à Monsieur Smythe que Sebastian fasse en sorte de surveiller mes arrières. Je l'ai rencontré comme ça. Sauf qu'à ce moment, Sebastian avait un petit-ami »
« Hunter ? » soufflais-je.
Il hoche la tête et continue :
« Sebastian a obéi à son père et s'assurait que rien ne m'arrive au lycée. Mais dans le processus, il a délaissé Hunter qui était éperdument amoureux de lui. Tu sais ensuite ce qui est arrivé entre Sebastian et moi » conclue Kurt avec prudence.
Je reste silencieux et fixe mon mari en ressassant ce qu'il vient de me dire. Je ne connais pas toute l'histoire avec le détraqué mais je suis déjà au courant des grandes lignes... Hunter devait sûrement être taré à la base quand même...
« Clarington voulait donc dire ça quand il parlait d'autres circonstances. Il s'en prend à nous parce que Smythe t'a préféré à lui ? »
« Oui. Je vais relater tout ça à Sylvester. Elle en fera ce qu'elle voudra »
Je niche mon visage dans le cou de Kurt et il soupire de soulagement.
« Merci Blainey »
« De quoi ? »
« D'avoir cuisiné pour tout le monde ce soir »
« Oh... Santana a aidé et Mercedes fait toujours les courses »
Il sourit gentiment.
« Tu vas bien bébé ? »
« Oui et toi ? »
« Aussi »
Il m'interroge du regard, incertain de ma question. Oh... Je crois que je vais lui montrer où je veux en venir. J'effleure les poils sous son nombril qui disparaissent sous l'élastique de son boxer. Il rit et immobilise mes doigts.
« Non, non, non »
Je boude et il embrasse mes phalanges.
« Mon Blainey... Quel monstre ai-je créé ? »
Il pose un baiser sur mon front.
« Je pense à des choses pour nous occuper ce soir » commençais-je.
Je gigote contre lui mais des spasmes douloureux traversent ma poitrine à cause de mes côtes cassées.
« Mon cœur, tu es blessé. Sois sage. J'aimerais te raconter quelque chose en plus... »
J'arrête de bouger.
« Tu m'as souvent dit que tu avais envie de connaître... »
Il devient silencieux et prend un inspiration, les paupières closes. Les petits cheveux dans ma nuque se hérissent. Sa voix est si tendre et lente.
« Un vendredi soir, un jeune garçon de seize ans sortait d'un restaurant de sa ville d'origine après avoir dîné avec sa meilleure amie... »
Il s'allonge sur le côté et me tire dans la même position pour qu'on soit en face l'un de l'autre, le bleu verrouillé au mordoré.
« Santana était partie de son côté en voiture pour rentrer chez elle à l'autre bout de la ville. J'ai refusé qu'elle me dépose chez moi parce que je n'habitais pas loin. Je traversais la nuit noire tout seul, à pied »
Oh merde. Il est décidé à me raconter son passé !
Voilà pour ce modeste chapitre.
C'est l'avant-dernier de Nuances. Des larmes ? Où ça ? Non c'est juste une poussière que j'ai dans l'œil. J'espère pouvoir garder chacune des personnes qui lisent cette fic jusqu'à l'épilogue et même jusqu'à l'OS du mariage.
N'hésitez pas à me donner votre avis dans une review :')
Je publierais le dernier chapitre de mon bébé vendredi 14. Pas celui-là, le prochain :*
Bisous, bisous
Votre humble et dévouée Cindy :)
