Coucou tout le monde !
Voici l'OS que j'ai fait pour Nuances. Si vous ne l'avez pas lu, ce n'est pas très grave, ça ne vous gênera pas pour la compréhension je pense. Je tiens à m'excuser pour l'attente entre la fin de Nuances et cet OS mais la reprise des cours et les problèmes personnels m'ont un peu fait oublié tout ça donc désolée.
Merci aussi à toutes les personnes qui ont pris la peine de laisser des commentaires sur l'épilogue de Nuances et qui continuent d'ajouter la fic dans leurs favoris. Je ne vous oublie pas. J'aurais aimé vous répondre comme d'habitude mais je n'ai pas accès à Internet donc c'est difficile.
Je voulais aussi vous prévenir que, finalement, je me suis relancée dans la traduction dont je vous avais parlé. Je vais essayer de la terminer rapidement pour que vous l'ayez. J'ai aussi commencé ma nouvelle fic, j'ai terminé un chapitre. J'avance doucement mais sûrement alors j'ignore quand elle sortira.
Voilà, voilà pour les personnes qui m'avait demandé lors de leur dernière reviw...
J'espère que cet OS vous plaira :')
ENJOY !
Our Day Will Come
« Papa tu veux bien qu'on fasse le mariage ici ? »
Je ne sais pas vraiment si c'est une bonne chose que Kurt demande ceci à son père, juste après la dispute à propos du contrat de mariage. L'atmosphère est encore tendu bien que tout le monde soit retourné à ses occupations. Enfin jusqu'à ce que Kurt ouvre la bouche bien évidemment.
Je sens que tous les yeux sont vrillés sur moi ou sur Kurt.
Burt ne bouge plus, la tête cachée derrière son journal. Un instant, j'ai peu qu'il refuse, que Kurt se sente rejeté et qu'il annule tout. L'expression de Carole ne me rassure pas du tout en plus. On dirait qu'elle se pose les mêmes questions que moi. J'imagine que l'affrontement entre Burt et Sebastian a beaucoup touché le plus vieux, mais encore plus, sa discussion avec Kurt juste après. Je ne sais toujours pas ce que le père et le fils se sont dits mais je pense que ça les a bouleversés l'un comme l'autre. Je ne connais pas le lien qu'il y avait entre Sebastian et Burt mais il devait être assez fort pour que le père de Kurt soit déçu et presque blessé.
Je remarque que la main de Kurt est toujours dans la mienne. Il la serre avec appréhension en attendant la réponse de son père.
Burt se désintéresse finalement de son journal pour regarder son fils droit dans les yeux. Les doigts de Kurt étreignent un peu plus les miens.
« Tu aimes ce garçon Kurt ? Tu l'aimes au point de vouloir passer ta vie avec ? Au point de pouvoir mourir pour le tenir en sécurité ? »
« Oui papa » rétorque Kurt avec assurance, sans baisser le regard.
« Bien parce que le mariage n'est pas un engagement que tu peux briser quand tu le veux et que tu peux prendre à la légère. Si tu n'es pas prêt à tout donner à Blaine, il ne faut pas plonger dans le mariage. Tu comprends fiston ? »
Je déglutis et tourne la tête vers Kurt. Dieu ce que Burt peut être effrayant... Mon fiancé ne faiblit pas et son expression est empreinte de respect et de certitude.
« Papa tu sais très bien ce qu'il représente pour moi. Je n'avais jamais été aussi heureux avant qu Blaine n'entre dans ma vie. Je crois que si je le perdais maintenant, j'en mourrais. Tu sais bien que je ne prends pas cet engagement à la légère. Je suis vraiment prêt, plus que prêt à m'unir à Blaine »
Je pose ma tête sur son épaule et serre nos mains enlacées contre mon torse. Le fait que Kurt dise tout ça devant nos proches représente beaucoup. Burt a l'air de comprendre cela aussi. Il se tourne d'ailleurs vers moi. Je me remets droit aussitôt.
« Tu as sauvé mon garçon Blaine. Tu dois prendre soin de lui maintenant. C'est ton rôle désormais.
J'acquiesce.
« Je vous le promets Monsieur Hummel »
« Appelle-moi Burt gamin. Tu fais partie de la famille »
Il sourit et je sais que c'est bon. Kurt se détend à côté de moi et embrasse ma tempe.
« Donc tu veux bien qu'on se marie ici ? » demande-t-il à nouveau à son père.
« Techniquement, la maison est à toi fils mais oui. Je serais plus qu'heureux de vous voir vous marier chez nous »
Burt se lève et vient nous enlacer tous les deux.
« Je suis fier de vous les garçons »
Il ébouriffe nos cheveux et se serre une tasse de café.
« Vous avez convenu d'une date mes chéris ? » s'enquiert Carole, le sourire aux lèvres.
« Je pense qu'un mois c'est bien. On aura le temps de tout préparer. Blainey ne veut pas une grande réception, seulement nos proches alors un mois c'est bien. Hein bébé ? »
Je le regarde et sourit en hochant la tête.
« Un mois c'est très bien »
Les prochaines semaines ne vont pas être de tout repos !
OoOoOoOoOoO
J-25
Après quelques jours à savourer notre nouveau statut de fiancés, Kurt et moi avons décidé de nous lancer dans les préparatifs du mariage. Nous avons déjà l'endroit de l'union et de la réception donc une tâche en moins. Je pense que trouver un lieu approprié à New York dans un laps de temps relativement court aurait posé problème.
Enfin nous n'avons pas à nous préoccuper de cela.
Kurt n'a pas voulu faire appel à un organisateur de mariages, préférant tout faire seul, en bon maniaque du contrôle qu'il est. C'est exactement pour ça qu'on a passé notre journée pendus au téléphone. Il n'y a pas moyen de trouver un prêtre qui veuille bien nous unir. On a beau dire que New York est une ville ouverte d'esprit mais il reste et restera toujours des personnes contre les mariages gay. Désolant.
Kurt raccroche après un énième coup de téléphone. Je ne lui demande même pas la réponse qu'il a reçu. Je la connais déjà. Je le sens perdre patience. Il vient se blottir contre moi dans le canapé.
« J'en ai marre Blainey. La journée est presque terminée et on n'a toujours personne »
Je soupire et caresse ses cheveux.
« Je sais mais on va y arriver. Tous les deux »
Il fait une moue, peu convaincu.
« Si on n'a pas de prêtre, on ne peut pas se marier. Tu ne seras pas à moi... »
Je relève sa tête de mes doigts pour pouvoir le regarder dans les yeux.
« Je suis déjà à toi Kurt. Je te l'ai déjà dit et je te le répéterais. Tu n'as pas besoin de me passer la bague au doigt pour savoir que je t'aime et que je t'appartiens »
Il grogne et me pousse sur le canapé pour que je sois couché sous lui. Il me surplombe de tout son corps et colle son front au mien.
« Oui mais en étant marié avec toi, je ne serais plus le seul à savoir ça. Le monde entier le saura »
J'effleure sa pommette du dos de mes doigts et j'embrasse la commissure de ses lèvres.
« Je sais Kurt. Je pensais que tu avais compris la signification du 'Oui' »
Il rit joyeusement et se blottit contre moi. J'enroule mes bras autour de lui et le serre fermement, heureux de sentir son poids sur moi.
« On devrait réessayer une fois pour ce soir Blainey. Mais si on me répond encore une fois « non, notre congrégation n'accepte pas les unions homosexuelles », je fais un massacre d'accord ? »
Je glousse et lui prends le portable des mains.
« Je vais m'en charger dans ce cas. Donne-moi le prochain numéro de la liste »
« Blaine, tu es une petite chose autoritaire » dit-il ironiquement en se penchant tout de même vers la table basse pour prendre le papier.
Il m'énonce le numéro que je tape sur l'écran de son IPhone. Les tonalités d'appel résonnent alors que Kurt se love à nouveau contre mon cou. Je passe distraitement mes doigts dans sa chevelure épaisse et douce quand une voix rocailleuse me répond.
« Bonsoir. Désolé de vous déranger à cette heure mais c'est en quelque sorte une urgence... Non, rien de grave. Pourrais-je parler au prêtre Phillips s'il vous plaît ?... Oh d'accord, bonsoir mon Père... Alors voilà, mon fiancé et moi voulons nous marier mais personne n'accepte de nous unir sous prétexte qu'on est gay... Hmm, dans un mois ce serait l'idéal... Oui ce serait parfait... Oh vraiment ?!... Merci mon Père. Merci du fond du cœur, vous nous sauvez la vie !... Blaine Anderson et Kurt Hummel... Oui dans la maison du père de mon fiancé... Bridgeport... Bien sûr, on vous transmettra toutes les informations... Merci mon Père, merci... A bientôt dans ce cas »
Je raccroche et Kurt me regarde, les yeux pétillants.
« Il a accepté ? »
Je hoche la tête avec un énorme sourire.
« On va se marier le premier juillet Kurt ! »
Il se redresse et me donne un baiser langoureux avant d'en déposer partout sur mon visage. Je ris et le serre contre moi de toutes mes forces.
« On va se marier Kurt »
« Oui c'est fantastique ! Tu arranges toujours tout. Tu es mon héros Blainey »
Je l'embrasse à pleine bouche et soupire quand il mordille doucement mon cou et qu'il passe sa main sous mon tee-shirt. L'énormité de ce que je vis me tombe dessus. Je vais épouser Kurt. Mes pensées dignes d'un conte de fées s'effacent quand la bouche de mon futur mari s'attaque au point sensible de mon cou.
Futur mari...
OoOoOoOoOoO
J-20
Le prêtre Phillips dispose de toutes les informations pour nous permettre de réaliser notre bonheur : l'adresse de la maison Hummel, la date de la répétition et de la cérémonie officielle. Il a tout. Je suis surexcité, stressé, impatient plus le jour J s'approche. Je sais que Kurt est dans le même état que moi mais lui ne le montre pas grâce à son légendaire self control.
Je le regarde alors qu'il dort encore contre mon épaule. Il a l'air d'un ange comme ça : ses traits sont détendus et ses lèvres sont entrouvertes. Quelques mèches de ses cheveux retombent mollement sur son front. Un rayon de Soleil chatouille sa jolie peau pâle.
Je me retiens plusieurs fois de le toucher. Je me sens coupable dès que mes doigts s'approchent de ses joues. Je ne veux pas briser sa quiétude. D'un autre côté, j'ai envie de parler avec lui tranquillement dans l'intimité de notre chambre avant de devoir se presser pour aller au bureau.
Je passe la pulpe de mes doigts sur sa repousse de barbe le long de sa mâchoire dessinée. Il marmonne quelque chose d'incompréhensible mais ne se réveille pas. Je m'approche un peu plus de lui et dépose un bisou papillon sur le bout de son nez. Cette fois, j'ai une réaction plus convaincante. Ses lèvres se retroussent à peine dans un sourire.
J'accentue un peu mon toucher sur sa joue.
« Suis réveillé Blainey »
Je glousse doucement et embrasse le coin de sa bouche.
« Bonjour mon amour » murmurais-je tendrement.
Il ouvre ses jolis yeux. Le bleu est empli de douceur et de sommeil quand il s'accroche au doré des miens. Mon cœur se gonfle d'amour pour lui. Il a l'air d'un petit garçon et il est adorable.
Il enroule son bras autour de ma taille et niche son visage dans mon cou. Il dépose un baiser sur ma gorge.
« Bonjour mon Blainey. Hmm, tu sens tellement bon... »
Je le serre contre moi.
« Et dire que je vais avoir ce genre de réveil tout le reste de ma vie... » ajoute-t-il dans un soupir heureux.
Il relève la tête vers moi.
« J'ai encore le temps de dire non tu sais... »
Il fronce les sourcils et j'explose de rire. Je m'arrête quand la lueur menaçante dans son regard fait son apparition.
« Tu mériterais une fessée pour cette plaisanterie vraiment pas drôle »
Je ris à nouveau quand je vois de la malice pétiller dans ses yeux.
« Tu ne vas pas me dire non Blainey ? »
Sa voix est toute petite. Je le dévisage sérieusement et remarque son expression vulnérable.
« Bien sûr que non. Je blaguais Kurt. Excuse-moi » soufflais-je en l'enlaçant plus fort.
Il respire le parfum de ma peau mais ne dit rien de plus. On reste tous les deux dans un silence confortable, brisé parfois par le son humide d'un baiser.
« Tu sais qui tu veux inviter pour le mariage ? » me demande-t-il finalement.
Je réfléchis un instant avant de répondre.
« Cooper, Zoé, Sam, Steve et Paul »
« C'est tout ? » s'étonne-t-il, « tu ne veux pas que des amis du travail viennent ? »
Je mordille ma lèvre.
« Ok, alors Sugar et Kitty. C'est tout. Les autres, je ne leur parle pas vraiment »
Il acquiesce et n'ajoute rien. Je baisse les yeux vers lui.
« Et toi ? »
« Oh... Santana et mon père va appeler mes grands-parents et certains cousins j'imagine »
Je n'ose pas lui demander s'il veut que certains de ses amis viennent. Il n'en a pas beaucoup de toute façon. Est-ce qu'il veut inviter Sebastian ? Il ne fait aucune allusion à ça donc moi non plus. Ce n'est pas la peine de remettre le sujet sur le tapis.
« Je pensais inviter le Docteur Schuester et sa femme. Tu crois que c'est inapproprié ? »
« Non Kurt. Je suis sûr qu'ils seront ravis de venir »
Il sourit.
« Bien. Je vais demander à Pierce et Mary de venir et bien sûr, Joey et sa fille, Mercedes et tous les autres »
Je caresse son visage avec un sourire. Je suis content qu'il prenne lui-même l'initiative de tous les inviter. Il a beau dire que ce sont ses employés mais il les apprécie réellement.
« C'est parfait. Tu sais qui sera ton témoin et ta demoiselle d'honneur ? »
« Je crois que Satan m'arracherait les yeux si elle n'avait pas ce rôle. Et mon père sera mon témoin »
Je glousse doucement et il fait de même.
« Et toi bébé ? » s'enquiert-il.
« Zoé et Coop. C'est d'accord pour toi si Sam se charge d'apporter les bagues ? »
« Bien sûr. Tout pour te faire plaisir mon cœur. Je suis vraiment impatient »
Il m'embrasse tendrement en encadrant mes joues de ses mains.
« Moi aussi Kurt, moi aussi »
Il plonge à nouveau vers mes lèvres et nous nous perdons dans la bouche de l'autre jusqu'à ce que la sonnerie du réveil perce notre bulle d'amour.
OoOoOoOoOoO
J-15
Dès que la liste d'invités a été établie et que les faire-parts ont été envoyés, le temps passe à vive allure. Nous ne voyons plus les jours s'écouler plus le mariage approche. Kurt a contacté le traiteur pour la cérémonie et pour la répétition et je me suis chargé de trouver les musiciens. J'avais vraiment aimé le groupe présent lors du bal de charité alors j'ai demandé le numéro à Carole. Kurt est content de ce choix aussi alors tout va bien.
Aujourd'hui on a prévu de trouver chacun notre costume. Mais séparément. Je sais bien que Kurt lève les yeux au ciel quand je parle des traditions et de tous les petits trucs qui portent malheur. Cependant, il accepte mes croyances et il n'a pas repoussé mon idée de ne pas dévoiler notre tenue à l'autre avant le jour du mariage.
[Blaine]
Cooper est arrivé chez nous depuis hier. Il restera à la maison, dans la chambre d'amis, jusqu'au jour du mariage. Je crois que s'il n'était pas là, avec moi, je perdrais la boule et je n'aurais pas le courage d'atteindre le jour de la cérémonie. Je pense que Kurt n'apprécierait pas vraiment que je le largue devant l'autel. Cooper est mon moyen de garder les pieds sur terre.
On est partis tôt tous les deux pour être certains de trouver le costume parfait. Je me doute bien que ça ne va pas être une tâche facile mais cela me permet au moins de passer une journée en tête à tête avec Cooper. Ce n'était pas arrivé depuis que j'avais été lui rendre visite chez lui.
Alors qu'on entre dans une énième boutique de styliste de la journée, Cooper parle soudainement très sérieusement.
« Tu es sûr que tu veux te marier Blaine ? Tu es tellement jeune et tu n'as jamais eu de petit-copain avant Kurt... J'ai peur que tu te précipites »
Il s'avance dans une allée pleine de rouleaux de tissus tous plus précieux les uns que les autres et il évite de croiser mon regard. Il doit me cacher quelque chose. Il n'avait jamais émis la moindre objection au fait que j'épouse Kurt. Je m'approche de lui.
« Fais-moi confiance Coop... Je sais que ça ressemble à une décision prise sur un coup de tête mais je ne suis pas comme ça. Cooper, tu le sais bien ? »
Il soupire et pose sa main sur mon épaule.
« Oui je le sais Blainey... C'est juste bizarre de voir mon petit frère devenir un homme. C'est bizarre quand je me dis que tu n'es plus mon petit doudou que je consolais quand il faisait un mauvais rêve »
« Oh Cooper... »
J'enroule mes bras autour de lui et le serre aussi fort que je peux. Je ne lui ai jamais dit mais je suis mort de trouille qu'il m'abandonne après que je sois marié à Kurt. J'ai peur qu'il pense que je n'ai plus besoin de lui dans ma vie parce que j'ai trouvé Kurt. Mais c'est faux. Je ne pourrais jamais me détacher complètement de Cooper. Il prend soin de moi depuis toujours. Il est la personne la plus importante dans ma vie avec Kurt bien sûr. Je m'écarte pour pouvoir le regarder.
« Coop, je serais toujours ton petit frère et ton petit doudou quoi qu'il arrive. Rien n'effacera ça. Je te le promets »
Il me sourit faiblement avant de baisser la tête pour chuchoter à peine :
« Je suis jaloux tu sais ? Je suis jaloux que tu réussisses à avoir ta vie à toi, sans moi. C'est horrible et égoïste, j'en ai conscience mais c'est plus fort que moi »
Mon cœur se brise en entendant les mots de mon grand frère. J'étais certain que ça arriverait. Je le savais parce que j'ai déjà ressenti ça quand Cooper avait une petite-amie. J'étais jaloux que cette fille me prenne mon grand frère. J'avais peur que Cooper aime sa nouvelle conquête plus que moi. Je me souviens de m'être aussi senti coupable d'avoir ces sentiments. Cooper mérite d'être heureux et d'avoir une jolie femme qui prenne soin de lui.
« Tu n'es pas égoïste Coop. Tu n'as pas le droit de dire ça. Si tu n'avais pas fait des sacrifices toute ta vie pour moi, je ne serais pas là. Je t'interdis de dire que tu es égoïste. N'importe quoi mais pas ça »
« Mais... Je veux ton bonheur Blaine, sincèrement, mais c'est mal que je pense ça »
« Cooper arrête ça ! Si tu es égoïste, je le suis autant que toi alors. S'il te plaît, ne pense pas ça de toi. Tu es mon grand frère et j'aurais toujours besoin de toi. Tu es mon modèle depuis que j'ai vu le jour »
Cooper me lorgne un instant avant de me prendre dans ses bras. Je l'entends renifler et je le sens cacher son visage dans mes boucles. Il me garde un moment contre lui avant de me lâcher.
« Je suis génial, c'est normal que je sois ton modèle »
Je ris doucement. Je connais assez bien mon frère pour savoir que sa prétention n'est qu'une carapace.
« En parlant de ça... Coop, tu veux bien être mon témoin ? Il faut que je demande à Zoé pour être ma demoiselle d'honneur »
Il me fixe un instant, silencieux avec une expression sérieuse. Il finit par lâcher un petit cri aigu et il sautille sur place d'un air excité.
« Oh oui, oui Blainey ! Si tu avais choisi quelqu'un d'autre, j'aurais été blessé »
« Ça ne peut être personne à part toi Coop »
Il ébouriffe mes cheveux et se tourne vers un étalage de tissus.
« Tu sais quel costume tu vas porter ? » lui demandais-je en regardant un trois pièces banal.
« Non. J'avais prévu d'en trouver un aujourd'hui, pourquoi ? »
« On pourrait en avoir des assortis non ? Peut-être pas entièrement mais ta cravate pourrait être de la même couleur que mon costume par exemple, tu vois ? »
« Oui ça me paraît bien... Bon minus, te connaissant, on peut d'entrée virer tous les costumes noirs ou blancs classiques. Tu n'es pas une personne classique Blainey » ajoute-t-il en se tournant vers moi, « tu aimes toujours le violet ? »
Alors que Cooper regarde toutes les nuances de violet qu'il peut trouver dans la boutique, mon regard est attiré par une étoffe superbe. Kurt a tenu à ce que j'ai un costume sur mesure pour qu'il corresponde exactement à mes envies. Pour une fois, je suis content que Kurt me fasse profiter de son argent. Ça paraît peut-être superflu mais je veux que notre mariage soit parfait, qu'il n'ait aucun regret.
Je m'approche de ce beau tissu. Il a une teinte mauve tellement pâle qu'il semble blanc. Je le touche avec délicatesse et je sais que j'ai trouvé de quoi sera fait mon costume.
« Wow, c'est vraiment joli » chuchote Cooper derrière moi, « on dirait qu'après cette longue journée, tu as trouvé ton bonheur »
« Oui » souriais-je.
« Je vais chercher un vendeur. Je reviens minus »
Voilà quelque chose de concret, que je peux toucher. Je ne rêve pas.
En rentrant, il va falloir prévenir Zoé qu'elle sera ma demoiselle d'honneur. Note à moi-même : ne pas coller le téléphone à mon oreille.
[Kurt]
Je savais d'avance, même au moment où j'ai demandé Blaine en mariage, comment serait mon costume. Je n'en ai jamais parlé à personne, même pas à Santana, mais dans le fond de mon esprit, j'ai toujours espéré me marier. Je me suis souvent perdu dans mes pensées en imaginant la cérémonie, les décors, les costumes. Jamais je n'ai pourtant rêvé d'un fiancé aussi parfait que Blaine.
En réalité, j'aurais été capable de l'emmener à Las Vegas au milieu de la nuit pour pouvoir l'appeler mien le plus vite possible. Je sais que Carole ne m'aurait jamais pardonné ça et je suis certain, que sous ses airs insolents, Blaine souhaite avoir un mariage de prince. Il ne mérite pas moins de toute manière.
Joey me conduit chez mon styliste personne. Je sais que Blaine est avec Cooper aujourd'hui et je suis rassuré. Il est certainement la personne en qui j'ai le plus confiance en ce qui concerne la sécurité de Blaine. C'est bien pour cela qu'aucun garde du corps ne les a accompagnés dans leur virée shopping.
Je sais que cette histoire de tradition -ne pas voir la tenue de l'autre avant le jour J- compte pour Blaine. Mais je ne suis pas vraiment d'un naturel patient. Je vais mourir en attendant de voir mon fiancé dans son costume. Il pourrait porter n'importe quoi, il serait magnifique mais là, ce sera notre jour. Notre moment. Le monde entier saura que Blaine est à moi et à personne d'autre.
La voiture s'arrête devant l'immeuble du styliste. Joey sort pour venir ouvrir ma portière.
« Attendez-moi ici. Je ne serais pas long. Nous irons au bureau ensuite »
« Bien Monsieur »
Je prends ma sacoche sur la banquette arrière et m'engouffre dans le bâtiment. J'ai l'habitude de venir ici. Le styliste s'occupait tout ce qui touchait aux gardes-robes du Phénix.
Dès que Blaine m'a dit oui, j'ai commandé le tissu que je voulais pour mon costume. J'ai mis du temps à le trouver alors j'espère que ce ne sera pas décevant.
Je frappe à la porte du styliste et entre avant même qu'il m'ait indiqué de le faire.
« Monsieur Hummel ! » s'exclame le jeune afro-américain.
« Bonjour Darryl. Vous l'avez reçu ? »
« Oui, suivez-moi s'il vous plaît »
Je prends la suite du jeune homme et regarde les locaux dans lesquels il travaille. Darryl a toujours travaillé pour moi depuis mon arrivée à New York. J'aime l'efficacité et le professionnalisme de ce garçon. Je suis certain et je ne serais pas étonné si son nom devient l'un des plus connus dans quelques années. J'aime vraiment son travail et sa discrétion. Il est doué mais il ne le chante pas sur tous les toits, ce qui le rend plus honorable.
On entre dans une petite pièce sous le toit où la lumière du Soleil entre par une lucarne. Elle est très étroite mais suffit à illuminer la salle entière. Aucun éclairage artificiel n'est nécessaire. Je suis sûr que Blainey aimerait avoir une pièce comme ça dans notre maison. J'appellerais Santana après ce rendez-vous. Je lui dirais qu'elle conçoive la bibliothèque de la maison comme cet endroit. Je prends quelques photos et les lui envoie. De toute façon, je dois lui téléphoner pour lui annoncer -sans surprise- que je l'ai choisie comme demoiselle d'honneur. J'espère qu'elle sera heureuse. Je n'ai qu'elle en plus. Pierce n'est pas assez proche de moi pour que je lui demande au cas où Santana refuse. Je secoue la tête en entendant presque la voix de mon amour dans mon esprit « Ne soi pas si pessimiste Kurt, Santana t'adore et sera folle de joie à la nouvelle ».
Je m'intéresse de nouveau à Darryl qui sort un grand rouleau de tissu.
« C'est vraiment délicat. C'est un satin nacré blanc. Il coûte une petite fortune mais il est d'une qualité suprême »
« Oui j'ai mis un temps fou pour le trouver » répondis-je en fixant le rouleau de satin, « je peux ? »
« Bien sûr Monsieur, il est à vous après tout »
Je passe délicatement mes doigts sur le tissu. Il est léger comme de l'eau mais pourtant robuste. Il est doux au toucher. Exactement comme je l'avais imaginé.
« Parfait » chuchotais-je, « il est parfait »
Darryl hoche la tête d'approbation et il me sourit gentiment.
« J'ai dessiné un croquis comme vous me l'aviez demandé. Regardez »
Il me tend un carnet où, sur une page, le costume de mes rêves est dessiné.
« Il est exactement comme je veux. Vous êtes un génie Darryl »
Le styliste rougit avec modestie et me répond :
« Gardez les compliments pour le jour où vous aurez le costume fini devant vous Monsieur »
Voilà une autre chose que j'aime chez l'afro-américain : il n'est pas impressionné par mon argent et moi. Je ris d'un air amusé et acquiesce tout de suite.
« Entendu ! Vous avez toutes les mesures qu'il vous faut pour les patrons ? »
Darryl regarde une autre page de son carnet et fait la moue.
« Vous voyez un inconvénient à ce que je reprenne tout ? Je ne serais pas long, je veux que tout soit au point »
Je secoue la tête, bien que l'idée ne m'enchante pas. J'accepte et aime les caresses de Blaine mais seulement les siennes. Les autres sont insupportables. Darryl connaît cette mise en garde, c'est la raison même de son air incertain.
Je me place devant lui et reste immobile alors qu'il prend les mesures. Il fait bien attention à ne pas toucher mon torse autrement qu'avec son mètre. Il agit rapidement mais avec efficacité et, avec plus de temps qu'il ne faut pour le dire, il a terminé.
« Merci pour votre patience Monsieur Hummel. Je vais faire au plus vite »
« Le mariage est dans quinze jours »
« Ce sera largement prêt Monsieur »
« Mon fiancé Blaine devrait passer aussi »
« D'accord. Vous ne serez pas déçu »
« Merci Darryl »
Je tends la main vers lui et il me la serre en signe de salutation. Il me raccompagne en bas et me donne une nouvelle poignée de mains chaleureuse.
Joey ouvre la portière arrière et je m'engouffre dans la voiture. Alors qu'il s'installe derrière le volant, je compose le numéro de Santana.
« Salut Satan, tu as une minuté ? J'ai quelque chose à te demander »
OoOoOoOoOoO
J-5
La pression augmente peu à peu. La cérémonie officielle est dans cinq jours et je crois que je commence à perdre les pédales. Avec Kurt, on a choisi les décors pour le mariage et on en a informé Carole. Elle a dit qu'elle se chargerait des détails.
Dès que le thème et les couleurs ont été choisis, Kurt, Zoé, Santana et moi avons été sélectionner les robes pour les demoiselles d'honneur. On est tous tombés d'accord sur des robes jaunes pâles.
La couleur est joyeuse et festive, en accord avec notre décoration et les filles sont sublimes dedans. Les robes sont constituées d'un bustier surmonté d'une rangée de perles scintillantes et d'une jupe légère et vaporeuse qui descend jusqu'aux genoux. Le jaune éclaircit le teint laiteux de Zoé et fait ressortir la peau hâlée de Santana. Elles sont superbes et parfaites. Elles semblent aux anges en plus. Comme il n'y aura pas de robe de mariée, les filles peuvent se laisser aller à leurs envies.
Aujourd'hui, on répète la cérémonie pour voir si tout est en place pour le jour J. Le traiteur est là pour peaufiner les détails des menus avec Burt et Kurt. Quelques décorateurs discutent avec Carole pour les fleurs à mettre en centre de table et pour le design des serviettes. Le groupe de musique répète la liste de chansons qu'on leur a fait parvenir. Quelques ouvriers sont en train de monter un kiosque de bois blanc où on échangera nos vœux. Le chapiteau mauve et blanc sera pour le repas et les danses. Les musiciens sont installés dessous d'ailleurs.
Je suis au milieu de la pelouse et j'observe tout le monde, complètement tétanisé. J'ai l'impression que tout va de travers. La musique a l'air trop lente, la décoration trop chargée, les plats pas suffisants pour les invités. Mes mains tremblent violemment et mon souffle se bloque dans ma gorge. Ok. Crise de panique. Et dire qu'on a même pas nos costumes... Le styliste a dit qu'ils seraient prêts après demain.
Avant de me faire humilier devant tout le monde, j'entre rapidement dans la maison et je monte dans les étages jusqu'à l'ancienne chambre de Kurt. Ici, il n'y a aucun bruit, comme si j'étais coupé du monde. J'entre dans la pièce et ferme la porte derrière moi. Bien que Kurt ne vive plus ici depuis des années, son odeur est toujours présente. Je m'allonge dans le lit et colle un oreiller contre mon visage. Son parfum est vraiment concentré dans le tissu. Je soupire de bien-être et retrouve peu à peu mon calme. Ma respiration redevient normale et les battements de mon cœur sont de nouveau réguliers. Je ne sais pas combien de temps je reste allongé là mais j'imagine que j'ai disparu depuis un moment quand Kurt arrive, paniqué, dans la chambre.
« Oh, tu es là ! J'ai cru que tu étais parti »
Il referme la porte derrière lui alors que la raison de ma venue dans cette pièce me revient. Les battements de mon cœur redeviennent erratiques. Je secoue la tête quand il me regarde à nouveau. Il s'assoit à côté de moi, sur le bord du matelas, et passe une main dans mes cheveux.
« Qu'est-ce qui se passe mon cœur ? Tu es malade ? » demande-t-il d'une voix douce et inquiète.
Je fais non de la tête et lâche le coussin pour me blottir contre Kurt. Il enroule immédiatement ses bras autour de moi et embrasse le haut de ma tête. L'oreiller ne lui rend pas justice : son odeur est mille fois mieux directement sur sa peau. Il monte et descend ses doigts dans mon dos tout doucement.
« Je suis là bébé. Je te tiens, ne t'en fais pas »
Je soupire et me laisse aller à son contact.
« J'ai paniqué en voyant tout achevé »
« Tu regrettes ? »
Sa voix d'ordinaire si sûre et contrôlée tremble d'angoisse. Je lève les yeux vers lui pour trouver une expression identique. Je caresse sa joue du dos de ma main. Il ferme les yeux et suit mon toucher.
« Je ne regrette rien du tout mon amour. Je veux devenir ton mari mais de voir toutes ces choses mises en place, ça rend tout vraiment réel et je me demande... »
Je me tais et il m'interroge de son beau regard bleu.
« Qu'est-ce que tu te demandes Blainey ? »
« Si je vais être à la hauteur le jour du mariage. Imagine, je m'entrave et je me casse la figure devant tout le monde. Tu aurais la honte de ta vie et... »
Il m'empêche de continuer en posant ses lèvres sur les miennes avec une douceur infinie. Lorsqu'il s'écarte, son regard est empli de tendresse.
« Même si tu tombes, si tu viens en survêtement ou en pyjama, si tu oublies tes vœux, je m'en fiche bébé. Je veux me marier avec toi juste comme tu es. Je veux que tu apportes ta maladresse et ton innocence, ton insolence et ta beauté. Je veux tout de toi. Je t'aime juste comme tu es Blaine Devon Anderson. Ne t'inquiète pas »
Je le regarde avec un air énamouré. J'encadre son visage de mes mains et embrasse lentement, langoureusement et tendrement ses lèvres. Je m'écarte quand le manque d'air devient insupportable.
« Je t'aime aussi. Tu as toujours les mots pour me rassurer »
« C'est mon rôle de presque mari » souffle-t-il en posant un baiser sur ma joue.
Je souris et il me pousse sur le matelas. Il s'allonge près de moi et me serre contre lui. Il niche son nez dans mes boucles.
« Dis Blainey, tu préfères Anderson-Hummel ou Hummel-Anderson ? »
Je réfléchis avant de me décider.
« Hummel-Anderson c'est mieux. En plus, tu es en premier. Ça rappelle le début de notre relation »
Il glousse et embrasse mon crâne.
« Si tu veux. Je préfère cette option aussi »
Je souris et soupire de bonheur.
Blaine Hummel-Anderson. Ça en jette.
On reste comme ça, sans rien dire, un temps indéterminé. Je me sens mieux, moins paniqué. Kurt est parfait. Il peut me calmer avec quelques paroles et quelques gestes doux et tendres.
« On redescend ? Ils vont tous se demander où on est passé » dit-il calmement.
Je me redresse et embrasse délicatement ses lèvres.
« Oui, allons-y Monsieur Hummel-Anderson »
Le sourire éblouissant qu'il m'offre fait taire les doutes qui persistaient dans ma tête. Je n'ai pas à avoir peur. Kurt est l'amour de ma vie et je le rends heureux. C'est amplement suffisant.
OoOoOoOoOoO
J-1
Tous les préparatifs sont achevés et tout est prêt pour le mariage. On a été choisir nos alliances séparément pour l'autre. On veut garder la surprise jusqu'au dernier moment. On a confié les bagues à Sam. Le styliste nous a aussi appelé pour nous prévenir que nos costumes étaient terminés. Je suis allé voir le mien et je ne suis pas déçu. Il est exactement comme je me l'étais imaginé. Kurt m'a dit qu'il était très content du sien aussi. C'est le même styliste qui a fait nos costumes mais il a reçu l'ordre de ne pas me montrer celui de Kurt et vice-versa. Encore une fois, on veut que la surprise soit totale le grand jour.
Comme nous sommes satisfaits, Darryl va faire transférer les costumes à la maison de Burt où toute la cérémonie se déroulera. Les robes des demoiselles d'honneur y sont déjà ainsi que le costume de Cooper. Toutes les affaires nécessaires pour notre préparation ont été emmenées et Joey a déposé nos valises pour notre lune de miel. Je ne sais pas du tout où on va. Kurt a tenu à garder tous les détails pour lui. Il a accepté de respecter la tradition pour les costumes et les bagues alors je lui dois bien ça. Je ne lui pose pas de questions sur la destination, même si je meurs d'envie de savoir.
Je suis étrangement calme et serein pour demain. Ma crise de panique passée lors de la répétition, je n'ai plus douté. Kurt a été super ces derniers jours. Je sens bien qu'il devient nerveux et qu'il est une vraie boule d'impatience mais il est parfait. Il est encore plus serviable et généreux que d'ordinaire. Le fait d'avoir Cooper près de moi me fait aussi beaucoup de bien. J'ai l'impression d'être revenu à l'époque où on vivait tous les deux à San Francisco à la maison alors nos parents étaient une fois de plus absents. Il s'occupait de moi avec soin, comme si une tâche de la plus haute importance lui était livrée. Ce sont mes meilleurs souvenirs d'enfance d'ailleurs.
Je ne regrette pas de ne pas avoir prévenu mes parents. Kurt n'a fait aucun commentaire là-dessus. La plupart des gens souhaiteraient avoir leur père et leur mère auprès d'eux pour le plus beau jour de leur vie mais moi, non. Ils n'ont jamais été rien de plus que mes géniteurs. Les personnes qui comptent pour moi seront là le jour de notre mariage et c'est tout ce qui importe.
[Blaine]
« Tu sauras te débrouiller pendant mon absence ? Si tu as le moindre problème, tu m'envoies un mail ou tu me laisses un message sur ma boite vocale d'accord ? »
« Oui Blaine, tu me l'as déjà dit je-ne-sais-combien de fois. Tu m'as tout bien expliqué. Je saurais gérer. Profite de ta lune de miel et ne pense pas au travail » m'assure Kitty.
C'est mon dernier jour avant une grande pause d'un mois. Je suis autorisé à partir après le déjeuner, Cameron comprenant très bien pourquoi. Je vais tout laisser entre les mains de Kitty, mon assistante, et j'ai un peu peur. Non pas que je ne lui fais pas confiance mais je m'angoisse juste pour elle. Si elle dérape pendant mon absence, ce sera elle qui paiera mais ce sera certainement ma faute pour ne pas l'avoir assez prévenue ou formée. Je veux être sûr qu'elle soit prête avant mon départ.
« Allez, rentre chez toi Blaine ou je te chasse à coups de pied dans le derrière »
Elle me sourit gentiment et ses yeux s'animent d'une lueur amusée.
« Bien, bien, je m'en vais. Laisse mes fesses tranquille ! »
Elle rit gentiment en serrant contre elle les dossiers que je lui ai confiés. Je range mes affaires dans ma sacoche et récupère mon portable sur la table. Je n'ai ni appels manqués ni messages. Kurt doit être occupé à laisser les rennes de son entreprise à Pierce j'imagine.
« On se voit demain alors ? Tu seras au mariage ? » demandais-je à la jolie blonde.
« On se voit demain. Repose-toi pour être le plus beau des mariés »
« Compte sur moi »
Je lui souris et lui fait une bise en passant devant elle pour quitter mon bureau. Kitty est l'assistante parfaite. Elle simplifie beaucoup de choses ici.
Je descends dans le hall et m'assure que Sugar viendra aussi. On est vite devenus amis tous les deux. Cette fille est un vrai rayon de Soleil. Elle est une des raisons pour lesquelles j'aime tant travailler ici. Je lui fais un petit signe de main quand elle m'a confirmé sa présence et je sors dans l'air chaud et lourd de New-York. Je contourne le bâtiment pour aller récupérer ma voiture.
Quand j'arrive dans le parking, quelqu'un me tire en arrière et plaque sa main sur ma bouche. La peur monte en moi tout de suite. C'est quoi ce bordel putain ?! Mes réflexes de boxe s'enclenchent et je serre mon poing, prêt à me retourner et à frapper mais l'inconnu parle tout doucement contre mes cheveux.
« N'aie pas peur petit doudou, ce n'est que moi »
Je me détends tout de suite en entendant la voix de Cooper. Je relâche mon poing et me débtas pour le regarder mais il me tient en place.
« Non, non. Joue le jeu. On te kidnappe »
« On ? Qui ça on ? Coop, c'est pas drôle, tu me fais peur »
« Mais tu ne risques rien, je te le promets. Je suis venu avec des amis »
Il pointe du doigt un gros 4x4 noir où deux personnes cagoulées et habillées de noir sont installées dedans. Je ne comprends rien et les battements de mon cœur sont complètement fous.
« Tu me fais confiance Blainey ? » me demande Cooper d'une voix douce.
J'hésite un moment et j'essaie d'analyser la situation. Je ne comprends rien. Qui sont ces personnes dans la voiture ? Pourquoi Cooper fait tant de mystères ? Mon grand frère ne me ferait pas de mal. Il tient trop à moi pour ça. J'inspire profondément en espérant ne pas le regretter.
« Oui je te fais confiance.
« Génial ! Je vais te bander les yeux alors! »
Il passe un foulard devant mes yeux et le noue correctement derrière ma tête. Le fait que Cooper soit avec moi me rassure malgré tout. Je ne sais pas qui sont les deux autres personnes mais mon frère ne laissera rien ni personne me blesser.
Je le sens se placer à côté de moi. Il place sa main dans mon dos et m'incite à avancer.
« Détends-toi minus » dit-il d'un ton joyeux et excité.
Je grogne alors que je marche, le laissant me guider. On arrive à la voiture car le bruit d'une portière qui s'ouvre est fort dans mes oreilles. Cooper m'aide à m'installer sur la banquette. Il grimpe à côté de moi et claque la portière. Il boucle ma ceinture et le silence se fait.
Mes sens sont décuplés comme je ne peux pas voir. C'est pourquoi je crois déceler le parfum de Zoé dans l'habitacle mais je n'en suis pas sûr. En tout cas, l'odeur familière me rassure un peu plus et je crois commencer à comprendre ce qui se passe.
On roule un bon moment en silence. Je n'ai aucune idée de l'endroit où on peut se trouver. Finalement, la voiture s'arrête mais personne ne parle. Je sens les mains de Cooper passer derrière ma tête jusqu'à atteindre le nœud du foulard.
« Un, deux, trois » décompte-t-il.
Je retrouve la vue en même temps que tout le monde crie :
« ENTERREMENT DE VIE DE GARCON ! »
J'explose de rire, soulagé de ne pas être tombé sur une équipe de tueurs psychopathes. Les deux autres personnes à l'avant sont Sam et Zoé. Je ne m'étais donc pas loupé, c'était bien son parfum.
« On s'est dit que ton kidnapping serait plus vrai avec une mise en scène » rit Sam.
« Je me serais mis à crier comme une fille si Cooper ne m'avait pas parlé »
Je regarde mon frère. Il me sourit avec gentillesse et tapote mon épaule.
« C'est pour ça qu'on l'a envoyé lui. On savait que tu lui ferais confiance » ajoute doucement Zoé.
« C'est aussi pour ça qu'on lui a attribué la prochaine tâche » lâche Sam avec un sourire diabolique.
« La prochaine tâche ? »
Cooper a toujours le foulard entre les mains. Il le lèvre prudemment et m'adresse une moue désolée.
« Je dois te le remettre pour la suite. C'est la dernière fois »
Avant que j'ai pu vérifier l'endroit où ils m'avaient traîné, Cooper a déjà remis le bandeau sur mes yeux. Je suis vraiment rassuré de savoir que mes amis sont avec moi et non pas une bande de détraqués qui aurait menacé Cooper pour m'amadouer.
Cooper prend gentiment mon bras et m'aide à sortir de la voiture. Je n'aime pas vraiment ne pas savoir où je suis mais je ne dis rien. Mon frère me pousse doucement vers un bâtiment dont il m'ouvre la porte. Il fait frais à l'intérieur et une forte odeur de peinture entre dans mes narines. Cooper me fait entrer dans une autre pièce. Il reste derrière moi et défait le nœud du foulard.
« Blainey, joue le jeu. Garde les yeux fermés jusqu'à ce que je reparte »
Je ne dis rien mais j'acquiesce pour lui montrer mon accord. Le bandeau tombe mais mes paupières restent closes. Je sens qu'il se place devant moi. Il ébouriffe mes cheveux et retourne vers la porte.
« On va vraiment s'amuser minus » assure Cooper avant de s'en aller.
Ses pas s'éloignent dans le couloir alors je m'autorise à ouvrir les yeux.
Je suis dans une sorte de vestiaires. Il y a un banc en bois sombre le long d'un mur et un paquet blanc repose dessus. Je le défais et trouve un grand costume de lapin.
Mais c'est quoi cette connerie encore ?!
Une petite enveloppe tombe de l'emballage. Elle contient un mot de Zoé d'après l'écriture.
Enfile ce costume et dirige-toi vers la porte sur ta droite. Le reste sera indiqué.
Je lis plusieurs fois les instructions et hésite à les exécuter. Qu'est-ce qu'ils vont me faire au juste ? Je ne sais pas ce que c'est cet endroit et pourquoi j'ai besoin de mettre ce costume.
Je soupire et le passe avec appréhension. Ce ne sont que mes amis. Ils ne vont pas me faire de mal, tout au plus des choses qui vont me faire flipper.
Je sors par la porte à ma droite et, comme le mot disait, tout est indiqué. Je suis les flèches sur le sol et arrive devant une autre porte close. Je prends une profonde inspiration et la pousse. Un mélange d'émerveillement et de peur grandit dans mon ventre. Émerveillement parce que la pièce est comme la reconstitution d'une immense forêt. Tous les détails sont là. Peur parce que je sais où je suis et ce qui va m'arriver.
Mes craintes se confirment quand cinq personnes entrent dans la pièce face à moi avec des pistolets à peinture entre les mains.
Ils m'ont emmené dans un club de paintball.
Je me doute que Cooper, Sam et Zoé sont là mais qui sont les deux autres ? Ils abaissent tous leurs masques et je ne peux pas m'empêcher de sourire. Steve et Paul sont là. Une instant la panique s'éloigne en voyant mes deux amis présents.
« Mon cher Blaine, je pense que tu sais où on est. C'est la première étape de ton enterrement de vie de garçon » commence Sam, « tu connais le principe du paintball et tu sais quel costume tu as enfilé. On va jouer au lapin et aux chasseurs. Devine qui a le rôle du lapin »
Oh mon Dieu, les cons... Je déglutis alors qu'ils explosent de rire, visiblement amusés.
« Je vous jure que vous allez me le payer »
« Tu n'es pas en mesure de nous menacer joli cœur »
« Mais vous êtes cinq et je suis seul... »
« C'est ce qui sera amusant »
Le début de partie est annoncé et ils remettent leurs masques. Je m'éloigne pour me cacher derrière un gros arbre. Je vais étriper celui qui a eu une idée aussi merdique. Et dire que c'est la première étape... Qu'est-ce qu'ils m'ont réservé pour la suite ?
J'entends un mouvement sur la gauche alors je me déplace lentement et aussi discrètement que possible avec ce costume débile. La première bille de couleur part et je me mets à courir.
Bizarrement, c'est vraiment amusant et excitant comme jeu. Plus le temps avance et plus je prends plaisir à jouer, à courir, à échapper à leurs tirs. L'ambiance est géniale et tout le monde rit sans retenue.
Je n'aurais pas dû douter d'eux. Ils ont préparé des activités fantastiques pour moi. J'ai hâte de voir quelles surprises ils me réservent pour la fin d'après-midi.
[Kurt]
Je regarde Blaine sortir du salon avec un sourire sur les lèvres et je m'autorise à fixer son cul. Et Dieu quel cul... Je n'arrive toujours pas à croire que cette petite chose innocente, douce et belle à s'en damner soit à moi. N'importe quel homme aurait pu avoir Blaine avant moi. Il me fait souvent la remarque que beaucoup de monde se retourne à mon passage mais, ce qu'il ne sait pas c'est qu'il produit le même effet sur les gens. Il ne se rend pas compte d'à quel point il est magnifique. Au début, j'étais vraiment jaloux que d'autres hommes regardent mon Blainey. Si j'ai remarqué sa rareté, d'autres aussi. Maintenant, je suis toujours jaloux bien sûr mais je suis aussi fier parce que Blaine est mien. Peu importe les personnes qui le reluquent, c'est avec moi qu'il va se marier.
Je soupire de bonheur quand j'entends le bruit indiquant que les portes de l'ascenseur se referment. Je trempe mes lèvres dans mon café et me perds dans mes pensées.
Demain, je serais marié avec Blaine. L'homme qui m'a montré que la vie en valait la peine. Pas la vie que je menais avant notre rencontre, non. La vraie vie. Pleine de couleurs et de joie. Blaine a réussi à exorciser un bon nombre de mes démons. Il y en a encore dont il ne connaît pas l'existence mais on a l'éternité pour les détruire. L'éternité... Même moi, je n'aurais jamais cru pouvoir vivre tout ça. Si on m'avait raconté l'histoire que j'ai avec Blaine aujourd'hui, une année en arrière, j'aurais certainement explosé de rire.
Alors que je suis perdu dans mes pensées, j'entends la voix de Joey depuis l'entrée.
« Monsieur ? Mademoiselle Lopez est dans l'ascenseur »
Qu'est-ce que Satan fout ici à cette heure ? Je fronce les sourcils en réfléchissant.
« Faites-là entrer Joey »
« Bien Monsieur »
« Oh, Joey ? »
« Oui Monsieur ? »
« Vous viendrez demain ? Au mariage ? J'ai demandé à votre ex-femme si Lilly pouvait venir aussi »
« Nous viendrons dans ce cas »
Il semble hésiter à continuer et bouge sur ses pieds d'un air mal à l'aise.
« Je... Je suis content pour vous Monsieur. Monsieur Anderson est l'homme qu'il vous faut. Je vous souhaite tout le bonheur du monde »
Je le regarde fixement sans rien dire. Avant Blaine, je me disais que tous mes employés n'étaient que des employés. Mais je me suis rendu compte qu'ils étaient des amis comme Pierce ou même des membres de la famille comme Joey ou Mercedes. Je ne suis cependant pas prêt à leur montrer ma sympathie pour eux. Je dois rester tout de même Kurt Hummel, leur patron.
« Merci Joey »
Il m'adresse un signe de tête courtois et gentil, je crois. Le Ping de l'ascenseur retentit au même moment, brisant cette petite gêne entre lui et moi. Joey disparaît dans le corridor avant de revenir quelques secondes plus tard aux côtés de Santana.
« Merci » lançais-je à Joey alors qu'il s'éclipse discrètement, « tu es tombée du lit Satan ? »
Elle sourit et entre dans le grand salon, ses talons hauts claquant sur le parquet. Elle s'approche de moi et pose ses mains sur mes épaules. Elle embrasse ma joue avec tendresse.
« Bonjour Porcelaine. Tu es tout seul ? Ton hobbit s'est faufilé sous un meuble et tu ne peux plus le chopper ? »
Elle se sert une tasse de café en faisant comme chez elle alors que je secoue la tête.
« Arrête de l'appeler comme ça Satan. Et non, il est juste parti au travail »
Elle boit une gorgée de son café quand je tourne la tête vers elle. Elle me regarde d'un air songeur.
« Qu'est-ce que tu fais là si tôt Tana ? »
Elle me lorgne un instant et finit par me sourire.
« Je suis venue te kidnapper pour la journée »
« Pardon ?! Si toi tu te la coules douce toute l'année, moi j'ai une boite à faire tourner »
« Hé ! Calme-toi, respire et décoince-toi nom de Dieu. J'ai appelé la délicieuse Elena avant de venir. Pourquoi je n'ai toujours pas eu de rencards avec elle hein ? »
Je secoue la tête et rit doucement.
« Peut-être parce qu'elle a un petit-ami et que toi, tu es une femme doublée d'une perverse diabolique »
Elle me pointe du doigt en attrapant une brioche fumante que Mademoiselle Jones a préparée ce matin.
« Exactement Porcelaine ! Je suis une bombe, elle ne pourra que succomber »
Je lève les yeux au ciel en terminant ma tasse. Santana me fixe avec un grand sourire alors qu'elle mâche sa brioche.
« Pourquoi tu as ce sourire niais Satan ? Tu t'imagines en train de manger des bébés chats ? »
Elle explose de rire et me donne une petite tape joueuse sur l'épaule.
« C'est bon de savoir que la garce Hummel sommeille toujours en toi. Et non, je ne pense pas à mon déjeuner. C'est juste que Blaine et toi vous avez les mêmes mimiques parfois. Tu sais comme les couples qui ont passés cinquante ans de leur vie ensemble »
Je ne dis rien mais lui sourit timidement. J'aimerais tellement passer le reste de ma vie avec Blaine. Rien ne pourrait me faire plus plaisir que ça.
« Alors tu me kidnappes pour quoi au juste ? » lui demandais-je finalement.
« Si je te le dis, ce n'est pas drôle Kurt »
Elle sirote son café lentement alors que Mademoiselle Jones apparaît comme par magie. Elle débarrasse ma tasse et mon assiette vides et papote avec Santana.
Une surprise... Je n'aime pas tellement ça. Je n'aime pas ne pas savoir ce qu'on va faire de moi. J'entends presque la voix de Blaine criait dans ma tête « Maniaque du contrôle ». Il a raison même si je ne l'avouerais jamais dans ces termes. Je tourne la tête vers Santana et l'observe. Elle est vraiment jolie mais toujours célibataire. Je sais qu'elle a une cœur énorme sous ses airs de petite peste. Elle me l'a montré et elle m'a certainement sauvé la vie. Elle cache sa générosité et sa douceur derrière un mur de pierres pour ne pas être blessée. Exactement comme moi...
« Ne me regarde pas comme ça Hummel, je pourrais tomber amoureuse »
Je souris et me retiens de rire. Je me mets debout et m'étire.
« On y va Satan ? Je vais demander à Joey de préparer la voiture »
Elle bondit et se place devant moi d'un seul coup.
« Non Porcelaine. C'est moi qui conduit aujourd'hui »
« Santana tu sais que... »
Elle me coupe en plein milieu de ma phrase.
« Oui je sais que tu détestes ça mais fais-moi confiance. Tu voudras abandonner ton hobbit et m'épouser moi après ce que j'ai prévu »
Je ne la reprends même pas pour le surnom de Blaine et soupire.
« Bon ok, je viens avec toi. Je n'ai pas intérêt à le regretter ou tu vas m'entendre »
« Mais oui ! » dit-elle avec une excitation à peine contenue, « décoince-toi Kurt, tu te sentiras bien mieux ! »
Elle prend ma main avant que je ne lui réponde et me tire jusqu'à l'ascenseur. Elle appuie sur le bouton du sous-sol et les portes se referment. Je me demande ce qu'elle va faire de moi. Est-ce que je dois prévenir Blaine ? J'espère qu'elle ne m'entraîne pas dans l'un de ses coups foireux parce que je me marie demain.
Je me marie demain...
Oh non.
Les portes s'ouvrent à nouveau sur le parking souterrain du Phénix. Elle m'attire hors de la cabine en tenant fortement ma main. Elle m'emmène devant sa voiture rouge flamboyante.
« Santana, si tu es en train de faire ce à quoi je pense, je veux te rappeler que mon mariage est demain »
« Oh mais tu seras chez Burt à l'heure demain. Je t'en fais la promesse »
Elle m'adresse un de ses sourires diaboliques qui fait tout sauf me rassurer. Elle m'indique ensuite la voiture.
« Allez grimpe Kurt. Je te jure que tu seras en mesure de copuler demain ! »
Je ne réponds pas et me contente de m'installer sur le siège passager en levant les yeux au ciel. Santana se met derrière le volant et démarre en douceur. Elle fait toujours attention à sa conduite quand je suis à bord. Elle sait ce qui s'est passé avec ma mère.
Elle sort du parking et s'engage dans la circulation new-yorkaise en direction du sud. On quitte plus ou moins rapidement Manhattan en empruntant le pont. Aucun de nous deux ne parle alors que nous passons le panneau indiquant que nous quittons l'État de New York.
Une chanson d'Alanis Morissette emplit l'habitacle agréablement. Je regarde Santana chantonner doucement pour elle-même.
« Merci Santana » lâchais-je d'un coup, sans même réfléchir.
Elle tourne la tête vers moi, un peu surprise.
« Pour quoi ? »
Je hausse timidement les épaules.
« Pour tout en fait. Pour être entrée dans ma vie, pour m'avoir poussé à monter mon entreprise et tout le reste. Je ne serais pas où je suis sans toi. Je ne serais même plus là du tout sans toi »
Elle ne me répond pas et je m'attends presque à une de ses piques fines bien placées. Mais non.
« Je n'avais personne avant toi Kurt. Toi aussi tu m'as permis de devenir la femme que je suis. Tu es mon seul pilier depuis toujours. Je... Je crois que j'en mourrais si je te perdais »
Elle a son habituelle expression froide et lointaine mais je vois de l'émotion et de l'honnêteté dans ses grands yeux bruns. Je pose ma main sur sa cuisse et elle met sa paume dedans.
« Tu es comme mon... »
Elle s'arrête en plein milieu de sa phrase.
« Ton quoi Tana ? »
« Tu es mon frère. Pas « comme ». Tu es mon frère. Carole, Burt, toi et bientôt Blaine, vous êtes ma famille »
Je lui souris tendrement et caresse ses doigts de mon pouce.
« Tu es ma sœur Santana. Ma sœur, ma meilleure amie et certainement la femme de ma vie »
Elle rit doucement et secoue la tête.
« Je suis au moins certaine que ce titre ne me sera pas retiré par une de ces beautés qui te font de l'œil à longueur de journée »
« N'exagère pas Santana quand même, il n'y en a pas tant que ça qui me regarde... »
« Demande à Blaine et on en reparlera »
Santana m'adresse un sourire en coin avant que le silence ne revienne dans la voiture. Nous entrons dans une petite ville du New Jersey. Je ne sais pas du tout ce qu'on fait ici.
Alors que je regarde le paysage de ce petit coin de campagne, Santana reprend la parole.
« Je t'aime Kurt. Je ne te l'ai jamais dit jusqu'à maintenant parce que j'avais peur que tu te braques mais je t'aime vraiment. Ne l'oublie jamais »
Je la fixe en restant silencieux. Ça fait bizarre d'entendre ces mots d'une autre personne que Blaine. Je ne suis toujours pas habitué à ce que ce genre de sentiments puissent être éprouvés pour moi. Je ne pense pas être une personne adorable, aimé de tous, comme mon Blainey.
« Moi aussi Santana » lui répondis-je simplement, réservant ces mots pour Blaine seulement.
Elle me sourit avant de redevenir sérieuse.
« Smythe vient au mariage ? »
« Non. Je ne voulais pas qu'il vienne à la base mais après ce qui est arrivé à mon anniversaire, Blaine et papa m'auraient étripé si je l'avais invité »
« Oui Burt m'a raconté... »
« Alors tu comprends » conclus-je.
Elle acquiesce et ne dit rien jusqu'à ce qu'elle s'arrête sur un pont très haut. Deux autres voitures sont garées non loin. Je vois Pierce et sa petite-amie Mary descendre de l'une et un homme dans la cinquantaine faire de même de la seconde. Je me tourne vers Santana qui sourit fièrement.
« Un jour, tu m'as dit que tu rêvais de faire du saut à l'élastique près d'une cascade d'eau pour te sentir vivant. Regarde » dit-elle en pointant du doigt ma fenêtre.
Une superbe cascade dévale le pan d'une falaise à toute vitesse. Je ne remarque que maintenant le grondement de l'eau courante. C'est vraiment magnifique.
« Je me disais que ce serait un cadre idéal pour passer cette dernière journée de célibataire » ajoute-t-elle.
« C'est parfait. Merci Tana »
Je serre tendrement sa main avant de sortir de la voiture. Pierce et Mary viennent vers nous, tout sourire, et l'homme nous rejoint. Il est là pour la sécurité. Il nous explique toutes les règles à suivre pour ne pas se faire mal en sautant.
Santana m'aide à passer le harnais. Elles m'ont désigné pour sauter le premier. Je prends sur moi quand l'homme attache les liens et l'élastique dans mon dos. Je pense que Santana l'a prévenu de ne pas me toucher car je n'ai eu aucun contact direct avec lui.
« Tout est en place » dit joyeusement Bill, « vous pouvez passer derrière la rambarde »
Je fais attention en m'approchant du bord du pont et me tient fermement.
« Dès que vous vous sentez prêt, vous pouvez y aller » complète-t-il.
J'acquiesce et respire profondément, le cœur battant. Je regarde Santana et lui souffle un merci avant de verrouiller mes yeux sur la chute d'eau.
Je clos les paupières et compte jusqu'à trois.
Un.
Deux.
Trois.
Et je me laisse tomber dans le vide.
OoOoOoOoOoO
Jour J
[Blaine]
Après m'avoir massacré, toute la bande m'a traîné au bord de la mer pour faire du flyboard jusqu'à la tombée de la nuit. Le flyboard est comme un gros harnais attaché dans le dos. Il est relié à la mer qui alimente les deux gros jets d'eau qu'on a sous les pieds et qui nous propulsent en l'air. C'est excitant et amusant en même temps.
Ils m'ont ensuite emmené dîner dans mon restaurant chinois préféré et on a terminé la soirée dans un club de strip-tease. J'ai bu quelques verres mais je me suis limité tout de même pour ne pas arriver avec une gueule de bois à mon propre mariage.
J'ai dormi dans mon ancien appartement dans mon ancienne chambre où tout a commencé. Et dire qu'il y a quelques mois en arrière, je n'avais jamais eu de petits-copains...
Cooper m'emmène chez Burt très tôt pour que je puisse me préparer correctement. Je n'ai pas parlé à Kurt depuis vingt-quatre heures. J'espère qu'il ne s'inquiète pas et que quelqu'un l'a prévenu quand même. Comme si Cooper venait de lire dans mes pensées, il dit d'une voix douce :
« J'ai envoyé un message à Kurt hier à l'heure où tu aurais dû sortir du travail pour lui dire que je t'avais kidnappé »
Je lui souris grandement.
« Merci Coop. Je n'aurais pas voulu que mon futur mari me fasse la tête le jour du mariage »
Il rit gentiment et tapote mon genou d'un geste amical.
« Il t'aurait fait la tête une minute avant de retrouver le sourire »
Je ne réponds pas et regarde le paysage défiler dehors. Lorsque nous passons le ponton, je sais qu'on est tout prêt de la maison.
« Kurt vient se préparer ici aussi ? » demandais-je à demi-voix.
« Euh oui, Carole me l'a dit mais elle s'est assurée que quoi qu'il arrive, vous ne vous croisiez pas. Elle est aussi superstitieuse que toi »
« Tant mieux. Je ne veux pas qu'un quelconque détail gâche notre mariage »
Le silence règne dans la voiture jusqu'à ce que Cooper se gare près de l'entrée. Je ne vois pas le parc derrière la maison mais ce n'est pas plus mal. Je préfère tout découvrir en temps voulu quand je rejoindrais Kurt devant l'autel.
Cooper m'entraîne au premier étage dans une chambre d'amis chaleureuse comme le reste de la demeure. Zoé est là et nous sourit quand nous entrons. Je vois qu'il y a une grande coiffeuse avec tout un tas de produits capillaires. Ma meilleure amie me pousse d'ailleurs vers le petit siège.
« Je vais te bichonner joli cœur de telle sorte que ton Monsieur Parfait va tomber amoureux de toi une nouvelle fois »
Je lui offre un doux sourire alors qu'elle se place derrière moi. Elle me le rend et commence son travail sur mes cheveux. Elle masse mes boucles, les démêle et les étend grâce à un fer à lisser. Je me laisse faire docilement et j'en profite pour observer Cooper. Il est assis sur le lit de la chambre et il me fixe sans ciller, comme perdu dans ses pensées. Je me demande ce qu'il a en tête. J'espère qu'il ne se fait pas trop de soucis pour moi même si j'ai conscience qu'il s'inquiétera pour moi jusqu'à son dernier souffle.
Zoé s'écarte de moi après avoir terminé de m'étaler un masque sur le visage. Je me regarde dans le miroir et me retient de rire. Tout ma figure est recouverte d'une épaisse couche verte.
« J'ai l'air d'un extraterrestre »
Elle fronce les sourcils et appuie ses poings sur ses hanches.
« Ne te plains pas Anderson. Tu laisses agir dix bonnes minutes et tu rinces à l'eau froide. Je viendrais faire tes cheveux à la dernière minute. Je vais aller me préparer avec Satan, je vous laisse entre frères »
Elle sourit et s'apprête à s'éloigner mais je la retiens par le poignet. Elle m'interroge du regard et je me mets debout. Je la prends dans mes bras en veillant à ne pas détruire le masque que j'ai sur le visage.
« Merci pour tout Zo'. Pour hier, pour ce que tu as fait aujourd'hui. Je t'aime tu sais ? »
Elle respire lourdement mais ne dit rien pendant un moment.
« Ne me fais pas pleurer maintenant alors que le mariage n'a pas commencé Blainey »
Coop et moi rions en même temps. Elle secoue la tête en souriant et s'éloigne.
« Je t'aime aussi Blainey. On se voit tout à l'heure »
Elle quitte la chambre rapidement, par pudeur je pense. Je me tourne vers Cooper avec un sourire. Il me fait de m'approcher de lui.
« C'est le grand jour hein ? » commence-t-il sans me regarder.
« Oui... »
Je le fixe pour essayer de déchiffrer son expression. Comme tout à l'heure, il a l'air à des kilomètres de cette pièce, de cette maison.
« Cooper, tu vas bien ? » l'interrogeais-je sans pouvoir cacher mon inquiétude.
Il évite ma question en m'en posant une autre.
« Tu n'es pas nerveux petit doudou ? »
Je réfléchis et cherche la moindre trace d'angoisse, même minime, dans mon corps mais rien. Rien de rien.
« Bizarrement non. Je me sens prêt et sûr de moi. Kurt est l'amour de ma vie. Je ne me vois pas passer le restant de mes jours avec un autre »
Cooper me regarde fixement et soupire. Il prend ma main et la serre fermement.
« Quand as-tu grandi ? » demande-t-il avec émotion, « jusqu'à maintenant, je n'arrivais pas à croire que mon tout petit frère allait se marier. Mais me voilà devant le fait accompli »
Ses yeux bleus vifs sont emplis de larmes bien qu'un énorme sourire étende ses lèvres. Je me serre contre lui et il enroule fermement ses bras autour de moi.
« Je suis tellement fier de toi petit doudou... Tu ne sais même pas à quel point » chuchote-t-il dans mes boucles.
Je soupire et respire l'odeur de son haut. La même odeur qui me rassurait quand j'avais cinq ans et que je faisais un cauchemar.
« Je serais aussi fier quand tu auras trouvé la femme parfaite et que tu feras des beaux neveux et nièces pour moi »
« Je sais pas si ça va arriver un jour Blainey »
Il s'écarte pour pouvoir me regarder dans les yeux.
« Et si aucune femme ne veut de moi, qu'est-ce que je vais faire ? Surtout que tu ne seras plus aussi disponible qu'avant après le mariage... »
Il baisse tristement la tête vers le sol et soupire.
« Coop... Regarde-moi »
Il relève les yeux vers moi d'un air dépité.
« Quand on était enfant, on s'est promis que quoi qu'il arrive, ce serait toi et moi contre le monde. Alors même si je suis marié et que tu as besoin que je sois avec toi, je viendrais à Los Angeles. Tu trouveras la femme parfaite et tu seras un papa génial. Tu m'as élevé moi et même moi j'ai trouvé un garçon »
« Tu es le meilleur parti de tous les États-Unis Blainey ! » dit-il avec force.
Je ris en reconnaissant bien là mon grand frère et son sens de l'exagération.
« Je serais toujours ton petit frère Coop, ne l'oublie pas »
Il hoche la tête et me reprend dans ses bras en reniflant.
« Je suis tellement fier de toi » répète-t-il.
Je souris grandement et tapote son dos avec tendresse jusqu'à ce qu'il me relâche.
« Je pense que tu peux rincer le masque maintenant » propose Cooper.
J'acquiesce et pars vers la salle de bains de la chambre, Cooper sur mes talons. Quand j'entre dans la pièce, mon regard est tout de suite attiré par le tissu irisé de mon costume. Le tissu presque blanc envoie des reflets mauves à la lumière du Soleil. Je m'approche doucement et le caresse délicatement du bout des doigts, comme si c'était la première fois que je le voyais.
« Il te plaît Blainey ? » s'enquiert mon grand frère d'une voix douce.
« Il... Il est parfait. Comme je me l'étais imaginé »
« Rince vite ton visage pour que tu puisses l'essayer »
Je n'attends pas qu'il me le répète. Je passe de l'eau froide sur la crème qui recouvre mes joues et je me sèche avec une serviette. Cooper sort pour que je puisse me changer. Je fais attention de ne pas abîmer ce sublime costume en l'enfilant. Il glisse sur moi comme de l'eau et s'ajuste parfaitement à chaque courbe de mon corps. Je me regarde dans le miroir. Je ne me reconnais presque pas. Je n'ai jamais rien porté d'aussi beau et fait pour moi.
La voix de Cooper me tire de ma contemplation.
« Blainey ? Blainey ? Il y a un problème ? » demande-t-il en toquant à la porte.
« Hmm... N-Non. Non, entre Coop, je suis habillé »
Il pousse la porte mais n'entre pas dans la pièce.
« Tu peux ent... » commençais-je en relevant les yeux vers son reflet.
Je me tourne rapidement pour lui faire face. Il a une main sur la bouche et ses yeux sont pleins de larmes.
« Cooper qu'est-ce qu'il y a ? »
« Tu... Tu es parfait. Tu es tellement beau petit doudou »
Il renifle quand je m'approche de lui. Je m'apprête à lui donner un câlin mais il m'arrête.
« Attends minus, tu n'as pas ton costume complet »
Je fronce les sourcils et baisse la tête pour m'observer.
« J'ai tout Cooper
« Non. Pas ça »
Il tient un superbe nœud papillon nacré entre ses mains.
« Laisse-moi te l'attacher Blainey »
J'acquiesce et lève le menton. Il le noue avec soin et dextérité autour de mon cou. Il tire délicatement de chaque côté du nœud et s'éloigne en souriant. Il caresse ma joue, toujours aussi ému.
« Mon petit doudou »
Il pose un bisou sur mon front.
« Je t'aime Coop. Je suis content que tu sois avec moi aujourd'hui »
« Je t'aime aussi et je ne pouvais qu'être ici »
Il me donne une étreinte affectueuse quand des coups sont donnés à la porte de la chambre.
« Vous êtes prêts les garçons ? La cérémonie commence bientôt » crie Zoé.
« Oui, entre » répondis-je en m'écartant de Cooper, « va te préparer grand doudou. Je crois que je vais m'en sortir »
Zoé entre dans la chambre et s'immobilise d'un seul coup. Elle a enfilé sa robe de demoiselle d'honneur.
« Ben merde alors... T'es tellement beau Blainey »
Cooper glousse et me tapote l'épaule en sortant de la chambre.
« Je t'emmène devant l'autel minus, on se retrouve en haut des escaliers »
J'acquiesce et me tourne vers ma meilleure amie.
« A nous deux prince des bouclettes »
[Kurt]
J'ouvre les yeux mais je ne reconnais pas tout de suite l'endroit où je suis. Je cille plusieurs fois et tourne doucement la tête de droite à gauche. Je n'ai bizarrement pas de gueule de bois même si on a bu avec les filles hier. Santana n'avait pas prévu que le saut à l'élastique. Dès qu'on a tous sautés près de la cascade, les filles m'ont emmené déjeuner dans un petit restaurant calme et chaleureux. Ensuite, Santana a pris la direction d'un aérodrome et on a fait de la chute libre. Le soir, elle nous a traîné Pierce, Mary et moi dans un bar gay dans New York où on a pas mal bu. Je pense qu'elle m'a stoppé pour que je n'arrive pas complètement saoul à mon mariage. De toute façon, je n'aime pas vraiment l'alcool. Ça a trop fait de ravages dans ma vie.
Après un moment de flottement, j'arrive à savoir où je me trouve. Dans ma chambre d'ado. Chez mon père. Santana a dû me conduire ici hier, enfin ce matin plutôt. Mais je ne me souviens de rien ce qui est plutôt étrange. Ce n'est pas grave, je ne risque rien ici. Je retombe contre les coussins et regarde le plafond en souriant.
Dans quelques heures, Blaine sera officiellement mien. Je suis tellement impatient de pouvoir le clamer et dire à tout le monde qu'il est mon mari. Mon parfait et sublime mari.
Je suis tiré de mes pensées par le bruit brusque de la porte de ma chambre qui s'ouvre. La tornade Santana entre dans la pièce et saute sans prévenir dans mon lit.
« Putain Satan, doucement » grognais-je en posant mon bras sur mes yeux.
Je la sens s'allonger tout près de moi. Je n'ai jamais partagé mon lit avec personne à part Blaine. D'ailleurs c'est étonnant que j'ai réussi à passer la nuit sans me réveiller. D'habitude, dès que Blainey sort de la chambre, mes cauchemars ressurgissent. Blaine... J'espère qu'il va bien. Je déteste rester loin de lui sans pouvoir lui parler.
« Allez Porcelaine, bouge-moi ce superbe cul. Ton hobbit ne va pas t'attendre trente ans »
Je tourne la tête vers elle et la fusille du regard.
« Tu ne veux pas me rendre mon téléphone ? Je voudrais pouvoir lui parler. Je n'ai eu des nouvelles que par Cooper depuis hier... »
« Non ! Pas de contacts. Que ce soit visuel ou autre » lâche-t-elle, catégorique.
« Mais Tana... Ce ne sont que des superstitions débiles ça » marmonnais-je.
« C'est peut-être débile mais Blaine y tient »
Je regarde à nouveau le plafond et soupire d'un air renfrogné. C'est vrai, Blaine veut vraiment respecter les traditions. Je lui dois bien ça. Je pense à quelque chose tout à coup.
« Est-ce que tu sais si tout est en ordre dans les bagages pour notre lune de miel ? Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier moi-même avant de partir hier matin »
« T'inquiète pas. Je m'en suis occupée moi-même et Joey aussi avec la liste que tu avais faite. Tu ne veux toujours pas me dire où vous partez ? »
Je secoue vivement la tête.
« Non. C'est une surprise. Je veux que seul Blaine le sache. Enfin j'ai été obligé de prévenir le pilote du jet bien sûr »
Elle fronce les sourcils avec une moue boudeuse. Elle a l'air d'une enfant quand elle fait ça.
« Tu es tellement énervant Porcelaine. Je n'aurais rien dit moi... »
Je lui souris gentiment et presse timidement sa main en signe de réconfort.
Je tiens vraiment à ce que Blaine soit le premier à découvrir où j'ai prévu de l'emmener. J'espère que ça lui plaira. Je sais qu'il n'a jamais voyagé hors des États-Unis. Ce devrait être un grand changement, même si ce ne sont pas vraiment des destinations conventionnelles pour un voyage de noces. De toute façon, je ne suis pas habitué à la convention.
Je sens le regard fixe de Santana sur moi. Sans la regarder, je souffle :
« Qu'est-ce que tu as Tana ? »
« Rien, rien. Je me disais juste que Blaine est parfait pour toi. Tu mérites la douceur »
Je m'apprête à lui sortir une des piques qu'on s'échange normalement mais je me retiens quand mes yeux se posent sur elle et son visage sérieux. Je passe doucement mon pouce sur sa paume. Je sais qu'elle aimerait trouver quelqu'un aussi. Elle a longtemps craqué sur Pierce mais tout a terminé quand elle a sur qu'elle avait une petite-amie. Je crois qu'elle flashe sur Zoé en ce moment mais je ne préfère pas m'aventurer sur ce terrain. Santana n'aime pas tellement parlé de sa vie privée.
Des coups sont donnés à la porte, brisant le silence confortable de la chambre.
« Oui ? » dis-je d'une voix forte.
Mon père entre dans la pièce en portant une grande housse noire. Il la pose sur le fauteuil près du lit et vient s'asseoir sur le bord du matelas. Il embrasse mon front puis celui de Santana.
« Zoé est en train de se préparer dans la chambre d'amis du deuxième. Tu veux bien aller la rejoindre ? » demande papa gentiment.
« Bien sûr Burt. Je reviendrais avant que tu ailles à l'autel Porcelaine »
J'acquiesce et elle embrasse ma joue avant de partir.
Je tourne la tête vers mon père quand la porte se referme. Ses yeux bleus électriques comme les miens sont posés sur moi et sont emplis de tendresse.
« Ça va bonhomme ? Comment tu te sens ? »
« Je suis un peu stressé. J'ai peur que Blaine se rende compte que je ne suis pas bon pour lui et qu'il parte avant qu'on soit mariés »
Il hésité et passe sa main dans mes cheveux. Je ferme les yeux au contact soudain et inhabituel. D'ordinaire, il n'ose pas me toucher. Je l'ai repoussé tant de fois avant. Je le regarde à nouveau.
« Blaine est un bon garçon. Il est intelligent et surtout, il t'aime. Dès qu'il pose les yeux sur toi, son visage s'illumine. Il ne pourrait pas partir même s'il y était obligé »
Je lui souris gentiment et me redresse.
« Quelle heure il est papa ? »
« Neuf heures fils. J'ai envoyé Santana te réveiller pour que tu ne sois pas en retard »
« Merci »
Mes yeux se posent sur la housse qu'il a emmené.
« C'est mon costume ? » l'interrogeais-je en passant ma main dans mes cheveux.
Il hoche la tête doucement avant de froncer les sourcils.
« Par contre, je ne sais pas si c'est normal mais il n'y a aucune cravate ou nœud papillon avec »
« C'est normal, je l'ai emmené à part. Ne t'inquiète pas »
« D'accord fiston »
Il se tait et entortille ses doigts dans un geste nerveux. C'est bizarre surtout comme je connais mon père. Il a l'habitude de ne pas tourner autour du pot quand il veut dire quelque chose. Ce doit être un sujet sensible alors... Il sort une élégante boite en velours noir de la poche intérieure de sa veste. Il soupire, l'ouvre et me la tend. Des boutons de manchettes reposent dans l'écrin. Deux sont gravés d'un E et d'un M entremêlés et les autres d'un B et d'un H. je relève les yeux vers lui.
« Ce sont ceux que ta mère m'avait offert pour notre mariage. BH c'est pour Burt Hummel et EM pour... »
« Elizabeth Moreau » finis-je tout doucement.
« Oui c'est ça mon grand. Écoute Kurt, je sais que tu ne veux pas en parler et je comprends, pour moi aussi c'est douloureux. Je voulais seulement que tu aies ces boutons de manchettes parce que c'est important pour moi que tu les portes. Tu pourras les offrir à ton fils à ton tour le jour de son mariage. Je veux juste que tu saches que, malgré tout ce qui est arrivé, ta mère t'aimait plus que tout Kurt. Je ne l'ai jamais vu plus heureuse que le jour de ta naissance. Je n'ai jamais été plus heureux que ce jour non plus »
Je passe délicatement mon pouce sur le métal des boutons et regarde mon père.
« D'accord papa. Je vais les porter »
Il me sourit et s'avance vers moi pour me faire un câlin mais il se retient au dernier moment. Il se contente de serrer mon épaule dans un geste maladroit. Je vois une lueur de douleur dans ses yeux. C'est rapide mais ça ne m'échappe pas. Je sais qu'il souffre de cette distance que je lui impose. Lui qui a toujours été si parfait avec moi. Il pourrait avoir le titre du père de l'année pour l'éternité tellement il est génial. Je baisse la tête avant d'enrouler mes bras autour de lui. Je le serre et m'écarte avant qu'il ait pu répondre à mon étreinte.
« Je t'aime Kurt »
« Moi aussi papa »
Je prends l'écrin et me lève pour aller dans la salle de bains. J'attrape mon costume au passage avant de m'enfermer dans la pièce.
Je m'arrête un instant pour repenser à ce que mon père m'a dit en fixant la petite boite. Même si je ne l'avouerais jamais, ma mère me manque. Elle était tout mon univers même si elle avait des problèmes. Quand elle était ma vraie maman, elle était fantastique. Je vais porter ces boutons de manchettes pour honorer les bons souvenirs que j'ai eu avec elle.
J'ouvre la housse et regarde avec satisfaction mon costume terminé. Darryl est vraiment un génie. Je ne regrette absolument pas d'avoir dépensé cette somme d'argent pour son travail minutieux.
Je l'enfile et il me va parfaitement, comme je m'en doutais. Je place les boutons de manchettes, me coiffe et revient dans la chambre. Mon père est toujours là. Il se lève en me voyant mais ne dit rien. Je récupère mon nœud papillon argenté et le noue autour de mon cou avant de me retourner vers lui.
« Alors comment je suis ? »
Il s'approche de moi et encadre mon visage de ses mains.
« Tu es parfait fiston. Je vais devoir remercier Blaine pour le reste de ma vie »
« Pourquoi ? » demandais-je dans un sourire.
« Il t'a refait découvrir ce qu'était le bonheur »
Je ne peux pas m'empêcher de sourire comme un idiot.
« Je l'aime tellement papa »
« Je sais mon grand. Je suis fier de toi. Tu mérites tout ça »
Je ne réponds pas, n'étant pas aussi convaincu que lui.
« On descend mon grand ? J'ai croisé Cooper et il m'a dit que Blaine n'était pas encore prêt »
Je souffle un grand coup, l'angoisse grimpant à nouveau.
« Ok. Tu es sûr que je ne vais pas croiser Blaine ? Il va paniquer si ça arrive »
« Sûr Kurt. Mais si tu ne sors pas maintenant, je n'en serais plus si certain »
« Ok. Ok »
Je souffle une nouvelle fois et sort de la chambre suivi de mon père. En descendant les escaliers, je me répète mes vœux que j'ai préparé depuis un moment. Au premier étage, Cooper attend patiemment sur le palier. Je voudrais lui parler, lui demander comment va Blaine mais mon père m'en empêche. Je fronce les sourcils.
« Si Cooper est là, c'est que Blaine ne va pas tarder à sortir »
Ah oui. Évidemment. J'acquiesce alors que Cooper lève ses deux pouces avec un sourire. Je descends la dernière volée de marches puis traverse le jardin pour aller sous le grand kiosque aménagé.
Le père Phillips est déjà derrière l'autel, Zoé et Santana dans leurs robes jaunes de part et d'autre aux places des demoiselles d'honneur et tous nos invités sont sur les chaises.
Carole, Pierce et Mary, mes grands-parents et mes cousins, Joey et Lilly, Mercedes, Montgomery, Duval et Sterling, Sam et son frère, Paul, Kitty et Sugar. Un siège est vide à gauche de Carole. La place de Finn. Je lève les yeux vers le ciel comme pour avoir sa bénédiction.
Je m'installe près de l'autel et papa derrière moi. Le silence se fait peu à peu sous le kiosque et la musique d'ouverture* retentit. Mon cœur bat la chamade.
On y est.
Je ne peux pas détourner mes yeux de l'entrée. Quand Blaine arrive, tout disparaît autour de nous.
Parfait. Cet homme est parfait. Mon mari. L'amour de ma vie.
Je crois que je ne l'ai jamais autant aimé qu'à cet instant. Le mauve pâle de son costume fait ressortir l'éclat vert de ses yeux sublimes. Il est magnifique. Il est le Soleil de mon existence.
Mon cœur.
[Blaine]
Je sors de la chambre une fois que Zoé s'est éclipsée. Cooper m'attend là comme promis.
« On y va minus ? Tu n'as pas peur ? »
« Non. Je n'ai jamais été aussi sûr de ma vie »
« Tu ne regrettes pas de ne pas avoir prévenu nos parents ? » me demande-t-il en redressant mon nœud papillon.
« Pas le moins du monde. Tu es là toi »
Il sourit et passe son bras sous le mien. Nous descendons les escaliers jusqu'au jardin et nous nous arrêtons devant le kiosque. Je ne vois pas l'intérieur car il est recouvert de tentures blanches. Je dois attendre les premières notes de notre chanson d'ouverture pour entrer, comme à la répét'.
La musique s'élève finalement.
Je souffle et m'accroche à Cooper aussi fort que possible. J'essaie de me souvenir de mes vœux et m'avance dans l'allée.
Je sais qu'il y a du monde présent pour moi, pour nous mais mes yeux ne voient que Kurt. Je sens les larmes monter sous son regard émerveillé, fier et débordant d'amour mais je me retiens de pleurer. Je crois que je serais tombé sir Cooper n'était pas là.
Kurt est superbe dans son costume nacré. Il est tellement beau que c'en est presque irréel. On dirait un ange tombé du ciel pour venir m'épouser.
Mon ange.
Trop vite, j'arrive devant l'autel. Mes jambes tremblent furieusement quand Cooper me lâche. Kurt doit le sentir car il prend mes deux mains dans les siennes. A moins qu'il ait juste envie de me sentir près de lui.
Ses yeux bleus pétillent d'une joie intense et d'un amour pur et sincère et ses lèvres sont étendues dans un énorme sourire. Je suis sûr que son visage est le reflet du mien.
La musique s'arrête et des applaudissement retentissent mais je n'arrive pas à détourner le regard de mon superbe amour. Je me force à le faire quand le prêtre Phillips s'éclaircit la gorge.
« Merci à tous ! » commence-t-il, « nous sommes tous réunis aujourd'hui pour célébrer l'union de ces deux êtres superbes, Kurt et Blaine. Je leur laisse la parole pour qu'ils s'échangent leurs vœux solennels devant nous tous »
Il était convenu à la répétition que Kurt parle en premier. Il prend donc la parole, ses yeux verrouillés aux miens.
« Mon cœur, je te fais la promesse de protéger et d'aimer sincèrement notre mariage et ta personne. Je fais la promesse de te chérir, de t'être fidèle à toi seulement toi, pour le meilleur et pour le pire, dans la santé comme dans la maladie, à travers tous les méandres de la vie. Je prendrai soin de toi et aurai confiance en toi. Je te porterai un respect sans faille. Je vivrai avec toi les joies, les peines et je sécherai tes larmes. Je te soutiendrai dans tous tes projets et aspirations. Tout ce qui m'appartient t'appartient. Je t'offre mon cœur et mon amour sans limite en ce jour jusqu'à la fin des temps »
Il passe son pouce sur ma joue pour effacer mes larmes et il embrasse mon front avec émotion. J'essaie de reprendre contenance pour prononcer à mon tour mes vœux.
« Mon amour, je promets de t'accompagner fidèlement et loyalement dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, dans le bonheur comme dans le malheur. Je fais la promesse de t'aimer de tout mon cœur, de supporter tes ambitions, de te rendre fier, de te porter un respect sans faille, de vivre mes joies et mes peines avec toi, de sécher tes larmes et d'être là pour toi en cas de besoin. Et de t'aimer inconditionnellement pour l'éternité »
Son regard bleu brille de larmes et de tendresse. Il serre doucement mes mains toujours dans les siennes.
« Si quelqu'un dans l'assemblée s'oppose à ce mariage qu'il se manifeste maintenant ou qu'il se taise à jamais »
J'ai un instant peur que Smythe débarque sans prévenir ou n'importe lequel des anciens soumis de Kurt et qu'il me le vole. Mais non, le kiosque reste silencieux jusqu'à ce que le père Phillips reprenne la parole.
« Bien. Monsieur Kurt Hummel, voulez-vous prendre pour époux Monsieur Blaine Devon Anderson pour le chérir et lui être fidèle jusqu'à ce que la mort vous sépare en respectant vos vœux ? »
« Je le veux » répond Kurt d'une voix tremblante.
« Monsieur Blaine Devon Anderson, voulez-vous prendre pour époux Monsieur Kurt Hummel pour le chérir et lui être fidèle jusqu'à ce que la mort vous sépare en respectant vos vœux ? »
« Je le veux » acquiesçais-je, les larmes aux yeux en fixant Kurt.
« Vous pouvez échanger les bagues je vous prie »
Sam s'approche de nous et tend l'écrin de nos alliances. Kurt me glisse la bague en tremblant légèrement et je fais la même chose en mettant un peu plus de temps à cause de l'émotion. Nous relevons la tête en même temps en attendant les paroles ultimes.
« Je vous déclare mari et époux. Vous pouvez vous embrasser »
Kurt fait un pas vers moi et encadre mon visage de ses mains.
« Tu m'appartiens vraiment maintenant » chuchote-t-il avant de m'embrasser avec tout l'amour qu'il a pour moi, « tu es magnifique Blainey » complète-t-il, les yeux pétillants d'émerveillement et d'une autre émotion beaucoup plus charnelle et interdite, « je dois être le seul à t'enlever ce costume d'accord ? »
J'acquiesce en entendant vaguement les cris de joie derrière nous. Je me jette dans ses bras et pleure discrètement dans son cou. Il est le seul à voir mes larmes. Il me tient fermement contre lui et dépose un doux baiser sur ma tempe.
« Ne pleure pas mon cœur » murmure-t-il dans mon oreille.
« J-Je suis tellement heureux »
« Moi aussi bébé, moi aussi »
Il embrasse mon front et le bout de mon nez avec douceur.
« On va s'amuser maintenant ? » demande-t-il en prenant ma main.
Je hoche la tête et pivote sur moi-même pour voir tout le monde sourire et applaudir. Cooper a les larmes aux yeux en me regardant. J'articule un 'Je t'aime' pour lui et son sourire s'agrandit encore plus.
Kurt et moi descendons l'allée main dans la main, suivis de Coop et Burt -nos témoins- puis de Zoé et Santana -nos demoiselles d'honneurs-.
En arrivant dehors, une pluie de pétales de roses rose nous tombe dessus et les invités applaudissent encore plus en criant joyeusement. Kurt a un énorme sourire sur le visage et ses yeux ne me lâchent pas une seconde. Je ne l'ai jamais vu aussi rayonnant de joie.
Nous nous dirigeons sous le chapiteau joliment décoré par Carole pour prendre le repas.
Alors que je mande mon plat avec appétit, je me perds dans mes pensées. Je suis heureux que Kurt ait respecté mes demandes pour le mariage. Je voulais une petite cérémonie intimiste avec nos proches et il s'en est tenu à ça. Je sais qu'il aurait pu réaliser un grand mariage. Mais non. Il a aussi respecté toutes mes traditions farfelues même s'il n'est pas très friand de tout ça. Il m'a offert le mariage de mes rêves. Je prends sa main sous la table et pose ma tête sur son épaule. Il embrasse mes cheveux et caresse mes doigts de son pouce.
« Ça va mon cœur ? » chuchote-t-il dans mes boucles.
Je hoche la tête et il passe son bras autour de ma taille pour que je me blottisse contre lui. Je fais tourner son alliance autour de son annulaire. C'est un simple anneau en or blanc. Le mien est similaire. Simple et pur comme l'amour qu'on partage.
« Tu es mon mari Kurt Hummel-Anderson »
Il m'offre un sourire qui ferait pâlir le Soleil d'envie.
« Je suis à toi, rien qu'à toi depuis le moment où mes yeux ont croisés les tiens Blaine Hummel-Anderson »
Je glousse doucement et ferme les yeux en respirant son odeur. Je lui raconte mon enterrement de vie de garçon et il me raconte le sien d'une voix douce.
A un moment, Cooper et Burt reviennent -alors que je ne les avais même pas vus quitter la table- avec une énorme pièce montée. Je me redresse, ayant momentanément oublié que tous nos proches étaient autour de nous. Burt nous regarde tendrement avant de parler.
« Aujourd'hui, le clan Hummel s'est agrandi. En plus d'un beau-fils fantastique, j'ai gagné toute une petite famille »
Burt pose sa main sur l'épaule de Cooper.
« Blaine, tu as rendu le sourire à mon garçon. Tu lui as montré qu'il lui reste toute la beauté de la vie à découvrir. Pour cela, pour la joie que tu as ramené dans les yeux de mon fils, je te serais éternellement redevable. Cooper et toi êtes bienvenus dans la famille »
Je lâche Kurt et me mets debout pour prendre Burt dans mes bras. Il me serre contre lui fortement et embrasse ma tempe. Je m'écarte un peu et Cooper prend la parole à son tour.
« J'entends d'à peu près tout le monde que Blaine t'a sauvé la vie Kurt mais je peux te dire que tu as aussi sauvé mon petit frère. Il ne croyait plus en l'amour ou en lui-même avant de te rencontrer. Tu as débarqué dans sa vie, tu as tout chamboulé et tu lui as permis de voir à quel point il mérite tout ce qu'il y a de meilleur au monde. Rien que pour avoir rendu l'espoir à la personne la plus importante de ma vie, merci »
Cooper lève son verre vers Kurt qui se lève et qui nous rejoint. Il serre chaleureusement la main de Cooper avant d'enrouler son bras autour de moi. Le reste des convives applaudit.
« Je crois qu'il est temps pour vous les garçons de couper la pièce montée » annonce joyeusement Burt.
Kurt acquiesce et se penche vers mon oreille.
« Tu veux le faire bébé ? »
« Non, fais-toi plaisir mon maniaque du contrôle »
Il glousse et s'empare du couteau pour couper la première part de la pièce montée. Il me nourrit tendrement puis repose l'assiette. Comme pour les répétitions, la musique de la première danse** se met en route. Kurt me propose sa main et m'entraîne vers la piste pour danser avec moi. Il me tient fermement contre lui et je niche mon visage dans son cou. C'est comme si une bulle d'amour imperméable nous entoure maintenant et fait disparaître le monde entier.
« Tu fais de moi l'homme le plus heureux heureux sur Terre » murmure-t-il dans mes cheveux.
Je lève les yeux vers lui et colle tendrement mes lèvres aux siennes.
« Je t'aime mon amour et tendre mari »
« Je t'aime mon cœur et doux époux » souffle-t-il.
On se sourit amoureusement et je me blottis à nouveau contre lui.
L'éternité ne sera jamais assez longue auprès de cet homme.
FIN
(*) Turning Page – Sleeping at Last
(**) Poison and Wine – The Civil Wars
