Hermione Granger arriva dans les cachots et marcha le plus doucement possible vers la première porte qu'elle voyait. Si elle ne se trompait pas, et elle espérait que ce n'était pas le cas, alors son effrayant professeur de potion n'était pas dans les parages et elle pouvait accéder à sa réserve personnelle. Elle souffla doucement, se concentra et sorti sa baguette. Elle déverrouilla la porte, la poussa doucement et entra.

…...

Severus Snape rentrait de sa route, extrêmement fatigué. Il devait normalement aller chercher des bézoards dans sa réserve pour le lendemain matin mais la perspective d'une marche à travers les cachots ne le rejouissait guère, et il choisit d'aller chercher les bézoards le lendemain au réveil.

Il venait de s'installer dans son canapé avec un verre de rhum qu'un appel par cheminette lui faisait lever les yeux de son livre. C'était sans surprise Dumbledore. Qui d'autre se risquerait à appeler le terrible Snape à deux heures du matin ?

« Que me voulez vous à cette heure Dumbledore ? » demanda Snape.

« Puis-je venir ? Nous devons avoir une conversation. » Dumbledore sourit.

« Cela fait plusieurs jours déjà que je vous demande de m'écouter professeur. Peut-être avez vous enfin daigné à le faire ? Entrez. »

Dumbledore apparut alors devant la cheminée, sur le tapis. Il semblait fatigué et vieux, mais il souriait. Il s'assit à la place ou était Snape quelques minutes auparavant. Dumbledore attendit.

« Et bien ? Vous aviez quelque chose à me dire non ? » s'impatienta Snape.

« En fait... Je me dois de vous informer que quelqu'un s'est de nouveau introduit dans les réserves de potion de l'école. »

« Une nouvelle fois ? Mais de toute façon, ceci n'est pas alarmant, n'est ce pas ? » dit Severus pince sans rire.

« Severus... Je crains que vous n'ayez eu raison, mais de plus, c'est votre réserve personelle qui a été vandalisée cette nuit. »

« Pardon ? Ma réserve personnelle ? Des produits chers et rares subtilisés ? » Severus se leva d'un bond.

Dumbledore se mit à faire les cent pas dans la pièce, il regardait au sol et se massait les tempes. Il avait l'air gêné. Ceci inquiéta Severus, jamais Dumbledore n'avait manifesté le moindre signe de gêne, pour quoi que ce soit.

« Et bien... En réalité... Ce ne sont pas des ingrédients ou des potions chers et rares qui ont été volé.. Seulement une potion... »

« Mais quelle potion ? Enfin professeur, expliquez moi. »

« Vous devez avoir en tête qu'il y ait de grandes chances qu'il n'y ait aucun rapport entre les deux vols, ce sont surement deux personnes très différentes qui ont... »

« Mais qu'est ce qui a disparu ?! » hurla le maître des potions, dont la patience était rudement mise à l'épreuve. Tout ce qu'il désirait était aller se coucher, finir son verre et s'assoupir jusqu'au lendemain matin. Mais il semblerait qu'en ce moment il fasse des heures supplémentaires.

« Potion contraceptive. Une de celle que je vous avez commandé pour l'infirmerie pour lundi prochain. »

Severus prit sa tête dans ses mains et comprit directement pourquoi Dumbledore hesitait tant à reveler la nature de cette potion à Severus. Il fit directement le llien entre l'agression présumée et la potion contraceptive. Il croyait dur comme fer qu'une élève avait été abusée et avait honte et peur.

« Ce sont deux vols différents Severus ! Il n'y a aucun rapport entre ces deux-ci. Vous faîtes des conclusions hâtives. »

« Et vous ne faîtes pas de conclusion du tout, vous n'agissez pas ! »

Snape sentait la colère dans tous ses pores, il avez fait beaucoup de choses qu'il regrettait énormement durant sa carrière de Mangemort et le viol était la chose qu'il regrettait le plus, chaque jour que la Dieu faisait, Severus le faisait à essayer de se repentir, mais jamais il ne pourrait oublier le regard de ces femmes à qui il avait infligé des traumatismes irréparables. Il ne pouvait pas rester sans agir. Il le savait.

Dumbledore se leva et partit sans un seul mot. Severus resta avec ses pensées durant une grande partie de la nuit.

…...

Une ruelle. Des bruits de pas, de plus en plus rapides, de plus en plus bruyants. Des ombres partout, qui l'oppressent. Des rires obscènes et des pleurs.

Un grand vide. Puis soudain, la réalité qui frappe. La mémoire et la conscience reviennent. La souffrance, mais le vide aussi.

Puis de l'aide. Inespérée. Inattendue aussi.

Puis un Obliviate. Et plus rien.

…...

« Neville, tu oublies ton parchemin ! » s'exclama Harry, sur le point de suivre Neville hors de la salle commune.

« Merci, Harry.. »

Les élèves de Griffondor sortirent tour à tour de la salle commune, pour rejoindre le petit-déjeuner. Fred et George marchaient en parlant à voix basse, complotant au sujet de quelque blague à caractère explosif sans aucun doute.

Hermione était à l'arrière, un peu à l'écart du groupe et marchait tête baissée. Personne ne semblait la remarquer, et même si c'était son but depuis la rentrée, ça la blessait un peu.

On ne la remarqua pas plus au petit-déjeuner, ni pendant le cours d'histoire de la magie, pendant lequel elle resta presque silencieuse.