Hermione prenait tous les jours ses médicaments, le professeur l'aidait avec la pommade, et la douleur physique diminuait. Tous les jours la jeune femme faisait d'énormes progrès, devenait plus forte, mais elle ne le voyait pas. Elle ne se rendait pas compte du changement operé en un mois.
Minerva McGonagall venait à présent tous les jours, à part quand Hermione se sentait trop fatiguée. La jeune femme travaillait en silence assise sur le canapé, retrouvait sa soif d'apprendre. Elle avait reçu quelques jours plus tôt des lettres de ses camarades. Evidemment, Ron et Harry s'inquiètaient, mais ils n'étaient pas les seuls. Neville Londubat, Seamus Finnigan, Luna Lovegood, Fred, George, Lee, tous voulaient l'aider. Elle avait reçu des cadeaux, des sucreries et ça lui avait fait très plaisir, mais en réalité ça lui faisait peur, et elle n'osait pas en parler.
Elle décida de sauter deux jours plus tard, elle était dans son lit, écrivant un énième brouillon de réponse à Ron. Elle froissa le parchemin et appela :
"-Professeur ?"
Il entrouvrit la porte et passa la tête par l'entrebaillement.
"-Est ce que vous pourriez...venir s'il vous plait?" La jeune femme avait toujours du mal à parler, à accepter l'aide de quiconque. Snape entra et s'approcha.
"-Avez vous mal quelque part Miss Granger?"
"-Euh... Pas vraiment monsieur, je voudrais vous parler, si ça.. si ça ne vous ennuie pas monsieur."
Il s'assit sur le lit, près des pieds de la jeune femme et l'interrogea du regard.
"Et bien, est-ce qu'Harry et Ron savent la vérité, toute la vérité?"
"Non, évidemment. Ils savent que vous avez été kidnappé pendant l'été. Ils n'en savent pas plus."
Le professeur apercût les parchemins froissés, déchirés au pied du lit.
"Je pense que vous devriez leur en parler seulement quand vous en aurez pleinement envie, pas avant. Si vous avez des doutes, ne leur dites rien. De quoi avez-vous peur?"
La jeune femme se tordit les doigts, hésitante.
"Et bien, je suppose qu'ils seront très déçus." Face au regard perdu du professeur, elle expliqua. "Oui, enfin, je n'ai pas été... capable de me défendre, capable de les empecher." Elle commenca à pleurer.
"Vous n'avez pas à avoir honte de vous." Le professeur détacha chaque mot de cette phrase, de manière à insister. "Vous ne pouviez tout simplement pas les arrêter, vous faites 60 kilos au maximum, ils étaient des hommes grands, brutaux, et extrémement violents. Vous avez fait ce qu'il fallait en ne sombrant pas. Vous ne pouviez rien faire d'autre. Et vous faîtes de gros progrès, vous vous en sortez très bien Miss Granger."
Il lui tendit un mouchoir et elle sourit doucement. Il lui demanda :
"Y a t'il autre chose dont vous souhaiteriez me parler?"
"Les cauchemards monsieur. Est-ce que je pourrais avoir une potion ?"
Severus prit sa tête dans ses mains, la colère l'envahissait.
"Pourquoi, nom de dieu, POURQUOI vous n'avez rien dit. Cela fait TROIS SEMAINES que vous habitez ici et vous n'avez RIEN dit ?" Il sortit deux minutes de la chambre, ayant conscience d'avoir fait une énorme bétise en lui criant dessus. Elle venait seulement de lui accorder sa confiance... Mais Snape était tout simplement épuisé, il pensait que la jeune femme allait un peu mieux, et cette histoire de cauchemards le décourageait. Il rentra dans la chambre, calmé. Il s'attendait presque à une Miss Je-Sais-Tout en pleine crise de panique, s'arrachant les cheveux. Mais elle était simplement sous la couette, repliée sur elle même, et le professeur pouvait entendre des hoquets et des sanglots étouffés. La culpabilité le prit d'assaut.
Snape s'approcha du lit et tira la couette jusqu'au bout du lit.
"Excusez-moi Miss Granger, pour avoir crié. Je ne voulais pas... Je ne veux pas vous effrayer. J'ai simplement perdu mon calme, je m'en voulais de ne pas avoir remarqué vos cauchemards avant.. J'aurais aimé que vous m'en parliez. Je suis sincérement désolé." L'homme fit demi tour et arrivé à la porte de la chambre il entendit :
"-J'ai peur, chaque nuit ils reviennent et ils recommencent.
-Que font ils ?
-Ils...Ils me frappent, ils me font mal.. Et après.. Ils s'amusent.
-Ce sont des souvenirs très douloureux, qui ne partiront jamais. Mais ils peuvent s'estomper si vous ne restez pas seule. Si vous parlez. C'est une nécessité. Je met, à partir de maintenant, une alarme sur votre chambre qui me dira si vous vous réveillez en panique. Je ne viendrai pas si ce n'est pas nécessaire. Mais si ça l'est je serai la. Que vous le vouliez ou non. Vous avez rendez-vous dans trois jours avec le psychomage, vous pourrez lui parler, à lui aussi. La meilleure solutiln pour faire fuir des cauchemards est d'en parler."
Soudain une idée germa dans l'esprit du professeur. Il quitta la pièce en ppromettant de revenir très vite. Il chercha dans ses stocks de papeterie un carnet, un cahier, n'importe quoi sur lequel il était possible d'écrire. Ce après quoi il retourna dans la chambre de la jeune femme.
"Je vous explique, cela vous gène de vous confier, ce qui est très compréhensible, alors vous allez m'écrire. Chaque jour pendant quinze minutes minimum vous allezz écrire. Ce que vous ressentez, comment vous allez, si vous avez des choses à me dire, des requêtes à faire, vous allez aussi me raconter vos cauchemards. J'ai besoin de savoir pour vous aider. Nous commencerons demain. Mais avant, je vais poser un sort sur ce cahier." Il sortit un petit cahier en cuir noir, le posa sur le lit et récita, la baguette posée sur la couverture : Confiditus esere.
"Maintenant, seul vous et moi pourrons lire le cahier. Tout le monde le verra vierge. Est-ce que ça vous va ?"
"Oui, merci pour tout... Vraiment." Le professeur hocha la tête, et cette fois sortit de la pièce.
...
Salut Ron et Harry,
Merci pour vos lettres, et vos cadeaux, ils m'ont beaucoup remonté le moral. Le professeur Snape s'occupe vraiment très bien de moi, je vais mieux de jours en jours.
Je ne sais pas trop quoi vous dire, je voux expliquerez tout ça mieux lorsqu'on se verra. Je suis désolée de ne pas m'être confiée à vous, je vous faisais confiance mais j'avais honte.. J'espère que vous ne m'en voulez pas.
Vous me manquez énormement, j'espère que vous allez au mieux. N'oubliez pas de faire tous vos devoirs, et prenez vos cours correctement, c'est l'année des ASPICS.
A très vite,
Avec ton mon amour
Hermione :)
PS : remerciez tout le monde pour les lettres et les cadeaux, c'était vraiment très cool. Dites leur aussi que je leur répondrai à tous dés que je trouverai le temps.
Ron et Harry se regardèrent et sourirent. Hermione était focalisée sur les ASPICS, signe qu'elle allait mieux. Les deux garçons étaient très heureux d'avoir reçu cette lettre. Ils la rangèrent dans les dortoires et suivi leur route pour le cours de divination.
...
Le lendemain matin, quand Severus se leva, le cahier noir était posé sur la table. Il passa devant sans y faire attention, alla se servir un café corsé puis réagi : il avait laissé le carnet sur la table de chevet de la jeune femme le soir précédent. Il prit le carnet et l'ouvrit. La première page était noircie d'une écriture brouillon qu'il ne connaissait pas d'Hermione. La première ligne était :
Après votre départ de ma chambre, je ressens le besoin d'écrire, alors je le fait, puis, si j'en ai le courage, je poserai le cahier sur la table de la cuisine.
Le professeur s'installa pour lire et plongea dans le texte de la jeune femme.
