Remus était arrivé à Poudlard deux jours plus tôt. Il occupait un appartement plutôt confortable dans l'aile gauche du château. Dumbledore avait accepté que le loup garou reprenne ses obligations dans l'Ordre du Phoenix, après la longue pause qu'il avait prit à la suite de la mort de Sirius Black. Remus allait bientôt partir en mission : il allait infiltrer différentes meutes de loups-garous, et allait déterminer quelles meutes avaient des contacts plus ou moins directes avec les troupes du seigneur des Ténèbres. C'était une mission dangereuse, et Remus attendait cela avec impatience. Il voulait se sentir utile, enfin. Lupin n'apparaissait nul part dans le château, restant confiné dans ses appartements, ne sortant que la nuit. Il avait peur de croiser le regard de Potter, de voir dans ses yeux le désespoir d'avoir perdu son parrain. Il ne voulait rencontrer personne qui puisse le déconcentrer de son but premier, venger ses frères.
…...
C'était le grand jour. Hermione s'habilla. Ses mains tremblaient. Elle dut s'y reprendre à deux fois avant de réussir à boutonner le chemisier que le professeur Snape lui avait ramené. Les aiguilles de l'horloge tournaient à la fois trop lentement et trop rapidement. Des sentiments complètement contradictoires habitaient Hermione. Sentiments qui s'amplifièrent lorsque Severus annonca qu'il était l'heure. L'heure de rencontrer son psychologue. Severus tendit à Hermione la poudre de cheminette et lui annonça qu'ils partaient pour l'hôpital Sainte Mangouste.
Ce n'est qu'arrivés dans la salle d'attente que Snape s'adressa à Hermione.
« Je peux venir avec vous pour le début de l'entretien, mais à un moment le psychologue va vouloir s'adresser à vous en privé. Ca serait une occasion pour vous de vous confier sur un aspect plus intime de ce qui vous est arrivé. Vous pouvez, bien évidemment, me parler de tout. Mais ce médecin sera plus apte à répondre à vos questions. »
Hermione ne répondit même pas, trop effrayée par le rendez-vous qui l'attendait.
Le psychologue sortit du bureau et appela Miss Granger. Elle se leva et avanca, elle entra dans le bureau et se retourna vers le professeur de Potions, croisant son regard rassurant.
Il posa une main discrete sur son épaule au moment ou ils passèrent la porte du bureau. C'était un bureau assez moderne, clair. Bien loin de ce qu'imaginait Hermione, bien loin du bureau d'un psychologue « traditionnel ». Il n'y avait nul part un divan rouge sur lequel s'allonger. Juste un bureau, deux chaises et dans l'autre partie de la pièce un canapé en cuir beige et une table de salon sur laquelle il y avait des feuilles et des crayons. Une fois qu'Hermione eut observé la salle sous toutes ses coutures, elle leva les yeux vers le psychologue, qui leur indiquait les deux chaises de la main. Il devait avoir approximativement 45 ans, il était brun, avec quelques mèches grises. Il portait une barbe de quelques jours. Il était grand et fin. Il était très impressionnant et faisait peur à Hermione. Elle ne voulait pas rester avec lui, seule. Il allait la blesser, il allait la blesser.
« Bonjour, je suis Monsieur Kowovic, je suis votre psychologue. J'ai déjà apprit une partie de ce qui vous était arrivé. Mais je suis la pour vous aider, pour analyser avec vous les événements de cet été et leur impact sur votre vie future. Nous devons ensemble minimiser les séquelles psychologiques dues à votre enlèvement. Ca ne sera pas chose facile, mais cela passe par la communication. Il est primordial que vous parliez, que vous vous confiiez. Soit à moi soit au professeur Snape. Je suis soumis au secret professionnel. Sachez-le. Je suis là pour vous aider. »
Hermione baissa les yeux et ne répondit pas.
Le psychologue invita le professeur de Potions à quitter la salle et après un regard à la jeune femme qui fixait le sol, il sortit, un peu à contre-coeur.
« Ce qui vous est arrivé est important, il ne faut pas le renier, ou essayer de l'oublier. Cependant, cela ne caractérise pas votre vie. Vous êtes une personne, qui a existé avant cet été, et qui continuera à vivre. J'aimerais que d'abord, nous fassions connaissance. »
La jeune femme ne répondait toujours pas, mais le docteur savait qu'elle écoutait à présent attentivement.
« Je suis Eldar Kowovic, j'ai 42 ans et je suis né en Russie, à Moscou. J'ai déménagé ici à 16 ans, après la mort de ma mère. Je n'ai pas connu mon père. Je voulais refaire ma vie. J'ai commencé des études de psycho après avoir consulté un psy qui m'ait sorti de la dépression et donné envie de faire ce travail, d'aider les gens. J'ai eu mon diplôme au bout de la deuxième fois, j'avais accumulé du retard à cause de la barrière de la langue. J'aime beaucoup voler, et lire. Toutes sortes de livres, sorciers comme moldus. J'aime aussi aller au théâtre. Tu as des questions ? »
Constatant le mutisme de sa patiente, le psychologue ajouta : « Pour la semaine prochaine, je veux que tu prépares une présentation complète de toi, de ta vie, de tes passions, de ce que tu aimes et de ce que tu détestes. Tu me parlera de tes amis, de ta famille et de l'école, de ton enfance et de ton futur. Tu peux y aller. »
Hermione rejoint le professeur dans la salle d'attente sans un mot. Le professeur se leva et, remarquant que son élève semblait peut disposée à parler, attrapa sa main et transplana. Hermione s'attendait à apercevoir le parc de Poudlard, lorsqu'elle toucherait le sol, mais il se trouva qu'elle était à l'entrée du chemin de Traverse. Devant elle se dressaient des magasins, des antiquaires et un peu plus loin la banque de Gringotts. Elle interrogea le professeur sur leur présence ici.
« Je devais recuperer quelques ingrédients que j'ai commandé, puis nous irons vous racheter des vêtements, étant donné que vous avez beaucoup maigri. » Sur ce, le professeur marcha à travers la foule de sorciers jusqu'à atteindre l'apothicaire. Il pria Hermione de l'attendre au dehors. Il sortit à peine quelques minutes plus tard, portant un sachet plein d'ingrédients et il avanca vers le commerce de Madame Guipure. Hermione lui fit remarquer qu'elle devait passer retirer de l'argent avant d'acheter quoi que ce soit. Le professeur refusa rudement, avançant que la jeune femme était à sa charge et que c'était à lui de subvenir à ce genre de besoins. La jeune femme n'était pas tout à fait d'accord mais ne dit rien. Le magasin n'avait pas changé depuis qu'Hermione y était venue pour la dernière fois, l'année dernière. Le maître des potions demanda Madame Guipure et ils attendirent dans le hall. La petite sorcière replète arriva et sourit à ses deux clients.
« Bonjour, que vous faudrait il ? »
Le maître des potions prit la parole : « Il nous faudrait 3 robes de classe, aux couleurs de Griffondor, 5 T-Shirts unis, deux pyjamas, cinq jeans que cette jeune fille choisira elle même, une tenue de sport, une paire de chaussures de ville, et une paire de baskets ainsi qu'une dizaine de paires de chaussettes. » Le maitre des potions se tourna vers Hermione « Vous choisirez ensuite autant de sous-vêtements que nécessaire. » Les trois sorciers avancèrent jusque dans une pièce où Madame Guipure prit les mensurations d'Hermione, en large et en travers. Elle amena ensuite des robes de classes qu'elle coupa et ajusta sur la jeune femme, sous le regard presque bienveillant du maître des potions. Elle amena ensuite tout ce que le professeur avait demandé, puis se retira, alors que la commerçante amenait les diffèrents modèles de sous-vétements à la vente. Il était primordial qu'Hermione retrouve le contrôle de son corps, et cela passait par le contrôle de ce qu'elle portait avant tout. Une fois le choix fait, les deux femmes le retrouvèrent dans l'entrée du magasin, puis Severus paya, ignorant le regard réfractaire de son élève et ils retournèrent enfin à Poudlard. Hermione alla s'allonger un moment, elle avait besoin de se remettre des émotions de la journée. Quant à Severus Snape, il s'installa pour lire le carnet de la jeune femme...
Les cauchemars ne cessent pas.
Mon corps me dégoutte.
J'ai peur que vous soyez en colère, ou que vous me voyez différemment si je vous raconte ce qu'ils m'ont fait.
Je voudrais qu'on discute du futur.
Bref et concis, mais la jeune femme s'était confiée et avait demandé à discuter. C'était l'important. Snape poussa alors la porte de la chambre et s'assit sur le lit de la jeune femme.
