Le maître des potions entra dans la chambre de la jeune femme et la trouva assise devannt son bureau. Elle écrivait sur un parchemin, un livre d'Histoire ouvert devant elle. Elle ne l'avait pas remarqué tant elle était concentré dans sa rédaction. Snape toussota, et attira ainsi l'attention de son élève. Elle avait l'air étonnée.
"Excusez moi, je ne vous ait pas entendu entrer. J'étais concentrée." Elle montra son parchemin comme pour expliquer sa concentration. Le maitre des potions se tint debout, à côté du bureau de la jeune femme. Il lui demanda d'un ton intéressé sur quel sujet la jeune femme dissertait.
"C'est un devoir sur le Sommet du Conseil des Sorciers que le professeur McGonagall m'a demandé de faire. J'ai toutes les informations nécessaires, et mon brouillon est terminé, je n'ai plus qu'à finir de rédiger."
Le professeur ne voulait pas déranger la jeune fille sur le plan scolaire et décida qu'il reviendrait plus tard dans la soirée, quand la jeune femme aurait fini son devoir. Il sortit de la pièce et se dirigea vers la salle commune de ses Serpends. Il bifurqua dans un petit couloir sur la gauche et descendit dans les donjons pendant quelques minutes, presque machinalement. De temps en temps, le professeur aimait aller au contact des élèves de sa maison, verifier que tout aller pour le mieux, que les dortoirs étaient rangés et qu'aucun élève n'avait de problèmes particuliers. Car malgré toute l'autorité qu'il imposait à ses élèves, Serpentard était une maison ou bien souvent, les brutes gouvernaient et s'en prenaient aux plus faibles. Il était du devoir de Severus de tous les protéger.
Il entra dans la salle commune et trouva Adrian Pucey et Blaise Zabini devant la cheminée en pleine partie d'échecs sorciers. Il observa leur jeu quelques secondes avant de monter les escaliers des garçons. Les deux premiers étages étaient très propres, et il n'y avait aucun élève à l'horizon. Les élèves étaient sans doute au repas. Au troisième et dernier étage des dortoirs, allongé sur un lit se trouvait Malfoy, endormi. Dans un coin de la pièce il y avait aussi un cinquième année qui lisait un bouquin. Tout avait l'air correct, mais il demanda tout de même au jeune Serpentard de sortir de la pièce. Il posa un sortilège d'Impassibilité sur la porte et réveilla son filleul. Tout du moins il essaya. Le jeune homme ne semblait pas du même avis étant donné qu'il décocha un magnifique coup de pied dans les côtes de son parrain agrementé d'un marmonnement qui devait vouloir signifier "Dégage Crabbe, fous moi la paix". Le maître des potions prit sa voix la plus sévere et dit "Je doute que ce soit Crabbe jeune homme". Son filleul se jeta sur ses pieds, un air horrifié sur le visage "Pardon Sev je ne voulais pas te frapper, je suis désolé je ne savais pas que c'était toi". Puis le jeune homme baissa les yeux.
"C'est bon Draco ce n'est rien. Assieds toi s'il te plait." Ils s'assirent côte à côte sur le couvre lit vert émeraude.
"Je ne suis pas venu te voir beaucoup depuis le début de l'année. J'en suis désolé, vraiment... Tu peux toujours venir me voir tu le sais Draco? Comment tu vas ?" Il avait prit un ton très concerné et sérieux en disant cette phrase.
"Oh non Sev, tu ne vas pas me lancer le regard percant qui lit dans les pensées quand même... Je vais bien... Je te promet, seulement des histoires d'ado, rien de plus." Severus se sentit plus léger et s'accorda une petite blague.
"Tu serais amoureux?" Il fit un clin d'oeil à son filleul, dans l'espoir de le faire rougir. Mais le jeune homme fondit en larmes et se cacha sous la couette.
"Hé, hé Draco! Qu'est ce qu'il y a? Tu peux tout me dire tu sais? Draco?" il s'approcha de son filleul, retira la couette et enlaça le jeune homme. Il était la seule personne avec qui Severus s'autorisait ce genre de relachement, et de familiarité. Surement car Severus avait donné au petit tout l'amour Lucius ne lui avait pas donné, et qu'il l'avait soigné et remis sur pied après chaque remontrance de son père. Le jeune homme était allongé, la tête sur l'épaule de son parrain, et se calmait petit à petit. Le parrain redemanda si quelque chose n'allait pas, et le jeune homme ne répondit pas à la question, promettant seulement à son parrain de lui en parler bientôt. Le jeune homme brisa alors le sortilège d'Impassabilité et sortit de la pièce. Laissant le professeur assit sur son lit, assez désemparé.
Severus Snape resta silencieux une bonne partie de la soirée, il était de mauvaise humeur et très inquiet pour son filleul Draco. Il avait vécu beaucoup et n'avait pourtant pas l'habitude de pleurer. Il mangea avec Hermione puis il alla prendre une douche. Il enfila un t-shirt et un pantalon en tissu noir et alla s'asseoir sur le fauteuil. La jeune femme s'était déja rendue dans sa chambre. Il lut quelques chapitres de son livre avant de la rejoindre. Lorsqu'il frappa à la porte, la jeune femme était allongée dans son lit, en train de lire un livre que Severus lui avait amené à l'infirmerie. Il s'assit sur le lit, toujours à une distance assez respectable de la jeune fille, pour qu'elle garde son espace intime. Il ouvrit le carnet, et Hermione se renferma de suite sur elle même. Le maître des potions ignora cela et lu "J'ai peur que vous soyez en colère, ou que vous me voyez différemment si je vous raconte ce qu'ils m'ont fait.". Il attendit que la jeune femme le regarde, pour lui dire :
"Je peux comprendre que vous soyiez genée, que vous ne vouliez pas me parler de certaines choses, et si vous n'avez pas envie de m'en parler, alors il faudra en parler au psychologue. Mais si vous voulez me raconter ce qu'il vous ont fait, pas une liste des tortures qu'ils vous ont faites subir évidemment, mais un épisode de l'été qui vous angoisse sur le moment, ou qui vous empèche d'avancer, je vous encourage à m'en parler. Vous avez le droit de le faire, vous pouvez tout me raconter. Vous ne me choquerez pas, bien que ce qu'ils vous ont fait soit choquant. Je peux tout entendre et nous pouvons parler de tout. Si je suis en colère, ce n'est pas contre vous mais contre eux. Comment être en colère contre quelqu'un qui s'en est admirablement bien sorti dans une situation invivable? Vous n'avez pas à vous empécher de parler, sous prêtexte que je vous verrais diffèrement, car c'est faux. Je vous verrais toujours comme une femme très courageuse." Il avait dit tout cela de manière presque désinvolte, il voulait essayer de dédramatiser la situation, car la jeune femme semblait très stressée et gênée.
"Vous vouliez aussi discuter du futur ?"
"En fait.. Dans deux semaines ce sont les vacances et je voudrais savoir ou est-ce que je vais aller. Et aussi pour plus tard, quand ça ira mieux..."
"Jusqu'à nouvel ordre je suis votre tuteur, vous êtes sous ma résponsabilité, vacances comprises. Pour plus tard, rien n'est encore décidé. Mais vous aurez votre mot à dire à ce moment la, ne vous inquiètez pas." Snape hésita. "Comment s'est passé le rendez-vous de psychologue?"
"Je me suis comportée comme une gamine, je n'ai pas voulu parler... Je dois me présenter integralement, tout dire sur ma vie, sans parler de cet été, pour le prochain rendez-vous."
"Vous n'avez pas confiance, il n'y a rien à voir avec être une gamine ou non. Vous étiez effrayée, même si vous ne voulez pas l'assumer. Je suis sur que ça ira mieux la prochaine fois. Vous irez mieux avec des efforts mais aussi avec du temps."
La jeune femme ne dit rien, elle respira longuemment, et elle sembla se détendre un petit peu.
"Vous êtes fatiguée Miss Granger, vous devriez dormir."
"Non, Monsieur", répondit Hermione lorsque le maître des potions se leva pour sortir... "Restez un peu, je veux encore discuter."
Le maitres des potions était à la fois étonné et content que la jeune femme commence à parler d'elle même. Il se rassit au bord du lit. Les deux sorciers ne dirent rien pendant plusieurs minutes. Mais ce n'était pas un silence triste ou génant. C'était un silence reposant, calme...
La jeune femme dit alors :
"Ils m'ont tout volé, mon corps, mon esprit... Ma vie... Je n'arrive plus à controler quoi que ce soit. Il se passe toujours quelque chose qui me fait me souvenir de ça. J'ai peur.. J'ai très peur des hommes, tout le monde veut me blesser..."
Severus était un peu désemparé par ce que la jeune femme lui confiait. Il tenta de trouver les mots justes :
"Je suis un homme Miss Granger. Et avec un peu de temps, et de patience, vous avez appris à me faire confiance, à me laisser vous soigner. Un jour vous rencontrerez un homme, et vous aurez à lui faire confiance. Puis vous réussirez à batir quelque chose cet homme ne vous blessera pas si il vous aime, et il sera patient. Et vous y arriverai."
La jeune femme se mordit la lèvre et dit doucement : "Mais personne ne voudrait de quelqu'un qui ne supporte pas le contact.. Qui ne veut rien faire..." Elle rougit. Severus réalisa que ce qui inquiètait la jeune femme était de ne pas pouvoir avoir une relation, un jour, car elle ne s'imaginait pas accepter le sexe. C'était une crainte assez personnelle, intime, et le maître des potions était assez honoré que la jeune femme lui confie tout cela.
"Si un homme vous aime vraiment, alors vous lui parlez, vous lui expliquerez, et il ira progressivement, à votre rythme. Vous apprendrez à combler ses attentes, et les votres, en vous respectant, et si cet homme est honnête, il ne vous forcera jamais à faire quelque chose que vous ne vouliez pas."
La jeune femme hocha la tête, pivota sur le côté et s'endormit sooudainement. Severus alla s'asseoir dans un fauteuil, dans le salon. La jeune femme était encore trop fière et lucide pour lui parler de ses cauchemars, et ça l'empoisonnait. Mais après avoir revécu un de ces horribles moments, elle sera plus disposée à en parler, et cela l'aidera.
Snape commenca alors sa longue veillée, attendant d'entendre les cris ou les pleurs de la jeune femme briser le silence de la nuit.
