Hello Hello, voici le nouveau chapitre (je sais pas vous mais je l'ai relu plusieurs fois et je le trouve bien plus soigné que les autres, et j'en suis assez fière !) Un chapitre en grande partie axé sur notre blonde de compétition. Merci mille fois pour vos reviews adorables, continuons l'aventure et voyons ensemble ou cela nous mène!

Tellement hâte d'avoir vos retours :D 3

Alicia

Draco Malfoy marchait la tête baissée, essayant manifestement de se soustraire du regard de son professeur de Potions. Ils rentraient du diner chez les Malfoys, pendant lequel Snape avait dû faire preuve d'un immense self-control et d'un fabuleux jeu d'acteur pour paraitre ravi de la future place de Draco dans la mafia dirigée par Lord Voldemort. En réalité, la peur et le dégout lui serraient les entrailles depuis qu'il avait appris la nouvelle. Ils traversaient le parc de Poudlard pour rejoindre leur foyer. Draco accélérait le pas, et Snape décida de le laisser prendre un peu d'avance, le temps que lui aussi se calme. Il devait avant tout réfléchir aux alternatives qui s'offraient à eux. Première solution : laisser Malfoy être enrôlé, ce qui le protégerait de la colère de son père et du Lord, mais solution à laquelle Severus ne pouvait se résoudre, connaissant les dégâts que faisaient des années au service des Mangemorts d'un point de vue psychologique. Son filleul ne deviendra pas le monstre et l'assassin que lui-même était devenu après avoir reçu la marque des Ténèbres. Il ne l'accepterait pas. Une autre solution serait de cacher Draco, avec la protection de l'Ordre du Phoenix, ce qui signifiait aussi que Malfoy n'aurait plus de contact avec sa famille, et qu'il déclencherait une grande colère de la part de ses parents, mais aussi des Mangemorts et de leurs enfants, nombreux chez les Serpentards. Draco serait alors considéré comme un traître et un déserteur de la part de tous, et ne serait plus en sécurité nulle part. Il devait en parler avec Albus et Draco, pour trouver une solution.

Il avait 19 jours pour trouver une solution. Dans 72 heures tous les élèves seront retournés fêter Noël chez eux, Draco y comprit.

Le jeune homme aux cheveux platine passait maintenant la grande porte d'entrée du château et Severus sortit directement de sa léthargie pour le rattraper et l'attraper par le bras. Il le força à le suivre, grimpant les escaliers à toute vitesse, allant à l'opposé des donjons. Ils grimpèrent pendant quelques minutes à un rythme effréné. Ils ne ralentirent que lorsque la tapisserie de Barnabas le Follet arriva dans leur champ de vision. Cette tapisserie avait toujours interpellé Draco. Pourquoi vouloir apprendre à des trolls la danse classique? Mais ce n'était pas la première préoccupation de Draco, qui ne comprenait pas ce que son parrain était en train de faire. Des allers retours devant la tapisserie en balbutiant des choses que Draco ne comprenait pas.

Donne-moi un endroit où nous pourrons parler sans être entendu.

Donne-moi un endroit où nous pourrons parler sans être entendu.

Donne-moi un endroit où nous pourrons parler sans être entendu.

Sous les yeux étonnés de Draco une porte apparut alors sur le mur, et le professeur l'attrapa sèchement par le bras avant de le précipiter à l'intérieur de la salle. La pièce était de taille moyenne, avec seulement un canapé et une petite table de salon dans un coin. Le professeur pensa qu'il aurait aimé quelques boissons fraiches et une bouteille d'eau apparu sur la table, ainsi qu'un verre et un Whisky Pur-Feu. Ce fut seulement après quelques minutes, quand Severus prit conscience du calme et de la sécurité de l'endroit qu'il lâcha enfin Draco, qui se massa le bras endolori. Severus se laissa tomber sur le fauteuil et se prit la tête dans les mains. Draco se sentit tout à coup coupable, sentiment prenant le dessus pour la première fois sur la peur, qui ne lui laissait aucun répit depuis des jours. Il s'en voulait de faire vivre cela à son parrain, qui avait toujours tout fait pour le protéger. Il resta là, à droite de son parrain, la tête baissée et les mains dans le dos, n'osant pas bouger. Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles le temps semblait en suspens avant que le professeur ne lève la tête vers Draco et ne le prie de s'asseoir à ses côtés. Draco obéit immédiatement et se figea sur le bord du canapé.

"-Quand tes parents t'ont-ils annoncé que tu allais être recruté ?

-Ce...Ils ne savaient pas. C'est le maître… Quand il y avait la Sang-de-Bourbe aux donjons." Severus serra les dents. Hermione était donc emprisonnée au manoir Malfoy. Et en plus Draco l'avait vu. Il espérait qu'il n'en avait pas trop vu. "Ils m'ont convoqué un soir. J'ai pas eu le choix parrain. Elle me voyait pas j'avais un masque. Ils m'ont dit de lui jeter le Doloris. Je voulais pas Sev je te jure. J'ai honte. J'ai bien vu cette année qu'elle n'allait pas bien, mais c'était pas ma faute, ils m'auraient tué ainsi que toute la famille... Toi aussi Sev." Il commença à pleurer. "Père n'était pas là ce soir ci. Il n'avait pas été convié à la fête. Il fallait que je devienne un homme, sans lui. Ils ont encore voulu que je jette le Doloris. Je l'ai vu pleurer à cause de moi. C'est qu'une Sang de Bourbe je comprends pas pourquoi ça m'a fait mal. Mais je ne veux pas faire ça. Dolohov m'a dit de la torturer d'une autre manière, il voulait... Je devais la violer parrain. J'ai pas pu… J'ai pas pu bander. J'arrivais pas. Et au plus ils ricanaient moins je pouvais. Je voulais pas non plus. Alors le Maitre a fait arrêter la soirée et il a renvoyé tout le monde. Ils l'ont trainée aux cachots, elle saignait, elle était à peine consciente. Comme un animal. Il m'a dit qu'il était déçu mais que de toute façon je n'aurais pas d'autre choix que de me rattraper. Il a dit "Je t'en trouverai une pure pour le 31 décembre Draco. Le 31 décembre à minuit tu auras violé et tué cette femme ou bien toi tu mourras." Je pouvais pas te dire... J'ai honte Sev. J'ai essayé de te le dire. De toute façon tu seras là quand je vais mourir. Vous serez tous là. Je vais mourir car je pourrais jamais tuer, ni violer. Je suis pas comme ça parrain." Sa voix se brisa alors et il commença à pleurer. Pas des petits sanglots timides et réguliers. Non. Des cris, des hoquets suivis de larmes, des longues plaintes, des sanglots rapides et des respirations haletantes. Depuis combien de temps ressassait il ça sans rien dire à personne? Cela effrayait Severus. Il plaqua le garçon contre lui et l'étreignit fort. Il lui caressa les cheveux tout le temps ou Draco pleurait, hurlait. Il attendit que le garçon s'épuise avant de commencer à lui murmurer des paroles réconfortantes. Il lui assurait que ce n'était pas sa faute, qu'il ne devait pas être tenu pour responsable de ce qui était arrivé. Il ne retournerait pas chez sa famille, c'était bien trop dangereux et destructeur.

"Tu vas rester avec nous à Poudlard. On trouvera quelque chose à faire. Une solution. Mais il faut que tu sois bien conscient que dès qu'ils se seront rendu compte que tu as disparu, ta famille te déshonorera. Ça va être dur Draco. Mais je serai là, ils ne te toucheront pas, et tu n'auras à toucher personne. Tu restes ici avec moi. Je vais te faire dormir ici pour cette nuit. Je vais rester un peu avec toi Draco, puis après je devrais retourner dans mes appartements pour la nuit. Je veux que tu sois devant la tapisserie des trolls demain à 7 heures 30 tapantes. Nous irons directement voir Albus pour lui expliquer la situation." Draco hocha la tête, il ne pouvait plus reculer, et n'en avait pas réellement envie. Un lit apparu dans l'espace restant de la pièce. Un grand lit blanc. Draco se leva du fauteuil mais il y retomba très vite. Il s'était tellement épuisé qu'il avait ressenti un vertige en se levant. Severus l'accompagna jusqu'au lit. Il lui enleva son pull. Les yeux de Draco se fermèrent. Snape lui enleva ses chaussures et ses chaussettes, ainsi que son pantalon de costume et les posèrent au pied du lit. Il borda l'adolescent, qui ressemblait plutôt à un enfant. Ce dernier se tourna machinalement sur le côté, replia les jambes et dit doucement "Reste parrain. Je t'aime."

Severus lui répondit que lui aussi il l'aimait. Mais Draco ne répondit pas, déjà plongé dans un sommeil réparateur.

Hermione était endormie sur le canapé quand Severus était rentré une heure plus tard. Elle avait dû veiller pour l'attendre, mais n'avait pas tenu. Il allait la porter dans sa chambre pour qu'elle dorme de manière plus confortable lorsqu'il remarqua le calepin noir posé sur le dossier du fauteuil. Il le prit et l'ouvrit :

J'ai l'impression que je commence à aller mieux. Un peu, mais mieux quand même. J'aimerais bien qu'on sorte de l'école une journée pendant les vacances. Peut-être se balader, si c'est possible, seulement un après-midi. Je pense que j'ai besoin de voir autre chose. J'ai envie d'être dehors. Mais seulement si vous pouvez me protéger.

Est-ce que je pourrais rencontrer Harry et Ron pendant la dernière semaine de vacances, je crois que je suis prête, si vous dites à Ron avant de ne pas me sauter dessus.

Je n'ai plus vraiment peur de vous. Est-ce que vous pourrez rester avec moi pendant le prochain rendez-vous de psy ? Lui me fait peur.

Merci,

Hermione.

Severus se sentit soudain mieux. Elle s'ouvrait à lui, n'avait plus peur de lui. Et elle osait émettre son avis. Ses progrès étaient considérables. Severus était heureux, même si il venait d'hériter, en deux mois d'intervalle, de deux orphelins désemparés.