Chapitre 10 : De Confrontations et de Secrets Révélés (ou non), ou, De l'Emploi Judicieux du Sort de l'Oubliette
Bonjour bonsoir mes petits renards! Après... oh p*tain?! Plus d'un an de retard?! Et il y a encore des gens qui lisent cette fanfic?...
Euuuh... enfin bon bref. (vousdevriezêtrehabituésàforcelolnanattendezpaslesfourchesPASLESFOURCHES)
Bonne lecture on se retrouve en bas pour l'A/N complète! (/!\IMPORTANT/!\)
ENJOY!~
(PS: UN NOUVEL ANIME DE DGM VA SORTIR! SUIS-JE LA SEULE A ÊTRE A CE POINT EXCITEE?!)
(A/N: ... est-ce que ça sert encore à quelque chose que je mette un Disclaimer à ce niveau?...)
Last time...
Tue l'élève sur ta gauche.
Même avec son esprit embué et la perte presque totale des commandes de ses gestes, le choc d'Allen put se lire sur son visage, alors qu'intérieurement il perdit un peu la ferme prise qu'il tentait de maintenir sur ses actions à cause de la surprenante distraction de la nouvelle commande; ce qui permit un pas déterminé de côté, et un deuxième pas le rapprochant de son voisin de table – qui avait abandonné son stylo pour l'observer avec très peu d'intérêt.
'Oh je ne crois pas que tu me regarderais comme ça si tu savais ce que j'essaie de ne surtout PAS faire…' réussit-il à penser entre deux « tout va bien ; tu peux le faire », et le rictus satisfait de Maugrey.
Allen se força à se stopper totalement alors que tout ce qu'il souhaitait était de céder à la commande, mais cet ordre était tellement contre sa propre morale qu'il fut plus facile d'y désobéir : comment Maugrey avait-il pu lui commander ça ?! Soit Fol'oeil était vraiment lui-même, mais un taré de la pire espèce – et il espérait que Dumbeldore avait tout de même plus de jugeote que ça –, soit il s'agissait définitivement de cet 'Envy' dont lui avait parlé Ed. Et cette hypothèse se précisait un peu plus avec ce petit courant électrique qui commençait à traverser son œil gauche et à brouiller sa vision quand il tenta de jeter un regard noir à Maugrey.
Il se rendit compte distraitement que l'ordre n'avait pas été fait à voix haute – 'tu m'étonnes' –, et tenta une chose qu'il n'avait pas vraiment envie de faire mais qui était sûrement sa seule chance à l'instant : il essaya d'atteindre Neah.
'Haha, pas besoin de tenter de me contacter, cher neveu.'
La présence du 14ème se fit plus insistante.
'Je suis toujours là pour toi.'
Et sur ces paroles qui ne le rassurèrent pas vraiment, une chaleur étrange mais pas assez intense pour le brûler se déversa dans tout son corps, submergeant brutalement l'impression de calme de l'Imperium et la remplaçant par une soudaine hypersensibilité. Il ferma les yeux sous l'effet de l'inhabituelle sensation – ce qui accentua curieusement la petite sensation électrique de son œil gauche – et il sentit une brise dans ses cheveux. À peine se demandait-il d'où celle-ci pouvait bien provenir qu'il rouvrit ses yeux abruptement – mais pas de son propre chef.
Et c'est à cet instant-là qu'Allen comprit son erreur.
-Ce n'est pas très gentil de faire ça à un élève, Professeur...
Neah venait de prendre le contrôle de son corps...
-... et je ne pense pas que Dumbeldore approuve à de tels méthodes pédagogiques... »
… et il était furieux.
...Now...
Chapitre 10: De Confrontations et de Secrets Révélés (ou non), ou, De l'Emploi Judicieux du Sort de l'Oubliette
Un lourd silence s'empara de la classe. Personne ne connaissait encore vraiment Allen, alors ils ne faisaient que se demander si cette façon d'agir était habituelle chez le Serpentard, mais ceux qui avaient été un peu plus proche de lui ces derniers jours l'œillèrent avec surprise.
(Sans le montrer bien sûr, ils ne vivaient pas dans l'antre des serpents pour rien tout de même.)
Pansy en particulier le fixa avec une nouvelle intensité, les yeux plissés de suspicion.
Aucuns d'entre eux ne pouvaient voir le visage d'Allen, soit caché en partie par des cheveux soudainement étrangement ondulés, soit placé dans un angle où même ceux qui cherchaient à l'apercevoir ne pouvait le distinguer.
Le jeune exorciste se tenait face à Maugrey, le visage impassible, mais sa posture menaçante parlant pour lui.
Le professeur avait les yeux légèrement écarquillés en observant celui qui venait de rejeter l'Imperium, et, notant les changements dans l'attitude d'Allen, il eut un large sourire ressemblant plutôt à une grimace, et fit un pas en avant vers celui-ci. Mais avant même qu'il n'ait pu poser pied au sol, la voix maintenant glaciale – mais assez polie pour qu'il soit le seul à remarquer ses intentions malgré les oreilles indiscrètes de la classe – d'Allen le stoppa net, ce qui était un fort contraste avec son sourire amusé.
« Voyons, ne nous emportons cependant pas Professeur, je suis sûr qu'une visite au bureau du Professeur Dumbeldore suffira à régler nos désagréments sur vos méthodes d'éducation, fit-il mielleusement.
Ledit professeur retint un reniflement de mépris en entendant le nom du Principal de Poudlard, avec qui – il devait bien l'avouer – il avait eu du mal à se faire passer pour Maugrey tellement ses yeux étincelants l'avait irrité, et-
'Une seconde.'
Il reporta brusquement son attention sur Allen à nouveau – qui l'observait silencieusement – et comprit soudain la signification de la lueur violente prudemment dissimulée dans ces prunelles.
'Ce gamin... Il veut m'emmener hors de la vue de témoins potentiels !' réalisa Envy avec une lueur dangereuse dans ses yeux qui ne laissait pas transparaître son choc, contemplant Allen sous un nouvel angle, ce qui ne fit que renforcer le sourire plaisant de celui-ci lorsqu'il sentit l'examen minutieux de sa personne, et son propre rictus excité – assoiffé de sang – à l'idée d'un combat.
Il n'avait aucunes preuves qu'il s'agissait bien là des intentions du gamin, mais l'instinct seul le prévenait, lui chuchotait ses suspicions au sujet de celui-ci.
Ils se fixèrent pendant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité, comme deux fauves se jaugeant en se tournant autour lentement, muscles tendus, prêts à se jeter à la gorge de l'autre à la seconde où l'un d'eux esquisserait le moindre mouvement.
Les élèves, n'ayant aucune expérience pour reconnaître la tension dégagée entre deux créatures assoiffées de sang et chargées d'adrénaline, commençaient à chuchoter avec un peu d'inquiétude, tandis que d'autres discutaient simplement entre eux, ignorant tout de la gravité de ce qui était en train de se produire dans leur salle de classe même, puisque l'originalité de voir le professeur et le nouveau se fixer sans rien dire pendant un moment commençait à perdre en intérêt au fur et à mesure des minutes passant – profitant plutôt du fait que le professeur soit occupé avec un autre élève pour discuter de leurs vacances.
Le sang d'immortel (enfin, presque) d'Envy battait dans ses veines, et son pouls s'accélérait dans un Ba-dum excité, bien que stable et net, comme à chaque fois qu'il se préparait pour une attaque.
Néanmoins, alors qu'il allait faire exactement comme gentiment proposé par le blandinet, prêt à s'occuper de celui-ci dans un couloir sombre de façon à lui donner une bonne leçon (notamment pour avoir eut l'air si confiant de gagner un combat contre quelqu'un comme lui), il remarqua la couleur d'yeux de celui-ci :
Or.
…
Fullmetal... Ed.
…
…
Avec un froncement de sourcils, il se reprit et fit un pénible effort pour contrôler son excitation et reprendre un semblant de calme professionnel.
Il s'était apprêté à directement engager un combat dans la salle de classe alors qu'il se targuait d'être un acteur professionnel – et sous couverture en plus - il n'allait pas se planter tout à coup de cette manière ! Il fallait encore qu'il récupère le noiraud et son petit alchimiste, et après…
'… après je m'occuperai de toi.' se promit-il intérieurement en fixant l'élève face à lui, et le blandin dû lire cette promesse dans son regard puisque ses yeux se plissèrent davantage de façon menaçante, croyant qu'il allait se défiler.
Mais il faut croire que l'envie de récupérer son petit Ed était plus forte que celle de tout balancer aux oubliettes pour un combat avec le gamin irradiant de soif de sang, et pour la première fois depuis des lustres – peut-être même la première fois –, il ignora volontairement et tut son instinct de tueur.
-Reprend ta place pour que nous continuions ce cours, Papy.
Ledit 'Papy' parut se retenir de faire une moue renfrognée et ses yeux étincelèrent de danger. Apparemment, lui, n'était pas prêt à lâcher le morceau. Envy aurait bien compatit en se disant qu'il n'aurait pas non plus apprécié de se faire Impero-sé, mais il ne pensait pas être capable d'un tel exploit – compatir avec un pathétique humain. S'il s'agissait bien d'un humain du moins.
-Je crois que je me dois d'insister-
Le blandinet se coupa subitement et sa posture se relâcha d'un coup, comme un pantin à qui on aurait subitement coupé les fils, faisant presque entièrement disparaître avec elle le sentiment de puissance létale qui l'accompagnait. Les yeux de Maugrey s'écarquillèrent une fois encore en sentant le brusque changement, et les élèves les moins perspicace de la salle eurent un soupir de soulagement sans vraiment en connaître la raison, tandis que la tension descendit à un niveau plus supportable.
'Je le savais... Ce gamin n'est vraiment pas normal !'
Envy avait même prévu d'utiliser un sort pour effacer la mémoire du blandin concernant son… léger accès de frustration face au manque de réaction de celui-ci quand il avait utilisé l'Imperium pour lui ordonner de tuer son camarade – Oups ! –, mais maintenant, il n'était étrangement plus si sûr qu'une nouvelle intrusion dans son esprit fonctionnerait.
Comme s'il ne venait pas de répondre au professeur encore une fois, le blandin baissa les yeux et reprit sa place en silence, ses cheveux reprenant lentement un aspect moins ondulé. Maugrey, qui ne l'avait pas quitté des yeux pendant ce temps-là, nota le léger changement d'apparence et attendit impatiemment de revoir les yeux dorés qui lui avait rappelé Ed, mais…
Lorsque Allen releva la tête avec un petit sourire penaud, ses yeux étaient du même gris argenté qu'à l'accoutumé.
-Je suis désolé Professeur, l'influence de l'Imperium m'a juste un peu... déstabilisé. Je ne comptais pas vous manquer de respect, fit-il avec un peu de confusion.
Maugrey faillit faire un pas en arrière sous l'effet de la surprise, mais se retint de justesse et opta finalement pour plisser ses yeux en direction d'Allen et de sa tête d'ange innocent, et serrer sa mâchoire. Mais pas avant qu'il n'ait pu discerner une dernière lueur dorée de promesse dans les prunelles du gamin - il eut du mal à ne pas offrir un sourire carnassier en retour.
C'était comme si le blandin avait deux personnes en lui : l'une cherchant définitivement à en découdre (et qui avait de très bons réflexes – sa mâchoire n'était pas prête d'oublier ce petit incident), et l'autre tout à fait normale et ne se souvenant même pas qu'on lui avait ordonné de tuer un élève à peine une minute auparavant. À moins qu'il ne fasse semblant bien sûr, et qu'il s'agisse de l'exacte même personne, juste très bon acteur, ou complètement bipolaire.
Une fois encore il se fit la remarque mentalement qu'il devrait chercher un peu plus d'informations dans la mémoire du véritable Maugrey pour en connaître un peu plus sur cet étrange monde parallèle au sien, mais fut interrompu dans ses pensées par une voix d'élève.
-Tu viens de rejeter l'Imperium, et tu dis juste avoir été 'déstabilisé' ? » s'écria un certain rouquin.
Et bientôt la classe était repartie de bon train dans des discussions animées – car plus personne ne se gênait pour parler directement à voix haute à présent – à propos de cette dernière intrigue, et seuls Draco, Hermione, Harry et Pansy continuaient de fixer Allen comme s'il était une énigme à lui seul.
Ce qui, à la réflexion, n'était pas complètement faux.
Allen de son côté, n'était plus vraiment là. Il avait un plus gros problème que des rumeurs d'élèves sur le dos après tout. Et puis il avait déjà fait l'effort de berner Maugrey (enfin, il n'avait même pas pris le temps de vérifier si son petit numéro d'innocent amnésique avait bien fonctionné, mais il estimait que tant qu'il n'avait pas reçu de sort à la figure, il était relativement hors de danger pour le moment), ce qui était plus important...
Quand, plus tôt, il s'était fait la remarque que Neah était furieux, ça avait été la déclaration du siècle : le 14ème était enragé.
Et ça ne s'arrangeait pas depuis qu'il avait réussi à le repousser dans un recoin à l'arrière de son esprit, juste assez pour réussir à reprendre le contrôle de son corps – chose qu'il ne pensait pas avoir déjà réussi à accomplir auparavant.
Mais il n'avait pas vraiment le temps de se réjouir de cette petite victoire: Neah voulait en découdre avec l'imposteur – car il était maintenant sûr qu'il en s'agissait d'un, entre autres grâce à l'étrange réaction de la dernière fois de son œil maudit –, et c'était loin d'être la sensation la plus agréable qu'il ait déjà ressentie.
Pour le moment, tout ce qu'il pouvait faire, c'était tenter de rester calme, ne pas paniquernepaspaniquernepaspaniquer, et avant tout, essayer de refluer Neah du mieux qu'il le pouvait.
Allen ne savait pas quoi ressentir avec cette… possession, car c'était bien ce qu'il venait de se passer : Neah avait pris le contrôle de son corps, et ce, sans son accord – complètement à l'inverse de ce que le Noah lui avait promis auparavant. D'un côté, il voulait seulement s'enfuir de la classe pour aller se rouler en boule dans le coin d'une pièce sombre comme le gamin qu'il n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'être, et oublier l'horrifiante sensation de ses membres bougeant avec une volonté n'étant pas la sienne, oublier son impuissance totale à cet instant précis – sentiment qu'il avait espérer ne plus jamais avoir à ressentir à une telle intensité depuis qu'il avait réussit à récupérer son bras gauche –, et ne pas penser aux conséquences s'il n'avait pas réussi à reprendre le contrôle : car s'il avait échoué…
'J'aurais peut-être tué un être humain...'
Il ignora totalement la voix de la raison dans sa tête – si occupé était-il à essayer d'ignorer tout ce qui n'était pas la volonté de Neah qui se débattait comme un diable et à la supprimer – lui rappelant qu'Envy n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler un être humain, et concentra son attention sur autre chose.
Car d'un autre côté, le blandin ne savait pas s'il devait être en colère avec Neah pour avoir fait une telle chose, ou bien le remercier pour l'avoir défendu. Car si celui-ci n'était pas intervenu, il aurait peut-être aussi pu tuer son voisin de table !(qui, lui, était jusqu'à preuve du contraire, incontestablement humain)
Et à quoi avait-il pu bien penser en l'appelant à l'aide ? Qu'est-ce qu'il avait bien pu imaginer qu'il allait se passer ?
Avec un léger tremblement, il se rendit compte avec horreur que la seule mention de son 'oncle' lui donnait des frissons. Il ne savait plus quoi en penser, partagé entre cette prise de conscience, et l'idée qu'il s'était mis dans un sacré pétrin avec l'imposteur de Maugrey. Il se sentait déstabilisé, comme s'il perdait le contrôle de la situation autour de lui. Ce n'était pas comme si c'était la première fois que ce genre d'événements inattendus lui tombait sur la figure pourtant, mais cette fois quelque chose était différent: une petite partie de lui-même se sentait véritablement ébranlé par la situation, comme si – aussi cliché que cela puisse paraître – il sentait le sol se dérober sous ses pieds, s'écroulant à gros morceaux bien trop rapidement…
En d'autres termes, il était complètement perdu.
Il se demanda distraitement où son courage avait bien pu foutre le camp tout à coup ! et tenta de se rassurer au contact familier du gant de sa main gauche.
Allen n'était pas étranger à la douleur, aussi bien physique que psychologique : avoir vécu avec un bras aussi anormal et attirant le dégoût que le sien dans sa jeunesse, avoir reçu un œil maudit de son propre père adoptif, se battre presque quotidiennement contre des Akumas, et s'être fait arracher son innocence et tuer par Tyki – sans compter avoir passé le plus clair de sa pré-adolescence avec un taré comme Cross – l'avait plutôt endurci. Mais ça, une attaque venant directement de l'intérieur de lui-même – il ne savait même pas s'il devait considérer cela comme une attaque – … ça, il n'y était pas préparé. Pour la première fois depuis longtemps, il n'avait eu aucun moyen de défense, de préparation. Cette... cette impuissance, était presque pire que de s'être fait arracher son innocence vivant.
Et sans s'en rendre vraiment compte, il s'était mis à avoir un petit peu confiance en Neah, le croyant presque quand celui-ci lui avouait que le fait de prendre le contrôle de son corps reposait sur sa propre décision et qu'il respecterait celle-ci. Il avait même – est-ce que je vais vraiment penser ça? – commencé à… l'apprécier. Il avait cru au caractère blagueur et un peu insouciant de celui qui se disait son oncle, et il en payait à présent les amères conséquences.
Il sentit peu à peu la rage de Neah s'estomper, mais d'une façon ou d'une autre, il se rendit compte qu'il savait que c'était uniquement parce qu'il réussissait enfin à l'enfouir progressivement dans un coin très reculé de son esprit, et non parce que sa fureur diminuait. Dans tous les cas, il aurait été assez judicieux qu'il parte de la classe au plus vite.
Quand enfin il revint à la réalité, il eut droit à un nouveau choc : Harry était à son tour soumis à l'Imperium de Maugrey.
Mais avant qu'il ne puisse intervenir – comme il l'avait stupidement fait pour Draco –, le noiraud sembla reprendre contrôle de lui-même et rejeter l'influence de l'Impardonnable de son propre chef. Allen eut un soupir discret de soulagement et manqua le coup d'œil que Draco lui jeta par-dessus son épaule.
« Tch- encore un ? C'est pas possible ça alors, je peux même pas m'amu- vous montrer les effets du sort correctement !~ » s'exclama Fol'oeil d'une voix plaintive qui contrastait horriblement avec son apparence et qui fit grimacer plus d'un élève.
Bon, comme je vous l'ai dit tout à leur pour le P'tit vieux, certaines personnes ont une certaine force de volonté et une magie fortifiée qui leur permettent de rejeter l'influence de ce sort, ce qui est, normalement, extrêmement rare, voire impossible… Maiscertaines personnes ici veulent décidément être anormales à ce que je vois…
Harry tressaillit imperceptiblement au mot 'anormal' – Allen se demanda bien pourquoi et rangea l'information dans un coin de son esprit pour plus tard –, et le reste des élèves garda le silence en observant leur professeur lever les yeux au ciel sous l'effet de la frustration, se demandant qui allait bien pouvoir être la prochaine victime de l'ancien Auror.
Allen de son côté, même s'il était encore sous le choc de sa possession, eut soudain une furieuse envie de se frapper lui-même. À grands coups de Komulin.
'...Espèce d'idiot ! Tu n'as pas pensé une seule seconde que tu aurais pu essayer de rejeter le sort tout seul! Bonjour la confiance en soi… Non pas que je suis sûr que j'aurais réussi, mais c'était quand même une meilleur option que… le… Quatorzième…'
Il entendit un cri de rage étouffé quelque part dans son esprit, accompagné d'une douleur sourde à l'arrière de ses yeux, et supprima aussi rapidement qu'il le put toute pensée s'approchant de près ou de loin du Musicien. Il ignora le reste de la classe pendant un moment de plus alors que Maugrey avait enfin réussi à mettre la main sur un élève normal, qu'il faisait à présent danser sur la table avec un manche balai en guise de barre de pool dance – ce qui était très dérangeant sachant qu'il s'agissait de Goyle – tout en riant aux éclats. Le blandin passa plutôt plusieurs minutes à insulter sa propre intelligence avec frustration, reprenant peu à peu pied en réussissant à mettre ses émotions et souvenirs de ce qu'il venait de se passer de côté pour l'instant, mais toujours secoué. Il avait une mission après tout, et ça, c'était bien plus important que ses doutes du moment.
Après ça, le reste du cours se déroula rapidement dans un semblant de normalité, avec Maugrey/Envy toujours décidé à faire son salopard et se servir d'une araignée élargie afin de faire la démonstration du sortilège Doloris - à ce niveau-là, même si Neville avait changé de couleur et que l'araignée avait vraisemblablement souffert le martyre, Allen ne pouvait être que soulagé que le sort n'ait pas été utilisé sur un élève – et commençant à cerner l'imposteur, il aurait bien été capable de le faire.
Le cours se termina bien évidemment avec la démonstration de l'Avada Kedavra sur l'araignée – et une fois encore, Allen se consola en se disant que la créature n'avait enfin plus à rester aux mains cruelles de Maugrey – avec l'inévitable mention de son unique survivant, et le blandin dut admettre qu'après avoir vu le sort fonctionner en direct, son protégé semblait vraiment avoir accompli l'impossible.
Et c'est ainsi qu'Allen ressortit de son premier cours avec un un mal de tête de tous les diables, et persuadé que les sorciers devaient tous être de grands malades pour avoir inventé de tels sorts.
Mais ce qu'il ne savait pas, c'était qu'Harry n'aurait jamais dû pouvoir rejeter l'Imperium, surtout alors qu'il ne s'agissait que d'un simple ordre d'entraîner Ron dans une valse, et donc pas quelque chose qui l'aurait dérangé ou horrifié au point de briser le sortilège par simple force de volonté – bon, même si ç'aurait été plutôt gênant, mais le fait est, que ce n'était pas la même chose de recevoir l'ordre de tuer Ron que de danser avec.
Ce qu'il ne savait pas non plus, c'était qu'Envy se demandait à cet instant même s'il ne ferait pas mieux de se débarrasser de l'étrange blandin – avant qu'il n'aille confier à un autre professeur que Maugrey lui avait ordonner de tuer un élève – ou bien si le gamin n'avait véritablement aucun souvenir de l'ordre comme le laissait penser son regard penaud et ses excuses (ainsi que l'absence de cris stridents l'accusant de tentative de meurtre, admettons).
Ainsi, Allen ne chercha pas plus loin, bien trop occupé à essayer de ne penser à... rien, et manqua à cause de cela, un fait plutôt intéressant qui, s'il l'avait su, aurait permit d'éviter à son collègue et à lui-même bien des surprises et questionnements futurs…
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Le blandinet n'eut pas le temps d'aller faire part de ses découvertes à Ed.
Non qu'il y pensa vraiment, toujours occupé à essayer de ne plus penser, puis, quand cette technique s'avéra de moins en moins efficace, de s'encombrer la tête de choses inutiles et par dessus tout, distrayantes...
De toute façon, il ne préférait pas y penser du tout, et même si le cours de Botanique n'avait pas vraiment été une première pour le jeune exorciste (oui, il avait même dû se mettre au jardinage pour payer les dettes de Cross – dont le baby-sitting de plantes carnivores appartenant au père d'un certain 'vampire'…), la découverte de plantes magiques toutes plus étranges, et parfois agressives, les unes que les autres, avait fait des miracles pour éloigner ses pensées de Neah et du cours de DCFM. L'atmosphère des serres avait aussi su jouer leur rôle de calmant sur son esprit confus et sa tête de plus en plus douloureuse, de sorte que lorsque la classe fut terminée, il resta presque aux côtés du Professeur Chourave à contempler la vue depuis l'arrière du château où ils se trouvaient, malgré les regards à la fois agréablement surpris et intrigués (un Serpentard qui semblait simplement heureux et détendu dans sa classe!) que la Professeur lui jetait de temps à autres.
Quand enfin, l'heure du déjeuner sonna, il eut grand peine à se retenir de se précipiter hors de la classe d'Histoire de la Magie qu'il venait de passer avec les Poufsouffles pour rejoindre la Grande Salle.
D'une, il avait expérimenté la désagréable impression de se retrouver face à une âme retenue dans ce monde, mais cette fois que tout le monde pouvait voir, tous les jours, comme professeur – et apparemment il y en avait d'autres comme lui dans le château ! – et de deux, il ne savait pas si les nouvelles traversaient l'école de magie aussi vite qu'elles le faisaient à la Congrégation, mais il ne voulait pas se retrouver avec une bonne partie de la population étudiante – sans oublier Dumbeldore, à qui il avait pourtant promis sa discrétion – sur le dos avec les rumeurs de son 'exploit' en DCFM.
Déjà que le mot lui laissait un arrière-goût plutôt amer, il n'avait vraiment pas besoin qu'on le lui rappelle...
Il garda un œil sur le Golden Trio sortant d'une classe un peu plus loin dans le couloir, tout en suivant le reste des élèves qui se dirigeaient tous dans la même direction pour leur déjeuner, et se fondit dans la masse des Serpentards, parvenant habilement à éviter un trio en particulier de membres de sa maison.
En effet, Pansy, Draco et Blaise devaient sans doute penser qu'ils étaient discrets dans leur surveillance, mais rien ne pouvait échapper à la vigilance d'Allen – surtout quand il pouvait sentir leurs yeux sur lui à des kilomètres.
Mais, à son plus grand plaisir, le fait d'entrer à la suite d'Harry dans la Grande Salle avait ses avantages, et l'attention des élèves se fixa aussitôt sur celui-ci, lui permettant de se glisser à la table des Serpentards incognito.
« Alors Walker, tout va bien ?
Ou peut-être pas. C'était énervant à force !... Ses maux de tête – qui étaient revenus petit à petit depuis qu'il avait quitté les serres – étaient peut-être plus gênants qu'il ne l'avait pensé au début s'ils lui faisaient relâcher son attention à ce point...
-Oui, merci Mlle. Parkinson, heureux que tu t'en inquiètes...
-Je t'en prie, appelles-moi Pansy, fit celle-ci avec un sourire qui se voulait sûrement charmeur.
-Je te retourne l'attention Pansy, répondit Allen facilement en finissant de s'installer avec un sourire aimable.
-Bien. Allen, alors.
Cette façon mielleuse de prononcer son prénom lui rappela étrangement celle d'une certaine 'personne' de sa connaissance, mais il tenta d'oublier cette pensée le plus rapidement possible.
La sorcière avait fait en sorte de s'asseoir juste en face de lui, et Blaise s'était assis à la droite de celle-ci, tandis que Draco, avec un peu plus de subtilité que ses deux comparses, s'assit à une place libre un peu plus loin – mais pas trop éloignée non plus, de sorte qu'il puisse discrètement écouter la conversation à venir –, où il fut aussitôt rejoint par Crabbe et Goyle. Ce qui faisait qu'il y avait un grand vide sur les côtés d'Allen.
Amateurs.
-Alors, cette première matinée dans une véritable classe ?
'Comme si c'était à cette question qu'elle voulait une réponse…'
-C'est bien la première fois que tes cours ne sont pas à domicile n'est-ce pas ?
'Et elle n'a pas l'air d'abandonner…'
-… Assez,… instructif je dirais… commença le blandin, décidant finalement d'être honnête sur ce point – après tout, même s'il avait inventé le fait d'avoir été éduqué en magie à domicile, il n'avait pas menti sur le fait de ne jamais avoir été dans une école, avec élèves, cours, et tout le toutim.
-Ah ? encouragea-t-elle avec un sourcil arqué, l'enjoignant à fournir une explication à sa déclaration.
-Eh bien… De mon point de vue, tout ce que j'ai remarqué se résume à ça : certains élèves écoutent le professeur, d'autres ne l'écoutent pas, certains se concentrent sur le cours, d'autres sur une conversation parallèle - tous ont un comportement bien à eux vis-à-vis de leur situation, et des objectifs bien distincts… mais chacun réagit de la même façon face à une situation inconnue avec laquelle ils ne savent pas comment se comporter… et quand ils essaient de reprendre un semblant de normalité dans cette situation, ils ne font qu'éviter la véritable source du problème, ils l'ignorent et la minimise comme si, si ils déclaraient haut et fort que ce n'était pas normal, ils s'impliqueraient dans quelque chose ne les concernant pas, ou plutôt à laquelle ils n'ont pas envie d'avoir affaire… J'ai trouvé un tel comportement comme étant très proche de ce que l'on trouve en société en général, peu importe où: chaque individu vit sa vie en suivant ses intérêts et à sa propre manière, mais quand ils sont confrontés à l'inconnu, qu'ils font face à la peur et à l'incertitude, il n'y a plus de différences, pendant un instant, tout le monde est pareil… Mais quand la situation prend en longueur, on fait tout pour simplement ignorer afin de ne pas céder à la panique, pour ne pas reconnaître l'anormalité de la situation,… parce que s'ils le faisaient, leur petit monde bien rangé s'écroulerait, et ils ne pourraient plus prétendre que tout va bien dans le meilleur des mondes et reprendre leur petites vies bien rangées, répondit-il en évitant soigneusement le sujet de l'Imperium qu'il avait 'rejeté', et en essayant de ne pas masser ses tempes douloureuses, les avants-bras reposant sur la table encore vide de toute nourriture.
Ça commençait à être long d'ailleurs...
-Oh je vois… reprit Pansy après un petit silence.
'Pas vraiment à vrai dire…' continua-t-elle intérieurement avec confusion.
'Et c'est bien la première fois que je l'entends parler aussi longtemps…'
-Je n'y avais jamais pensé de cette manière… J'imagine que c'est quelque chose de tellement commun pour nous tous ici que nous n'y avons jamais vraiment réfléchi, et encore moins à ce point, lança Blaise de son côté avec une expression pensive, répétant à voix haute les pensées de Draco sans le savoir.
Le blond platine lui-même ne savait pas vraiment quoi penser des paroles d'Allen. Celui-ci les avait vraiment pris de court sur ce coup-là, et en y réfléchissant un peu plus, Draco était partagé : d'un côté, il était offensé à l'idée que l'on puisse dire qu'il n'était pas complètement unique dans chaque aspect du terme – c'était un Malfoy après tout! –, mais d'un autre côté, il pouvait entendre la note de vérité dans ces mots, et pour la première fois depuis longtemps, Draco examina sa propre situation sous un nouvel angle (non pas qu'il allait tout à coup se remettre en question, il ne fallait tout de même pas exagérer).
Il se remémora le moment où Maugrey s'était moqué de la Née-Moldue Gryffondor, se rappelant le choc qu'ils avaient tous ressenti pendant un instant, incertains de la façon dont ils devaient réagir face à ce retournement de situation inattendu. Puis il se souvint des rires et des railleries hésitants, et ils se rendit compte qu'à ce moment-là, au lieu de chercher plus loin dans le comportement étrange du nouveau professeur, ils avaient tout simplement ignoré l'étrangeté de celui-ci, avaient fait comme si de rien n'était, comme si une telle attitude était parfaitement normale, et une fois de plus, il remarqua qu'ils avaient bel et bien tous réagit de cette manière.
Pour une école qui prônait l'unité – du moins entre membres d'une même maison – l'ironie en était risible.
Ayant réussit à suffisamment détourner l'attention des Serpentards du petit accident du matin (ils n'avaient vraiment pas idée du foutoir dans lequel il venait de s'embourber, et il commençait à peine à se rendre compte qu'il devait sûrement sa vie au fait qu'il avait instinctivement plaidé une innocente et commode perte de mémoire – car qui suspecterait quelqu'un de se souvenir d'un tel événement traumatisant quand ladite personne s'en va tranquillement de la salle ?) après leur avoir raconté plus ou moins n'importe quoi, Allen attendit de moins en moins patiemment que de la nourriture arrive enfin sur les tables, étant donné le peu qu'il avait pu manger au petit-déjeuner (en standard Allen bien sûr).
Il n'eut pas à attendre plus longtemps, et pendant que le groupe était encore perdu dans leurs pensées, il en profita pour dévorer une bonne partie des plats de la table Serpentards, à la plus grande horreur du reste de ses occupants (à part peut-être Theo, qui avait encore une fois le nez dans un livre), mais à l'amusement d'une certaine personne à la table des professeurs, et d'un trio particulier de Gryffondors qui, en essayant d'ignorer l'attention qu'apportait la performance du matin de Harry, lançait des petits regards vers sa table avec des sourires amusés – même si il remarqua que le rire de Ron semblait un peu forcé.
Non pas qu'il pouvait en être sûr à cette distance, mais il se demandait bien pourquoi.
D'un autre côté, Maugrey était absent de la table des professeurs, et Ed avait l'air d'être aussi soulagé qu'il l'était lui.
'J'imagine que les rumeurs de ce qui s'est passé matin lui sont parvenues… mais j'aimerais bien lui parler de ce que j'ai découvert, malgré... tout... même s'il s'en doute sûrement…'
Cependant, ce n'était vraiment pas le moment. Ils pourraient se voir durant la nuit, décida-t-il intérieurement avec un dernier coup d'œil furtif en direction du blondinet.
Mais bien sûr, son moment de répit n'aurait pas pu durer plus longtemps, et un bruit soudain attira son attention sur sa gauche.
Draco s'était apparemment levé brusquement, les poings sur la table et les yeux légèrement écarquillés, regardant dans le vide pour qu'ensuite ses yeux viennent se fixer sur Allen. Puis, il plissa les paupières et se rassit doucement, une sorte de sourire malicieux étirant ses lèvres, avant d'ouvrir celles-ci et de s'adresser directement à l'exorciste:
-Peut-être que tu feras un meilleur Serpentard que ce que je ne le pensais… » déclara-t-il sans le quitter des yeux, avant de se rendre compte de ce qu'il faisait et d'arracher son regard gris de celui argenté d'Allen et de se re-concentrer sur le contenu de son assiette, ignorant les regards inquisiteurs de ces amis.
Ce qui rassura le moins le blandin fut que le petit sourire qu'il n'avait jamais vu auparavant sur le visage de Draco ne le quitta plus de tout le repas.
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À la fin du repas, un morceau de parchemin apparut devant Allen sur la table, attirant une fois de plus l'attention des curieux – à savoir Pansy, Blaise, et surtout, étrangement, Draco (ce qui était bizarre d'ailleurs – il se faisait peut-être des idées, mais le blondin semblait étrangement encore plus curieux qu'auparavant, et moins enclin à le cacher, mais il se pouvait aussi que sa paranoïa et son mal de tête parlent pour lui sur ce coup-là) –: il s'agissait d'une note de Dumbeldore lui informant que s'il voulait lire le contenu du message, il devait répondre à une question à laquelle lui seul pouvait répondre :
Quel est le pseudonyme choisi de la connaissance commune venue dans cette humble demeure il y a bien des années de cela ?
Pas vraiment dans le style simple et concis, mais surtout quelque chose dont lui seul connaissait la réponse à cette table: pas mal, Dumbeldore, pas mal.
Il parvint à ignorer totalement le dit sorcier à la table des professeurs et rangea le morceau de parchemin dans une poche, celle qui ne contenait pas la carte de Dante.
Il se doutait qu'il devait s'agir d'une note concernant un sujet qu'il valait mieux garder secret, et il avait du choix de ce côté-là : Harry, sa position d'exorciste, sa mission, son identité secrète, son collègue secret, le... petit problème dans la matinée, ses capacités avec une baguette-
Il se coupa dans ses pensées - ça devait sûrement être ça, puisque ce problème-là semblait un peu plus urgent. Il avait commencé à s'inquiéter d'ailleurs, puisque les cours qui demandaient vraiment l'utilisation de magie avec une baguette commençaient cette après-midi même, à savoir Métamorphose et Sortilèges (et même le cours de DFCM d'ailleurs, où ils n'avaient miraculeusement fait que de la théorie après les démonstrations de Maugrey), et il était loin de se sentir prêt à lancer des sorts de quatrième année quand il n'en avait pas exécuté un seul de sa courte existence de quinze années.
Maintenant, comment échapper à des Serpentards qui n'attendent qu'une seule raison pour me poser de nouvelles questions…
C'est à cet instant qu'il ressentit une présence derrière lui qui lui envoya des frissons dans le dos...
« Monsieur Walker, un léger problème est survenu, si vous voulez bien me suivre…
Ah, Link. Bien pensé.
La raison pour laquelle Allen avait frissonné en sentant la présence du 'majordome' n'était autre que parce que celui-ci avait déclamé ses mots avec une politesse – qui lui faisait sans aucun doute l'impression de mordre dans un citron à pleine dents – respectueuse, mais que le blandin savait forcée et très peu appréciée par le concerné. En bref, malgré son allure extérieure aimable, Allen pouvait sentir l'aura sombre du corbeau à des kilomètres, la mauvaise humeur de Link partagée entre être dirigée vers lui-même et probablement vers le Directeur.
-Oh Link, de quoi s'agit-il ? Est-ce que ça peut attendre, je n'ai pas encore terminé mon repas ?… répondit-il, le modèle de la sincérité – et toujours à moitié dans l'optique de trouver n'importe quoi d'assez distrayant.
Il fallait bien garder les apparences après tout. Et puis il fallait une raison suffisamment bonne pour que les Serpentards ne le suivent pas. Ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il voulait savoir comment Link allait s'en sortir et jusqu'où il pouvait aller. Du tout. Vraiment !
-Non, c'est un problème tout à fait mineur, mais il serait toutefois conseillé qu'il soit adressé dans les plus brefs délais, ainsi il ne sera plus un problème pour Monsieur.
-Hmm bien, je te rejoins en dehors de la Grande Salle dans une minute, tu peux disposer.
'Ouah, j'ai toujours voulu dire ça !'
-Bien Monsieur.
Allen entendit presque les dents de Link grincer et retint un gloussement pas très masculin, tandis qu'il s'emparait d'un muffin et qu'il se levait en jetant un regard d'excuse et un sourire contrit en direction de ses nouvelles sangsues personnelles.
-Bon, je vous laisse, on se retrouve plus tard ?
Après que chacun ait ramassé leurs mâchoires du sol, Pansy s'apprêta à protester, mais Draco la coupa avec un soupir.
-Pas de problème j'imagine… Nous t'attendrons en classe.
La dernière partie de la phrase du blond platine sonna beaucoup plus comme une promesse que comme une simple remarque en passant.
Brrr.
-Oui, le temps que Draco se refasse une beauté, je te parie que tu seras déjà de retour ! lança Blaise avec un large sourire.
Aaah, c'est sûrement pour ça qu'il commençait à apprécier le basané. Juste avec cette remarque, Draco paraissait tout de suite beaucoup moins prêt à le suivre partout afin de découvrir tous ses secrets les plus cachés.
-Blaise !
Le ton indigné de Draco l'accompagna jusqu'à la porte, mais avant qu'il n'ait pu rejoindre Link, celui-ci l'observant toujours impassiblement – Allen doutait que ça durerait plus longtemps une fois à l'abri des regards –, la voix de Draco l'interpella, hésitante, assez élevée pour se faire entendre, mais pas au point qu'une autre table que celle des Serpentards ne l'entende :
-Merci !... »
Allen resta confus un moment et fit halte brièvement, avant de comprendre la raison de la gratitude du jeune blond : son 'sacrifice' déguisé en soudain intérêt à tester l'Imperium lorsque Maugrey avait faillit utiliser Draco comme cobaye quelques heures plus tôt.
Il se retourna et offrit un sourire sincère au blond platine (qui devait plus ressembler à une grimace qu'autre chose à cause de son mal de tête) avec un hochement de tête, car même s'il s'en mordait les doigts maintenant, il ne regrettait pas sa décision d'avoir protégé Draco de la conception tordue de ce qui devait être amusant d'Envy.
Il ne put apprécier la teinte légèrement rouge qu'avait pris le visage du blond, car il avait déjà repris son chemin, osant à peine imaginer la réprimande qui l'attendait pour avoir fait attendre Link ainsi...
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Une fois seuls, Pansy s'arracha immédiatement à sa réprimande de Blaise et se tourna vers Draco – non sans arquer au passage un sourcil en la direction du blond quant à la reconnaissance que celui-ci venait d'exprimer envers Allen (ce n'était pas la première fois qu'elle l'avait entendu remercier quelqu'un, mais c'était quand même très rare). Tout trois se levèrent en affectant la nonchalance et sortirent de la Grands Salle sans même échanger un regard, après avoir vérifié que Allen était bien déjà parti avec son majordome.
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Remarquant la retraite discrète des Serpentards une fois qu'Allen avait quitté la salle avec une personne plus âgée qu'eux (je sais ce que vous pensez bande de petits pervers!… ou pas ?…), le Golden Trio échangèrent des hochements de tête entendus et quittèrent la table des Gryffondors à leur suite.
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Et bien sûr, aucun des Serpentards ou des Gryffondors ne remarquèrent le regard de deux professeurs les suivant avec à la fois suspicion et amusement.
À l'inverse, aucun des professeurs ne remarqua une certaine paire de jumeaux roux partir à leur tour de la Grande Salle, sourires malicieux soigneusement dissimulés…
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Personne ne prononçait un mot parmi le petit groupe de Serpentards, ses membres trottant de plus en plus vite à travers les couloirs, pour la plupart encore vides, de Poudlard. Ils empruntèrent quelques raccourcis connus seulement des membres de l'antre des serpents –à moins qu'un élève ou un groupe d'élèves ait décidé de créer une carte répertoriant les passages secrets du château, mais c'était totalement impossible voire même stupide de ne serait-ce qu'envisager une telle possibilité tellement l'idée même était improbable – et atteignirent bientôt une salle de classe inutilisée, et ce apparemment depuis bien longtemps compte tenu des toiles d'araignée et de la poussière de la salle – comme si les Elfes de Maison avaient juste décidé un beau jour d'ignorer cet endroit du château.
Une fois à l'intérieur, Pansy jeta un sortilège de confidentialité un peu borderline arts noirs, mais après tout, personne ne le saurait puisque apparemment les protections de Poudlard ne détectaient que les sorts noirs les plus puissants.
Elle soupira, et tout le petit groupe s'installa comme il le put dans la salle loin d'être hygiénique. Draco en particulier avait l'air de se retenir de grimacer encore plus qu'il ne l'était déjà à cet instant. Blaise trouva un banc un peu bancal mais qui avait l'air assez propre, et s'assit avec un soupir à son tour, œillant Pansy toujours debout, et Draco qui époussetait un fauteuil qui avait attiré son attention. Une fois tout le monde placé à sa convenance et un léger « Tergeo » lancé par Draco sur son fauteuil, Pansy et Blaise attendirent que le blond platine prenne la parole avec des regards inquisiteurs.
« Vous avez vu aussi bien que moi ce qui s'est passé ce matin, commença-t-il d'une voix traînante.
Il continua après avoir vu les acquiescements de ses acolytes.
-Il y a quelque chose qui cloche chez Allen Walker , quelque chose d'anormal, de très anormal.
Deux autres hochements de tête graves.
-Il est un membre de notre maison. Chaque Serpentard aime garder ses secrets, et nous respectons tous ça.
Il inspira profondément.
-Mais Allen Walker est un secret à lui seul, et nous nous devons de le découvrir. Et non pas uniquement pour la simple bonne raison que nous sommes tous curieux de savoir ce qu'il cache - il y a bien trop de choses étranges à son sujet pour que son arrivée à Poudlard soit un simple jeu du sort ou je ne sais quelle histoire il a inventé pour se retrouver ici.
Il se redressa et croisa les jambes, une expression conspiratrice sur son visage qui reflétait celles de ses complices.
-Pansy, tu m'a toi-même parlé de tes doutes à propos de notre camarade de maison…
-Oui… fit celle-ci avant de reprendre, sourcils froncés : Les événements de la matinée ne font qu'accentuer mes soupçons.
-Blaise ?
-Je n'étais pas convaincu au début, mais je commence à voir qu'il y a quelque chose qui cloche aussi, fit à son tour le basané avec un soupir résigné.
-Bien, qu'est-ce que l'on a pour l'instant ?
-Son apparence – même si ça pourrait se discuter, il y a plus bizarre que ça –, sa cicatrice – son histoire d'hippogriffe tient la route, mais je préfère ne pas prendre de risques –, son changement presque imperceptible d'apparence dans certains moments – ça par contre, c'est un détail plutôt important –, son côté Gryffondor – sérieusement, qui se désigne volontairement pour tester un sortilège de l'Imperium? –, sa façon de parler à Maugrey ce matin – pas de commentaire, c'est une des choses les plus étranges qu'il ait faites jusque-là –, sa capacité à rejeter l'Imperium,… je crois que c'est tout…
-N'oublie pas l'épisode à l'infirmerie !
Draco arqua un sourcil en une question silencieuse.
-Hmm oui, quand Allen t'a porté jusqu'à l'infirmerie-
-Q-Quoi ? Parce qu'il m'a porté sur tout le trajet en plus?!
-eh bien quand nous sommes arrivés là-bas,… Blaise continua comme si le blondin n'avait pas parlé, … Mme Pomfresh l'a appelé… hmm… laisse-moi réfléchir… Le 'porteur officiel des blessés' ? Je crois ? Quelque chose dans ce genre-là. Ce n'est pas quelque chose que l'on dit à quelqu'un qui vient juste d'arriver... Ce qui nous prouve juste qu'il a dû se retrouver dans le pétrin avant même que l'année scolaire ne débute.
-Et qu'il a une sacré force.
Draco se força de ne pas demander de détails sur le fait qu'il avait été porté par le nouveau Serpentard pendant si longtemps – il avait cru que les Gryffondors avaient inventé cette partie-là pour l'humilier encore plus – et ajouta une de ses observations dans le paquet :
-Sans compter les… personnes qu'il a amené au petit-déjeuner…
-À propos de ça Draco-
Elle fut coupée par le regard noir du jeune sorcier aux mèches blondes-blanches et se tut.
Puis, après un instant dans le silence le plus complet, Draco soupira et leur expliqua sa réaction en essayant de garder un souffle régulier.
-Leurs âges supérieurs aux nôtres mis à part, il ne s'agissait pas de véritables personnes, mais plutôt… de créatures…
Le voix du blond resta calme quand il dit cela, mais de manière anormale. Les deux autres Serpentards de la pièce comprirent immédiatement.
-Oh ! Oh…
Pansy se contenta de garder le silence et de fixer son allier serpent avec préoccupation.
-Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire là… Ils étaient assez civilisés selon toute vraisemblance, alors ils doivent être… dressés, cracha presque Draco sans quitter le sol du regard.
Tous se mirent d'accord silencieusement pour ne pas commenter, et pour compter ce fait comme l'un des nombreux qui les rendaient suspicieux envers Allen, tandis que Draco conclut avec un sourire loin d'être innocent :
-Et avec ce qu'il s'est passé ce midi, je suis plus sûr que jamais qu'il cache quelque chose de gros…
Les deux autres échangèrent des regards un peu perdus et intrigués qu'ils tournèrent ensuite vers lui, attendant patiemment qu'il les informe de ce qu'ils n'avaient pas remarqué eux-même.
-Un rapport avec ton emportement passager peut-être ?
-Je ne me suis pas emporté voyons, je venais juste de découvrir un élément crucial, protesta le blond en se renfrognant.
-Oh il fait la moue c'est ti pas mimi tout plein-
-Un Malfoy ne fait pas… la moue !-
-Si c'est ce qui te permet de dormir la nuit, continue de te dire ça-
-La ferme Blaise, coupa la seule sorcière du groupe qui commençait sérieusement à en avoir assez du suspens, son pied qui s'était mis à taper sur le sol irrégulièrement en témoignant pour elle.
-Oui chef ! couina le dit sorcier, ignorant le blond qui lui lançait des regards à la fois suffisants et irrités.
-Alors cette découverte cruciale Draco? continua Pansy, un sourcil arqué.
-Le discours philosophique qu'il nous a fait au moment où on prévoyait de l'interroger à propos du cours de Défense, je ne crois pas qu'il l'ait fait pour nous décrire ce qu'il avait ressenti, mais plutôt pour nous distraire. Je m'en suis rendu compte au milieu du repas, c'est pour ça que je lui ai dit que finalement il pourrait faire un bon Serpent.
Draco garda ses suspicions sur le fait que pendant le cours de DFCM il semblait intéressé par le bien-être de Potter en attendant d'avoir plus de preuves – il pouvait juste s'agir d'un complexe de héro après tout, vu qu'il l'avait même défendu lui –, et laissa les autres digérer l'information qu'il venait de leur donner.
-D'accord, on va devoir prêter un peu plus d'attention aux tactiques qu'il emploie pour qu'on ne lui pose pas de questions, et comme ça le confronter-
-Ne fait pas ton Gryffondor Blaise, interrompit Pansy.
-Oui, Blaise, sans vouloir t'offenser – il ignora la petite exclamation incrédule du sorcier brun – ce serait assez stupide de faire ça maintenant - il vaut mieux que l'on gagne d'abord un peu plus sa confiance, et surtout, il faut que nous notions à quels moments et pour quels sujets de conversation exactement il essaie de rediriger notre attention sur autre chose. Tout ce qu'il nous restera à faire, c'est fouiller un peu partout pour ces sujets-là et le confronter uniquement une fois que l'on sera sûrs de pouvoir le coincer. En attendant, réfléchissons chacun de notre côté à ce que pourrait signifier ce que l'on a trouvé jusque-là. »
Les Serpentards, satisfaits d'avoir terminé leur petite séance de complot, se levèrent d'un seul homme (sorcier), et sortirent de la classe avec la promesse d'observer plus attentivement et de ne pas se faire avoir par les tentatives d'échappatoire de leur nouveau membre de maison, et tout cela sans jamais remarquer que la salle de classe n'était pas si vide que ça.
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« Pfiou, mais on étouffe sous ton truc Harry !
-Pour une fois, je suis du même avis que Ron, confirma une Hermione aux cheveux encore plus frisés et en bataille que d'ordinaire, les joues aussi rouges que les cheveux du sorcier roux.
-Hey, vous vous attendiez à quoi, on est plus en première année après tout, répliqua un Harry aux cheveux tout autant en désordre, sinon plus.
Harry profita du fait que ses amis reprennent leur souffle pour plier la cape d'invisibilité, réduire sa taille et la ranger dans sa poche, avant d'aller s'asseoir à l'emplacement même ou son rival Serpentard s'était assis précédemment.
-Bon alors, débuta Ron avec une expression perdue, … est-ce que je suis le seul à penser 'qu'est-ce que c'était que ce borde-
-Ronald ! interrompit la voix outrée d'Hermione.
-D'après ce que j'en ai compris, les serpents cherchent à savoir quelque chose qu'Allen cacherait, comme on le fait avec Professeur Elric… fit Harry d'une voix distraite.
-Sauf que là c'est un élève, et un membre de leur propre maison - tu vois Harry je te l'avais dit ! Même entre membres du même camp ils se donnent des coups de couteaux dans le dos, ces sales serpents venimeux et-
Un flot d'insultes des plus original découla de la bouche du Weasley – en passant par les origines apparemment cachées de la naissance de Malfoy –, jusqu'à ce qu'Hermione sorte un large grimoire de nul part et s'en serve pour agresser l'arrière de la tête du roux d'un grand coup bien placé. Certes, elle n'appréciait pas les Serpentards plus que lui – surtout un certain Sang-pur – mais il y avait tout de même des limites à ce qu'elle voulait entendre sur la créativité de son ami Gryffondor !
Durant cette confrontation, Harry resta perdu dans ses pensées, le menton dans une main et le regard vague.
'Mais je dois avouer que je suis aussi intrigué par rapport à ce qu'il s'est passé ce matin…'
Mais le noiraud était curieux pour des raisons complètement différentes de celles de ses deux meilleurs amis. D'un côté, il avait aussi été surpris du comportement d'Allen et de sa force de volonté, mais quelque chose d'autre en plus de cela le préoccupait.
'Allen a rejeté le sortilège, et ça se voyait qu'il y employait toutes ses forces. Mais si le sortilège de l'Imperium était aussi facile à rejeter, je crois que ça se saurait : même si je peux comprendre comment Allen a put le faire avec sa volonté – si ce genre de technique marche vraiment –, de mon côté, ce n'est pas comme si j'avais fait preuve d'une grande force de volonté quand le professeur m'a jeté le sort à mon tour… '
Le jeune sorcier corbeau se rappela de l'influence du sortilège, mais surtout du fait que, soudainement, celui-ci avait été comme aspiré par une source inconnue, laissant Harry hors de 'danger'. Il pouffa légèrement à l'idée que danser avec Ron était un danger en soi, mais resta toutefois préoccupé.
Après tout, l'ordre qui avait été donné au sous-fifre de Malfoy était bien plus gênant, mais il n'avait pas réussi à rejeter l'influence du sortilège.
-Il faut aller prévenir Allen, déclara Hermione, le tirant de ses pensées, les bras croisés sur sa poitrine et une expression sur son visage qui les défiaient de dire le contraire.
-'Mione, je ne crois pas que ça soit une bonne idée…
-Oui, et en plus, c'est leurs affaires - maintenant que Walker est chez les Serpentards de toute façon, il doit être un sorcier noir lui aussi-
-Non Ron, je ne disais pas ça pour ça ! coupa Harry, étonné de la réaction immédiate de son ami roux envers quelqu'un qui avait était plutôt amical avec eux. … Allen est sympa et il aimerait sûrement être au courant, mais je crois qu'il le sait déjà.
Hermione eut une expression pensive et fit une moue renfrognée.
-Je crois que tu as raison Harry, il ne semble pas être le type de personne à ne pas remarquer ce qui se passe autour de lui - on dirait même qu'il est constamment sur ses gardes… Mais je pense quand même que ce serait la bonne chose à faire que de lui raconter ce que l'on a entendu.
-Peut-être, mais imagine que Draco et son gang apprennent qu'il est au courant de leur conversation : les Gryffondors seront les premiers à être accusés, et nous en particulier, même sans aucune preuve. Et Allen sera rejeté par sa propre maison parce qu'il a des amis – ou des alliés, je crois qu'ils fonctionnent comme ça là-bas – chez nous… Je n'ai vraiment pas envie de prendre des risques cette fois, ne serait-ce que pour lui, finit Harry avec un ton résolu, tentant d'ignorer les grognements mécontents de Ron et les soupirs d'Hermione.
-Alors qu'est-ce que l'on est censé faire ? Faire comme si cette conversation ne s'était jamais produite et laisser tomber Allen?!
-Bien sûr que non Hermione ! Tu ne crois pas que j'ai envie de l'aider moi aussi ? Tu sais très bien à quel point je n'aime pas quand quelqu'un cache des informations qui pourraient être cruciales, mais on ne peut rien faire pour le moment, d'une, parce qu'on ne peut tout simplement pas pour le moment, et de deux, parce qu'on ne sait rien de lui et qu'on pourrait finir par faire plus de mal que de bien, répondit Harry avec un ton un peu exaspéré.
-… Désolé Harry, j'aurais dû savoir que ça te travaillerait aussi…
-Mais alors qu'est-ce qu'on peut faire ?… intervint Ron pour la première fois depuis un petit moment.
-Observer. On a pas le choix pour le moment alors tout ce qu'on peut faire c'est observer Draco et son petit gang de Serpentards et protéger Allen depuis l'ombre. Je sais que ce n'est pas vraiment notre genre, mais on a pas d'autre option à ce jour… Prenez ça pour une mission d'espionnage ! »
Ron grommela un peu plus en se demandant pourquoi ils devraient faire une chose pareille – ce n'était pas leurs affaires après tout –, mais accepta à contre cœur après un regard noir de la part d'Hermione, et une remarque d'Harry lui disant qu'en espionnant les Serpentards ils pourraient peut-être découvrir des secrets gênants sur Draco et les autres.
Chacun dans leurs pensées à propos de ce dont ils venaient d'être témoins, les Gryffondors – n'ayant plus grand-chose à dire – partirent voir si des élèves de Poudlard ou d'ailleurs avaient déjà mis leurs noms dans la Coupe de Feu, loin de se douter de l'ironie du fait de vouloir protéger Allen.
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De retour dans la Grande Salle
Severus n'aimait pas ça, mais alors pas du tout. Ces sales gamins étaient encore en train de se mêler de quelque chose qui ne les regardaient pas, sans aucun doute, et ils allaient se retrouver dans le pétrin et entraîner ses Serpentards avec eux. Et d'une manière ou d'une autre, Walker avait aussi un rôle à jouer dans l'étrange comportement de ses élèves. S'il était déjà suspicieux quand ses Serpents étaient partis à la suite du blandin comme si de rien n'était, il commença à s'inquiéter quand le Trio de l'Enfer partit à son tour – non pas qu'il admettrait jamais être inquiet, surtout si ça concernait ses élèves. Il avait une réputation à tenir tout de même.
Quand il jeta un coup d'œil au Directeur, celui-ci avait un sourire et des yeux plus pétillants que jamais qui ne le rassurèrent vraiment pas, et il retourna à son assiette vide, se demandant ce qu'il faisait encore là.
« Psst, Sev' !
Oh non, pas celui-là.
-Sev' ! Je sais que tu m'entends, arrête de m'ignorer !
Ah ! Le vouvoiement n'aura pas duré longtemps !
-Tu ne trouves pas que nos chers rejetons ont un comportement suspect?
Le professeur de Potions continua d'ignorer du mieux qu'il le put la présence du blondinet et se leva, ayant terminé son repas et ne voyant plus aucune raison de rester davantage s'il ne pouvait même plus passer son temps à lancer des regards noirs et/ou dédaigneux en la direction de la progéniture de Potter.
Mais une fois dans le couloir hors de la Grande Salle, il ne put snober plus longtemps le jeune alchimiste – qui l'avait suivit – et se retourna brusquement, sa cape se soulevant autour de lui et accompagnant son mouvement comme par un vent invisible.
-Elric, que voulez-vous, encore ? siffla-t-il, pas loin de dégainer sa baguette.
-Oh, mais je pensais que l'on avait passé le cap du tutoiement Se-ve-rus, pas besoin de me vouvoyer !
Le regard que Rogue lui jeta décrivit parfaitement ce qu'il en pensait et Ed fit la moue.
-Sur une note plus sérieuse, tu as entendu parlé de ce qui c'est passé ce matin ?
-Potter qui s'est encore mit dans le pétrin en quête d'attention…
Ed fronça les sourcils.
-Je ne sais pas ce que le gamin t'a fait et je m'en fiche, mais là tout de suite c'est gênant pour ma mission, une mission qui vient de devenir beaucoup plus compliquée que prévue-
Severus jura entre ses dents et Ed sentit une main froide enserrer son avant-bras juste avant qu'il ne soit brusquement tiré dans une pièce vide où le sorcier fit quelques gestes secs de sa baguette que le jeune alchimiste identifia comme étant ceux nécessaires à un sort de confidentialité – qu'est-ce que vous croyez, il avait fait ses devoirs ces derniers jours !
Le professeur se retourna à nouveau vers Ed après avoir fini son travail, et l'alchimiste put revoir la furie dont il avait été témoin le premier jour où il l'avait rencontré et où il avait carrément nommé le Directeur 'vieux fou'. Haha. Ce qui avait été vraiment drôl- hmmm- intéressant.
-J'imagine que le Directeur n'a pas choisi le premier venu pour être le garde du corps de l'engeance Potter, ou plutôt j'imaginais ! Quelle partie dans 'mission secrète' est trop délicat pour atteindre vos oreilles et mériter attention, jeune imbécile ignorant et-
-Il n'y avait personne dans le couloir, coupa Ed impassiblement, mais assez amusé intérieurement. Pour une fois que ce n'était pas lui qui se mettait en colère, il comprenait pourquoi certains aimaient le faire tourner en bourrique !
Mais son amusement dut se percevoir sur son visage puisque la chauve-souris du donjon de Poudlard émit un sifflement de frustration et fit exploser le premier objet à portée de baguette – un banc un peu bancal vraisemblablement.
Après le choc initial, Ed s'installa à un fauteuil tranquillement en observant un Severus rageur qui continuait sur sa lancée, et avait semble-t-il, décidé de déverser tout son venin sur de pauvres objets inanimés. Il adressa des excuses silencieuses aux dits objets mais ajouta qu'il préférait tout de même que ce soient eux plutôt que lui et n'intervint pas. En plus, ce soudain pétage de plomb lui permettait de voir de la magie et divers sortilèges pas très légaux à l'œuvre, et c'était assez fascinant. Pour le bien de la recherche se dit-il, pour la recherche.
Quand après plusieurs minutes d'attente Rogue en était toujours à réparer un objet et à s'y ré-attaquer plus vicieusement que jamais, Ed commença à s'inquiéter, mais aussi à s'énerver un peu. Déjà qu'il était loin d'être connu pour sa patience légendaire, il avait quelque chose d'important à communiquer après tout, et il avait bien réfléchi pendant la matinée à si il devait le confier à son collègue enseignant ou si en parler directement avec le Directeur était plus judicieux. Au final, il voulait éviter d'alarmer immédiatement Dumbeldore si tôt dans sa mission, et voir d'abord s'il pourrait s'en sortir seul, ou du moins sans l'aide du sorcier barbu – ce n'est pas qu'il n'aimait pas demander de l'aide, vraiment, mais- OK, il n'aimait pas demander de l'aide…
Et puis il ne pensait pas être agaçant au point où Severus se déchaînait encore après quatre bonnes minutes de destruction de fourniture.
-Hey Sev' ?
BAM
SWISH
BAM
-Seeeev' ?
CHBAM
-Severus, ça suffit, qu'est-ce qui te prend ! T'as pété un câble ou quoi ?!
Ed ne connaissait le professeur que depuis peu, mais il était presque persuadé qu'il n'agissait pas de cette manière régulièrement!
Le professeur focalisa abruptement son attention sur le blondinet, et celui se retrouva la cible impromptue de la baguette du sorcier. Il déglutit péniblement.
-Ce qu'il me prend ?…Toi ! Il ne manquait plus que Potter se retrouve avec des gardes du corps… encore plus d'accidents imprévus et d'attaques surprises,… avec ce gamin qui attire les ennuis constamment comme son père… et toi !
Ed tressaillit quand le sorcier se répéta - jusque-là il était presque bien content que Severus se déchaîne sur 'Ry et pas lui, mais maintenant, il était en plein dedans. Son propre agacement diminua, remplacé par son instinct de survie qui lui criait de se la fermer – ce qui ne l'avait jamais arrêté avant toutefois (à part contre un monstre comme Izumi).
-… un alchimiste, mais bien sûr… Parce que rien ne doit être normal sinon le vieux fou s'ennuierait et noierait son désespoir dans ses satanés bonbons au citron… !
Il se rapprocha soudainement du blondinet, baguette pointée entre ses deux yeux, et si près qu'elle pourrait le toucher si il bougeait d'un millimètre.
-Exaspérant ! Un génie ? On aura tout vu… une contradiction en soi… Et surtout quelqu'un avec un caractère à rendre même une licorne folle ! Je ne sais pas ce qu'il y a avec toi, mais- argh- si exaspérant !- je ne peux pas... rester indifférent !
Les sifflements du Maître de potions se firent un peu hystériques, mais Ed ne put résister, et :
-Euh, j'espère que c'est pas une déclaration, parce que sans vouloir t'offenser, tu es un petit peu trop âgé pour moi-
-Argh ! Espèce d'ahuri, bien sûr que non, il ne manquerait plus que je passe pour un pédéraste… Mais je ne peux pas rester calme, alors que d'habitude même quand je suis irrité je peux rester en contrôle, mais il y a quelque chose avec toi, je ne peux pas-
-Te cacher derrière un masque ? proposa Ed aimablement.
Severus grogna de façon presque animale en réponse et appuya sa baguette sur le front du blondinet.
-Dissimuler la vérité à ton avantage si tu préfères ? continua celui-ci en œillant la baguette nerveusement.
Le jeune alchimiste profita du tic sous l'œil de Severus qui montrait la forte possibilité qu'il explose bientôt à nouveau, mais cette fois dans sa figure – non pas qu'un combat le dérangerait, mais la magie ne réagissait pas très bien avec son bras – et il attrapa soudainement le bras tendu de Severus, se retrouvant en un instant derrière le professeur, tordant le bras de celui-ci jusqu'à ce qu'il lâche sa baguette.
Ce qui apparemment ne fit qu'exaspérer ledit homme-chauve-souris encore plus, et, une fois dépourvu de son arme de prédilection, celui-ci recourut plutôt au poing, poing que Ed sentit sur sa joue rapidement, assez fort pour craquer quelque chose. Il était tellement surpris par le retournement de situation qu'il faillit s'en recevoir un autre dans la mâchoire.
Et c'est ainsi que les deux professeurs s'engagèrent dans une bagarre acharnée de coups de poings, de pieds, de coudes et de tout et n'importe quoi ayant le potentiel de faire mal, dans un enchevêtrement de tissu, d'acier et de mains précédemment froides et maintenant brûlantes. Ed se retint un minimum quand même – presque uniquement ses membres de métal – et s'amusa bien. La chauve souris des donjons ne s'en sortait pas si mal finalement, il avait même de toute évidence de l'expérience – contrairement à ce qu'Ed aurait pu attendre de la part de quelqu'un appartenant à une communauté se reposant essentiellement sur des bouts de bois – et le pugilat n'avait aucun style défini: c'était juste une succession rapide de coups, un combat d'animaux acharnés qui ne s'étaient pas défoulés depuis trop longtemps.
L'alchimiste laissa ses poings parler à sa place, laissant le champ libre à la frustration de s'être retrouvé dans ce monde et d'avoir laisser Al là-bas, à se débrouiller tout seul sous la surveillance de leurs ennemis (et Mustang et Winry et Havoc et Sensei et-), et l'effroi d'avoir trouvé Envy ici, et l'inquiétude de laisser le Colonel se charger de Bradley pendant son absence, et- !
À la fin de ce bazar – environ une heure plus tard –, ils se retrouvèrent tous les deux exténués et vautrés dans la poussière côte à côte, leurs souffles entrecoupés, leurs muscles encore tendus à l'extrême, les joues pourpres (même pour Sev', d'habitude le modèle de la peau blême) l'adrénaline coulant encore à toute vitesse dans leurs veines et artères, et leurs cœurs battant à l'unisson - mais c'était une sorte bénéfique d'épuisement, de celles qu'on ne peut ressentir qu'après ce genre d'activité, et qui clarifient les questionnements indésirables à défaut de les faire disparaître.
-… quelle honte… se battre comme un vulgaire Moldu des rues… parvint à articuler Severus au bout de quelques secondes, encore essoufflé, s'adressant principalement à lui-même.
'Et contre quelqu'un deux fois plus jeune que toi en plus…' se réprimanda-t-il mentalement.
-… au moins… ça fait du bien de se défouler… rétorqua le jeune alchimiste, qui s'étirait paresseusement tel un chat avec un sourire vague mais arborant une certaine amertume.
Le sorcier ne tenta même pas de répondre et ferma les yeux, essayant vainement de reprendre un rythme cardiaque qui ne menacerait pas la santé du pauvre professeur de Potions qu'il était.
-… et tu m'as enfin tutoyé ! ajouta une voix malicieuse quelque part sur sa gauche – non, il n'y avait personne, il allait juste ignorer le blondinet, il était seul, il ne venait pas de se battre avec son 'collègue' comme deux chiens errants se disputant une cannette vide (c'est précis), et il ne venait pas de s'embarrasser pour des années à venir face au dit collègue.
Non non, pas du tout.
Severus soupira. Il en était déjà au déni vraisemblablement. Un moment d'égarement et il fallait que ça tombe avec l'alchimiste dans les parages.
Le Maître de Potions était confus. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il ne pouvait juste pas rester calme (ou aussi calme qu'il l'était habituellement avec un caractère comme le sien) avec l'alchimiste aux alentours en train de lui chercher des poux dans la tête, comme si toutes ses inhibitions étaient diminuées, et que son contrôle naturel de Serpentard s'éclipsait. Ça faisait bien une quinzaine d'années qu'il n'avait pas explosé comme ça (James Potter pouvait être utile parfois comme exutoire), et il devait avouer – intérieurement et aux confins de son esprit – que, oui, ça défoulait…
-J'espionne le Seigneur des Ténèbres pour le Directeur… déclara-t-il soudainement, se surprenant lui-même, et faisant se figer Ed. … tout en faisant croire à celui-ci que je suis aussi un agent double en sa faveur… continua-t-il, maintenant vraisemblablement incapable de retenir le flot de paroles.
Qu'est-ce qui lui prenait d'être si ouvert, Severus n'en avait aucun idée, mais son instinct – qu'il avait pourtant arrêté d'écouter depuis longtemps – lui disait que, maintenant, là tout de suite, étalé au sol et les membres encore engourdis, il pouvait parler au jeune homme sans être jugé – et cette prise de conscience l'horrifia plus encore que tant de choses qui lui étaient arrivées pendant toutes ces années !
-Il y a des rumeurs qu'Il va tôt ou tard être de retour parmi les Mangemorts… continua-t-il, toujours dans un état plus ou moins second où sa tête lui hurlait de se taire – plaidant l'utilisation d'un sortilège inconnu le forçant à se dévoiler –, mais où une place qu'il croyait à jamais vide dans sa poitrine lui chuchotait « parle ».
Ed écouta simplement, stockant l'information pour y penser plus tard, entre autres avec tout ce que cela impliquait pour son protégé, mais surtout habitué à entendre des membres de l'armée lui parler parfois de leurs problèmes – pourquoi à lui ? bonne question - peut-être parce qu'il était plus jeune mais qu'il avait déjà enduré tellement d'épreuves, ou peut-être parce qu'il ne cherchait pas à les juger (franchement, il n'y avait que l'équipe de Mustang qui tentait encore de le protéger de la vérité, de protéger son 'innocence' sûrement – tous les autres qu'il avait occasionnellement croisés dans des bars où il cherchait à glaner des informations sur la pierre n'hésitaient pas à lui parler de leurs expériences, et notamment de la guerre d'Ishbal). Il était tout de même surpris que ça arrive avec Severus, mais :
'Sûrement pas autant que lui-même.' se dit-il mentalement, un peu sous le choc. 'Non pas que je le connaisse depuis longtemps non plus, mais ça ne semble pas vraiment être dans son caractère de se confier, et encore moins à un étranger...'
Il se tut donc et attendit simplement dans le silence – et oui, même lui pouvait se taire quand la situation l'exigeait, il fallait juste qu'il ait la volonté de le faire –, celui-ci uniquement dérangé par le son de leurs respirations encore rapides.
-Quand il reviendra et non 'si' il revient…
'… Je ne sais pas si je pourrais recommencer tout ça...' finit-il intérieurement, mais le poids des non-dits résonna dans la pièce comme s'il l'avait crié désespérément.
Et qu'est-ce que ça lui coûtait rien que de se l'avouer à lui-même !
Ed put entendre sa voix dégoûtée et hantée comme s'il pouvait la voir, et le visage de Severus reprit sa pâleur habituelle alors qu'il continuait sa soudaine confession.
-Cette... chose n'est même plus humaine, et je me demande même s'il l'a jamais été,… c'est… une créature, un monstre totalement dénué d'humanité…
Quand le brun avait débuté en tant que Mangemort, Voldemort était encore un sorcier à l'apparence humaine qui charmait ses adeptes grâce à son élégance, son pouvoir de séduction et son éloquence naturels, ainsi qu'aux vagues de pur pouvoir noir qui tourbillonnaient constamment autour de lui. Le Seigneur des Ténèbres était alors à cette époque tout ce dont le jeune Severus avait rêvé quand il imaginait le côté sombre de la Magie, et il n'avait pas eu besoin d'être menacé pour le rejoindre, loin de là. Surtout quand la doctrine proposée l'arrangeait fortement, la haine qu'il portait à son père Moldu abusif l'encourageant davantage.
Pourtant, même si bien dissimulé derrière le charme et les discours, le nouveau Maître de Potions attitré de Voldemort avait remarqué un certain malaise quand, agenouillé face à son leader avec tous les autres, celui-ci leur souriait presque et leur disait qu'ils parviendraient à atteindre leurs idéaux dans peu de temps, grâce à leurs efforts communs. Les rares sourires qu'il leur offrait étaient pour l'œil moins avertit un symbole de bienveillance et d'espoir envers ses fidèles disciples: mais pour Severus, qui – même si clairement égaré à cet instant et encore jeune et naïf – avait tout de même vécu dans un foyer où on apprenait vite à percer les mensonges, cet étirement de lèvres se rapprochait plus d'une grimace grotesque, et pendant un bref instant, dans un moment de clarté qu'il perdra malheureusement bien vite, il s'était alors crut au milieu d'une mascarade, entouré des pantins qu'un seul maître faisait danser à sa guise.
Et il s'était laissé avoir, complètement manipulé par un sorcier aux ambitions de grandeur qui ne partageait même pas en réalité les idéaux de ses fidèles, follement attiré par l'appel des Arts Noirs et un discours qui l'arrangeait bien trop. Même quand le respect et l'adoration avaient fait place à la peur et à l'horreur, il était resté, ils étaient tous restés – ou du moins les traîtres disparurent complètement –, car rien n'est plus tentant que la promesse du pouvoir et de la puissance sur un plateau d'argent pour ceux qui sont rejetés pour leurs idéaux, même si celui-là était taché d'un sang indélébile.
Severus se demandait encore parfois s'il aurait laissé un jour le côté obscur (de la Force héhé- erm pardon, continuez, continuez je vous prie...) si Lily Evans, sa chère fleure, son amie d'enfance, n'était pas morte. Serait-il encore là aujourd'hui, à attendre dans l'ombre d'Azkaban le retour d'une créature plus vile que jamais et ne s'embêtant même plus à cacher ses intentions et plaisirs sadiques derrière des illusions d'un Prince des Ténèbres charmeur ? Quand celui-ci reviendrait, se jetterait-il à ses pieds en embrassant avec ferveur le pan de sa robe au premier semblant d'appel de la Marque des Ténèbres ?
Le dégoût de soi bien dissimulé dans les mots et l'expression de Severus firent vibrer la corde sensible de Ed (si si il en a une, ce n'est pas un mollusque comme Ron – désolé pour les fans de notre cher Weasley~) et il se rendit compte d'un chose : sous tous les masques, le professeur de Potion avait sans doute été un jeune garçon qui avait réalisé trop tard qu'il s'était trompé de camp et qui avait été dévasté par sa découverte, ses idéaux brisés, décidé à se racheter même si cela signifiait la souffrance, la trahison et un éloignement de tout ce à quoi il tenait: à cet instant, tout en Severus lui sembla un miroir, si similaire à sa propre situation, avec l'horreur d'une erreur de jeunesse, un passé qui ne le quittera jamais, ses tentatives désespérées de se racheter depuis et, dans son cas, de récupérer le corps de son frère (et ses membres, mais ça, c'était bien moins important que la chaleur de son petit frère adoré)... et il remarqua distraitement qu'il n'avait toujours pas informé Sev' de la présence d'Envy. Il se renfrogna brièvement, mais pour le moment, il était concentré sur autre chose: le professeur avait-il lui aussi un être cher qu'il voulait protéger? Ou se sentait-il si coupable de son erreur de jeunesse qu'il comptait passer le restant de ses jours à faire pénitence pour se racheter ? Mais est-ce que quelqu'un en ferait tant si tous ses efforts n'étaient pour personne d'autre que lui-même et sa conscience coupable ? Lui-même savait que s'il n'avait pas réussit à récupérer l'âme d'Al de justesse lors de ce jour fatidique, il se serait probablement laissé mourir...
-Severus… Est-ce que tu te bats pour quelqu'un ? questionna-t-il distraitement en croisant ses bras derrière sa tête, mais tout de même réellement intéressé par la réponse du brun.
La question sembla tirer celui-ci abruptement de ses pensées et quelques divagations à voix haute, rompant abruptement le charme qui l'avait encouragé à se 'confier', et Rogue se releva brusquement – grimaçant un peu quand il posa sa jambe droite au sol –, époussetant sa robe de sorcier et ramassant sa baguette dans le plus grand silence, la mâchoire serrée presque douloureusement.
Il fixa l'alchimiste pendant un moment, celui-ci s'étant relevé dans une position assise et rencontrant son regard noir avec une compréhension que Severus n'aurait jamais pensé pouvoir voir dans ces prunelles dorées- ne voulait pas voir, mais il refusa de reconnaître que tout ce qui venait de se passer le déstabilisait énormément.
Apparaître en colère pour cacher sa mortification à ce point ne servirait à rien, mais après avoir utilisé ce masque pour régler toute situation gênante pendant plus d'une décennie, Severus resta planté là sans aucune idée de comment procéder, refusant catégoriquement de prononcer un mot – hésitant même pendant un instant à tout simplement lancer un sort d'oubliette au blondinet, mais se rappelant de justesse que la magie ne faisait pas bon ménage avec les membres métalliques du jeune homme.
Non pas que ça l'empêcherait de le faire si ça lui chantait. Humph, pour qui le prenait-on ?
-Pas un mot de ça à personne, j'ai compris, fit finalement Ed avec un long soupir, devinant sans grand effort vers où les pensées du professeur de Potions se dirigeaient… Tu m'en dois une Sev'… Et il faut encore que je te parle de ce qu'il s'est passé ce matin avec Maugrey, mais j'imagine que ça peut attendre… »
Pour une fois, le Professeur de Potions ne protesta pas la perte d'une information sûrement cruciale – il le regretterait sans doute plus tard d'ailleurs, mais pour le moment il avait d'autres choses à penser – et ils quittèrent la salle de classe vide – enfin, vide de toute fourniture encore utilisable. Puis ils se séparèrent dans les couloirs sans un mot, Ed rejoignant son bureau tranquillement, et Severus son labo à grands pas – tous les deux ne remarquant même pas leur état, lèvres fendues et sanguinolentes, joues encore un peu rougies, cheveux en bataille, et vêtements à moitié déchirés…
… -Severus… Est-ce que tu te bats pour quelqu'un ?...
Les pas de Severus restèrent fermes et réguliers.
'Pour 'quelqu'un' hein ?... Dumbeldore, Potter, non... tout n'est que pour Lily, depuis le début, depuis toujours, et à jamais...'
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Du côté d'Allen
De son côté, Allen venait de quitter la Grande Salle d'un pas tranquille à la suite de Link, quand celui-ci l'empoigna par le col et le jeta presque dans une alcôve sombre et étroite, laissant à l'exorciste à peine quelques millisecondes pour essayer de retenir ses réflexes et de comprendre ce qu'il se passait, avant que le col de sa chemise ne soit agrippé à nouveau brutalement et que la sensation glaciale de la pierre du mur ne se fasse sentir à l'arrière de son crâne déjà endolori.
« Qu'est-ce que vous avez encore foutu Walker ?! siffla le blond d'une voix glaciale, son regard noir et perçant.
Le souffle un peu coupé par le geste brusque – maldetêtemaldetêteAÏE – et légèrement surpris, il fallut un peu de temps à Allen pour qu'il réponde.
-… Euh… Link-san ?… Si c'est pour ce que je viens de dire, désolé, je ne voulais pas-
-Ce matin et toutes ces rumeurs qui circulent déjà – alors comme ça vous avez dû vous battre en combat singulier avec le professeur Maugrey, et vous avez réussi à le désarmer avec le pouvoir de détruire l'influence de l'Imperium ? –, et maintenant Dumbeldore qui vous envoie ce message... Qu' . .fait ? continua-t-il sans prêter la moindre attention au ton hésitant du blandinet, se pressant un peu plus contre lui – au point où le souffle presque fiévreux d'Allen se mêlait à celui de l'Inspecteur –, ses poings enserrant toujours son col.
Même si cette nouvelle rumeur, qu'Allen n'avait pas encore entendu jusque-là, n'était pas vraiment la version originel, elle avait comme chaque rumeur ses éléments de vérité, et le jeune exorciste ne pu retenir un tressaillement qui ne fit que se renforcer la poigne sur ses vêtements.
-Allen...
La poigne qui enserrait le col du dit exorciste contre sa gorge se fit un peu tremblante et ses yeux s'écarquillèrent à la mention de son prénom venant de la bouche du blond – c'était la première fois qu'il l'appelait ainsi ! –: il s'apprêta lui-même à prendre la parole, mais fut coupé avant d'avoir pu placer ne serait-ce qu'un mot :
-Dis-moi ce qu'il se passe, ne me laisse pas dans l'ignorance, s'il te plaît…
Les mots de quelqu'un qui avait été brusquement embarqué dans un autre monde sans avoir le temps de comprendre, les mots de quelqu'un qui avait l'habitude d'être constamment conscient de tout ce qu'il se passait autour de lui, d'être en contrôle, mais qui vivait à présent dans un monde de doutes, de suppositions hâtivement élaborées pour essayer de fonctionner correctement à nouveau… À ce niveau, le manque d'informations devait le rendre à moitié fou.
Pour la première fois depuis qu'il s'était retrouvé dans cette étrange situation, Allen se rendit compte qu'il n'y avait pas que de la fureur dans le regard du blond, mais aussi... de l'inquiétude ? Allen observa la mâchoire serrée du blond, ses sourcils froncés, et ses yeux presque implorants, mais peut-être n'était-ce que la fièvre qui remplaçait peu à peu son mal de tête qui parlait...
-Je-
-Attendez chut, coupa soudainement l'Inspecteur en pressant plus encore son corps sur celui du blandinet (qui l'eut crut ? Allen aurait juré qu'il n'y avait déjà plus d'espace entre eux jusque-là), de façon à les encastrer davantage dans l'alcôve, mais cette fois le vouvoiement était de retour et Allen se sentit obligé de protester les changements d'humeur soudains de Link.
-Mais qu'est-ce qui vous prend encore-
L'odeur de l'encre et du papier et une main tiède sur sa bouche l'interrompirent et il faillit protester (voire mordre) pendant un instant, avant de se rendre compte que Link avait entendu quelque chose et ne voulait pas qu'on les remarque – des bruits de pas en l'occurrence. Aussi il se tut à son tour, mais cette fois de son propre chef, et attendit que le silence règne à nouveau dans le couloir juste à côté de leur petite alcôve cachée.
Quand, une fois qu'ils étaient de nouveau bels et bien seuls, la pression sur sa bouche ne relâcha pas prise, il se dégagea avec un léger froncement de sourcils qui fondit presque aussitôt une fois qu'il vit l'expression de son 'majordome'.
-Link-san, qu'est-ce qu'il se passe ? questionna-t-il avec une expression préoccupée, faisant ironiquement écho à la question presque désespérée de l'Inspecteur un peu plus tôt.
L'inspecteur blond ne dit rien pendant un moment, son visage le modèle parfait de l'inexpressif, mais bientôt, il poussa un soupir un peu tremblant, et Allen fronça les sourcils d'inquiétude. Qu'est-ce qui avait bien pu se produire pour faire réagir l'homme habituellement stoïque d'une telle manière ? Une attaque d'Akumas ? Un appel de Luberier ?- non, ça, ça l'aurait sûrement empli de joie…
Le blond prit une profonde inspiration et rouvrit ses paupières plissées après quelques secondes, et le blandinet put lire un peu de confusion dans son regard.
-Excusez-moi Walker, je n'ai aucune idée de ce qui m'a prit, déclara-t-il en toute honnêteté et scrutant l'exorciste comme s'il avait les réponses qu'il cherchait.
-… D'accord, ce n'est rien…
'… on va dire ça…'
-Peut-être que c'est juste votre réaction par rapport au fait d'être dans un nouveau monde… ou je ne sais pas, l'effet que la magie a sur vous… Ou peut-être que vous avez attrapé une maladie sorcière, ajouta-t-il en dernier avec un haussement d'épaule qui ne cachait en rien les petites cornes de démon qui poussaient sur son crâne.
Mais remarquant l'expression un peu perturbée de Link – en même temps ça ne devait pas être tous les jours qu'il perdait son contrôle parfait – Allen décida de s'arrêter là au lieu de tourmenter davantage l'Inspecteur, et reprit d'un ton plus sérieux.
-Ça va ?…
Link se contenta de hocher la tête, et Allen ne put s'empêcher de penser à quel point c'était étrange – voire effrayant – de voir un pilier de stoïcisme et de sérieux comme le blond, avoir l'air si confus. Il comptait un peu sur son caractère pour être l'une des seules choses à ne pas changer dans sa vie après tout… Et après l'épisode du matin il se sentait en grand besoin d'un peu de stabilité.
-Concernant la note de Dumbeldore, j'en sais autant que vous pour le moment étant donné que je voulais éviter de la lire devant mes… camarades de classe, reprit-il.
Joignant les gestes à la parole, il sortit le bout de papier de sa poche avec un peu de difficulté compte tenu du manque d'espace, et contempla encore une fois les mots de Dumbeldore. Il avait bien compris qu'il était censé répondre à la devinette du principal, mais comment était-il censé répondre ? À voix haute ? Écrire la réponse ?
-Si cela a un quelconque sens pour vous, le Directeur m'a dit de vous faire lire la réponse à sa question à voix haute, reprit Link, qui avait, semble-t-il, regagné ses esprits.
Allen sourit un peu et hocha la tête en remerciements, puis :
-Bookman.
Sous leurs yeux fascinés le bout de parchemin commença à s'étirer et la question de Dumbeldore s'effaça avant de faire place à d'autres mots – de la même écriture.
Mon cher ami,
Afin que cette lettre ne soit jamais tracée jusqu'à vous, je ne mentionnerai point votre nom, mais nous savons tous deux que vous êtes la seule personne capable de lire ceci, ne serait-ce que par le fait que votre voix a été reconnue par la lettre grâce à un petit tour de mon invention…
-Ce Directeur semble puissant… commenta Link qui était en train de lire par-dessus l'épaule du blandinet.
-Shh…
J'imagine que vous vous doutez de la raison de ma lettre, et en effet, il s'agit bien du problème de votre temps …
'Hmm comment rendre les choses simples compliquées - si je ne savais pas qu'il fait ça pour que rien ne me retombe dessus si cette lettre est découverte par quelqu'un d'autre, je jurerai qu'il le fait uniquement pour son propre amusement en donnant des énigmes…'
… car le temps est important, je suis sûr que nous pouvons nous accordez sur ce point, et vous semblez en manquer cruellement malgré tout ce dont nous avons à discuter. Un ami s'est proposé de me remplacer, car il m'est regrettable de vous annoncez que nous allons devoir remettre notre thé à plus tard, si non hier soir.
Puissent les bonbons aux citrons accompagner votre quête,
Votre très cher ami, A.D.
-Hmm… Qu'a-t-il bien pu vouloir dire par 'hier soir'…
'Et les bonbons aux citrons... ? Sérieusement... ?'
Cette fois, les rôles furent inversés, et c'est Allen qui couvrit la bouche de Link pour l'interrompre, car, une fois n'est pas coutume, un nouveau groupe de personnes venait de quitter la Grande Salle.
-Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à sortir maintenant… ce n'est pas comme si les cours reprenaient tout de suite que je sache… murmura le blandinet pour lui-même après que les échos des pas des élèves eurent cessé de résonner dans le couloir.
-Mfahhmferhmm...
-Oups, désolé Link-san…
Ledit blond lui lança un regard désapprobateur une fois que sa bouche fut libérée, mais se tut, et les deux habitants du même monde reportèrent à nouveau leur attention sur la lettre entre les doigts gantés d'Allen.
-… Soit je suis vraiment stupide, soit le sens de cette lettre est vraiment obscur… fit l'exorciste après un temps de pause.
-Hm, avec la référence au temps qu'il fait constamment, j'imagine que le Directeur a voulut adresser le problème du clair manque de temps que vous avez, fit l'Inspecteur sans commenter sur ce que l'exorciste venait de dire.
-… Link-san…
'… ça… n'éclaircit absolument rien du tout…' ajouta l'exorciste mentalement avec un sourire gêné. 'Argh, ma pauvre tête…'
Remarquant le regard d'incompréhension d'Allen posé sur lui, le blond poussa un soupir et décida d'élaborer :
-Je veux dire, que par rapport aux autres élèves, votre temps est limité, et il faut absolument rattraper le temps déjà perdu.
Regard perplexe.
Nouveau soupir.
-Ce que je veux dire, continua Link en articulant bien ses mots comme pour s'adresser à un enfant ignorant – ce qui n'était pas si loin de la vérité en cette occasion –, … c'est que vous venez tout juste d'être introduit à ce monde de magie – jusqu'à l'acquisition de votre baguette, il n'était même pas sûr que vous puissiez en user – alors que le reste des élèves de cette académie ont eu le temps de s'entraîner plusieurs années déjà à la sorcellerie. De plus, vous les rejoignez dans leur quatrième année pour pouvoir réussir votre mission, sans même avoir reçut les bases d'une éducation magique adéquate. Conclusion : vous manquez énormément de temps, et si quelqu'un se rend compte de votre clair manque de capacité, votre couverture est condamnée. Ce qui me rend plutôt curieux tant qu'à la méthode que le Directeur a décidé d'employer afin de vous faire rattraper ce creux- non- ce précipice entre vous et les autres.
Il y eut un silence étrangement tendu avant que le blandinet ne le brise, perçant l'Inspecteur de ces prunelles argentées :
-Je vois que vous vous êtes plutôt bien informé depuis votre arrivée…
Il haussa un épaule dans un geste plein d'autodérision, pensant sûrement encore à sa perte de contrôle momentanée un peu plus tôt, et enjoignit l'exorciste à continuer.
-Link-san, vous savez pour ma mission, il n'y avait pas d'autre choix que de m'infiltrer... mais c'est vrai que j'ai un peu de mal à comprendre comment ils supposent que je réussisse à me faire passer pour un élève si on s'aperçoit de mon absence de compétences en sorcellerie…
-… Au moins l'incident de ce matin – que vous ne m'avez toujours pas expliqué je tiens à rappeler – a dû convaincre beaucoup de ceux qui ne vous avaient pas encore vu user de la magie que vous êtes apparemment 'assez fort pour rejeter le sort de l'Imperium', alors quelques suspicions doivent avoir été momentanément écartées.
Allen prit son menton entre ses doigts – essayant d'ignorer ses réactions émotionnelles immédiates sur la question de l'Incident une fois de plus afin de se concentrer sur le problème présent malgré la douleur dans sa tête – et fronça les sourcils avant de répondre en secouant la tête :
-Non, je ne pense pas que ce soit vraiment suffisant... le rejet de ce sort est, techniquement parlant, soit-disant une question de force de volonté, et donc pas directement lié à la magie. On peut être sûr que tant que je n'ai pas utilisé ma baguette pour lancer au moins un sort, des rumeurs et suspicions risquent de vite se propager.
Le blandinet se laissa retomber sur le mur derrière lui avec un soupir, mettant un peu de distance entre Link et lui - ça ne servait à rien qu'ils se préoccupent des 'si', la lettre de Dumbeldore devait avoir un but précis, et à part le fait de lui avoir dit que quelqu'un l'aiderait apparemment pour son 'manque de temps', il n'était pas plus avancé.
-Hmm force de volonté… ne me dîtes pas que...
Allen se tendit brusquement, comprenant instinctivement que l'Inspecteur blond devait avoir remarqué quelque chose à l'instant dans ses propos. Il relâcha la soudaine pression de ses muscles presque tout aussi rapidement et plaqua un sourire sur son visage pâle – qui commençait à s'empourprer de fièvre – du mieux qu'il le put.
-Allons, Link-san, nous n'avons pas le temps de discuter de ma force de volonté pour le moment... Examinons peut-être un peu plus cette lettre pour savoir si elle peut nous donner plus d'infos que ça, fit-il en souriant, mais considérant les récents événements et son état aussi bien mental que physique, Link constata que le rictus était forcé.
Qu'est-ce que l'exorciste pouvait encore bien lui cacher- et aussi mal de plus !
De ce qu'il avait remarqué jusque-là, l'Inspecteur blond était tenté de dire que bien que l'exorciste était un joueur de poker terrifiant, Allen Walker tendait à être un jeune homme honnête et sincère, avec toujours les meilleures intentions possibles. Ce sourire forcé à la frontière des deux ne valait rien de bon.
Mais Howard Link était un corbeau qui savait être patient, et depuis quelques temps, il avait commencé à apprendre la manière dont le jeune homme pensait: franchement, tout ce qu'il avait à faire, c'était observer.
Aussi, il ne dit rien et laissa passer cette fois-ci – de toute façon, quel que soit ce que le blandinet cachait il le découvrirait tôt au tard.
Allen reporta son attention sur le morceau de papier encore entre ses doigts en se disant qu'il allait devoir s'en débarrasser s'ils ne trouvaient rien d'autre – sûrement le brûlera-t-il, mais il voulait d'abord le montrer à Ed pour savoir de quel genre de charme il s'agissait (lui-même n'était pas spécialement curieux, mais ça intéresserait sans aucun doute son collègue) –, quand il remarqua une ligne d'écriture plus petite que celle de la lettre principale qu'il avait omis de lire.
PS : Il se peut que j'aie omis de mentionner une des clauses de votre contrat, mais je suis sûr que nous aurons l'occasion d'en parler ultérieurement – mais dans le doute où vous commencerez à vous poser certaines questions, vous, ou bien votre collègue, n'hésitez pas à venir me consulter.
-… Quoi ?
-Qu'y a-t-il Walker ? Nous avons manqué quelque chose ? fit la voix de Link qui le tira de ses pensées.
Le blandinet lui tendit le papier distraitement pour qu'il lise le Post Scriptum à son tour, puis se confia mentalement :
'Pourquoi je la sens très mal cette histoire ?…'
-« Certaines questions »? C'est… plutôt vague, remarqua Link avec un sourcil légèrement arqué, ce à quoi Allen répondit par un soupir un peu désabusé.
-Le Directeur… semble être un adepte des devinettes, fit-il tandis que l'Inspecteur blond acquiesçait.
-Espérons juste que cet avertissement n'empêchera en rien le bon déroulement de votre mission - plus vite celle-ci sera menée à bien, plus vite nous rentrerons. » conclut celui-ci avec un bref froncement de sourcils.
Un Link loin de sa zone de juridiction et obligé de 'servir' celui qu'il surveillait n'était pas un Link content après tout.
Allen de son côté ne partageait pas exactement le même enthousiasme que le blond, bien que l'envie de revoir ses amis exorcistes se faisait de plus en plus pressante depuis qu'il avait brièvement croisé Lavi. En pensant à l'exorciste roux… est-ce qu'il réussirait à s'en sortir dans ce nouveau monde ?… Sans compter qu'il allait vraisemblablement devoir travailler avec des vampires…
Cette dernière pensée fit un peu sourire le blandinet en lui rappelant que sa première mission en duo avec Lavi avait été pour enquêter sur un présumé 'vampire': celui-ci s'était avéré être Krory, qui pensait lui-même ne pas être humain à cause de son innocence lui permettant de devenir plus fort en s'abreuvant du sang des Akumas.
Un petit sourire triste lui vint aux lèvres tandis qu'il se perdit un peu plus dans ses souvenirs, satisfait de la nouvelle distraction que cet 'instant nostalgie' lui offrait pour le moment, et de moins en moins ancré dans le moment présent à cause de sa soudaine fièvre.
Link profita de cet instant d'absence pour scruter Allen davantage : il y avait définitivement quelque chose qui clochait chez le jeune exorciste – comme il y avait définitivement quelque chose qui clochait avec sa propre façon d'agir quelques instants plus tôt.
Allen semblait savoir quelque chose sur sa propre condition – tentant même de le dissimuler sciemment –, mais même en voyant Link plus ou moins paniquer à l'idée que son pétage de câbles pourrait avoir une origine magique, il n'avait pas offert d'explication. Connaissant la tête blanche, ça ne pouvait que dire que leur condition différait et que le blandinet ne connaissait pas les causes derrière son changement soudain de caractère. Aussi, ce changement n'avait pas la même cause chez l'un et l'autre.
Mais comment se faisait-il qu'il avait agit ainsi plus tôt, totalement aux antipodes de sa façon d'agir habituelle ? Est-ce que ce phénomène étrange était dû au stress, ou bien avait-il réellement une cause surnaturelle ? Est-ce que quelqu'un d'autre était touché ? Était-ce même ne serait-ce que possible d'accomplir une telle chose par magie?
'…Je m'acharne à trop réfléchir sur quelque chose qui n'en vaut probablement pas la peine. Rangeons cet incident dans la catégorie 'dû au stress', et concentrons-nous sur des problèmes plus importants, à savoir, réveiller Walker de son petit monde.'
C'est ainsi que l'Inspecteur sortit en premier de ses pensées, et secoua gentiment l'exorciste aux cheveux blancs par l'épaule afin de le sortir de son état semi-éveillé – ce que fit le jeune exorciste après un clignement de paupières un peu absent et un sourire désolé en la direction du corbeau blond.
« Erm enfin bref, reprit le blandinet. Qu'est-ce que je suis bien supposé devoir faire du coup ? Attendre que cet 'ami' m'approche ?
-Je suppose qu'il s'agit d'un professeur, autrement je ne vois pas de quelle aide il ou elle pourrait bien être... Sans compter qu'il faut garder le nombre de personnes au courant de votre véritable identité à un minimum afin de continuer notre mission, fit remarquer Link.
-Hmm... répondit Allen distraitement, clignant lentement des yeux une fois, puis deux: la douleur dans son crâne venait subitement de s'intensifier par deux.
-Et à propos de ce matin-... Walker ?... Hey, Walker ?
-Hmmm ?
Les mots de Link se faisaient de plus en plus lointains, et Allen plissa des yeux pour tenter de se concentrer sur les paroles de l'Inspecteur.
-Walker, vous m'entendez ?
-Hmm oui bien sûr ?...
'Il en pose des questions bizarres l'Inspecteur... Il est peut-être fatigué ? Tout ce stress, ça doit vraiment pas être bon pour sa santé...' pensa distraitement le jeune exorciste alors qu'il reposa son crâne sur la pierre délicieusement froide derrière lui.
Il faisait soudainement absurdement chaud.
Son regard vague manqua l'expression inquiète de Link, qui venait de se saisir de ses épaules.
-Walker, regardez-moi- non là, regardez-moi...
Pour une raison inconnue la voix de Link semblait pressée: trop de stress déduisit Allen avec sympathie en fermant les yeux quelques instants, juste pour les rouvrir aussitôt quand la présence de Celui-dont-il-ne-veut-pas-se-rappeler se réaffirma immédiatement à ce geste.
Une main divinement froide sur son front rappela son attention au présent, et son regard se focalisa sur un Link qui tenait sa lèvre inférieure entre ses dents – 'Tiens, c'est la première fois que je le vois faire ça...' –, le dos d'une main sur le front brûlant du blandinet pour tenter de déterminer sa température corporelle, et l'autre sur son propre front afin d'établir un contraste.
Son expression anxieuse fit sourire Allen qui, soudainement pris d'une exaspération indulgente, s'adressa à l'Inspecteur avec tendresse:
-Trop de stress, tu devrais dormir un peu va...
L'ancien corbeau le fixa d'yeux ronds comme des coupelles quand le jeune exorciste finit son sermon – lui-même exceptionnel d'étrangeté – avec un clin d'œil somnolent. La mâchoire de l'Inspecteur fit des mouvements indiquant qu'il voulait dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Finalement, après plusieurs secondes passées ainsi dans le silence, il reprit le parole avec un visage curieusement vide de toute expression :
-Comment est-ce que je m'appelle Walker ?
-Bah, Inspecteur bien sûr !...
'Oulah, il est vraiment fatigué s'il ne se souvient même plus de son nom !' se fit remarquer le blandinet intérieurement avec un petit rire non loin de l'hystérie.
Le sourcil de l'Inspecteur fit un petit mouvement convulsif pendant un bref instant, mais ce fut la seule chose qui perça son masque d'impassibilité. De toute façon trop occupé à contempler une pierre de l'alcôve qui semblait différente du reste, et à essayer de fusionner avec le mur merveilleusement frais, Allen ne remarqua pas ce changement subtil.
Ce sont les mains que l'Inspecteur utilisa ensuite pour retourner sa tête vers lui qui attirèrent son attention et le firent se focaliser à nouveau sur le blond : bon sang, elles étaient si fraîches ! Il poussa un long soupir de bien être qui ne sembla pas rassurer Link pour autant.
-Comment est-ce que vous vous appelez, continua-t-il, un peu d'inquiétude commençant à transparaître dans sa voix, mais toujours implacable et méthodique.
'Ah ! La question piège ! Il venait de le dire non ? Ça devait être-'
-Walker ?
La réponse avait été formulée comme une question et la masque d'impassibilité de Link s'effondra : il avait un exorciste fiévreux et délirant sur les bras – autrement dit une personne avec une arme de destruction massive à disposition qu'il pouvait activer à n'importe quel moment s'il se croyait attaqué (il ne manquait plus que le blandinet soit pris d'hallucinations après tout) –, la cause lui était totalement mystérieuse (qui sait? peut-être y avait-il vraiment un virus sorcier qui les avaient touché exclusivement...), les évènements de la matinée ayant causées des rumeurs lui étaient encore inconnus, et il n'avait absolument aucune idée d'où se trouvait l'infirmerie dans cet endroit immense.
Que ce soit dû au stress ou à autre chose, Link lâcha alors un mot qu'il aurait été bien trop poli pour prononcer en temps normal :
-Merde. »
A/N: Voili voilou! En espérant que tant d'attente en aura valu la peine (très honnêtement je ne suis pas très confiante en ce chapitre mais bon); il m'a bien trituré les méninges celui-là, et pas mal de choses dites dedans ont totalement changé la suite de l'histoire, alors ça a été compliqué...
Enfin bref, comme d'habitude, merci à tous les reviewers, les followers (qu'ils soient des petits nouveaux ou des anciens), les favoriters (oui je sais que ça n'existe pas U.U), et encore désolé de l'attente (promis, le prochain arrivera plus tôt!)!
Edit: Ce chapitre est officiellement le plus long de toute la série jusque-là alors YATTA!
/!\IMPORTANT/!\
ça fait un moment que je voulais le demander (mais j'avais oublié té-hé~ -.-): préfèreriez-vous:
-des chapitres plus courts mais postés plus fréquemment?
ou
-des chapitres très longs mais postés moins fréquemment (mais pas un par an seulement, promis ^^')
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Je vais mettre un sondage sur mon profil à propos de ça, alors j'espère que vous serez nombreux à voter!
/!\IMPORTANT/!\
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Edit2: Vous aviez peut-être déjà remarqué, mais j'ai (enfin) enlevé les chapitres-note-d'auteur qui ne servaient pas à grand chose (depuis le temps que je voulais le faire!) pour plus de fluidité~
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Et surtout n'oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé de ce dernier chapitre dans vos reviews (et n'oubliez pas le sondage)!~
Sur ce, Ciaossu!~ (Reborn style xD) Et je vous laisse un petit preview du prochain chapitre qui est en cours...
Prochainement...
...Allen rit sous cape : l'Inspecteur qui jurait ? Était-ce la fin du monde ?...
...
...'…On ne tue pas les malades, on ne tue pas les malades, oh mon Dieu, il est malade, on ne tue pas les malades...'...
...
...-Écoute-moi attentivement...
...
-Non ! Il ne faut surtout pas... Que je... !
...
-Allen, s'il te plaît, je t'en prie, écoute au moins ce que j'ai à dire !
...
