Bonjour bonjour !

Ou bonsoir plutôt !

Voici le nouveau chapitre, j'ai replongé dans le drama pour seulement ce chapitre, je vous promets que ça n'arrivera pas trop (enfin j'espère) et que le prochain sera joyeux :)

Bonne lecture et merci à tous ceux qui suivent cette fic, ça me fait super plaisir, vous êtes des personnes extras !


Previously in Colocations

- Pour l'instant, de ce que j'en ai retenu en points négatifs c'est qu'il y a un mec qui ne respecte pas les règles de pudeur…

- Frooost !

- Ici, la chambre du sieur Jack Frost. Une seule photo ressortait sur le battant, épinglé sur le bois. Un jeune homme aux cheveux bruns tenait par la taille une toute petite fille et l'objectif d'une autre main, les yeux fermés tant il riait.

- Prends mon écharpe, ça caille tu vas te choper la crève.

- Merci…

- Il se passe quelque chose entre Merida et toi ?

- Sa mère voudrait nous voir mariés. Mais c'est pas demain la veille.

- Ben tant mieux.

- Je sens qu'on va bien s'entendre, finalement.

- Et maintenant Harold ? Tu comptes m'offrir aussi un baiser pour qu'on soit quittes ?

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Colocations

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La veille du premier jour de neige

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- Idiot, grogna le brun en abandonnant Jack sur le canapé.

Une fois que le poids sur ses hanches eut disparu, l'albinos attrapa une cigarette et la coinça entre ses lèvres sans l'allumer. Idiot peut-être mais heureux.

Jack ouvrit les yeux, regrettant que les évènements n'aient pas été à peine différents. Car au moins il n'aurait pas été seul pour Aujourd'hui. Et Aujourd'hui il avait besoin de quelqu'un.

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Harold dormait à moitié dans son bol de lait, écoutant le bourdonnement discret que produisait la radio. Il fut surpris de voir que Jack semblait encore plus endormi que lui, et de forte mauvaise humeur pour ne rien arranger. Même Raiponce qui textotait de bon matin avec son prince charmant ne le dérida pas. Merida souffla en s'asseyant et demanda, la bouche pleine :

- On fait quoi aujourd'hui ?

- Boarf. Je pensais aller au ciné pour faire une pause, tu viendras avec nous Jack-

Harold avait à peine fini sa phrase que Jack, qui comatait depuis quelques minutes, quitta la table et se dirigea vers la cuisine sans un mot. Il revint quelques secondes plus tard, un pot de glace et une cuillère à soupe sous le bras. Sous le regard attentif et médusé de ses colocataires, il s'enfonça dans le canapé et alluma la chaîne des dessins animés.

- Ferb, je sais ce qu'on va faire aujourd'hui ! lança un personnage qui avait presque la même voix qu'Harold.

Raiponce et Merida échangèrent un regard et la blonde se leva. Elle s'approcha presque timidement du canapé et regarda son ami. Il était enfoncé entre deux coussins, les yeux brillants. Il avait posé le pot de glace sur son torse nu et piochait à même le pot de grosses cuillérées gelées à la vanille.

- C'est aujourd'hui hein ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.

Son ami ne répondit pas mais hocha la tête sans quitter l'ornithorynque du regard. Raiponce s'éloigna alors sur la pointe des pieds et adressa un signe à Merida. Harold, témoin de l'échange silencieux entre les deux jeunes femmes, fronça les sourcils. Une nouvelle lourdeur s'était abattue sur la pièce et pour le brun elle pesait sur ses épaules comme les attentes paternelles déçues. Et c'était vraiment désagréable, je vous assure, alors il décida d'aller faire un tour.

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Lorsqu'il revint, vers midi, il fut surpris de retrouver Jack hors de son canapé, en train de fumer sur le trottoir. En l'apercevant, l'albinos leva un regard triste vers Harold. Ce dernier lui sourit et ils montèrent tous les deux. Et en arrivant à leur cinquième étage (sans ascenseur sinon on s'empâte), les deux jeunes hommes s'arrêtèrent ensemble. Quelqu'un se trouvait debout sur leur paillasson et chantonnait L'oiseau de feu, d'Igor Stravinsky. L'homme, immense, se retourna en les entendant arriver.

- Jack Frost !

Il avait un fort accent – russe supposa Harold à raison – et serra dans ses bras le jeune homme albinos. Jack ne réagit pas et laissa l'homme lui broyer les côtes.

- Vous savez que ce qui est drôle quand on sonne chez quelqu'un, c'est de se barrer avant qu'il n'ouvre ?

La voix sarcastique de Merida interrompit les effusions entre le grand russe et Jack.

- Aurais-je entendu la voix d'une délicate princesse ?

- La princesse elle tient à ses vertèbres, grogna la rouquine en reculant.

Mais elle ne fut pas assez rapide et le russe réussit à l'attraper et à la soulever pour la serrer contre lui. Jack en profita pour se faufiler dans l'appartement. Raiponce, qui s'était approchée en entendant les voix dans l'entrée, lança un regard étonné à Jack en le croisant avant de s'exclamer, ravie :

- Nord ! Tu veux entrer ?

- Et voilà la deuxième princesse ! répondit le susnommé Nord.

Harold, qui observait la scène de loin sans oser s'approcher, se fit la réflexion qu'il ressemblait à un père-noël moderne. Escorté par Raiponce, Nord entra en grommelant qu'il ne restait pas longtemps.

Quelques secondes plus tard à peine, Raiponce l'avait installé à la table de la salle à manger devant une tasse de café qui paraissait minuscule entre ses grosses paluches. On lui avait présenté Harold et l'homme avait fixé son regard bleu ciel sur le brun. Jack s'était désintéressé du groupe et était retourné s'affaler dans le canapé.

- Bon, commença Nord, je ne vais pas rester longtemps.

- Tu l'as déjà dit, lui fit remarquer Merida.

- Bref. Je viens juste vous annoncer une bonne nouvelle. Je vous prête mon chalet pour fêter Noël ! Il y a assez de place pour six voire sept personnes. Intéressés ?

- Et comment ! répondirent presqu'en chœur Raiponce et Merida.

- Pourquoi pas, tempéra Harold.

- Parfait ! se réjouit Nord en tapant dans ses mains. Et c'est tout ce que j'avais à vous dire aujourd'hui. Je repasserai peut-être avant Noël.

Sur ce, il finit sa tasse et se leva, salua Harold, Raiponce et Merida (qui n'arriva pas à échapper à une étreinte qui lui broya les os qui lui restaient) et lança en enfilant son manteau :

- Jack, tu me raccompagnes.

L'albinos, qui s'endormait presque, se leva en ronchonnant. Il suivit le russe, qui paraissait de très bonne humeur, jusqu'à l'entrée. Une fois devant la porte, Nord se retourna en chantonnant sur l'air du pom pom pom, d'apparemment très bonne humeur.

- Pourquoi aujourd'hui ?

Nord avait compris la question, Jack le savait parfaitement. L'homme posa une main gigantesque sur l'épaule du jeune homme en face de lui et capta son regard.

- Parce que c'est aujourd'hui justement. Et qu'il te faut une bonne nouvelle aujourd'hui.

Il sourit et embrassa les deux joues de Jack, le soulevant comme un enfant. Le jeune homme se sentit léger, léger…

- Oh et, ce petit jeune, Harold. Il a l'air de beaucoup se préoccuper de toi. Et il est très bien non ? Tu devrais… envisager quelque chose ?

- Nord, te préoccupes pas de ça. Ouste !

L'homme claqua la porte en riant.

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- Jack ?

Le jeune homme se retourna vers Harold, qu'il n'avait pas vu. Ce dernier regardait un film en sourdine en prenant des notes sur son ordinateur.

- Tu sors ? continua le brun sans même se tourner vers son colocataire.

- J'ai besoin d'air.

Jack surprit alors le regard vert d'Harold, figé sur lui. Il avait l'habitude de sortir. Souvent. Parfois seul, parfois avec les filles. Jamais Harold ne venait avec eux. Mais il les attendait, toujours.

Demande-moi de rester, pensa Jack, s'il te plait, retiens-moi, retiens-moi…

- D'accord, admit finalement le brun sans chercher plus loin. Te rends pas malade.

- T'inquiète le rassura Jack. Mais je rentrerai peut-être tard alors m'attends pas.

La porte claqua et Harold se retrouva seul. Il soupira en regardant l'heure. Il était déjà minuit. Alors il alla se coucher en traînant les pieds.

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- Jack ! Ouvre cette porte !

Harold ouvrit difficilement les yeux et fixa son regard fatigué sur son réveil. Quatre heures du matin…

- Jack, ouvre-nous !

Cette fois c'était la voix de Merida. Inquiet, le jeune homme se leva. Les deux filles étaient devant la porte de la salle de bain, en pyjama. Raiponce, la joue contre la porte, essayait d'entendre ce qui se passait derrière. En voyant arriver son ami, Merida sourit et éloigna délicatement la blonde. Raiponce se serra instinctivement contre elle, les larmes aux yeux.

- Il ne veut pas ouvrir…

La détresse de la jeune femme était plus que visible et Harold prit presque peur pour Jack. Merida murmura quelques mots, apaisant la blonde qui tremblait et lui conseilla d'aller se recoucher. Un souffle leur parvint depuis l'autre côté du battant et Raiponce échappa à Merida pour écouter ce que disait Jack :

- Laissez-moi… Allez-vous-en.

La blonde trembla encore et recula. La voix heurtée de Jack était douloureuse à entendre.

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Jack était à moitié couché contre la porte. Il avait réussi à se traîner jusque là pour les empêcher d'entrer, tournant rapidement la clé. Mais maintenant il voulait qu'elles partent. Il refusait que Raiponce et Merida le voient dans cet état. Puis Harold était arrivé.

Harold était arrivé et Jack s'était senti mieux instantanément, en entendant sa voix. Harold. Harold, lui, l'aiderait. Il ne savait rien, il ne verrait qu'une très mauvaise cuite. En quelques mois il était devenu très proche du nouveau locataire. Ils s'entendaient bien, très bien.

- Jack ? Les filles sont parties. Tu m'ouvres ?

Ah, il avait réussi à lui demander de rester ? Il ne s'en souvenait même pas…

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Lorsqu'Harold entendit la clé tourner, il hésita presque à entrer. Au dernier moment, Jack l'avait appelé, sa voix brisée résonnant pour le retenir. Il trouvait le jeune homme intriguant, étrange, perturbant. Attirant même. Le souvenir du baiser volé ne remontait pas à plus d'une semaine et il en sentait encore la brûlure contre ses lèvres.

Alors il entra.

Jack lui tournait le dos, debout devant le lavabo. Les épaules de l'albinos tremblèrent légèrement sous l'effort qu'il faisait pour se maintenir debout. Il avait réussi à se relever avant qu'Harold n'entre mais il était quand même salement malade.

- Jack ?

- Mh, grogna en retour le jeune homme. Aide-moi.

Harold saisit le bras de son ami pour le poser en travers de ses épaules et sentit la main de Jack se glisser dans la sienne. Il était gelé et tremblant mais il ne sentait pas l'alcool. Harold tituba un peu en portant à moitié l'albinos. Lentement, ils se déplacèrent jusqu'à la chambre de Jack. La pièce était plongée dans la pénombre et Harold remarqua plusieurs rideaux noirs et tout un nécessaire pour développer les photos. Il laissa Jack tomber sur son lit et resta là, les bras ballants, sans savoir quoi faire. Jack laissa apparaître ses grands yeux bleus, cachés par ses paupières depuis quelques secondes, et réussit à sourire faiblement. Harold passa sa main dans les cheveux blancs et sortit lentement de la pièce.

- Harold ?

Il s'arrêta, attendant que Jack finisse sa phrase. La main sur la poignée, il remarqua que la photo qui était avant épinglée sur la porte avait disparu.

- Merci, murmura Jack.

Harold referma en douceur la porte derrière lui, le laissant seul.

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Les yeux d'Harold s'ouvrirent brusquement lorsqu'une sorte de fracas retentit au salon. Il se leva immédiatement, paniqué, et en ouvrant la porte, il vit Raiponce et Merida qui reculaient légèrement. Jack parcourait la salle de long en large, entre le canapé et la table, son téléphone plaqué contre son oreille.

- Mais j'ai besoin de les avoir ! Où. Sont. Elles !? Merde, réponds-moi…

Le brun lança un regard rapide à l'horloge du salon. Putain, cinq heures et demi ? Qu'est-ce que Jack foutait debout à cinq heures et demi ?

- 'Tain mais qui il appelle ? marmonna-t-il.

- Son père, souffla Merida.

Le cadavre d'une chaise gisait sur le sol. Ce devait être ça qu'Harold avait entendu se briser. Et ça aussi qui avait fait reculer les filles. Jack commença à se ronger les ongles jusqu'au sang, dans une crise de panique qu'il n'arrivait plus à contrôler. Ses mains tremblaient et pour la première fois en quatre ans il avait appelé ses parents. Pour la première fois depuis qu'il était devenu invisible. Il n'entendait plus les plaintes de son paternel. Il avait besoin de savoir où étaient les photos de sa sœur. Il avait besoin d'exister à nouveau, de…

Une main se posa doucement sur la sienne et lui prit le téléphone.

- Il vous rappellera Monsieur, désolé de vous avoir dérangé.

La voix d'Harold, apaisante, attira l'attention de Jack. Sans se départir de son calme, Harold raccrocha et para le coup que Jack tentait de lui donner. Imperturbable, le brun posa le petit appareil sur la table sans lâcher le poignet de Jack. L'albinos essaya de la frapper, encore et encore, mais il se heurtait aux avant-bras d'Harold sans parvenir à le blesser. Raiponce recula encore un peu, se réfugiant contre Merida. Elle connaissait ce Jack. Et elle en avait peur. Harold immobilisa définitivement le jeune homme qui enrageait contre lui, maintenant ses poignets, et lança un regard aux filles. Les yeux bleus de Merida trouvèrent les siens et elle éloigna Raiponce du salon. Une fois que la porte de la chambre de la rouquine – où elle s'était toutes les deux réfugiées – se fut refermée, le brun reporta son attention sur Jack.

Tremblant, les poings serrés, il avait cessé de se battre. Harold libéra doucement les poignets de Jack. Celui-ci s'effondra, glissa au sol, ses jambes cédant sous son poids.

Avec douceur, Harold se baissa et sursauta lorsque les mains de Jack agrippèrent son tee-shirt. Sanglotant, misérable, l'albinos se serra contre le brun en tremblant. Au bout d'une dizaine de minutes, ses pleurs se calmèrent et il prit lentement conscience des bras d'Harold autour de lui et de sa main qui caressait doucement ses cheveux.

- Jack ?

Il ne répondit rien et reprit une respiration plus calme.

- Viens Jack, on retrouvera la photo demain et on demandera à tes parents plus tard. Viens.

- Je l'ai perdue, murmura-t-il. Je l'ai perdue…

- Je sais mais ça va aller d'accord ?

Harold se releva sans le brusquer, le tenant toujours contre lui. Sans même s'en rendre compte, Jack se retrouva dans la chambre du brun.

Les multiples croquis épinglés au-dessus du bureau ou sur celui-ci s'accompagnaient de quelques machines inachevées. Jack regarda les photos qui n'avaient pas été déplacées. Il sourit alors qu'Harold s'allongeait près de lui. Par réflexe, il se serra contre le brun qui l'entoura à nouveau de ses bras. Pelotonné contre le torse d'Harold, avec ses mains qui caressaient toujours ses cheveux, Jack finit par se rendormir.

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Au prochain épisode

- Il neige.

- Je sais.

- Dans ma chambre !

- C'est le premier jour de neige.

- Mon père disait que c'était un jour où tout était possible.

- Non mais tu comprends, j'aime juste imaginer des mecs ensemble, ça veut rien dire…

- Tu m'avais caché ça mon lapin !