C'est un peu en retard mais il y a plein de belles choses dedans, des sortes de cadeaux de Noël pour cette fic et pour vous aussi.

Bonne lecture ! (et désolée pour l'écart entre les chapitres, je suis sur un très gros et très lourd projet)


Colocations

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Joyeux Noël !

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Les jeunes passaient leur temps au chalet de la meilleure manière qu'il soit. Le matin, Jack restait caché dans son lit après la honte qu'il s'était tapée (cf chapitre précédent même s'il date, pour eux ce n'était que quelques jours plus tôt) et ne gênait personne, les autres allaient skier tous ensemble. Le midi, l'albinos émergeait et ils mangeaient léger. L'après-midi Jack, Elsa et Merida profitaient de leur niveau et de leur imprudence pour aller faire du snow. Harold les accompagnait sous prétexte de les surveiller mais se mettait en danger inutilement. Les autres couples se retrouvaient un peu entre eux : Eugène et Raiponce restaient au chalet et Kristoff et Anna allaient se balader. En fin d'après-midi tout le monde se retrouvait au chalet et le repas du soir correspondaient plus à une orgie qu'autre chose.

Puis Merida et Elsa allaient se coucher, Eugène et Raiponce allaient se coucher, Harold et Jack allaient se coucher, Kristoff et Anna allaient se coucher.

Jusqu'au drame.

Tout se passa le 23 décembre, à 11h46. Les skieurs étaient rentrés plus tôt que d'habitude : Raiponce était tombée et les autres s'inquiétaient un peu pour sa cheville. Eugène paniquait en mode eau qui bout doucement et l'avait installée sur le canapé, bordée de coussins et sous une couverture avec un chocolat chaud. Elle lui assurait que tout allait bien mais sa cheville était sacrément enflée.

Et pendant qu'elle zonait sur son canapé, que Kristoff et Anna cuisinaient en se disputant gentiment, qu'Elsa, Harold, Merida et Jack jouaient au poker, elle hurla d'un coup. Eugène sursauta et revint près d'elle en moins de trois secondes (se détruisant le petit orteil contre le coin de la table).

- ON A PAS DE SAPIN !

- Bordel, maugréa son copain en se massant le pied.

- Il nous faut un sapin Eugène !

- Mais ouais, on va acheter un sapin, me fais pas peur comme ça.

- Wow ! Non !

Raiponce se tourna vers Merida qui avait abattu son jeu. Sans se soucier des protestations des autres joueurs de poker qui râlaient sur leur partie interrompue, la rouquine soutint le regard de la blonde qui la suppliait silencieusement.

- Y a un malaise et cette fois c'est pas ma faute, remarqua Jack.

Il n'y eut rien d'autre avant le repas. Puis Raiponce attaqua à nouveau entre deux bouchées de riz.

- Vous avez vu qu'on a pas de sapin ?

Merida la mit en garde d'un coup d'œil mais Anna ne vit rien et répondit, enthousiaste :

- C'est vrai ! Il faut qu'on en achète un !

- Eh ! On peut voter de façon démocratique un peu bordel ?

Tous les regards se tournèrent vers Merida qui les soutint sans se démonter. Ses cheveux roux qui tombaient en crinière autour de son visage renforçaient un peu plus son argument et la force de sa détermination : elle ne voulait pas de sapin.

- Et pourquoi ça, mademoiselle-pas-de-fun ?

Jack pouffa au surnom. Merida prit le temps de poser sa fourchette avant d'énoncer posément :

- 1) ça fout des épines partout, 2) va falloir acheter des décos de Noail et c'est chiant, 3) j'ai pas envie de me taper cette tradition capitaliste, 4) ça m'emmerde et c'est tout.

Même si la quatrième raison était plus que valable, elle ne récolta que des regards soit agacés, soit passe-moi-le-sel, soit amusés (dans l'ordre, Anna, Eugène et Raiponce Elsa et Harold Kristoff et Jack). Comme Raiponce n'était absolument pas d'accord avec tous ses arguments plus que sensés, elle commença à parler de la tradition de Nowël et de l'ambiance et de Scrooge qui n'aimait pas les fêtes et qui était radin. Ce à quoi Merida conclut qu'il était hors de question qu'ils aient un sapin après le chien.

Comme ils en étaient au dessert, elle put se lever de table et tout aurait pu s'arrêter là. Mais elle se prit les pieds dans le dit chien et commença à hurler que c'était n'importe quoi ce chalet. Elle alla ensuite dans sa chambre.

Avant de continuer l'histoire du sapin de Nouèle du 23 décembre, je vais donc vous raconter l'histoire du chien.

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L'histoire du chien fut le premier drame du chalet. Il se déroula le 20 décembre pendant le purgatoire de Jack.

Merida, Raiponce et Jack étaient allées se promener toutes les deux pour racheter du saumon puisque Elsa clamait que Jack avait mangé le leur au petit déjeuner et que cet abruti mal élevé méritait de tout payer de sa poche jusqu'à la fin du séjour. Raiponce s'était rangée du côté de son meilleur ami parce qu'elle ne voulait pas le ruiner et Merida, sachant en ayant déjà passé un Nowaile avec lui que les cadeaux seraient en retard et qu'ils dépendraient de l'argent qu'il lui resterait, le défendit du mieux qu'elle put.

Comme Elsa était saoulée et reine, elle les envoya tous les trois faire les courses. Alors qu'ils marchaient vers le petit magasin en espérant trouver du saumon, en claquant des dents et en maugréant pour la rouquine alors que l'albinos était en simple tee-shirt, Raiponce s'arrêta soudain sur le bord de la route. Comme Merida avait froid, elle râla un peu. Puis elle commença à hurler contre l'inconscience de la blonde qui approchait sa main d'une masse noire sur le bord de la route qui respirait mal.

- Mais t'es complètement dingue ! Il va te mordre !

Raiponce serrée dans les bras de Merida lui lança un regard qui essayait d'exprimer toute sa peine pour son amie qui semblait avoir perdu foi en la beauté du monde. Pendant ce temps, Jack s'approcha aussi et le gros chien essaya en effet de le mordre.

- Arrête Raiponce, d'habitude je suis de ton côté mais là la bête est folle.

"La Bête" en question gronda sourdement et Jack fit encore un pas en arrière.

- Mais non Jack, je suis sûre qu'il a juste mal quelque part. Regarde, sa patte saigne.

L'albinos suivit le regard de Raiponce. « Sa patte saigne » était plus qu'un doux euphémisme : le membre était arraché, ouvert, et formait un angle étrange. Les os étaient visibles.

Dégoûtée, Merida fronça le nez et oublia de retenir Raiponce qui lui échappa pour s'accroupir près du chien. Elle caressa doucement le pelage sombre et seul un grondement lui répondit.

- Il va mourir, laisse.

Le cœur en morceau, Raiponce finit par les suivre au magasin et ne dit plus rien de la soirée. Merida et Jack ne dirent rien aux autres.

Le soir même, Raiponce et Harold disparurent sans que personne ne soit au courant. Elsa qui lisait sur le canapé, ses lunettes sur le nez pour une fois, regarda sans comprendre l'inquiétude qui gagnaient peu à peu les autres jeunes. Ils étaient clairement ensemble, il n'y avait aucune raison de se faire un sang d'encre si noire.

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Et pendant ce temps, dans la voiture verte et ronde de Raiponce, les deux disparus étaient en mission commando. En roulant doucement dans les rues, ils cherchèrent la grosse bête noire. Emmitouflé dans son manteau de ski et l'écharpe bleue de Jack, Harold scrutait la nuit.

- Là ! cria-t-il pour alerter Raiponce.

Elle s'arrêta en dérapage (heureusement qu'ils étaient seuls dans les rues) et Harold n'attendit même pas que la voiture ait fini de glisser pour descendre. Il approcha une main gantée du chien-loup qui ouvrit un œil étonnamment vert en le sentant un peu trop près.

Raiponce ouvrit le coffre dans lequel ils avaient étalé une couverture et rabattit les sièges arrières. À deux avec leurs bras de chamallows, ils mirent dix minutes à soulever l'énorme bête et à l'étendre sur la couverture. Ils s'en sortirent avec un simple pincement pour Harold qui avait touché la gueule du chien d'un peu trop près. Puis ils se remirent en route.

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- Où ils sont putain de bordel ?

- T'as essayé son téléphone ?

- Celui de Raiponce est dans le frigo et Harold a dû éteindre le sien.

- Bordel.

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Après être passés chez le vétérinaire du village qui avait plutôt l'habitude de soigner des rennes, les deux amis remirent le chien soigné dans le coffre et prirent le temps de vérifier le portable de Harold. Les 20 appels manqués leur firent faire une grimace. Ils se regardèrent, éclairés par la lumière de la voiture. L'ombre du petit lézard qui pendait sous le rétroviseur dansaient sur leurs visages. Et sans prévenir, ils éclatèrent de rire.

- Il faudrait leur répondre.

- Oh, plus tard, éluda Harold.

Il remit le téléphone dans le vide-poche de la voiture, là où il resterait sûrement pour quelques jours. Puis ils roulèrent lentement jusqu'au chalet.

L'arrivée de l'équipage ne fit pas la joie générale : ils étaient de retour mais ramenaient un énorme problème. La mâchoire de Jack faillit se décrocher quand Harold lui annonça très sérieusement qu'il allait le garder. Le chien noir lavé et brossé avait repris une attitude beaucoup plus noble qui ressemblait presque à celle d'un chat.

Merida avait protesté tout ce qu'elle avait pu, Harold voulait le garder et elle ne pouvait rien faire contre ça. Raiponce et Anna avaient adopté la grosse peluche qui se laissait ponctuellement câliner, Kristoff étaient indifférent et riait de l'attitude féline de Krokmou (baptisé à cause de son amour pour la purée de poisson), Elsa et Merida faisaient front ensemble contre l'invasion de la grosse bêbête et Jack désespérait.

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Avec l'arrivée de Krokmou, Merida était devenue grognon et Harold avait dû user des pires stratagèmes pour faire accepter l'idée à Jack. Le soir, Elsa et Krokmou étaient de la même humeur et l'animal montait sur le canapé, farouche, n'acceptant près de lui que la reine de glace. Depuis qu'elle s'en servait comme d'un coussin, Elsa appréciait le chien. Le seul problème, c'était son habitude de se rouler en boule sur les chaises, les lits ou les gens sans se rendre compte de sa masse.

Et maintenant le sapin.

Seule dans sa chambre, la rouquine ronchonnait encore quand ils entrèrent tous. Elsa, sans aucune intention de discuter, alla s'asseoir sur le lit et reprit son livre, tranquillement appuyée contre la tête de lit. Raiponce, Eugène, Anna et Jack s'alignèrent devant Merida avec un air déterminé.

- Ceci est une intervention.

- Vous m'emmerdez avec vos interventions.

- Merida, je ne sais pas ce qui fait que tu n'aimes pas les sapins mais pour No Hell et l'ambiance et pour moi...

- Pourquoi je devrais faire quelque chose pour toi ?

Raiponce fit la moue, la suppliant.

- Et toi là, pourquoi t'es de son côté ? Je t'ai entendu râler contre la chaussette que t'a donnée Nord, accusa Merida en lançant un regard mauvais à Jack.

Blessé, choqué et déçu, l'albinos mit une main sur son cœur, jouant exagérément. La rouquine ne se laissa pas impressionner et haussa un sourcil. Le sourire narquois de son colocataire lui confirma qu'il s'était bien remis de son exhibitionnisme involontaire et qu'il était prêt à l'emmerder de nouveau sur des futilités, notamment en se rangeant du côté de Raiponce quand elle se mettait des idées niaises en tête.

- J'accepte un sapin...

Raiponce ne tint plus, extatique sur ses orteils.

- ... si je peux le choisir. Et si je n'ai pas à faire les décos et si Jack fait les courses du repas de Nouwaile.

- Accordées.

Sans écouter les protestations de Jack, qui s'était fait avoir en beauté, Raiponce, Anna et Eugène sortirent en discutant du sapin joyeusement. Comme Elsa le regardait mal et qu'elle lui faisait peur, Jack s'en alla aussi pour aller se plaindre auprès de Harold. Krokmou entra dans la chambre de Merida et Elsa et sans pression, sans se soucier de Merida qui essayait de le faire descendre, il monta sur le lit et écrasa les jambes de l'albinos.

- Putain manquait plus que ce truc sur mon lit.

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Le lendemain, Harold se retrouva donc à faire les courses avec Jack qui voyait toute l'expédition comme un jeu. L'auburn traînait les pieds dans les rayons, conscient de s'être fait punir par Merida parce qu'il avait ramené Krokmou. La liste longue comme ses deux bras ne comportait que des trucs chers et il n'était même pas sûr d'avoir assez dans le pot commun.

- Jack ! Je peux te laisser gérer l'alcool pendant que j'achète le reste ?

L'albinos sautilla jusqu'à lui pour l'embrasser avant de s'éloigner dans les rayons. Harold soupira et se remit aux courses.

Quelques minutes plus tard, il avait réussi à tout réunir et quand Jack revint il lui refila le sac trop lourd pour vérifier ce qu'il avait acheté. Harold approuva les bières mais sortit une bouteille sans trop y croire. Jack était déjà en train de positionner les articles, sifflant devant le foie gras et le saumon et la bûche.

- T'es sérieux ?

Jack se retourna vers son copain qui tenait encore la bouteille. Il se contenta de lui sourire et de déposer un baiser très léger sur ses lèvres en prenant la bouteille pour la poser lui-même sur le tapis roulant. La caissière, une jeune à la frange noire lisse sur son œil et aux habits de punk les regarda d'un air morne (pour ceux qui doutent, il ne s'agit pas de Gogo Tamago, Gogo a une mèche violente d'une importance capitale qui est l'une des rares caractéristiques que je me permettrais pour la définir en tant que caméo).

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- Moi je te dis qu'on aurait dû prendre le dernier !

- Alors déjà je veux bien d'un sapin, mais je vais pas prendre le plus laid de tous !

- Mais Merida, il y en a plus du tout...

- Ben je vais aller en chercher un alors !

Kristoff, qui regardaient Raiponce et Merida se disputer depuis qu'elles étaient revenues bredouille du magasin osa les interrompre quand Merida parla de ressortir.

- T'as pas vu la tempête que c'est au-dehors ?

La rouquine le fusilla du regard quand les lèvres de Raiponce tremblèrent.

- Me regarde pas comme ça Merida, menaça le blond soudain autoritaire, le seul endroit dans lequel je t'autorise à te rendre c'est le petit magasin en bas de la rue.

- Et de quel droit tu m'autorises des trucs, montagnard raté ?

- Alors on aura pas de sapin ?

La petite voix de Raiponce les arrêta. Elle ne pleurait pas mais elle n'en était pas loin. Eugène qui était en train de discuter avec Elsa et Anna à la table de la cuisine à propos du repas du soir, se tourna immédiatement vers sa petite amie, alarmé.

- Je suis désolé Raiponce, répondit Kristoff sans laisser le temps à Merida d'en placer une, mais ce soir on peut vraiment plus sortir... Et puis, s'ils en avaient pas ce soir, ils n'en auront pas demain et on peut pas couper du bois ici, c'est illégal.

- Ce n'est pas grave Kristoff, je vais juste aller éplucher quelques oignons.

La blonde s'éloigna sous le regard inquiet d'Eugène. Merida l'interrogea du regard. Il eut une petite grimace à laquelle la rouquine répondit par un grognement exaspéré. Ils connaissaient tous les deux les longs Noëls de Raiponce qui avaient vécu longtemps chez sa tante, une femme aigrie avant l'heure qui refusait toute distraction et toute fête.

- C'est bon, j'ai compris ! Empêche-la d'éplucher des oignons, j'en ai assez mangé la dernière fois qu'on a voulu lui faire une surprise pour son anniversaire. Kristoff, tu viens avec moi !

- Mais je...

- Ta gueule, c'est ta faute.

Il ne put protester plus qu'elle lui avait déjà jeté son manteau à la figure, n'ayant même pas pris le temps d'enlever le sien. Le grand blond enfila ses chaussures en sautillant dans les escaliers. Ils croisèrent Harold et Jack chargés de paquets et couverts de flocons.

- Merida ! Kristoff, vous tombez bien, vous voulez pas nous aider à...

- Ils sont pressés je crois, laisse-les.

Jack le tira par la manche, inquiet à cause du regard de Merida.

Il ne connaissait qu'une seule personne qui mettait à ce point sa colocataire tyrannique dans un tel état.

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Quand Merida et Kristoff revinrent, ils trouvèrent Anna devant la fenêtre, inquiète. Elle avait raison : dehors il y avait tant de neige et de vent qu'ils avaient mis une heure et demie pour faire le court trajet. Elle se jeta dans les bras de son petit ami gelé qui marmonnait à propos de ne plus jamais contrarier la rousse énervée.

Celle-ci ne regarda même pas Elsa et Jack qui cuisinaient alors qu'il s'agissait d'un évènement plus que rare (mais l'albinos était en contact direct avec le foie gras et le saumon alors il fallait le surveiller de près) et alla directement près de la cheminée, contre les escaliers. En face d'elle, dans le canapé, se trouvaient Raiponce et Eugène, le jeune homme allongé sur les cuisses de sa petite amie qui tentait de cacher sa déception en lisant un livre de bricolage.

Un schéma de guillotine reposait près d'elle et elle y ajoutait quelques détails. Il lui arrivait d'être overdramatique.

En silence, tous regardèrent Merida s'agiter. Harold qui lisait encore un pavé près du feu se tourna vers sa meilleure amie avec un sourire, Kristoff que Anna frictionnait dans le salon lui lança un sale regard et Elsa et Jack stoppèrent deux minutes l'épluchage de pommes de terre pour voir ce qu'elle faisait.

Raiponce releva la tête légèrement et Eugène en profita pour subtiliser le livre mauvais pour le moral de n'importe quelle personne saine.

Merida allait et venait, posant toujours plus de choses. Elle finit par laisser tout ce qu'elle avait acheté au sol puis se tourna vers Raiponce, presque agressive.

- Le mur est blanc, j'ai acheté ce qu'il faut. Maintenant tu te démerdes pour faire le sapin, j'ai dit que je le choisirais et un sapin c'est vert comme ça et pas autrement. Ne t'avises pas de me le faire rose bonbon !

Puis elle disparut dans les couloirs en clamant qu'elle méritait un long bain et pas d'interruption et qu'elle ne ferait pas la vaisselle.

Sans attendre le reste des réclamations qui se perdit dans le bruit d'eau de la salle de bain, Raiponce se laissa tomber sur le tapis et inspecta les achats de Merida. Devant le mur blanc il y avait plusieurs pot de peinture, dont un vert beaucoup plus gros que les autres.

L'éternuement éléphantesque de Kristoff rompit le moment suspendu pendant lequel les yeux de Raiponce brillèrent devant la peinture.

Personne ne se posa la très juste question de savoir si Nord avait envie de voir un sapin sur son mur.

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Merida fut dérangée pendant son bain par Elsa. La jeune femme toqua très doucement à la porte et demanda si elle pouvait entrer pour récupérer de quoi se coiffer. Il y avait une petite salle de bain à l'étage que Anna et Jack avaient investie, se préparant déjà pour le réveillon. En se relevant un peu, Merida put apercevoir la trousse blanche et bleue d'Elsa sur le rebord du lavabo. Comme elle était couverte de mousse, elle l'autorisa à entrer et s'enfonça un peu plus dans l'eau chaude. Ses pieds dépassaient de l'autre côté et elle joua un peu des orteils pour éviter de regarder Elsa.

- Raiponce en a pour très peu de temps et le repas sera prêt d'ici une demi-heure. Si tu veux... mettre des vêtements un peu galère ou te maquiller ou... enfin bref, gère ton temps. Et merci pour Raiponce. Elle est plus qu'heureuse.

Elsa repartit et elles firent toutes les deux comme si elles n'avaient pas remarqué sa gêne. Merida étouffa un gloussement un peu trop cliché à son goût en se laissant couler, ses cheveux flottant étrangement à la surface.

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Eugène et Kristoff avaient tous les deux fait l'effort de porter une chemise. Anna avait sorti une petite robe à bustier noir et jupe verte un peu longue, vintage, et portait du maquillage d'occasion, Raiponce ne s'était pas encore changée et finissait son sapin de peinture. Comme Merida avait eu la salle de bain pour elle toute seule, elle en avait profité pour sécher correctement ses cheveux et les attacher en chignon. Elle ne porterait pas de robe mais des vêtements qui la mettraient à son avantage. C'était Nhohèl tout de même.

Elle entra dans le salon, frappa Kristoff gentiment et aida à mettre la table à sa place pour s'excuser. Avec ses cheveux relevés, son pantalon moulant taille haute et son crop top plus large, elle avait rarement été aussi bien habillée devant ses amis. Tout le monde s'assit autour de la table, Eugène commença à amener les plats et Raiponce fit un aller retour très rapide pour tresser ses longs cheveux et mettre sa robe de nouvel an, qu'elle avait cousu elle-même dans les tons violets et blancs avec une coupe des années 80. Elle avait encore des taches de peinture sur les mains mais elle était sublime. Harold et Jack descendirent avec un temps de décalage quand Merida les appela. Les cheveux de Harold n'était plus vraiment plat et sa chemise verte ouverte sur ses clavicules laissait voir des marques rouges.

Jack avait l'air un peu trop fier de lui au goût de Merida et avait souligné ses yeux bleus d'un trait de crayon sombre. Sa chemise bleue claire était ouverte bien bas sur son torse et elle claqua de la langue avec désapprobation.

- Elsa était avec vous ? demanda Merida avec impertinence alors qu'ils s'asseyaient et qu'il ne manquait que la reine.

L'albinos ne lui répondit même pas et se permit même un sourire goguenard alors que Harold rougissait furieusement. Avec toute la répartie dont il était capable, il connaissait Merida depuis toujours et quand il savait qu'elle savait et qu'elle savait qu'il savait qu'elle savait, il n'arrivait juste pas à lui répondre. Pas dans ce contexte et pas comme ça.

- J'arrive, appela Elsa depuis les escaliers.

La tension redescendit d'un cran et Eugène et Raiponce commencèrent même à remplir des assiettes. Il avait été convenu que le chaud serait consommé en petite quantité et que la fin de soirée serait une beuverie arrosée de toast au saumon et au foie gras.

- Merida fais gaffe bordel !

La rouquine se réveilla soudainement et redressa son assiette pour éviter que les pommes de terre ne dévalent sur la table blanche. Avec lenteur, elle s'assit sans quitter des yeux l'apparition. Depuis quelques jours, elle ne voyait Elsa qu'en tenue de ski ou en survêtement quand elle rentrait. Elle avait oublié à quels points elle pouvait être belle en robe.

Sa taille fine était cintrée par la robe bleue un peu trop pailleté et son absence de hanches compensée par la tulle de la jupe.

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Le repas se passa en trois bouteilles de vin (amenées gentiment par les parents de Kristoff la veille) et il se trouva que Kristoff et Merida tenaient bien mieux l'alcool qu'Elsa, Jack et Eugène. Anna n'aimait pas boire et tournait au jus de raisin mais semblait aussi ivre que sa sœur, Raiponce et Harold... tenaient excessivement bien l'alcool. C'était presque effrayant. Jack passait son temps à remplir le verre de son petit ami à côté de lui et Raiponce buvait presque comme si elle buvait de l'eau et pourtant aucun d'eux ne semblaient en ressentir les effets. Harold laissait juste parler son esprit et ne se censurait plus.

Quand ils sortirent de table, Elsa ne marchait déjà plus droit et se laissa tomber sur le fauteuil sous les rires de Merida. La rousse se laissa glisser sur le tapis et sentit les doigts froids d'Elsa dans sa nuque qui jouaient avec une mèche sortie de son chignon. Raiponce et Eugène s'installèrent tout près du sapin peint et Merida loucha dessus.

- Il est trop beau notre sapin !

Raiponce se retourna avec un grand sourire vers Merida qui s'était ouvert une bière. Il avait été décidé que les cadeaux seraient distribués le lendemain, tranquillement. En plus, Jack un peu bourré réclamait des cadeaux toutes les cinq minutes et c'était trop drôle pour ne pas en profiter plus. Kristoff et Anna se tassèrent sur le canapé avec Harold et Jack s'installa devant la table basse pour avoir un meilleur accès à la nourriture.

Et aussi pour sortir de façon théâtrale sa trouvaille de cet après-midi qu'il avait glissée sous la table discrètement.

- Il est pas sérieux, maugréa Merida en voyant les bouteilles d'alcool.

Avec un trop grand sourire, Jack secoua les deux bouteilles de tequila. Le prénom de la rouquine se détachait dessus en belles lettres rouges.

- Serre moi de la Merida ! ordonna Elsa.

Elle était assise avec les jambes sur un accoudoir et la tête sur l'autre et siffla la boisson.

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- Elsa est bourrée à la Merida...

- Ta-a bouche.

- Elsa est bourrée à la Meridaaaaaaaa...

- Oh eh ta gueule !

- Meridaaaaaaaaaaaaa

- Taaaaaaa gueuuuuuule

- Meriii

- Taaaaaa gueuuu

- daaaaaaa

- leeeeblblblbl

- C'est quand les cadeaux ?

Harold confisqua son verre à Jack, qui ne s'en rendit même pas compte et continua de poker la joue d'Elsa aussi ronde que lui qui tentait de le repousser. Ils étaient tous les deux allongés sur le tapis, Merida ayant piqué la place de l'albinos sur le fauteuil. Raiponce, Anna, Kristoff et Eugène s'étaient lancés dans un poker approximatif (Raiponce gagnait), et les quatre autres tentaient de tenir une discussion logique alors que les deux albinos s'étaient mis en tête de boire et de boire beaucoup.

- Elsa on voit tout, remarqua Merida en remettant du pied la robe de la jeune femme qui était remontée beaucoup trop haut.

- Et alors ça te plaît pas !?

- Harold, prends-lui son verre à elle aussi là.

- Noooooooooooon tu peux pas m'empêcher d'aimer la Merida !

Jack gloussa et se prit un coup sur la tête. Il tira la langue à Merida qui tentait de ne pas se mettre misère. Harold était encore bien, son père l'avait habitué à un taux d'alcool beaucoup plus puissant et il se contentait juste d'être un peu plus bavard que d'habitude. Ils réagissaient pareil à l'alcool. Merida ne se souvenait plus de ce qu'elle disait quand elle buvait trop alors elle essayait d'y aller mollo.

- Bon, je crois que tout le monde a assez bu, annonça Harold quand une proposition de strip poker atteignit ses oreilles.

- T'es pas drooooooole, râla Jack à qui il arracha une bouteille vide de Merida.

En fait il ne restait pas beaucoup de bouteilles encore pleines quand Harold ramassa toutes celles qui traînaient. Il était déjà quatre heures du matin, Raiponce était en soutien-gorge parce qu'elle avait chaud, Elsa n'en avait plus rien à faire de sa coiffure qui était partie en couille, Jack commençait à faire des sous entendus très louches, Eugène et Kristoff devenaient homo-tactiles et avec deux verres de plus Merida allait commencer à raconter sa vie.

Il était temps de ralentir la cadence.

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- Harold...

- Quoi ?

- Harold...

- Quoi ?

- Harold...

- Quoi ?

- Harold...

- Quoi ?

- Le père Naumaile passe quand ?

- Demain matin.

- Han t'es con hé le père Norèle il existe pas.

- Hé Jack !

- KWOUA SALE ROUSSSSSE QUI PUUUUUE ?

- Ta gueule.

Harold soupira. Il sentait bien que Jack n'était pas si bourré que ça et qu'il se contentait d'emmerder Elsa et Merida. Anna et Kristoff étaient déjà montés se coucher (Merida faisait exprès de faire du bruit régulièrement pour les empêcher de copuler mais Harold doutait qu'ils soient assez désinhibés pour baiser au-dessus de leurs têtes) (même si les murs étaient assez épais, comme l'avaient expérimentés les couples pendant la semaine) (donc en fait ça allait fallait juste pas grimper aux rideaux en s'arrachant la voix).

- Bon, et si on allait se coucher ? marmonna Merida.

- J'approuve l'idée. Bouge Jack.

L'albinos qui l'embrassait dans le cou depuis dix minutes de façon assez gênante se releva avec un grand sourire et sautilla jusqu'à l'étage sans trop tituber. Eugène porta Raiponce comme une princesse (légèrement débraillée) jusqu'à leur chambre et Merida accompagna Elsa qui s'appuyait sur elle, sa main descendant sur ses hanches. Harold soupira lourdement. Le salon était encore en bordel mais il décida de ranger le lendemain.

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- Merida...

- Quoi ?

- Tu m'aides à défaire ma robe ?

Merida se tourna vers Elsa qui était dos à elle, ses cheveux tombant entre ses omoplates. Ses étranges cheveux blancs de fée. Elle défit doucement la fermeture dans le dos de la jeune femme puis lui tourna le dos pour enfiler son pyjama. Pour dormir, Merida ne portait qu'un tee-shirt beaucoup trop large qui appartenait à un de ses amis et une culotte. Elsa semblait n'en avoir rien à faire de la nudité et la rouquine tenta de ne pas trop la regarder.

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- Dis Harold.

- Quoi Jack ?

- Toi aussi t'es au courant pour Merida et Elsa hein ?

- Elle me l'a raconté oui, elle est ma meilleure amie.

- Et tu crois que ce soir aussi...

- Ben comme l'année dernière quoi...

- Ah ouais, comme l'année dernière.

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Elsa enfila un débardeur et se glissa sous la couette. Le tissu noir sur sa peau diaphane semblait ne pas être à sa place. Dos à elle, Merida ne bougea pas, au bord des nerfs.

- Merida...

Elle ne répondit pas. Elsa se retourna et la prit dans ses bras. Merida sentit quelque chose dans son estomac remonter très vite dans sa poitrine et gonfler. Les mains toujours froides d'Elsa remontèrent doucement sur son estomac et Merida eut un très long frisson.

- Elsa arrête.

- Me dis pas que t'en as pas envie.

Merida se releva et se retourna, se retrouvant au-dessus d'Elsa et lui tenant les poignets pour l'empêcher de faire quoi que ce soit d'autre. Elle en avait envie oui, elle bouillonnait. Son estomac la jetait contre elle. Lui demandait de s'allonger, de l'embrasser. Ce n'était plus une histoire de sentiments mais d'alchimie. Uniquement physique, elle en avait besoin, il fallait qu'elle la touche.

Lentement sa prise sur les poignets de l'albinos se desserra et tout son corps se détendit.

- Merida...

- On peut pas faire ça Elsa, se voir une fois l'an, coucher ensemble et ensuite ne plus rien se dire jusqu'à l'année prochaine. Je veux pas que ce soit juste parce que nos corps le réclament qu'on soit ensemble. Je veux... Je veux être bien. Je veux avoir quelqu'un près de moi et que ce soit normal, j'en ai marre des relations décousues. C'est bien avec les potes les relations décousues, c'est bien de les voir une fois l'an et que rien ne change. Mais pas avec toi. S'il te plaît, je n'ai pas besoin d'une autre relation de ce genre.

Elsa se dégagea doucement et prit son visage en coupe. Elle caressa sa nuque, passant sous le tee-shirt trop large puis remonta pour s'accrocher aux mèches rousses. Ce n'était plus seulement physique, il y avait de la tendresse dans chacun de ses gestes.

- Je peux te donner plus. J'en ai envie maintenant, j'habite à plein temps dans votre ville maintenant, je ne suis plus obligée de rien et...

Merida la regarda attentivement, perturbée par les caresses dans sa nuque. Les yeux bleu glace en face d'elle n'étaient plus brouillés par l'alcool, ses gestes étaient assurés.

- Tu veux bien être plus ? demanda Elsa.

Et Merida l'embrassa. C'était embarrassant un peu, et ça faisait peur d'avoir eu si clairement cette conversation mais elle effaça tout très simplement. Elle sentait les doigts agiles d'Elsa dans ses cheveux qui récupéraient les barrettes de son chignon une par une. Elles firent un bruit léger en tombant sur le sol et les cheveux de Merida enfin libres encadrèrent son visage. Les mains blanches d'Elsa passèrent dans les boucles de feu lentement, l'électrisant.

Elles rirent toutes les deux quand les boucles créèrent un rideau autour de leurs visages. La moiteur mélangée à l'alcool envahit le petit espace clos quand elles s'embrassèrent. Leurs hanches glissèrent légèrement et leur arrachèrent un soupir. Elsa se releva, soulevant Merida qui était plus petite qu'elle et lui enleva son tee-shirt. Il y eut encore quelques rires parce que ça ne leur était pas si naturel. De faire ça.

Merida essaya de se cacher à peine quelques secondes avant qu'Elsa ne lui fasse tout oublier en posant ses mains sur ses hanches. La rousse attrapa rapidement un élastique large pour se refaire un chignon lâche. Puis elle se pencha à nouveau sur les lèvres pâles, parcourut la gorge et dévoila la peau. Elsa retomba sur le matelas, exposée et tremblante.

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- Eh Harold ?

- Mh.

- Tu crois que Merida et Elsa aussi elles...

- Jack tu veux pas arrêter de penser à elles pendant qu'on...

- Pendant qu'on baise ? Faut pas avoir peur de dire les choses.

- Tu m'emmer...

- Non, tu vois bien que je te fais du bien.

- La ferme.

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Merida était partout et Elsa brûlait. Chaque caresse, chaque baiser, chaque griffure l'envoyait un peu plus haut. Les mains de Merida explorèrent ses flancs, ses cuisses, le creux de ses reins, ses hanches. Les mains de Merida la déshabillèrent finalement et elles se retrouvèrent nues l'une contre l'autre.

Un soupir s'échappa de leurs lèvres et pendant quelques secondes elles ne bougèrent pas, se regardant dans les yeux. Elsa dégagea une mèche de cheveux du visage de la rouquine. Ses mains suivirent la courbe du dos parsemé de taches de rousseur, s'aventurèrent entre les cuisses. Merida eut un soupir un peu plus violent et se pencha pour l'embrasser encore et goûter à son parfum au creux de son cou.

Les mains d'Elsa caressaient ses cuisses, frôlant son sexe sans la toucher vraiment. Merida l'imitait, jouant avec ses nerfs. Elles étaient toutes les deux à fleur de peau, les yeux mi-clos sans vouloir aller plus loin. Elles avaient surmonté l'envie et le besoin du corps. Elles savaient que ça allait arriver et ce n'était pas grave si c'était lent.

L'électricité s'accumula jusqu'à ce que ce soit trop. Et elles cédèrent presque au même moment, Merida avant Elsa. Elles glissèrent en même temps vers le sexe de l'autre s'arrachant mutuellement un soupir et un sourire.

Les mouvements devinrent de plus en plus désordonnés, rapides, brouillons et en même temps plus efficaces. Elsa l'embrassa sauvagement pour aspirer ses gémissements et en retour elle lui mordit les lèvres et se concentra d'un coup autour du clitoris. Ce fut à Elsa de fermer les yeux, perdue. Elle vint plus vite que Merida dans un long cri étouffé, ses mains s'arrêtant un instant.

Avant de reprendre plus précisément. Merida s'effondra sur elle moins d'une minute plus tard et elles restèrent là sans bouger. Leurs peaux étaient couvertes de sueur et elles glissèrent l'une contre l'autre jusqu'à ce que Merida se retrouve à nouveau à côté d'elle. Leur souffle se calma et elles s'enlacèrent doucement. Avec affection, pas encore avec amour, mais c'était quand même bon.

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Et pendant ce temps dans la chambre d'à côté... (enfin une heure plus tôt dans la chambre d'à côté parce que tout écrire au plus que parfait moi je peux pas.)

Jack attrapa Harold par le col dès qu'il entra dans la chambre et le tira à l'intérieur. Il avait envie. Il allongea son petit ami en douceur. Ils avaient appris à aller doucement, plus doucement que Jack en avait eu l'habitude, un peu plus vite que Harold ne l'aurait voulu parfois.

Il frissonna quand les mains gelées descendirent sur son torse en défaisant les boutons de sa chemise. Jack avait déjà essayé avant le repas mais Merida les avait interrompus à distance. Les lèvres de l'albinos le déconnectèrent un instant de la réalité mais il y revint très vite quand les caresses se firent trop insistantes et le repoussa doucement. Jack le rattrapa pour lui embrasser la nuque avant de le laisser repartir.

Quand il revint dans la chambre, l'albinos était déjà au lit et l'auburn se glissa sous la couette pour se pelotonner contre son torse nu. Lui aussi dormait en caleçon et le contact de leurs peaux les enflamma. Harold fit comme s'il n'avait rien remarqué (comme souvent) et traça innocemment des arabesques sur la peau pâle avant d'y déposer un ou deux baisers.

- Dis Harold.

- Quoi Jack ?

- Toi aussi t'es au courant pour Merida et Elsa hein ?

- Elle me l'a raconté oui, elle est ma meilleure amie.

- Et tu crois que ce soir aussi...

- Ben comme l'année dernière quoi...

- Ah ouais, comme l'année dernière.

Puis Jack arrêta de penser à Elsa et Merida parce que Harold descendait un peu trop bas sur sa peau. Il rejeta la tête en arrière, la nuque tendue et le dos arqué. Le sourire de son petit ami déclencha le sien. Son souffle s'accéléra et il profita du déshabillage très lent que lui offrit Harold, s'accrochant à ses épaules quand il remonta vers lui.

Sans qu'il comprenne vraiment comment, trente secondes plus tard ils étaient nus l'un contre l'autre, Harold était au-dessus de lui, il était sublime et il lui interdisait de le toucher alors qu'il le caressait. Son corps mince, presque trop maigre, tenait trop bien dans ses bras mais s'en échappa. Jack aurait pu avoir un orgasme juste avec cette vision à l'instant même où Harold recula à peine et s'empala sur son sexe en érection.

Il y eut un instant suspendu pendant lequel Harold ouvrit les yeux pour observer le corps à sa merci. Les muscles très fins, le ventre plat, les yeux bleus voilés de plaisir et d'un peu d'alcool. Quand les mains blanches agrippèrent ses hanches, Harold gémit doucement et commença à bouger. Sans qu'il s'y attende, Jack le retourna complètement et lui fit l'amour doucement.

- Eh Harold ? demanda-t-il à voix basse.

- Mh, soupira Harold.

- Tu crois que Merida et Elsa aussi elles...

- Jack tu veux pas arrêter de penser à elles pendant qu'on...

Une morsure légère lui coupa le souffle.

- Pendant qu'on baise ? Faut pas avoir peur de dire les choses, chuchota Jack dans son oreille sans arrêter ses vas et vient.

- Tu m'emmer...

Sa longue main blanche se referma sur le sexe d'Harold.

- Non, tu vois que je te fais du bien.

- La ferme.

Jack se permit un sourire avant de plonger à nouveau sur la gorge offerte. La position d'Harold changea quand il se cambra contre lui et il ne put retenir un hoquet de surprise quand le sexe de Jack effleura sa prostate. L'albinos l'embrassa et soupira contre ses lèvres.

C'était bon.

Ils s'endormirent l'un sur l'autre après un orgasme, Jack ne bougea pas comme il le faisait souvent et serra Harold contre lui.

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- Oh putain, ma tête...

Merida se retourna pour voir Elsa assise sur le bord du lit en train de se masser les tempes. Changeant finalement d'avis, Elsa se rallongea et se colla à Merida en râlant.

- Bonjour, se moqua la rouquine.

- Mmmmmmmh.

Elsa fronça les sourcils quand Merida se leva du lit et la retint par le poignet. Vive pour quelqu'un avec la gueule de bois, elle retourna rapidement sa nouvelle compagne pour l'embrasser. C'était à peine un effleurement avant qu'elle ne se laisse retomber dans les couvertures défaites, au chaud. Il faisait froid le matin.

Merida enfila rapidement son trop grand tee-shirt et passa à la salle de bain pour prendre deux aspirines dans l'armoire à pharmacie et remplir deux verres d'eau. Elle en posa un près d'Elsa et lâcha une aspirine dans le verre. Puis elle entra sans toquer dans la chambre de Jack et Harold pour poser le deuxième verre sur la table de chevet près de l'autre albinos qui commençait à émerger avant de taper sur la tête des deux endormis.

Harold grogna quand elle ouvrit les rideaux et entrouvrit la fenêtre. L'air froid s'engouffra dans la chambre alors qu'elle sortait en chantonnant. Elle avait à peine fermé la porte que la tête échevelée de Harold émergea des couvertures. Elle n'avait rien dit sur l'odeur de stupre et de luxure. C'était louche.

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Merida repassa dans sa chambre pour ouvrir aussi la fenêtre. Il y flottait la même odeur que dans la chambre voisine.

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Comme elle entendait du bruit en bas, Merida supposa qu'elle n'était pas la seule réveillée. En effet, au rez-de-chaussée, Raiponce préparait un brunch en finissant le saumon. Eugène était échoué dans le canapé et piquait régulièrement dans un bol de tomates cerises.

- Bonjour Merida !

- Il est quelle heure ?

La rousse se servit un grand bol de café et se laissa tomber sur une chaise.

- Il est bientôt deux heures.

- J'ai bien fait de les réveiller alors, je vais le faire avec Kristoff et Anna.

Comme le café était trop chaud, Merida remonta lentement les escaliers. Elle alla jusqu'à la dernière chambre, qui avait la même odeur que les deux autres (et elle était sûre que celle de Raiponce et Eugène sentait pareil) et ouvrit en grand fenêtre et rideaux. Le couple enlacé râla à peine et en sortant de la chambre elle les entendit réclamer des croissants.

Dans le couloir, Elsa vêtue d'une chemise de nuit trop courte l'attrapa par la taille pour l'embrasser furtivement contre le mur avant de la relâcher.

- Il faut que tu arrêtes de faire ça si tu veux pas me voir tomber.

- J'aimerais bien te voir tomber, répondit une Elsa joueuse.

Elle l'embrassa encore puis elles descendirent ensemble.

Jack et Harold mirent une demi-heure à se lever et Kristoff et Anna moins de dix minutes (motivés par les croissants). Pendant le (petit-)déjeuner qui dura très longtemps, chacun fit sa vie, Elsa et Merida mangeant dans la même assiette sur le fauteuil, Kristoff et Anna dévorant la crème glacée achetée pour l'occasion, Harold et Jack plus ou moins affalés sur la table près de Raiponce et Eugène. Tout le monde fit au moins un aller-retour pas du tout discret pour aller chercher ses cadeaux.

À l'étonnement de tous, Jack déposa aussi des présents sous le sapin dessiné sur le mur. Comme des gamins, ils se rassemblèrent ensuite.

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(comme je suis folle, j'ai fait un inventaire des cadeaux de tout le monde par tout le monde)

(dit comme ça ça a l'air relou mais j'ai mis des blagues et j'ai réfléchis pour chaque personnage)

(enfin, vous pouvez zapper facilement le passage, je vous en voudrais pas)

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Elsa eut une robe faite main par Raiponce (pas vraiment une surprise, la blonde lui avait demandé ses mensurations régulièrement en vérifiant qu'elle n'avait ni maigri ni grossi), un nécessaire pour s'occuper de ses patins à glace par Eugène, un très beau bijou en forme de flocon par sa sœur, un bon pour un voyage sur la mer de glace par Kristoff, un tee-shirt de Daenerys Targaryen par Merida, un livre intitulé Let it go offert par Harold qui avait mené une enquête studieuse auprès de Jack et Raiponce pour trouver des cadeaux qui plairaient à tout le monde et s'était rappelé de cette histoire de jeune femme gelée à l'intérieur qui arrivait à trouver une libération métaphorique en projetant ce froid sur son entourage, faisant du mal, jusqu'à ce qu'un jeune homme au tempérament de feu la réchauffe. C'était hétéro mais Harold lui avait laissé un mot qui se finissait sur « Qu'est-ce que le genre après tout ? ». Elle remercia tout le monde, surtout Harold qui avait fait tant d'efforts sans la connaître.

Raiponce eut des mitaines colorées par Elsa (qui avait pensé à elle en les voyant et lui avait dit « Je les porterais jamais mais je pense qu'elles t'iront super bien ! »), des nouveaux pinceaux par Eugène, un caméléon en peluche par Kristoff, des boucles d'oreille radis par Harold (qui connaissait trop bien son obsession pour Luna Lovegood), un dvd du Horror Picture Show par Anna (Raiponce eut un gloussement de fangirl et les autres un long grognement parce qu'ils allaient devoir se le taper dans la soirée) et Merida lui offrit un bon pour contacter son ami (ou plutôt celui de Harold) doué en informatique qui lui installerait plein de logiciels cools de façon gratuite (et pas trop légale). C'était le cadeau de Merida parce que c'était elle qui avait convaincu l'ami en question par échange de bons procédés (elle lui devait pas mal de choses).

Eugène reçut un dessin par sa copine le représentant en conteur devant une assemblée, les aventures de son personnage représentées au-dessus de sa tête, un bon pour un saut en parachute par Elsa, un autre bon pour un tatouage par Merida (ils en avaient discuté une ou deux fois et c'était quasiment leur seule conversation neutre sur laquelle ils étaient tout le temps d'accord), une wonderbox pour deux par Anna et Kristoff (Eugène râla qu'elle avait déjà eu des cadeaux et que c'était pas juste ce à quoi Anna rétorqua qu'il avait qu'à regarder le DVD avec Raiponce, que ça lui ferait sûrement plaisir et Eugène fit la grimace pour la forme) et un livre sur les auteurs par Harold.

Anna et Kristoff reçurent un cadeau commun : un voyage en traîneau en suède qui se terminait dans un hôtel quatre étoiles.

Merida reçut plusieurs vinyles qu'elle déballa un par un en lançant à chaque fois un regard aux concernés (ils s'étaient concertés pour lui acheter chacun deux vinyles ce qui faisait un total de huit vinyles) jusqu'à ce qu'elle ouvre le dernier cadeau, une enveloppe par Harold qui contenait un mot qui l'invitait à récupérer son lecteur de vinyles chez un antiquaire sympa. Elle sauta au cou de son meilleur ami et eut les larmes aux yeux quand il lui confia discrètement une lettre de son autre ami, absent, avec seulement une clé USB à l'intérieur.

Harold eut plein de livres et sembla beaucoup trop content par ce fait au goût de son petit ami. Eugène lui avait écrit lui-même une histoire de maître dragon qui tombait amoureux d'un crétin qui contrôlait l'hiver que Raiponce avait illustrée avec accord de l'auteur, Anna et Kristoff s'étaient aussi renseignés et avaient appris qu'il n'avait pas lu une série alors lui avaient offert les deux premiers tomes, Elsa lui avait donné son tome personnel du Monde de Charlie en anglais parce qu'elle savait par Raiponce qu'il ne l'avait pas et Merida fut la seule à ne pas lui offrir un livre mais cinq caleçons bariolés qu'il lui lança au visage. Il n'était étrangement pas gêné et au contraire semblait très à l'aise avec le fait que sa meilleure amie ait même rajouté quelques préservatifs « marrants » et un petit plug anal dans les paquets.

Jack enfin, reçut...

(là c'est la fin de la liste chiante)

(enfin des listes chiantes)

- J'étais sûre de t'avoir vu poser des trucs pourquoi on a pas eu un seul cadeau de ta part connard ?

- Oh le vocabulaire Merida ! s'insurgea Jack.

- Je t'emmerde.

Comme tout le monde le jaugeait du regard et que visiblement il n'aurait pas le droit de toucher aux paquets restants tant qu'il n'aurait pas donné d'explication, il se redressa un peu et sortit de la poche de son sweat (enfilé par-dessus le pyjama) une feuille pliée en neuf.

- Alors, je vous ai fait un petit discours. (il s'éclaircit la voix) Comme vous me connaissez tous un peu maintenant, vous devez savoir que je ne suis pas très doué pour faire des cadeaux. D'ailleurs, s'il ne tenait qu'à moi, je passerai No Well seul parce que ça fait un peu partie de ma période noire (il y eut quelques gênes mais il rit doucement) mais je suis content d'être avec vous. En revanche...

- Je me disais que ça puait du cul, se moqua Merida.

- Ta gueule. En revanche, comme je suis indécis, je n'ai pas trouvé vos cadeaux trois mois en avance comme Harold, je les ais définitivement trouvé tous il y a quatre jours et je les ais commandés sur internet, ils arriveront tous dans le mois de janvier. Ça c'est les preuves (il leur donna des enveloppes qui comportaient des morceaux de ses bons de commandes imprimés et découpés pour que ni le prix ni l'article n'apparaissent). Je suis désolé, j'étais fauché et je ne savais pas toujours quoi prendre.

Tout le monde se moqua un peu avant de lui donner ses cadeaux. Ils avait démonté consciencieusement l'appareil photo qu'ils lui avaient tous offert pour en faire plusieurs petits paquets soigneusement emballés. Quand il eut fini, Jack se laissa tomber dans leurs bras pour les remercier. Le reste de la journée se passa en décrassage (chacun prit un bain, certains à deux pour « économiser l'eau ») et en glandouillage violent.

Krokmou que tout le monde avait un peu oublié (il n'avait pas l'affection habituelle d'un chien et disparaissait souvent, ils l'avaient trouvé un jour en train de dormir sur la panière de linge propre et quand les jeunes étaient trop bruyants se roulaient en boule dans un coin calme pour dormir) fut la seule créature active de la journée, jouant avec les papiers cadeaux oubliés sur le sol.


Alors, à propos de ce chapitre... Déjà, je sais pas si vous vous en rendez compte (mais moi oui) mais il fait plus de 5000 mots. C'est PLUS DE DEUX FOIS plus que les chapitres habituels de cette fic et ce sera le format habituel pour ma prochaine fic (enfin, un tout petit peu plus que 5000 mots).

Ensuite, vous aurez peut-être noté la mention assez flagrante d'un « ami » de Merida qui lui prête son tee-shirt et avec qui elle a « une relation décousue ». On va sûrement le revoir et ce sera l'occasion de recaser Astrid qui me manque un peu dans cette fic.

Et aussi, il y a eu DEUX SMUTS soit DEUX FOIS PLUS que dans mon dernier OS et ça c'est génial ! Non c'est pas génial ? Désolée alors. (c'est normal s'ils ont l'air cliché au fait, je ne cherche pas le réalisme et la justesse des sentiments dans cette fic mais l'humour) (qu'est-ce qu'on se marre)

Sinon, c'était pour Noël donc même avec le retard, prenez-le comme mon cadeau de moi à vous tous qui suivez la fic :)

DES BISOUS TOUT PLEIN ET AUSSI UNE BONNE ANNEE !

Ps : j'ai ouvert un tumblr spécialement pour parler de mes histoires et de mes écrits (allez voir mon profil, il y a un lien).