-Nairo... Nairo... Nairo !

Quand Yukio se redressa dans son lit, il n'aperçut que l'obscurité. Il tâta ses draps, ils n'ont aucun volume. Il est seul, dans sa chambre baignée de ténèbres. Il se recoucha et tâta le tissu de son cousin voisin. Il est froid et bombé. Son lit lui semble glacé et vide. Il éprouve de grandes difficultés à y dormir paisiblement. Quand le sommeil lui vient, il ne dure jamais longtemps. Il passe ses nuits à tourner ses pensées vers le jeune homme, toujours absent dans la faculté. Comme s'il avait réellement disparu de sa vie. Ce qui est inimaginable. Maintenant qu'il a revu, il ne peut imaginer une existence où son haleine ne pourrait parfumer son univers. Ni même un monde où ce petit maillon de la société n'existerait pas. Sans lui, le mécanisme complexe de son existence s'arrêterait. Son rouage principal. Son astre lumineux, autour duquel gravite ses pensées. Une personne à laquelle il tient plus qu'autre chose. Il se revit à l'enlacer contre son torse et ressentis à nouveau la sensation des larmes humides qui ont imbibés sa chemise. Il s'inquiète pour cet élève. Il s'inquiète trop pour son bien-être, alors qu'il l'avait repoussé pour ce qu'il pensait être leur bien. Pour préserver les sentiments ressentis ultérieurement à son égard. Ils sont revenus et persistent d'avantages. En se protégeant égoïstement, il a détruit Nairo. Il voulait le protéger lui-aussi, mais il les a tout deux détruits.

Il se tourna vers le plafond et ne trouvant toujours pas le sommeil, il garda ses paupières fermées et rêvassa. Imaginant le jeune homme lui offrir son plus beau sourire alors que tout deux visitent un parc d'attraction. Son visage baignant de lumières superficielles, ses yeux brillant de milles éclats dépareillés, ses dents blanches qui s'élargiraient alors que son sourire ne cesserait de grandir. Ses mains douces posées sur ses joues, ses lèvres sensuelles plaquées contre les siennes, sa peau lisse caressant la sienne... Il aura fallut qu'il rencontre à nouveau Nairo Kamijou pour que ses désirs renaissent et qu'il tombe de nouveau amoureux de lui.

C'est un jour ensoleillé que Nairo revint devant son université. Les élèves avaient remarqué son absence et comparé à la rentré tout les regards se portèrent sur son maigre corps. Il avança en direction de son bâtiment sans y prêter attention. Ne gardant son regard fixé que droit devant lui. Tenant fermement son sac contre son dos, suivant un rythme de marche rapide pour fuir les regards au plus vite sans paraître pressé. Il doit leur échapper avant qu'il ne se sente trop oppressé. Une fois qu'il y fut, il se réfugia en direction des étages supérieurs. Il s'arrêta au milieu d'un couloir désert, s'assit contre un mur et porta une main à son front. Celui-ci est brûlant. Depuis son coup de froid, sa température corporelle n'a voulut s'abaisser à un niveau convenable. Et savoir que la faculté est au courant pour sa bêtise juste en lisant la nouvelle dans le regard de ses camarades ne peut arranger sa fièvre naissante. Il se prit les bras et enfonça dans sa chemise ses ongles. Il ne sent plus capable de supporter leurs regards pesants. Il avait cru qu'il arriverait à oublier sa mauvaise expérience et que ses professeurs l'y aideraient mais eux-aussi n'hésiteront pas à l'épier du regard pour le considérer comme un suicidaire dangereux à fréquenter.

Sa réputation ? Il s'en moque, elle ne l'a que rabaissé, trop rabaissé. Jusqu'à un point où il ne lui accorde plus aucune importance. Tout ce que Nairo désire, c'est qu'on l'ignore comme on l'a toujours fais au lieu de le prendre pour l'individu qu'il n'est pas. Qu'on le couvre de faux-préjugés et qu'on se trompe sur sa véritable personnalité, submergée d'idées toutes faites sur lui. Il n'avait pas assez de fierté pour s'affirmer, mais trop pour pleurer. Il se recroquevilla et se sentit encore plus seul qu'il ne l'était déjà. On ouvrit une porte devant lui. Il vit des jambes sortir de la salle exposée devant lui, il ne leva pas ses pupilles pour voir son visage. Cette même personne ne la vit pas car elle referma à clef la porte et s'apprêta à repartir. Nairo le retint en s'agrippant à son pantalon.

-Reste, Yukio

Le professeur de mathématiques se tourna vers Nairo, surprit de ne pas l'avoir remarqué et encore plus de le voir dans l'enceinte de ce qui a faillit être sa tombe.

-Yukio... Reste avec moi.

Le professeur s'agenouilla devant lui et contemplait ses yeux bruns lui transmettant des signaux d'appels. Ils implorent son attention. Il lui rappela celui qu'il a dirigé vers son aîné la veille, quand il lui a demandé des nouvelles de Nairo. Il avait pensé qu'il se sentirait soulagé de le retrouver mais les larmes naissants à la commissure de ses paupières le blessèrent plus qu'autre chose. Voir les yeux en pleurs d'un élève est bien plus douloureux qu'il ne l'avait pensé, surtout lorsqu'on accorde à celui-ci une attention qu'aucun autre élève ne pourrait recevoir d'égalable.

-Tu devrais être devant ta salle de classe.
-Yukio... j'ai peur.
-Peur de quoi ? Tu n'es plus un collégien, tu n'as aucune raison de pleurnicher ton sort pour un rien alors que tu es en âge de prendre des responsabilités et des décisions d'adulte. Affirme-toi si tu veux montrer un autre visage que celui imbibé de larmes que tu m'exposes.

Il s'essuya les paupières du revers de sa manche en la passant derrière ses verres rectangulaires et se releva en s'aidant du mur. Yukio ressentit un pincement au cœur en se forçant à ne lui prêter aucune aide. Il doit se relever devant ses défis personnels seul. Une fois qu'il fut de nouveau sur ses jambes, il se tourna vers les professeur. Bien qu'il soit plus petit que lui, Yukio sait qu'il le regarde depuis le haut de sa tour de solitaire. Celle qu'il a forgé avec ses propres pierres pour se protéger des préjugés, qui a cédé au stress et faillit s'écrouler en emportant le jeune homme dans sa chute.

-Maintenant, retourne en cours. Si tu es venu jusqu'ici, c'est que tu te sais en mesure de revenir en classe pour rattraper ton retard.

Nairo insista encore son regard mais il se résigna à détourner ses yeux du professeur pour aller emprunter les escaliers. Yukio le suivis du regard, jusqu'à que les battants des portes coupe-feu se referment derrière son passage.

*****

Yukio fixa son gobelet blanc tandis qu'un liquide sombre tapissait doucement son fond de sa couleur attrayante. Il aurait aimé y plonger et s'enfoncer dans ses profondeurs obscurs pour s'y noyer en silence. Baigné dans la boisson chaude, entouré des vapeurs qui brûleraient sa peau en remontant péniblement à la surface. Il se dit qu'il a vécut la même scène à l'hôtel, alors que les frères Kamijou étaient chaudement installés dans leur chambre le temps d'une soirée. Peut-être qu'ils y sont resté plus longtemps, si Hiroki a rallongé leurs nuits. Qu'est-il arrivé à Nairo en son absence ? Il essaya de se l'imaginer comme l'avait décrit son collège : assit au milieu de son lit, ses jambes élancées recroquevillées contre son maigre corps, ses lunettes laissées à l'abandon sur un coin de sa table de chevet et le regard perdu dans le vide. Ses yeux retenant des larmes pesantes pour ses fragiles paupières. Ses lèvres sensuelles tremblant de mépris contre sa lâcheté. Son buste lisse courbé contre ses genoux.

Yukio se ressaisit. A quoi pensait-il ? Il se tapa le front de la paume et prit son gobelet. La machine n'avait cessé de le remplir et lui brûla les doigts. Il se lécha le majeur et l'index, reposa le récipient en plastique brûlant et se maudit d'avoir commis une idiotie de ce genre vingt huit ans passé. Il pensa alors à son âge. Le sien et celui de Nairo sont incompatibles. Près de huit ans les séparent, ils ne peuvent envisager la moindre relation, même si elle ne se veut sérieuse. Leur relation pourrait seulement égaler celle qu'entretient Nairo envers son frère. S'ils arrivent à y parvenir un jour. Mais qu'en penserait Nairo ? Pour l'instant, Yukio ne parle de leur relation qu'avec sa seule opinion. Au sein d'un couple, les voix des deux partenaires doivent se faire entendre... Yukio se tapa de nouveau le front. Il envisage déjà de fonder une relation amoureuse avec le fils d'un ancien camarade de classe. Il se met à penser comme un homme hésitant à demander en mariage sa compagne après plusieurs années de vie commune. Pourquoi ses pensées ne cessent de diverger vers lui ? Vers cet élève réservé qu'il n'a pas revu depuis de nombreuses années. Leur relation n'a put que se détériorer !... Ce qui est un mensonge.

Le premier jour, Nairo a tout de suite reconnu son ancien professeur de mathématique. Il lui a prouvé qu'il se souvenait encore de son nom et de leurs expériences. Même si leurs créations en papiers étaient basiques, il en a conservé de précieux souvenirs qu'il refuse de renier. Yukio se souvient encore des quelques instants mémorables auquel il consacrait son attention au jeune écolier. Il se souvint qu'il lui souriait souvent, ce qu'il a cessé de faire depuis leur séparation. Et qu'il a pourtant recommencer quand il s'est blottit dans ses bras, les yeux en larmes. Non, il ne peut oublier Kamijou Nairo. Il n'a jamais put l'oublier. Pas plus qu'il n'a oublié sa passion dévorante pour les romans, son projet de devenir écrivain, ses brouillons de fictions qu'il ne cessait d'écrire devant les grilles de son école en attendant qu'il vienne le chercher, son visage et son nom. Yukio se détesta. Il avait ressentis une attirance, qu'il avait crut passagère, pour un jeune garçon et dix ans plus tard, ces sentiments ont été conservés et n'ont cessé de s'amplifier alors qu'il se rendit compte qu'il ne peut que l'aimer d'avantage. Qu'il doit lui apporter l'amour qu'il n'a put lui transmettre ces dix dernières années. Nairo... Nairo... Il est fou amoureux de ce prénom et de son porteur. Il est obsédé par cet élève qui l'importe plus qu'aucun autre. Il doit le lui avouer. Même si ces sentiments ne sont pas réciproques, Nairo doit le savoir.

Il alla vers le grand panneau affichant les emplois du temps et les salles occupées par les classes. Il trouva celle de Nairo, retint la salle et alla la rejoindre. Il se força à marcher à pas lents. Il ne peut se permettre de courir dans les couloirs, on pourrait le trouver suspect. Nairo est dans sa salle de classe, il ne peut que aller bien. Il n'est pas en danger.

Mais en se souvenant de son regard, Yukio accéléra sa marche. Dans les escaliers, il sauta des marches et son cœur se mit à battre à la chamade. Il doit revoir Nairo. Il a besoin de lui. Il lui manque. Il en a envie plus que tout. Maintenant. Ses envies devinrent difficiles à contenir mais il marcha à pas lents jusqu'à la bonne salle une fois au troisième étage. Il alla devant la porte et aperçut derrière sa petite vitre le visage de Nairo. Celui-ci est pessimiste, tout les regards de ses compagnons s'espionnent sans se retenir. Leur professeur de mathématiques garde le visage au tableau et continue d'écrire. Pour achever au plus vite sa leçon et ne pas devoir se tourner devant la classe composée d'un suicidaire. On chuchote sur Nairo, qui reste stoïque. Il écrit les notes faites sur le tableau en silence. Il serre fermement son crayon, il se contrôle mais que cherche-t-il à maîtriser ? De la colère ? Des larmes ? Quelque chose qu'il arrive difficilement à refouler. Ne pouvant voir plus longtemps l'élève dans une telle situation, il ouvrit la porte de la classe et devint le centre de toutes les attentions. Son collègue cessa d'écrire au tableau et se tourna vers lui.

-Que faîtes-vous ici, Monsieur Shinabu ?

-Je suis venu chercher un élève.

La classe se tourna automatiquement vers Nairo. Yukio lui somma du regard de se lever et lui demanda d'emmener ses affaires. Il lui obéit en les jetant en vrac dans son sac et le suivit. Il ne comprit sa présence mais quand ils furent un peu plus éloigné, il le prit par le bras et le tira vers les escaliers. Nairo ne put que le suivre.

-Où allons-nous ?

-Là où tu seras en sécurité.

-Pourquoi m'y emmènes-tu ?

-C'est tout ce qui m'importe.

Ils gravirent les marches les séparant du quatrième étage, mais ils ne s'y arrêtèrent pas. Ils montèrent plus haut, vers le ciel. Vers le toit. Vers le dernier étage. Mais Nairo ne freina pas Yukio. Il se laissa être emmené. Ils poussèrent une porte et arrivèrent à l'extérieur. D'abord, ils furent éblouis par la lumière transperçant le ciel de ses rayons solaires. Quand ils furent accommodés à celle-ci, Nairo se tourna vers Yukio. Le visage tourné vers le sien. Il le poussa contre la porte, l'enlaça par la taille et approcha ses lèvres des siennes.

-J'ai tellement envie de coller des claques à toutes les personnes qui posent le moindre regard sur ton visage. Sur ton innocent visage... qu'il caressa de sa main libre pour repousser les mèches ombrageant son front.

-Yukio, pourquoi agis-tu ainsi ?

-Tu n'as pas compris ce que je ressens pour toi ? Ce que j'ai toujours ressentis pour toi, Nairo ? Les sentiments que n'ai jamais cessé d'éprouver pour toi ?

-Mais... tourna-t-il son regard autre part. Je suis un garçon... et... un étudiant.

-Je m'en moque éperdument, je t'aime.

-Ne dis pas n'importe quoi, ce n'est pas possible entre nous.

Si mature... pensa Yukio. Tel son frère, il joue les hommes responsables. Il ne put s'empêcher de passer ses lèvres sur son cou. Nairo frissonna et se cramponna à ses manches pour chercher à le repousser. Mais il n'y mettait aucune force. Le professeur appliqua ses lèvres sur sa peau parfumée et la suça. Elle lui parut sucrée. Nairo le supplia doucement d'arrêter. D'une voix qui lui parut sensuelle prononcée à voix basse. Yukio passa son bras droit entre ses jambes, en releva une et posa ses doigts sur son entrejambe. En tâtant, il trouva la position de son orifice. Nairo poussa son bras et le foudroya du regard. Il se voulait menaçant, mais il produisit l'effet indésiré sur Yukio. Celui-ci l'empêcha d'exprimer son mécontentement en le forçant à accepter son baiser et remania sa cuisse. Il passa en revue les contours de son bassin de l'index et chercha à explorer à tâtons la caverne sombre dont son compagnon refuse de lui céder l'accès. Il eut un instant de faiblesse, Yukio en profita pour faire pénétrer son muscle buccal dans la taverne humide où celui de Nairo chercha à le fuir dès qu'il reçut les premières avances. Commença entre eux un jeux de chat et de la souris ou la proie ne pouvait trouver aucun refuge. Il la bloqua et l'obligea à se laisser être dominée. Nairo céda et ne put que serrer contre son mince corps contre celui plus imposant du collège de son frère aîné. Yukio continua de le flatter entre ses jambes, cherchant par cette manœuvre à lui faire affluer un désir. Qui naquit dans le caleçon de son partenaire. Il glissa sa main jusqu'à sa ceinture et glissa ses doigts au travers. Plaquant son crâne contre la porte glacée, il utilisa son second bras pour défaire le lien de cuir et s'occuper la braguette.

-Nairo... souffla-t-il. Yukio remarqua que ses joues avaient prit de vives couleurs. Il haleta, le professeur remarqua que ses mains étaient toutes deux glissées dans son slip, jointes derrière lui, cramponnées à ses fesses. Nairo le lâcha et releva péniblement ses bras au dessus de ses épaules pour les croiser derrière sa nuque. Son regard était des plus lascifs et ses lèvres appelèrent à la luxure.

-Yukio... Je vais...

Le sentant faiblir, il le serra contre lui. Nairo posa son menton contre son torse et son haleine chaude traversa le tissu de sa chemise pour marquer sa peau. Yukio l'aida à s'asseoir. Nairo lui parut si essoufflé. Si beau, le visage penché. Offrant une ouverture sur sa nuque d'ivoire. Yukio voulut y déposer un autre suçon. Mais Nairo changea ses plans en écartant ses jambes.

-J'ai chaud... et mal...

-Nairo ?

-J'ai... chaud...

Yukio lui ôta son pantalon et remarquai qu'une verge avenante l'attendait. Il appliqua sur le sexe en érection ses paumes et s'abreuva allègrement des soupirs sensuels du jeune homme. Il porta un bras vers son visage, le caressa et lui décrocha du nez ses lunettes. Ses yeux lui parurent encore plus merveilleux, il embrassa ses paupières.

-Tu es magnifique, Nairo. Tu le seras toujours à mes yeux.

-Yu... kio...

Il lui enleva ses habits pour mettre à nu son torse. Bien qu'il soit prochainement majeur, il conservait encore un corps jeune. Un corps qu'il couvrit de baisers sur la moindre parcelle de peau qu'il rencontra. Nairo continua de s'accrocher fermement à lui, plaquant sa joue contre son épaule quand son professeur favori se décida à lui retirer son dernier habit. Il tâta le membre durcit par le plaisir et après quelques palpations tactiles, il s'en écoula une sève qu'il s'impatienta de goûter.

-Nairo... Je t'aime...

Il l'embrassa sur le front mais celui-ci ne bougea pas. Yukio prit son visage et le releva. Il est devenu cramoisi, Nairo ne cesse de haleter sans pouvoir ouvrir ses paupières et quand il l'appela une seconde fois, il ne réagit toujours pas. Il posa sur son front, il est brûlant.

-Yukio... j'ai mal... souffla-t-il trop faiblement, même pour un homme excité.

Yukio le prit par les épaules et le pria de reprendre connaissance. Nairo s'effondra au sol, inconscient, le corps nu et brûlant. Yukio le recouvrit de ses habits et l'appela plusieurs fois. Lui quémandant de nouvelles paroles. Juste quelques mots, pour qu'il soit certain qu'il est encore conscient. Nairo ne fit que remuer doucement ses lèvres. Pour appeler silencieusement Yukio.