Hiroki peignait les murs de sa chambre d'ami d'un bleu ciel inspirant une ambiance sereine avec son petit ami quand le téléphone sonna depuis le salon. Il décolla son genoux du papier journal couvrant le sol et sortit de la pièce décrocher le combiné.
-Allo allo ?
-Frangin ?
Il resta de marbre à la voix de son jeune frère. Depuis qu'il est retourné auprès de leur mère, trois mois plus tôt, il a de nouveau coupé les ponts avec son grand-frère. Ils ne vivent qu'à douze kilomètres l'un de l'autre mais ils ne se sont jamais croisés en ville ou redonnés de leurs nouvelles.
-Comment tu vas, Nairo ?
-On pourrait dire bien.
-Pourrait ?
-N'imagine pas le pire, je ne recommencerai plus jamais les erreurs de mon passé.
-Que veux-tu me dire ?
-Frangin, tu as eus des nouvelles de ton collègue ?
-Shinabu ? Je n'ai plus eus de ses nouvelles depuis son transfert.
-Je vois... Je n'ai plus à te retenir plus longtemps, alors.
-Nairo, que s'est-il passé entre vous ?
-Rien du tout.
-Tu mens. Il s'est passé quelque chose quelques mois plus tôt. Comment peux-tu encore t'obstiner à encore te voiler la face.
-Frangin, je n'ai aucun problème.
-C'est ce que tu veux me faire croire jusqu'à ta prochaine tentative de suicide !
-... Hiroki...
Le frère aîné attendit une réponse de Nairo. Son jeune frère resta silencieux, gardant le combiné assez près de ses lèvres pour que Hiroki puisse l'entendre respirer. Ils attendent. Soulever un sujet aussi sensible après plusieurs mois taciturnes ne peut que raviver les douleurs connues lors de ce souvenir. Il s'est difficilement atténué dans leur mémoire sans véritablement en disparaître. Hiroki l'a ravivé.
-Tu en as parlé à maman ?
-Ne lui en parle jamais, Hiroki. Personne ne doit le savoir. L'affaire doit restée étouffée à jamais, comme si elle n'avait jamais eut lieu. Contente-toi de l'oublier, s'il te plaît.
-Comment le pourrais-je ? J'ai peur que l'envie te prenne à nouveau et que j'apprenne du jour au lendemain que j'ai de nouveau faillis à mon rôle de grand-frère. Je cauchemarde à l'idée que je puisse te voir de nouveau envisager, ne serait-ce qu'un instant, te tuer. Nairo, tu ne peux conserver ton silence plus longtemps. Confie-toi à quelqu'un. Même si ce n'est pas moi, n'importe qui. Que se soit un psychologue, un professeur ou un ami, n'importe quelle personne de confiance fera l'affaire si tu las juges apte à t'écouter.
-Hiroki, ne me rend pas la tâche encore plus difficile.
-De quoi tu parles ? Mais son frère raccrocha. Nairo, Nairo !
A quoi bon hausser la voix ? Il ne peut plus l'entendre. Il voulait seulement parler de son collègue. Il supposa qu'il ne voulait discuter que du professeur de mathématiques. Son frère est difficile à cerner, même pour l'aîné des frères Kamijou. Il retourna dans la chambre, où Nowaki n'avait bougé du sommet de son escabeau. Il se réinstalla devant son mur à moitié peint et prit un pinceau pour rattraper son retard.
-C'était qui ?
-Un faux-numéro.
-Tu ne serais pas resté aussi longtemps au téléphone si ça aurait été le cas.
-Nowaki, il t'est déjà arrivé de regretter de ne pas être assez fort pour protéger la personne que tu aimes le plus au monde ?
-Tout les jours, quand je te regarde t'épanouir en espérant un jour que tu m'appartiendras.
-Mais envers des personnes fragiles ? Des âmes frêles dont tu n'as jamais soupçonné leur véritable leur faiblesse psychologique ? Et quand tu le découvres... tu sens comme ton corps se décomposer en te disant que tu n'as jamais réellement cherché à protéger cet être que l'on surestimait moralement ?
-C'était ton frère, Hiro-san ?
-Réponds juste à ma question.
-Qu'importe la formulation de ta question, ma réponse restera la même.
Nowaki dessina amoureusement sur le dos de son amant un cœur bleu de sa brosse aux poils badigeonnés du liquide visqueux. Hiroki se releva pour protester, prit son seau de peinture et menaça le jeune homme d'en être prochainement recouvert s'il recommençait son acte. Celui-ci prit son menton et l'embrassa fougueusement en ignorant ses menaces.
-Je suis certains qu'un jour ton frère trouvera la perle rare qui saura le protéger, Hiro-san. Contentes-toi de garder ton rôle de grand-frère et de garder ton épaule à sa disposition. Je suis sûr qu'il saura se débrouiller pour la suite sans ta présence.
-Nowaki... tu me gènes...
-Je ne te l'ai pas dis mais hier, je l'ai vus à la boutique de fleurs et je peux t'assurer qu'il a gagné en assurance depuis notre dernière rencontre. Et je peux même t'assurer qu'il s'est trouvé une adorable compagne qui pourra lui apporter tout l'amour dont il a besoin.
-Tu ne me dis ça que maintenant ?! Entra dans une colère sombre le professeur Kamijou avant de revêtir son rôle de grand-frère protecteur. Lâche-moi, je dois aller retrouver Nairo ! Je dois savoir qui est cette fille ! Si j'apprends qu'elle profite de sa bonté d'âme pour abuser de lui ou qu'elle refuse ses sentiments sincères, je vais lui faire bouffer tout ses livres de cours jusqu'à qu'elle s'étouffe de connaissance avec !
-Calme-toi, Hiro-san ! Nowaki le retint en passant ses bras autour de sa taille pour l'obliger à rester avec lui. Son amant refusa de lui obéir, le fleuriste tomba de son perchoir et tout deux tombèrent au sol. Nowaki couvrant de son corps celui couché du professeur démoniaque dont la réputation pourrait se confirmer si celui-ci arrivait à échapper à son étreinte.
-Laisse ton frère respirer.
-Pas le temps pour ça ! Lâche-moi !
-J'aime quand tu es aussi protecteur, je suis jaloux de Nairo-san.
-Tu ne devrais pas l'être, rougis Hiroki. Il est mon frère, c'est normal que je veuille le protéger. Toi, c'est différent. Tu es comme...
-Je t'aime tellement, Hiro-san, tel que tu es.
-Dis pas n'importe quoi.
-Hiro-san... ne put-il s'empêcher d'arpenter ses côtes de ses doigts fins sous son haut pour remonter des pouces le vêtement jusqu'à son torse et couvrir ce dernier de ses baisers amoureux.
C'est avec un bouquet de fleurs blanches que Nairo Kamijou attendit sur leur lieu de rendez-vous sa compagne. Une fille qui lui a quelques jours déclaré son amour et à laquelle il a proposé un rendez-vous. Assit sur son banc, dans la cour de leur établissement, il fixait les élèves qui s'embrassaient en sortant de l'établissement et avançaient paresseusement main dans la main, défilant à pas lents devant lui comme si le temps avait ralenti. Sa camarade de classe pourrait-elle l'aider à tourner la page de son passé. Pourra-t-elle lui donner le courage d'orienter son visage vers un avenir dont il n'avait jamais soupçonné la possibilité ? Il sortit son portable et regarda sa messagerie. Pas de nouvelle de sa camarade. Il est venu en avance, c'est pas comme si elle était si pressée de le voir qu'elle en aurait fait autant. Une goutte d'eau tomba sur son nez, il le leva vers le ciel grisâtre. Il va pleuvoir. Mais il ne peut laisser en plan celle qui pourrait peut-être devenir sa dulcinée.
Les gouttes d'eau tombèrent une à une, enchaînant leurs chûtes en se fracassant sur les épaules de Nairo ou sur les parapluies que les garçons avaient déployé pour protéger leur compagne. Nairo attendit, la pluie imbiba bientôt sa veste d'une eau qui lui glaça le sang. On se pressa de quitter la faculté pour aller se protéger dans le café le plus proche ou la voiture de sport du conjoint. L'élève les vit partir, les couples le laissèrent seul sur son banc. Il baissa son front sur son bouquet ruisselant d'eau. Est-ce-que sa camarade va venir ? Il reçut un message quand cette pensée traversa son esprit, disant simplement « J'avais oublié que j'ai une heure de colle ce soir, on va devoir reporter le rendez-vous. »
Voilà que la fille qui a prétendue aimer en secret le cadet Kamijou depuis son arrivé à l'université l'abandonne. Se peut-il qu'elle le regarde depuis sa salle de classe et regrette de l'avoir fait attendre à l'extérieur pour rien ? Ou que cette idée ne lui soit pas venue et qu'elle ignore sa présence dans la cour ? Dans tout les cas, il n'a plus aucune raison de rester à l'extérieur. Mais il le fit. Pour réfléchir.
« Vais-je un jour connaître l'amour ? »
Il porta sa main libre à sa poche. Ses doigts brûlent d'envie de pianoter le numéro de son frère et de lui demander de le ramener chez lui. Pour qu'il lui serve ensuite une tasse de chocolat chaud, lui apporte des viennoiseries cuites au grille-pain et le couvre d'une couverture épaisse. Mais il sait que c'est lâche de désirer retourner auprès de sa seule vraie famille. Hiroki doit avoir mieux à faire que s'occuper de lui. Il mène une vie en couple avec un homme charmant et attentionné, le même chez lequel il a acheté ses fleurs. Le même que son aîné a de la chance d'avoir pour petit-ami.
« Vais-je un jour connaître le même bonheur ? »
Qu'est-ce-qu'un petit ami, au juste ? Un compagnon de jeux ? Un confident ? Nairo ne peut donner une définition claire de ce terme. Mais ce dont il est certains, c'est que l'on a envie de voir cette personne et qu'on désire ardemment qu'elle nous remarque lorsqu'elle se présente devant nous. Il pensa alors à Yukio Shinabu. Plusieurs fois il l'a revu dans les couloirs, sans qu'il ne puisse lui adresser la parole. Celui-ci n'a jamais ouvert la bouche, pas même quand il s'est réveillé dans le lit de l'infirmerie avec une fièvre alarmante. Il se tenait à son chevet, muet et distant. Il n'a parlé qu'à l'infirmière, pour affirmer qu'il justifierait lui-même mon absence auprès de mon professeur. Celui qu'il m'a obligé à quitter précipitamment au milieu de son cours. Puis Nairo avait cessé de l'écouter et c'était seulement concentré sur ses lèvres sensuelles. Celles qui l'avait embrassé sur tout le corps. Il se souvint vaguement d'un soleil aveuglant, du visage du professeur illuminé de cette lumière chaude et de ses baisers sulfureux. Il était trop épuisé à ce moment-là pour lui agripper la manche ou lui demander de rester à ses côtés. Il lui a échappé et après qu'il se soit tranquillement rétabli chez lui grâce aux soupes saupoudrées d'amour de son frère et de son compagnon, il a apprit que le professeur Shinabu avait changé d'établissement. Qu'il a été transféré à l'autre bout du pays. Même l'ainé Kamijou n'avait pas été mit dans la confidence.
Il a comme disparu de sa vie... Non, pas totalement. Nairo conserve encore le souvenir de son visage et sa peau celui de ses caresses. Il agrippa ses épaules, froissant les fleurs contre sa veste, et repensa à ses attouchements. Ce jour-là, on l'avait amoureusement embrassé sur les lèvres. On avait palpé sa peau en douceur et déshabillé sans brutalité. Il retrouva les soupçons qui avait palpité sous son épiderme ce jour-ci. Il était fiévreux et incapable de protester mais s'il aurait été dans une meilleure forme, il n'aurait pas chercher à contester.
« Existe-t-il une personne qui m'aimera autant que lui ? »
« Pourrais-je un jour l'oublier dans les bras d'une autre personne ? »
« Comment se fait-il que je continue de penser à lui ? »
« Pourquoi je regrette son départ ? »
« Ais-je déjà trouvé cette personne spéciale ? »
Nairo entendit une personne s'approcher de l'établissement. Des perles d'eau rebondissaient sur la toile de son parapluie. Cette même personne s'approcha de lui et son bouclier empêcha le jeune homme de continuer de se faire assaillir par la pluie.
-Ça ne t'es plus utile de rester dévoué jusqu'au bout, tu as déjà sacrifié assez de ton temps.
La voix du professeur lui réchauffa le cœur. Il leva mon visage trempé vers celui ferme de Yukio. Ses jambes engourdies l'aidèrent difficilement à se redresser mais il ne put compter sur l'aide de l'homme brun.
-Que fais-tu ici ?
-Je te retourne la question.
-Yukio, réponds-moi. Pourquoi tu es parti sans me prévenir ?
-Je devais être transféré depuis plusieurs années et comme je me suis éternisé un peu plus longtemps ici, mon départ fut inévitable. Même si j'aurais enseigné un peu plus longtemps ici, j'aurais dus un moment où un autre partir. Tu n'aurais rien pus y faire, Nairo.
-Pour qu'elle raison es-tu resté, alors ?
-Répond d'abord à ma première question.
-J'at-... j'attendais quelqu'un, mais elle m'a avoué à la dernière minute que le rendez-vous est reporté. Maintenant, dis-moi pourquoi tu es resté ici au lieu de partir ? Pourquoi n'as-tu rien dis à mon frère ? Pourquoi es-tu revenus de nouveau ici ?
-Pour toi ! Haussa-t-il la voix.
« Il est revenu pour moi. »
-Tu vas gelé, ainsi. Va m'attendre dans ma voiture, lui confia-t-il ses clefs et son parapluie, je l'ai laissé devant la fac. On en parlera à l'intérieur.
Il courut se réfugier au bâtiment réservé aux scientifiques et je me tournai vers les grilles de l'établissement. Dois-je monter dans sa voiture et écouter ses explications, ou le fuir tant que je peux l'exclure de mon destin. Mon corps me dirigea vers le véhicule. Pour lui, le choix est inévitable. Je marchais, puis courus vers sa voiture noire. Je me réfugiais à l'intérieur et me blottis contre le siège passager avant. Le siège est froid, personne ne s'y est assit avant moi. Je remarquai que je tenais encore mes fleurs dans mon poing. J'ouvris ma fenêtre, juste pour les jeter à l'extérieur, très rapidement pour que le froid n'en profite pour me mordre les doigts.
-Je n'ai jamais eus beaucoup d'amis, dans ma jeunesse. Et parmi eux, un seul fut la définition même d'un ami dévoué. Tu le connais déjà.
-Tu parles de Hiroki ?
Yukio ne lui répondit pas. Il continua son récit en gardant les yeux rivés sur la route.
-C'est grâce à lui que je t'ai connus. Il m'a parlé de tes difficultés en mathématiques et c'est en profitant de mes compétences pour t'aider en cours que j'ai pus profiter de nos cours pour t'enseigner ce que je savais sur cette matière. C'est en t'aidant qu'il m'est venu l'idée de devenir professeur. Sans toi et ton frère, jamais je n'aurais vêtus ce costume.
Et jamais il n'aurait put sauver Nairo. Il trembla d'effroi, à l'idée qu'il serait déjà mort en ce moment sans le professeur. A qui il doit une dette, depuis son sauvetage. Yukio lui rappela vaguement quelques souvenirs, son ancien élève se souvint de tous.
-Tu écrivais beaucoup d'histoire, à cette époque. Tu ne m'en as jamais fait lire mais vu le soin que tu leur portais, j'étais certains que tu pouvais écrire un merveilleux roman. Ta motivation m'a aidé à trouver celle de prolonger mes études et en empruntant un voie similaire à celle de ton frère, nous sommes restés en contact et j'arrivais à avoir des nouvelles de sa part. Il était très bavard, il ne cessait de se vanter de son cadet quand celui-ci récoltait de bonnes notes ou qu'il triomphait à ses spectacles de fin d'année. J'aurais fais n'importe pour pouvoir te féliciter moi-même.
« Il a toujours veillé sur moi. »
« Il m'a longtemps aimé sans l'avouer. »
« Il s'est toujours intéressé à moi sans que je le sache. »
-J'ai travaillé dans les facultés de ce secteur mais celui-ci est très prisé par les professeurs. Tu n'en doutes pas, mais ta fac reçoit constamment des demandes provenant d'enseignants. J'ai été prit mais quand on m'a trouvé un autre établissement où me transféré, je devais y aller le plus tôt possible mais je ne pouvais me décider à perdre de vue Hiroki.
« Il est resté pour mon frère. »
-J'ai longtemps insisté pour rester mais le proviseur m'oppressait. J'étais pour lui un surplus et ma paie refrénait certaines dépenses. J'ai dus offrir mes services aux autres instituteurs pour prouver mon utilité, en les aidant à corriger des copies et en les remplaçant lors des grèves. Mais comme j'étais l'un des plus récents à enseigner, j'étais une cible à laquelle on n'avait pas prit le temps de s'attacher. Puis il a fallut qu'on se rencontre devant le lycée, puis qu'on se revoit dans l'administration. J'ai d'abord pensé que tu ne me reconnaîtrais pas alors je n'ai rien dis.
-Pourtant, quand je t'ai reconnus, tu as refusé de m'adresser la parole.
-Comme si l'on pouvait reprendre notre existence comme si nous ne nous étions quitté que depuis quelques jours. J'ai attendus bien plus longtemps que les vacances pour pouvoir te parler et quand je me rend compte que tu me salues aussi naturellement que si nous avions longtemps gardé contact ensemble...
-Tu t'es longtemps intéressé à mes nouvelles.
-Ne me fait pas croire que tu as longtemps crus qu'on se reverrait un jour.
« Jamais on ne se sépare définitivement d'un ami. »
« Je n'ai jamais cessé de croire en nos retrouvailles. »
Il eut un silence quand Yukio se rappela de l'entretient qu'il a eut avec le proviseur après ses retrouvailles avec le jeune homme. Celui-ci a insisté pour que son transfert s'exécute le plus rapidement possible. Yukio savait qu'en renouant des liens avec Nairo, il se blesserait lui-même en ravivant dans un même temps ses sentiments amoureux et qu'il blesserait Nairo. Il ne sait pas comment, mais il y parviendrait contre son gré. Ils ont fixés ensemble une date pour le transfert. Trop lointaine pour Yukio, mais ils n'avaient pus faire mieux. Durant ce mince intervalle de temps, Nairo n'a cessé de combler ses pensées.
-Que viens-tu faire ici ?
-Je voulais revoir certains professeurs.
-Mais tu habites loin, désormais.
-Loin ? Seulement à quelques vingtaines de kilomètres d'ici.
-Je croyais que tu as été transféré...
-A l'autre bout du pays ? Tu lis trop de romans pour un littéraire.
« Il ne m'a jamais quitté. »
« Il est toujours resté à proximité de nous. »
-Mais si tu restes dans les parages... pourquoi tu n'as pas accepté plus tôt ton transfert ?
-Crétin, ça aurait été différent si j'aurais cessé de travailler avec ton frère.
-Je n'arrive plus à comprendre ce qui se passe. Tu dis vouloir prendre des distances puis tu dis vouloir garder contact avec Hiroki. Tu sors beaucoup de contradictions.
Moi-même j'ai du mal à me comprendre, aurait voulut lui avouer Yukio. Il voudrait lui avouer tant de choses mais il lui est difficile de les articuler. Ils empruntèrent une autoroute et arrivèrent dans un village que Nairo n'avait jamais visité auparavant ou douter de son existence.
-Où allons-nous ?
-Chez moi.
-Mais ma mère...
-Tu trouveras bien un mensonge. A ton âge, c'est ce qu'on sait faire de mieux.
-Yukio, je n'ai jamais dis que j'accepterai de venir chez toi.
-Je n'ai jamais demandé ton avis.
-Comment je vais rentrer chez moi ?
Ils s'arrêtèrent à un feux rouge et pour faire taire l'élève trop curieux, Yukio l'embrassa. Le silence revint et il put faire rouler son véhicule jusqu'à sa destination. Il la fit garer devant une maison à deux étages aux structures cubiques. Son architecture extérieur est moderne, c'est un logement coûteux que ne pourrais s'offrir en temps normal un professeur célibataire. Quand Yukio sortit de sa voiture, Nairo inspecta les alentours. La pluie a cessé au court du trajet.
-Tu vis avec quelqu'un ?
-Non, pourquoi ?
-Mais cette maison...
-A été acheté avec mes propres frais. Tu viens ?
Nairo emprunta son chemin de dalle pour parvenir à sa porte d'entré. Il admit que la maison est magnifique, son jardin resplendissant de lumière grâce aux nombreuses fleurs plantées dans celui-ci et la voiture de son ancien-professeur de mathématiques frivole. On lui ouvrit l'entré d'un grand salon dont le plafond de la pièce fusionnait avec le toit de l'habitation. Les murs étaient couverts de tableaux aux teintes ambrées et les meubles étaient tous blancs et noirs. Pour Nairo, c'est une décoration sophistiquée. Il n'osa marcher sur le tapis couverts d'ornements géographiques, pour ne pas le salir de ses habits trempés.
-Tu peux entrer, lui affirme Yukio.
-Je risque de salir ton salon.
-Alors déshabille-toi. Je vais faire laver tes vêtements et te préparer un café. Tu dois avoir froid, très certainement.
-Me... déshabiller ?
-C'est pas comme si je ne t'ai jamais vus nu.
Nairo déglutit. Il ne peut rentrer chez lui avec les vêtements qui lui collent à la peau. Il marcha en direction d'un canapé d'angle d'un blanc impeccable et commença par retirer son pantalon avant de s'installer dessus. Il se débarrassa ensuite de ses chaussures, de ses chaussettes et de sa veste tandis que son hôte s'occupait de sa cafetière. Le voilà en chemise et sous-vêtement dans la demeure de son professeur. Il regarda ses maigres jambes et se demandait comment on a put vouloir les toucher. Et le reste de son corps. Il ramena ses genoux contre son menton et éprouva toujours des difficultés à comprendre clairement la situation et le professeur Shinabu. C'est un homme dont il est difficile de discerner les pensées à travers son regard, sauf quand celui-ci est sulfureux. Il a assemblé correctement les pièces du puzzle constituant son passé mais il lui manque encore des morceaux pour qu'il soit achevé.
Yukio vint lui tendre une tasse chaude et Nairo souffla plusieurs fois sur la surface du liquide brun pour le refroidir. La paroi du récipient lui brûla les mains mais il le serra pour se réchauffer avec. L'hôte ramassa ses habits traînant au sol et revint vers son invité.
-Comment veux-tu que je lave tes habits si tu en gardes sur toi ?
-Je... je vais bien avec eux.
-Nairo...
Yukio s'appuya sur l'un de ses genoux pour pouvoir se pencher vers lui et de nouveau l'embrasser. Cette fois il ne le contraignit pas à accepter le baiser. Nairo le lui rendit et s'agrippa à sa manche pour en demander plus. Leurs langues se retrouvèrent et dansèrent ces festivités.
-Dois-je te dévêtir moi-même ?
-Reste avec moi, Yukio.
-Si c'est ce que tu veux.
Il légua les vêtements poisseux au sol et passa son bras sur la nuque gracile du jeune homme. Il étira doucement son col, glissa deux doigts sous celui-ci et commença à le défaire. Les joues de son amant devinrent roses, d'un rose qu'il dégusta de baisers papillons. Des joues aux fossettes rondes.
-Tu es adorable, Nairo, quand tu rosis.
-Ça ne marche pas avec moi, les compliments.
-C'est véridique.
Le dernier bouton vaincu, il descendit à son caleçon et tira sur son élastique. Nairo se crispa lorsque les doigts du professeur menacèrent de pénétrer dans son sous-vêtements.
-Yukio, pas maintenant.
-Si tu veux.
Il fit basculer le cadet Kamijou sur le canapé et se débarrassa à son tour de ses vêtements. Commençant par sa cravate, puis les premiers boutons de sa chemise. Nairo devint cramoisi alors qu'il vit son amant dévoiler toujours un peu plus de son corps. Ses pupilles suivirent ses mains baladeuses, effleurant sa peau dans des mouvements lascives. Yukio le couvrit ensuite de son torse nu et le réconforta de sa chaleur corporelle.
-Je serais plus avenant, cette fois.
-Pourquoi tu n'as pas choisis un autre élève, Yukio ?
« Pourquoi m'a-t-il choisit ? »
-Tu as toujours été le seul qui a compté à mes yeux. Souffla-t-il dans le creux de son oreille avant de poser ses lèvres sur son lobe. Il referma ses doigts sur son crâne et palpa la texture soyeuse de sa chevelure châtaine. Nairo s'accrocha à son dos et ferma ses paupières. Un désir palpait au creux de ses jambes. Il sentit son membre s'imprégner de la chaleur qui l'étouffait et gonfler. Nairo haleta en comprenant ce qui allait lui advenir.
-Yukio... j'ai envie de toi...
-Tu vas éjaculer maintenant ? Se redressa le professeur, surprit par la rapidité de l'enchaînement des désirs chez son amant. Il la mit sur le compte d'un premier rapport sexuel vécus par un élève en classe littéraire qui a longtemps idéaliser la scène.
-Maintenant...
Il baissa le dernier rempart de son entre-jambe pour le découvrir, aussi volumineux qu'à leur première rencontre. Il appliqua d'abord ses lèvres sur l'extrémité de la verge, puis sa langue pour goûter le prépuce. Sa saveur ne pouvait être comparée à une autre. Nairo recourba ses jambes et leva son menton, lutant contre ses pulsions en attendant que son amant soit en position pour apprécier ce qu'il retenait difficilement. Ne s'attardant plus sur le minuscule morceau de chair, il couvrit de sa bouche le sexe et d'une pression du muscle buccal sur ce dernier, un suc noya son palais. Nairo se courba et poussa un gémissement strident terriblement sensuel pour son amant. Celui-ci se nourrit de son ambroisie et le remercia de lui avoir conservé ses gouttes précieuses pour lui-seul. L'élève se vida de son être, ses doigts se crispèrent au meuble et sa respiration saccadée s'accompagnait à chaque inspiration d'un gémissement lascif. On écarta ses jambes pour faciliter la pénétration buccale et le fantasme longtemps rêvé par Yukio prit une ampleur qu'il n'aurait put imaginé s'il ne l'avait vécut. Les souffles irréguliers de Nairo, l'empêchant d'articuler son prénom, l'encouragèrent à prolonger son festin. Il caressa les cuisses de celui-ci, douces comme des peaux de pêches, et le força à les garder écartées.
Yukio libéra la verge de laquelle ne cessa de s'écouler sa liqueur devenue favorite et sortit son portable d'une de ses poches. Nairo le vit prendre un air sérieux quand il répondit, les lèvres luisantes, à ce qui semblait être un homme.
-Oui ?... Maintenant ?...C'est que je suis occupé...Vraiment ?...
Son visage se crispa, Nairo pensa qu'on vient de lui annoncer une nouvelle très importante. Yukio raccrocha et lui adressa un regard empli de remord.
-Je suis désolé, tu ne peux pas rester ici.
-Pourquoi ?
-Un ami vient de m'appeler, il a décidé d'improviser sa venue et je ne voudrais pas qu'il nous voit... fricoter ensemble.
-C'est normal... se sentit déçu le jeune homme de ne pouvoir conserver un peu plus longtemps les yeux argentés de son amant sur sa personne.
-Je vais te ramener chez toi, le temps qu'il vienne on pourrait faire trois fois le tour de la ville. Tu m'indiqueras où tu habites quand je conduirais, d'accord ?
-D'accord...
-Ne t'en fais pas, on recommencera une fois. Lui promit le professeur avant de collecter les dernières gouttes perlant sa verge de ses doigts fins pour les porter à ses lèvres. Il lapa ensuite celles-ci et rendit à son amant ses habits, qu'il n'a eut le temps de laver.
