Nairo passait ses bras le long de son corps en se remémorant les gestes que le professeur Shinabu a exécuté sur lui la veille. Des gestes entreprenant, qui l'ont conduit à l'entrejambe de Nairo. Son visage prit feu quand il posa ses doigts sur celui-ci. A tout moment, il pourrait se rappeler de la tête de l'homme brun lovée entre ses cuisses. De ses lapements sur sa verge, de la pression exercée par ses doigts sur ses jambes, de son souffle chaud sur sa peau... Nairo se blottit dans ses couvertures et conserva ses paupières fermées. Aurait-il put avoir un orgasme s'il aurait continué plus longtemps ses caresses et ses suçons ?
Qu'il est bête de tomber amoureux d'un professeur. Jamais ils ne pourront entretenir ensemble une relation sérieuse. Ces embrassades ne sont que de passage. Ce ne sont que des gâteries qu'il offre à Yukio, qui profite de sa vulnérabilité pour le rendre peu à peu dépendant de ses manipulations sexuelles. Bientôt ils feront de nouveaux l'amour et quand Yukio se sera trouvé un autre partenaire il le libérera de son emprise. Nairo enfonça ses ongles dans son oreiller. Il ne peut envisager une éventuelle séparation entre eux. Maintenant qu'il a goûté à ses lèvres et qu'il s'est de nouveau attaché à lui, il ne veut pas le laisser de nouveau lui échapper.
-Nairo, c'est l'heure de te lever.
Le jeune homme quitta ses draps chauds avant que ceux-ci ne s'humidifient, porta les lunettes laissées à l'abandon sur sa table de chevet à son nez et étira ses bras. Il n'est pas censé avoir cours mais il doit tout de même sortir. Il ouvrit ses volets, déploya sa fenêtre et inspecta la vue que lui offre celle-ci. Une caresse de la brise fraîche matinale le réveilla. Son souffle lui rappela celui d'une personne. Il se retourna, croyant que son amant d'une journée serait derrière lui, mais il est seul. Mais qui est véritablement Yukio Shinabu ? Son amant d'une nuit ou d'une vie entière ?
Il s'habilla d'une salopette et d'un tee-shirt pistache avant d'aller retrouver dans la cuisine sa mère. Celle-ci lui avait préparé en avance des gaufres, un bol de riz et du poisson pour accompagner son repas. A côté du bol se trouvait une enveloppe.
-Nairo, tu n'as pas oublié qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire de ton frère ?
Le cadet Kamijou faillit s'étouffer avec son poisson. Il a oublié la date inaugurant l'arrivé de Hiroki au sein de la famille. Alors qu'ils ont cessé de communiquer ensemble plusieurs années, il en est arrivé à oublier cette date. Il ne lui a plut fait de cadeaux après qu'il soit partis pour l'université.
-Tu devrais lui offrir un cadeau.
-Pourquoi tu veux me rappeler cette date ?
-Il fut un temps où toi et Hiroki étaient inséparables l'un de l'autre. Quand il a apprit ta naissance, il n'a cessé de veiller sur toi. Quand il venait te voir à la maternité, il te submergeait de ses peluches et te parlait beaucoup. Il est toujours resté à tes côtés quand tu as grandis. C'est même lui qui t'as appris à marcher. Je t'ai déjà dis tout ça, mais sais-tu que son prénom a été ton tout premier mot ?
Hiroki... ses souvenirs à son sujet sont vagues parmi les plus anciens. Nairo se souvint qu'il a toujours été son bouc émissaire quand il commettait une faute et il acceptait ce rôle car on le payait en sucette pour son sacrifice. Il riait avec Hiroki quand tout deux étaient insouciants. Il était bien plus qu'un frère à ses yeux, un troisième parent. Il lui confectionnait des dessins à ses anniversaires ou des animaux en pâte à modeler. Puis ils se sont éloignés... Puis ils ont arrêté de prêter attention à l'autre... Puis ils se sont tournés le dos et Hiroki est partit...
-Si je t'ai confié à ton frère, c'était pour que je vous retrouviez un peu de votre complicité. Je pensais qu'ainsi, vous pourriez reprendre contact mais tu ne me parles plus de lui. Tu ne veux plus renouer des liens avec Hiroki.
-Ça ne te regarde pas.
-Je sais qu'il a aimé te retrouver. J'ai eus de ses nouvelles récemment, mais il m'a surtout demandé les tiennes. Bien sûr, il n'a pas dit qu'il désirait t'accueillir à nouveau chez lui. Ce fut tout comme, quand il m'a proposé de te garder chez lui pour les prochaines vacances scolaires.
Hiroki a parlé à maman. C'est rare qu'ils lui propose des services. Il m'est arrivé de la surprendre à prendre de ses nouvelles, ou qu'il en demande sur la famille, mais jamais Hiroki n'a cherché à lui proposer de m'héberger. J'ai supposé plus jeune qu'il ne pouvait me recevoir chez lui à cause de ses études qui prenaient trop de place sur son emploi du temps. Désormais, il veut renouer ces liens taris par le temps.
-Tu lui manques et il est bien plus attaché à toi qu'il ne l'affirmera. Je suis certaine que si tu lui fais un cadeau, tu le combleras de joie. Si tu n'as pas assez pour lui offrir ce qu'il faut, tu peux payer avec ce supplément, lui montra-t-elle l'enveloppe. Je lui ferais un autre cadeau de mon côté, tu n'auras pas besoin de dire qu'on a cotiser ensemble.
-Pourquoi tu fais ça, maman ?
-Ça faisait longtemps que Hiroki ne s'est pas autant inquiéter pour toi.
S'il y a bien une chose que Hiroki a accordé plus d'importance que sa propre vie, ce sont les livres. L'aîné Kamijou n'en manque jamais, il pourrait déblayer tout les meubles de son appartement pour accorder plus de place à ses ouvrages. Le peu de temps qu'il a passé chez eux, Nairo a put découvrir sa large collection de livres. Son frère n'est pas très exigeant, il n'aime pas les cadeaux. Mais si on veut lui en faire un, autant faire un tour dans une librairie pour y trouver son bonheur.
Nairo cherchait parmi les romans celui qui aurait été en mesure d'attirer l'attention de son aîné s'il aurait été à sa place. Il porta la sienne sur l'un des derniers best-seller installé sur un présentoir pour le démarquer des autres. L'étudiant le prit le premier exemplaire et lut les premières pages. L'écriture est fluide, les dialogues le fascinèrent et l'intrigue glissée dès le premier paragraphe avait déjà captée son esprit. Il referma le livre quand il vit un homme s'approcher de lui pour vérifier les romans lui-aussi. Un homme plus grand que Nairo, doté d'une chevelure d'apparence soyeuse et portant deux majestueux saphirs sur son visage.
-Excuses-moi, tu es sur le passage.
Nairo se décala pour qu'il puisse passer devant lui. De ses habits se dégagèrent une froideur hostile. Il est un homme qui ne se laisse être atteint par les sentiments d'autrui. Cette aura n'inspira pas la volonté à l'étudiant de lui adresser la parole. Il retourna à son livre, le regarda sous toutes les coutures et le reposa. Celui-ci a beau être captivant dès qu'on commence à le lire, il ne répondait pas à ses attentes primaires. Il se mit en quête d'un autre roman.
Il sentait l'autre lecteur le regarder quand il déploya une autre couverture. Il eut l'impression que des serres glacées s'accrochèrent posément à son épaule et regardèrent par dessus celle-ci les premières lignes qu'il lisait. Mais quand il se tourna vers celui-ci, il était de dos au jeune homme auburn et continuait ses propres recherches.
Nairo chercha consciencieusement sa perle rare mais celle-ci ne voulut se manifester. Il reprit en main le premier ouvrage exposé au présentoir et le relut. Juste pour continuer de surveiller les agissements discrets du lecteur curieux. Un jeune homme le rejoignit, le sourire aux lèvres, avec un livre de cuisine dans les mains.
-Usagi-san, j'ai trouvé ce que je cherchai.
Usagi lui sourit doucement et le tapa affectueusement sur l'épaule mais le geste effectué dans une lenteur extrême ressemblait plus à une caresse qu'à une tape amicale. Ils partirent en premier du rayon, l'homme aux cheveux argentés les bras vides. Nairo referma son livre et partit à la caisse. On lui tendit son cadeau dans un petit sac en plastique après qu'on ait relevé son code barre. Il prit sur place de quoi le couvrir, c'est à dire un papier-cadeau avec des ornements arithmétiques et un ruban noir qu'il passa autour du livre et termina les extrémités par des boucles à l'aide d'une paire de ciseaux. Quand le cadet Kamijou sortit de la librairie, il vit les deux mêmes personnes croisées dans celle-ci monter dans une voiture de sport à la carrosserie flamboyante. Celle-ci traça son chemin au loin, Nairo prit la direction opposée pour rejoindre plus rapidement l'université de son frère. Les lances de son sac en plastique fermement serré dans ses paumes. Les lèvres pincées par la gêne de revoir prochainement son aîné après de nouveaux mois silencieux. Et celle de s'être rendu compte top tardivement que l'homme aux yeux bleus ne lui est pas totalement inconnu.
Nairo attendit devant les grilles que son frère daigne passer devant celles-ci. Que se soit pour arriver tardivement à ses derniers cours matinaux ou pour partir au plus vite avaler un repas au café le plus proche. Celui-ci ne se manifesta pas. Un professeur passa, il l'interpella.
-Tu cherches une salle ?
-Non, un professeur.
-Vraiment ? Lequel ?
-Monsieur Kamijou... Il me semble qu'il est ici, mais je ne sais pas si vous le con-
-Bien sûr que je sais où il est ? Ne suis-je pas son meilleur ami ?
-Il m'est impossible de vous le certifier.
-Attend voir, tu n'es pas de l'établissement.
Il inspecta le jeune homme du regard. Celui-ci s'attendit à ce qu'il le compare à son frère, comme les élèves qui sont passés devant lui en accélérant leurs pas. Il supposa à leurs airs terrifiés que son aîné est un professeur craint. Il lui est déjà arrivé de piquer des crises de nerfs pour un rien, les siens sont si sensibles qu'il suffit qu'on le mette dans une mauvaise position pour qu'il ne puisse plus contrôler ses gestes et se mette à commettre des pitreries. Parfois, celles-ci sont remplacées par des gestes plus violents pour dissimuler ses crétineries gestuelles ou verbales. Le temps de son hébergement chez Nowaki et Hiroki, Nairo a déjà vus ce dernier piquer un phare quand son amant tentait de l'embrasser. Comme quoi ils ne devraient montrer des scènes « osées » pouvant troubler la « pureté spirituelle » du plus jeune frère Kamijou.
-Tu connais Hiroki ?
-Je suis son voisin, et je suis venu lui remettre quelque chose. dit-il en portant son regard sur son sac. Il nous a rendu service dernièrement, à moi et à ma mère, et elle a insisté pour qu'on lui offre un cadeau en échange de celui-ci.
-Oh, maintenant Hiroki se dévoue corps et âme pour ses voisins ? C'est une nouvelle bien intéressante. Tu peux me donner ton sac, je le déposerai à son bureau.
-Je tiens à le lui remettre personnellement.
-Dans ce cas, suis-moi.
Nairo suivit l'homme brun jusqu'à la salle des professeurs, où personne ne les y attendait. Le professeur Miyagi s'assit à son fauteuil et lâcha un soupir qui fit comprendre à Nairo qu'il est déçut de l'absence de son collègue.
-Il fiche quoi, Hiroki ? C'est son anniversaire et il se permet de ne pas venir accueillir un jeune homme venu exprès lui apporter un présent ! C'est honteux de sa part !
-Vous le savez, pour la date ?
-Évidemment, je suis son collègue. Pas toi ?
-J'ai faillis l'oublier.
-Miyagi ?! Que fiches-tu sur mon fauteuil ?!
Le jeune homme se retourna brusquement et vit son frère entrer brusquement dans la pièce, les bras débordant de paperasses peinturlurées d'encre rouge, pour les jeter sur son bureau et écarter de son fauteuil son collègue. Celui-ci prit un air ronchon et le lui rendit contre son gré. Hiroki se tourna ensuite vers son frère.
-Que fais-tu ici, Nairo ?
-Tu connais ce jeune homme ?
-Ça ne te regarde pas !
-Je suis venu t'apporter... un présent.
-Un présent ?
Nairo baissa son visage, s'approcha de son frère pour le lui tendre et l'obligea à le saisir avant de partir en fixant ses chaussures. Il n'osait le regarder en face. Comment le pourrait-il ? Il ne lui parle plus depuis plusieurs mois. Ces mois étaient des décennies. Il est certains que ceux-ci ont rétablis le fossé qu'il a toujours existé entre les deux frères. Rafistoler leurs liens fut vain.
-Tu as donné le cadeau à ton frère ? Lui demanda sa mère dès que Nairo Kamijou fut de retour sous son toit. Il jeta sa veste sur leur canapé, s'assit sur celui-ci et alluma la télévision. Il ne la regarde qu'occasionnellement, il n'a jamais aimé les programmes qu'elle lui propose. Mais il avait besoin d'oublier son frère pour l'instant.
-Tu auras intérêt à ranger ton manteau avant que l'invité n'arrive.
Jamais l'idée de savoir pourquoi son cadet s'avachit dans un canapé ne lui traverserait l'esprit. Sa mère ne s'est jamais intéressé à ses sentiments, à ses problèmes ou ses besoins personnels. Elle s'est toujours contenté de satisfaire ses besoins primaires, de l'interroger sur ses goûts pour orienter ses choix dans les supermarchés. Mais quand il s'agit de Akihiko Usagi, elle idolâtre cet individu et le considère comme un membre de leur petite famille. Elle peut lui parler des heures au téléphone ou raconter à son plus jeune fils comment celui-ci se comportait les quelques fois où il venait chez eux. A une époque où Nairo était trop petit pour se souvenir de son visage, où de sa voix. Il n'a retenu que son nom, à force d'entendre sa mère le raconter à tout bout de champ. Mais jamais elle n'a dit regretter la naissance de Nairo et désiré qu'il ait été remplacé à la naissance par cet enfant idéal.
Derrière lui, sa mère dressa la table et prépara un nabe avant l'arrivé d'Usagi. Elle sortit un grand plat et de nombreux ingrédients pour qu'ils y cuisent quand ils seront tous attablés. C'est un plat occasionnel que Nairo a dégusté dans son enfance. Qu'il n'a plus déguster après le divorce de ses parents. Le symbole de convivialité qui avait égailler son sourire et celui de Hiroki par le passé sera servit non pas avec l'aîné Kamijou mais un ami à lui.
On sonna, la mère de Nairo disposa rapidement les serviettes sous chaque bol et alla accueillir leur invité. Nairo les entendit parler depuis le salon. Il ne décrocha les yeux du journal télévisé, narrant les exploits d'un homme qui aurait sauvé la vie quelques heures plus tôt d'un enfant, et se concentra sur ce qui se passait dans l'entrée. On offre un bouquet de fleurs à sa mère, celle-ci est joyeuse et propose à son invité de se dévêtir de son manteau. Il le retire et part devant au salon. Nairo se tourna vers lui et le salua.
-Bonsoir.
-Tu es le petite frère de Hiroki, si je ne me trompe pas.
-Comment le savez-vous ?
-Tu ne peux pas te rappeler de lui, Nairo, intervint sa mère. Il t'a connus quand tu étais bébé. Comme c'était adorable de voir Hiroki te choyer. Vous vous amusiez bien ensemble. Oh, vous devriez venir à table, je n'ai plus qu'à sortir les derniers ingrédients.
Nairo s'attabla en face de l'homme croisé dans la librairie. Usagi Akihiko. Un auteur célèbre dans tout le pays, mais il ne semblait avoir subit dernièrement des assauts de lectrices fans de ses œuvres ou de fans hystériques. Envisager qu'il puisse être assez connu pour que des paparazzis le mitraillent constamment de leurs flashs aveuglant est exagéré, mais après avoir entendu sa mère vanter cet auteur à la manière d'un gentleman distingué Nairo n'aurait pas été surpris de le voir venir dans un costume et adresser à sa mère un baise-main. Nairo le fixait.
-Pourquoi tu me regardes ?
-Vous vous rappelez de moi ?
-Pas vraiment, je t'ai connus alors que tu étais un bambin qui ne savait pas encore tenir sur ses jambes. Tu faisais quoi ce matin à la librairie ?
-J'achetai un cadeau... pour Hiroki.
-T'aurais dus t'y mettre plus tôt.
-Pourquoi ?... Vous lui avez offert le même livre ?
-Dédicacé, comme il me l'a demandé. Il aime bien suivre mes romans, alors il m'arrive de lui offrir l'un des derniers parus occasionnellement.
C'est logique, se dit Nairo, puisqu'il est un auteur à succès. S'il l'aurait encore en sa possession, il aurait échangé son roman contre une simple carte. Au moins, il n'aura pas à resté indécis devant d'innombrables livres. Il voulait faire un cadeau à son frère, il a raté sa chance.
-C'était qui, le garçon avec vous ?
-En quoi ça te regarde ?
-Vous avez une femme ?
-Si tu veux combler le silence avec tes questions superficielles, laisse-le en paix.
Nairo se tut. Akihiko regardai le jeune homme plus en détail. Ses cheveux auburns, ses yeux chocolats et ses yeux pincés, il est le portrait craché de son frère. Il affiche lui-aussi un regard peu-expressif, survolant les légumes flottant dans le récipient placé entre eux. Le même regard vide que Hiroki, c'est qu'il pense avec peine à un douloureux souvenirs ou qu'il s'interroge sur une réflexion incongrue. Le même visage. On le prendrait pour son fils, son frère jumeau, voir même un double qui serait venue du passé jusqu'à leur époque. Ou un clone portant des lunettes.
La mère Kamijou vint et ils commencèrent ensemble le repas. Cette première ne cessa de radoter au sujet de ses deux fils et couvrit leur invité de questions. Celui-ci y répondit poliment, sans prêter attention à Nairo. Une fois le plat achevé, l'invité déclina la proposition de dessert en prétextant qu'on l'attendait chez lui. L'hôte chercha à le retenir, pour profiter de sa présence encore quelques temps, mais il insista pour partir le plus tôt possible. Une fois qu'ils eurent échangé une brève poignée de mains, Nairo prit congé dans sa chambre. L'homme aux cheveux argentés qui a côtoyé sa table ne lui avait parut en aucun cas familier. Son odeur, son visage, son regard, rien ne lui revint en mémoire. Il l'a connu très jeune, donc il peut l'avoir oublié.
Le lycée, sans Yukio, lui semble vide. Il peut être entouré d'élève, être bousculé par leurs larges épaules, il ignore son entourage. Les yeux argentés du professeur Shinabu ne sont plus perdus dans la foule, alors à quoi bon y porter son regard ? Il ne les retrouvera plus dans l'enceinte de son école, peut-être même jamais plus dans sa vie si celui-ci venait à lui tourner le dos. Ils ne sont plus dans la même faculté, Nairo n'a aucun moyen de communiquer avec lui et de lui faire savoir que son absence l'attriste secrètement. Ses caresses, ses baisers, sa langue, ses yeux, ses doigts, ses lèvres, son souffle, son être lui manque.
-Levez-vous ! Ordonna à toute la classe le professeur d'histoire quand un homme franchis l'encadrement de leur salle de cour. Tout les élèves se levèrent d'un bond et se tinrent droits pour faire bonne figure.
-Eh, mais c'est le nouveau proviseur.
-Tu le connais ? Demanda une fille à sa camarade à proximité de Nairo, qui les écoutait attentivement sans quitter du regard l'homme bedonnant qui a tiré leur professeur hors de la salle pour lui parler en toute confidentialité.
-Il est ici depuis le départ de Shinobu et de l'ancien proviseur, tu ne le savais pas ?
Nairo sentit un frisson glacé fuser le long de son épine dorsale pour cristalliser son cerveau. Il vit des brides d'images gicler sur ses paupières quand il les cligna, toutes avec le visage sulfureux du professeur qui a prétendu l'aimer. Son cœur tambourina, reconnaissant ce visage comme un animal dressé s'affole joyeusement en attendant impatiemment le retour de son maître. Se pourrait-il qu'il y ait un lien entre les deux hommes ? Que tout deux aient transférés au même établissement ? Nairo prit peur, une main couvrit ses lèvres avant que des nausées ne remontent sa gorge. Le scénario le plus tordus brisa son cœur. Il se sentit mal, à l'idée que cette éventualité puisse être réalisable. Il posa ses mains sur son bureau et reprit son souffle... les yeux brûlants de colères pour le professeur qui l'a abandonné.
