Merci à Lulu la morue (joli pseudo ! :) Hééé, moi aussi j'adore l'histoire et l'idée m'a même traversé de faire une licence d'histoire. En fait, je pense que c'est Binns qui rend la chose inintéressante. Bref, pas de ronde ici, mais tout de même une confrontation, c'est bien quand même ? Quant aux premières années, y'a que Mr Catastrophe qui est important, enfin va le devenir pour Gemma du moins, mais les autres servent vraiment à rien et ne reviendront plus embêter Gem'. En tout cas merci pour ta review !).

Bonne lecture !

« Faut rien regretter. Revendique tes conneries, elles sont à toi.
Et surtout, vis à fond. On vieillit bien trop vite.
La sagesse, ça sera pour quand on sera dans le trou.
»
– Jacques Brel -


Un vendredi soir, dans la salle commune des Poufsouffle, régnait une agitation inhabituelle. Un petit troupeau d'élèves était rassemblé devant le tableau d'affichage et les plus petits devaient pousser les autres pour arriver à voir ce qui les intéressait tant tout ceci dans un vacarme assourdissant.

- Ce sont les inscriptions pour le cours de Duel, expliqua Arthur qui était déjà installé dans un des canapés lorsque Dominique remonta de son cours d'Etude des Moldus, qu'elle était seule à suivre . Ca a beaucoup râlé lors de l'annonce de McGonagall mais, apparemment, ça intéresse plein de monde.

- Ca me fait penser qu'il faut que je fasse le recrutement pour l'équipe … et ça me donne une idée pour accéder plus rapidement au tableau d'affichage d'ailleurs, s'exclama Dominique avant de partir en courant, direction le dortoir.

Arthur regarda la petite blonde revenir tout aussi vite, un bout de parchemin dans les mains, crier quelque chose aux élèves entassés devant le panneau qui s'écartèrent comme un seul homme pour la laisser passer.

- Et Moïse sépara les eaux, railla Arthur à leurs côtés.

- Qui ? s'enquit Molly d'un air intéressé.

- Truc de moldu, répondit le jeune Poufsouffle. Je t'expliquerais.

Dominique revint quelques secondes après et se laissa tomber sur un canapé, entre Camille et Anatole, un sourire fier accroché sur le visage.

- Qu'est-ce que tu leur a dis ? s'enquit distraitement Isabel Lowell, plongée dans un magazine de Quidditch.

- Que je devais afficher les sélections de Quidditch, déclara Dominique. Et, apparemment, ils préfèrent le Quidditch au club de duel. J'en ai profité pour tous nous inscrire au club de duel.

- Il faudra quand même que je vérifie que ça colle avec nos emplois du temps, fit Camille qui avait Astronomie le mardi et vendredi soir.

Dominique haussa les épaules avant de sortir un jeu de carte de la poche de sa robe. Pendant plus d'une heure, elle joua en compagnie d'Isabel, Anatole et Camille, perdant chacune des parties. Plus loin, Joana vernissait ses ongles avec application et Molly et Arthur … et bien comme d'habitude ils se fouillaient respectivement la bouche.

- Et si on allait manger ? s'enquit Molly que seule son estomac parvenait à détacher de la bouche d'Arthur.

Les autres septièmes années approuvèrent en chœur, délaissant cartes et vernis à ongles avant de se retrouver dans le couloir du rez-de-chaussée de Poudlard, là où se trouvait leur salle commune. Pourtant, ils ne purent accéder tout de suite à la Grande Salle car James paraissait avoir enfin trouvé le moyen de faire sortir de ses gongs la Préfète en Chef Gemma Lysenko, qui était présentement en train de lui donner un gifle retentissante. Une de ses copines plaqua sa main devant sa bouche, horrifiée avant de tirer Lysenko par le bras. Elles disparurent dans les escaliers alors que James bloquait toujours l'entrée de la Grande Salle, l'air ébahi.

- Et bah, s'étonna Molly en poussant un troisième année pour pouvoir passer, elle est sur les nerfs en ce moment Lysenko.

- Elle a dû avoir un EE au lieu d'un O, se moqua Dominique. JAMES ! Est-ce que ta tête a tellement enflée que tu ne puisse plus passer la porte ? cria t'elle à son intention. Si ce n'est pas le cas, pourrais-tu te déplacer, tu bloques tout le monde.

Son cousin lui fit un geste obscène mais abdiqua finalement. Il disparut lui aussi dans les escaliers, Wil Jordan -son meilleur ami- à sa suite qui se retenait apparemment de rire.

Plus tard, après avoir parlé de longues minutes de cet incident, le ventre repu, Isabel interrogea Dominique d'un air neutre.

- Tu comptes reformer l'intégralité de l'équipe ?

- Et bien, il nous faut un attrapeur, un poursuiveur, un gardien et un batteur, réfléchit Dominique à haute voix. Que … Oh, tu croyais que j'allais te faire passer les sélections ? Non, mais idiote, tu es d'office dans l'équipe !

De l'équipe de l'année dernière, il ne restait qu'elle, qui jouait au poste de Poursuiveur, un garçon de quatrième année au même poste -et qui était v achement doué malgré son jeune âge- et Isabel qui avait une sacrée poigne sous ses airs de frêle jeune fille et qui jouait au poste de Batteur. Et il était hors de question pour Dominique de ne pas garder Isabel qui, d'ailleurs, avait rougi imperceptiblement au compliment voilé de sa capitaine.

- Il nous faut les meilleurs pour battre James et sa clique, soupira la jeune fille. Je ne supporte plus de perdre. Six ans qu'on …

- … a pas gagné la coupe, oui, on sait, coupa Camille qui ne s'intéressait pas vraiment au sport des sorciers.

- Pour ne pas dire qu'on ne l'a jamais gagné, pouffa Joana.

Dominique tira la langue à sa condisciple avant de se concentrer sur son plat de légumes. C'est vrai qu'ils n'avaient jamais gagné la coupe mais en même temps, les équipes de Serpentard et Gryffondor étaient réellement très bonnes. Menées respectivement par James -encore lui- et Isaac Nott -encore lui- au poste d'Attrapeur tous les deux cela faisait six ans qu'ils se partageaient la coupe. Bon, au moins, ils n'avaient rien à craindre des Serdaigle à part s'ils changeaient radicalement la constitution de leur équipe.

- Cette année, ce sera différent.

- Tu dis toujours la même chose.

- Oui, mais cette année ça sera réellement différent. Isabel aide moi, supplia faussement la blonde en battant des cils d'un air aguicheur.

- Hum … je propose la fuite cap'taine !

En pouffant de rire, les deux jeunes filles se levèrent de la table, assénèrent chacune une tape sur la tête de sa voisine, à savoir respectivement Camille et Joana, avant de s'enfuir en courant. Oh, certes elles avaient l'air immatures et quelques élèves les regardaient d'un air septique mais Dominique n'en avait cure. Déjà, c'était bien trop rare que la placide Isabel sorte de sa réserve, ensuite elle s'amusait trop pour ça.

- Attention ! la prévint Isabel, nous sommes poursuivis Cap'taine !

- Mayday, Mayday !

Isabel et Dominique sortirent de la Grande Salle dans un dérapage contrôlé, avant de foncer en direction des cachots, leur salle commune se trouvant sur leur chemin, Camille courant derrière elle en beuglant. Bien évidemment. Joana n'allait pas s'abimer les jambes en faisant un quelconque sport voyons !

- Attention !

- Ben, j'l'ai vu, elle est assez grosse comme ça … Aaaah !

Dominique s'aperçut vite qu'elle ne parlait pas vraiment de Camille qui les avait à présent rejoint en soufflant comme un bœuf mais du Serpentard sur lequel elle venait de foncer. Il s'agissait de Thomas Ayling qui tenait Heather Moorehead à son bras et affichait un air horrifié sur le visage.

- Les Poufsouffle sont vraiment immatures et idiots, soupira cette dernière.

- Hé, tu veux …

- C'est bon Heather, elles s'amusaient juste, marmonna Ayling en esquissant un sourire à l'intention de Dominique.

Isabel déposa un baiser en ricanant sur la joue de son petit-ami, foudroyant du regard la Serpentard qui avait osé dénigrer sa maison.

Pourtant, si Dominique ne répliqua pas -et Merlin savait qu'elle était capable de hurler sur Moorehead-, ce ne fut pas parce qu'Ayling lui avait coupé le sifflet en la défendant mais parce que, derrière lui, il y avait Isaac Nott avec Harriet Moorehead, la deuxième jumelle. Elle ne les avait pas vu, focalisé sur Moorehead numéro un.

Aussitôt, Camille attrapa le bras de Dominique et l'entraina à pas vifs dans le couloir, dépassant sans les regarder les deux Serpentard. Elle entendit Ayling demander à Isabel qui trainait un peu de le retrouver le soir même dans le parc pour aller faire un tour.

Dominique, qui avait bien entendu raconté à Camille que son binôme n'était autre que Nott, la remercia silencieusement pour son réflexe. Depuis le début de l'année, ce dernier l'ignorait toujours royalement et cela convenait totalement à Dominique. Enfin presque.

Non, en fait pas du tout, étant donné qu'elle était terriblement mal à l'aise et se transformait en catastrophe ambulante lorsqu'il fallait passer de la théorie à la pratique. A cause d'elle, ils avaient même loupé plusieurs potions d'une facilité enfantine. Et pourtant, Nott ne lui parlait pas, ne se moquait pas d'elle et ne lui hurlait pas dessus pour tous les A récoltés au lieu de O habituels.

- Ecoute Dom, fit Camille en entrant dans leur salle commune. Il va falloir que tu trouves le moyen de régler ça.

- Et comment ? répliqua la jeune fille en haussant les épaules.

- Tu sais que tu risques de louper ta carrière si tu foires en Potions ? Tu crois vraiment pouvoir continuer tes études avec une moyenne de A ?

- Merci bien, marmonna Dominique en fusillant sa meilleure amie du regard. Je te signale que j'ai tout essayé y'a six ans et c'est hors de question que je me rabaisse à m'excuser pour la cent quatre-vingtième fois. J'ai plus de fierté qu'à douze ans. Et puis, bordel, j'en ai pas envie.

Camille tira sa meilleure amie en direction des canapés de la salle commune, tous pris. Avec un ton qui n'admettait aucune réplique, elle vira quelques deuxième années qui discutaient tranquillement, et se laissa tomber sur le canapé ocre.

- Mais je sais pas, quand je me retrouve à côté de lui, j'pense à ce qu'il s'est passé, grogna Dominique en s'asseyant à son tour, et ça me perturbe complètement. J'ai l'impression d'être une gamine pris en faute et je déteste ça.

- Il faut trouver une solution.

- C'est la deuxième fois que tu le dis, ricana la jeune fille. En fait, t'as aucune idée, c'est ça ?

Camille planta ses yeux noisettes dans ceux de Dominique d'un air éloquent et les deux jeunes Poufsouffle éclatèrent de rire. Pourtant, la situation n'était pas vraiment drôle car c'était la suite de ses études qui en pâtirait si elle ne se reprenait pas très vite.

- Hum, tu pourrais essayer de lui parler pour voir. Après tout, vous vous taisez tout le cours, si ça se trouve, il te répondrait, suggéra Camille en roulant des yeux. Il est peut-être timide ou il se sent bête de ne plus te parler depuis autant de temps.

Dominique manqua d'exploser de rire une nouvelle fois. Nott n'était pas timide et il avait une grande opinion de sa personne déjà à l'époque. Alors, s'il ne lui parlait pas, elle avait intérêt à en faire de même si elle ne voulait pas se prendre un sortilège cuisant au derrière.

Pour la première fois depuis cinq ans, des bribes de leur dispute lui revinrent en tête, lancinantes et accablantes.

- T'es vraiment qu'une fouineuse et, en plus de ça, une idiote. T'as même pas pris la peine de vérifier tes informations.

- Me traite pas d'idiote, et je suis pas une fouineuse, c'est James qui me l'a dit.

- Et tu l'as cru ?

- Ton père c'était un Mangemort.

- Mon père c'était pas un Mangemort.

Elle ferma brièvement les yeux, tentant de chasser les cris qui avaient retentis quelques instants plus tard lors de leur altercation.

- Et même s'il l'était, je ne suis pas mon père. Ca fait deux semaines que tu m'évites et qu'on me regarde comme si j'étais un paria dans ton groupe de greluches.

- N'insulte pas mes amies.

- Tes amies ? Je croyais que c'était moi ton ami.

- Je …

- Laisse tomber, les amis ils te jugent pas sur les apparences, les amis ils te laissent pas tomber à cause d'une rumeur et puis mon père n'était pas un Mangemort. T'es pas mon amie et t'es aussi idiote que tes copines.

- Arrête de …

- Viens plus jamais me parler. De toute façon je ne te répondrais plus. Jamais.

- TRES BIEN !

Et il avait tenu sa promesse. En fait, dès le soir, Dominique avait envoyé un courrier à son oncle Harry Potter afin de se faire confirmer ce que James lui avait dit et, certaine de son coup, elle était tombé des nues lorsque son oncle lui avait révélé que Théodore Nott n'avait jamais porté la marque des Ténèbres et n'avait jamais eu de contact avec Voldemort. Depuis, elle n'avait de cesse de s'excuser mais Isaac ne la regardait même pas, se contentant de passer son chemin comme si elle n'existait pas.

Tout ça pour ça.

- Allez viens, marmonna Nella après avoir donné le mot de passe au heurtoir en forme d'aigle.

Doucement, sa meilleure amie l'empoigna par le bras, et l'accompagna jusqu'à leur dortoir où, heureusement, leurs camarades n'étaient pas. Durant les quelques secondes où Gemma traversa la salle commune, elle eut l'impression qu'on la regardait de travers.

Ce n'était pas étonnant, elle venait de gifler James Potter.

Arrivée dans son dortoir, Gemma se laissa tomber sur son lit, enfouissant sa tête sous son oreiller et lâchant un gémissement plaintif. La jeune Serdaigle sentit la main douce de son amie lui frotter vigoureusement l'épaule, compatissante.

- Et si tu me disais ce qu'il s'est passé ?

- J'ai perdu mon calme, je … je sais pas ce qu'il m'a pris de me donner en spectacle comme ça, marmonna Gemma en se redressant sur ses coudes. Mais je ne regrette pas, Potter a été odieux.

- Raconte.

- Hé, Lysenko ! Tu vas où ?

Les mains dans les poches de son jean -les cours étaient finis pour cette semaine et elle venait de se changer-, les yeux baissés, Gemma tenta d'ignorer James Potter et son acolyte qui, appuyés contre le mur longeant la Grande Salle semblaient attendre quelque chose. Malheureusement, ce dernier fit un pas sur le côté, l'empêchant de passer.

Lorsqu'elle comprit que son geste était intentionnel, Gemma releva les yeux et se fit un devoir de ne plus les baisser. Elle n'était pas lâche, elle n'était peut-être pas une Gryffondor mais elle n'était pas faible. Deux secondes plus tard, pourtant, elle plia face au regard arrogant de Potter.

- Laisse-moi passer, grogna la jeune Serdaigle en amorçant un pas sur la gauche tandis qu'il faisait de même.

Deux semaines qu'elle enchainaient les tours de gardes avec Potter et à chaque fois, elle revenait dans son dortoir parfaitement démoralisée et honteuse. Il n'avait de cesse de se moquer d'elle, prenant des prétextes futiles et elle passait deux heures à tenter de garder son calme et ne pas fondre en larmes. C'était dur pour elle de supporter ses brimades et c'était là qu'elle se rendait compte à quel point elle était encore fragilisé par l'été qui venait de se dérouler.

- Tu sais, tu ne devrais pas bouffer autant, commenta Potter en louchant sur son ventre, tu as déjà assez de réserves.

- QUOI ? Non mais vraiment, quel idiot, s'énerva Nella en commençant à rougir. Potter est vraiment gonflé, tu n'es pas …

- C'est bon, laisse tomber, marmonna Gemma en touchant tristement son petit ventre rebondi.

- Elle a raison tu sais, s'exclama une petite voix venant de la salle de bain. T'es super jolie.

Tandis que les deux Serdaigle se redressaient d'un bon, étonnées d'entendre une voix … masculine dans leur dortoir, Mervin Kalls sortit de la salle de bain, les cheveux mouillés, son air éternellement innocent scotché sur le visage.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama Gemma, affreusement mal à l'aise. Tu n'as pas le droit d'aller dans le dortoir des filles !

- Les douches de mon dortoir ne marchent plus alors Gabriella Mistt m'a fait entré, expliqua Mervin en haussant les épaules comme si la situation était on ne peut plus normale.

- Non mais ça va pas !

Sans ménagement, Gemma agrippa le gamin par les épaules et le traina jusqu'à la porte de leur dortoir, claquant la porte avec hargne. Il ne manquait plus que ça. Le première année avait entendu ses plaintes envers Potter et elle allait devenir la risée de ses camarades s'ils savaient à quel point cela la touchait. Maudit gamin !

- Gabriella Mistt aurait mieux fait de rester à l'infirmerie, fit Nella en retenant un sourire. Pour ce qu'elle sert celle-ci.

Gabriella Mistt avait été soi-disant agressé deux semaines plutôt, arguant que quelqu'un l'avait poussé dans les escaliers, mais aucune des deux septièmes années n'y croyait. Selon Gemma c'était plutôt une feinte pour justifier sa présence hors de son dortoir après le couvre-feu.

Gemma posa son regard sur son amie, les commissures de ses lèvres se remontant doucement.

- Quoi ?

- Est-ce que tu te rends compte qu'un gamin de onze est venu se doucher dans NOTRE dortoir alors qu'il aurait très bien pu demander à des garçons plus âgés ? Il est complètement … taré.

- Hum … en fait je crois que Mervin Kalls en pince pour toi, marmonna Nella en se retenant visiblement de rire.

- Arrête !

Finalement, elles ne purent s'empêcher d'exploser de rire face à l'absurdité de la situation, avant de faire une partie d'échec version sorcier. Le jeu appartenait à Gemma depuis des années et il lui obéissait plutôt bien. Oh, elle aurait pu gagner si ce n'était pas Nella Flint en face d'elle. En fait, ses pions avaient très vite succombé au charme de la blondinette et ils faisaient tout pour lui faire plaisir, en délaissant leur véritable propriétaire.

Mais ce n'était pas très grave. Ce soir elle n'avait pas de ronde à faire, les devoirs attendraient le week-end, et elle avait besoin de se remonter le moral. En fait, l'intervention de Mervin Kalls tombait plutôt bien pour la jeune fille qui n'avait pas été obligée de raconter son altercation avec Potter jusqu'au bout. Nella se serait bien trop inquiétée pour elle sinon.

- Très drôle Potter, rétorqua la Serdaigle en retenant ses larmes. Maintenant, laisse-moi passer.

Comme précédemment, elle esquissa un pas en avant mais il ne paraissait toujours pas vouloir la laisser tranquille. Qu'avait-elle fait au ciel, à Merlin et aux Fondateurs pour qu'ils s'acharnent ainsi sur elle sous la forme de ce crétin de Potter qui ne se rendait même pas compte du mal que cela lui faisait ? Elle avait pourtant été une petite fille sage, attentive en cours et n'avait jamais réellement fait de bêtises. Alors, pourquoi elle ?

- Laisse là James, grommela une voix à ses côtés. Tu vois bien qu'elle est au bord des larmes, t'es vraiment pas sympa.

Sans qu'elle ne le remarque, son altercation avec Potter avait empêché d'autres personnes de pénétrer dans la grande salle et un troupeau s'était formé derrière elle, tout le monde se désintéressant soudainement de son dîner. C'est vrai qu'il était bien plus captivant de voir la Préfète-en-Chef, si calme et si sage, se faire humilier par le Préfet-en-Chef, si intelligent et populaire.

La personne qui était intervenue se nommait Dewi Carlson et elle n'était pas connue pour avoir la langue dans sa poche. Elle était aussi l'une des meilleures amies de James ainsi Gemma prit sa remarque, non pas pour une aide, mais comme une humiliation de plus. Quel besoin de dire qu'elle était au bord des larmes ?

- T'as raison Dewi. Retourne donc pleurer dans les jupes de ta mère Ly…

La gifle était partie toute seule, rapide et douloureuse. Elle laissa une marque sur la joue de Potter alors que Gemma dégainait sa baguette. Elle entendit Nella crier derrière elle -depuis quand son amie était-elle là ?- et l'attraper par le bras, lui faisant remonter les escaliers quatre à quatre.

James Potter n'avait pas le droit de parler de sa mère. Jamais.

- Salut les chéris, marmonna Dominique en baillant avant de s'asseoir à la table des Poufsouffle.

Encore une fois, elle était la dernière. Pourtant, il n'était que dix heures en ce samedi et les autres auraient pu profiter d'une de leurs rares grasses matinées. Mais non, la seule marmotte de leur année, c'était elle et la jeune Weasley devait supporter leurs moqueries amicales, comme d'habitude.

- Et bien Cap'taine, on oublie les sélections ?

- Les sélections ! Ah oui c'est vrai, marmonna Dominique en se frottant les yeux. Les sélections de quoi d'ailleurs ?

- Je sais pas, vu que tu es Capitaine dans beaucoup de club ça m'a échappé, railla Isabel en grignotant une tartine de confiture.

- Quoiiii ? Les sélections de Quidditch ? couina Dominique. C'est aujourd'hui ?

- Ben, c'est toi qui l'a décidé, lui apprit Camille qui feuilletait distraitement un bouquin moldu.

- Ah.

A ce moment-là, Dominique se souvint de la marrée humaine qui cachait le tableau d'affichage la veille au soir et comment elle avait rusé pour pouvoir passer en première : les sélections de Quidditch.

Une étincelle de compréhension traversa ses yeux et elle se dépêcha de beurrer son toast.

- J'ai mis quelle heure ? s'enquit la jeune fille.

- Oh, sept heures, ricana Isabel.

- Sept heures ? Ce soir ?

- Non, sept heures du matin.

- Mais c'est n'importe quoi, jamais je …

- Si elle te le dis, la coupa Camille. Mais, je te rassure, ni Isabel ni l'autre Poursuiveur ne t'ont cru. Mais j'ai vu des Poufsouffle en tenue se diriger vers le stade ce matin.

Dominique esquissa un sourire moqueur en songeant à ces Poufsouffle qui allait attendre encore quelques minutes avant de la voir arriver et qui devait sûrement se geler. On était qu'en Septembre mais il ne faisait pas chaud en Ecosse, et surtout pas à dix heures du matin.

- Hé Dom', dépêche-toi quand même, si tu ne veux pas qu'ils te détestent avant même les entrainements, lança un petit garçon fluet de l'autre côté de la table qui écoutait apparemment leur conversation.

Dominique adressa un grand sourire à Abel McKinley qui terminait de déjeuner à la table des Poufsouffle en compagnie de ses amis. En quatrième année, cela faisait deux ans qu'il jouait au poste de Poursuiveur et ce gamin était vachement doué pour son âge. Il irait loin et, avec beaucoup de travail, il pourrait même prétendre à une carrière de Poursuiveur dans une équipe nationale. En tout cas, c'était lui qu'elle conseillerait à Scott -leur professeur de Sortilège et Directeur de Maison- pour la remplacer l'année prochaine.

- Mais c'est le but mon cher, c'est le but.

Les septièmes années de Poufsouffle terminèrent tranquillement leur petit déjeuner avant de se séparer. Joana et Anatole décidèrent d'avancer un devoir de Métamorphose assez ardu, Molly et Arthur rentrèrent dans la salle commune dans le but de se fouiller les amygdales -d'après Camille-, et cette dernière, Isabel et Dominique se dirigèrent vers le stade de Quidditch.

Sa meilleure amie, venue en fidèle supportrice, avait raison. Il y avait une bonne vingtaine de personnes qui faisaient le pied de grue devant le stade de Poudlard et, parmi eux, la moitié fusillèrent Dominique du regard alors qu'elle arrivait nonchalamment vers eux. L'autre moitié en mourrait sûrement aussi d'envie mais n'osèrent pas.

Pendant quelques minutes, aidée par Isabel et McKinley qui les avait rejoint en sautillant d'un air joyeux, elle distribua quelques balais de l'école à chacun, en profitant pour récupérer son vieux Nimbus dans son casier. Puis, elle rassembla tout le monde dans le stade.

- BIEN, couina la jeune Poufsouffle pour obtenir le silence. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Dominique Weasley et je suis le capitaine de cette équipe. Eux, c'est Isabel Lowell et Abel McKinley et ils sont d'office dans l'équipe parce qu'ils sont doués. D-o-u-é, c'est le mot d'ordre. Alors, ceux qui ne savent même pas enfourcher un balai retournent jouer aux Bavboules, ceux qui préfèrent bailler aux corneilles rentrent au dortoir, et ceux qui ne sont pas motivés s'en vont immédiatement. Cela fait six ans que Poufsouffle n'a pas gagné la coupe et je vous jure que je ne m'en irais pas d'ici sans l'avoir au moins tenue en main.

La jeune fille, essoufflée par ce long monologue, se permit une pause et croisa le visage mutin de Camille qui, accoudée contre la porte des vestiaires, paraissait ravie de ce discours.

- Je vous préviens tout de suite que je ne tolère pas l'imperfection. Avec moi, vous allez souffrir. Je vous ferez courir comme vous n'avez jamais couru, je surveillerais le moindre de vos repas, et vous allez bouffer des entrainements comme c'est pas possible. Je veux cette coupe et je l'aurais. C'est compris ?

Parce qu'aucun n'osa contredire la capitaine avant les sélections, tous les joueurs hochèrent la tête, certains plus sincèrement que d'autres.

- Super. Bon, maintenant, ceux qui viennent pour le poste d'attrapeur, à droite, reprit la jeune fille alors que quelques Poufsouffle se décalaient. Les batteurs à gauche, les Poursuiveurs au milieu, et les Gardiens, en arrière.

Un peu désappointée, la jeune fille remarqua qu'il y avait un certain déséquilibre entre les postes visés. En effet, la plupart préféraient viser les postes d'attrapeur et de poursuiveurs libres plutôt que ceux de batteurs et gardien. Tant pis, elle n'avait plus qu'à espérer qu'il y ait de nouveaux talents dans chacun des groupes.

Dominique tourna la tête vers Isabel et McKinley qui trainaient la lourde malle renfermant les balles de Quidditch et hocha la tête en signe d'approbation.

- C'est parti !

- Tu cours où comme ça James ? s'enquit une voix claire.

James Potter qui s'apprêtait à sortir de la salle commune des Gryffondor sursauta, tournant la tête dans tous les sens. Il comprit d'où provenait la voix féminine qui l'avait interjeté quelques secondes auparavant lorsqu'il repéra une chevelure brune cachée derrière le dernier numéro de la Gazette du sorcier.

Dewi Carlson était la plus belle fille de Poudlard. Oh, bien sûr, il y avait aussi sa cousine Molly ou Nella Flint -cette Serdaigle plutôt timide- qui se trouvaient plutôt bien pourvues, mais la Gryffondor, c'était autre chose. Dotée d'une chevelure brune descendant un peu en dessous de sa poitrine, d'un adorable minois aux traits fins et de deux grands yeux verts d'eau, Dewi Carlson pouvait se vanter de faire se pâmer n'importe quel mâle de Poudlard. Même ceux qui les préférait avec moins de seins et plus de poils.

- Les sélections de Poufsouffle ont dû commencer. Je voudrais y jeter un petit coup d'œil.

Aussitôt, Dewi laissa tomber la Gazette et le rejoignit en quelques enjambées. Capitaine de l'équipe de Gryffondor et attrapeur depuis sa deuxième année, James ne voulait en aucun cas manquer ces sélections. Non pas que l'équipe des Poufsouffle soit particulièrement inquiétante pour lui -contrairement aux Serpentard qui étaient leurs plus féroces adversaires- mais il voulait quand même garder un œil sur sa cousine qui était bien capable de composer une équipe digne de ce nom cette année.

- Un gamin de Poufsouffle m'a dit que les sélections étaient à sept heures, tu es un peu en retard, lui apprit la jeune fille alors qu'ils passaient le tableau de la Grosse Dame.

- On voit que tu ne connais pas ma cousine. Crois-moi, elle n'a pas du descendre de son dortoir avant dix heures.

Dewi hocha la tête, apparemment songeuse. Pendant plusieurs minutes, ils traversèrent le château, parfois interpellés par d'autres élèves qui venaient les saluer. C'était le prix à payer pour la célébrité, songea James, d'humeur cynique.

- Tu sais, il parait qu'Ayling abandonne son poste de batteur cette année, reprit Dewi alors qu'ils passaient la grande porte.

- Ayling ? Sérieusement ?

Et ça, c'était une bonne nouvelle. Dotée d'une force et d'une précision à toute épreuve, le jeune homme pouvait se vanter d'avoir envoyé à l'infirmerie plusieurs joueurs de son équipe en quelques années et de les avoir salement amochés.

- Comment tu sais ça ?

- Oh, on me l'a dit. On me dit beaucoup de choses tu sais.

- Ce qui veut dire ?

Cela ressemblait plus à un reproche qu'à une information de la part de Dewi. Bien évidemment qu'il connaissait sa réputation. Son amie connaissait tout ce qui se passait à Poudlard et, ce, grâce à un réseau social soigneusement étudié depuis des années. Bref, en gros, au niveau commérage, Dewi était la meilleure.

- Tu devrais arrêter d'emmerder Lysenko.

- Allons bon. Je me disais bien que ton intervention d'hier n'était pas anodine. Tu peux me dire ce qui s'est passé pendant les vacances ? Tu ne donnais pas dans la charité l'année dernière.

Un peu septique, il regarda Dewi hausser les épaules nerveusement, manquant de se casser la figure à cause d'un obstacle invisible.

Et puis, emmerder Lysenko était un bien grand mot. Il ne l'emmerdait pas, il la taquinait.

Il fonctionnait comme ça James, la moquerie et le cynisme étaient ses plus fidèles amies. Il ne comptait même plus les fois où il avait raillé Dewi à cause de son postérieur rebondi alors que ça ne l'aurait pas gêné d'y poser ses mains, sur ses fesses. Malheureusement, elle avait toujours refusé ses nombreuses avances. Quoi ? Ce n'était pas parce qu'on était ami avec une fille qu'on ne pouvait pas avoir des idées déplacées. Et puis, franchement, Dewi était canon.

Bref, il n'emmerdait pas Gemma Lysenko. Enfin, jusqu'à hier. Parce que James Potter et son égo n'avaient pas digéré la gifle retentissante qu'elle lui avait assené en public.

- Tu vas un peu trop loin.

- Non mais je rêve, rétorqua James en lui tendant son bras pour ne pas qu'elle tombe sur le sentier sinueux. Je te signale quand même qu'elle m'a frappé hier.

- Ecoute, tu fais ce que tu veux, répondit Dewi en refusant son aide. Tu as toujours fais ce que tu veux de toute façon. Je te dis juste de ne pas aller trop loin. C'est pour toi, je m'en fous de cette fille. C'est juste qu'elle est … elle a l'air assez instable en ce moment et, à mon avis, tu ne devrais pas pousser plus.

Wahou, il se passait quelque chose de bizarre. Il connaissait Dewi depuis ses onze ans et jamais, ô grand jamais, elle ne s'était permis de lui faire des leçons de morales. Même quand son petit frère avait été réparti à Serpentard et qu'il avait passé toute une année à le lui faire regretter. Même quand il avait eu sa période je-change-de-fille-comme-de-chemise lors de sa cinquième année. Alors, juste pour ça, James trouvait ça exagéré. Dewi n'était tout simplement pas comme ça. Du moment qu'il lui foutait la paix, elle en faisait de même.

C'était étrange.

- Boooon, Potter, tu bouges ton petit cul bien roulé ? J'aimerais bien voir ces sélections moi, s'exclama Dewi en lui assenant une tape sur l'épaule. Et la tronche de ta cousine quand elle verra que tu viens l'espionner.

Carrément étrange même.