Encore un gros merci à TCR (J'aime tes reviews, vraiment, et quels encouragements ! C'est dommage que tu ne sois pas inscrite, j'aurais pu te répondre plus longuement ... En tout cas : merciiiii !). Les autres, soyez pas timides je sais que vous êtes là aussi :)
Bonne lecture !
J'suis pas mauvaise, j'suis juste dessinée comme ça
Jessica Rabbit
La semaine de retenue de Dominique passa lentement, comme à reculons. Et pourtant, ses journées étaient chargées. Entre les cours, les cours de Duels, les retenues et les entrainements de Quidditch, elle ne savait plus où donner de la tête.
Et il y avait eu ce cours de Potions, vendredi matin, qui lui avait miné le moral, une fois de plus.
Le cours commençait déjà mal. Déjà, elle confondit les morceaux de pattes d'acromentule avec les morceaux de pattes d'araignée normales -qui n'étaient vraiment, mais alors vraiment pas semblables-, touilla ensuite la cuiller une fois de trop dans le chaudron et, après avoir éternué au dessus de la potion, décida de bouder jusqu'à la fin du cours. Ce n'était pas sa faute ! Isaac, même s'il ne lui avait fait aucun commentaire, la rendait décidemment trop nerveuse et apparemment incapable de produire une potion correcte.
Le coup de grâce émana d'Assem en personne, qui les convoqua tous les deux à la fin du cours. Debout devant son professeur qui mesurait bien vingt centimètres de plus qu'elle -un peu comme tout le monde en fait- elle se sentait vraiment toute petite -ce qui était le cas-. Avec son regard sévère et son air revêche, Dominique se rendait bien compte que son professeur de Potions n'était pas vraiment satisfaite d'elle et le sermon auquel elle allait avoir droit la vexait d'avance.
- Est-ce que je pourrais savoir pourquoi est-ce que vous osez me rendre cette horreur, fit Assem en désignant d'un air dégoûté la fiole au liquide violet qu'elle tenait alors que la potion calmante qu'ils préparaient aurait dû être rose pâle, alors que vous êtes mes meilleurs élèves ? Avec une moyenne de O tous les deux depuis des années, j'espérais que …
Ainsi c'était pour ça qu'elle l'avait collé avec Isaac ? Et bien, ce n'était pas la meilleure idée qu'avait eu Assem. Même avec ce maladroit d'Ayling, elle arrivait à mieux.
- … que vous mettiez à profil votre talent pour faire encore mieux. Et, depuis trois semaines, je n'arrive pas à vous mettre plus que A. Et encore, j'ai été assez indulgente avec vous jusqu'ici. Alors, Weasley, Nott, j'attends vos explications.
Dominique grogna en baissant la tête sachant bien qu'il était inutile de tergiverser. De toute façon, que voulait Assem ? Qu'elle lui dise que son binôme ne lui convenait pas ? Pfft, elle allait se moquer d'elle et lui expliquer par a+b qu'elle était stupide. A ses côtés, Isaac paraissait avoir adopter la même technique sauf que lui, il ne baissait pas la tête mais regardait d'un air neutre sa directrice de maison.
Après s'être fait sermonnée pendant plus de dix minutes, Dominique put enfin quitter les cachots, passablement de mauvaise humeur. Tandis qu'elle se dirigeait vers sa salle commune, n'ayant plus cours, et que, Nott la suivait de loin, la jeune Weasley ne put s'empêcher de se retourner vers lui.
- Crétin, lança t'elle les sourcils froncés.
Avant de s'éloigner à grands pas, les mains fourrées dans sa poche. Dominique n'était pas une grande courageuse.
Le vendredi soir, les groupes pour le cours de Duel furent affichés dans la salle commune. Après s'être frayé un chemin jusqu'au panneau d'affichage, la mâchoire de Dominique manqua de se décrocher lorsqu'elle se rendit compte quel élève avait son nom posé à côté du sien.
Merlin ne l'aimait pas beaucoup en ce moment.
En revenant vers ses amis qui, eux, attendaient que la masse de Poufsouffle soit partie pour découvrir leur propre binôme, la jeune Poufsouffle adopta une mine dépitée et battit férocement des paupières. Digne de plus grandes tragédiennes.
Elle se laissa ensuite tomber sur le canapé, entre Molly et Arthur, la main sur le front comme si elle allait s'évanouir. Isabel Lowell leva les yeux au ciel.
- Qui ?
- C'est affreux, marmonna Dominique en s'agrippant au bras de Molly qui esquissa un sourire. Je vais jamais m'en sortir. Préparez mon linceul dès maintenant.
- Oh, allez, ça ne doit pas être si horrible que ça, soupira Isabel qui n'était pas dupe.
- Oh que si. Je suis avec Gemma Lysenko.
Plus loin, dans la salle commune des Serdaigle
Gemma rentra de la bibliothèque vers dix-huit heures pour rejoindre Nella qui avait cours d'Etude des Moldus à cet horaire-là. Pendant plus de deux heures, elle avait profité de ses heures libres pour avancer dans ses devoirs et, enfin, mettre un point final à un devoir d'Histoire de la Magie qui, elle le savait, lui rapporterait un O.
Lorsqu'elle passa le heurtoir en forme d'aigle qui ouvrait l'accès à la salle commune des Serdaigle, un étrange attroupement s'était formé devant le tableau d'affichage. Elle se souvint alors que Wiertz leur avait promis d'afficher les groupes pour le cours de duel en fin de semaine. Cela devait être ça.
Croisant les doigts dans son dos pour avoir été répartie avec son amie Nella Flint, Gemma s'engouffra dans la cohue, parvenant, non sans mal à trouver son nom parmi la longue liste d'élève.
Gemma Lysenko et …, marmonna la jeune fille en suivant du doigt la ligne qui l'intéressait, … Dominique Weasley.
Gemma ravala difficilement sa salive, se demandant ce qu'elle avait bien pu faire à Merlin en ce moment pour qu'il soit aussi peu sympathique avec elle. Déjà, elle se tapait Wil Jordan en Potions, Potter pour les rondes et, maintenant, Weasley quatre heures par semaines ?
Elle n'aimait pas Jordan parce qu'il était idiot et immature, elle n'aimait pas Potter parce qu'il était arrogant et méchant. Mais si elle n'aimait pas Dominique Weasley c'était parce que cette peste était à l'origine de son problème. C'était elle qui avait dit à tout le monde, et donc à l'intéressé, qu'elle avait craqué sur -beurk- Potter. Gemma ne savait pas vraiment comment elle l'avait apprit mais la tenait responsable de tous ses malheurs. Et elle l'était. Weasley était une Poufsouffle superficielle et, pire encore, elle prenait la vie comme un jeu.
Elle s'était bien rendue compte de ce que cela avait entrainé pour elle, non ? Toutes ces larmes, ces moments passés à fuir Potter l'année dernière parce qu'elle ne se sentait pas capable d'affronter son regard après son humiliation, elle s'en rendait compte n'est-ce pas ? Et, apparemment, cela ne lui faisait rien. Jamais elle ne s'était excusée.
Elle n'allait pas tenir toute une année avec Weasley comme binôme quatre heure par semaines. Impossible.
- Mince, marmonna Nella en lui attrapant le bras. Je suis avec Wil Jordan.
Gemma sursauta, elle n'avait pas vu son amie arriver. La mine dépitée de cette dernière lui arracha un sourire timide -Nella détestait autant Potter et son acolyte qu'elle- et elle s'agrippa à son étreinte.
- Et moi avec Dominique Weasley. On va se jeter du haut de la tour d'Astronomie ?
- C'est too much, très chère. Jettons-les eux plutôt, rétorqua Nella dont les pommettes étaient devenues rouges.
Après s'être accordées moult paroles de réconfort, les deux jeunes Serdaigle descendirent déjeuner et Gemma eut la surprise de voir qu'Hemwould était sorti de l'infirmerie. Assis à la table de sa maison, le gamin de première année était entouré par une foule d'élèves et racontait à qui le voulait son aventure. On sentait bien qu'il était heureux de l'attention dont il faisait l'objet et parlait avec une grande gestuelle.
- On dirait qu'il va mieux, sourit Nella avec gentillesse.
Gemma haussa les épaules même si elle se réjouissait pour le gamin de sa sortie de l'infirmerie. D'après ce qu'elle savait, le coupable n'avait pas été retrouvé et ne le serait sûrement jamais. C'était dommage pour le Gryffondor dont l'agresseur ne serait jamais puni mais Hemwould paraissait tirer profit de cette soudaine popularité. C'était bien pour lui après tout.
- Au fait, ton père va bien ? s'enquit son amie en se servant une petite portion de légumes et quelques pommes de terre.
- Oui, je crois, répondit Gemma un peu hésitante comme à chaque fois que l'on abordait le sujet de ses parents. Il travaille beaucoup en ce moment et la dernière fois qu'il m'a écrit remonte à la semaine dernière. En plus True se fait vieille alors on ne peut pas lui imposer de longs voyages si souvent.
- Tant mieux.
Elles discutèrent encore quelques instants du travail de son père au Ministère de la Magie -il était assistant dans le département des Jeux et Sports Magiques et sa motivation des derniers mois lui laissait croire à une promotion imminente-, tout en mangeant de bon cœur. Puis, à son plus grand soulagement, Nella embraya sur le dernier cours d'Histoire de la Magie, auquel elle n'avait rien compris. Pendant plus d'une demi-heure, Gemma se fit un devoir de lui expliquer toutes les subtilités de la sixième guerre des Gobelins en Orient que Binns ne savait vraiment pas mettre en avant. Le professeur avait une voix tellement monocorde que son cours n'était que soupirs et lassitude, alors que c'était réellement passionnant.
- Je vais faire un tour à la bibliothèque, avant d'aller en Astronomie, marmonna Nella en se levant précipitamment à la fin du repas. Je crois que j'ai oublié un détail dans mon devoir. On se voit ce soir si tu ne dors pas encore.
Suite à ça, Gemma retourna à la salle commune, prête à passer une soirée seule. Elle avait l'habitude maintenant et ça lui permettait d'avancer dans ses devoirs. Pourtant, une fois dans la grande salle cosi, la vue de Mervin Kalls affalé dans un fauteuil, l'air étonnement maussade, changea ses plans.
En accord avec Nella, le surnom de Mr Catastrophe avait été définitivement adopté pour le gamin de première année. Sans qu'elle ne sache comment, il avait un don certain pour se fourrer dans les ennuis et il ne se passait pas deux jours sans que Gemma ne doive l'y en sortir. Il y avait eu la fois où il avait enfermé les filles de son année dans leur dortoir sans faire exprès -tu parles-, celle où il avait dégringolé tous les escaliers de la tour des Serdaigle, celle où un oiseau de la volière avait décidé de le poursuivre où qu'il aille. Sans compter les portes qu'il se prenait quotidiennement en pleine face, les obstacles invisibles sur lesquels il trébuchait souvent et les doigts qu'il se coinçait dans les fenêtres.
Pourtant, Gemma s'était attachée à Mervin et, ce, en très peu de temps. Il n'était pas méchant, seulement un peu agaçant avec sa manie de l'appeler chef et, contrairement à ce qu'elle avait cru, très intelligent. La preuve, il avait été le premier de sa promotion à maitriser le sortilège de lévitation.
Ce soir-là, le première année n'avait pas le sourire et, ça, c'était réellement étonnant lorsqu'on le fréquentait quotidiennement.
- Tu as reçu de mauvaises nouvelles ? l'interrogea la jeune fille en remarquant qu'il froissait méthodiquement un bout de parchemin entre ses mains.
Mervin sursauta, apparemment il ne l'avait pas senti s'asseoir sur le rebord du fauteuil. Il haussa les épaules, dépité avant de grimacer.
- C'est mes parents, avoua-t-il finalement. Mais j'ai pas très envie d'en parler.
Pourtant, son petit air implorent criait le contraire. Empathique, Gemma pressa l'épaule du gamin, lui indiquant qu'il pouvait se confier sans peur. Son statut de Préfète-en-Chef n'était pas là que pour faire joli. Son rôle ce n'était pas seulement accompagner les nouveaux à la salle commune à chaque répartition mais les supporter à chaque étape de leur scolarité et les soutenir quoi qu'il se passe. La jeune Serdaigle, fille unique, prenait très au sérieux ce rôle que l'on pourrait qualifier de grande sœur.
- Bon d'accord, abdiqua le garçon. En fait mes parents ont divorcé avant ma naissance et ils ne s'entendent pas très bien. Ma mère voulait que je vienne chez elle, à Londres, pour les vacances mais mon père veut qu'on parte dans le sud de la France. Le truc, c'est que je suis obligé d'aller avec mon père à cause du juge mais j'ai pas vraiment envie de faire de la peine à ma mère. En plus, ils s'étaient mis d'accord, je suis sûr qu'il le fait exprès juste pour l'embêter.
- Juste pour l'embêter, tu n'exagères pas un peu ? sourit gentiment Gemma, néanmoins compatissante.
Mervin se dégagea de son étreinte, la fusillant du regard, à tel point que la Serdaigle baissa les yeux honteuse. Avant de lui jeter, elle aussi, un regard noir. Elle n'allait pas se sentir coupable devant un gamin de onze ans, aussi attendrissant soit-il.
- Mon père déteste ma mère, grommela-t-il, je le sais mieux que toi quand même.
- Euh, oui, si tu le dis.
- Ce n'est pas la première fois. Et comme je suis la seule chose qu'ils ont en commun, c'est moi qui me retrouve au milieu de tout ça. En plus j'ai vraiment pas envie de partir avec mon père, parce qu'il y a ma belle-mère et qu'elle ne m'aime pas trop. Elle dit que je suis pas vraiment normal.
- C'est une moldue ?
- Ouais, et mon père aussi, je suppose que je lui fais un peu peur.
Gemma poussa un grand soupir, se rendant finalement compte de la situation compliquée dans laquelle se trouvait son camarade. Ce n'était pas facile, à onze ans, de voir ses parents se déchirer et se disputer pour pouvoir l'accueillir pendant les vacances. Elle imaginait sans peine qu'il devait se sentir coupable de faire de la peine à l'un ou à l'autre, d'où sa mauvaise humeur.
- Ca va aller, marmonna la jeune fille en lui tapotant maladroitement sur l'épaule.
- T'es vraiment nulle pour consoler les gens chef, répondit Mervin en la regardant d'un drôle d'air.
Le gamin glissa néanmoins sa main dans la sienne, l'air heureux qu'elle se préoccupe tout de même de lui. Furtivement, un sourire naquit sur son visage et il glissa le parchemin froissé dans la poche de son uniforme.
- On va faire un tour dans le parc ?
- Elle est bizarre en ce moment Dewi, marmonna James alors que son amie sortait de leur salle commune, cinq minutes avant le couvre-feu, sans prendre la peine de les saluer.
Assis dans un plateau d'échec, James tentait de ne pas perdre la troisième partie d'affilée qu'il jouait avec Wil Jordan, son meilleur ami. Ce n'était pas très bien parti et, d'ailleurs, il se demandait pourquoi il jouait encore avec lui. La logique du métis lui échappait totalement et, d'ailleurs, il avait un jeu très disparate mais James gagnait rarement. Et il n'aimait pas perdre.
- Elle doit avoir un nouveau mec, répondit Wil en avançant un pion.
- D'habitude, elle nous le dit, opposa James en avançant à son tour un pion que Wil n'eut aucun mal à lui prendre au tour suivant.
- Sauf si c'est un Serpentard.
- Un Serpentard ? s'exclama James en fronçant les sourcils. Elle est déjà sortie avec un serpent ?
- Tu serais étonné, sourit Wil.
- Et pourquoi elle ne me l'a jamais dit ?
- Peut-être parce qu'elle savait que tu le prendrais mal. T'es pas connu pour être très tolérant avec les Serpentard.
N'importe quoi. James était super sympa avec les verts et argents, la preuve, il n'avait plus attaqué son petit frère depuis sa quatrième année et lui fichait la paix avec une bonne volonté peu commune. Bon, si Albus échappait à sa haine des Serpentard, ce n'était pas le cas de tous. Avec Wil, ils avait lancé un Tarentagrella à un gamin de quatorze ans le matin même. Il avait eu l'audace de l'appeler Jammy.
Non, sérieusement, Dewi était bizarre. Il n'était pas rare qu'elle passe la soirée hors de leur salle commune mais son air préoccupé et cette façon de les ignorer n'était pas habituels. Est-ce que son amie avait des ennuis ?
Et puis, la scène qu'elle lui avait fait la dernière fois en lui demandant de laisser Lysenko tranquille lui restait encore en travers de la gorge.
Lysenko, cette idiote, qui avait encore baissé dans son estime le soir où ils avaient trouvé Hemwould contre le mur des cachots et n'avait pas su réagir correctement. Et pendant ce temps, Dominique agonisait. Bon, il exagérait peut-être, sa grand-mère disait toujours que la mauvaise graine était increvable. Toujours est-il que c'était lui qui avait été obligé de faire demi-tour pour prévenir un Professeur. Heureusement qu'il avait été là parce que ce n'était pas Lysenko, plantée devant le gamin, les yeux grands ouverts -d'ailleurs elle avait l'air un peu tarée comme ça- qui aurait pu changer la donne.
- Une autre partie ? s'enquit Wil avec un grand sourire.
- Même pas en rêve, conclut James en le fusillant du regard.
oOoOoOoOo
- Je veux pas y aller, chuchota Dominique en s'agrippant à l'épaule de Camille Teyssier. C'est pas juste, pourquoi t'es avec Arthur toi ?
Ce soir-là, c'était le premier cours de Duel avec le binôme désigné par Wiertz (elle le retenait celui-là) et Dominique mettait un point d'honneur à rester près de sa meilleure amie le plus longtemps possible. Elle avait déjà repéré Lysenko au milieu de la foule et celle-ci n'avait pas eu l'air ravie de la voir. Peut-être espérait-elle que Dominique se soit enfuie en courant à l'annonce de son binôme.
- Parce que je suis gentille et aimable, alors Merlin me remercie, répondit Camille en lançant un coup d'œil à Arthur Lowe, son binôme.
- J't'en pris, t'es pas un cadeau non plus, marmonna la Poufsouffle.
- Quoi ? Non mais attends, je rêve. Je suis la plus belle rencontre de ta vie, celle qui égaye tes journées depuis six ans, presque sept. Sans moi tu ne serais rien Dominique Weasley, rien tu m'entends ?
A croire que c'était à cause de leur don pour la comédie que Dominique et Camille étaient aussi proches.
Le professeur Wiertz entra dans la Grande Salle et Dominique serra une dernière fois son amie dans ses bras tandis que Molly en faisait de même avec Arthur, au cas où il s'échappe pendant ces deux heures de cours.
Tout en se rapprochant à reculons de Gemma Lysenko, la jeune Poufsouffle regarda brièvement autour d'elle. Certains avaient eu de la chance, telles Joana et Isabel qui étaient ensemble, comme Camille et Arthur. D'autres paraissaient mal à l'aise face à leur binôme comme Dewi Carlson de Gryffondor qui se retrouvait avec Heather Moorehead -une sacrée peste-. Et certains duos promettaient d'être mouvementés comme celui que formait James et Isaac Nott.
La jeune Poufsouffle hocha la tête pour tout signe de salut lorsqu'elle se retrouva en face de Lysenko et la Serdaigle le lui rendit, apparemment à contre cœur.
- Bonsoir à tous, lança le Professeur Wiertz, la voix résonnant dans toute la grande salle grâce au Sonorus. Tout le monde a trouvé son partenaire ? Bien. Comme vous l'avez sans doute remarqué, j'ai formé des binômes de niveau disparate et, ce, afin de renforcer les capacités de certains et d'adapter la manière de combattre d'autres. Les premiers cours serviront à faire des duels entre binômes, puis, nous feront quelques combats à deux contre deux. Pour aujourd'hui, je vous demande de ne lancer que des sortilèges mineurs, bien entendu et, à la fin de la séance, j'attends de vous que vous trouviez la faiblesse de votre partenaire. Connaitre son adversaire est le meilleur moyen de le vaincre. C'est compris ?
Tous hochèrent la tête en signe d'approbation, ou firent semblant. Il n'y avait pas que le professeur Wiertz dans la Grande Salle et Dominique se rendit compte que Mlle Assem se dirigeait vers le fond de la salle, là où étaient habituellement placés les septièmes années. Ils devaient surveiller que le cours de Duel ne dégénère pas.
En tout cas, c'était bien la veine de Dominique de se retrouver avec la meilleure élève en Sortilèges de toute leur promotion. Lysenko avait-elle une faiblesse d'ailleurs ?
A la fin de la séance, la jeune Poufsouffle en vint à la conclusion qu'elle ne pourrait jamais vaincre Gemma Lysenko dans un quelconque combat. Même si elle lui bandait les yeux. Elle était vraiment trop rapide et enchainait les sortilèges avec une ardeur sans comparaison. Bref, après s'être fait désarmée trois fois et avoir pris un sortilège de mutisme en pleine poire, Dominique décida de bouder.
Autour d'elle, Camille avait réussi à désarmer Arthur mais il n'avait pas l'air très motivé à lancer un sortilège à son amie. Isabel et Joana discutaient tranquillement tout en s'attaquant mollement lorsqu'un des professeurs s'avançait vers elles.
Non, le seul combat intéressant se trouvant à proximité -mis à part son cousin Albus qui venait d'enfoncer sa baguette dans la narine d'un de ses camarades rouge et or, apparemment excédé- était celui officié entre James et Nott.
Il existait une vieil rivalité entre les deux Attrapeur des équipes de Gryffondor et Serpentard qui révélait toute son ampleur pendant ce cours. Bon, en vérité, d'après les souvenirs qu'elle avait de sa première année, Isaac Nott ne pouvait pas piffrer James qu'il trouvait arrogant et hautain. Et James ne pouvait pas piffrer Isaac qu'il trouvait arrogant et hautain.
Son cousin mettait toute son énergie dans ce combat, gesticulant beaucoup pour rien, contrastant avec le stoïcisme à toute épreuve de Nott. Ce dernier lui envoya d'ailleurs un Petrificus Totalus, l'air agacé par la prestation de James, qu'il évita seulement par un coup de chance. Il avait fait un pas sur le côté. Son cousin contre-attaqua avec un Tarentagrella bien placé et les jambes du Serpentard se mirent à danser.
Elle se permit un petit rire moqueur qui fut aussitôt stoppé par la voix agaçante de Gemma Lysenko, qu'elle avait complètement oublié pendant ces quelques secondes passées à regarder ses camarades.
- Tu fais quoi, au juste ? On est censées s'entrainer je te signale.
Agacée, Dominique lui envoya un Expelliarmus bien placé. Enfin. Le sortilège était tellement faible qu'il avait disparu plus d'un mètre avant la Serdaigle qui la regardait d'un air dégoûté.
- C'est pas en t'énervant que ça marchera.
- C'est pas en t'énervant que ça marchera, répéta la Poufsouffle de façon totalement immature. Je ne m'énerve pas d'abord et, ensuite, ça marche très bien, d'habitude.
Lysenko la regarda comme si elle était totalement stupide et elle ne put s'empêcher de détourner le regard. C'était idiot comme sensation mais elle avait l'impression d'être une gamine prise en faut par une grande sœur particulièrement agaçante. Enfin, une grande sœur. Heureusement que Victoire n'était pas comme ça, elle l'aurait déjà étranglée.
- Et bien si ça marche d'habitude, pourquoi pas maintenant ? lança triomphalement la jeune Serdaigle.
- P'tet que c'est toi le problème en fait.
- Moi ? Et pourquoi ça serait moi ? De nous deux, c'est toi le problème à ce que je sache !
- Moi, et pourquoi donc ? s'exclama Dominique, interloquée.
- Parce que tu es une affreuse petite …
Lysenko referma soudainement la bouche et Dominique se rendit compte que les duos les plus proches s'étaient arrêtés de combattre et les regardaient avec attention. Sans qu'elles ne s'en rendent compte, le ton avait augmenté de quelques décibels.
- Un problème Lysenko ? s'enquit son cousin James quelques mètres plus loin tandis que son binôme -Nott- le fusillait du regard tout en louchant vers sa baguette.
Le Serpentard hésitait apparemment à profiter qu'il était de dos pour lui lancer un sort.
- Te mêle pas de ça toi, rétorqua Dominique tandis que Lysenko détournait le regard.
James abdiqua seulement parce que Nott s'était finalement décidé à lui envoyer un sortilège de confusion. Pour la première fois depuis très longtemps, elle remercia mentalement le Serpentard. James n'avait pas à se mêler de ça et la folle manie de l'ensemble de sa famille à la protéger comme si elle avait deux ans commençait à l'agacer. Lysenko avait décidé d'être désagréable avec elle pour une quelconque raison, c'était à elle de régler ça.
Ce fut à ce moment que la Serdaigle décida d'en finir avec le combat qu'elles menaient, lui envoyer un Petrificus Totalus qu'elle n'avait pas vu venir. Pour la quatrième fois, Dominique tomba sur le sol dur de la grande salle.
La fin du cours fut une torture pour la jeune fille qui, guidée par la colère, n'arrivait pas à placer un seul sortilège correctement contrairement à Lysenko.
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Une heure plus tard, Gemma était de retour dans son dortoir, sans même avoir attendu son amie Nella qui, pourtant, officiait avec Wil Jordan, le meilleur ami de James. Le cours n'avait pas dû être facile pour elle non plus. Il était hors de question qu'elle reste dans la même salle que Weasley encore plus longtemps.
Nella ne tarda de toute façon pas à rentrer et se laissa tomber sur son lit, les bras en croix, l'air passablement épuisée.
- Ca s'est mal passé ?
Sa meilleure amie se redressa et la regarda d'un air interloqué, comme si elle ne l'avait pas remarqué avant. Puis, hésitante, elle haussa les épaules.
- Pas vraiment. Bon, Jordan est un idiot mais il n'atteint pas le niveau de Potter. Et puis, il est plutôt sérieux en cours, on a pas arrêté de travailler.
- Tant mieux alors.
- Bon raconte-moi, tu m'as même pas attendu, je suppose que cela s'est mal passé.
Gemma opina du chef avant de décrire en long, en large et en travers la torture qu'avait été ces deux heures de duel avec Dominique Weasley, immature et peu soucieuse de la réussite de ses études. C'est vrai quoi, ces cours leur serviraient certainement lors des épreuves pratiques de leurs ASPICS en sortilèges et DCFM. Elle n'oublia aucun détail et remarqua que Nella fronçait légèrement les sourcils l'air surprise lorsqu'elle referma la bouche.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- A vrai dire … enfin, hésita la blondinette, tu arrives bien à rembarrer Weasley pourquoi tu ne fais pas pareil avec Potter ?
Interloquée, Gemma allait répliquer lorsqu'elle se rendit compte que son amie avait raison. Elle baissa piteusement la tête, cherchant la réponse à ses interrogations lorsqu'elle se rendit compte que la situation n'était pas la même du tout.
Weasley l'énervait au plus haut point. C'était purement et simplement une peste, qui ne réfléchissait pas à la portée de ses paroles et, pire encore, en jouait. En plus, elle était totalement immature. Les mots sortaient naturellement lorsqu'elle s'adressait à la Poufsouffle parce que celle-ci était sacrément énervante.
Potter, quant à lui, la blessait plus qu'il ne l'agressait. Rougissant de colère à cette constatation, elle se rendit compte qu'il l'impressionnait plus que Weasley, lui coupant le sifflet à chaque fois. Et puis, elle n'avait pas envie de parler à quelqu'un qui considérait son physique comme anormal -elle exagérait un peu mais l'idée était là-.
- Aucune idée, marmonna finalement Gemma en fourrant sa tête sous son oreiller.
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- Elle est où Camille ? grogna Dominique en fourrant sa tête sous son oreiller.
- Aucune idée.
- Molly ?
- Avec Arthur, tu penses.
Relevant la tête, la jeune Poufsouffle se rendit compte que le dortoir était désert. Bon, à l'exception près de Joana Mayer qui appliquait silencieusement une pâte verte sur ses ongles de pieds et d'Isabel qui lui avait répondu tout en cherchant quelque chose dans sa commode. Quelques secondes plus tard, elle sortit victorieusement un magasine -sûrement de Quidditch- dans lequel elle se plongea.
Joana et Isabel étaient bien gentilles mais ce n'était pas la même chose que Camille ou sa cousine. Sa meilleure amie comprenait tout et sa cousine faisait semblant pour lui faire plaisir.
- J'veux plus jamais aller en cours de Duel, maugréa Dominique histoire de se faire plaindre quand même. Et elle est où Camille d'abord ?
- Aucune idée, répéta Isabel pour la troisième fois en levant imperceptiblement les sourcils derrière son magasine.
- Gemma Lysenko n'est pas si terrible que ça, affirma Joana en rebouchant son flacon de vernis. Tu aurais pu tomber sur pire.
- Sur mieux aussi. Je sais pas quel est son problème à cette fille mais on dirait qu'elle va m'arracher les yeux à chaque fois qu'elle me voit, c'est lassant à la fin. En plus elle est ennuyeuse.
Cette fois-ci, Isabel reposa son journal sur ses genoux, regardant attentivement Dominique, l'œil sombre. Quoi ? Qu'est-ce qu'elle avait fait encore ? Isabel avait beau être une pro des regards assassins elle ne les lui réservait qu'avec une bonne raison. Cela voulait dire qu'elle allait lui faire la leçon et elle sentait d'avance qu'elle n'allait pas aimer.
- Gemma Lysenko ne t'aime pas parce que tu as dis à tout le monde qu'elle voulait sortir avec ton cousin l'année dernière, c'est tout.
Interloquée, Dominique plongea ses yeux bleus dans ceux d'Isabel, légèrement plus clairs, se demandant si elle se fichait d'elle. Lysenko ne l'aimait pas pour une raison aussi immature ? Okay, lorsqu'elle avait appris l'attirance qu'avait la Serdaigle pour son cousin totalement par hasard, elle avait été le lui répéter, mais il n'y avait aucun machiavel derrière ce geste. Et elle, elle tentait de l'assassiner -oui ! Assassiner ! Parce qu'à ce train là, elle allait y rester à force de se prendre tous genres de Sortilèges- pour un stupide coup de cœur adolescent ? Non mais, c'était vraiment stupide.
Et Dominique ne se gêna pas pour le dire à Isabel qui abordait un air de moralisatrice particulièrement agaçant.
- Peut-être. Mais depuis, James n'arrête pas de l'embêter et, franchement, il est plutôt dur avec elle, alors je la comprends.
- Tu prends sa défense ? s'indigna Dominique. Non mais vraiment.
- J'essaie d'être lucide, nuance.
- Non, tu prends la défense d'une fille qu'on ne connait pas alors qu'on est amies depuis plus de six ans. C'est vraiment n'importe quoi.
- Tu deviens ridicule.
- MOI je suis ridicule ?
Les joues rouges, Dominique se releva avec hargne, fusillant la jolie slave du regard et se retenant de lui lancer un Chauve-Furie bien placé.
- Euh, les filles, vous allez peut-être arrêter de vous disputer pour rien ? marmonna timidement Joana qui suivait la discussion avec attention, regardant tour à tour Dominique et Isabel.
- Moi je ne me dispute pas, j'énonce des vérités, déclara placidement la grande blonde.
- Ah, vraiment ? s'étrangla Dominique. Alors je suis vraiment stupide ? Mais tu t'es vue ? Tu fricotes avec un Serpentard depuis cinq ans alors qu'il joue sûrement avec toi et c'est moi qui suis stupide ?
- Voilà ! On en revient toujours à Thomas, soupira Isabel. Je vais te dire Dominique, la vérité c'est que tu es jalouse et tu le resteras longtemps. Parce qu'avec ton caractère de cochon, ce n'est pas demain la veille que tu trouveras quelqu'un qui puisse te supporter. Tu finiras vieille fille.
- Isabel ! s'écria Joana à présent totalement paniquée. Arrêtez de vous disputer, en plus aucune de vous ne pense ce qu'elle dit.
- Oh si elle le pense.
- Oh si je le pense, cracha Isabel en même temps. Dominique ne voit pas plus loin que le bout de son nez parce qu'elle a trop peur de ce qu'elle trouverait. Y'a des gens sympas en dehors de notre maison, ce n'est pas la peine d'agresser tout le monde parce que Lysenko n'est pas à tes pieds. Redescend sur terre ma pauvre tu …
Dominique claqua la porte à ce moment-là, réellement furieuse contre Isabel qui ne savait pas faire la part des choses. Et légèrement tremblante aussi, parce qu'elle n'avait jamais vu la blonde en colère avant aujourd'hui et, contrairement à Joana, elle savait qu'elle pensait réellement ce qu'elle disait. Parce qu'Isabel Lowell n'ouvrait jamais la bouche pour rien.
Quelle idiote. Si cette fille avait une telle opinion d'elle, un tel ressentiment, ce n'était même plus la peine de lui adresser la parole. D'ailleurs, rancunière comme elle l'était, ce n'était sûrement pas elle qui ferait le premier pas.
A cet instant, Dominique se souvint de la folle course poursuite qu'elle avait partagé avec Isabel quelques semaines plus tôt seulement, appréciant l'absence de réserve de la blonde. Et elle décida de l'éradiquer immédiatement.
Dévalant les escaliers, les yeux embués de larmes, Dominique se cogna contre Camille qui montait au dortoir, les joues rougies par l'effort. Ah, tiens, elle était là finalement ?
