Déjà, merci à GriffNoir, Isabelle Pearl & ShootingStaar !

Ensuite, je m'excuse d'avance mais ce chapitre est horriblement court comparé aux autres ... Je le poste un peu en avance et peut-être que je mettrais le 10 en cours de semaines (si vous êtes gentils ... héhé).

Bonne lecture !


La peur ne peut se passer de l'espoir et l'espoir de la peur - Baruch Spinoza


La grande salle, à la table des Poufsouffle, le lundi

- Il y a une affiche dans le hall, commenta Dominique en s'asseyant alors qu'Anatole Bensberg déclarait devoir faire un tour dehors. Pour Tawson. Ca dit que si quelqu'un a vu quelque chose, il faut qu'il aille voir McGonagall. Et qu'on doit éviter de trainer tout seul.

- Oh fichtre, obligée de se déplacer à deux, marmonna Camille en levant les yeux au ciel. Quelle tragédie pour certains.

Etonnée par la soudaine mauvaise humeur de sa meilleure amie qui était pourtant en pleine forme lorsqu'elle l'avait quitté dans le dortoir, Dominique remarqua qu'elle regardait Molly et Arthur Lowe d'un drôle d'air. Avant d'aborder une grimace de dégoût elle aussi. Ses deux amis s'embrassaient goulument, pour ne pas changer à vrai dire, en faisant profiter toute la table. A vrai dire, elle se souvint qu'Anatole Bensberg avait paru soulagé de lui laisser sa place. Normal, elle était en face des deux amoureux.

Sans que personne ne sache jamais si cela était fait exprès, mais Dominique avait un gros doute, Camille renversa son jus de citrouille sur Arthur qui sursauta violement. Le jeune homme dû aller se changer en vitesse avant leur cours d'Histoire de la Magie et Camille retrouva son sourire habituel. C'est vrai qu'ils étaient chiants tous les deux.

Sous prétexte d'être amoureux, étaient-ils pour autant obligés de se lécher le visage devant tout le monde ? Où était passé le garçon ennuyeux et sérieux qu'était Arthur ? En cinquième année, c'était pourtant lui qui, sous son autorité de Préfet, criait après la plupart des couples qui s'embrassaient, leur ordonnant d'aller faire "leurs cochonneries ailleurs".

C'est bien la preuve que l'amour rend con, songea Dominique.

- Ils ne savent toujours pas qui à fait ça alors ? s'enquit Molly en nettoyant la table avec un sortilège que sa cousine ne connaissait pas.

- Non, mais ils cherchent.

- On pourrait peut-être prévenir oncle Harry, suggéra naïvement la Poufsouffle.

- Prévenir oncle Harry pour des bêtises d'adolescents ?

Dominique éclata de rire avant de remuer la tête devant l'air assuré qu'avait pris Molly. Par le froc de Merlin, sa cousine était d'une nature terriblement froussarde. Bon, elle aussi avait passé tout son week-end à songer à ces agressions mais la seule conclusion logique à tout cela avait été la suggestion de Joana. Les deux gamins étaient mêlés à un trafic louche et quelqu'un avait voulu se venger. Point. Les deux agressions étaient isolées et ne recommenceraient sans doute pas. Sans compter que les professeurs recherchaient activement le coupable.

Tout allait très bien se passer.

- Je vais aller faire deux ou trois tours de terrain, expliqua la petite blonde en attrapant une pomme avant de se lever.

- Et le cours d'Histoire de la Magie ? s'enquit Molly en la regardant d'un air suspicieux.

- Oh c'est bon, je n'ai séché aucun cours en presque deux mois, j'ai bien le droit de me reposer un peu. On s'retrouve au déjeuner.

Après Binns, ils avaient cours de Potions et aucun de ses amis de Poufsouffle, hormis Anatole Bensberg n'y assistait. A part Molly qui lui jeta un regard noir que même sa mère ne pourrait jamais imiter, personne ne fit vraiment attention à son départ. Et c'est avec une joie non dissimulée que Dominique prit plaisir à courir sur le terrain de Quidditch pendant près d'une heure.

Ces dernières semaines, elle n'avait eu aucune crise. Rien au lever, rien quand elle avalait trop vite son déjeuner, rien quand elle s'endormait aux cours de Binns et rien lorsqu'il était l'heure de se coucher. Sans trop y croire, elle espérait que la situation n'allait pas se retourner. Elle n'aimait rien de plus que courir et jouer au Quidditch et ce moment de répit la transportait au nirvana.

C'est à ce moment précis qu'une douleur fulgurante lui traversa l'estomac.

Devant la salle d'Histoire de la Magie

- Ca saigne de plus en plus, fit remarquer Nella Flint à sa meilleure amie alors qu'un drôle de liquide doré s'échappait de son doigt.

- C'est rien.

- C'est pas rien. Tu n'aurais pas dû laisser le gamin s'entrainer sur toi ce matin.

Gemma poussa un profond soupir en fronçant le nez, signe que ce n'était pas important. Mais, au fond d'elle, ce drôle de liquide qui sortait de son doigt et lui brûlait la main n'était pas sans l'inquiéter. S'il n'y avait pas eu cours, cela ferait longtemps qu'elle se serait rendue à l'infirmerie. Et surtout, si Mervin Kalls ne la menait pas par le bout du nez, jamais elle ne l'aurait laissé lui lancer un sortilège de quatrième année -en soi, inoffensif- alors qu'il n'avait que onze ans. La preuve que ce gamin n'était pas un petit génie comme il aimait le lui rappeler modestement.

- Franchement Gemma, tu n'es pas en état de suivre le cours, continua Nella sans lâcher son doigt des yeux.

- C'est quoi cette odeur ? s'enquit une voix nasillarde et plus qu'agaçante.

Potter. Ce clown venait d'arriver alors que le cours du professeur Binns était sur le point de commencer et, en plus, il se permettait un commentaire idiot. Quelle odeur ? Il n'y avait aucune odeur. A moins que …

Gemma tentait de réfléchir au meilleur moyen de se renifler les aisselles, juste pour vérifier, lorsque le Gryffondor se tourna vers elle, son regard s'arrêtant sur elle avant de descendre sur son doigt, qui était couvert de la substance doré. Elle tenta de le cacher mais le mal était fait. Au sourire goguenard qui s'étendait sur le visage de Potter, il l'avait remarqué.

- Je ne sais même pas pourquoi j'ai posé la question. Il est évident qu'une telle odeur pestilentielle ne peut venir que de Lysenko. D'ailleurs …

Gemma n'eut pas la politesse d'attendre la suite. Alors que les joues de son amie se coloraient de rouge, comme toujours lorsqu'elle était au centre de l'attention, elle lui signifia par un regard qu'elle se rendait à l'infirmerie et n'irait donc pas en cours. Nella hocha doucement la tête, regardant Gemma s'éloigner d'un œil torve.

Merlin tout puissant, que Potter était idiot. Et puis d'abord, la blessure de Gemma ne sentait rien du tout, il avait juste voulu être désagréable avec elle, comme d'habitude. La jolie blonde en était là dans ses pensées lorsque la porte s'ouvrit, invitant les élèves à prendre place en cours. La plupart -des Poufsouffle- poussèrent un soupir ennuyé mais, au bout de quelques secondes, tout le monde était à sa place.

Tout le monde ? Non, car Wil Jordan venait de prendre place à côté de Nella Flint provoquant des chuchotements dans la classe -encore les Poufsouffle !-.

- Ca ne te dérange pas ? James est avec Dewi alors …

Et quand bien même il la dérangerait ? Jordan n'allait tout de même pas changer de place alors que Binns venait de commencer la leçon. Essayant de s'accommoder de son voisin, Nella sortit ses affaires sans dire un mot, lui signifiant son mécontentement.

Certes Jordan était assidu lors de leurs cours de Duel, certes il pouvait aussi être très drôle, certes cela ne la dérangeait pas vraiment de s'entrainer avec lui mais il avait le pire défaut au monde, celui qui empêchait Nella d'accepter totalement sa présence -d'ailleurs pourquoi s'obstinait-il à tenter de faire ami-ami avec elle ?- et même de le considérer comme un être humain normal : il était ami avec James Potter.

- Psst, tu t'es entrainée à lancer un Bombardus ? chuchota Jordan après quelques minutes de silence.

Bombardus était le dernier sortilège qu'ils avaient appris en cours de Duel. Lorsqu'on le lançait, un sortilège explosif sortait de la baguette et s'il était correctement exécuté, assommait l'adversaire suffisamment longtemps pour le désarmer. Nella avait eu beaucoup de mal à produire un Bombardus correct la dernière fois et Wiertz avait insisté pour qu'elle s'entraine durant le week-end.

Bien sûr qu'elle l'avait fait, c'était tout de même un devoir. La question étant idiote, elle ne répondit même pas, trop occupée à prendre des notes. Après tout, Gemma n'était pas là et elle l'aurait tué si elle s'était permis un moment de distraction.

- Nel …

- Flint, marmonna distraitement la jeune fille en tiquant face au surnom que lui avait octroyé Jordan.

- Sérieusement, qu'est-ce que tu as ? On rigole plutôt bien en cours de Duel, enfin du moins, lorsque tu n'es pas occupée à me fusiller du regard. Oh c'est bon, ricana le grand métis en la voyant lever un sourcil interloqué, tu crois peut-être être discrète mais franchement, tu n'es pas une grande comédienne. Le truc Nel … Flint pardon, c'est que je ne comprends rien à ce qu'il se passe. Des fois, on dirait que tu m'adores, ne dis pas le contraire tout le monde m'adore, et d'autres que tu aimerais bien creuser ma tombe. C'est quoi le problème ? J'ai dis quelque chose qui t'as blessé ? Ou alors, je suis bien trop fort pour toi en cours de Duels et c'est ton égo qui est touché ?

Lorsqu'il s'arrêta enfin de parler, Nella se rendit compte qu'elle avait cessé d'écrire -et même de suivre- le cours et qu'elle le regardait depuis quelques minutes. La jeune Serdaigle piqua un fard, partagée entre l'envie de fuir en courant et celle de secouer Jordan pour l'aveuglement dont il faisait preuve. Sa timidité l'empêcha de mettre en pratique l'une des deux solutions et elle n'arriva qu'à bafouiller quelques mots inaudibles.

Bien entendu, Jordan ne les comprit pas et lui demanda plusieurs fois de répéter avant qu'elle n'abdique.

- Je … Je n'ai pas envie d'être amie avec toi Jordan et j'aimerais bien que tu me laisses tranquille.

Ce qu'il fit avec brio, l'ignorant ostensiblement le reste du cours d'Histoire de la Magie.

oOoOoOoOo

- C'est grave ? s'enquit Gemma en levant deux grands yeux inquiets vers l'infirmière, Mrs Pomfresh, qui haussa les épaules.

L'infirmière lui avait donné une potion verdâtre à son arrivée, destinée à drainer le sang de tout sortilège. Apparemment, cela avait marché car le sang qui s'écoulait de son doigt était maintenant rouge. Pomfresh lui lança distraitement un sortilège qui referma la plaie, jetant un coup d'œil derrière le rideau qui la séparait du lit voisin.

En réalité, depuis qu'elle était arrivée, Pomfresh s'intéressait beaucoup plus à ce rideau d'où s'échappaient parfois quelques râles étouffés qu'à Gemma. Il devait y avoir un élève bien mal en point et un gémissement plaintif lui confirma son idée. A moins que … Et s'il y avait encore eu une agression ? Non, c'était idiot, les dernières fois, les élèves étaient inanimés.

Cela devait être une élève atteinte d'un rhume particulièrement ardent. Après tout c'était la saison et sa propre gorge la brûlait un peu depuis quelques jours.

Patiemment, Gemma attendit la réapparition de Pomfresh qui lui ordonna de retourner en cours et lui conseilla sèchement de ne plus se porter volontaire pour tester les sortilèges d'un premier année. L'infirmière se radoucit néanmoins à l'arrivée du Professeur Londubat et, avant d'aller le rejoindre à grandes enjambées, lui fit promettre de repasser dans la soirée, pour vérifier si le sortilège avait été totalement évacué par la potion.

Une fois bien certaine que Pomfresh n'allait pas revenir vers elle -son départ avait été si soudain- Gemma attrapa son sac de cours dans lequel elle remit un peu d'ordre.

Un bruit plus sourd se fit entendre de l'autre côté du rideau et Gemma, surprise, sursauta. Elle jeta un coup d'œil à Pomfresh qui était en train de parler avec Londubat à voix basse et après avoir hésité quelques instants, tira doucement le rideau.

Derrière, allongée sur un lit immaculé, se trouvait Dominique Weasley, ses longs cheveux entourant son visage de manière désordonnée. Son visage saillant était rouge, tout comme ses yeux. Elle avait du pleurer.

Elle avait l'air mal en point mais pas assez pour ne pas remarquer son intrusion et marquer sa désapprobation par un coup d'œil assassin. Quelques secondes après, elle fut prise d'une quinte de toux qui l'obligea à se rasseoir, courbée en deux.

- Miss Lysenko, vous n'avez pas cours ?

Gemma sursauta, elle n'avait pas entendu Pomfresh revenir. La Préfète-en-Chef hocha vivement la tête et tourna les talons sans demander son reste. Pourtant, elle avait eu le temps de surprendre le regard inquiet de Londubat, qui se tenait un peu en retrait, derrière l'infirmière.

A quoi tout ceci rimait ?

oOoOoOoOo

Doucement, Molly dégagea une mèche blonde du visage paisible de sa cousine. Elle sourit en se faisant la remarque que Dominique n'avait jamais l'air aussi gentille et aimable que lorsqu'elle était endormie. Malheureusement, c'était aussi dans ses moments là qu'elle lui faisait le plus peur : lorsqu'elle la voyait endormie sur le lit de l'infirmerie. Hormis l'incident en cours de Potions, ce n'était pas encore arrivé cette année mais, à chaque fois, quelque chose se brisait un peu plus en Molly. Etait-ce l'espoir ? Oh oui, c'était bien ça. Plus les années passaient, plus l'espoir s'effeuillait en elle.

Et puis, il y avait cette conversation qu'elle avait surpris entre Fleur Weasley et sa mère, Audrey, cet été. Les analyses de Dominique étaient mauvaises, très mauvaises, comme d'habitude. Mais cette fois-ci, ça avait eu l'air de provoquer une espèce de tempête en Fleur. Entre deux sanglots, elle avait entendu plusieurs fois les mots "sans espoir", "souffle", "découverte". Molly s'était éclipsé en surprenant le regard furieux de sa mère qui ne pouvait décemment pas lui crier dessus sans s'échapper de l'étreinte de Fleur.

- Qu'est-ce que tu as encore fait ? soupira Molly en caressant doucement le visage de Dominique.

Si sa peste de cousine avait été réveillé, elle lui aurait mordu les doigts, au minimum.

- Miss Weasley est fatiguée, râla la voix de Pomfresh à ses côtés. Elle ne devrait pas dépenser les seules forces qui lui restent pour des … futilités.

Molly qui était bien d'accord avec l'infirmière hocha fermement la tête. Elle savait très bien que sa cousine ne considérait pas le Quidditch comme une futilité mais se promit de lui en parler à la moindre occasion. C'était beaucoup trop dangereux.

Tandis que Pomfresh s'affairait dans ses potions et onguents, la jeune fille attrapa son sac de cours. Il était tant de filer en cours, les autres allaient se demander où elle était passée. Elle allait encore devoir mentir, songea-t-elle en tirant doucement le rideau qui protégeait sa cousine du regard des autres, comme d'habitude.

Les habitudes ont la dent dure.

oOoOoOoOo

- Et tu dis qu'elle était allongée à l'infirmerie, rouge comme un cochon ?

- Si un cochon est rouge, alors oui.

- Tu crois qu'elle a été agressé, elle aussi ?

- Non, je ne pense pas. Ca doit être autre chose. En tout cas, si cela pouvait la clouer au lit pendant plusieurs semaines, je remercierais Merlin.

Nella Flint étouffa un gloussement nerveux tout en jetant un coup d'œil discret à Pince, la bibliothécaire qui les regardait d'un drôle d'air.

- Tu crois que c'est grave ? demanda-t-elle en redevenant un peu plus sérieuse.

- Non, trancha sèchement Gemma. Tu as vu sa maigreur ? Si cette fille ne se fait pas vomir, je veux bien devenir religieuse dans le monde moldu. Elle l'a bien mérité.

Plus septique, Nella hocha néanmoins la tête en signe d'abnégation. Si Gemma voulait que Weasley soit boulimique, alors elle n'avait pas à la contrarier. Après tout, tous ses problèmes venait de la Poufsouffle et par contingence, les problèmes de Nella aussi.

Heureusement, songea-t-elle en replongeant le nez dans un devoir de Métamorphose, Jordan avait l'air décidé à l'ignorer à présent.

Et ça, c'était réellement une bonne chose.


Hum ... Au fait je voulais vous demander, plutôt pro-Dominique ou pro-Gemma ? Ca m'intéresse de savoir, même si j'me doute déjà de la réponse hein ...