Merci à Isabelle Pearl & JolieRosedu68 (Mais non, elles sont pas nulles ! D'ailleurs peut-être bien qu'on a quelques fois les mêmes idées, enfin, tu verras bien ... après, hors de question que j'enferme qui que ce soit avec qui que ce soit xD Et puis, je suis pas sûre que tous les couples "prévisibles" vont finir ensemble, même sûre du contraire ahah ... Merci pour tes reviews en tout cas) !

Petite info, le week-end prochain, il n'y aura sûrement pas de nouveau chapitre ! En effet, je déménage samedi et je ne sais pas combien de temps je vais mettre à avoir internet ... Mais ça ne m'empêche en aucun cas d'avancer cette fic, au contraire d'ailleurs, vu que je n'ai plus qu'une demi-heure de temps de trajet par jour pour aller/revenir du boulot au lieu de trois heures ! (:sautedejoierienqued'ypenser:) ! J'espère quand même pouvoir poster d'ici deux semaines ;)

Bonnes vacances à celles/ceux qui y sont encore et bonne lecture !


" La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre de la santé ; c'est la folie de la raison."

La Rochefoucauld


- Tiens, je t'ai apporté tes affaires !

Sans aucune once de douceur, Dominique Weasley balança un ensemble propre à sa meilleure amie, sans pouvoir s'empêcher de sourire. On était vendredi, les vacances sonnaient leur glas dans quelques heures et Camille Teyssier sortait de l'infirmerie.

Sa meilleure amie avait été obligé de passer plusieurs jours à l'infirmerie, à son plus grand damne, arguant qu'elle se sentait tout à fait bien depuis son réveil et ne souffrait d'aucuns maux particuliers. Mais Pomfresh avait insisté et Dominique savait à juste titre qu'il était dur de faire changer d'avis la vieille dame et les cris de Camille n'avaient effectivement servis à rien.

- Oh joie, oh liberté chérie, me voilà ! s'exclama cette dernière sans faire attention au chemisier froissé et à ses sous-vêtements qui venaient d'atterrir par terre, à la vue de tous et surtout de deux Serdaigle de troisième années qui occupaient les lits voisins de Camille.

Dominique patienta gaiement tandis que son amie se changeait après avoir tiré les rideaux. De toute façon, rien ne viendrait ternir cette dernière journée de cours pas même la perspective d'un nouveau cours de potions dans quelques minutes, son amie lui avait tellement manqué durant la semaine.

- On fait quoi ? l'interrogea Camille quelques secondes plus tard, avec un grand sourire. J'ai envie d'aller dans le parc voir le soleil et les oiseaux qui chantent !

- J'ai cours moi. Et il pleut.

- Oh aller !

- J'ai cours de potions.

- Toutes mes condoléances, grimaça la jeune fille sans insister plus.

Dominique éclata de rire et Pomfresh, jamais très loin, lui fit de grands signes pour qu'elle baisse d'un ton, ce que Camille s'empressa de faire. La jeune Poufsouffle lança toutes ses affaires dans son sac, glissant sous son bras la plante verte offerte par l'ensemble des septièmes années quelques jours plus tôt avec la complicité de Londubat.

- Allons déjeuner, conclut Dominique.

oOoOoOoO

- Sérieusement, c'est vraiment idiot.

Pour toute réponse, Wil Jordan reçut le plus beau regard noir de James Potter et ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Depuis la soirée d'Halloween, son ami s'appliquait à ignorer royalement Dewi qui s'accommodait plus ou moins bien de la situation mais n'était pas prête à faire le premier pas.

Comme aujourd'hui, les deux garçons prenaient le petit déjeuner ensemble alors que leur amie était entourée par les autres filles de Gryffondor, avec lesquelles elle trainait souvent sans en être très proche. Le plus ridicule selon Wil, c'étaient les petits coup d'œil qu'ils se lançaient souvent, sans qu'aucun des deux ne remarque que l'autre le regardait.

- Elle n'a qu'à me dire ce qu'elle cache, grogna le Préfet-en-Chef en posant rageusement son verre de jus de citrouille sur la table. Et arrêter de me gonfler avec Lysenko.

- Mais …

- Ou tu n'as qu'à me le dire toi-même.

- Je ne sais pas pourquoi elle tient tant à défendre cette fille, marmonna Wil en avalant une bouchée de porridge.

- Je vais en cours, trancha James.

Evidemment, il n'était pas très convaincant quand il tentait de changer de sujet, sachant très bien ce que cachait Dewi et James étant au courant qu'il savait. Son ami se leva, le poing serré et tourna les talons sans qu'il ne fasse rien pour le retenir. Il n'avait pas envie de se mettre James à dos et savait que cela arriverait s'il continuait à refuser de le lui dire.

Pour la première fois depuis quelques jours, son regard se posa sur la table des Serdaigle, cherchant âprement une tête blonde du regard. Le jeune Gryffondor ne tarda pas à la trouver, à côté de Lysenko et celle-ci ne mit pas longtemps à croiser son regard, se sentant sûrement observée. Effrontément, il décida de ne pas tourner la tête, juste pour voir sa réaction. Il fut servit sur ce point car elle fronça les sourcils, l'air de se demander quelle était cette chose dégoûtante sur son chemin. Sérieusement, on aurait dit une fille devant une araignée, prête à poser sa chaussure dessus tout en ressentant un plaisir morbide. Sa sœur était comme ça en tout cas, il ne l'avait jamais vu aussi effrayée et effrayante que devant une de ces petites bêtes à huit pattes.

Il ne comprenait pas Flint. Certaines fois, il lui semblait qu'elle ne se contrôlait pas tout à fait devant lui (comme lorsqu'elle avait failli le remercier lorsqu'il lui avait évité un sortilège en pleine poire lors du fameux cours qui avait dégénéré) et d'autres elle l'ignorait royalement tandis qu'il en faisait de même.

Bien entendu, c'était la faute de Lysenko et de son inimitié envers Potter mais lui, il arrivait très bien à passer au-dessus et, en plus, la Préfète-en-Chef n'était qu'une idiote. Elle n'avait qu'à faire comme lui.

- Salut, marmonna la voix ensommeillée de Dewi qui venait de quitter le groupe de filles pour s'installer à côté de lui.

- Tu n'as pas l'air d'être en grande forme.

- Pas beaucoup dormi, révéla-t-elle en laissant trainer son regard vers la table des Serpentard.

Ca non plus Wil ne comprenait pas vraiment. Une fille, pourquoi pas, il ne pouvait pas nier qu'il comprenait parfaitement qu'on puisse trouver une fille bien plus attirante qu'un garçon. Mais une Serpentard ? Et pas n'importe laquelle en plus, Heather Moorehead, la reine des glaces, celle qui prenait plaisir à emmerder les plus jeunes et sur laquelle la rumeur courrait qu'elle avait un jour enfermé un gamin de Serdaigle dans une pièce et qu'on n'avait plus jamais revu ce dernier. Et sa langue, oh sa langue acérée. Si Dewi considérait que James allait trop loin avec Lysenko, il était prêt à parier sa sœur Rosa (oui, il pariait souvent des personnes) que Moorehead était bien plus douée à ce jeu que lui.

Parfois, Wil Jordan avait du mal avec la psychologie féminine.

- Toujours pas prête à en parler à James ?

- Je vais en cours, déclara précipitamment la jeune fille.

Et, ébahit, il la regarda se lever, son sac sous le bras et marcher à grands pas en direction du hall. Eh bien, il faisait fuir tous ses amis aujourd'hui. Le plus risible était que James et Dewi n'avaient beau plus se parler, ils continuaient à agir de la même manière.

Foncièrement agacé, le métis attrapa à son tour une sacoche en cuir avec une lanière noire et abandonna son petit déjeuner sans l'avoir terminé. Apparemment, c'était LA journée où il fallait être sérieux aujourd'hui, alors …

oOoOoOoOo

- Comment vas-tu, mon cousin préféré ? lança joyeusement une voix aiguë, tout en se posant à ses côtés contre le mur, ses hanches se nichant contre ses jambes.

James Potter lança un regard torve à sa cousine Dominique, qu'il n'avait jamais vu aussi heureuse depuis quelques jours. Malheureusement, ce soudain bonheur ne l'avait pas doté d'un sens des priorités amélioré et elle se trimbalait toujours avec cette masse de cheveux blonds informes et emmêlés qui tombait jusqu'au milieu de son dos. Aujourd'hui, sa frimousse était malicieuse et enjouée, autant que sa tête à lui devait apparaitre fermée et boudeuse, et elle le regardait avec un grand sourire.

Oui, Dominique devait vraiment être heureuse de la sortie de Teyssier de l'infirmerie.

Après tout, aussi agaçante soit-elle, il préférait quand sa cousine se tenait sur ses pieds plutôt que reposant dans un lit d'infirmerie.

- Oh mais c'est qu'il a l'air de mauvais poil le Jammy, le nargua Dominique alors qu'il lui lançait un regard agacé.

Il détestait quand elle reprenait le surnom que lui octroyait sa mère lorsqu'il était enfant et même encore quelques fois aujourd'hui.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Raconte tout à tata Domini …

- Arrête de faire l'andouille. Comme si moi, j'allais te raconter mes problèmes.

- Parce que James Potter a des problèmes … c'est nouveau ça, lança une voix qu'il connaissait bien.

Tout aussi éberlué que sa cousine, mais le cachant bien mieux, James contempla un instant la moue faussement interloquée de Dewi Carlson qui se moquait effrontément de lui. Et il savait qu'elle le faisait parce que sa voix avait un relent de sincérité bien trop rare ces derniers temps. Le sourire légèrement taquin, les bras serrés sous sa poitrine gonflée et les cheveux flottant autour de ses épaules, c'était tout la Gryffondor. Fronçant les sourcils devant son audace, il ne se gêna pas pour la dévisager d'un air éteint et tourna les talons dès qu'il entendit la porte des cachots s'ouvrir, suivit de près par Dominique qui le regardait soudainement d'un air soupçonneux. Il détourna la tête pour ne pas avoir à subir les questions de sa cousine et s'installa à côté de Bensberg sans le saluer, pris dans ses pensées.

Oh que non, cela aurait été bien trop facile pour elle s'il avait amorcé une joute verbale. James n'était pas prêt à abdiquer, non, certainement pas sans savoir.

- Tu vas pas me dire que ça, c'était une tentative de réconciliation ? lança Wil Jordan qui avait fini par rattraper Dewi et finalement assisté à toute la scène.

- Apparemment, ce n'était pas l'idée du siècle, lâcha Dewi, légèrement désarçonnée. Mais, maintenant, tu ne pourras plus dire que c'est ma faute.

- Vous êtes complètement barges, complètement !

oOoOoOoOoOo

Pour la deuxième fois depuis la rentrée, Dominique s'entendit penser qu'elle aimait ses amis. Ils représentaient la plus merveilleuse peinture qui soit à cet instant précis, dans la salle commune, et le soleil couchant rendait le tableau encore plus merveilleux.

Lovée contre Camille sur l'un des fauteuils de la pièce, les deux amies se lancèrent un regard complice comme si cette dernière avait pu lire dans ses pensées. Elles se mirent à rire nerveusement, pour rien, libérant la pression des deux derniers mois, sous l'œil maternel de Molly qui, sur un autre fauteuil à côté d'Anatole Bensberg, leur offrit son plus beau sourire. Arthur et Isabel qui étaient concentrés sur une partie d'échec tournèrent brièvement le regard vers eux avant que le premier ne se reprenne et s'écrit : échec et mat !

- Aie ! s'exclama Joana qui venait de se prendre un coup de pied dans la figure.

Assise à même le sol, elle avait fini par convaincre Dominique que ses doigts de pieds devaient absolument aborder la même couleur que ses mains et cette dernière avait abdiqué après moult supplications.

Pour punition de l'indiscipline de Dominique, Joana refusa tout net de continuer à lui vernir les doigts de pieds et elle s'enfuit en rigolant, tandis que la Poufsouffle se demandait quel était le pire : avoir tous les doigts de pieds rose ou avoir seulement trois ongles vernis.

- Ahhh, soupira Camille d'un ton guilleret, c'est vraiment bon d'être de retour.

Ses doigts glissèrent lentement sur sa droite, serrant ceux, plus petits et plus fins, de Dominique. Elle laissa trainer son regard du côté d'Arthur et Isabel qui avaient commencé une nouvelle partie et reprit :

- Tu sais, c'était vraiment horrible …

La Poufsouffle se redressa, toutes oreilles ouvertes. C'était la première fois que Camille parlait de ce qui était arrivée, elle-même n'osant pas poser de question de peur de la brusquer et surtout de rendre plus vivaces des souvenirs qui n'étaient pas près de s'envoler.

- Je … Tu sais, j'entendais tout ce qu'il se passait, avoua-t-elle en baissant la voix, ses grands yeux noirs se plantant dans ceux de sa meilleure amie.

- Je sais. Arthur a entendu le professeur Assem et Pomfresh en parler. Tu … tu n'es pas obligé de me dire tout ça.

- Si, si, reprit Camille tandis que sa main se crispait un peu sur la sienne. T'inquiète, tout va bien. C'était quand j'étais soit disant endormie, dans ce lit, que ça n'allait pas. Je t'entendais me parler, je comprenais tout et j'essayais, vraiment crois-moi, j'essayais d'ouvrir les yeux de toutes mes forces mais c'était impossible. Quelle sensation horrible !

Un frisson lui parcourut l'échine.

- Je me suis même demandée si je n'allais pas passer le reste de ma vie comme ça, avoua-t-elle. Heureusement, ça n'a duré que quelques heures. Tu sais, je me demande si celui qui a fait ça … pourquoi ? C'est tellement abominable, ignoble ! Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour l'avoir vu … juste aperçu.

- Cela vaut peut-être mieux, songea Dominique à voix haute, qui sait ce qu'il t'aurait fait si tu avais pu l'identifier.

- Oui mais c'est tellement frustrant. Je me suis tournée quelques secondes seulement pour choisir un hibou et puis, plus rien. Le noir et le sol, aucun bruit. Puis Potter quelques minutes après.

- Il est bien tombée d'ailleurs.

- Ouais, faudra que j'aille le remercier, sourit Camille en plissant les yeux.

- Il compte écrire au Ministère pour demander l'Ordre de Merlin, plaisanta Dominique.

Les deux amies pouffèrent de rire, tout à la joie de se retrouver. Leurs mains ne s'étaient pas quittées et Camille les contempla un instant.

- En tout cas, maintenant je sais à quel point tu m'aaaaimes, ric ana-t-elle alors que les joues de la jeune fille se teintaient de rose. Et qui tu me quitteras jamais. Hein que tu me laisseras jamais tomber ?

- Si tu continues comme ça, compte pas là-dessus, grogna Dominique en se sentant totalement idiote d'avoir lâché ça, la première nuit qu'elle avait passé avec Camille à l'infirmerie.

- Allleeeer ! Dis-le !

- Non !

- Si !

- Echec et mat ! s'exclama Arthur, pour la seconde fois, un air triomphant sur le visage.

- Dis le que tu me laisseras jamais tomber, reprit Camille, bien trop sérieusement, tout en regardant Arthur qui se moquait gentiment d'une Isabel dépitée.

- Promis.

Camille n'avait pas besoin de savoir qu'elle ne tiendrait sûrement pas sa promesse, elle avait sauvé les apparences.

oOoOoOoO

Camille était en effet loin de se douter du mensonge éhonté que lui avait fait sa meilleure amie, d'ailleurs son esprit était très loin de Dominique à cet instant présent. Elle profitait des derniers instants à Poudlard avec Arthur et, à cette heure avancée de la nuit (ou de la matinée, selon le point de vue), ses yeux commençaient à se fermer tout seul, bercés par les battements du cœur du jeune homme.

Ils n'avaient pas ouverts la bouche depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans la salle commune. D'ailleurs, cela faisait une semaine qu'ils ne s'étaient pas retrouvés en tête à tête et, même lorsqu'Arthur avait veillé sur elle pendant toute la journée du dimanche, il n'avait pas ouvert la bouche. Ce qui n'avait pas empêché Camille de sentir sa présence et son odeur de menthe fraiche.

Lovés sur l'un de deux canapés de la salle commune, elle n'aurait su dire si Arthur n'osait pas entamer la conversation ou s'il savourait seulement ce silence. Après tout, leur dernier tête à tête avait été assez chaotique. Enfin, l'important c'était qu'Arthur avait compris, enfin elle pensait, son point de vue et ne songeait plus à tout révéler à Molly et aux autres.

- J'ai bien réfléchi cette semaine, murmura soudainement le garçon tout en remontant ses lunettes sur son nez, signe de gêne chez lui. Et je ne veux plus faire semblant avec Molly.

Ou pas, en fin de compte.

- Je croyais qu'on était d'accord, sursauta la jeune Poufsouffle, ses lèvres se pinçant en un simple trait. On ne peut pas lui faire ça.

- Tu étais d'accord, murmura-t-il doucement. Pas moi. Et surtout pas depuis que tu t'es fait agressée.

- Je ne veux pas parler de ça.

- Camille, quand je t'ai vu sur ce lit j'ai cru que … que tout était terminé, que jamais plus je ne t'aurais pour moi. Et j'ai du faire semblant de paraitre inquiet juste ce qu'il fallait alors que j'avais envie d'hurler, de crier à tout le monde ce qu'il se passait entre nous. Je ne suis pas bon comédien et je m'étonnes d'ailleurs que Dominique n'ait rien vu, ou même Molly. Crois-moi, je l'apprécie et je redoute autant que toi le moment où elle l'apprendra mais … ce n'est plus possible.

- Je …

- Et crois-tu que ce n'est pas la prendre pour une idiote que de se comporter ainsi envers elle ?

- Ca la tuerait, chuchota simplement la brunette.

Et elle planta ses grands yeux noirs inquiets dans ceux d'Arthur qui soutint sans peine son regard. Le visage soudainement pâle, Camille déglutit. Parce qu'il était sérieux et voulait réellement avouer à Molly leur … relation.

Et l'une de ses meilleures amies allait être malheureuse et dévastée, parce que Molly aimait sincèrement Arthur. Et elle l'avait vu la première. Et elle n'avait pas le caractère pour faire face. Et c'était inhumain de lui imposer un tel chagrin.

- Tu as peur de sa réaction, siffla Arthur en se redressant soudainement. Oh oui, tu as peur.

- Bien sûr, approuva Camille. Je n'ai pas envie de la rendre malheureuse.

- Non, tu as peur de ce qu'elle te fera, continua-t-il en secouant la tête d'un air dépité.

Camille rougit jusqu'aux oreilles avant de détourner légèrement les yeux.

Bien entendu qu'elle avait la trouille. Plus que ça même. Oh, elle ne craignait pas que Molly se transforme en furie sanguinaire, ce n'était pas son genre, mais dans un sens, c'était pire. Le silence, l'absence, voilà à quoi elle se condamnait en avouant tous ses pêchés. Et le jugement des autres, de Joana, Anatole et Isabel et sûrement même de Dominique dont elle ne pouvait imaginer la réaction.

- Je …, je ne veux pas qu'elle me déteste, réussit-elle à balbutier. Désolée mais je ne suis pas une Gryffondor courageuse, je n'ai pas envie de me mettre toutes mes amies à dos. Je … je ne suis qu'une ado normale. Qui plante un couteau dans le dos d'une fille avec qui elle partage son dortoir depuis sept ans. Comprends-moi quand je te dis que je n'ai pas hâte qu'elle soit au courant.

- Et comprends-moi quand je te dis que j'en ai marre de jouer la comédie, répliqua le garçon. Cela me … dégoûte. Oui Camille ça me dégoûte de devoir embrasser Molly alors que tu es juste sous mon nez. Et ne me dis pas que la situation te plait !

- Bien sûr que non, fit la jeune Poufsouffle en fronçant le nez.

Camille aussi, cela la dégoûtait de voir les lèvres de son petit-ami sur celles de Molly. Dans ces moments-là, elle se consolait en se disant que le soir, le moment le plus important, il était à elle, tout à elle. Et elle se forçait à se rappeler que c'était elle qui avait voulu cette situation.

- Alors on lui dit, lança Arthur. Il faut faire face.

Aussitôt, le cœur de la Poufsouffle s'emballa avant de se contracter et elle crut qu'elle allait avoir une crise cardiaque. Faire face ? Mais elle n'était pas prête à faire face et quelque chose lui disait qu'on ne l'était jamais face à ce genre de chose. Mais Arthur avait tellement l'air décidé et sérieux et surtout il n'avait pas lâché sa main. Elle hésita.

Sa mère disait toujours que l'attente était le pire. Bon, elles n'avaient jamais abordé ce genre de situation mais si cela s'accordait avec ses résultats de BUSES alors pourquoi pas avec Molly ?

- Okay, lâcha soudainement Camille en se mordant les joues pour ne pas pleurer. Mais on attends que les vacances soient passées.

Sauver les apparences.

oOoOoOoOo

- Tu m'écriras ?

- Tu sais bien que je ne pourrais pas, ma mère …

- Tu sais quoi Dewi ? Non, ne me coupe pas la parole. J'en ai marre. Potter, ta mère, le monde entier ? Oui voilà, c'est des autres que tu as peur. Qu'est-ce que tu crois ? Bien sûr qu'ils vont t'insulter, tu entendras chuchoter à tous les coins de couloirs "une si jolie fille, quel dommage". Sauf que tu es censée être LA Gryffondor de nous deux et j'ai l'impression d'avoir plus de courage que toi. Mes amis à moi, ils sont au courant, ma sœur aussi. Pas de toi, mais de mes orientations. Et je n'attends qu'une chose pour leur parler de toi, que tu décides à gueuler … arrête de chialer putain, t'es pas une merdeuse de Poufsouffle. Tu es lesbienne. L-E-S-B-I-E-N-N-E. Et quoi que tu puisses en penser, ce n'est pas une tare. JE ne suis pas une tare, malgré ce que tu essaies de me faire croire. J'en ai ma claque. J'abandonne. Lâche-moi. Ne t'approche plus de moi. Pas tant que tu contrôleras ta vie comme si tu étais derrière un écran de télévision. Essaie donc de sauver les apparences, un jour tu n'y arriveras plus. Et moi, je ne serais plus là.

oOoOoOoOo

- Mervin, je croyais qu'on était d'accord ? soupira Gemma en sentant les rideaux de son lit à baldaquin s'écarter doucement.

Cela faisait une ou deux semaines qu'elle avait réussi à convaincre le gamin de dormir dans SON lit, dans SON dortoir, chose somme toute assez normale et pensait à n'avoir plus à le lui répéter mais preuve était que non. D'ailleurs, elle n'en revenait toujours pas qu'un gamin de onze ans arrive à passer outre les escaliers amovibles et pire, que ses camarades de dortoir, un peu commérasses ne se soient pas rendues compte de sa présence. Parce que bon, Mervin Kalls n'était pas le gamin le plus discret du monde non plus.

- C'est le dernier soir avant les vacances, marmonna le petit Serdaigle tout en se laissant tomber à ses côtés.

Instantanément, Gemma insonorisa l'ensemble de son lit. Elle n'était pas idiote, elle savait très bien qu'elle allait perdre (encore une fois) et qu'elle n'arriverait pas à le chasser.

- Et ? Tu devrais être plutôt content, non ? Pas de cours, pas de devoir et une semaine de grasse matinée.

- Bien sûr que je suis content mais c'est bizarre de ne pas rentrer à la maison, tu comprends ?

Bien entendu qu'elle comprenait. Elle-même avait été consignée à Poudlard, son père arguant qu'il avait bien trop de travail pour s'occuper d'elle décemment. Sur le coup, la jeune Serdaigle lui en avait beaucoup voulu, d'ailleurs son ressentiment n'avait pas totalement disparu, mais comme Nella lui avait fait remarqué à juste titre, peut-être valait-il mieux passer des vacances sereines à Poudlard que de s'inquiéter pour son père.

Dans ces dernières lettres, rien ne laissait entrevoir que quelque chose n'était pas normal. Mais, Gemma connaissait son père par cœur et avait toujours été très proche de lui, malheureusement elle se rendait compte maintenant que cela avait été au détriment de sa mère. La jeune fille sentait bien qu'il ne parlait que de True (sa chouette qui n'était plus toute jeune), Tilmit (leur elfe de maison qui, lui aussi, avait un certain âge) et de son travail au Ministère que pour donner le change et, d'ailleurs, elle agissait de la même façon.

Oui, j'ai des bonnes notes, surtout en Sortilèges, oui je travaille beaucoup, oui Nella te passe le bonjour, non je n'aurais plus jamais d'autres retenues, rassure-toi. Merci, au revoir.

Elle s'imaginait mal lui dire : Heu … au fait, je suis harcelée par Potter, d'ailleurs jeudi soir, il m'a encore répété à quel point mes tâches de rousseurs ressemblaient à de l'écrabouille et, comble de la honte, je n'arrive pas à me défendre. Sinon il y a sa cousine, cette tarée de Dominique Weasley, je crois que j'ai trouvé comment ruiner sa vie définitivement. Et sinon, un gamin de onze ans dort dans mon lit depuis le début de l'année.

Pas sûr qu'il serait très fier d'elle.

- Aller viens, soupira Gemma en soulevant la couette de son lit, l'invitant à se glisser à ses côtés, ce qu'il fit sans discuter.

- Merci chef, chuchota-t-il. Dans tous les cas, ça va être cool de passer cette semaine ensemble.

- Et avec Nella.

- Ouais, ouais, avec Flint aussi.

Sa chère Nella, si douce et aimante, si fragile et généreuse, n'arrivait pas à trouver grâce aux yeux de Mervin. S'aurait été risible si cette dernière ne le supportait de moins en moins, elle aussi.

- Au fait, t'es sûre que c'est pas un Basilic ?

- Tais-toi et dors !

oOoOoOoOo

- Flint ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Nella Flint releva le nez de sa grosse écharpe de laine verte, laissant couler son regard bleu sur Wil Jordan qui la toisait de son mètre quatre-vingts.

Qu'est-ce qu'elle faisait là ? C'était plutôt évident non ?

Si elle attendait à Pré-au-Lard devant ce grand pré qui commençait à se remplir depuis quelques minutes, si des dizaines d'autres élèves adoptaient le même comportement, c'était bien sûr pour attendre leurs parents. En vérité, Nella n'avait pas prévu de rentrer chez elle durant ses vacances avant tout pour rester avec Gemma mais, ce matin, la vieille chouette effraie de son père avait été porteuse d'une mauvaise nouvelle. L'une de ses arrières-grandes-tantes était décédée et, même si elle ne la connaissait pas vraiment, cela aurait été manqué aux conventions que de ne pas aller à son enterrement. Enfin, ça, c'était ce que son père avait dit. Parce que Nella se doutait bien que sa mère, moldu de son état, n'en avait que faire de cette arrière-grand-tante sortie d'on ne sait où.

- Je rentre chez moi, marmonna-t-elle tout en se tordant le cou pour arriver à voir quelque chose derrière ce grand dadais de Jordan.

Si la plupart des élèves attendaient là, c'était parce que le pré devant elle, tenait lieu de zone de transplanage dans des moments comme celui là, pour ne pas que tout le monde se bouscule dans le village sorcier. Certains élèves rentraient par d'autres moyens de locomotion, mais c'était plus rare, alors la plupart de l'école était réunie ici. Et si Nella se trouvait seule, ce qu'elle détestait réellement, c'était parce qu'elle n'avait pas eu le temps de prévenir Gemma de son départ, cette dernière ayant ensorcelé les rideaux de son lit pour ne pas qu'ils s'ouvrent.

Sûrement parce que Kalls avait dormi avec elle et que sa meilleure amie ne voulait pas que ça se sache.

- Cool, répondit le métis en enfouissant ses mains dans ses poches de pantalon. Moi aussi.

- … Cool.

La jeune Serdaigle se sentit rougir face à l'intelligence de la conversation et rentra son menton dans son écharpe, tout en se demandant pourquoi diable Jordan venait lui parler maintenant.

For heureusement, elle reconnut la silhouette svelte de sa mère qui lui faisait de grands signes quelques mètres plus loin, suivie de près par son colosse de père qui avait l'air très guindé dans sa robe de sorcier flambant neuve. Ses parents étaient de toute façon un paradoxe à eux tous seuls. Pourquoi pas après tout.

- Je dois y aller, murmura Nella tout en se demandant comment sa mère avait osé associer ce gros pull jaune à un pantalon d'un rouge flamboyant.

- Super. Bon, bah, bonnes vacances Flint, commenta Wil Jordan tout en se passant la main dans ses cheveux épais.

- Bonnes vacances Jordan.

La jeune fille agrippa sa valise, serra les dents tout en priant que personne ne lui fasse de commentaire sur sa déjantée de mère à la rentrée et se dirigea à grands pas vers ses parents, sans pouvoir empêcher sa bouche de sourire au fur et à mesure qu'elle se rapprochait d'eux. Elle les aimait bien quand même ses parents.

- Aussi pitoyable que moi quand j'essaie de me réconcilier avec James, ricana Dewi Carlson qui n'avait rien perdu de la scène.

- C'est quand même toi qui m'a poussé à aller lui parler, grogna Wil.

- J'avais besoin de rigoler un peu.

oOoOoOoOo

- VICTOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRE ! YOUHOU !

Effarée, la jolie blonde qui discutait âprement avec Harry et Ginny Potter lança quelques œillades autour d'elle, avant de faire un pas sur le côté, espérant se dissimuler derrière son oncle. Malheureusement, tout le monde la regardait.

Un sourire carnassier s'afficha sur le visage de Dominique qui prit tout son temps pour rejoindre sa sœur, sa petite valise dans la main. Personne ne pouvait nier la ressemblance entre les deux sœurs et s'ils étaient vrais que leurs traits étaient quasiment les mêmes, Victoire avait une taille et une poitrine normale ce qui la rendait beaucoup plus jolie.

De même leurs caractères n'étaient pas si opposés. Victoire était aussi sociable qu'elle, pouvait piquer des crises de colère à n'importe quelle heure de la journée pour une petite contrariété et, même si elle était plus douce que Dominique en général, elle aussi avait un caractère passablement enflammé. D'ailleurs, sa fuite soudaine n'était là que pour embêter sa petite sœur et cette dernière le savait pertinemment.

- Papa et maman ne sont pas là ? s'enquit la blonde en serrant fermement sa sœur dans ses bras. Oncle Harry, tante Ginny. Non pas que ton transplanage d'escorte laisse à désirer mais …

- J'étais dans le coin alors je me suis dis que je pourrais aller vous chercher, répondit Victoire tandis que Dominique embrassait à leur tour Harry et Ginny. Et arrête avec cette histoire !

Victoire avait mis trois ans et cinq tentatives laborieuses avant de réussir son permis de transplanage et son petit-ami, Teddy Lupin se souvenait encore de la première et unique fois où elle avait voulu lui montrer ses talents en la matière : son bras gauche s'était désartibulé.

- Où est Louis ?

- Avec sa copine, répondit la voix douce de Lily Potter qui venait de surgir derrière eux, avant d'enlacer tendrement ses parents.

- Avec sa … COPINE ? hurlèrent les deux sœurs en même temps.

- Bah oui, regardez.

Et, horrifiées, les deux jeunes filles se retournèrent au moment où leur sage petit frère posait tendrement ses lèvres sur celle d'une brunette de Serdaigle, qui le serra fortement dans ses bras avant de rejoindre une grande femme trop maquillée. Avec un temps de retard, Victoire plaça sa main devant les yeux de Dominique tandis que cette dernière en faisait de même avec elle, sous les regards mi-moqueurs, mi-attendris des deux adultes.

- Tout le monde le sait, reprit Lily avec un grand sourire. Hein, Albus que tu le savais ?

- Que je savais quoi ? demanda le Serpentard qui venait de les rejoindre.

- Bah que Louis a une petite-amie.

- Ah oui, ça fait quelques semaines déjà. Molly m'en a parlé à la rentrée.

Molly ? La Molly qui était à Poufsouffle et en septième année, qui partageait son dortoir et la plupart de ses cours ? Et elle n'avait pas jugé utile d'en informer la principale concernée, à savoir Dominique Weasley ?

A en juger le regard moqueur de Victoire cette dernière devait penser la même chose.

- Mon frère est devenu un homme, murmura cette dernière en faisant mine de s'essuyer une larme imaginaire au coin de ses yeux.

- Il était temps, se moqua Albus en levant les yeux au ciel.

- Comment ça, il était temps ? s'étonna Harry Potter en se mêlant à la conversation des plus jeunes. Ne me dis pas que tu as une petite-amie ?

- Papaaaa !

Au final, Albus réussit à convaincre son père que non, il était bien trop sérieux dans ses études pour apporter de l'attention à une quelconque fille, ce qui fit bien rire Lily. Son oncle était encore en train d'essayer de lui tirer les vers du nez lorsque Ginny lui rappela qu'ils ne devaient pas trop tarder.

Au final, après que Louis eut rejoint ses sœurs, semblant accepter les quolibets sur sa petite-amie avec une certaine résignation, ces dernières se préparèrent à partir. Néanmoins, lorsqu'on possède une grande famille comme celle des Weasley-Potter, on ne peut s'attendre à s'en tirer à aussi bon compte. Ils croisèrent donc Percy et Audrey Weasley, ce qui permit à Dominique de reprocher à sa cousine Molly son silence sur la petite-amie de Louis -dont le teint était devenu rouge écarlate-, retrouvèrent les Potter -James en plus- avec Ron et Hermione Weasley, durent saluer quelques unes de leurs connaissances comme Lee Jordan, le père de l'acolyte préféré de son cousin et Dominique put dire une seconde fois au revoir à Camille Teyssier dont les parents discutaient avec ceux d'Arthur Lowe.

Au final, ils mirent une heure à transplaner et chacun avait encore tous ses membres à l'atterrissage avant de retrouver l'univers familier de la Chaumière aux Coquillages. Les vacances, enfin.

oOoOoOoOoO