Merci à Isabelle Pearl (promis, je te répondrais longuement dans la semaine mais sache que j'aime toujours autant tes reviews :)) et à Jolierosedu68 (J'ai honte de ne pas avoir posté avant en voyant tes reviews et ton impatience ... mais voilà un nouveau chapitre ... J'espère qu'il te plaira ... En tout cas, merci !)
J'ai enfin internet (enfin, depuis lundi mais je n'ai pas eu le temps de poster depuis) et je reprends un rythme de publication normal ! Je comptais profiter de ces trois semaines pour avancer dans mes chapitres mais ... Ma vie sociale est beaucoup trop active et j'ai honte mais je n'ai pas pondu un seul nouveau chapitre ... Heureusement que j'ai assez d'avance. Mais bref, on s'en fout, une seule chose à dire :
Bonne lecture !
"Fuyez un ennemi qui sait votre défaut."
Pierre Corneille, Polyeucte.
- Dominique !
- Par le froc de Merlin mais tu es resplendissante ! Tu as bronzé ?
- Oui, j'ai même pris un coup de soleil !
- Où ça ?
- Sur le derrière !
La jeune Weasley, qui était en train d'examiner le visage de sa meilleure amie, éclata de rire en comprenant que cette dernière se moquait simplement d'elle. Puis, les deux Poufsouffle tombèrent dans les bras l'une de l'autre sous le regard torve de Louis Weasley et celui, plus taquin, de Victoire Weasley.
L'aînée des Weasley avait tenu à faire le chemin du retour avec eux mais, cette fois, Teddy Lupin faisait parti du voyage. Teddy était le petit-ami de sa grande sœur depuis des lustres et il était absolument impossible de ne pas l'apprécier tant il était drôle et ouvert. Et puis, il était métamorphomage et Dominique adorait le regarder transformer ses cheveux ou son visage au gré de ses envies. Pour l'instant, le grand garçon qui abordait des cheveux rouges avait plutôt l'air de trouver les deux gamines qu'étaient Camille et Dominique un peu ridicules avec leur danse de la joie.
- Vous savez que bientôt, c'est plus une semaine que vous allez vous quitter, lança malicieusement Victoire tout en agitant sa main vers la famille Potter, qui allait entrer aux Trois Balais. Aucune amitié ne survit au passage des ASPICS. Et puis, il suffit que vous alliez à l'Université Magique et vous pouvez dire adieu à votre vie sociale !
- Université Magique ? s'enquit Dominique d'un air dédaigneux. C'est quoi ça ?
- Drôle de mot, ajouta Camille en frissonnant. Je me sens toute chose d'un coup.
- Hors de question de continuer les études, affirmèrent les deux amies en cœur.
Victoire éclata de rire, de bonne humeur, tandis que Teddy l'entrainait à la suite de la famille de son parrain, sans doute gêné qu'on le voit en compagnie de trois femmes immatures plus un garçon à l'uniforme de Serdaigle au visage très rouge. D'ailleurs, Louis Weasley en profita pour prendre congé.
- C'est ça ! Dis bonjour à Savannah de notre part ! cria Dominique en agitant la main en direction de son frère.
Il lui sembla qu'il s'était ratatiné sur lui-même et cela la fit beaucoup rire.
Les filles se mirent ensuite en quête de leurs amis mais furent très vite distraites par les nombreuses boutiques qui jouxtaient les ruelles de la petite ville sorcière. Même avec leurs valises dans les mains, elles réussirent à faire quelques magasins, achetant plumes et autres nécessaire à études, sans oublier de passer par Honeydukes pour faire le plein de sucreries.
Camille réussit même à faire entrer Dominique dans une boutique de vêtements "juste pour quelques minutes" et prit tout son temps pour essayer plusieurs robes. Au final, elle n'en prit aucune mais les deux jeunes amies avaient retrouvé Joana Mayer au même endroit, les mains pleines de sacs.
- Vous comprenez, l'hiver, je prends toujours un peu de poids, se justifia cette dernière. Alors, je fais des réserves de fringues.
- Faudrait pas que t'ais l'air boudiné, approuva Camille en prenant un air sérieux.
Elles passèrent l'heure suivante à taquiner Joana qui, bonne camarade, n'était pas la dernière à se moquer d'elle-même. Par pure coïncidence, elles retrouvèrent Isabel Lowell et Molly qui s'élançaient sur le chemin pour retourner au château et la première soulagea tout le monde en appliquant un sortilège d'allégresse sur leurs valises.
Une fois de retour dans leur salle commune sans autre accident notable qu'un peu de boue sur la jupe noire de Molly -Peeves avait décidé de profiter du beau temps-, toutes les filles se préparèrent à remonter dans leur dortoir. C'était sans compter Arthur qui avait l'air mitigé à leur apparition et les arrêta dans leur progression.
- Salut Anatole, lança Isabel en donnant l'accolade au jeune homme qui se tenait un peu en retrait. Tu as passé de bonnes vacances ?
Pendant ce temps, Molly et Arthur s'embrassaient passionnément, sûrement pour rattraper le temps perdu où ils n'avaient pu explorer la glotte de l'autre.
- Oh oui, approuva le garçon avec un grand sourire. Et, en plus, nos retenues sont terminées maintenant. La vieille chouette ne me fera plus jamais ouvrir un livre de Divination de ma vie !
- Nom d'un Troll, moi aussi je … Oh bordel, j'avais oublié qu'il me restait encore un mois, lança Dominique d'un air dépité.
- Tu l'as bien mérité, trancha Isabel.
Molly coupa court à la dispute sans le savoir, arguant qu'il fallait absolument qu'elle se change car Peeves avait abimé sa jupe toute neuve en lançant de la boue dessus. Sautant sur l'occasion pour retrouver son dortoir, Dominique se mit à taquiner sa cousine tandis que la petite troupe suivait. Tous ?
oOoOoOoO
- Attends …, marmonna Arthur en retenant Camille Teyssier par la main.
Cette dernière se mit à jeter des regards paniqués autour d'elle mais ses amies n'étaient déjà plus visible, à peine entendait-on le rire de Dominique vibrer à travers les murs, et Anatole avait été interpellé par un garçon de sixième année avec qui il jouait souvent aux échecs. Et les autres Poufsouffle ne faisaient certainement pas attention à eux, occupés à fêter leurs retrouvailles.
- Tu m'as manqué, affirma la jeune fille en baissant la voix.
Elle se souvint qu'il la tenait toujours par la main et se dégagea doucement, à contrecœur, tandis qu'il lui octroyait un de ses sourires qui lui réchauffait le cœur. Elle déchanta lorsqu'il remonta ses lunettes sur son nez, signe évident de gêne chez lui.
Son cœur se serra, comme souvent durant la semaine qu'elle avait passé loin de Poudlard, car elle savait pertinemment ce qu'il voulait lui dire.
- Quand est-ce qu'on lui dit ? attaqua-t-il d'ailleurs en plissant les yeux. Ce soir ?
Camille se pinça les lèvres, soudainement absorbé par la partie d'échecs entre Anatole Bensberg et le garçon de sixième année qui avaient, effectivement, attaqué une partie d'échecs. Elle poussa un profond soupir et se lança.
- J'ai changé d'avis.
- Tu as … quoi ?
- Je ne veux plus lui dire …, marmonna Camille en piquant un fard. Il ne faut pas …
- Je croyais qu'on était d'accord ! s'énerva Arthur. Cette mascarade doit cesser, je n'en peux plus !
Il passa une main dans ses cheveux blonds, accrochant ses lunettes au passage. Après les avoir remises en place, le jeune Poufsouffle vérifia que personne ne pouvait les entendre et chuchota en se penchant vers la brunette.
- Je n'aime plus Molly et je déteste l'idée de lui mentir, avoua-t-il.
- Mais moi j'aime Molly, lança Camille avec simplicité. Et ce qu'elle ne sait pas ne peut pas …
- Tu m'emmerdes Camille. Vraiment.
Et le grand dadais tourna les talons, rejoignant momentanément son meilleur ami qui réfléchissait visiblement au meilleur angle d'attaque possible. Profondément dépitée et attristée, Camille se sentit coupable de ressentir du soulagement. Parce qu'elle était certaine d'une chose : Arthur n'avouerait rien à Molly tant qu'elle ne lui aurait pas donné son accord.
La jeune fille ne tarda pas à rejoindre ses amies mais, néanmoins, elle se sentit encore plus coupable quand Molly, rayonnante, lui offrit un de ses petits porte-clés magiques que sa sœur, Lucy Weasley, fabriquait elle-même dans ses moments de détentes.
oOoOoOoOoO
Les vacances de James avaient été plutôt déprimantes, tiraillé entre la peine de ne plus parler à Dewi et l'incompréhension que celle-ci déclenchait chez lui. Le retour à Poudlard n'avait pas apaisé les tensions et, contrairement à ce qu'il avait affirmé, Wil Jordan s'acquittait très bien de son rôle de hibou, passant de l'un à l'autre de ses amis avec une aisance presque naturelle.
Bon, bien entendu, il passait son temps à râler lorsqu'ils se retrouvaient seuls à seuls et James se doutait bien qu'il faisait de même avec Dewi, mais il n'avait pas abandonné l'un d'entre eux.
Fort heureusement, arriva le cours de Soins aux Créatures Magiques du mercredi matin, et c'est particulièrement ravi de trouver une échappatoire à l'ambiance étouffante qu'il se présenta devant la salle de cours, située vers les serres. Il croisa les doigts pour assister à un cours pratique et pria Merlin pour que Lastek les autorise à retourner voir les licornes ce qui, malheureusement, n'arriva pas. Comme pour lui gâcher son plaisir, Dewi Carlson s'installa la première à côté de Wil et il se retrouva seul à une table. Pas pour longtemps car sa cousine Dominique lâcha son sac de cours sur la chaise à ses côtés, ce qui était étonnant de sa part.
- Quoi ? lui lança-t-elle alors qu'il la regardait bizarrement.
- T'es en panne d'amis ? Où sont les commères de ta classe ?
- T'es mal placé pour parler de ça.
Il apparut bien vite qu'Isabel Lowell et Camille Teyssier s'étaient assises l'une à côté de l'autre et ricanaient bêtement en voyant leur amie aux côtés de James. Il haussa les épaules. De toute façon, valait mieux se coltiner Dominique qu'être seul.
Le professeur Lastek qui avait mystérieusement disparu dans une pièce annexe après les avoir fait entré, revint dans la petite salle avec un immense oiseau aux serres aiguisées sur le bras. Il avait d'ailleurs eut la précaution de chausser son bras d'un gant protecteur pour ne pas prendre de risque.
Alors que des cris d'étonnement, parfois de peur chez les filles, éclataient dans la classe, lui sentit sa mâchoire se décrocher à moitié. Ce genre de volatile était très rare et il était véritablement sidéré que Lastek ait pu en approcher un et le ramener à Poudlard. Admirateur, il se détendit totalement lorsqu'il réalisa que ce cours allait véritablement avoir l'effet désiré.
- Du calme, du calme, ordonna Lastek d'une voix ferme. Vous allez lui faire peur. D'ailleurs, qui peut me dire de quelle espèce il s'agit ?
James fut le seul à lever le bras.
- Potter ?
- C'est un Augurey, lâcha le Gryffondor, un phénix Irlandais.
Lastek hocha la tête d'un air satisfait et lui accorda cinq points pour sa maison. Puis, l'Augurey, se mit à crier … non brailler convenait mieux pour décrire son cri strident et énervant au possible. La moitié de la classe se boucha les oreilles au bout de quelques secondes et tout le monde fut soulagé quand le rapace ferma le bec, se frottant consciencieusement la tête contre l'épaule de Lastek.
- Ah, voilà la partie la plus intéressante, se réjouit Lastek. Quelqu'un peut me dire pourquoi Bertie a fait ça ?
- Parce que sa tête le gratte ? tenta Dominique avec un sourire ironique tandis que son cousin levait les yeux au ciel.
- Son cri Miss Weasley, son cri ! Oui Potter ?
- Il ne crie pas, il chante, déclara fièrement le garçon. Pour annoncer la pluie.
Il évita d'ironiser en précisant que l'oiseau ne ferait jamais carrière dans la comédie musicale surtout avec son plumage vert et cendre qui le rendait lugubre au possible. Lastek parut se réjouir de sa réponse et le cours débuta réellement.
James ne se déconcentra pas un seul instant même quand sa cousine lui proposa un morpion magique. Dominique dormait depuis longtemps -elle avait l'incroyable capacité de dormir les yeux ouverts- lorsque le cours se termina. Un peu déçu, il n'avait aucune envie de retrouver Dewi ou même Wil, le jeune Gryffondor prit tout son temps pour ranger ses affaires et il était le dernier encore présent lorsque Lastek l'apostropha, ses cheveux grisonnants partant dans tous les sens.
- Vous voudriez voir Bertie de plus près Potter ? lança-t-il en désignant le volatile qui dormait paisiblement sur le rebord de la fenêtre.
- Oh … oui, oui, répondit James, néanmoins un peu étonné de la faveur qu'il lui faisait, avant de se rétracter. Mais j'ai un cours de Défense Contre les Forces du Mal.
Lastek hocha la tête en signe de compréhension tout en tenant la porte au Préfet-en-Chef. Avant que celui-ci ne soit sorti de cours, il le retint du bras, son visage vieilli par les années semblant en pleine réflexion.
- Que voulez-vous faire plus tard Potter ?
- Et bien, je voudrais travailler dans le sport. Le Quidditch vous savez. J'aimerais bien être entraineur d'une équipe.
Et si possible, une équipe aussi prestigieuse que les Harpies de Holyhead où sa mère avait joué de nombreuses années.
- Oh, très bien Potter, répondit Lastek l'air un peu déçu. Mais vous devriez songer à vous tourner vers une carrière en contact avec les créatures magiques. Je suis convaincu que vous seriez brillant, très brillant. Réfléchissez-y Potter.
Il écarta son bras pour laisser passer le Gryffondor qui, profondément surpris des paroles de son professeur, mit quelques secondes à réagir. Une fois sur le chemin du retour, il esquissa un sourire.
C'est vrai qu'il était doué avec les animaux, après tout il avait été le seul garçon à pouvoir approcher une licorne la dernière fois. Et elle lui avait même léché le visage. James se souvenait encore de la tête qu'avait fait Nott à cet instant et, rien que pour ça, il voulait bien que le cours de Soins Aux Créatures Magiques soit le seul où il avait une moyenne de O depuis sa première année. Mais c'était un passe-temps seulement, pas son rêve de carrière.
Lui, il voulait être connu et reconnu. Et pas seulement parce qu'il était le fils d'Harry Potter mais surtout parce qu'il était doué sur un balai. Il voulait avoir la même carrière que sa mère, voyager à travers le monde et signer des autographes à des gens qui le regardaient d'un air ébahis. Il voulait vendre du rêve. Et, un Augurey, aussi intéressant que soit cet animal, ne lui permettrait pas d'atteindre son but.
Non vraiment, la proposition de Lastek avait beau être tentante, ce n'était absolument pas ce qu'il désirait.
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Le jeudi suivant, alors qu'elle s'entrainait à lancer un Flipendo dans le parc, à moitié caché derrière un talus, Dominique Weasley surprit la chevelure rousse accompagnée des verres en cul de bouteille de Wiertz un peu plus loin, qui remontait jusqu'au château. La jeune fille rangea précipitamment sa baguette, après tout on n'avait toujours pas le droit de faire de la magie dans le château ou dans le parc mais, déjà, il se détournait de son chemin initial pour venir à sa rencontre.
Se maudissant de n'avoir pas été plus discrète, la jeune fille baissa la tête et s'efforça de prendre un air contrit, croisant les doigts pour ne pas faire perdre de points à sa maison.
Quelle ne fut pas sa surprise quand le Professeur la salua avec son accent allemand sans paraitre faire attention à sa violation du règlement.
- Votre baguette …, commença-t-il.
Ah si, en fait, il avait remarqué.
- Il faut la tenir plus fermement. Comme ça, expliqua le professeur en sortant la sienne, d'une taille peu commune pour un sorcier.
Dominique hésita un peu à l'imiter mais sortit de nouveau sa baguette quand il lui apparut que Wiertz n'était là que pour l'aider.
- Merci, lâcha la jeune fille quand, à sa plus grande surprise, son Flipendo alla se nicher droit dans la cible qu'elle avait choisi, une pauvre souche d'arbre qui n'avait rien demandé à personne.
- Mais de rien, je suis là pour ça après tout.
Ces paroles rappelèrent à Dominique qu'il avait quitté l'Allemagne durant l'été et elle se demanda pourquoi un Auror, qui devait déjà être surchargé de travail, acceptait de venir donner des cours à des adolescents plusieurs fois par semaines. Comme s'il avait saisi le fil de ses pensées, l'Auror lui adressa un demi-sourire tout en regardant pensivement autour de lui.
Néanmoins, il ne fit aucun commentaire, se contentant de changer de sujet.
- J'ai rendez-vous avec votre directrice, le professeur McGonagall. Voulez-vous que je vous accompagne à la Grande Salle ? Le dîner doit déjà être servi et je crois que vous ne devez pas vous déplacer seule.
Effectivement, la nuit était tombée depuis longtemps et plongé dans son apprentissage du Flipendo - et cela n'avait rien d'érudit, bien au contraire, la jeune fille s'était dit que c'était une bonne idée de savoir botter les fesses de Lysenko si une altercation prochaine avait lieu entre elles-, elle n'avait pas vu l'heure passer. Et, effectivement, Dominique commençait à avoir faim.
Et puis, de toute façon, elle n'avait pas le choix. Elle avait déjà de la chance qu'il ne lui fasse pas un sermon pour avoir osé mettre le bout de son nez hors du château sans un chaperon.
- Est-ce que vous avez du nouveau concernant les agressions ? s'entendit-elle demander avec une voix timide qui ne lui ressemblait pas.
- Et bien nous progressons mais je ne peux pas vous en dire plus, avoua Wiertz. Le petit malin qui a fait ça ne devrait pas recommencer.
Satisfaite et rassurée par ses paroles, Dominique résista à l'envie de lui demander sur qui se portait ses soupçons. Néanmoins, elle était tellement convaincu que le coupable portait une cravate verte et argent que cela lui suffit. Et puis, tant que Camille était vengée, cela lui allait.
- Vous avez vraiment une nombreuse famille, reprit l'Allemand alors qu'il venait de réprimander Albus Potter qui, visiblement, n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se battre dans le hall du château. Avec une fille en plus.
- Bien trop, grogna la jeune Weasley en espérant que l'Auror n'ait pas vu le geste vulgaire que lui faisait Albus dans son dos, énervé de s'être fait avoir.
- Oh, vous devriez être contente. Moi par exemple, je n'ai ni frère ni sœur. Les repas de famille sont très ennuyants.
Ce disant, il l'enjoignit à passer devant lui et elle entra dans la Grande Salle, s'apercevant vite qu'il ne manquait plus qu'elle à la table des Poufsouffle. Dominique salua le professeur, lui promettant de mettre en œuvre son Flipendo durant le cours de Duels du soir, et rejoint sa table au pas de course.
- Je rêve ou tu discutais avec un pro-fes-seur ? s'enquit Camille, la bouche légèrement entrouverte.
Dominique l'ignora royalement, se servant une pleine assiette de riz et de boulettes de viande.
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James fut l'un des derniers à arriver au cours de Duels, principalement parce qu'il évitait toujours de se retrouver trop près de Dewi Carlson. En plus, il avait vraiment du mal à l'éviter ces derniers jours tant le changement opéré sur son amie depuis le début de l'année s'était accentué. Plus cernée que jamais, elle abordait un teint maladif qu'elle ne prenait même pas la peine de cacher et ignorait les murmures étonnés sur son passage. Souvent, lorsqu'elle ne le regardait pas, il l'observait et la connaissait assez pour se rendre compte qu'elle était au bord des larmes la plupart du temps.
Et si cela ne le dérangeait pas le moins du monde de voir pleurer quelqu'un comme Gemma Lysenko, l'idée de savoir Dewi aussi triste lui retournait l'estomac.
Il devait donc se contenir depuis plusieurs jours pour ne pas la prendre dans ses bras. Il avait sa fierté après tout.
Trainant des pieds, il alla rejoindre son groupe, bon dernier, et salua sans entrain le professeur Assem qui n'était jamais loin d'eux depuis leur altercation. Ignorant tout le monde, il se laissa glisser contre le mur à côté de Wil Jordan alors que celui-ci avait l'air absorbé par Dominique Weasley qui discutait à voix haute avec Bensberg. De l'autre côté de l'estrade, Thomas Ayling, le Serpentard, discutait à voix basse avec Flint, la copine de Lysenko. Celle-ci ne paraissait pas très heureuse de sa compagnie, cela se voyait à son visage crispé.
- T'étais où ? lança Wil en paraissant finalement se rendre compte de sa présence.
- Bibliothèque, mentit-il en laissant couler son regard vers Dewi qui, sur sa propre estrade tentait de mettre le plus de distance entre elle et Moorehead, sa partenaire.
Wil leva les yeux au ciel, signe qu'il n'était absolument pas dupe mais ne commenta pas. Il fut le premier à combattre avec Flint, contre Lysenko et Dominique. Le match allait être serré, comme d'habitude, étant donné qu'aucune des deux équipes ne s'entendait.
Finalement, l'équipe de sa cousine remporta la manche, grâce à un Flipendo parfaitement exécuté de cette dernière, au grand étonnement de … tout le monde. L'air satisfaite d'elle, sa cousine fit une petite courbette à l'assemblée et il ne put s'empêcher de la bousculer lorsqu'il prit sa place sur l'estrade, se plaçant à côté de Nott qui lui lança un regard ennuyé.
- T'es constipé ? lança-t-il innocemment en veillant à ce qu'Assem ne l'entende pas.
Le Serpentard ne daigna pas répondre, tout au plus lui lança-t-il un regard dégoûté et Dominique siffla le début du match de toutes ses forces, faisant sursauter leur professeur de Potions qui la réprimanda.
- AIE !
Un instant déconcentré, James faillit se prendre un maléfice du saucisson qu'Ayling avait lancé vers ses jambes et eut le réflexe de sauter au dernier moment.
Peu importe, le combat était fini. Parce que c'était Dewi qui avait crié et qu'il l'avait vu tomber de l'estrade à cause de sa partenaire qui n'avait rien fait pour la désensorceler du Tarentagrella infligé par l'un de leurs adversaires.
James sauta de son estrade sans faire attention aux cris courroucés d'Ayling et couru vers son ami, devançant de peu Wil Jordan qui avait eu le même réflexe. Elle reposait sur le dos et avait le visage crispé tandis que ses jambes s'agitaient toutes seules, encore soumises au sortilège.
- Tu pourrais l'aider, s'agita Wil en fusillant Heather Moorehead du regard, cette dernière regardant ces ongles avec un aplomb surprenant, comme s'ils avaient été sa priorité.
Ce qui était sûrement le cas.
- C'est bon, j'suis une grande fille, grogna Dewi. Potter-l'-idiot, tu veux bien m'arranger ça ?
- Je croyais que tu pouvais te débrouiller toute seule ?
Malgré tout, ce n'était que simple ironie car il désensorcela immédiatement les jambes de son amie et l'aida à se redresser. Une fois debout, cette dernière ne daigna pas lâcher sa main et le regarda fixement pendant quelques secondes avant de baisser les yeux.
James qui se sentait idiot de s'être inquiété alors qu'elle n'avait pas l'air blessé adopta la même posture, tout en ressentant un pincement au cœur. Maintenant qu'il était près d'elle, qu'il pouvait sentir ses doigts tremblants entre les siens, il se rendit compte à quel point elle lui avait manqué. Peut-être était-ce le moment de se réconcilier avec elle ? Faire un pas en avant et surtout, faire semblant d'ignorer ses mensonges. Idée qui le répugnait mais il détestait tout autant ne plus lui parler.
Sa fierté ou une amitié longue de six années ?
Ce fut Dewi elle-même qui le convainquit car elle releva ses yeux verts étrangement brillants vers lui et tenta de sourire, ne réussissant qu'à grimacer. En même temps, ils se laissèrent tomber dans les bras l'un de l'autre tout en marmonnant tous les deux : excuse-moi.
Oh, bordel, c'était bon.
- Comme c'est touchant, ironisa la voix criarde de Dominique dans son dos, les faisant sursauter. On peut continuer maintenant ?
Relevant la tête, le jeune Gryffondor s'aperçut que tout le monde les regardait et il recula d'un pas, sans pouvoir s'empêcher de sourire. Ils discuteraient de choses sérieuses plus tard, pour l'instant, ils étaient trop jeunes pour gâcher de précieux instants d'amitié.
- Toi, arrête de sourire comme un idiot, ne put-il s'empêcher de lâcher à Wil qui avait un air béat sur le visage.
Ce dernier se retint de répliquer qu'il abordait le même air.
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- Qu'est-ce que tu tiens dans les mains ?
Dewi Carlson, qui venait de poser la question, avait l'air en bien meilleur état que les semaines passées, sa réconciliation avec James étant pour beaucoup. Lovée dans un fauteuil au rembourrage épais, la tête appuyée sur l'un de ses bras, elle regardait son ami d'un air interrogateur. Ce dernier sursauta, hésitant ostensiblement.
En vérité, il se demandait s'il ne valait mieux pas garder ça pour lui. Déjà parce que ce n'était pas important ensuite parce que ça leur ferait les pieds à elle et ce grand bêta de Wil Jordan qui n'avait pas perdu une miette de la conversation. Il n'y avait pas qu'eux qui avaient des secrets.
Mais il jugea cette réaction plutôt enfantine et n'avait pas envie de se disputer de nouveau avec Dewi alors il abdiqua. Et puis, peut-être que l'un d'eux aurait une idée sur ce qu'était ce bout de papier.
- Tiens, marmonna-t-il en passant le petit bout de papier carré à Dewi qui l'observa attentivement.
Malheureusement, son air était interloqué et Wil n'eut pas plus de réaction lorsqu'elle le lui donna.
- C'est quoi ?
- Aucun idée. Je l'ai trouvé sur Teyssier quand elle a été agressé.
- Quoi ? s'exclama Dewi. Et tu ne l'as pas donné aux professeurs ?
- J'ai oublié et puis, ce n'est qu'un bout de papier.
La jeune fille allait répliquer mais referma la bouche, sans doute par peur de déclencher une dispute. James se sentit étrangement mal. Allaient-ils surveiller leurs paroles jusqu'à la fin de l'année ? C'était vraiment trop bizarre. Accepter sans pardonner, sans oublier.
- Ce n'est sûrement pas important, supposa Wil. Et puis, tu n'as qu'à demander à Teyssier, ce doit être à elle.
Le jeune garçon opina du chef. Il n'avait qu'à faire comme ça.
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- C'est bien, on arrête, vous avez tous bien travaillé ! s'exclama Dominique tout en passant une main sur son front plein de sueur. On va ne faire qu'une bouchée de Potter et sa clique !
Doucement, elle fit pivoter son balai et retrouva la terre ferme après plus de deux heures d'entrainement. De plus en plus confiante pour la coupe de Quidditch, la jeune fille observa son équipe avec une certaine fierté, tout en reprenant difficilement son souffle. L'entrainement avait été épuisant, d'ailleurs c'était sa faute d'une certaine façon, et elle se sentait fatiguée. Fort heureusement, Abel McKinley qui avait l'air en pleine forme et souriait de toutes ses dents se proposa pour ranger les balles et elle ne traina pas pour remonter au château tandis que les autres allaient se doucher dans les vestiaires.
La nuit était tombée depuis longtemps et songeant à l'agression dont Camille avait été victime, la jeune fille accéléra le pas, peut-être trop, jusqu'à atteindre le hall. Là, elle s'autorisa quelques secondes de détente.
Parce qu'elle avait beau être têtue et obstinée, elle ne voulait pas dépasser ses limites. Et là, son corps lui dictait de se calmer et de s'allonger. Dormir, elle ne pouvait pas encore mais ralentir le pas, c'était dans ses cordes. Qu'est-ce que Molly lui aurait dit dans un moment pareil ? Sûrement une flopée d'insultes pour faire le clown sur un balai avec tous les risques que cela comprenait. Molly ne comprenait pas.
Un sourire s'afficha sur ses lèvres lorsqu'elle songea à sa cousine et, après une quinte de toux particulièrement douloureuse mais qui ne dura pas, elle disparut dans un couloir, pressée d'aller prendre sa douche.
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Gemma Lysenko n'avait pas abandonné l'idée de confondre Dominique Weasley. Elle s'était encore infligé la surveillance d'un énième entrainement de Quidditch ce soir là, sans pour autant découvrir quelque chose d'intéressant. Tout au plus, la fâcheuse manie qu'avait Weasley de faire courir ses camarades -au plus grand damne de la plupart d'entre eux- avant de commencer à voler lui semblait-elle totalement incongrue. Néanmoins, n'y connaissant rien, Gemma se disait que c'était peut-être une manière de se maintenir en forme.
Heureusement qu'elle avait pris son manuel d'Histoire de la Magie pour s'avancer un peu dans la leçon du professeur Binns.
Elle était en train de rêver à l'époque contemporaine lorsqu'il lui sembla que les balais des joueurs avaient disparu de son champs de vision et se maudit de son inattention. Fort heureusement, les Poufsouffle étaient toujours sur le terrain et elle quitta le recoin de la tribune où elle avait trouvé refuge, un endroit où elle pouvait espionner sans être vue.
Gemma avait déjà remarqué que Weasley ne se lavait jamais avec les autres et fut particulièrement contente de la voir remonter vers le château car il ne faisait pas très chaud en Ecosse à cette période de l'année. Elle la suivit de loin, la vit accélérer le pas et en fit de même, s'essoufflant rapidement.
Lorsque Weasley rentra dans le château, elle était assez loin d'elle et la jeune Serdaigle eut peur de la perdre mais lorsqu'elle ouvrit les portes, l'autre venait à peine de s'engouffrer dans le long dédale de couloirs qui menaient aux cachots et à la salle commune des Poufsouffle. Là, Gemma hésita réellement à la suivre. Il était presque vingt heures, elle avait faim, Nella l'attendait et puis, que pouvait-il se passer lors d'un trajet de cinq à six minutes, à peine ?
Sa curiosité (ou obstination douteuse, appelez ça comme vous voulez) l'emporta néanmoins et elle se glissa à son tour dans le couloir sans faire de bruit.
Elle ne voyait plus Weasley mais connaissait le chemin menant à la salle commune et se contenta de la suivre mécaniquement. Au bout d'un moment, les bruits de pas devant elle qui la guidaient s'estompèrent et elle crut être arrivée sauf qu'elle se rendit vite compte que la salle commune était encore à quelques couloirs et que cela ne faisait pas très longtemps qu'elle marchait.
Mécaniquement, Gemma ralentit l'allure. Elle était sûre que c'était Weasley qui se trouvait devant elle car aucun élève ne l'avait dépassé. D'ailleurs, le couloir était désert à cette heure-là, la plupart des élèves se retrouvant dans leurs quartiers à étudier ou discuter. Elle-même ne trainait plus dans le château après le repas qu'elle prenait habituellement vers six heures et demi.
Pourquoi Weasley s'était-elle stoppée ?
Décidant qu'elle n'avait rien à perdre, Gemma reprit sa marche. Après tout, si cela dégénérait elle maniait beaucoup mieux la baguette que la Poufsouffle et cette dernière ne pouvait pas lui reprocher de se balader dans les couloirs même si ce n'était pas exactement là que se trouvait sa salle commune.
Après un tableau représentant une coupe de poires, le couloir faisait un angle et Gemma s'y engouffra sans hésiter.
Sa mâchoire manqua se décrocher.
Et bizarrement, une scène qu'elle complètement oublié revint dans son esprit. Elle se revit dans les cachots en début d'année avec James Potter, découvrant le petit Hemwould accroché au mur. Et … Dominique Weasley, en pleine crise de panique, assise à même le sol, le mur froid soutenant son corps frêle tandis que son cousin l'enjoignait de se calmer.
Et bien là, la scène était la même. Weasley gisait contre le mur, le corps tremblant et le visage très rouge, suffoquant véritablement. Gemma contempla un instant sa poitrine qui se soulevait à toute vitesse, ses bras qui tentaient de prendre appui sur le sol pour se relever sans résultats et ses yeux emprunts d'une panique notable.
Et puis Weasley se rendit bien compte qu'elle n'était pas seule. Il sembla à Gemma que son visage perdait de sa superbe et que la confiance qu'elle se portait se disloquait. Néanmoins, cela dura très peu de temps. La Poufsouffle se reprit et lui lança un regard noir, comme pour la défier de faire le moindre commentaire.
Gemma la dévisagea sans dire un mot tandis qu'un terrible dilemme se posait à elle. Que devait-elle faire ? Tourner les talons lui semblait l'idée la plus tentante mais s'il arrivait quelque chose de réellement grave à cette peste, on allait l'accuser de ne pas l'avoir aidé. N'empêche c'était tentant.
Et puis Gemma reprit ses esprits. Elle n'était pas comme ça, oh non, ses parents ne l'avaient pas élevé comme ça. Elle ne pouvait décemment pas abandonner une élève apparemment mal en point, aussi haïssable soit-elle. D'ailleurs, elle était mortifiée de ce qu'elle avait osé penser et s'avança vers Weasley, qu'elle rejoignit en quelques pas.
- Dégage, cracha cette dernière.
Finalement, elle aurait peut-être mieux fait d'écouter la petite voix qui lui dictait de s'enfuir en courant.
- Je vais aller chercher quelqu'un chez les Poufsouffle, murmura-t-elle en fronçant les sourcils. Ils s'occuperont de toi.
- NON !
Etonnée, Gemma lança un regard surpris à la jeune fille qui avait maintenant totalement perdu de sa superbe et la fixait comme si elle était le diable en personne. Elle eut envie de la gifler. Même dans un moment pareil, Weasley ne lui inspirait que du mépris.
- D'accord. Alors je te laisse là …, commença-t-elle.
- Très … bien.
- On va à l'infirmerie, soupira Gemma, ahurie par la bêtise de Weasley.
- Pour … Pourquoi faire ?
Atterrée, Gemma se retint de lui rappeler la situation qui n'était pas vraiment normale à son goût. C'est vrai, pourquoi voudrait-elle l'emmener à l'infirmerie alors qu'elle avait l'air en pleine forme, assise là par terre, le souffle coupé et les yeux pleins de larmes ? Non, Weasley avait raison, mieux valait la laisser crever sur le sol.
Même si sa conscience lui soufflait d'ignorer les protestations de cette peste.
Alors elle soupira, agacée par sa propre stupidité. C'est vrai quoi, pourquoi insister alors que la scène allait tourner au pugilat, elle en était persuadée ? Néanmoins, elle n'arrivait pas à faire autrement.
- On va à l'infirmerie, s'entêta Gemma en lui tendant la main au prix d'un lourd effort.
Weasley dévisagea la main tendue pendant quelques secondes avant de remonter ses yeux vers elle. Gemma ne se priva pas pour la dévisager et un duel silencieux s'engagea.
Elle était moins jolie que d'habitude Weasley avec ses joues rouges et la sueur qui dégoulinait de son front. Même ses yeux bleus semblaient avoir perdu de leur intensité à cet instant. Pour la première fois, Gemma trouva laides ces joues creuses qu'elle enviait en temps normal. Et ses cheveux, mélanges de sueur et de nœuds qui s'étaient collés sur son visage … Oh non, Dominique Weasley n'avait rien à voir de l'habituelle jeune et jolie jeune fille (physiquement parlant, bien entendu) qu'elle était habituellement.
Gemma allait rabattre son bras contre son corps lorsque Weasley le lui agrippa brutalement.
Quelle étrange journée !
