Encore une fois un grand merci à Isabelle Pearl et Jolierosedu68 pour leur review :)

J'essaie de tenir le rythme d'un chapitre par semaine, par contre, à partir de maintenant, ce ne sera plus le week-end ! Voilà, bonne lecture !


Et si c'était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l'instant. -

Delphine de Vigan


- Mets-y du tien Weasley, grogna Lysenko en s'arrêtant, pour la troisième fois depuis qu'elles avaient quitté le couloir.

Si Dominique ne faisait aucun effort pour aider Gemma Lysenko à la transporter à l'infirmerie, c'est qu'elle n'y arrivait tout simplement pas. La Serdaigle avait passé un bras autour de sa taille et la portait plus qu'elle ne l'aidait à marcher, ce qui rendait leur ascension longue et difficile.

Au plus grand bonheur de la Poufsouffle, qui tremblait de croiser l'un de ses amis ou une de ses connaissances, seul un Gryffondor bizarre de cinquième année (celui qui avait embrassé Molly contre son gré quelques années plus tôt) les avait vu et encore, elle n'était pas sûre car son regard était vraiment vitreux.

- Je ne suis pas si lourde que ça, c'est toi qui n'a aucune … force, grinça Dominique tout en tentant de se calmer.

Mais il fallait avouer qu'il était dur de tenter de contrôler son souffle avec Gemma Lysenko à ses côtés, cette dernière ne faisant que râler depuis dix minutes. Et dire que c'était elle qui avait voulu l'emmener à l'infirmerie … Elle aurait mieux fait de la laisser agoniser dans le couloir. De toute façon, Dominique connaissait son corps. Cette crise avait beau être assez violente, elle avait connu pire et était tout à fait capable de la maitriser. Mais pas avec Lysenko avec ses côtés. Alors ses pieds flottaient contre le sol plutôt qu'ils ne marchaient, tremblants, et elle avait l'impression que la Serdaigle lui avait froissé une côte en la tenant trop fermement.

- Ca c'est bien vrai, persiffla Lysenko.

- Comment ça ?

- Tu devrais te faire vomir un peu plus, peut-être que tu serais plus facilement transportable.

Dominique sentit sa mâchoire se décrocher et éclata d'un rire sans joie qui la fit tousser de plus belle. Elle, se faire vomir ? Pourquoi pas, si elle voulait disparaitre, c'était la meilleure solution. Les Serdaigle avaient beau être réputés pour leur perspicacité, Lysenko était sans doute l'exception qui confirmait la règle. N'importe qui la connaissant un tant soit peu savait que la nourriture était sacrée pour elle et qu'elle mangeait parfois plus que sa part.

- Aie ! gémit la Préfète-en-Chef alors que la main de Dominique s'était malencontreusement agrippée dans sa tignasse brune.

- Désolée, marmonna cette dernière entre deux quintes de toux.

Elles offraient un beau spectacle dans ce couloir, heureusement, désert. Ce fut l'une des premières fois de sa vie que Dominique fut heureuse de voir la porte de l'infirmerie, priant Merlin que Pomfresh ne soit pas d'humeur à la sermonner.

Lysenko avait relâché son étreinte sur elle et Dominique tendit la main vers la poignée. Son geste fut stoppé en pleine course.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Quoi, qu'est-ce que j'ai ?

- Ton espèce de crise, c'est pas la première fois. Y'a eu les cachots au début de l'année et la dernière fois, à l'infirmerie, je t'ai vu, si tu ne te souviens pas.

Bien sûr que si qu'elle se rappelait la peur qu'elle avait eu en voyant Lysenko ouvrir son rideau pendant qu'elle tentait vainement de se calmer. Elle avait eu véritablement la frousse que celle-ci en parle dans tout le château, ce qui n'avait heureusement pas été le cas.

Cependant, le regard suspicieux de Lysenko accentua un peu plus les battements de son cœur et des milliers de frissons lui parcoururent l'échine. Elle tenta de soutenir son regard et laissa tomber. Parce qu'elle était certaine que la Serdaigle ne la lâcherait pas. Oh non, c'était une occasion inopinée pour elle de découvrir son secret et elle voyait très bien où elle voulait en venir. Lysenko allait lui pourrir un peu plus la vie en révélant sa maladie à tout le château.

Alors Dominique fit au plus simple : elle tomba dans les pommes.

oOoOoOoOoOo

- Bonjour Dominique.

La Poufsouffle cligna plusieurs fois des yeux, sentant l'état léthargique dans lequel elle était plongée se dissiper peu à peu. Ses mains agrippèrent un drap blanc et soyeux et elle se souvint qu'elle était à l'infirmerie. La veille, elle avait repris connaissance dans ce même lit et, à son plus grand bonheur, Lysenko n'était plus là et l'avait confié aux bons soins de Pomfresh. Cette dernière avait été plus que médisante à son sujet, lui répétant maintes et maintes fois que la situation n'était plus possible et qu'elle devait se ménager. Se mé-na-ger, elle l'avait répété plusieurs fois en faisant claquer sa langue tandis que ses yeux foncés l'assassinaient du regard. Et, pour avoir la paix, Dominique avait abdiqué.

Elle se sentait bien plus en forme ce matin, même si dépitée de s'être fait réveillée alors qu'elle dormait du sommeil du juste. Malgré tout, son rythme cardiaque avait l'air normal, sa température devait être descendue, et elle parvint à se redresser sur son lit pour faire face à Neville Londubat qui, assis sur une chaise la regardait d'un air inquiet, ses mains jointes.

- Bonjour Neville, lâcha-t-elle en grimaçant.

En grimaçant, parce que sa présence n'annonçait rien de bon. Encore un mauvais tour de l'infirmière qui considérait qu'elle n'avait pas le droit d'avoir une vie privée.

- Il faut que tu saches que j'ai contacté ta mère hier soir …, murmura le professeur de Botanique en évitant son regard.

- QUOI ? Mais elle va …

- Elle ne va pas te tuer étant donné qu'apparemment tu y arrives très bien toute seule.

Oubliant que c'était un membre du corps professoral avant d'être un vieil ami de sa famille, Dominique le fusilla du regard pour ce trait d'humour peu subtil. Il ne baissa pas les yeux et continua de la fixer en dodelinant de la tête.

- Je suis bonne pour une myriade d'examens, soupira finalement la Poufsouffle en calant sa tête entre ses mains.

- Et aussi pour ralentir un peu …

- Comment ça ? Vous n'allez pas m'interdire de jouer au Quidditch non plus ?

Cette fois, son visage était plus épouvanté qu'haineux et avant même que Neville Londubat ait répondu à sa question, les larmes lui étaient montés aux yeux. Non, non, non, pas le Quidditch ! C'était l'un des seuls moments où elle pouvait affirmer contrôler totalement son corps, l'épuiser sans lui faire de mal et puis d'ailleurs, il ne lui était jamais rien arrivé sur un balai. C'était bien la preuve qu'elle ne risquait rien, n'est-ce pas ?

- Pas pour l'instant, soupira Neville en levant les yeux au ciel. Mais, si ta mère insiste alors …

Dominique serra les dents avant de détourner la tête, signe que, pour elle, la conversation était close. Professeur ou pas. Il connaissait Fleur, au moins pour l'avoir croisé à toutes les occasions importantes de la vie de sa famille et même à quelques repas de Noël, et pouvait imaginer sa réaction. Si sa mère ne l'avait pas encore retiré de Poudlard, c'était grâce à son père mais si maintenant, on se mettait à lui raconter ses quelques incidents à Poudlard, s'en était fini d'elle. Elle était bonne pour faire sa valise.

- Mrs Pomfresh a dit que tu allais mieux, tu peux aller déjeuner après avoir avalé ça, conclut Londubat en désignant un verre rempli d'une étrange potion violette.

oOoOoOoOoOo

- On va finir par lui donner ton nom à l'infirmerie tellement tu y passes de temps en ce moment. Infirmerie Dominique Weasley, âme simple et généreuse, ça claque non ? Hein que c'est cool ?

- Trop nul, marmonna ladite âme généreuse en fusillant Camille Teyssier du regard.

Cette dernière éclata de rire, bientôt rejoint par le reste de la petite bande qu'elle avait retrouvé dans la grande salle après avoir prétexté un mauvais rhume qui l'avait soudainement pris la veille au soir. Personne n'avait rien trouvé à redire, hormis Camille qui se moquait de ses séjours répétés dans l'antre de Pomfresh depuis le début de l'année. En y réfléchissant, c'est vrai qu'elle n'avait jamais eu de telles crises avant. Aussi souvent plutôt. D'habitude, elle venait chercher ses potions et, en six ans, avait dû rester là-bas moins d'une dizaine de fois. L'année démarrait sur les chapeaux de roues.

- Passe-moi le gigot, ordonna-t-elle à Anatole qui s'exécuta sans discuter.

- Oh mais ce rhume est vraiment mauvais, railla Isabel en levant le nez d'un amas de parchemin. Toi qui es si douce et sympathique d'habitude, voilà que tu deviendrais presque l'une de ses marâtres dont on parle tant dans les contes pour enfant.

Dominique la fusilla du regard avant de se rendre compte que son amie avait raison et esquissa un sourire d'excuse à l'encontre d'Anatole qui le chassa d'un geste de la main. C'est vrai qu'il avait l'habitude.

- Bon, dans tous les cas, reprit la jeune Slave, j'ai misé trois gaillons sur la tête de Nott. J'espère la doubler, avec Noël qui approche.

- Les Serpentard ? grogna Camille en fronçant les sourcils. Ah non, moi je soutiens Potter et sa clique !

Joana, en entendant ces paroles, se tourna vers la table des Gryffondor avec un grand sourire.

- Et puis, il est mignon !

- Ce n'est pas vraiment le problème, murmura Isabel, atterrée par l'attitude de son amie. On ne lui demande pas d'être mignon.

- Tout juste, approuva Arthur en remontant ses lunettes sur son nez. Mais c'est quand même le meilleur.

- Est-ce que vous pourriez m'expliquer de quoi vous parlez ? s'enquit Dominique dont le visage était passé de l'un à l'autre de ses amis sans comprendre un traitre mot de la conversation.

- Et bien … Le match Serpentard-Gryffondor ! C'est aujourd'hui ! Ce rhume, il rend amnésique aussi ?

Surprise, Dominique secoua la tête. Elle avait complètement oublié ! Voilà pourquoi la plupart des élèves, sans être en uniforme ce matin pour beaucoup, se baladaient avec des vêtements criards, soit verts soit rouges. Elle tourna la tête vers la table des rouges et or et s'aperçut que son cousin mangeait son repas sans grande conviction en compagnie de Carlson et Jordan, ses deux acolytes. Elle hésita à le rejoindre, cela aurait pu lui remonter le moral de tenter de le déstabiliser avant un tel match mais ne s'en sentit pas la force. Rien à voir avec son problème, là c'était juste la flemme.

- Les Serpentard gagnent la coupe depuis trois ans, rappela Dominique aux autres. Cela m'étonnerait qu'ils perdent.

- Ah qu'est-ce que je disais ! se réjouit Isabel.

La conversation tourna autour du Quidditch le reste du repas et quand sonna treize heures à l'horloge de Poudlard, tout le monde se prépara à partir sur le terrain. Molly, que l'on avait guère entendu durant le repas, plongée dans ses pensées, retint Dominique par le bras, prétextant vouloir lui montrer un courrier de sa grande sœur, Lucy.

- Est-ce que ça va ?

- Je suis en pleine forme, répondit sincèrement Dominique.

Sa cousine hocha la tête et glissa son bras sous le sien, tandis qu'elles sortaient de la Grande Salle.

- Je suis passée ce matin, Pomfresh m'a dit que c'était Lysenko qui t'avais ramené.

- Elle peut pas tenir sa langue celle-là ? s'exclama méchamment la jeune fille.

- Dom …, elle s'inquiète, je crois qu'elle t'aime bien.

- Ben pas moi.

Comme par hasard, à ce moment-là, Lysenko et son amie Flint les dépassèrent, cette dernière n'ayant pas l'air ravie. Alors qu'elles passaient la grande porte pour sortir dans le parc, la première se retourna vers Dominique, lui lançant un regard étrange et pénétrant. Cela ne dura que quelques secondes mais parut durer des heures pour la jeune Poufsouffle.

- C'était pas un cauchemar alors, grogna-t-elle en secouant la tête.

- Ne t'inquiète pas, il parait qu'elle a posé plein de questions à Pomfresh et que cette dernière n'a rien dit. Elle ne sait rien.

- Elle en sait déjà trop, tu ne trouves pas ?

Les deux cousines se jetèrent un regard qui disait long et hochèrent la tête de connivence. S'il était vrai que Dominique clamait haut et fort que Camille était son âme sœur, son double, la femme de sa vie et la sœur qu'elle aurait voulu avoir (mais seulement en présence de Victoire, pour l'embêter), Molly était importante pour elle. Douce et réfléchie, sa cousine était un appui pour elle et Dominique savait qu'elle comprenait pourquoi elle ne voulait rien dire aux autres, sans toutefois l'approuver.

Molly était sa cousine, la première amie qu'elle avait eu et, elle avait beau parfois dire le contraire, les liens du sang comptaient beaucoup pour elle.

- Bon et si on allait se moquer de James avant que le match ne commence ? reprit la rouquine avec un petit rire forcé.

oOoOOooOoOoO

- Je déteste le Quidditch !

- Je sais.

- Tu détestes le Quidditch !

- Je sais aussi.

- Puisque tu sais tout, dis-moi pourquoi on est là ?

Gemma Lysenko se mordilla la lèvre, offrant un sourire désolé à sa meilleure amie, Nella Flint. En réalité, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait insisté pour aller au stade de Quidditch, à part parce que Weasley y serait aussi.

A vrai dire, même si elle avait croisé cette dernière dans le hall avec sa cousine, Nella et elle avaient marché tellement doucement que les deux Weasley étaient arrivées avant elles. Ainsi, Gemma avait sauté sur l'occasion pour monter dans la même tribune qu'elles et s'était installée plusieurs rangs derrière la petite bande de Poufsouffle de septième année, particulièrement agitée ce jour-là.

- C'est pour les retenues de McGonagall, expliqua-t-elle. Je me suis dis que ça m'aiderait à faire ses devoirs plus vite.

- Et pourquoi je suis là, moi ? Mes retenues sont finies ! râla Nella sans pouvoir s'empêcher de sourire.

- Pour ta culture personnelle !

Nella Flint ne sembla pas trouver l'argument convainquant et sortit un épais grimoire vernis qu'elle avait pris soin de prendre dans son sac lorsque sa meilleure amie lui avait avoué vouloir venir au stade de Quidditch cet après-midi là. Fébrilement, elle l'ouvrit vers le milieu et se plongea dans sa lecture, laissant tout le loisir à Gemma d'observer la scène.

Evidemment, il y avait beaucoup trop de bruit. Les quatre tribunes officielles étaient mélangées, ou presque car la plupart des Serpentard et des Gryffondor se retrouvaient au même endroit. A vrai dire, il n'y avait aucun uniforme rouge ou vert dans la tribune qu'avait choisit Weasley. Etait-ce fait exprès ? Gemma n'y comprenait rien au Quidditch ni à ses codes, ainsi elle ne pouvait qu'imaginer que deux équipes ennemies ensemble ne faisaient pas bon ménage.

- TEST ! TEST ! TEST !

Gemma sursauta avant de lever les yeux vers la tribune professoral. C'était un Serdaigle de sixième année, Abel Johnson, qu'elle connaissait de vue qui, apparemment, allait commenter le match. Encore une chose qu'elle apprenait aujourd'hui.

Au même moment, un brouhaha étrange se fit entendre et Gemma se rendit compte que tout le monde s'était levé pour applaudir les joueurs. Elle en fit de même et Nella, plongée dans son bouquin, ne s'en rendit même pas compte.

De là où elle était, si elle voyait parfaitement la chevelure blonde et emmêlée de Weasley, les quatorze joueurs étaient tellement petits qu'on distinguait à peine leurs uniformes. Le coup de sifflet lancé par le professeur de vol et arbitre lança la partie et Gemma s'ennuya ferme au bout de cinq minutes.

Bientôt, sa tête commençait à devenir lourde et ses pensées se concentrèrent sur sa petite aventure de la veille plutôt que sur le jeu.

Weasley était malade. Elle en avait la certitude malgré la négation de cette dernière et de Pomfresh qui n'avait rien voulu lui dire lorsqu'elle lui avait amené la Poufsouffle évanouie. Mis à part répéter "je vous l'avais bien dis, je vous l'avais dis !". Grâce à ces paroles, il n'y avait plus de doute à avoir, d'ailleurs elle n'en avait plus depuis qu'elle avait trouvé Weasley dans ce couloir.

Un étrange sourire germa sur le visage de Gemma. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à confondre réellement Dominique Weasley avait de révéler ce qu'elle savait au reste du château.

OOoOoOoOoOO

- Je croyais que tu étais réconciliée avec James ? s'étonna Wil Jordan en surprenant Dewi qui regardait le terrain les larmes aux yeux.

Cette dernière secoua la tête et tenta de se reconcentrer sur l'action. Le match venait de débuter et l'équipe des Gryffondor, brillement menée par James, avait marqué au bout de quelques secondes. Le gardien des Serpentard qui, de rage, lui avait fait un geste obscène était en train de se prendre une remontrance de l'arbitre, leur professeur de vol sur balai lorsqu'ils étaient plus jeunes. Le capitaine des verts et argents, Isaac Nott, parvint à calmer le jeu à renforts de grands gestes et le match reprit.

Néanmoins, elle sentit le bras de Wil se glisser sur ses épaules et ce geste de sollicitation brisa ses derniers remparts : Dewi éclata en sanglots. Serpentard venait d'égaliser.

- Heu … Dewi, qu'est-ce qu'il y a ?

Loin de calmer la jolie Gryffondor, les gestes de réconforts qu'il lui octroyait redoublèrent ses sanglots et elle finit par camoufler son joli minois contre son torse. Pendant que leurs camarades applaudissaient un nouveau but, sûrement marqué par l'un des poursuiveurs de Gryffondor, elle tenta de se calmer, se sentant totalement idiote.

Et Wil, même s'il était compatissant à ses problèmes, n'avait jamais réellement compris sa relation avec Heather Moorehead. Ce n'était certainement pas lui qui allait la plaindre parce que la Serpentard ne lui parlait plus depuis les vacances et, ce, malgré ses deux lettres. Parce que oui, Dewi avait réussi à lui envoyer du courrier, croyant par ce geste se réconcilier avec elle. Bien évidemment, ce n'avait pas été le cas et même à Poudlard la situation n'avait pas changée. Heather l'ignorait royalement.

Cela aurait pu mettre fin à ses problèmes. Plus de petite-amie à Serpentard, plus besoin d'en parler, plus besoin de faire face. Sauf qu'Heather lui manquait et c'était là le gros de ses soucis. Bordel, et si elle refusait de lui adresser la parole jusqu'à la fin de l'année ? Ce n'était même pas envisageable pour Dewi qui en souffrirait trop.

- Aller, calme-toi, chuchota Wil.

Touchée par sa gentillesse, elle renifla une dernière fois sur sa chemise auparavant immaculée et releva la tête, contemplant un instant le regard chocolat du métis. Oh et pourquoi n'aurait-elle pas pu tomber amoureuse d'un gars comme lui ? Déjà, c'était un garçon. Ensuite, Wil avait beau ne pas être le plus intelligent d'entre eux, il était drôle et plutôt mignon. Elle songea un instant que Flint avait de la chance avant d'esquisser un sourire nerveux, se souvenant que Flint ne voulait pas parler avec son ami.

Pourquoi tout le monde se compliquait-il la vie avec des imbécilités ?

- A quoi tu pensais ?

Oh oui, cela aurait été plus simple qu'elle soit capable d'honorer la principale qualité de sa maison et puisse révéler son homosexualité à tout le monde et que Flint-la-Serdaigle-trop-sérieuse se rende soudainement compte de l'intérêt que lui portait Wil.

Un conte de fée.

Sauf que c'était la vie, malheureusement.

- Vaut mieux pas que tu saches, conclut-elle en séchant ses larmes et essuyant fermement le contour de ses yeux pour enlever le mascara qui avait coulé.

Avant de se redresser et d'applaudir fermement son équipe qui venait de marquer. Le score était de soixante à trente pour les Gryffondor.

oOoOoOoOoO

A la minute où Isaac Nott attrapa le vif d'or sous le nez de James Potter grâce à une action particulièrement hasardeuse de sa part, l'émoi remplit le stade. Les Serpentard se mirent à applaudir, hurler et taper des pieds sur leur tribune tandis que les Gryffondor, rageurs, se regardaient d'un air dépité et maussade.

Dominique Weasley, elle, applaudit avec ses camarades même si le résultat ne l'arrangeait pas vraiment. Serpentard était la meilleure équipe, même si les rouges et or étaient très bons aussi, et elle aurait préféré qu'ils aient le moins d'avance possible. Néanmoins, rien n'était perdu car les deux équipes n'avaient que cinquante points d'écarts au résultat final.

- Il faudrait que Serdaigle gagne le match contre les Serpentard, murmura Isabel Lowell qui semblait s'être fait la même réflexion.

- Ce qui n'arrivera jamais, pouffa Dominique, vu l'état de leur équipe.

La jeune fille s'étira avant de se relever, regardant distraitement derrière elle. Pour la seconde fois de la journée, elle croisa le regard de Gemma Lysenko, posé sur elle et son estomac se serra. Ce n'était pas un hasard si cette tarée s'était assise derrière elle. Ou alors, elle devenait paranoïaque ce qui était fort probable aussi. Oui mais non. Le visage de la Serdaigle respirait la satisfaction et elle lui adressa un petit sourire que Dominique jugea mesquin.

Elle allait lui faire un geste obscène quand le bras de Camille s'abattit sur le sien.

- On rentre et tu me fais réviser mes sortilèges ?

Dominique grimaça devant le soudain sérieux de son amie. Camille était bonne élève et, malgré tout, très stressée à chaque examen. Alors avec les ASPICS, il était évident que ce genre de scène se reproduirait de plus en plus jusqu'à la fin de l'année. Néanmoins, devant les grands yeux que lui faisait son amie, elle abdiqua.

Une fois sur la pelouse du parc de Poudlard, elle croisa par hasard son cousin en compagnie de son ami Scorpius Malefoy -Rose n'était pas avec eux pour une fois et elle imagina que sa cousine devait les fuir après la défaite de son équipe- et une idée germa dans sa tête en remarquant leurs sourires ravis devant la victoire.

- Désolée pour les sortilèges, ça attendra, lança-t-elle en direction de Camille qui n'eut pas le temps de protester.

En effet, Dominique était déjà loin, à côté de son cousin et Malefoy à vrai dire. Elle passa son bras autour des épaules d'Albus -qui faisait près de deux têtes de plus qu'elle-, hésita à en faire de même avec l'autre garçon mais abandonna. Un sourire carnassier s'afficha sur son visage tandis qu'elle se tournait vers le cadet des garçons Potter.

- Dis-moi mon cousin préféré …, commença-t-elle.

- Je croyais que c'était Fred, lança Albus en la regardant d'un drôle d'air.

- Aujourd'hui c'est toi, répondit-elle après avoir réfléchi quelques secondes à la question. Mais là n'est pas le sujet. Que diriez-vous d'aller attendre les joueurs à la sortie des vestiaires ? Et, par la même occasion, faire savoir à ton très cher frère que nous allons nous moquer de lui jusqu'à la fin de sa vie pour cette défaite ?

Albus Potter lança un regard à son acolyte et, au bout de quelques secondes, ils approuvèrent vivement, l'air impatient de se retrouver face à James. Les trois jeunes gens se dirigèrent vers les vestiaires et, même s'ils n'étaient pas les seuls à attendre les joueurs, ils ne pouvaient louper leur sortie.

Les Serpentard furent les premiers à sortir, acclamés par leurs supporters, sifflés par les quelques Gryffondor qui attendaient. L'équipe de vert et argent ne parut pas s'en préoccuper et, menés par Nott, saluèrent gaiement autour d'eux.

- Ils arrivent, chuchota Albus en donnant un coup de coude à Dominique qui avait le regard distraitement posé sur le vert et argent.

- On sort le grand jeu ?

- Bien entendu, approuva Albus.

- C'est quoi le grand jeu ? s'enquit Scorpius Malefoy d'un air septique.

- Passer pour plus stupide que l'autre. MAIS tout en lui faisant subir une humiliation dont il se souviendra longtemps.

Eclatant de rire, Dominique tapa plusieurs fois dans la paume de son petit cousin et ils laissèrent les Gryffondor sortir des vestiaires avant d'attaquer. Si ce n'était pas très intelligent, cela aurait au moins l'effet bénéfique de changer les idées de la jeune Poufsouffle.

Comme elle l'avait pressenti, les Gryffondor avaient l'air piteux, même furieux en ce qui concernait son grand dadais de cousin. Elle plissa les sourcils, attendant patiemment qu'il soit totalement en vu des autres et s'approcha, suivie de près par les deux autres, Scorpius paraissant intrigué par ce qu'ils avaient appelé le grand jeu.

- Jaaaames, couina Dominique en agrippant la manche de son cousin.

- Mon frère, dit Albus en lui tapotant distraitement l'épaule.

James leva un sourcil étonné, pas dupe devant le petit jeu de son frère et de Dominique mais n'eut pas le temps de répliquer.

- Quelle tragédie !

- Oh oui Albus, continua la Poufsouffle. Aujourd'hui, le grand, le merveilleux, que dis-je le fantastique James Potter, fils de Harry Potter …

- … presque un dieu du Quidditch …

- … Fils de Ginny Potter …

- … ancienne joueuse professionnelle …, rappela Albus en levant les yeux d'un air éploré.

- … petit-fils de James Potter …

- … Poursuiveur de son état et remarquablement doué …

- … Neveu de Charlie, Bill, George et Ron Weasley …

- A quoi vous jouez ? grogna James en se dégageant de l'étreinte des deux farceurs.

A présent, tout le monde les regardait, y compris les Serpentard et deux tâches rouges apparurent sur les joues du capitaine des Gryffondor qui les fusilla du regard. Ce qui ne les empêcha pas de continuer, bien au contraire.

- Oh, on essaie de te prouver que tu fais honte à l'ensemble de ta famille, s'exclama Dominique en faisant mine de réfléchir.

- Et que tu aurais pu attraper le vif d'or avant si tu n'avais pas suivi le grand, l'exceptionnel, que dis-je, le fantastique, Isaac Nott à la trace de peur qu'il ne soit meilleur que toi. Ce qui est le cas, ajouta le jeune homme.

- Merci Potter, lança ce dernier, tout en abordant un sourire moqueur.

- Mais de rien, tu sais bien que l'ENSEMBLE de la famille Potter se prosterne à tes pieds.

N'y tenant plus, Dominique éclata de rire, tout autant parce que James semblait avoir l'envie folle de lapider son petit frère que pour le cinéma auquel ce dernier se livrait. En effet, il venait de courber l'échine devant Nott, à la plus grande fureur de son frère qui lui assena une tape sur la tête. Un Potter ne se prosternait devant personne. Encore moins devant un Serpentard même s'il en était un lui-même.

La plupart des Serpentard la suivirent dans sa bonne humeur et même quelques Gryffondor tentèrent de cacher leur sourire amusé.

Essuyant les quelques larmes qui lui coulaient sur les joues, Dominique croisa, une fois de plus, le regard d'Isaac et lui octroya un grand sourire. Et, chose étrange, il ne l'ignora pas, ne la fusilla pas de ses yeux noirs et, mais peut-être qu'elle rêvait, il lui sembla que les commissures de ses lèvres se relevaient de quelques millimètres. Puis il détourna la tête et elle fut certaine que ce n'était qu'un effet de son imagination. De toute façon, elle avait d'autres Trolls à fouetter.

En effet, elle devait semer James Potter qui leur courrait après, Albus et elle, tout en les menaçant des pires sorts. Et même si elle était petite et rapide, James lui était … grand et rapide.

Sauve qui peu !

Quelques minutes plus tôt

Wil Jordan et Dewi Carlson marchaient silencieusement, le premier serrant la taille de la jeune fille avec l'une de ses mains. Aucun des deux ne parlaient, autant parce la défaite était amère que parce que l'attitude de Dewi ne laissait aucune place à la conversation.

Obtus, elle préférait fuir et Wil venait de le comprendre. Mais il n'avait guère envie de la pousser dans ses retranchements, surtout pas maintenant qu'elle s'était à peu près réconciliée avec James.

Ils passèrent devant les deux autres tribunes où les escaliers étaient remplis de monde et son regard se posa automatiquement sur la chevelure blonde de Nella Flint qui attendait en bas de l'une d'entre elle, les yeux posés sur l'escalier. Elle devait attendre Lysenko, elles étaient inséparables toutes les deux. Puis, Wil n'était qu'un homme après tout, ses yeux descendirent sur sa silhouette fine, ses hanches étroites et ses fesses moulées dans un jean clair, moldu. Parfaite, elle était parfaite.

- Ferme la bouche, tu vas finir par baver, grommela Dewi qui n'avait rien perdu de son manège. Vas lui parler. Profites-en.

La jeune fille se détacha de l'étreinte de son ami et, pour appuyer ses paroles, fit quelques pas. Voyant qu'il ne répondait pas à son conseil, elle le contempla d'un air vitreux tout en croisant les bras autour de sa taille, faisant ressortir sa poitrine généreuse.

- Je peux marcher toute seule, lui assura-t-elle. Aller, file, espèce d'hormone sur pattes.

Wil hésita encore un instant mais finit par obéir à Dewi qui lui désigna Flint d'un geste du bras. Son amie avait raison, pour une fois qu'elle était seule, il fallait en profiter. Ce n'était pas arrivé depuis les vacances où il était tombé sur elle par hasard alors qu'elle attendait ses parents. Bon, d'accord, la conversation avait été inintéressante au possible, se contentant des banalités d'usage mais en s'accrochant, peut-être arriverait-il à un résultat ?

Il lui semblait, non il savait pertinemment, que Flint n'était pas le genre à se lier avec le premier venu. Elle n'avait qu'une seule amie, ne fréquentait pas de garçons et était timide et maladroite avec les inconnus. Adorable en somme. N'oublions pas qu'elle avait une dent contre James et que c'était là la principale cause de leur absence de relation. Foutu James.

- Salut, lança-t-il en arrivant derrière Nella, la faisant sursauter.

La jeune Serdaigle se retourna vers lui, eut un regard effaré en se rendant compte de sa présence et lança un regard vers l'escalier. Mais, tout aussi bien que Wil qui en fut ravi, elle se rendit compte que Gemma était coincée par un attroupement de première année de Poufsouffle qui se disputait avec des Serdaigle du même âge. A cet instant, Nella maudit réellement Mervin Kalls qui semblait être à l'origine de la dispute et venait de mordre un de ses condisciples à l'épaule.

- T'es venue voir le match ?

La Serdaigle lui lança un regard entendu et il se rendit compte qu'elle n'était sûrement pas là pour faire du shopping. Wil se sentit tout petit face à son regard et déglutit. Avant de se reprendre.

- C'était cool hein ? Enfin, Gryffondor méritait de gagner mais c'était un beau match.

- A vrai dire …, murmura-t-elle enfin en se mordant la lèvre, je n'ai rien vu.

Elle hésita avant de désigner son sac et l'entrouvrit. Assez pour que Wil remarque un énorme grimoire dont il ne saisit le titre et le Gryffondor grimaça. Ah d'accord. Encore une de ses remarques qui venait de tomber à l'eau.

- Ah. Bien.

- Bien ?

- Et bien, si tu préfères lire que regarder un match alors … Bien.

- Certes, murmura-t-elle, sans doute atterrée par sa bêtise. Au fait …

- Ouais ?

- Je crois que ta copine t'attends.

Il tourna la tête vers l'endroit qu'elle désignait de la main et remarqua Dewi, appuyée contre un arbre un peu plus loin. Flint ne pouvait pas le savoir mais, à voir son air un peu perdu, la Gryffondor ne pensait vraiment pas à lui à ce moment.

Mais Nella n'entendit jamais ses justifications car Mervin Kalls, après un vol plané remarquable, atterrit non loin d'eux et elle en profita pour se précipiter vers le gamin. Visiblement, son opposant venait de le jeter par la rambarde. Et alors que le professeur Assem qui se trouvait non loin de là arrivait en vociférant, il préféra tourner les talons, poussant un soupir à fendre le cœur.