Merci encore à harry-potter-fictions, Isabelle Pearl, Elia (Merci ! pour ta review chaleureuse qui m'a vraiment fait plaisir et motivée :) ) et Jolierosedu68 (merci, merci, merci !).

Une fois n'est pas coutume, je poste un samedi car je n'aurais pas le temps demain. C'est bête, mais j'aime bien avoir un jour fixe pour poster donc je vais sûrement reprendre un rythme hebdomadaire prochainement. Sinon ... un nouveau personnage dans ce chapitre et des révélations (enfin !) donc :

Bonne lecture !


La peur a détruit plus de choses en ce monde que la joie n'en a créée -

Paul Morand


Le mardi suivant, après un cours particulièrement éreintant de Botanique où le professeur Londubat leur avait fait étudier les Mandragores, espèce particulièrement fatigante et qui ne cessait de courir dans tous les coins de la classe, Gemma Lysenko se rendit seule dans la Grande Salle pour déjeuner tandis que son amie Nella Flint allait chercher ses affaires de Défense Contre les Forces du Mal qu'elle avait oublié, car s'était réveillée un peu tard ce matin là.

La jeune fille se laissa tomber sur le banc, appréciant avec bonheur de ne voir aucun première année dans les parages et plus particulièrement Mervin Kalls qui avait eu trois côtes cassées au dernier match de Quidditch. Tout ça parce qu'un gamin de Poufsouffle l'avait taquiné sur les résultats (nullissimes) de sa propre équipe.

La jeune fille se servit abondement en riz et autres légumes, laissant son regard couler vers la table des Poufsouffle, comme à son habitude. Elle n'avait pas encore trouvé le moyen de coincer Weasley seule à seule, cette dernière ne se déplaçant apparemment qu'avec sa bande de commère et l'évitant de son mieux. Mais Gemma ne se faisait pas de soucis pour ça. Ce soir, elles avaient cours de Duel et la jeune fille ne pourrait lui échapper plus longtemps.

Pour passer le temps tout en mangeant, elle sortit son livre d'Histoire de la Magie et ses cours, relisant ses notes tout en mangeant. Cela avait beau être sa matière préférée, pour tenir le niveau excellent qu'elle s'était fixé, elle devait réviser. Mais ce n'était pas un calvaire pour elle, plutôt une distraction.

- Salut !

Gemma Lysenko sursauta et tourna la tête vers sa gauche où se tenait un garçon de son âge, ou presque, avec les cheveux châtains mi-longs qui la regardait en souriant et venait de s'assoir à côté d'elle. Elle plissa les yeux et se souvint qu'il s'agissait de Johnson, sixième année dans sa maison et qui avait commenté le dernier match de Quidditch. Il n'était pas Préfet et ne s'étaient jamais parlés, ainsi elle se demanda ce qu'il lui voulait.

- Gemma c'est ça ? s'enquit-il en souriant toujours.

- Euh … ouais.

- Super ! Moi c'est Abel ! Abel Johnson.

Son enthousiasme était communiquant et elle sourit à son tour tout en hochant la tête pour bien montrer qu'elle aussi était "enchantée". Se méprenant sur son geste, Johnson crut sans doute qu'elle l'invitait à manger avec elle et s'empara du plat de viande en se servant généreusement.

Elle voulut lui demander ce qu'il faisait là alors qu'ils n'avaient jamais gardé les trolls ensemble mais il la devança.

- Kalls, tu sais ce gamin de première année ?

- Oui, grinça Gemma qui ne savait que trop bien qui était Mervin Kalls. Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

- Il m'a dit de te dire que tu devais aller chercher ses cours de Métamorphose. Il n'a pas pu y aller parce qu'il avait encore mal ce matin … ses côtes cassées, tu comprends.

Gemma ouvrit la bouche, légèrement décontenancée se demandant si Johnson se moquait d'elle avant de se souvenir de qui ils parlaient. Mervin était tout à fait capable de chercher à l'embêter avec ce genre de requête alors qu'il n'avait qu'à demander à son amie Aurore la rouquine ou même Tessa Warm avec qui il s'entendait bien.

- Tu ne vas pas le faire, n'est-ce pas ? s'enquit Johnson qui avait l'air de vouloir continuer la conversation.

- Bien sûr que non, se récria-t-elle. Ce gamin est vicieux et manipulateur et je ne sais pas comment il arrive à obtenir tout ce qu'il veut mais ça, c'est hors de question.

- C'est vrai qu'il m'a semblé ne pas avoir le choix lorsqu'il m'a demandé de te faire passer le message, réfléchit le sixième année.

Un sourire s'installa sur son visage et il éclata finalement de rire en se passant une main dans les cheveux. Puis, avec un air malicieux il se tourna vers Gemma, le bout de viande qui reposait sur sa fourchette tombant lourdement dans son assiette.

- Et il n'a que onze ans !

- C'est ce que je me dis tous les jours, répondit la jeune fille en souriant à son tour.

Tout naturellement, ils continuèrent à bavarder pendant de longues minutes, jusqu'à ce que Nella arrive à son tour, le manuel oublié dans les mains, interrompant la conversation. De toute façon, Johnson avait terminé son repas avalé plus que dégusté et mis en avant un devoir de Métamorphose avant de disparaitre.

- C'était qui ? s'enquit Nella d'une voix douce en le suivant du regard.

- J'sais pas trop, répondit pensivement son amie.

oOoOOooOoOoO

Le soir venu, l'ambiance était beaucoup plus agitée à la table des Poufsouffle. Après un cours de Sortilèges en commun avec toutes les autres maisons où Joana Mayer avait pris une punition pour avoir rasé l'intégralité des cheveux d'un garçon de Serdaigle sans faire exprès, tout le monde avait encore en mémoire la tête de ce dernier et il était bien difficile pour Camille et Dominique, les plus moqueuses, d'arrêter de rire.

- Tu aurais vu sa tête, gémit Dominique en essuyant une larme qui perlait au coin de ses yeux. On aurait dit un babouin qui venait de perdre ses parties génitales.

- Un babouin …, répéta Camille en explosant de rire. Ahahah, Joana tu es un génie !

- Un génie qui a écopé d'un devoir supplémentaire, marmonna celle-ci moins encline à rire à cause de ce détail.

Et la conversation finit par se tasser, chacun retournant plus ou moins à ses occupations. Isabel Lowell était plongée dans un livre sur le Quidditch et tournait distraitement les pages tout en mangeant. Molly et Arthur faisaient bande à part et discutaient à voix basse, tout comme Anatole et Joana.

Sauf que, même si Dominique n'était pas vraiment observatrice, elle avait bien remarqué les coups d'yeux frénétiques de ses camarades vers la table des Gryffondor. Doucement, elle poussa Camille du coude et lui fit signe de suivre le manège des deux autres, qui n'avaient d'ailleurs pas remarqué l'observation dont ils étaient l'objet, pris dans leur conversation.

- … t'aiderais …

- … sais pas … j'existe …

- … Tu n'en sais rien ! s'exclama Joana sans faire attention à baisser la voix.

Sauf que cela ne servait plus à rien à présent car Camille et Dominique avaient très bien saisi l'objet de la conversation. De plus, la dernière se souvenait avoir surpris quelques semaines auparavant les deux mêmes parler d'une soi-disant fille qui intéresserait Anatole.

Alors, avec un air plus que sérieux scotché au visage et tentant de ne pas sourire, Dominique s'exclama :

- Anatole est amoureux d'une Gryffondor !

Et tant pis pour la discrétion et la vie privée.

Son camarade aborda un air horrifié, regardant autour de lui pour vérifier que personne ne l'avait entendu. Lorsqu'il se rappela que les autres élèves ne se préoccupaient plus des vociférations de Dominique depuis des années, il poussa un soupir soulagé.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, déclara-t-il simplement.

- On a tout entendu, soutint Camille en levant un doigt accusateur vers lui.

- Entendu quoi ? s'enquit Joana avec un sourire taquin. Rien entendu moi, et vous ?

- Rien du tout, répondirent Molly et Arthur, à qui était destiné la question, en chœur.

- Pas besoin d'entendre pour savoir, affirma Isabel sans même lever le nez de son manuel.

- Ahah, s'exclama Dominique, si Isabel le dit, alors y'a quelque chose. Avoue !

Dépité, le jeune garçon fusilla la blonde du regard mais celle-ci ne parut pas le voir et tourna distraitement la page. Il reporta alors son attention sur Dominique et Camille qui le regardaient d'un air avide et marmonna.

- Bon, d'accord, y'a bien une fille que j'aime bien …

- Une Gryffondor !

- Ouais …

- Qui ?

- T'as pas besoin de le savoir, affirma Joana en se pinçant les lèvres.

Et Dominique remarqua qu'elle était sur le point d'éclater de rire, ce qu'elle trouva étrange. De plus, Joana Mayer ne savait pas garder un secret alors si elle refusait de leur en dire plus, il y avait joueur sous balai. Non, décidemment, cette histoire n'était pas claire.

Et puis, faut avouer que Dominique avait besoin de se distraire en ce moment.

- Sherlock et Watson sont sur le coup, affirma Camille qui paraissait avoir lu dans ses pensées. On trouvera bien.

- Tout à fait, martela son amie, … euh c'est qui ?

- Des détectives moldus.

Et la fin du repas se passa à faire d'étranges suppositions sur l'amoureuse d'Anatole qui répondait inlassablement non ou c'est pas elle à chaque fois qu'elles proposaient un nom de fille. Camille et Dominique abandonnèrent lorsque la première proposa James Potter, décidant silencieusement de tirer tout ça au clair plus tard. De toutes façons, ils avaient cours de Duels pour l'instant.

Dominique se souvint qu'elle allait devoir faire face à Lysenko et elle déglutit. Cela allait être dur de sauver les apparences ce soir-là.

oOoOOooOoOoO

Le dîner passa rapidement, au plus grand damne de Dominique qui imagina milles et unes excuses pour louper le cours de Duels sans pour autant en trouver une plausible pour ses amis. Le moral dans les chaussettes, la jeune fille traina tant dans le hall d'entrée qu'elle arriva quelques secondes avant que le professeur Wiertz ne referme les portes.

Le professeur roux lui adressa un petit sourire et elle le lui rendit mollement, appréhendant la suite.

- Dépêchez-vous Dominique, le cours va bientôt commencer.

La jeune Poufsouffle dodelina de la tête et s'enfonça parmi la masse d'élèves sans sentir le regard étonné de l'Allemand sur elle à cause de son étrange silence, elle qui était toujours joyeuse et exubérante.

- Toujours ce rhume ? s'enquit poliment Anatole Bensberg lorsqu'elle vint se planter à ses côtés, la tête basse.

Dominique se mordit la lèvre avant de se forcer à lancer un sourire au Poufsouffle qui avait réellement l'air de s'inquiéter pour elle. Bien qu'elle sentait que son secret ne tiendrait plus très longtemps, elle continuerait jusqu'au bout à donner le change. Et ce n'était pas le regard brûlant de Lysenko sur sa nuque qui allait changer quoi que ce soit.

Elle était Dominique Weasley pas une vulgaire mauviette qui craquait au premier obstacle. Elle avait surmonté tant de choses dans sa vie, elle pouvait très bien passer au dessus d'une brune pleine de tâches de rousseurs qui portait l'écusson des Serdaigle et était beaucoup trop fouineuse pour ne pas être dangereuse, non ?

Finalement ragaillardie par ses pensées, la jeune fille octroya une tape sur l'épaule du garçon qui grimaça de douleur et le cours commença.

Les Duels n'avaient plus aucun intérêt pour Dominique, d'ailleurs depuis qu'elle était en binôme avec Lysenko, elle ne s'y était pas amusée une seule fois. Pour autant, depuis que Mlle Assem les surveillait, toujours aussi droite et guindée, pour éviter une nouvelle altercation, c'était encore pire. Personne ne parlait, même ceux qui étaient issus des mêmes maisons évitaient pour ne pas se faire punir et ils se contentaient de s'envoyer mollement des sortilèges sans grande conviction.

Cette fois-ci, Lysenko et elle furent les premières à monter sur l'estrade et elles durent se battre contre Jordan et Flint. Dominique s'efforça de ne pas regarder sa partenaire et réussit parfaitement à l'ignorer.

Le Flipendo était devenu son sortilège de prédilection car c'était le seul qu'elle maitrisait parfaitement depuis que Wiertz lui avait prodigué quelques conseils. Elle fut la première à désarmer Jordan et songea que la victoire était proche mais mal lui en prit. Flint la désarma quelques secondes plus tard, l'envoyant valser contre le sol dur de la grande salle et s'occupa de Lysenko tout aussi rapidement. La jolie blonde avait l'air d'être la première surprise de cette victoire car, même si elle n'était pas mauvaise, Gemma Lysenko passait pour la meilleure en sortilèges de sa promotion.

- C'était pas mal, conclut Anatole alors qu'il l'aidait à se relever.

Les combats continuèrent et, comme d'habitude, malgré leur mésentente James et Isaac parvinrent à tous les remporter. Wiertz vint ensuite leur prodiguer quelques conseils et, sous l'œil perçant d'Assem qui semblait s'attendre à ce que cela dégénère à n'importe quel moment, ils travaillèrent par deux, sans être obligé de se mettre avec leur binôme, au plus grand bonheur de Dominique qui s'acharna à lancer un Bombardus correct avec Anatole jusqu'à la fin du cours.

oOoOoOoOoOo

- Tu n'étais pas très en forme ce soir, constata Nella Flint en regardant distraitement son amie.

- C'est Weasley, éluda Gemma, j'ai toujours du mal à occulter sa présence.

- Je comprends, soupira la jolie blonde.

Les deux Serdaigle s'adressèrent un sourire entendu et se dirigèrent vers la sortie, justement précédées par Dominique Weasley et sa petite troupe de Poufsouffle. Comme toujours en ce moment, Gemma contempla la jeune fille sans en avoir l'air, tout en sentant que cette dernière n'était pas dupe. Alors que Nella la saluait avant de se rendre en cours d'Astronomie, son estomac se serra en remarquant que Weasley semblait être la seule de ses amis à ne pas les suivre jusqu'à la plus haute tour du château.

C'était le moment, son moment. Elle n'aurait sûrement pas d'autre occasion pour enfin mettre des mots sur l'étrange maladie de Weasley.

Bousculant un Gryffondor de première année qui lui hurla dessus sans qu'elle ne s'en préoccupe, Gemma s'engouffra dans le couloir menant aux cachots et à la salle commune des Poufsouffle, sans pour autant rattraper Weasley. Il y avait encore du monde qui sortait de la grande salle pour retourner dans leurs quartiers et, pas plus que la Poufsouffle, elle n'avait envie qu'on ne les voit ensemble. Finalement, elle se contenta de la suivre, pendant quelques minutes, avant de s'apercevoir que Weasley ne rentrait pas dans sa salle commune et semblait s'enfoncer dans les cachots.

Qu'est-ce qu'elle foutait ?

A un moment, elle crut l'avoir perdu et se dépêcha d'accélérer le pas, longeant quelques salles de classes utilisées pour les troisièmes et quatrièmes années. L'endroit était désert. Alors qu'elle hésitait à une intersection, un raclement de gorge se fit entendre, faisant sursauter la jeune fille.

Weasley était là, adossée contre un pan de mur, à moitié dissimulée par une armure deux fois plus grande qu'elle, et la regardait tranquillement. Tranquillement ? En fait non, ses sourcils étaient plissés, ses yeux à moitié fermés et si elle avait pu la tuer du regard, Gemma aurait été réduite en cendre à la seconde où elle avait tourné la tête vers elle.

- Quand tu suis quelqu'un, soit plus discrète, lança la jeune Poufsouffle en se décollant du mur pour s'avancer vers elle.

- Je ne cherchais pas être discrète, décréta sincèrement Gemma.

La blonde esquissa un sourire peu flatteur en sa direction, comme si elle regrettait qu'elle la considère comme une idiote. Bien sûr que Dominique savait pertinemment qu'elle comptait lui faire cracher la vérité. Elle s'y préparait depuis la veille. Et cette foutue assurance qui sonnait presque vraie, n'était due qu'à son caractère fort et entier. Sans quoi, il ne faisait nul doute que la jeune fille se serait effondré aux premiers mots.

- Très bien, souffla-t-elle.

- Très bien, répéta Lysenko.

Elles étaient maintenant à moins d'un mètre l'une de l'autre et se dévisageaient sans vergogne.

Dominique se rendit compte, pour la première fois, de la différence autant psychologique que physique qu'il y avait entre elles.

Malgré la rancœur et la haine qu'elle éprouvait pour elle, Dominique ne pouvait nier que Lysenko représentait tout ce qu'elle aurait voulu être. Son visage était rond, presque lunaire, ses joues pleines recouvertes de milliers de tâches de rousseurs faisaient ressortir ses yeux verts, assassins, presque recouverts par l'épaisse frange brune qui tombait sur son front. Ses épaules n'étaient pas très larges mais sa poitrine était rebondie et tressautait au rythme des battements de son cœur, tandis que ses mains, menues, encadraient des hanches larges et pulpeuses. Oh oui, comme elle avait jalousé ses amies, elle jalousait Lysenko pour posséder un corps qui respirait la santé.

Gemma, elle, ne se privait pas pour la détailler de tout son long aussi. A ses yeux, Dominique avait tout pour elle, physiquement du moins. La Poufsouffle avait beau être cynique et perverse, personne ne pouvait nier qu'elle transpirait de beauté et de charisme et, ce, malgré, ses longs cheveux emmêlés qui lui tombait au milieu du dos. Weasley avait le visage fin et longiligne, surplombé d'une peau laiteuse sans imperfection. Ses yeux bleus, assassins, ne quittaient pas les siens. Ses mains étaient posées sur ses hanches étroites, et son petit ventre plat se soulevait au rythme des battements de son cœur. Oh oui, comme elle avait jalousé Nella pour son physique avantageux, elle jalousait Weasley pour être tout ce qu'elle n'était pas.

- Il faut que tu arrêtes de me suivre, grinça Weasley, rompant le silence. Les gens vont commencer à se poser des questions et je ne pourrais plus garder le secret très longtemps …

Gemma haussa un sourcil étonné.

- Ton amour pour moi, reprit-elle en guise d'explication. C'est beaucoup trop flagrant.

Et la jeune fille esquissa un sourire ironique avant de remettre une mèche de ses longs cheveux derrière son oreille. Un jeu, elle prenait ça comme un jeu ?

Gemma rougit avant de se reprendre. Elle voulait jouer ? Très bien. La Serdaigle possédait la meilleure donne possible de toute façon.

- Tu ne sais pas garder un secret de toute façon …, trancha-t-elle.

- Certes, ricana Dominique. James va bien ?

- … Enfin, ça c'est ce que je croyais. Avant …

Il lui sembla que la Poufsouffle perdait momentanément de sa superbe et elle embraya, ravie de cette première victoire.

- Avant que je ne découvres que, visiblement, tu étais malade. Au sens propre du terme comme au figuré. Complètement malade à l'intérieur.

- Je ne comprends rien à ce que tu dis, nia Weasley sans détourner le regard.

- J'utilise trop de mots compliqués ?

Un sourire carnassier s'afficha sur le visage de Gemma. Maintenant, elle était sûre qu'elle n'avait pas rêvé, car Weasley ne souriait plus du tout et son visage fermé et accusateur en révélait beaucoup.

- Qu'est-ce que je t'ai fais ? reprit la Poufsouffle, l'air sincèrement étonnée cette fois.

- Quoi ? Tu as révélé à Potter …

- CE N'EST QU'UN MEC ! se mit-elle soudainement à hurler. ET MEME SI TU ETAIS AMOUREUSE DE LUI ET QU'IL T'A REPOUSSE COMME UNE MERDE, CELA FAIT DES MOIS QUE CETTE HISTOIRE EST FINIE !

- Pas pour lui, s'exclama Gemma en haussant le ton à son tour. ET JE N'ETAIS PAS AMOUREUSE DE LUI !

Dominique, qui s'était mise à trembler comme une feuille, respira longuement pour tenter de réguler son rythme cardiaque. Enervée comme elle était, elle ne réussit qu'à déclencher une quinte de toux qui fit sourire perversement son adversaire.

- Et tu oses me dire que ce n'est rien ? reprit-elle en levant les yeux au ciel. Bien, qu'est-ce que c'est ? Asthme, bronchite ? Mucoviscidose ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles et je ne sais même pas ce qu'est une mucochose. Je tousse. T-o-u-s-s-e. Satisfaite ?

Habituée à mentir depuis sa plus tendre enfance, Dominique se liquéfia lorsqu'elle vit Lysenko secouer la tête en signe d'abnégation. Elle ne la croyait pas.

Elle ne la croyait pas alors elle allait insister. Et Dominique sentait qu'elle allait trouver. Elle avait trouvé d'ailleurs, elle était pas si con que ça Lysenko.

Mais ce n'était pas ça le pire. Cette fille croyait qu'elle était responsable de tous ses malheurs et ne cherchait qu'à se venger. Dominique imagina sa vie … Après. Joana et Anatole qui ne cesseraient de s'inquiéter, Isabel qui ne dirait rien parce que cette fille était tellement étrange que ce n'aurait pas été étonnant qu'elle soit déjà au courant et Camille qui lui en voudrait de ne pas lui avoir dit.

Oh oui, le regard de sa meilleure amie était celui qui comptait le plus pour elle et la jeune fille se sentait nauséeuse rien que d'imaginer sa réaction. Elle allait se sentir trahie.

Et puis, toute l'école qui serait au courant, les professeurs. On la regarderait différemment, bizarrement et on ne pourrait s'empêcher de chuchoter sur son passage. Et Dominique qui n'avait jamais laissé personne parler d'elle lorsqu'elle était assez près pour s'en rendre compte n'était pas sûre de pouvoir tenir le coup.

Elle qui paraissait si forte sentait sa carapace se craqueler au fur et à mesure de sa discussion avec Lysenko, sentait tout simplement son monde s'écrouler au fil des minutes. Elle ressentit une bouffée de haine envers la Préfète-en-Chef pour vouloir lui enlever tout ça. Son monde parfait.

- Tu ne sais même pas bien mentir, cracha soudainement Lysenko.

- Okay, okay, j'avoue tout. J'ai de l'asthme. Tu peux le révéler à tout le monde, ma vie est foutue, tenta Dominique en haussant un sourcil septique.

- Qu'est-ce que je disais ? De toute façon, ce n'est pas important. J'en sais assez pour …

- TU M'EMMERDES LYSENKO ! hurla de nouveau Dominique.

Et c'était vrai.

- Effectivement, t'en sais assez pour me pourrir la vie. Tu sais quoi ? lança-t-elle en esquissant un geste nerveux vers elle. T'as gagné, t'es trop forte. Tu vas pouvoir me détruire, tout ça pour te venger d'une amourette de gamine. Bravo ! Tu peux être fière de toi. Mais, au final, ce n'est pas grave ! Tu sais pourquoi ?

Elle avait l'air complètement tarée Weasley avec ses joues rouges et ses yeux pleins de larmes qui débordaient. Gemma réprima un frisson tout en reculant d'un pas. Néanmoins, sans parvenir à l'émouvoir, les paroles de Weasley coulaient en elle comme un liquide brulant, lui réchauffant le cœur. L'ivresse de la vengeance

La jeune fille ne répondit pas, sentant que sa question n'attendait pas de réponses et que, de toute façon, elle paraissait prête à tout lui dire. Son dos rencontra le mur de pierre des cachots et elle s'adossa dessus tandis que Weasley s'approchait à grands pas.

Ce ne fut qu'à quelques centimètres de la Serdaigle qu'elle stoppa net, approchant son visage du sien, la défiant du regard de se dégager, de s'échapper. Naturellement, Gemma n'en fit rien, trop captivée par le spectacle.

- Parce que je vais crever. Que ce soit demain, dans cinq ans ou dans dix ans, je vais crever. Tu sais pourquoi Lysenko ? Quand j'avais cinq ans, j'avais déjà les poumons d'un fumeur de cigare de quatre-vingt ans. Fais le calcul, toi qui est si douée, tu comprendras.

Gemma ne fit pas le moindre mouvement, se contentant de dévisager ce visage qui touchait presque le sien. Les joues rouges, les larmes, les paroles enfin, lui firent baisser la tête.

- Je te laisse imaginer la réaction de mes amis, murmura Weasley alors qu'une larme roulait sur sa joue. Oh mais fais-le. Après tout, j'ai bousillé ta vie en parlant de ton, ô si combien important, secret à mon cousin, faut bien que tu te venges ma pauvre. T'es pitoyable.

Etait-ce la chaleur de la pitié, de la honte, ou toujours cette ivresse du bonheur, de la vengeance, qui chatouillait l'estomac de la Préfète-en-Chef ? Rien n'était moins sûr à présent.