Merci à GriffNoir, harry-potter-fictions, Elia (Merci pour tes dernières reviews, je ne peux malheureusement pas te répondre plus longuement ici mais j'espère que la suite te plaira aussi !:croiselesdoigts:), Guest aka UranusMarie il me semble, Isabelle Pearl et JolieRosedu68 (Bon courage pour ton brevet, le mien semble si loin. C'était y'a dix ans et j'ai faillit le rater xD Ne suis surtout pas mon exemple et m-e-r-d-e !)

Bonne lecture !


« L'illusion est la première apparence de la vérité. »

Rabindranàth Tagore


Les deux jeunes filles étaient complètement pétrifiées, chacune pour des raisons personnelles. Gemma cligna plusieurs fois des yeux, sans pour autant être insensible à ce qui émanait de l'autre fille, se demandant si elle avait bien fait d'insister, de creuser autant pour satisfaire sa vengeance.

Elle n'était pas idiote. Weasley avait raison, ce qu'elle avait fait n'était rien à ce que Gemma avait appris sur elle et comptait révéler à l'ensemble du château. Néanmoins, et elle détestait cette partie là d'elle-même, la jeune fille ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle tenait quelque chose de grandiose. Un coup de chance comme elle n'aurait plus jamais dans sa vie, l'occasion de montrer qu'elle n'était pas que celle qui s'écrasait contre cette vermine de Potter.

Les notions de bien et de mal ne lui étaient pas inconnues, loin de là. Ce qu'elle s'apprêtait à faire entrait largement dans la deuxième catégorie et il n'y aurait pas de retour. Elle ne pourrait plus reculer.

Au bout d'un moment, Weasley rompit la léthargie ambiante et recula d'un pas comme si elle se rendait seulement compte de la proximité qu'elles avaient. Son visage se transforma en un rictus laid et elle lança.

- J'espère seulement que toi, tu n'as plus aucun secret. Parce que crois-moi, je vais chercher. Je vais creuser, mettre mon nez dans tes affaires et ne pas te lâcher d'une semelle. Ce que tu bouffes le matin ? Je le saurais. Le nom de ton arrière-arrière-arrière grand-mère ? Je le saurais aussi. J'espère que tu n'as plus rien à cacher et encore moins à perdre Lysenko, parce que, crois-moi, si je trouve quelque chose, ta vie deviendra un enfer. Ce ne sera rien à côté de ce que te fais James.

Malgré elle, un éclair d'inquiétude mélangé à de la douleur traversa le visage de la jeune fille. Weasley s'en rendit compte et un nouveau rictus déforma son visage strié de larmes.

- Chacun ses secrets Lysenko. Lorsque je trouverais le tien, souviens-toi de ce moment, conclut-elle. Parce que, pour toi aussi, ce n'est plus qu'une question de jours, d'heures, pour que tout le monde les connaisse.

Et la frêle Poufsouffle tourna les talons après un dernier regard noir dans sa direction tandis que Gemma, tremblante, tâtonnait derrière elle, à la recherche d'une prise sur le mur, pour ne pas tomber. Sa mâchoire claquait et ses jambes tremblaient nerveusement et il lui fallut de longues minutes pour monter les sept étages jusqu'à la salle commune des Serdaigle.

Là, enfin, elle se laissa tomber dans un fauteuil, cherchant vainement à masquer son visage bouleversé.

Elle ne s'était pas trompée. C'est tout ce qui lui traversait l'esprit pour le moment. Elle avait raison et, maintenant que Weasley lui avait tout révélé, elle ne pouvait mettre cela sur le compte de son obsession à se venger de la Poufsouffle.

Si elle en était heureuse ? S'il n'y avait eu le dernier couplet de la Poufsouffle, alors elle aurait répondu oui sans hésiter. Mais, à sa plus grande honte, elle n'avait pas su cacher ses sentiments et la jeune fille avait deviné qu'elle aussi, cachait quelque chose.

Et ce quelque chose, elle n'avait aucune envie qu'il soit révélé à l'ensemble du château. Subir les regards emprunts de pitié de ses camarades ? Elle n'en aurait pas la force. En y réfléchissant, Gemma s'aperçut que, si elle révélait le secret de Weasley, elle se condamnait au même sort. En avait-elle vraiment envie ? Possédait-elle le courage pour ça ?

- Chef ? Tu m'aides à réviser mes sortilèges ?

- Non.

- Hein ? Mais j'ai un devoir demain je …

- Ecoute Mervin, tu me casses les pieds. Lâche-moi un peu veux-tu ?

Gemma se leva âprement du fauteuil, bouscula le première année sans s'excuser et disparut dans le couloir qui menait à sa salle commune.

Quant à Nella Flint, qui venait tout juste de rentrer de son cours d'Astronomie, elle avait tout entendu et n'en crut pas ses oreilles. La douce jeune fille s'avança jusqu'à Mervin Kalls qui avait l'air tout aussi stupéfait qu'elle et dont les yeux étaient étrangement mouillés et, malgré l'inimitié mutuelle qu'ils se portaient, posa doucement sa main sur son épaule.

- Mais qu'est-ce qu'elle a ? murmura doucement le gamin.

Et, malheureusement, Nella Flint ne put répondre à sa question.

oOoOoOoOoOo

Une semaine plus tard, bien loin de toutes ses préoccupations, Isabel Lowell et Joana Mayer s'amusaient comme des petites folles en cours de Divination. Ce n'était pas très étonnant pour la seconde mais, le caractère cartésien de la première l'empêchait habituellement d'apprécier ce cours, autant pour l'étrangeté de leur professeur, un certain Aloïs Vancouver, que pour les idioties qu'ils apprenaient.

Si elle avait continué, c'était parce qu'elle ne comptait ni garder l'Aritmancie, ni l'Histoire de la Magie et encore moins l'Etude des Runes. Et comme il fallait bien remplir son emploi du temps …

- Enfin un peu de calme, chuchota Joana Mayer en s'asseyant sur l'un des fauteuils moelleux. Entre Dominique qui boude depuis une semaine, Camille qui est super bizarre et Arthur et Molly qui ne se quittent pas d'une semelle, l'ambiance est mortelle en ce moment.

C'est pour ça qu'Isabel était amie avec Joana, parce qu'elle était moins idiote qu'elle n'y paraissait et remarquait beaucoup de choses sous ses airs naïfs et détachés. Néanmoins, nul doute que si tous les mensonges qui emplissaient leur dortoir étaient dévoilées, elle en serait tombé à la renverse. Isabel, elle, savait beaucoup de choses. Pas tout. Elle savait que certaines lui échappaient encore, les plus importantes sûrement, mais pouvait tout de même se vanter -intérieurement- d'être la plus observatrice des cinq Poufsouffle.

Le professeur, caché derrière un amas de foulards colorés, leur distribua les boules de cristal qu'ils étudiaient depuis le début du semestre et qui n'avaient plus de secrets pour eux et le cours débuta. Comme d'habitude, Isabel s'enfonça dans son fauteuil tandis que Joana, qui y croyait réellement, scrutait la petite boule de verre, l'air extrêmement sérieuse.

Le cours se passait en binôme -volontaires pour une fois- et elles devaient noter chacune de leur prédiction dans un petit tableau. Pour l'instant, aucune ne s'était révélée exacte mais cela ne les empêchait pas de récolter des O, comme tous les autres d'ailleurs, à chaque devoir. Ce cours était d'une facilité enfantine et il suffisait d'avoir de l'imagination pour le réussir. En réalité, cela convenait à Isabel qui pouvait se reposer à loisir pendant que Joana faisait tout le travail.

- Qu'est-ce que tu vois ? s'enquit-elle au bout d'un moment.

- Mes yeux, soupira son amie.

Elles se mirent à pouffer en silence et, Isabel se redressa, fixant la boule de cristal.

- Moi je vois deux tâches, révéla-t-elle en tentant de rester sérieuse.

- La boule est peut-être sale ?

- Non, non, deux êtres humains !

La jeune slave pointa son doigt vers un point de la boule sans pouvoir s'empêcher de sourire de toutes ses dents et Joana la suivit dans son délire.

- Deux amoureux ?

- Si tu veux …

- Ils se tiennent la main ! s'exclama rêveusement Joana.

- Dis-donc, faudrait peut-être songer à te trouver un petit-ami, tu deviens grave toi.

- Oui, d'ailleurs, y'en a un qui m'intéresse. Il est à Serpentard, révéla la jeune fille. Grand, blond, de magnifiques yeux marrons et … un derrière de rêve ! Tu le connais peut-être, il s'apelle Thomas Ayling.

- Crétine, ricana Isabel en lui octroyant une tape amplement méritée sur la tête.

Emportée dans un fou rire, les deux jeunes filles ne se calmèrent que quand Vancouver les rappela à l'ordre, d'une petite voix frêle et aigue que personne ne prenait au sérieux.

- Continue à regarder les fesses de mon copain et je te jure que tous tes produits de beauté vont mystérieusement disparaitre, chuchota Isabel lorsqu'il se fut éloigné.

- Traitre ! Bon, si on revenait à nos amoureux ? En fait, je crois que ce sont des vieux.

- Des vieux ? Comme nos grands-parents ?

- Non, comme … je sais pas moi, Assem ?

Joana réprima un gloussement et attrapa le parchemin qui était resté posé sur la table avant de se saisir de sa plume.

- Voilà, on a qu'à dire que Mlle Assem va tomber amoureuse …

- Très peu probable, murmura Isabel qui se souvenait très bien de l'austère professeur de Potions et n'avait jamais regretté d'avoir abandonné sa matière.

- Mais c'est drôle !

- Bon, d'accord, et de qui ?

- Heu, d'un homme ?

- Brave fille, sourit Isabel en lui tapotant gentiment la tête.

- Je sais pas moi de Scott ? Non ! De Lastek ! Assem va vivre une grande histoire d'amour avec le professeur Lastek et ils vont se marier et avoir beaucoup d'enfants.

Isabel manqua éclater de rire en imaginant les deux professeurs opposés avoir une aventure et ne put reprendre son souffle avant quelques secondes. Joana qui avait l'air ravi de sa trouvaille, grattait frénétiquement sur son parchemin, un grand sourire aux lèvres.

- D'accord on met ça. Ajoute qu'on va manger du cassoulet à midi, les elfes de maison me l'ont dit ce matin. Au moins, ça, c'est la vérité et Vancouver va crier au génie.

oOoOoOoOo

Assise devant une énorme assiette de cassoulet, Dominique prenait un malin plaisir à fusiller Gemma Lysenko du regard à chaque fourchette qu'elle prenait. Cette dernière n'avait rien révélé pour l'instant et, au bout d'une semaine, Dominique n'en pouvait plus de trembler à l'idée que l'un de ses amis ne se jette sur elle pour lui poser des questions ou l'accuser de leur avoir menti.

Elle avait raconté leur altercation à Molly et cette dernière avait émis l'idée que Lysenko ne dirait peut-être rien, après quoi Dominique avait éclaté de rire pour unique réponse. Elle était persuadée que la Serdaigle attendait seulement son heure et les regards étranges et noirs que cette dernière lui octroyaient régulièrement la confortait dans son idée.

Alors, puisqu'elle n'avait plus que ça à faire, elle tentait de tuer Lysenko avec la seule force de ses yeux, sans aucun résultat pour le moment.

Ses amis avaient bien entendu remarqué son étrange changement d'humeur et personne n'y comprenait rien, surtout pas Camille Teyssier qui mangeait silencieusement à ses côtés, Arthur Lowe en face d'elle. Oh bien sûr, elle avait remarqué les regards furieux que sa meilleure amie envoyait à la table des Serdaigle, sans pour autant comprendre ce qui avait multiplié la haine de Dominique à l'égard de Lysenko. Et, pire, cette dernière refusait de lui répondre, ce qui augmentait son inquiétude à propos de l'obsession de son amie envers la Serdaigle.

- On a sortilèges après manger, rappela-t-elle pour rompre le silence pesant.

- Cool, grogna Dominique.

- Ecoute … Qu'est-ce qu'il y a ? Ca fait une semaine que tu es grognon et que tu n'ouvres la bouche que pour râler. Je s ais bien que tu n'es jamais très agréable comme fille mais à ce point, ça en devient flippant. Pourquoi tu ne veux rien nous dire ?

Il lui sembla que sa meilleure amie avait paru inquiète l'espace de quelques secondes mais, tout de suite, son visage était redevenu plus que neutre. Elle avait dû rêver. Dominique n'était inquiète que les veilles de matchs et les veilles de vacances, lorsqu'elle allait devoir donner son relevé de notes à sa mère.

- Qu'est-ce que t'as fais Lysenko ? reprit-elle en désignant impoliment la Serdaigle du doigt, derrière Arthur qui paraissait absorbé par la contemplation de son livre de Sortilèges.

Dominique se renfrogna, poussa un grognement et avala une énième bouchée de cassoulet, quelques haricots tombant de sa bouche jusque sur son uniforme. Camille, presque dégoutée, fit une grimace et secoua la tête.

Cette fille était irrécupérable.

- Cette fille est une sorcière, conclut sa meilleure amie avant de se lever, disparaissant à grands pas après un dernier regard noir à l'attention de Gemma Lysenko qui, elle aussi, regardait la petite blonde sans se gêner.

Estomaquée par la fuite de sa meilleure amie, Camille se tourna vers Arthur, espérant qu'il l'éclaire sur ce qui venait de se passer mais le jeune homme se contenta d'hausser les épaules, paraissant se fiche de Dominique comme de son premier balai-jouet. Et autant dire qu'il détestait le Quidditch.

Elle posa sa tête entre ses mains, soupirant bruyamment, avant de décréter à haute voix que le monde ne tournait plus rond. Tout le monde savait très bien que Lysenko était une sorcière. Après tout, ils étaient dans une école de magie.

- Y'a pas que le monde, grogna le garçon, apparemment d'aussi charmante humeur que son amie.

- Comment ça ? s'enquit Camille en haussant un sourcil.

Depuis leur dernière discussion, ils n'avaient plus reparlé du sujet qui les divisait, sans que Camille n'arrive à l'occulter. Elle supportait de plus en plus difficilement la proximité entre Molly et Arthur mais ne s'était jamais permis un seul commentaire qui aurait pu mettre la puce à l'oreille de Molly. Elle avait bien réfléchit et savait pertinemment qu'il fallait bien que Molly soit au courant un jour et que le plus tôt serait le mieux. Malgré tout, elle tremblait rien qu'en imaginant sa réaction.

Toujours cette fichue lâcheté.

- Tu vois très bien ce que je veux dire, conclut calmement le garçon avant de retourner à son manuel.

OOoOoOoOoO

Dans sa fuite précipitée, Dominique Weasley avait complètement oublié qu'elle n'avait cours de Sortilèges seulement dans une grosse demi-heure et vraiment pas envie de rester seule un jour comme aujourd'hui. Seulement, il était hors de question qu'elle remette un pied dans la Grande Salle et supporte le visage victorieux de Lysenko.

Elle savait que Molly et Joana étaient parties dans le dortoir pour discuter chiffon après avoir déjeuner et Isabel s'entrainait au stade avec quelques membres de l'équipe en prévision de l'entrainement du soir. L'idée était tentante : elle n'avait qu'à aller récupérer ses affaires et faire un tour dehors. Seulement, en une demi-heure, ce n'était pas vraiment faisable.

Alors, la jeune fille se mit à trainer des pieds, se préparant mentalement à supporter une séance d'essayage entre filles, ce qui était mieux que rien, lorsqu'elle se prit les pieds sur un obstacle invisible et plongea la tête la première dans un corps mou.

Un peu sonnée, la jeune fille se redressa et cligna des yeux, prête à remercier la personne de l'avoir empêché de tomber, même si ce n'était pas vraiment voulu, lorsqu'elle remarqua qu'elle se trouvait face à Isaac Nott. Lequel n'avait pas l'air ravi qu'elle lui soit rentré dedans, surtout après l'avoir supporté deux heures le même matin en cours de potions.

Quoique. Il pouvait la remercier, elle n'avait pas ouvert la bouche depuis une semaine, plongée dans ses pensées meurtrières envers Lysenko.

- Des excuses, c'est trop demander ? s'enquit-il sobrement en faisant mine d'épousseter sa chemise.

Bon, c'est aussi bien que des remerciements, non ? Okay, pas vraiment.

Dans tous les cas, c'était la deuxième fois depuis le début de l'année qu'il lui parlait et ça, elle ne pouvait nier que c'était un énorme progrès.

Le visage de Lysenko s'afficha clairement devant ses yeux et elle grimaça.

Cette fille voulait détruire sa vie mais c'était déjà fait rien que parce que Dominique n'arrivait pas à sortir son visage et ses mots de son esprit. Et croyez-là, c'était horripilant de vivre avec l'image de Lysenko vingt-quatre heures sur vingt-quatre en tête. Un véritable supplice.

Elle grogna, s'attirant un regard septique et légèrement dérouté de Nott. C'est vrai qu'elle devait avoir l'air bête à marmonner des choses sans queue ni tête dans sa barbe.

- Xcumoi, grogna-t-elle une nouvelle fois en s'éloignant.

oOoOoOoOo

Le lendemain, dans le hall d'entrée

- Pourquoi est-ce que tout le monde semble s'être donné rendez-vous ici ? s'interrogea Harriet Moorehead à voix haute, balayant l'endroit du regard.

Un samedi après-midi, on s'attendait plus à retrouver des élèves trainant dans les couloirs, dans leur salle commune ou, au pire, à la bibliothèque ou dans le parc si le temps le permettait. Là, la moitié de Poudlard semblait errer dans le hall et certains avaient l'air absolument ravis.

A ses côtés, sa sœur ne sembla même pas entendre ses paroles et, des deux autres Serpentard, seul Ayling daigna lui lancer un "sais pas" songeur.

- Il y a une sortie à Pré-au-Lard, lança le Préfet de sixième année de sa maison en surprenant ses paroles. Maintenant.

- Maintenant ? Mais ce n'était pas prévu, si ?

- Non, il parait que ça c'est décidé au dernier moment.

Puis le garçon s'éloigna pour retrouver son groupe d'amis et Harriet se retourna vers Nott, interrogative. Comme si seul lui pouvait avoir la réponse. Ce dernier haussa les épaules avant de répondre, laconiquement.

- Je suppose que c'est parce que les agressions ont cessé depuis près d'un mois.

Les quatre jeunes gens se concertèrent pendant quelques minutes et décidèrent finalement de retourner dans la salle commune pour chercher manteaux, bonnets et écharpes. Même Heather qui détestait les changements de programme -et elle comptait profiter de l'après-midi pour réviser sa Métamorphose- avait l'air ravie de prendre l'air. En faisant demi-tour, ils croisèrent Potter et sa bande, ce dernier les regardant d'un drôle d'air. Pour autant, personne ne s'en rendit compte, pas même Isaac, si observateur d'habitude.

oOoOoOoOo

James Potter, Dewi Carlson et Wil Jordan avaient sauté sur l'occasion pour sortir du château, trop étouffant à leur goût. En vérité, aucune sortie à Pré-au-Lard n'avait encore été programmée depuis leur sixième année et ils aimaient tellement tous les trois vagabonder dans les ruelles étroites du village sorcier que cela avait réellement été une épreuve pour eux de ne pas y mettre les pieds cette année.

De ce fait, ils avaient marché une bonne partie de l'après-midi, rentrant dans la plupart des boutiques du village sorcier avant de prendre place aux Trois-Balais où chacun avait commandé une Bierraubeurre pour se réchauffer. L'hiver arrivait et le temps humide et vanteux annonçait déjà la couleur.

Distraitement, Dewi Carlson regarda la porte du bar s'ouvrir pour la sixième fois depuis leur arrivée, laissant entrer un courant d'air particulièrement agaçant pour elle et ses amis qui se trouvaient dans un coin près de la sortie et faillit crier aux nouveaux arrivants de se dépêcher avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'Heather Moorehead et sa soeur jumelle, Harriet.

Elle en était sûre, la première avait tourné automatiquement la tête vers elle mais cela avait été si bref que, quelques secondes plus tard, Dewi était persuadée d'avoir rêvé. Distraitement, la jeune fille la suivit du regard, jusqu'à ce que les jumelles soient hors de sa vue.

- Pourquoi est-ce que tu regardes Moorehead comme ça ? lança brusquement James, la faisant sursauter.

Son ami avait les deux mains posées sur sa chope de Bierraubeurre, vide, et soufflait doucement dessus, comme si cela allait les réchauffer. Dewi le dévisagea gravement pendant quelques secondes et déglutit.

Et si c'était le moment ?

Oui. Elle pouvait le faire. Elle était Dewi Carlson, une Gryffondor en plus. Peur, elle ? Jamais.

- En fait, je ... disons que ... je ...

- Mais encore ? l'encouragea James en la regardant comme si elle avait perdu l'esprit et Wil Jordan poussa un soupir affligé.

- J'sais pas, souffla la jeune fille.

Non, en fait, ce n'était pas le moment.

James leva les yeux au ciel mais ne fit aucun commentaire. D'ailleurs, il ne se rendait sûrement pas compte de l'importance qu'avait eu ce moment car le Gryffondor se leva pour retourner chercher trois Bierraubeurre et, bientôt, il disparut parmi la foule d'élèves.

- Bien essayé, conclut Wil Jordan. Je vais pisser.

Quel poète, songea Dewi. Mais elle n'avait pas envie de rire, pas vraiment. Bien essayé ? Ce n'était pas assez pour elle.

La jeune fille soupira tandis qu'elle se retrouvait seule à la petite table près de la sortie, Wil allant effectivement aux cabinets, comme il l'avait annoncé. Mais, même lorsqu'ils étaient là, ne se sentait-elle pas abandonnée ? songea-t-elle en laissant couler son regard vers Heather Moorehead.

oOoOoOoOo

- Pardon, marmonna Wil en se retournant vers une jeune élève qu'il avait bousculé sans faire exprès.

Passé l'instant de surprise, il se rendit compte qu'il s'agissait de Nella Flint qu'il n'avait pas reconnu car elle était emmitouflé dans un gros manteau gris et avait un bonnet rose sur le crâne. La jeune fille hocha la tête et avança d'un pas, en même temps que lui.

Gêné, il ricana tout en se rendant compte qu'elle se rendait aussi aux toilettes.

- Après toi Flint, reprit-il en ouvrant grand la porte.

Elle lui lança un regard mitigé, se souvenant sûrement des deux dernières conversations ô combien intelligentes qu'ils avaient eu ensemble et se demandant si elle ne prenait pas le risque d'avoir droit a une troisième en passant la porte en même temps que lui.

Finalement (et étonnement), elle lui adressa un petit sourire, avant de s'engouffrer à l'intérieur, se dirigeant directement dans les toilettes des filles.

Wil Jordan resta un instant pantois, songeant que, décidemment, elle possédait le plus joli sourire au monde. Ce fut un élève de quatrième année de sa maison qui le ramena à la réalité, lui demandant d'un ton sec s'il comptait rester longtemps planté au milieu du passage ou s'il avait l'intention de bouger un jour.

oOoOoOoOo

- Qu'est-ce qu'il se passe ? lança James en regardant tout autour de lui, l'air étonné.

Il était près de sept heures lorsque les trois amis étaient retourné au château et la nuit était tombée depuis longtemps. Dans le hall d'entrée de Poudlard, régnait une agitation sans précédent.

Enfin ... sans précédent, pas vraiment. L'estomac du jeune Potter se serra alors qu'il se demandait s'il n'y avait pas eu une autre agression et repensait au soir où il avait découvert Teyssier dans la volière. Il lança un regard inquiet à ses amis qui le lui rendirent, semblants avoir fait la même supposition.

Tandis qu'un groupe de quatrième année passa à côté de lui, des Serdaigle, pour se diriger vers les escaliers, il s'aperçut que nombreux étaient les élèves qui les imitaient. En réalité, tout le monde semblait retourner dans sa salle commune et il aperçut le professeur Assem houspiller deux premières années qui n'avançaient pas assez vite à son goût.

Dans le même temps, son regard se posa sur la chevelure blonde et emmêlée de sa cousine Dominique Weasley qui chuchotait âprement avec son amie Camille Teyssier et il décida de l'aborder, suivi par Wil et Dewi qui semblaient aussi perdus que lui.

- Hé, qu'est-ce qu'il se passe ? lança-t-il en posant sa main sur son épaule pour l'arrêter.

Dominique sursauta, elle ne l'avait pas entendu arriver, mais, à sa plus grande surprise, ne se mit pas en colère pour ce manque d'attention de sa part. Elle se mordilla doucement la lèvre avant de lever la tête vers lui, le même regard inquiet que son amie Teyssier fixé sur le visage.

- Il y a eu une autre agression.

Dewi poussa un couinement effaré tandis que les épaules de Wil s'affaissaient. Lui-même n'en menait pas large et il déglutit tout en regardant autour de lui. Maintenant, il entendait nettement Assem ordonner à tout ceux qui se trouvaient sur son passage de ne pas quitter leur dortoir jusqu'à nouvel ordre.

- Qui ? lâcha-t-il mécaniquement.

- Estebald. Ludovic Estebald.

- Estebald ? Mon batteur ?!

- Ouais, lança Camille Teyssier. Ils l'ont retrouvé avant que le dîner ne soit servi. Apparemment, il avait décidé d'aller à la bibliothèque mais les couloirs étaient déserts à cause de la sortie à Pré-au-Lard. Assem a dit qu'il devait être endormi depuis le début de l'après-midi.

- Endormi ?

- Oui, comme moi, chuchota la jeune fille.

Elle avait l'air assez mal à l'aise et comme il devina qu'elle revivait des moments assez difficiles le jeune homme n'insista pas. Alors que Dewi glissait sa main dans la sienne, comme pour se donner du courage, son regard croisa celui d'Isaac Nott qui semblait toujours aussi neutre et indifférent que d'habitude.

Nott qui était un modèle de stoïcisme et de je-m'en-foutisme depuis toujours. Nott qu'il n'aimait pas parce qu'il le trouvait pédant et trop sûr de lui. Nott qui était capitaine de l'équipe de Quidditch de sa maison. Nott qui avait fait remarquer tout à l'heure que les agressions avaient brusquement cessé de façon extrêmement bizarre.

Nott qui portait l'uniforme des Serpentard quand les quatre autres victimes étaient dans des maisons adverses.

De là à tirer des conclusions hâtives, il n'y avait qu'un pas.

oOoOoOoOo

- Mervin ! Mervin, répéta Gemma en posant sa main sur l'épaule du premier année qui ne semblait pas l'avoir entendu.

Ou qui faisait semblant de ne pas l'avoir entendu plutôt.

Le gamin ne lui avait plus adressé la parole depuis qu'elle lui avait gentiment demandé de la fermer, agacée par des paroles inutiles alors qu'elle était plongée dans des problèmes autrement plus importants. Et Gemma n'avait pas essayé de se réconcilier avec lui, racontant même à Nella qu'elle était soulagée de ne plus l'avoir sur son dos.

Sauf que là, avec cette nouvelle agression, elle n'avait pas réfléchit et l'avait hélé dès qu'elle avait reconnu sa chevelure parmi la foule d'élèves qui retournaient dans leur dortoir. Interrompues pendant le dîner par le professeur McGonagall, les élèves avaient ordre de remonter se cloitrer dans leurs appartements au plus vite et le ton inquiet et la mine fatiguée de la Directrice avait fait froid dans le dos de Gemma et Nella.

D'accord, un instant elle avait eu peur que ce ne soit Mervin Kalls la nouvelle victime. Fort heureusement, ce dernier avait l'air de se porter comme un charme malgré la mine atterrée qu'il abordait.

Ce qui ne l'empêchait pas de bouder alors que la situation était critique.

- Aller, excuse-moi.

- Il faut qu'on se dépêche de remonter, lança Nella en jetant un regard à Assem qui regroupait les derniers arrivants de Pré-au-Lard et leur expliquait la situation en quelques mots.

Gemma lança un regard suppliant au jeune Serdaigle et un petit sourire se forma sur le visage de ce dernier. Au final, il ne paraissait plus leur en vouloir et accepta de remonter dans la salle commune des Serdaigle avec elles.

Le petit groupe tenta de se frayer un chemin parmi la masse d'élèves mais finit par abandonner. Ils n'avanceraient pas plus vite en bousculant tout le monde et, de toute façon, ne risquaient rien dans le hall qui était bondé et remplit de professeur. Effectivement, si elle n'avait vu qu'Assem pour l'instant, elle se rendit compte que les professeur Lastek, Londubat et Scott faisaient la circulation au pied du grand escalier central et même Wiertz était là, vérifiant que personne n'était resté dans la grande salle. Comme lorsqu'elle avait vu Tawson étendue devant la bibliothèque, il était là, alors cela voulait dire que la situation était grave.

Gemma et Nella, qui avait l'air d'être parvenue aux mêmes conclusions qu'elle, déglutirent tout en tentant de cacher leurs émotions à cause de Mervin, déjà bien assez apeuré comme ça.

C'était qu'un gamin au final. Plus chiant et collant que les autres, mais un gamin tout de même.

- ... se pourrait même que tu sois pas étranger à toutes ses agressions, non ? T'avais l'air très au courant tout à l'heure, n'est-ce pas ?

Gemma sursauta, regardant avec appréhension autour d'elle. Elle aurait reconnu la voix de Potter entre milles et se demandait déjà si ce n'était pas à elle qu'il parlait avec cette voix nasillarde et hautaine qu'il utilisait en sa compagnie.

En réalité, il avait pris Nott à parti, le toisant de toute sa hauteur. Ce qui était vraiment comique car, si Potter n'était pas petit, il n'était pas aussi élancé que le Serpentard qui le dépassait d'une demi-tête et, d'ailleurs, n'inspirait vraiment pas confiance à cet instant avec sa mine sombre et revêche. Il regardait Potter comme on observe un insecte insignifiant en se demandant à quel moment on va l'écraser.

Néanmoins, il ne prononça pas un mot et Gemma n'avait pas l'impression qu'il aurait accordé plus d'attention que cela au Gryffondor si une fille de taille moyenne aux cheveux courts et à l'air sévère ne s'était pas avancée, l'air d'avoir envie de l'étrangler.

- Est-ce que tu es en train d'insinuer que les Serpentard ont quelque chose à voir là-dedans Potter ? cracha-t-elle en fronçant les sourcils.

- Pas forcément les Serpentard, juste lui, répondit ce dernier, en tournant la tête vers elle.

Le visage déjà dur de Moorehead se tordit et des pigments rouges colorèrent ses joues. Elle esquissa un geste vers Potter et leva le bras mais, prestement, le capitaine de l'équipe de Quidditch des Serpentard le lui attrapa et son geste se retrouva suspendu dans les airs.

A ses côtés, Gemma sentit Nella s'agiter et elle s'aperçut qu'à présent, le chemin était presque dégagé jusqu'aux escaliers et qu'elles avaient la possibilité de remonter au septième étage pour se mettre en sécurité. Mais, néanmoins, c'était plus fort qu'elle, la jeune Serdaigle ne pouvait détacher son regard de la scène qui se jouait devant elle.

Sûrement parce que, chacun dans un genre différent, Potter et Nott dégageait une assurance certaine et un charisme indéniable. Et elle se demandait lequel pouvait avoir le dessus tout en espérant fortement que Potter se fasse rabattre le caquet par le Serpentard. D'ailleurs, elle n'était pas la seule à regarder le spectacle.

Son regard croisa celui de Dominique Weasley qui regardait les deux groupes sans rien dire à côté d'Isabel Lowell qui venait d'arriver, les bras croisés et, prise dans le feu de l'action, la jeune fille en oublia même de la fusiller du regard.

Elle n'était plus sûre de rien en ce qui concernait Weasley.

- Quand tu accuses l'un de nous, tu accuses tous les Serpentard, lança Ayling qui était resté discret jusqu'ici.

Et elle fut surprise de le voir si fermé, lui qui était toujours aussi souriant que possible pour un Serpentard et, d'ailleurs, les saluait toujours avec Nella lorsqu'ils étaient en cours de Duels. Il avait le bras passé autour de la taille d'Harriet Moorehead, la deuxième jumelle qui contemplait Potter sans rien dire.

Tous les quatre faisaient face à Potter, Jordan et Carlson (même si cette dernière avait l'air de vouloir rentrer sous terre et faisait tout pour ne pas regarder les jeunes gens en face d'elle).

- Ca t'énerve Nott ? lança Potter en le prenant brusquement à parti.

- Ne fais pas l'enfant Potter et retourne jouer à la balle. Tu m'ennuis avec tes conneries, lâcha ce dernier en prenant la parole pour la première fois.

- James ... Isaac a raison, tu dérailles, s'exclama Weasley, derrière eux.

Gemma ne fut pas autant surprise de son intervention (de toute façon, cette fille se mêlait de tout) que de remarquer qu'elle appelait un Serpentard par son prénom. D'ailleurs ce dernier tiqua imperceptiblement. Et Potter sembla chuter d'une tour de trente mètres et ouvrit légèrement la bouche, décontenancé de l'intervention de sa cousine qui n'allait pas dans son sens.

On aurait dit un gamin qui venait de perdre son jouet et Gemma hocha la tête, satisfaite.

oOoOoOoOo

- James ... Isaac a raison, tu dérailles, s'exclama Dominique derrière eux.

Son cousin sursauta et se tourna légèrement vers elle mais la jeune fille évita son regard. D'ailleurs, il n'y avait pas que lui qui était surpris de son intervention car elle sentait les regards brûlants de Camille et Isabel -qui venait d'arriver-, sur elle.

Elle ne pouvait pas regarder son cousin, ni ses amies et encore moins Isaac. Son regard se posa un instant sur Lysenko mais elle préféra fixer la porte de la Grande Salle qu'elle voyait distinctement de là où elle se trouvait. Parfait.

- Je ne déraille pas, la contredit le jeune homme en se reprenant très vite. Ca se tient. Hemwould est à Serdaigle. Tawson et Teyssier sont à Serpentard et Estebald fait parti de ma maison. Qui n'a jamais eu de victimes dans sa maison ? Réfléchis un peu !

- Je ...

- Ne me dit pas que tu n'y a pas pensé toi-même.

- C'est ça que tu attends Potter ? Que l'un d'entre nous se fasse agresser ? rugit Moorehead qu'on avait un instant oublié mais qui ne s'était pas calmé. Est-ce que tu te rends compte des obscénités que tu peux sortir ?

Bien sûr qu'elle y avait pensé, elle l'avait même affirmé à ses amis qu'elle était certaine qu'un Serpentard était derrière tout ça. Mais pas Isaac, impossible.

Non pas qu'il n'aurait pas été capable de faire subir ce genre de choses à quelqu'un, non.

Seulement, le souvenir brûlant des accusations qu'elle avait porté contre son père des années auparavant était toujours présent et sa spontanéité naturelle lui interdisait de se taire face à James. Une revanche ? Cela y ressemblait. Nul doute qu'elle voulait prouver quelque chose.

- Stop, lança-t-elle alors que son cousin allait répliquer. C'est bon, rentrons dans nos dortoirs.

- Je ne peux pas la laisser dire ce genre de chose, coupa ce dernier.

- Moi non plus, intervint -à la plus grande surprise de Dominique- Lysenko.

La jeune fille haussa un sourcil surpris en direction de la Serdaigle qui paraissait avoir adopté la même technique qu'elle. Lysenko fixait un point derrière elle, ne semblant regarder aucun des protagonistes tout en caressant doucement son insigne. A ses côtés, son amie Nella Flint paraissait mortifiée et un gamin de premier année fusillait son cousin du regard.

- Oh toi, reste en dehors de ça.

- Je suis Préfète-en-Chef ... je ... je peux t'enlever des points et te mettre en retenue si j'ai une bonne raison pour ça et ... j'en ai une excellente, lâcha doucement la jeune fille toujours sans regarder son cousin. Weasley a raison, rentrez tous dans vos dortoirs.

Weasley a raison.

Les deux jeunes filles échangèrent un regard effarée et Lysenko plaqua sa main sur sa bouche comme si elle regrettait déjà ses paroles, ce qui était sans doute le cas.

La Serdaigle secoua la tête et décida d'adopter une autre technique pour reprendre contenance. Elle se tourna vers le groupe de Serpentard et fixa Isaac.

- Maintenant, reprit-elle d'une voix plus dure.

Dominique faillit tomber à la renverse en voyant qu'après quelques secondes de réflexion le Serpentard acquiesçait et après avoir fait un signe de la tête aux trois autres, ils s'éloignèrent, non sans qu'Heather Moorehead se permette un geste vulgaire en direction des Gryffondor. Carlson avait l'air sur le point de s'évanouir d'ailleurs. Les Serdaigle ne demandèrent pas leur reste, surtout pas Lysenko qui, après un tel effort, semblait avoir envie de rendre son dîner et tous trois se dirigèrent à grands pas vers l'escalier, laissant là un James pantelant.

Wahou.

La scène était surréaliste et c'est ce qui convainquit Dominique de reprendre le chemin de son dortoir, suivie de près par Isabel et Camille qui avaient l'air aussi abasourdie qu'elle.

- Vous savez ce que c'était le plus hallucinant là-dedans ? commenta Isabel après quelques pas.

- Lysenko qui affirme que j'ai raison ? ironisa Dominique. T'as raison, c'est juste un cauchemar, je vais me réveiller.

- Lysenko qui ne chouine pas devant lui ? proposa Camille, plus sérieusement.

- Toi qui prend la défense d'un Serpentard ! ricana Isabel après avoir secoué négativement la tête à chacune des propositions des Poufsouffle.

oOoOoOoOo

- Je ne sais pas comment tu as fais Gemma, mais je suis fière de toi, souffla Nella tout en tirant la couette de son lit vers elle.

La jeune fille rougit jusqu'aux oreilles et remonta sa propre couette sans répondre. Pour l'instant, elle était tellement préoccupée du fait d'avoir donné raison à Weasley qu'elle avait occulté avoir tenu tête à Potter l'espace de quelques secondes.

Oh, ce n'était pas une fierté pour elle. En vérité, elle avait parlé au mur derrière lui et ne l'avait pas regardé une seule fois. Elle s'était même demandée si cette voix rauque était véritablement la sienne. Mais peut-être que Nella avait raison. Le chemin serait long à parcourir avant qu'elle n'arrive à le remettre à sa place aussi naturellement que Weasley mais la victoire serait sienne.

Quant à Weasley, elle ne pouvait se l'enlever de l'esprit. Où qu'elle aille, quoiqu'elle fasse, leur dernière altercation lui trottait encore dans la tête. Et puis, il y avait cette histoire de maladie. Quoiqu'elle choisisse de faire, il fallait qu'elle arrête de tergiverser et prenne sa décision.