Merci à UranusMarie, Isabelle Pearl, Harry-potter-fictions, Elia (Merci pour ta review, à voir si Gemma se méfie de Johnson ... Elle est déjà très occupée avec Dom & James, si elle doit se faire un nouvel ennemi en plus ...), et Al (Et oui, c'est l'avantage ! Ou presque comme tu dis, étant donné que cette histoire est loin d'être terminée ... Je suis tout à fait d'accord avec toi, Dom ressemble un peu à Fleur, beaucoup plus qu'à Bill, d'ailleurs, tu pourras comparer toi-même plus tard, Dom retourne à la Chaumière pour Noël ! Merci pour ta review en tout cas, ravie que mon histoire te plaise pour l'instant ;) )

Je m'excuse d'avance des fautes qu'il peut rester dans ce chapitre. J'ai fêté mon anniversaire vendredi et disons que ça a duré plus longtemps que prévu. Ceci expliquant cela, je n'ai pas encore les idées bien claires et il se peut que certaines coquillages m'échappent ...

Bonne lecture ! (ENFIN! Du progrès !)


Le rivage est plus sûr, mais j'aime me battre avec les flots -

Emily Dickinson


- Je vais devenir folle, lâcha brusquement Camille Teyssier. Complètement tarée.

Arthur Lowe lui lança un regard étrange alors que la jeune fille observait sa salle commune avec un regard désemparé. Les deux jeunes gens étaient assis un peu à l'écart devant, respectivement, un devoir de sortilège et une dissertation d'Etude des Runes alors que leurs amis discutaient calmement sur un canapé. Mais, en les observant de plus près, on s'apercevait qu'ils lançaient tour à tour des regards inquiets vers eux et il ne se passait pas dix minutes sans que Dominique Weasley ou Joana Mayer vienne les déranger pour une raison de plus en plus stupide.

- Ils me suivent ! Je ne peux pas faire un pas sans en avoir un dans les pattes, continua Camille, l'air de plus en plus désespérée. Et même quand je parviens à leur échapper, il y en a toujours un pour me retrouver. Dominique m'accompagne même aux toilettes. Aux toilettes ! Non mais tu te rends compte ?

- Anatole agit de la même façon avec moi, lui assura Arthur. Ils se calmeront.

La brunette leva un sourcil septique, signe que rien n'était moins sûr. Depuis qu'ils avaient compris que l'agresseur ne s'attaquait qu'aux enfants de moldus, ses amis s'étaient mis en tête de la protéger et se relayaient pour l'accompagner dans tous ses déplacements. C'était bien simple, elle ne pouvait pas faire un pas toute seule et même Isabel Lowell, la plus intelligente d'entre eux, semblait considérer cela comme une très bonne idée et approuvait totalement.

Arthur, d'origine moldue lui aussi, avait droit au même traitement. Pourtant, sans qu'elle ne sache pourquoi et comment, ses amis paraissaient prendre plus de soin à la protéger elle que lui.

Enfin, protéger était un bien grand mot. Si elle avait trouvé cela touchant et amusant les premiers jours, elle n'en pouvait plus et ne pouvait plus faire un pas toute seule. Et l'histoire de Dominique l'accompagnant aux toilettes n'était pas isolée. Le matin même, Joana avait essayé de rentrer dans la salle de bain alors qu'elle prenait sa douche, inquiète de ne plus entendre l'eau couler depuis quelques minutes. Inutile de dire que Camille l'avait très mal pris.

- Je ne suis pas sûre que cela arrive avant qu'ils aient attrapé cette ordure, reprit-elle alors qu'Arthur la regardait d'un air entendu. Et cela n'a pas l'air près d'arri…Attends ! Tu ne vas pas me dire que tu cautionnes ?

Le jeune homme haussa les épaules et trempa sa plume dans son encrier, semblant soudainement mal à l'aise. Camille pointa le doigt sur lui, l'air accusateur :

- Tu approuves leur intrusion dans mon cercle vital ! Je rêve !

- Tu n'en fais pas un peu trop là ? rétorqua le jeune homme qui avait tiqué face à ses paroles.

- Oh que non ! Je n'ai plus aucune vie privée et j'ai décidé de ne plus me laver jusqu'à ce qu'ils arrêtent leur connerie. Joana a peut-être compris que je l'avais mauvaise depuis son intrusion dans la salle de bain mais Dominique est bien capable de se cacher dans le placard juste pour vérifier qu'on ne vienne pas m'agresser sous la douche.

- Et alors ? soupira le jeune homme. Si ça peut éviter que tu te retrouves une nouvelle fois à l'infirmerie …

Camille faillit rétorquer mais referma la bouche au dernière moment, le regard plus sombre. Certes, elle jouait à la courageuse mais n'avait pas oublié -et n'oublierait sûrement jamais- l'agression dont elle avait été victime. Elle frissonna en songeant revivre cette épreuve avant de secouer la tête.

Cela ne l'empêchait pas de ne plus supporter la complaisance de ses amis, malgré toute l'amitié contenue dans leur comportement.

- Ecoute, reprit-elle en baissant la voix. Cette histoire me rend dingue parce qu'on ne peut même plus se retrouver le soir dans la salle commune.

- Tu sais très bien ce que j'en pense, marmonna-t-il en lui adressant un regard noir. Si tu me laissais régler cette histoire, ça ferait longtemps qu'on ne se cacherait plus.

- Mais …

- La discussion est close, Camille. Faudra bien que t'acceptes de faire souffrir Molly. Et faudra bien que moi, j'accepte de faire passer mon bonheur avant ta tranquillité. Je t'ai un peu trop écouté ces derniers temps.

- Mais …

- Silence, conclut-il.

Et il se replongea dans son devoir d'Etude des Runes, feuilletant impatiemment son manuel tandis que Camille le regardait d'un air hébété, songeant que c'était sûrement l'une des premières fois qu'il lui rabattait le caquet. Légèrement mal à l'aise, la jeune fille se dépêcha de mettre un point final à son devoir avant de rejoindre les autres Poufsouffle.

Au final, même s'ils étaient collants et légèrement agaçants en ce moment, ils avaient au moins le mérite de ne pas la faire se sentir minable et coupable.

OoOoOoOo

- Où est-ce que tu vas ? s'enquit Joana Mayer en voyant Dominique Weasley se lever d'un bond, sans même avoir touché à son déjeuner.

- Mettre un terme à tout ça.

La jeune fille ne laissa le temps à aucun de ses amis de répliquer. Elle était déjà loin qu'ils la contemplaient encore avec des yeux hébétés, se demandant sûrement qu'elle mouche l'avait piqué, elle qui ne loupait jamais le déjeuner et le considérait même comme un rendez-vous saint.

- Elle est trop bizarre en ce moment de toute façon, conclut Camille en refermant la bouche alors que Molly poussait un profond soupir.

La jeune Weasley avait été la seule à remarquer que Gemma Lysenko avait suivi le même chemin quelques secondes plus tôt.

OoOoOoOo

Cela faisait quelques minutes que Gemma sentait une présence derrière elle et, stupidement, elle n'avait pas osé se retourner pour vérifier si son intuition était bonne. Et puis, elle avait fini par comprendre. Cela faisait trop longtemps qu'elles se lançaient des regards noirs pour ne pas se confronter une nouvelle fois.

En attendant patiemment que l'escalier mouvant se positionne sur le palier du dernier étage, la jeune fille se souvint de la dernière missive de son père.

Ma Gemma,

Crois-moi, si je n'étais pas sûr de la compétence de tes professeurs et de Poudlard, tu serais déjà à la maison malgré tes tentatives - en soit, totalement vaines- de me rassurer. Au Ministère, on ne parle que de ça et je peux t'assurer que les Aurors prennent cela très au sérieux. Si personne n'a été envoyé à Poudlard c'est parce qu'un Auror est déjà sur place et a été missionné pour résoudre tout cela. Il parait que Wiertz est très compétant et apprécié en Bavière et étant donné qu'il est sur place .. Je suppose que le Ministère ne veut pas effrayer l'opinion publique -ce qui marche moyennement, je te l'accorde. Je te fais confiance pour garder ça pour toi, je ne l'ai pas appris de manière très conventionnelle.

Nous amènerons True chez ce soigneur durant les vacances de Noël, je te le promets. Je te rassure sur ce point, je devrais vraisemblablement pouvoir m'échapper durant quelques jours et nous passerons les fêtes ensemble.

La dernière partie de ta lettre m'inquiète ma chérie. Je n'imagine pas que tu ais pu te fourrer dans quelque chose de dangereux te connaissant mais avec ce qui s'est passé depuis le début de l'année … cette histoire de retenues m'a réellement surpris de ta part. Je ne t'imagine pas perdre ton calme devant quelqu'un, aussi désagréable soit-il. Si tu avais des ennuis, tu m'en parlerais n'est-ce pas ?

Mais voilà que je joue au papa poule. D'une certaine manière, tu m'en parles déjà, même si je t'avoue être dans le flou. Cette histoire n'a aucun rapport avec les agressions ? Car, si c'est le cas, tu dois dire tout ce que tu sais à un professeur, je t'en supplie.

Si ce n'est pas le cas, et je l'espère, alors je pense que tu connais déjà ma réponse. Si ce que tu as découvert est important mais aussi susceptible de faire beaucoup de mal, alors ne parle pas. Garde-le pour toi. Surtout si tu ne récoltes que des ennuis. Ma chérie, parfois il est difficile de faire la différence entre le bien et le mal mais pas pour toi, j'en suis certain. Et puis, tu n'as pas besoin de moi pour te le rappeler.

Je t'embrasse.

Ton père.

La jeune Serdaigle prit une grande inspiration et se retourna brusquement. Comme elle l'avait pressenti, Dominique Weasley ne se trouvait qu'à quelques mètres d'elle et ne devait pas s'attendre à ce revirement de situation car elle sursauta.

La Poufsouffle se reprit néanmoins très vite et s'avança, réduisant en quelques pas la distance entre elles.

- Weasley, grinça la Serdaigle.

- Lysenko.

Comme la dernière fois, elles se jaugèrent quelques secondes du regard. Gemma n'avait pas l'intention d'attaquer la première, après tout, c'était elle qui l'avait suivi et non le contraire cette fois. Alors elle attendit patiemment que Dominique Weasley ouvre la bouche. Son souhait ne tarda pas à être exaucé.

- Faut que ça cesse Lysenko, cracha la jeune fille en remettant une de ses mèches blondes derrière ses oreilles.

- Il parait, railla la deuxième.

Dominique Weasley haussa un sourcil septique avant de prendre une brusque inspiration. Gemma remarqua que sa main tremblait et sans qu'elle ne comprenne pourquoi son estomac se serra.

- Ton frère m'a dit que tes … amis n'étaient pas au courant, lança-t-elle, d'un ton beaucoup moins assuré.

En vérité, Gemma cherchait à gagner du temps tout autant qu'à voir la réaction de la Poufsouffle à la mention de son frère. Cette dernière ne se fit pas entendre. Il lui sembla un instant voir de la surprise dans son regard avant qu'elle ne reprenne contenance et que son visage se torde dans un rictus haineux. Beaucoup plus calme que d'habitude face à cette furie, Gemma ne lui donna pas le plaisir de baisser les yeux.

- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, murmura doucement la Poufsouffle.

Doucement était un bien grand mot mais Gemma considérait chaque mot non crié comme de la douceur chez elle.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dis ? reprit Dominique, soudainement l'air beaucoup plus assurée.

- Tu ne débites que des conneries. Pardonne-moi si ça entre par une oreille et ressort par l'autre.

- Lysenko, soupira la jeune fille d'un air très hautain tout en chassant une mouche invisible autour d'elle. Je parle de ce secret que tu cherches tant à cacher toi aussi. Que tu cherchais tant à cacher devrais-je dire.

La jeune Poufsouffle leva le menton fièrement tandis que Gemma se liquéfiait. Littéralement.

- Je t'avais bien dis que je trouverais, lui assura-t-elle. Ca n'a été qu'une question d'heures. Voilà ce que je te propose. Ton silence contre le mien. On oublie tout ça et chacune retourne dans son coin. On se contente de s'insulter en cours de Duels pour la forme mais, sinon, nous n'avons plus aucun contact. Comme si ça n'avait jamais existé. Ca te va ?

Elle … savait ? Cette peste savait pour sa mère ? La jeune Serdaigle eut brusquement un coup de chaud et sentit une goutte de transpiration dégouliner le long de sa tempe. Elle cligna brusquement des yeux, songeant à la missive de son père.

Elle avait eu deux semaines pour réfléchir et avait étudié chaque cas de figure. En ce qui concernait le décès de sa mère, rien ne valait de sacrifier son silence là-dessus. Elle ne se sentait pas de taille à affronter les regards plein de pitié des autres, les questions et les sollicitations de ses camarades. Pire que tout, elle avait presque l'impression que cela rendrait la chose encore plus réel.

Gemma allait abdiquer lorsqu'elle remarqua que Dominique Weasley était agitée d'un tic étrange qui consistait à plier et déplier ses doigts de manière continuelle, spectacle que la Poufsouffle ne quittait pas des yeux. Sa bouche s'ouvrit dans un "o" de surprise.

- Tu bluffes.

- Je …

- Tu mens. Tu baisses les yeux et tu trembles, oberva-t-elle. Tu n'as rien, rien du tout. Tu essayes juste de t'assurer de mon silence.

La Poufsouffle baissa brusquement les yeux vers la main fautive mais ne chercha pas plus à nier. Soudainement, elle parut extrêmement lasse et Gemma craignit un instant qu'elle ne refasse une espèce de crise ou ne tombe dans les pommes comme la dernière fois. C'est vrai que son visage déjà pâle menaçait de virer au vert et son front s'était coloré d'une espèce de rose/rouge qui ne lui seyait pas particulièrement. Elle avait peur.

Et Gemma fut surprise de s'en rendre compte, de comprendre les sentiments -là aussi c'était un grand mot, Weasley était dénuée de sentiments habituellement- qui l'habitaient.

- Je veux juste que tu fasses cesser ce supplice, confia-t-elle.

Ce faisant, elle releva les yeux vers Gemma et plongea son regard d'eau dans les siens.

- C'est bon Weasley, je dirais rien, lâcha-t-elle brusquement sans l'avoir prémédité. Non, laisse-moi parler. Je veux juste que tu me foutes la paix et je te promets de ne rien dire. Bien évidemment, ma parole n'a sûrement aucune valeur pour toi mais tu devras t'en contenter.

Tout aussi brusquement, Gemma rompit le contact entre elles et se détourna, s'avançant à grands pas dans le couloir. Son cœur se mit à battre à toute allure et elle s'interrogea sur ce geste qui n'était pas réfléchis, pas mesuré. Venait-elle vraiment de promettre à Weasley de garder son secret ? Qu'est-ce qui avait pu la conduire à de telles paroles ?

En vérité, c'était une gamine épuisée et cernée qu'elle avait eu devant elle et Gemma avait eu l'impression de voir disparaitre la peste méchante et commérasse l'espace d'un instant. Oh, et puis non, il ne fallait pas se leurrer. C'était la pitié, cette pitié qu'elle craignait et abhorrait tant qui l'avait poussé à se taire.

En vérité, Gemma allait très vite oublier cette discussion. Oh pas Dominique Weasley qu'elle serait amenée à revoir beaucoup trop vite à son goût malheureusement. Car Gemma Lysenko s'apprêtait à vivre l'une des plus vives humiliations de sa scolarité.

OoOoOoOo

- T'es vraiment super lunatique comme fille, constata Camille Teyssier alors que sa meilleure amie lui plaquait un énième baiser sur la joue.

La jeune fille haussa les épaules tout en lui lançant un regard énigmatique.

A vrai dire, elle n'avait presque pas dormi de la nuit, se repassant encore et encore sa discussion avec la Préfète-en-chef. Au début, elle n'avait pas voulu y croire.

Dominique s'était préparée. Elle avait préparé milles et uns discours pour faire comprendre à ses amis -Camille en tête- qu'elle avait été obligé de garder le secret, qu'elle ne voulait pas les inquiéter et qu'elle préférait les tenir en dehors de tout ça. Elle y avait pensé pendant des jours, cherché les meilleures tournures de phrases.

Et maintenant Lysenko lui avait dit qu'elle ne dirait rien.

Sous pression, Dominique avait éclaté de rire alors que la jeune Serdaigle s'éloignait. Parce que, sérieusement, pourquoi est-ce que Lysenko ferait ça ?

Et puis elle avait réfléchi. Et peut-être que tout ceci n'était pas une farce au final. L'argument le plus important était le fait que Lysenko aurait pu cracher le morceau depuis longtemps si elle l'avait voulu.

- On se retrouve en sortilèges ? reprit Camille en la regardant d'un air interrogatif.

Les deux jeunes filles se trouvaient dans le hall d'entrée, au niveau du couloir menant aux cachots. Si Camille devait se rendre en Aritmancie, Dominique, elle, s'apprêtait à rejoindre son premier cours de la matinée. Elle avait Potions pour la troisième fois depuis le début de la semaine et se réjouissait d'avance de tenter de faire sortir Isaac de ses gongs pour la première fois depuis très longtemps. Avec pédance, elle songeait même qu'elle avait toutes ses chances. Après tout, elle l'avait laissé tranquille pendant près de deux semaines peut-être que pris par surprise, il serait plus loquace.

Elle rêvait les yeux ouverts mais Dominique se sentait pousser des ailes depuis qu'elle avait ouvert l'œil, après quelques heures trop maigres de sommeil.

Dans tous les cas, que Lysenko ait menti ou non, elle préférait croire en la promesse de la jeune fille. Cela l'arrangeait.

- Salut ! lança-t-elle à l'intention d'Anatole Bensberg qu'elle venait de rejoindre après quelques minutes de marche.

Elle n'avait pas eu l'occasion de l'apercevoir pendant le petit déjeuner et Arthur lui avait confié que ce dernier s'était réveillé en retard et avait préféré faire l'impasse dessus plutôt que d'arriver en retard à un cours d'Agnès Assem. Dominique lui ébouriffa les cheveux.

- T'es vraiment lunatique comme fille, constata-t-il en se dégageant de son étreinte d'un air grognon.

- Oh, mais vous êtes tous vraiment pas drôles ce matin !

Cela lui faisait du bien de taquiner les autres Poufsouffle. Ces deux semaines avaient été éprouvantes et cette fille renfermée et taciturne, ce n'était vraiment pas elle. Alors oui, elle en faisait trop, était excessive au possible depuis le levé, mais au moins, elle avait retrouvé sa bonne humeur et sa joie de vivre légendaire. N'en déplaise aux plus mal réveillés des Poufsouffle !

Dominique se posa contre le mur, attendant qu'Assem les invite à entrer et patienta en discutant à voix basse avec Anatole Bensberg. Au bout d'un moment, son regard se porta sur Lysenko qui arrivait avec quelques minutes d'avance sur le début du cours et paraissait plongée dans ses pensées, son amie Flint à ses côtés.

Leurs regards se croisèrent et Dominique se mordilla la lèvre, assez mal à l'aise. Elle allait détourner le regard lorsqu'elle reconnut la voix rauque de James qui se vantait de ses derniers résultats en Soins aux Créatures Magiques.

Son cousin marchait à quelques pas des Serdaigle de cette allure pédante qu'elle savait posséder elle aussi. Il parlait fort et avec de grands gestes, paraissant ennuyer au possible ses deux éternels amis de Gryffondor. En effet, Carlson paraissait ne pas avoir dormi de la nuit et Jordan fixait ses pieds en dodelinant de la tête à certains moments. On aurait dit sa cousine Molly faisant semblant de suivre une conversation alors qu'elle pensait à tout autre chose. Elle disait "oui", "non", "tu as raison" de façon aléatoire, espérant combler quelques vides et ne rien laisser remarquer. Autant dire que cette technique ne marchait plus vraiment après toutes ses années.

Puis James accéléra le pas et bouscula Lysenko qui s'écrasa nez contre sol. Littéralement.

Flint poussa un cri courroucé et s'agenouilla immédiatement pour aider son amie à se relever. Apparemment, Lysenko s'était fait mal et saignait du nez et, lorsqu'elle s'en rendit compte, sembla incapable de faire le moindre mouvement cohérent, retombant au sol à chaque tentative.

A part Flint qui tentait d'aider Lysenko, personne ne fit un geste vers cette dernière et quelques rires se firent entendre de la part de filles de Gryffondor qui murmuraient à voix basse tout en adressant quelques regards à James. Lequel profitait de la scène de théâtre qu'il venait de créer.

Doucement, comme s'il venait de se rendre compte que quelque chose clochait, il se retourna et fit mine d'être surpris de voir Lysenko au sol.

- Tu embrasses le sol que j'ai foulé maintenant ? s'enquit-il d'un air circonspect.

Bien entendu, Lysenko ne répondit pas. La Serdaigle s'essuyait consciencieusement le nez et de grosses traces de sang apparurent sur ses mains. Elle ne sembla pas supporter sa vue car son teint devint verdâtre.

Dominique détourna la tête, de plus en plus mal à l'aise.

- N'en rajoute pas Potter, s'écria distinctement Flint qui était sortie de son éternelle réserve et le fusillait âprement du regard. C'est de ta faute tout ça.

- James, soupira Dewi d'un air las tout en tirant sur la manche de sa chemise. Laisse tomber, on va en cours.

Wil Jordan, lui, évitait consciencieusement de regarder Flint ou Lysenko et fixait un tableau représentant des Trolls dans des cavernes. D'ailleurs, s'il occultait la vue des Serdaigle, il faisait de même avec James, lui signifiant ainsi qu'il n'aurait aucun soutien de sa part dans cette histoire.

Dis quelque chose, ordonna furieusement Dominique en reportant son attention sur Lysenko.

Malheureusement, cette dernière n'avait pas l'air de posséder de don de télépathie. D'ailleurs, elle n'avait décidemment aucune fierté devant James car elle renifla bruyamment, tentant d'endiguer ses larmes.

- Ton cousin est idiot parfois, marmonna Anatole en la regardant fixement.

Dominique haussa les épaules sans quitter Lysenko du regard.

Hurle, lance lui un sortilège, frappe-le, mais fais quelque chose !

Elle ne savait pas pourquoi cette situation précise lui retournait l'estomac et tenter d'aider Lysenko, même par pensée, était quelque chose de nouveau pour elle. Néanmoins, elle ne s'attarda pas sur cette empathie à son égard, préoccupé par le regard de James.

Son cousin était visiblement seul contre Lysenko -ses deux amis l'ayant lâchement abandonné sur ce coup-, ce n'était pas ça qui allait l'arrêter. Il n'avait pas besoin des autres pour exister même s'il préférait opérer en bande, et puis, la Préfète-en-chef était un peu sa victime attitrée. L'unique d'ailleurs si Dominique y réfléchissait.

Elle poussa un profond soupir alors qu'Anatole la regardait toujours d'un air étrange.

- Quoi ?

- C'est ton cousin, murmura-t-il doucement.

Cela sonnait comme un reproche. C'était un reproche. Dans ce cas, pourquoi n'intervenait-il pas lui-même, songea méchamment la jeune fille.

- Lysenko, ça devient lassant.

Un silence s'installa, seulement coupé par les ricanements plus vraiment dissimulés des Gryffondor et les soubresauts de Lysenko dont le nez n'avait pas arrêté de saigner. D'ailleurs, il paraissait un peu tordu. Déjà qu'il était légèrement aplati, alors s'il déviait de sa position initiale …

Au loin des pas se firent entendre et les Serpentard, qui manquaient alors à l'appel. Ils s'arrêtèrent net devant la scène, surnaturelle, qui se jouaient devant eux. Instinctivement, croyant sûrement à une autre agression, Harriet Moorehead se rapprocha de sa sœur.

- Cette façon obscène de te rouler à mes pieds, poursuivit James.

Finalement, Nott et les autres parurent comprendre que ce n'était pas une agression, pas vraiment, et le regard du premier se posa brièvement sur Lysenko, toujours au sol, avant de se redresser vers Potter. Dominique, qui ne le quittait pas des yeux, le vit agripper sa baguette.

Okay, si tout le monde profitait de ce moment pour régler ses comptes, la situation allait dégénérer.

- Tu veux de l'action ? marmonna-t-elle en regardant Anatole. Tu vas en avoir. JAMES POTTER !

Ledit Potter sursauta, sans pour autant se retourner vers Dominique qui avançait à grands pas vers lui. Il avait du reconnaitre la voix si douce de sa cousine et l'ignorait sans peine, regardant avec âpreté son dernier joujou.

Une véritable larme coula sur la joue de Gemma qui aurait voulu rentrer dans un trou de souris et ne plus jamais en ressortir.

- Mêle-toi de tes affaires, grogna le Gryffondor alors que Dominique se plantait devant lui.

Ainsi, elle l'empêchait d'atteindre Lysenko et, dans le même temps, rendait impossible pour Isaac Nott de l'attaquer. Il devrait la remercier, elle était en train de lui sauver la vie. Et au lieu de ça, monsieur la fusillait du regard et se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au derrière s'il croyait l'intimider comme ça. Elle n'était pas Lysenko, elle était sa cousine et ne le prenait plus au sérieux depuis que sa tante, Ginny, lui avait donné une déculotté devant tout le monde à ses cinq ans.

Et elle avait autant de caractère et de passion que lui lorsqu'elle décidait quelque chose. Et, étonnement, elle avait envie de sauver la mise à Lysenko.

- Tu vas trop loin, lui assura-t-elle. T'en as déjà assez fait, alors, je t'en supplie, arrête.

- Dégage Dom'. C'est juste une blague.

La jeune fille soupira. Il ne voulait pas entendre raison alors elle allait parler avec la seule arme qu'elle maitrisait parfaitement, mis à part sa langue. Oh, et elle ne pensait pas à sa baguette, plutôt à ses poings.

Devant les yeux ébahis d'une vingtaine d'élèves, James Potter se prit l'une des baffes les plus retentissantes de sa vie sur la joue gauche. Cette dernière claqua dans un bruit sourd en même temps que Dewi Carlson poussait un couinement effarée tout en plaquant ses mains devant sa bouche. Elle ne fit néanmoins aucun geste pour porter secours à James.

- C'est juste ma manière de rire, conclut la jeune fille.

En fait, elle allait un peu vite en besogne en croyant que cette affaire allait s'arrêter là. Lysenko aurait pu se redresser, Flint l'aurait emmené à l'infirmerie, les filles de Gryffondor auraient arrêté de rire et Nott n'aurait pas assassiné son cousin avec sa baguette magique. Mais le Destin était vraiment injuste envers Dominique qui venait certainement de faire une grande avancée sans s'en rendre compte à ce moment précis.

Le Destin, donc, avait décidé qu'Agnès Assem décide d'ouvrir la porte de la salle de cours avec quelques secondes d'avance sur l'horaire habituel, chose qui ne lui arrivait jamais d'habitude et ne perde rien de la scène. Enfin, juste de la partie où Dominique giflait son cousin violemment, pas le moment où ce dernier humiliait Lysenko.

- WEASLEY ! MAIS QU'EST-CE QUI VOUS PREND ? UN TEL COMPORTEMENT EST INACCEPTABLE ! DEUX HEURES DE RETENUES ET CINQUANTE POINTS EN MOINS POUR POUFSOUFFLE.

Elle avait du coffre Assem. Néanmoins elle n'était pas injuste et Dominique regretta un peu moins sa punition lorsque James la rejoignit dans sa peine, après que Flint lui ait tout raconté.

- Sans rancune mon cousin chéri ? murmura-t-elle alors qu'Assem les menait manu-militari dans les bureaux de leur Directeur de Maison respectif.

Et son cousin se contenta de lui adresser un regard noir en se frottant sa joue blessée qui abordait à présent une belle teinte violette.