Merci à Urithrawiel Prilissi, JolieRosedu68 (Bonnes vacances !), Isabelle Pearl, Uranus Marie, Al (Oui, ça lui fait du bien à James, même s'il ne le sait pas encore ! Il va évoluer & Gemma prendra plus d'assurance, ne t'inquiète pas ! Merci d'avoir rewiewé !), Elia (Dominique aussi grandit, c'est pour ça qu'inconsciemment elle défend Gemma ... Et aussi parce qu'elles partagent quelque chose maintenant ... Mais la route est longue avant que les choses ne se resolvent et y'aura des hauts et des bas ! Merci pour ta review en tout cas !) et Harry-potter-fictions !
Vous êtes de plus en plus nombreux alors encore une fois merci de prendre le temps de laisser une review :) !
Bonne lecture ! (je m'excuse d'avance, ce chapitre est bien plus court que les autres ...)
"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé."
Alphonse de Lamartine
- Debouuuut !
Dominique sursauta, gardant néanmoins les yeux clos et poussa un grognement alors qu'on lui enlevait la couverture des épaules. Un grand capharnaüm se fit entendre dans le dortoir des Poufsouffle, tandis que les quatre autres filles subissaient le même sort. Quatre ? Non, trois, car c'était l'une d'elle qui était responsable de ce bazar.
- Molly, il est sept heures, grogna Isabel.
Dominique ouvrit les yeux à ce moment là, juste à temps pour voir la grande blonde se battre avec sa cousine pour reprendre possession de sa couverture. Chose qu'elle ne réussit étonnement pas.
Molly était déjà apprêté alors qu'on était lundi matin et qu'elle n'avait cours que dans une heure. Si elle portait l'uniforme de Poudlard, Dominique remarqua néanmoins qu'elle avait remonté sa longue chevelure rousse sur le haut de son crâne. Quelques mèches s'échappaient de son chignon qui bondissait sur sa tête au rythme de ses soubresauts. Elle paraissait surexcité et ne semblait pas pouvoir tenir en place.
Du lit de Camille, on entendit un ronflement. Son amie avait toujours eu l'incroyable capacité de se rendormir en quelques secondes.
Joana, quant à elle, avait accepté à contrecœur de sortir de son lit et se dirigeait déjà vers la salle de bain, serviette de toilette en main.
- Molly, qu'est-ce qu'il se passe ? marmonna Dominique en se redressant sur ses coudes.
- C'est mon anniversaire, espèce de cousine indigne ! s'exclama cette dernière d'un air vexé.
Dominique se sentit rougir et, dans les minutes qui suivirent, elle dut essuyer les critiques faussement éhontées et autres reproches de la part de Molly qui était la dernière des filles à fêter ses dix-sept ans. Tout le monde finit par lui souhaiter en la serrant dans ses bras, hormis Camille qui lui souhaita une bonne année, la tête enfouie sous son oreiller.
- Ce soir, j'organise une petite fête, déclara finalement Molly d'un air satisfait. On se retrouve dans le dortoir après le dîner, compris ?
- Et les garçons ? grogna Camille en sortant la tête de son oreiller.
- Ils viennent aussi.
Un petit sourire mutin s'afficha sur le visage de Molly, qui était ravie de la journée qui s'annonçait et avait hâte de retrouver tout le monde le soir même.
- Je serais un peu en retard, conclut Isabel en se faufilant dans la salle de bain à un moment où Joana ne la regardait pas. Mais compte sur moi.
OoOoOoOo
- Gemma, il va bien falloir que tu sortes un jour, murmura Nella qui était assise sur le bord du lit de sa meilleure amie et tentait de la convaincre -depuis de longues minutes- de se lever pour aller en cours. Tu as déjà passé tout le week-end ici.
La Préfète-en-chef poussa un grognement d'insatisfaction tout en enfouissant sa tête sous son oreiller. Malgré toutes ses sollicitations, Nella ne pouvait pas comprendre. Ce n'était pas elle qui avait vécu l'humiliation cuisante qu'elle avait subi trois jours plus tôt. Et, si on parlait tout autant de la gifle cuisante que Dominique Weasley avait mis à son cousin que d'elle gisant au sol, le nez en sang, cela ne la consolait pas.
Pire que tout, elle s'en voulait. S'aurait dû être elle à la place de Weasley. Elle aurait dû mettre cette baffe à Potter elle-même et non pas se liquéfier sur place. Et la vue du sang, qu'elle ne supportait guère, n'était pas une excuse.
- Je veux mourir, grogna-t-elle.
- Aller, tout le monde a déjà oublié cette histoire, tenta de la convaincre Nella. Et puis, nous avons cours de Potions, Assem ne tolérera pas la moindre absence.
- Potions, gémit Gemma. Hors de question. Tu n'as qu'à dire que je suis malade. Invente une maladie particulièrement horrible … Quoique non, Assem serait capable de me trainer jusqu'à l'infirmerie. Tu n'as qu'à dire que j'ai mes règles.
- Gemma, je ne vais pas dire que tu as tes trucs devant toute la classe, la résonna la jolie blonde.
Nella jeta un coup d'œil à l'horloge murale et se rendit compte que l'heure tournait et que, si elles continuaient à trainer dans leur dortoir, elles allaient arriver en retard en cours. Bien décidée à faire sortir Gemma de son trou, elle tira la couette et arracha l'oreiller que son amie tenait fermement. Puis, elle reprit, d'un ton qui n'admettait aucune réplique.
- On y va et puis c'est tout.
OoOoOoOo
- Salut Isaac, comment vas-tu en cette belle journée ensoleillée ? lâcha la jeune Poufsouffle tout en laissant tomber son sac de cours à côté du plan de travail.
En réalité, il pleuvait à verse et, de toute façon, il n'y avait pas de fenêtres dans les cachots pour regarder dehors. Le Serpentard lui adressa un regard torve, semblant soudainement trouver passionnant le spectacle des élèves trainant des pieds jusqu'à leur place.
Dominique croisa le regard de son cousin et lui adressa un sourire contrit. Ce dernier ne lui avait pas adressé la parole pendant tout le week-end malgré ses nombreuses sollicitations et ses excuses répétées. Tant pis, il avait réellement abusé et puis de toute façon, c'était James et il était incapable de faire la tête à qui que ce soit pendant très longtemps.
- Aller, tu veux pas répondre qu'on s'ennuie un peu moins ? insista-t-elle alors qu'étonnement, Assem ressortait de la salle de classe.
Elle comprit en voyant un élève de Serdaigle la suivre qu'elle allait lui prêter un chaudron car le sien semblait fendu et totalement inutilisable. Tant mieux, chaque minute de perdue dans un cours est une minute de bonheur. Même si elle adorait les Potions, ce n'était pas pour ça qu'elle appréciait d'être enfermée dans un cachot trois fois par semaine pendant deux heures.
- Tu n'as qu'à frapper ta tête à claque de cousin si tu veux de l'action, répondit le Serpentard.
Dominique savoura quelques secondes ces paroles avant de reprendre, rentrant dans son jeu avec un plaisir non dissimulé.
- Peut-être que ça accordera la couleur de ses joues, lança-t-elle, faisant référence à la trace rouge qui avait tenu tout le week-end sur la joue douloureuse de son cousin.
A cet instant, Flint et Lysenko entrèrent en cours, légèrement en retard. Elles avaient de la chance qu'Assem se soit absenté sinon elles n'auraient pas échappé à une punition. Flint fila sans demander son reste à côté d'Heather Moorehead au fond de la classe et Lysenko s'installa au premier rang, près de Wil Jordan, ignorant l'ensemble des regards braqués sur elle.
- Peut-être que ça lui remettrait le cerveau en place, reprit Isaac, d'une voix beaucoup plus dure sans quitter Lysenko des yeux.
Dominique allait répliquer que son cousin n'avait pas de cerveau lorsqu'Assem revint, le Serdaigle et un chaudron tout neuf dans les bras et le cours commença.
Aujourd'hui, ils devaient préparer une potion de régénération sanguine. Rien de très compliqué et, en plus, Assem ne pouvait tester leur travail sur personne à moins d'éventrer un élève. Pendant plus de deux heures, ils travaillèrent silencieusement mais, et peut-être que Dominique se faisait des films, il lui semblait qu'il y avait plus de connivence entre eux.
Lorsqu'ils rendirent leur potion à la Directrice des Serpentard, cette dernière, après l'avoir examiné sous tous les angles d'un air sévère, leur offrit un semblant de sourire. Dominique pouvait donc prétendre à un EE sans prendre trop de risques.
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- J'ai réussi à avoir des Bierraubeures grâce à Albus, minauda Molly. Et les elfes ont promis de faire un énorme gâteau au chocolat. Ca va être génial !
- On va enfin pouvoir mettre nos plus belles robes, rêva Joana.
- Oh oui, j'ai hâte. Et n'oubliez pas d'être à l'heure, ajouta-t-elle à l'intention des autres Poufsouffle qui n'avaient décidemment pas l'air enthousiaste qu'elle attendait d'eux.
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Quelques heures plus tard, quelques minutes après le dîner.
Dominique déambulait dans les couloirs, le souffle court à cause du rythme auquel elle s'astreignait. Elle avait raccourci l'entrainement de son équipe d'une heure pour pouvoir être à l'heure à la soirée de Molly. Sa cousine allait l'Avada Kedavriser net en constatant que, malgré cette précaution, la jeune fille était quand même en retard. En réalité, elle avait discuté tactique avec Abel McKinley -décidemment très bien placé pour la remplacer au poste de Capitaine l'an prochain- et, une fois n'est pas coutume, avait pris sa douche dans les vestiaires. Pour ça, elle avait attendu le départ des trois autres filles et avait passé de trop brèves minutes sous la douche pour ne pas prendre plus de retard.
Il était presque vingt heures et elle n'avait aucune chance de se trouver dans le dortoir d'ici cinq minutes. Molly allait la tuer. Sa cousine n'aimait rien moins que les retardataires et affectionnait tout particulièrement les anniversaires, surtout le sien.
D'ailleurs … Nom d'un troll ! Anniversaire égal … cadeau !
Elle avait complètement oublié ce petit détail et doutait que Joana ou Camille -qui n'oubliaient jamais ce genre de chose- acceptent de faire semblant de partager l'idée du cadeau avec elle. Mais quelle idiote !
Tant pis, elle inventerait une excuse bidon ou dirait à Molly que son cadeau l'attendrait dans quelques jours.
La jeune Weasley s'autorisa à reprendre son souffle une fois dans le hall d'entrée, autant parce qu'elle sentait déjà les fourmillements familiers dans son estomac que parce qu'il était inutile de courir : de toute façon elle était en retard.
Le hall était désert mais on entendait des rires et des cris dans la Grande Salle. A vrai dire, le couvre-feu lui aussi était dans cinq minutes et les élèves n'allaient pas tarder à rentrer dans leur dortoir. D'ailleurs, elle n'avait même pas le droit de se trouver seule ici si l'on suivait le nouveau règlement visant à éviter de nouvelles agressions. Dominique, certaine que même si elle se faisait agresser cela ne suffirait pas à calmer la colère de sa cousine, reprit sa marche rapide.
- Aie, grogna-t-elle alors qu'on venait de lui rentrer dedans. Lysenko.
La jeune fille se redressa, les bras croisés, dévisageant la jeune fille qui paraissait un peu perdue. Elle lançait de nombreux regards autour d'elle comme si elle était suivie et ne s'excusa même pas, s'éloignant à grands pas.
Dominique poussa un soupir face à ce qu'elle s'apprêtait à faire.
- Attends !
- Qu'est-ce que tu veux ? lança la Préfète-en-chef par-dessus son épaule.
- On a pas le droit de se balader seule et tu vas droit dans les cachots.
Lysenko haussa les épaules, sûrement surprise qu'elle s'intéresse au règlement de façon si minutieuse. A vrai dire, Dominique n'en avait rien à faire du règlement et elle rejoignit la Serdaigle en quelques enjambées.
- Ecoute Weasley, je t'ai dis que je ne dirais rien, je ne reviendrais pas là-dessus. Fiche-moi la paix maintenant.
- Oh c'est bon, je t'ai bien sauvé la mise vendredi tu …
- Ne me parle pas de ça, s'exclama la Serdaigle en la fusillant du regard.
Voilà que Dominique regrettait déjà de l'avoir suivi d'autant plus que le temps perdu avec elle était un cran de plus dans la fureur de sa cousine.
- Ecoute Lysenko, j'ai aucune envie d'être ici avec toi alors …
- Alors vas t'en, lança simplement la jeune Serdaigle. Si c'est pour te foutre de ma gueule au sujet de vendredi, ce n'est pas la peine.
- Bordel, mais qu'est-ce que t'es énervante comme fille. Si j'avais envie de me foutre de toi à propos de vendredi, je l'aurais fait depuis longtemps, s'énerva Dominique.
Gemma Lysenko s'arrêta net et la jeune Poufsouffle manqua de lui rentrer dedans, surprise par ce revirement de situation.
- Ce n'est pas ce que tu faisais avant ? lança-t-elle d'un air à la fois septique et ironique.
- Et je continuerais autant qu'il me plaira, répliqua Dominique. Néanmoins, cette fois, James a été trop loin.
- Magnifique, railla Gemma en levant les bras en l'air. Maintenant que cette vérité a été énoncée à voix haute, veux-tu bien me laisser tranquille ?
Agacée, Dominique fit demi-tour prête à retourner dans son dortoir. Elle-même ne comprenait déjà plus pourquoi elle avait suivi la jeune fille plutôt que de rentrer et tout cela lui apparaissait comme complètement futile.
- Faudra bien que tu remettes mon cousin à sa place un jour Lysenko, lança-t-elle brusquement.
- Allons bon, c'est ta façon de me remercier de n'avoir rien dit ? Tu comptes faire ton bon samaritain pendant longtemps ?
- Bon sama … quoi ? Peu importe, je ne te remercies de rien du tout, ce n'est pas mon genre.
OoOoOoOo
Un peu plus loin, vers la bibliothèque
- Hé, attends.
Etonnée, Camille Teyssier se retourna pour voir Arthur Lowe poser sa main sur son épaule, la mine sévère.
Ils avaient travaillé tous les deux l'après-midi entière à la bibliothèque et la jeune fille avait savouré ces quelques moments seule avec lui avec une réelle satisfaction. Les moments où ils pouvaient être seuls se comptaient sur les doigts d'une main en ce moment. Mais aujourd'hui, Molly était tellement obnubilée par son anniversaire et les autres Poufsouffle semblaient avoir mieux à faire que de se préoccuper de leurs ASPICS.
Bien sûr, ils étaient en public et ne pouvaient donc pas se comporter librement mais c'était mieux que rien.
Là, le couloir était désert et les deux jeunes gens se hâtaient de rentrer à la salle commune où ils étaient attendus.
- J'ai bien réfléchi, murmura le jeune homme en passant son bras autour de ses épaules après avoir vérifié, une seconde fois, que le couloir était véritablement désert. Et ne t'énerves pas ... D'accord ?
Camille poussa un petit soupir mais secoua étrangement la tête emprunte d'une grande lassitude. S'énerver ? Non, elle n'en avait guère envie. Sa tête vint se nicher dans le cou du jeune homme, l'enjoignant à poursuivre.
- Nous ne sommes pas obligés de tout dire à Molly, reprit-il, l'air brusquement plus serein.
- Je croyais que tu voulais ...
- Je vais la quitter, affirma-t-il. Mais pour nous deux ... on attendra quelques semaines, peut-être même quelques mois. L'été sera bientôt là et la fin de notre scolarité aussi.
- Tu ...
- Ecoute Camille, quoique tu dises, je vais le faire. Maintenant même ! Alors tu ferais mieux d'accepter ce fait et te convaincre que mon idée est une très bonne solution. Un compromis ...
- Je n'ai rien dit ! s'offusqua la jeune fille.
En réalité, cela lui paraissait être une très bonne idée et elle se demandait pourquoi ils n'y avaient pas pensé avant.
Elle en avait marre de se cacher, de devoir mentir et surtout de culpabiliser envers son amie.
Mais, par dessus tout, elle n'en pouvait plus de les voir l'un sur l'autre, toujours ensemble, et beaucoup trop tactiles l'un envers l'autre. Même si Arthur lui avait assuré qu'il n'avait plus de sentiments pour Molly et qu'il ne faisait que donner le change à cause de Camille d'ailleurs, qui ne voulait pas que cette dernière ne se doute de quelque chose.
La jeune Poufsouffle se défit de son étreinte, contemplant un instant ses yeux bleus beaucoup trop sérieux derrière ses lunettes, remontant vers son front étroit sur lequel tombaient quelques mèches châtains et elle esquissa un sourire.
- Okay. Je suis d'accord, faisons ça.
- Tu es ... d'accord ? murmura Arthur en fronçant les sourcils.
- Oui, finissons-en.
- Très bien, reprit-il, l'air soulagé. Allons-y maintenant.
Camille approuva du chef et ils reprirent leur marche silencieuse, descendant les étages rapidement. Jusqu'à ce qu'une terrible vérité s'impose à elle et qu'elle se tourne vers Arthur, l'air passablement horrifiée.
- Oh ... non, non, non, on ne peut pas faire ça ! s'exclama-t-elle.
- Je croyais que tu étais d'accord, lui reprocha-t-il en fronçant les sourcils.
- Oui, je suis d'accord ... crois-moi. Mais ... pas aujourd'hui !
- Camille !
- C'est son anniversaire, lâcha-t-elle d'un air horrifié. Pas aujourd'hui !
Arthur la dévisagea sombrement tandis que ses poings se contractaient. Et voilà, elle recommençait, trouvant sans cesse de nouveaux prétextes pour ne pas lui dire. Un rictus s'afficha sur son visage et il dépassa la jeune fille sans un regard pour elle.
- Tu m'énerves Camille ! Tu sais quoi ? Laisse tomber, tout cette histoire ... ce n'est rien que du temps perdu. Tu me feras signe quand tu auras changé d'avis ... et je ne suis pas sûr de t'attendre.
Et de distancer complètement la jeune fille qui, trop effarée par le comportement du jeune homme pour protester, resta longtemps plantée dans ce couloir du troisième étage. Et, tandis qu'il se dirigeait vers les cuisines pour se rassasier et tenter de se calmer, elle prit la direction de la volière, oubliant le couvre-feu, l'interdiction de se promener seule dans les couloirs, et le malade qui rodait dans le château.
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- Weasley, il est bientôt neuf heures et le couvre-feu est dépassé depuis plus d'une heure, je pourrais te mettre une retenue, marmonna Gemma Lysenko en constatant que la petite Poufsouffle ne lui lâchait toujours pas la grappe.
Pendant quelques secondes, la perspective de se voir coller une retenue sembla légèrement refroidir Weasley mais son visage reprit bientôt cet air ironique et je m'en foutiste que Gemma abhorrait tant chez elle.
Cela faisait plus d'une demi-heure que la Poufsouffle lui collait au train et, si elles n'avaient pas ouvert la bouche depuis que cette dernière lui avait confirmé qu'elle n'avait aucune intention de la remercier (mais Gemma n'en demandait pas tant), elle ne l'avait pas lâché.
- Tu devras te mettre une retenue à toi aussi, constata la Poufsouffle d'un ton calme.
- Je suis Préfète-en-Chef et en pleine ronde.
- Depuis quand les Préfets patrouillent tout seuls ? railla Weasley avec un affreux air victorieux sur le visage.
- Depuis que ... Oh bordel, sérieusement ? Qu'est-ce que tu cherches à faire ? craqua Gemma. C'est encore une de tes blagues foireuses ?
Etonnement, la Poufsouffle parut surprise de ses paroles et sembla réfléchir quelques secondes avant de prendre un air horrifié.
- Ouais, t'as raison. C'est complètement dingue cette histoire ... je ne sais même pas pourquoi je suis là, dans les cachots, à une heure pareille, alors qu'il y fait froid et humide. Même si on ne s'est pas encore provoqué en duels, cette conversation est hautement horripilante en plus d'être improbable.
- Même si cela me donne des sueurs froides rien que d'y penser, je vois que nous sommes d'accord sur quelque chose, confirma Gemma en lui lançant un regard froid. Retourne dans ta salle commune.
- Très bien !
La jeune Poufsouffle se détourna vivement, maugréant quelque chose comme "non mais je suis tarée ou quoi ?" et disparut dans le sens inverse du couloir où Gemma patrouillait. Cette dernière poussa un soupir de soulagement et continua sa marche d'un air assuré.
Elle n'allait quand même pas lui dire qu'elle attendait Louis Weasley, son petit frère, qui avait été retenu par son directeur de maison pour une question d'orientation et ne pourrait donc pas assurer entièrement sa garde avec elle. Ce n'était pas parce qu'elle avait ressenti de la compassion envers Weasley et son histoire, qu'elle la trouvait moins agaçante ou horripilante.
Même si elle devait bien avouer qu'elle mettait moins d'ardeur à la haïr ces derniers temps.
- Lysenko !
Gemma sursauta violemment avant de se retourner, constatant qu'elle n'était plus seule. Bordel, qu'est-ce que Weasley foutait encore là alors qu'elle lui avait ordonné de rentrer dans sa salle commune ?
- Non mais tu ...
- Je ne connais pas le chemin pour rentrer, avoua la Poufsouffle visiblement à contrecœur.
Vraiment, cette fille était une grande malade.
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Lorsqu'Isabel Lowell pénétra dans la salle commune des Poufsouffle, elle était particulièrement de bonne humeur. L'entrainement de Quidditch avait été raccourci de presque une heure et elle avait pu vaquer à ses occupations, la principale ayant été de passer à la bibliothèque pour emprunter un bouquin en rapport avec un cours de Divination. Elle avait ainsi pu mettre un point final à un devoir, cachée dans une vieille salle de classe abandonnée ou personne ne l'avait débusqué ou puni parce qu'elle avait dépassé le couvre-feu.
Malgré tout le mal qu'elle pensait de cette matière, Isabel s'était toujours interdit d'avoir de mauvaises notes alors qu'il était si facile de récolter des O. Suffisait d'avoir une bonne imagination pour les cours pratiques et de savoir recopier des manuels pour les devoirs théoriques.
Néanmoins, les ASPICS approchaient à grands pas et, entre les entrainements de Quidditch, les cours de duels et les devoirs supplémentaires, elle avait quelques difficultés à s'organiser. Finir un devoir la veille pour le lendemain avait toujours été stressant pour elle et elle évitait de le faire le plus possible. Et, avec son emploi du temps, elle n'avait pu trouver d'autre moment pour mettre un point final au devoir du professeur Vancouver.
Et maintenant elle allait se détendre en passant une soirée tranquille pour l'anniversaire de Molly. Même si cette dernière ainsi que Joana allaient être insupportables et jacasser pendant des heures, cela lui ferait du bien.
Un sourire se nicha sur son visage pâle tandis qu'elle grimpait quatre à quatre les escaliers menant à leur dortoir.
Néanmoins, lorsque sa main se posa sur la poignée de la porte, un terrible pressentiment l'envahit. Pourquoi était-ce donc si calme ?
Doucement, elle ouvrit la porte et fronça immédiatement les sourcils.
Molly était invisible. De là où elle était, la jeune fille pouvait voir Joana Mayer dormir paisiblement sur son lit, la bouche grande ouverte. La Poufsouffle était parée d'une robe à froufrous parme et elle n'avait visiblement pas pris soin de se démaquiller. Il n'y avait aucune âme qui vive dans ce dortoir mis à part elle.
Isabel avait tort et elle le comprit en se rapprochant à pas feutrés pour ne pas réveiller Joana. Une masse informe était nichée dans le lit de Molly et elle entendit quelques pleurs rehaussés de soubresauts.
- Molly, murmura-t-elle, qu'est-ce qu'il se passe ?
- zonblémonannniver…saiiire, chouina la rouquine.
Enfin, Isabel supposa que c'était Molly car elle s'était recouverte toute entière de sa couette et son oreiller reposait au niveau de sa tête. A côté, sur sa table de chevet, un gâteau au chocolat à peine entamée.
Isabel commençait à comprendre.
- Comment ça, oublié ? murmura-t-elle doucement en s'asseyant sur le lit de Molly.
- Oublié comme oublié, feula la rouquine en se redressant violemment. Personne n'est venu à part Joana et elle s'est endormie il y a dix minutes. Elle bave.
En jetant un coup d'œil vers le lit de Joana qui était juste à côté de celui de la rouquine, Isabel remarqua avec dégoût qu'elle avait raison.
- Il est peut-être arrivé quelque chose, supposa la Batteuse.
- Aux trois en même temps ? J'espère pour eux, grogna Molly, visiblement de mauvaise humeur.
- Trois ?
- Anatole est à l'infirmerie, il a la grippe.
Ce qui voulait dire que seuls Camille, Arthur et Dominique trainaient dans les couloirs. La petite blonde avait quitté les vestiaires après elle, profitant de la douche pour la première fois et elle était presque sûre qu'elle n'avait pas retrouvé les autres après. D'ailleurs, Camille et Arthur étaient à la bibliothèque et ce n'était pas sur le chemin du retour pour elle.
Ne s'inquiétant pas outre-mesure pour Dominique, la jeune slave fronça les sourcils en songeant à Camille et Arthur déambulant seuls dans les couloirs et poussa un petit soupir dépité.
- Bon, et bien je suis là maintenant. Il est bon ce gâteau au moins ?
