Merci à Jolierosedu68 (Tu comprendras que je ne peux pas répondre à tes questions, j'vais pas révéler l'essentiel de ma fic :p Merci pour ta review !), Isabelle Pearl, Harry-potter-fictions et Al (Plein de choses intéressantes, mais je ne peux rien affirmer ou infirmer ... Ah si, plus de Dewi ces prochains chapitres :) Merci pour ta review).
Bonne lecture !
"La magie du premier amour c'est d'ignorer qu'il puisse finir un jour."
Disraeli, Henriette Temple
- Gemma, je te parle …, soupira Nella tout en jetant un regard étrange à Abel Johnson.
Ce dernier, quelques places plus loin sur le banc de la table des Serdaigle, venait d'adresser un signe de main à sa meilleure amie et cette dernière avait apparemment perdu le fil de la conversation à ce moment-là, le regardant d'un air … emmouraché.
Cette situation durait depuis trois jours et ne plaisait pas plus à Nella Flint qu'à Mervin Kalls. Pour ce dernier, sa réaction ressemblait plus à une crise de jalousie et un caprice de petit frère égocentrique qu'à celle qu'aurait dû avoir un gamin normal. Mais, pour une fois, la jeune Serdaigle approuvait les hauts cris de ce dernier sans qu'elle n'ose le dire à voix haute.
Sauf peut-être le moment où il avait donné un coup de pied dans un immense fauteuil, se faisant extrêmement mal et lorsqu'il avait, en sautillant et hurlant de douleur dans leur salle commune, renversé la pauvre Aurore Marin, une rouquine de sa classe. Les deux premières années avaient terminé la journée à l'infirmerie, le premier ayant réussi à se casser le gros orteils et la seconde ayant le poignet foulé à cause de sa chute.
- Oui, oui, je te suis, lâcha Gemma sans quitter son bellâtre du regard.
- Tu parles … on dirait que vous allez vous reproduire sur place, c'est extrêmement gênant, murmura la jeune fille tandis que le rouge lui montait aux joues.
- La situation est grave si tu te mets à utiliser de telles expressions, lâcha Gemma en la regardant les yeux écarquillés.
Les joues de la jolie blonde devinrent encore plus rouge et elle secoua nerveusement la tête avant d'éclater de rire, bientôt rejoint par Gemma.
- Hé, lança cette dernière entre deux éclats de rire. J'ai bien le droit de m'amuser un peu n'est-ce pas ? Est-ce que je te demande ce que tu as fais samedi dernier moi ?
Même si ce n'était qu'une boutade de la part de la Préfète-en-chef, Nella fut freinée dans son élan et cessa immédiatement de rire. Fort heureusement, cette dernière avait à nouveau l'attention captée sur son nouveau petit-ami et elle ne remarqua pas le trouble de la jolie blonde.
oOoOoOoOoOo
- Lysenko ! Oh, Lysenko, t'es sourde ?
- Non, j'ai juste pas envie de t'entendre Weasley, railla cette dernière.
Le sourire qui ne l'avait quitté depuis qu'elle avait quitté son lit disparut complètement quand la petite blonde aux cheveux ébouriffés vint se planter devant elle, un air inquisiteur sur le visage.
Elle n'avait pas croisé Weasley depuis ce qu'il lui paraissait des lustres et même si leur échange avait été à peu près cordial la dernière fois, elle n'avait guère envie de la voir trainer dans ses pattes. D'ailleurs, l'air assuré et faussement gentil de Weasley lui donnait plus d'appréhension que si elle s'était mise à hurler en plein couloir en la traitant de dragon enragé.
- On va en Duels ensemble ?
Là, Gemma faillit tomber à la renverse. D'ailleurs, preuve que son inconscient était d'accord de l'incongruité de la chose, elle se prit les pieds dans un obstacle invisible pile à cet instant et manqua tomber la tête la première dans les escaliers. Six étages sur le ventre, nez en avant, elle n'avait aucune envie de tester ça. Fort heureusement, elle se rattrapa au dernier moment sur la rampe, faisant ricaner la Poufsouffle derrière elle.
Cela rassura Gemma et elle élimina l'hypothèse d'un sortilège de confusion qu'on aurait pu lancer à la Poufsouffle.
- Regarde où tu marches, lui assura-t-elle d'ailleurs en passant devant elle. Bon, tu viens ?
- Otes-moi d'un doute Weasley … est-ce que tu viens réellement de proposer qu'on se rende ensemble en cours de Duels ?
- Faut croire Lysenko. Et bouge ton arrière-train, on va être en retard.
Estomaquée, la Serdaigle la regarda remuer ses fesses comme un petit chien s'ébrouant et cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.
- Non mais à quoi tu joues ? s'exclama-t-elle sans bouger d'un pouce. Je te rappelle qu'on ne peut pas se voir toi et moi !
- Oh c'est bon Lysenko, c'est fini tout ça. Aujourd'hui est un autre jour, le commencement d'une nouvelle aventure et je crois que …
- Weasley !
- Bon d'accord, soupira cette dernière en redevant sérieuse.
La blonde fronça les sourcils tout en observant quelques secondes son interlocutrice qui, elle, était franchement rassurée de la voir arrêter de faire l'idiote. C'était vraiment trop bizarre que Weasley s'adresse à elle comme à l'une de ses amies de Poufsouffle et lui retournait l'estomac. Allait-elle rendre son petit-déjeuner ?
- Très bien, soupira-t-elle en tapant du pied. Suis-moi et je te dis ce que je sais.
Gemma obéit sans le vouloir vraiment, surtout pour ne pas arriver en retard au cours de Duels qui débutait dans quelques minutes et donc elles risquaient d'être exclues si elles ne se dépêchaient pas de descendre dans la grande salle.
- Et qu'est-ce que tu sais ? marmonna-t-elle alors qu'elles reprenaient leur marche.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Weasley parut gênée et parfaitement mal à l'aise. Elles descendirent encore deux escaliers avant que cette dernière ne daigne lui répondre. Là, sur le palier du quatrième étage, elle choisit de descendre sur le palier au lieu d'attendre que les escaliers daignent les emmener au rez-de-chaussée et entraina Gemma à sa suite sans qu'elle ne puisse se défaire de son emprise. Comment une fille aussi frêle pouvait avoir autant de forces dans les bras ?
- Ecoute Weasley, s'exclama cette dernière, perdant momentanément son calme. Ce n'est pas parce que je t'ai sorti des cachots l'autre soir et que, durant ce laps de temps, nous ne nous sommes pas provoquées en duels que tu es dorénavant autorisée à me prendre pour ta copine. Toi et moi, on ne s'entend pas, et j'aimerais qu'il en reste ainsi. S'ignorer, c'est le pied n'est-ce pas ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas te contenter de ça au lieu de chercher à me faire sortir de mes gongs comme à chaque fois ?
- Parce que maintenant, je suis au courant pour ta mère, murmura doucement la jeune Poufsouffle en baissant les yeux.
Gemma mit quelques instants à comprendre de quoi elle parlait et surtout, qu'elle disait la vérité. Son cœur se serra et, immédiatement, elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
Comment ? Comment pouvait-elle connaitre ce qu'elle mettait autant d'intensité à cacher depuis des semaines ?
Pas … elle.
Il lui semblait que tout s'écroulait autour d'elle et qu'elle peinait à respirer à présent. Les rôles étaient inversés maintenant et la Poufsouffle devait prendre son pied. Même si elle avait l'air de ne pas en mener large et qu'elle ne la regardait toujours pas dans les yeux, on parlait de Dominique Weasley qui n'était pas une enfant de cœur surtout en ce qui concernait les sentiments des autres.
Pire encore, elle supportait mal d'entendre la jeune fille parler de sa mère, les quelques mots qui étaient sortis de sa bouche tombant comme des couperets autour d'elle.
- Ecoute, si tu te mets à pleurer, ça va mal tourner parce que je suis pas douée pour consoler les gens et …
- J'ai aucune envie que tu me …
- … et que j'ai aucune envie de te consoler Lysenko, la coupa sèchement la Poufsouffle.
Gemma lui lança un regard noir et la jeune fille s'abstint de le lui rendre. Au final, cet échange eut le mérite de lui retenir ses larmes et lorsqu'elle passa la main sous ses yeux, ils étaient totalement secs.
- Ecoute, je …
- Non, c'est toi qui va m'écouter Weasley. Il est hors de question que tu parles de ça à qui que ce soit, tu as bien compris ? Je ne veux pas que, dans ce château, quelqu'un d'autre que toi et moi soit au courant. Crois-bien que si j'apprends que tu as trahis ma parole, je n'hésiterais pas à révéler ce que je sais sur toi.
- Je n'avais pas l'intention de le dire à qui que ce soit, se récria Dominique Weasley en fronçant les sourcils. Je croyais que ça, au moins, ce serait clair. Lysenko, de la même manière que je n'ai pas envie que les gens apprennent que je suis … enfin, tu sais quoi, je comprends que tu n'ais pas envie que tout le monde sache que … que tu sais quoi.
Gemma se rendit compte avec étonnement qu'il émanait une certaine sincérité dans ses paroles et elle comprit quelques secondes plus tard que, d'une certaine façon, elle semblait comprendre ce que souhaitait éviter la Préfète-en-Chef. Aucune des deux n'avait envie de subir la pitié de leurs camarades. S'aurait été trop douloureux.
Alors il existait une certaine connivence entre elles ?
Pour la première fois elles se dévisagèrent sans aucune once d'animosité comme si la petite blonde était parvenue à la même conclusion. Finalement, ce fut cette dernière qui détourna la première la tête, semblant lutter contre cette espèce d'entente qui s'était formée entre elles pendant quelques secondes.
- Bon, on descends ? grogna-t-elle. Et, soyons d'accord, pour une fois j'aimerais bien mettre une raclée à James. Essayons de s'entendre sur ce coup … sur ce coup aussi.
Gemma hocha automatique la tête et les deux jeunes filles se décalèrent sur l'escalier qui, une fois n'est pas coutume, semblait les avoir attendu. Ce fut silencieusement qu'elles rentrèrent dans la grande salle, juste avant que les portes ne se referment derrière elles.
Juste avant de rejoindre Anatole Bensberg, la petite blonde se retourna vers elle et murmura d'un ton tout aussi malicieux que sérieux :
- Et nous ne serons jamais "copines" toi et moi.
- Bien d'accord.
Aucune des deux ne commenta le fait qu'elles commençaient à être d'accord un peu trop souvent en ce moment.
oOoOoOoOoOo
- Tu pactises avec Lysenko ? s'enquit immédiatement Anatole, les yeux grands ouverts.
Le jeune garçon sortait d'une grippe particulièrement virulente et si Pomfresh ne l'avait pas déclaré guérit la veille au soir, il aurait bien mit ce moment sur le compte de la fatigue. A ses côtés, Dominique haussa les épaules et murmura qu'elle n'y comprenait pas grand-chose elle non plus sans qu'il puisse saisir ses paroles. Lorsqu'il comprit qu'elle n'en dirait pas plus, il laissa tomber. Au final, il n'en avait pas grand-chose à faire et si cela permettait au groupe de huit moins de tension lors des entrainements, ce n'était pas si mal.
Le professeur Wiertz, après avoir donné ses directives aux élèves plus jeunes, s'avança vers eux alors que Dominique hochait la tête dans sa direction pour le saluer. Elle n'avait pas oublié le jour où il lui avait permis de réussir son Flipendo au lieu de la punir et trouvait l'Auror de plus en plus sympathique.
- Aujourd'hui, nous ferons de courts combats afin de pouvoir nous concentrer sur un sortilège que je voudrais vous apprendre, lança-t-il après les salutations d'usage. Je vous montrerai comment lancer un Patronus. Bien entendu, je ne m'attends pas à ce que vous réussissiez dès le premier cours, c'est pourquoi nous nous entrainerons tous les soirs jusqu'à ce que chacun d'entre vous soit capable de sortir autre chose que de la fumée de sa baguette. Tout le monde sait ce qu'est un Patronus d'ailleurs ?
- C'est un sortilège capable de repousser les Détraqueurs, expliqua Gemma Lysenko après avoir levé le bras à toute vitesse. Pour le créer, il faut penser à un souvenir heureux tout en lançant la formule. Et le Patronus prend une forme particulière et propre à chacun.
Wiertz ne lui accorda aucun point car il n'avait pas l'autorité pour ça mais, vu sa mine réjouie, le cœur y était.
- Tu crois que c'est quoi mon Patronus ? s'enquit Dominique en se tournant vers Anatole.
- Hum … aucune idée. Si ça représente son lanceur, comme Lysenko l'a dit, alors c'est sûrement un truc petit et agressif. Quelque chose qui ne tient pas en place.
- T'es en train de décrire un gnome là, ricana la jeune Poufsouffle.
Ils rigolèrent joyeusement pendant quelques minutes jusqu'à ce que les duels ne commencent. Malheureusement, Lysenko et elle ne tombèrent pas contre Potter et Isaac mais c'était peut-être mieux. Ces derniers parvinrent à désarmer Flint et Jordan très facilement et ce, sans aucune once d'entente entre eux. A la place, elles durent combattre Anatole et Thomas Ayling.
Ces derniers, en plus de ne pas être trop mauvais en sortilèges, s'entendaient bien et avaient pris l'habitude de combattre ensemble -chose qui n'était pas le cas chez les autres poules-. Il allait être difficile de les battre et Lysenko semblait l'avoir compris car elle lui lança un regard éloquent en se plaçant sur l'estrade.
Le coup de sifflet habituel retentit et elles commencèrent à se battre.
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- On dirait que … on dirait qu'elles communiquent, s'étonna Wil Jordan en donnant un coup de coude à Nella Flint qui lui rendit un regard noir.
La Serdaigle n'était pas aveugle, elle avait bien remarqué que, contrairement à d'habitude, Gemma et Weasley semblaient se parler. Bon, ce n'était pas forcément très efficace mais il ne faisait nul doute que cela leur permettait de lutter contre Ayling et Bensberg, qui paraissaient surpris de cette nouvelle tactique de la part des deux adversaires.
- On devrait peut-être essayer, proposa Jordan en lui lançant un regard éloquent, signe qu'il n'avait toujours pas digéré sa défaite face à Nott le Serpentard et Potter.
Là non plus, elle ne répondit pas mais un fin sourire s'afficha sur son visage. Il disparut immédiatement en voyant que Weasley venait de lancer un sortilège de protection devant Gemma, l'empêchant ainsi de se prendre un sortilège lancé en traitre d'Ayling. Alors … elles se battaient … ensemble ? Elle n'était pas la seule à paraitre troublée, même le professeur Assem s'était rapprochée de l'estrade, croyant sans doute à un mauvais coup de la part de l'une ou l'autre des jeunes filles, mais c'était sans doute la seule qui avait l'estomac nouée à cette vision.
Pourquoi est-ce que Gemma semblait presque s'entendre avec Weasley, qu'est-ce qui s'était passé qu'elle ne savait pas ? Est-ce que son amie lui cachait des choses ?
Le nœud dans son estomac se serra encore un peu plus alors que Weasley s'exclamait, sautillant bêtement sur place :
- On a gagné !
Et Assem, dans un accès de faiblesse qui ne risquait pas de se reproduire de sitôt, de leur octroyer cinq points à leur maison respective pour avoir réussi cet exploit.
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- On a gagné !
La jeune fille sautilla sur place, laissant ainsi exprimer toute sa joie et adressa un clin d'œil à son cousin qui les regardait d'un air ébahit, semblant hésiter entre s'évanouir et vomir son dîner. Mais le plus surprenant, ce fut Agnès Assem, la si rigide professeur de Potions, qui vint leur accorder cinq points … pour avoir battu Ayling et Anatole ?
Au final, cette espèce d'entente qui s'était nouée entre elles dans les escaliers ce soir-là servait à quelque chose.
Dominique hésita un instant mais finit par hocher la tête en direction de Lysenko avant de redescendre de l'estrade, rejoignant Anatole qui voulait visiblement lui dire quelque chose. Il fut interrompu par Wiertz qui, comme promis, lui montra comment produire un Patronus et leur proposa de se mettre par deux pour tenter de l'exécuter. Comme les groupes n'avaient pas l'air imposés, Dominique s'éloigna un peu du reste du groupe avec son camarade.
- Tu sais que Camille s'est pris un Bombardus Maxima à cause de toi ? s'exclama le jeune garçon en ouvrant grand la bouche.
La jeune fille se retourna vers sa meilleure amie qui, les sourcils carbonisés, la dévisageait gravement du bas de sa propre estrade, esquissant un geste obscène vers elle. Elle lui en voulait sûrement pour ses sourcils et Dominique éclata de rire.
- Elle n'a pas supporté de me voir gagner avec Lysenko ?
- Elle n'a pas pu éviter le sortilège de Moorehead surtout, elle était trop occupée à vous regarder, sourit Anatole.
- C'est bon, ce n'est pas non plus l'évènement de l'année. Et si on se concentrait sur ce Patronus ?
Et Dominique Weasley avait raison de prendre ce sortilège au sérieux car, durant l'heure qui restait, rien d'autre que de la fumée sortait de sa baguette -mais une fumée épaisse, pas comme celle d'Anatole qui était presque transparente-. Elle n'était pas la seule à ne pas y arriver, d'ailleurs tous semblaient aussi déconcertés qu'elle devant la difficulté du sortilège et James craqua et abandonna dix minutes avant la fin tout en lâchant une flopée de juron. Aucun des huit ne parvint à produire un Patronus.
La surprise de la soirée émana de l'autre groupe et plus particulièrement de Dewi Carlson qui, si elle n'était pas mauvaise en cours, ne s'était jamais distinguée en Sortilèges. La jeune fille réussit à produire un Patronus au bout d'une dizaine de tentatives et tous les visages restèrent longtemps rivés sur l'horrible marcassin qui trottinait dans la salle. Elle aussi eut droit à des points en plus de la part d'Assem.
Puis, tous furent invités à retourner dans leurs dortoirs et Dominique, peu désireuse d'affronter les questions des filles de Poufsouffle, traina le plus possible et aida même les professeurs à démonter l'estrade.
- Merci Dominique, lui fit gentiment Neville. Je vais te raccompagner à ton dortoir.
- Oh non, c'est bon …
La jeune fille qui n'avait pas oublié la traitrise du parrain de Rose lorsqu'elle s'était retrouvée à l'infirmerie la dernière fois et, ce, même s'il n'y avait eu aucune répercussion à part un parchemin salé de sa mère secoua fermement la tête.
Regardant autour d'elle, Dominique s'aperçut qu'elle n'avait pas été la seule à trainer et qu'un certain Serpentard discutait calmement avec le professeur Wiertz qui, lui, parlait avec de grands gestes qui ne semblaient pas lui plaire.
- Je vais rentrer avec lui, assura-t-elle en désignant d'un signe de tête le Serpentard.
Si Neville Londubat fut surpris, il n'en laissa rien transparaitre et elle se dirigea vers Nott sans l'ombre d'une appréhension. Son côté sûr d'elle -et sûrement trop présomptueux-, lui assurait qu'il serait, non pas satisfait de son intervention mais soulagé tant il était évident pour elle qu'il n'avait qu'une envie : se débarrasser de Wiertz.
- … et vous devez réellement ressentir ce souvenir. Il doit faire partie de vous et non rester flou. Comme si vous le reviviez une seconde fois. Vous avez compris ? Oh, bonsoir Miss Weasley. Allons, je parle, je parle et il s'avère que votre ami vous attends. Je ne vous retiens pas plus longtemps Nott et j'espère que vous arriverez à lancer un Patronus au prochain cours.
Dominique se retint de lancer qu'elle n'était pas son amie mais le visage pâle d'Isaac suffisait à son bonheur. Il avait troqué un mal contre un autre et il n'avait -en apparence- pas l'air satisfait de devoir se coltiner Dominique pendant de longues minutes.
- C'est bon, y'a pas marqué Harpie non plus, grommela-t-elle alors qu'ils se dirigeaient vers le hall d'entrée.
Le regard qu'Isaac lui lança signifia qu'il pensait tout le contraire, justement, et elle ne put s'empêcher de lui tirer la langue immaturement.
- Tu arrives bien à me supporter en Potions, tu peux très bien y arriver pendant cinq minutes, ajouta-t-elle.
Elle n'avait pas tort, durant les cours de Potions, ils arrivaient même à avoir une conversation de quelques secondes sans qu'aucun des deux (enfin, Isaac plutôt, ne se braque). Bon, Dominique parlait encore souvent toute seule mais, à présent, il la coupait avant qu'elle ne devienne insupportable. Ils avaient même eu un Optimal la semaine dernière, exploit pas encore reproduit mais la jeune fille sentait qu'ils n'étaient plus très loin de les aligner. Après tout, ils avaient largement le niveau, il leur suffisait de mettre à profits leurs compétences.
- C'était pas mal, tout à l'heure. Avec Lysenko, lâcha-t-il soudainement, rompant le silence entre eux.
- Ouais …, répondit-elle. Il parait.
Dans un sursaut de confiance, ce qu'elle n'aurait pas fait même avec Camille ou Molly, souhaitant préserver tous les secrets qu'il y avait entre elles, la jeune fille reprit.
- On a trouvé un terrain d'entente.
Le Serpentard lui lança un regard éteint, sans aucune once d'agressivité pourtant. Après quelques secondes, le silence s'effaça de lui-même.
- Tu la fais chanter ?
- Je ne parlerais même pas sous la torture, s'esclaffa Dominique.
Le jeune homme sortit brusquement sa baguette et la contempla longuement, alternant avec de brefs coups d'œil sur la petite blonde. Cette dernière prit une mine effarée et elle s'enfuit en courant, ne s'arrêtant qu'une fois devant sa salle commune. Isaac Nott prit tout son temps pour la rejoindre et il tenait encore sa baguette dans ses mains, sans l'ombre d'un sourire.
- T'as l'air un peu taré comme ça, murmura Dominique.
- Et toi, tu as toujours cinq ans d'âge mental.
La jeune fille se renfrogna et un fin sourire, inhabituel chez lui, s'afficha sur le visage anguleux d'Isaac.
- Tu veux qu'on aille mettre un explosif dans une armure ? s'enquit-elle, faisant référence à l'une de leurs blagues d'enfant. T'es plus un nain maintenant, tu n'auras même pas besoin de me porter.
- L'inverse n'est pas vrai, constata-t-il à juste titre.
Dominique fronça les sourcils sans pouvoir s'empêcher de sourire. Ce soir, juste un peu, elle avait l'impression de retrouver son meilleur ami, celui avec qui elle avait fait les quatre cents coups six ans plus tôt. Elle n'était pas loin la gamine qui avait une imagination débordante et qui arrivait toujours à le convaincre de mettre ses plans à exécution. Même si elle sentait que le gamin souriant et intrépide en face d'elle avait disparu à tout jamais, il lui semblait possible qu'une nouvelle relation se mette en place entre eux. Mais, retrouverait-il un jour cette union explosive qui avait fait leur force et leur fierté ou se contenteraient-ils d'une entente cordiale ?
- Ne te fais pas avoir par ton propre jeu, conclut Isaac en s'éloignant, comme s'il avait pu saisir ses pensées. Rien ne sera comme avant Dominique.
oOoOoOoOoOo
Quelques minutes plus tôt, dans le hall.
- Laisse-moi quelques minutes, j'arrive. Ne t'inquiètes pas, c'est le bon moment, assura Dewi Carlson à Wil Jordan qui la contemplait d'un regard mi-inquiet, mi-endormi.
Ce dernier haussa finalement les épaules, signe que son esprit compréhensif était limité, et il partit rejoindre James Potter qui remontait déjà les escaliers. Elle vit les deux garçons discuter quelques secondes et ce dernier lui lancer un regard inquisiteur mais déjà, ils repartaient en direction de leur dortoir.
Si elle avait tenu à rester un peu plus dans le hall, ce n'était pas par bravade envers le règlement qui interdisait maintenant de se promener seule dans les couloirs, mais parce qu'elle avait repéré Heather qui trainait dans le hall avec deux Serpentard. Ils devaient attendre le dernier membre de leur quatuor, Isaac Nott mais elle avait repéré celui-ci en grande conversation avec Wiertz et n'était pas prêt de les rejoindre.
La jeune fille prit une grande bouffée d'air et, après s'être donné intérieurement du courage, s'avança vers le petit groupe.
- Heather … je peux te parler ? murmura-t-elle en s'immisçant à ses côtés.
- Et pour quelle raison Carlson ? répondit celle-ci d'un ton ironique.
La jeune fille sembla un instant perdre tous ses moyens et lui lança un regard suppliant. Elle ne dût son salut qu'à Harriet, la sœur jumelle de cette dernière, qui sans le vouloir, lui permit de rester seule avec Heather.
- Tiens, ça tombe bien. Thomas, tu devais me montrer ce superbe nécessaire à balai que ta tante t'as envoyé la semaine dernière. Heather, tu n'as qu'à attendre Isaac toute seule, en plus je suis fatiguée.
Et elle s'éloigna, entrainant à sa suite un Thomas Ayling étonné de voir sa camarade s'intéresser autant à un simple nécessaire à balai, d'autant plus qu'elle n'avait jamais apprécié le Quidditch. Pas plus que Dewi, il ne remarqua pas le petit sourire qu'elle octroya à Heather tandis que cette dernière la fusillait du regard, pas dupe de ses manigances.
- Est-ce qu'on peut marcher ? proposa doucement la jeune fille.
- Très bonne idée, marmonna Heather en oubliant même d'attendre Nott. Aucune envie qu'on me voit avec toi.
Blessée par ces paroles, Dewi tenta de se remettre dans le même état d'esprit que précédemment et d'occulter la critique. C'était la première fois qu'elle se retrouvait aussi près d'Heather et, comme elle marchait un peu devant elle, la jeune fille pouvait admirer chacune des mèches de ses cheveux qui retombaient à la naissance de son cou ainsi que la veine qui descendait le long de son avant-bras dénudé. Elle déglutit. La fille qui lui faisait face était un réel monstre d'assurance et n'attendait qu'une parole de sa part pour la mettre plus bas que terre. Elle n'était pas vraiment sympathique, pas attentionnée non plus et encore moins attendrissante.
Mais c'était Heather Moorehead et son seul patronyme expliquait pourquoi c'était elle et pas une autre. La retrouver, comme ça, lui donnait envie de crier, de hurler et d'envoyer se faire voir quiconque oserait se mettre entre elles.
Oh oui, elle en était convaincue, elle pouvait le faire. Il suffisait d'un mot d'Heather et elle avouerait tout. Pas qu'à James, à tout Poudlard. Ce n'était pas grave.
- Ecoute, j'ai bien réfléchis, commença la Gryffondor.
- Est-ce que tu peux m'expliquer ce que j'ai à voir là-dedans ? Carlson, je croyais avoir été claire, je ne veux plus te voir. Cesse de t'accrocher.
- Heather, reprit Dewi en se forçant à appuyer son prénom. Je vais tout dire à James. Aux autres aussi mais d'abord à lui. Et … j'aimerais avoir la certitude que tout ça n'est qu'une passade entre nous. Que tu me reparleras un jour et que tu ne me laisseras plus tomber. Parce que, crois-moi, je vais tout faire pour que … pour que tu sois fière de moi et que tu n'ais plus rien à me reprocher. J'aimerais juste avoir la certitude que, si je dis tout, cela servirait à quelque chose. Cela nous servira.
La Gryffondor referma la bouche, songeant que, de toute façon, elle était incapable de prononcer d'autres mots. Elle avait tout dit. Maintenant, ce n'était plus à elle de jouer. La balle était dans le camp d'Heather qui la dévisageait crânement, sans donner l'impression que les mots avaient réussi à l'atteindre. Elle seule pouvait décider de clore le match ou de lui renvoyer la balle.
La Serpentard se rapprocha brusquement d'elle, tournant légèrement la tête pour que sa bouche soit au niveau de ses oreilles. Elle pouvait presque sentir son souffle chaud dessus lorsqu'elle susurra.
- J'aimerai bien voir ça.
