Merci à Isabelle Pearl, UranusMarie, Harry-potter-fictions, Elia et Al !
(Désolée pour les anonymes de ne pas détailler cette fois, j'essaierai d'éditer en cours de semaine ! Dans tous les cas, sachez que vos review me font toujours autant plaisir et je vous en remercie BEAUCOUP !)
Le mardi suivant on ne parlait plus que d'Abel Johnson, ce sixième année qui commentait les matchs de Quidditch et de Gemma Lysenko, la Préfète-en-chef, qui sortaient ensemble. La rumeur courrait déjà depuis plusieurs jours mais, cette fois-ci le doute n'était plus permis. C'était la petite sœur de l'une des camarades de la Serdaigle qui avait certifié que l'une de ses amies de Poufsouffle les avait vu se tenir main dans la main dans les couloirs.
Si Gemma ne trouvait rien à redire à ça, cela avait rendu quelque peu maussade Johnson qui lui avait confié préférer se tenir à distance des commérages du château car il n'aimait pas du tout être le centre de l'attention. Lorsque la Préfète-en-chef avait confié ces paroles à Nella Flint, cette dernière s'était feinte d'un sourire ironique, songeant tout haut qu'Abel Johnson ne correspondait vraiment pas à la définition de la discrétion.
Malgré tout, Gemma affirmait le contraire : s'ils n'avaient pas clamé haut et fort leur relation ; c'était parce qu'ils n'avaient plus dix ans et pensaient que cela ne regardait qu'eux. Encore une fois, Nella avait été septique mais n'avait rien dit. Malgré l'aversion naturelle qu'elle éprouvait à l'égard de Johnson, ce dernier avait le mérite de rendre heureuse sa meilleure amie et, après tout, n'était-elle pas seulement jalouse des moments qu'il l'empêchait de passer avec elle ? De plus en plus, elle tentait de se convaincre qu'il fallait qu'elle commence à apprendre à partager.
Ainsi, le mercredi, Gemma et Abel, qui avaient finalement décidé de ne pas aller à l'encontre de la rumeur, arrivèrent main dans la main dans la Grande Salle pour le déjeuner, scène qui n'échappa pas à Rose Weasley qui poussa un gros soupir. Elle lança un regard convenu à Scorpius Malefoy et Albus Potter à l'autre bout de la salle, à la table des Serpentard et décida d'aborder Dominique Weasley au plus vite. L'occasion ne se fit pas attendre car ils croisèrent la blonde aux cheveux emmêlés, rentrant d'un entraînement de Quidditch quelques heures plus tard.
- Salut la marmaille, lâcha cette dernière en baillant bruyamment, ne paraissant pas se rendre compte que les trois adolescents voulaient lui parler et pas seulement la saluer.
Son regard se fit moins vide lorsque Rose Weasley l'empêcha de passer en se décalant vers la droite, puis vers la gauche, suivant les tentatives de Dominique pour les éviter avec une adresse particulièrement remarquable. La jeune Poufsouffle croisa les bras, regardant finalement avec attention l'air décidé de sa tigresse de cousine qui, tout comme elle, avait un caractère bien affirmé et dont les yeux brillaient étrangement. Albus Potter et Scorpius Malefoy avaient l'air plus ennuyés qu'autre chose de se trouver là mais Dominique se douta qu'ils n'avaient pas eu le choix. D'ailleurs, les trois adolescents se déplaçaient rarement les uns sans les autres.
- Qu'est-ce qu'il y a ? abdiqua finalement la septième année d'un air las.
L'entrainement avait été particulièrement éprouvant et pas seulement physiquement. Depuis leur dernière défaite contre les Gryffondor, ses troupes étaient démotivées, surtout Carrie la jeune Attrapeuse qui se maudissait de ne pas avoir pris le risque d'attraper le vif d'or au détriment de sa sécurité. Dominique avait donc du user de moult stratégies pour leur redonner confiance et leur promettre qu'ils pouvaient battre les Serpentard pour leur dernier match de l'année et que ce n'était pas perdu : ils avaient toujours une chance de remporter la coupe cette année même s'il allait falloir compter sur les résultats des autres maisons pour ça.
Il ne lui avait pas été difficile de trouver les mots car la jeune fille était pleinement convaincue qu'ils avaient une réelle chance de gagner. Par contre, il était moins aisé de convaincre ses joueurs même si elle trouvait un soutien indéniable en Isabel Lowell et Abel McKinley, son poursuiveur, éternel optimiste.
La jeune fille n'avait qu'une hâte : prendre une douche, avaler quelques sucreries en guise de repas et aller se coucher.
- Il faut qu'on parle, lâcha la cinquième année en hochant la tête d'un air dément. De Lysenko.
Un peu comme Dominique lorsqu'elle parlait d'assassiner Lysenko … avant. Un instant ? Pourquoi sa cousine voulait parler de Gemma Lysenko avec elle ? Sa bouche s'ouvrit et elle se retrouva légèrement décontenancé, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
- Je t'avais dis que c'était idiot, marmonna Albus en se passant la main dans les cheveux. Et puis, on s'en fout un peu de Lysenko.
- Albus, ne soit pas égoïste, lui reprocha Rose en le fusillant du regard.
- Je ne suis pas égoïste, j'énonce juste une vérité. Ma chère Rosie, Scorpius et moi avions prévu de faire une virée dans les cuisines ce soir et tu ne fais que nous retarder.
- Si on se fait attraper après le couvre-feu, tu en porteras la responsabilité.
- Et si on revenait à nos Hippogriffes, s'exclama Dominique alors que Rose hésitait visiblement à étrangler son cousin et son ami à cause de leur manque d'implication. Qu'est-ce que vous vouliez me dire qui concerne Lysenko ? Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que j'en aurais quelque chose à faire, Albus a raison …
- Oh, c'est bon, tout le monde a bien vu que vous vous entendiez bien maintenant, répondit Rose sans cesser de fusiller les deux Serpentard du regard.
Si s'entendre bien revenait à dire que Gemma Lysenko et elle arrivaient à converser deux minutes sans se provoquer en duel ou se lancer des œillades assassines … alors oui, Rose avait raison.
Malgré tout, une certaine défiance à l'égard de la Serdaigle et une animosité naturelle persistait de la part de Dominique. Et inversement d'ailleurs. Si Lysenko et elle avaient trouvé un terrain d'entente et que ce n'était plus aussi drôle qu'avant de la détester tout en sachant qu'elle avait perdu sa mère et maintenant qu'elle avait vu à quel point James était parfois horrible avec elle, les deux jeunes filles étaient des opposés. Et les opposés ne s'attirent pas toujours.
N'empêche que c'était quand même horrifiant pour Dominique d'entendre constater de la part de sa cousine, qu'elle ne fréquentait pas vraiment, qu'elle s'entendait bien avec Lysenko.
- Tu sais qu'elle sort avec Johnson ?
- Qui ? interrogea doucement Dominique, les yeux grands ouverts.
- On ne parle que de ça depuis hier, tu sors d'où ? lâcha Albus, véritablement étonné.
Dominique fusilla son cousin du regard. En y réfléchissant, elle avait bel et bien entendu parler de la nouvelle romance de Lysenko par Joana et Camille pendant le déjeuner. C'était d'ailleurs ce moment-là qu'avait choisi Anatole pour renverser son assiette de soupe, rappelant à tout le monde qu'il pouvait parfois être le pire des empotés. Elle se souvenait à présent que Joana était en train d'énoncer les milles et unes qualités de Johnson et se demandait pourquoi il avait choisi une plouc comme Lysenko.
- Et alors ? soupira Dominique en croisant les bras en dessous de sa poitrine.
- Je suis sortie avec lui, lui rappela Rose en fronçant les sourcils.
Effectivement, maintenant, elle se souvenait très bien de Rose sortant avec ce grand garçon aux cheveux châtains en début d'année. Merlin, est-ce que sa cousine allait lui faire une crise de jalousie à elle ? La situation devenait surréaliste.
- Nous t'en avons déjà parlé, marmonna Albus, semblant vouloir écourter la conversation et trouvant sans nul doute inutile de se perdre en détail. Rose est sortie avec lui en début d'année et il se trouve qu'elle n'était pas la seule.
- Et la même chose est arrivée à Stevenson, l'amie de Louis Weasley, rajouta Malefoy.
- Ce type est une ordure, il se sert des filles.
Une conversation lointaine lui revint en mémoire. Quelques semaines plus tôt, alors qu'elle discutait tranquillement avec ses cousins et Malefoy en attendant le début d'un cours de duels, ces derniers, hilares, lui expliquaient qu'Albus venait de mettre sa baguette dans l'œil d'un garçon car celui-ci s'était comporté comme un mufle envers Rose. Ils lui avaient confié qu'ils ne le lâcheraient pas avant la fin de sa scolarité.
Dominique poussa un immense soupir.
- Et alors ?
Lysenko sortait avec un mec qui avait l'habitude de ne pas se contenter d'une seule petite amie ? Elle n'était pas sa chaperonne attitré et n'en avait strictement rien à faire. Si la Serdaigle aimait se faire mener par le bout du nez, ce n'était pas son problème.
- Et alors ? s'exclama Rose, légèrement décontenancé.
- Lysenko est assez grande pour savoir ce qu'elle fait. Et, contrairement à ce que tu sembles croire, nous ne nous entendons pas bien. Ce n'est pas parce qu'on a battu Ayling et Anatole en duel une deuxième fois lundi soir, que nous sommes amies. Rentre-toi bien ça dans le crâne. J'en ai rien à cirer de cette fille. Vous m'excuserez mais il est tard, je suis fatiguée, j'ai faim et aucune envie d'avoir une discussion concernant Lysenko. Bonne nuit la marmaille.
Et Dominique dépassa la Gryffondor et les deux Serpentard sans s'attarder plus longtemps, pressée de retourner dans son dortoir. Elle sentit un instant le regard appuyé de Rose contre sa nuque et cette dernière se mit à crier dans son dos :
- Tu verras que j'avais raison ! Il recommencera !
Cette conversation était sortie depuis longtemps de l'esprit de Dominique une fois sa douche prise, quelques Patacitrouilles avalées et un questionnaire de Sortilèges rempli à la va-vite. C'est vrai quoi, elle n'était pas le chaperon de Lysenko non plus.
oOoOOooOoOoO
Deux jours après, un vendredi matin, Dominique avait réellement oublié cette conversation. La veille au soir, elle avait pourtant vu Lysenko en cours de Duels et ces dernières avaient, une nouvelle fois, tenté de combattre ensemble. Néanmoins, si elles arrivaient maintenant à mettre la pâtée à Anatole et Ayling et même à Flint et Wil Jordan, les deux jeunes filles s'étaient fait désarmées en quelques secondes par Isaac et James ce qui avait légèrement refroidi Dominique quant à leur capacité à s'entendre.
De plus, à présent qu'ils apprenaient à faire un Patronus, cette partie là leur prenait beaucoup plus de temps et elle préférait de loin s'entrainer avec Anatole que de rester à côté de Lysenko qui ne représentait aucun souvenir heureux pour elle.
Elle n'arrivait toujours pas à sortir autre chose que de la fumée de sa baguette, comme la plupart des autres élèves, mais certaines fois parvenait à distinguer une forme opaque. Ce n'était pas du tout un gnome comme l'avait suggéré Anatole, hilare, mais quelque chose de long et fin qu'elle n'arrivait pas encore à identifier. Néanmoins, comme l'avait rappelé Wiertz en l'observant, le sortilège du Patronus était difficile à maitriser et épuisant.
Dewi Carlson était passée reine de l'exercice. Il n'y avait pas une seule fois où son marcassin ne sortait pas de sa baguette et gambadait entre les élèves. L'énorme chien poilu (presque de la taille d'un ours) de Wil Jordan et le chaton de Nella Flint l'avait rejoint. Ces trois-là étaient encore les seuls à faire apparaitre un Patronus corporel.
Etonnement, les -d'habitude- meilleurs élèves comme Lysenko ou James -qui avait l'air sérieusement abattu ces derniers jours- n'y arrivaient pas. D'ailleurs, son cousin y avait mis tellement peu d'énergie au dernier cours qu'Assem lui avait retiré trois points. Il n'avait pas paru en tenir compte, ce qui étonnait Dominique ; ce n'était pas vraiment dans les habitudes de James de laisser passer quelque chose comme ça.
En parlant du loup.
- Bonjour mon cousin préféré, lança-t-elle en lui lançant une œillade emmourachée.
James avait fini par lui pardonner sa gifle, ce dont elle n'avait jamais douté. Il était comme ça James, il boudait sur le coup mais n'était pas rancunier et incapable de faire la tête à qui que ce soit pendant très longtemps.
- 'lu, grogna-t-il en la fusillant du regard.
Alors, comme ça, il avait compris qu'elle mentait et qu'il n'était pas du tout son cousin préféré ? Bien vu.
Elle se laissa tomber sur le mur longeant la salle de classe des Potions, se rendant compte qu'à part son cousin, seules les jumelles Moorehead étaient arrivées. Pour la forme, elle fusilla du regard celle qui les regardait d'un air furibond -sûrement Heather- et se retourna vers son cousin.
- T'es vraiment plus drôle depuis que tu parles plus à Carlson, estima Dominique en le jaugeant du regard.
Le Gryffondor la fusilla, une seconde fois, ouvertement du regard avant de détourner la tête.
Cette rumeur là aussi avait fait le tour du château. Ce n'était pas étonnant en soi. James et ses amis étaient plutôt populaires et on s'intéressait de près à ce qu'il se passait autour d'eux. Et, en matière de commérages, il avait été difficile de passer à côté de Carlson et son cousin déjeunant le plus loin possible l'un de l'autre, tandis que Jordan passait de l'un à l'autre, l'air profondément découragé.
Cela durait presque depuis une semaine et cela emmerdait profondément Dominique. A son profond désespoir -et, malheureusement, à la plus grande joie de Joana- James avait décidé de trainer avec les Poufsouffle durant les cours et il n'était pas rare qu'il s'assoit à côté d'elle ou Molly. Seulement, au lieu de les distraire avec application comme il l'aurait fait avant, le jeune homme se contentait de noter silencieusement ses cours, jetant parfois quelques regards du côté de Carlson, semblant emprunt au plus profond doute.
Bref, James Potter était devenu aussi chiant qu'un Serdaigle.
- T'as vraiment dû faire une grosse connerie pour que ça dure autant, constata calmement Dominique alors qu'un groupe de Serdaigle, Lysenko compris venait d'arriver.
Elle hocha silencieusement la tête dans sa direction et son salut lui fut rendu après quelques secondes d'hésitation.
- Je n'ai rien fait, lâcha âprement James en la fusillant du regard.
- Alors pourquoi j'ai l'impression que c'est toi qui as quelque chose à te faire pardonner ?
James n'eut pas le temps de répondre car la porte de la salle de cours venait de s'ouvrir et, déjà, l'ensemble de la classe -qui était arrivé par petits groupes entre temps- s'engouffrèrent à l'intérieur. La jeune Poufsouffle oublia bien vite son cousin qui fila s'assoir à côté d'un Anatole à moitié endormi et elle-même se plaça à côté d'Isaac, lui octroyant un grand sourire auquel il ne répondit pas.
Ils durent confectionner une potion régénératrice durant le cours et, sans fausse modestie, Dominique dut avouer que c'était là leur plus grande réussite de l'année. Pour la première fois, ils travaillèrent réellement ensemble, lui dosant les ingrédients à la perfection, elle surveillant le feu et l'heure avec application. Au bout d'une grosse demi-heure, alors qu'ils en étaient à un point crucial et que la plupart des autres binômes regardaient leur chaudron d'un air dépité, Dominique s'interrogea à voix haute sur l'utilité d'ajouter une aussi grande quantité de crin de licorne.
- C'est ce qui est indiqué sur le tableau, marmonna Isaac en tournant la tête vers le bureau d'Assem.
Cette dernière corrigeait minutieusement des copies tout en gardant un œil sur sa classe, n'hésitant pas à punir quelques bavards et à grimacer d'horreur lorsqu'elle passait dans les rangs pour jeter un coup d'œil aux chaudrons.
Dominique se souvint d'un cours de Soins aux Créatures Magiques où le professeur Lastek leur avait appris que boire du sang de licorne permettait de se maintenir en vie mais que cela avait le désagréable effet de perdre une partie de son âme. Si l'on suivait son raisonnement, ingurgiter n'importe quel ingrédient provenant d'une licorne n'était pas très indiqué lorsqu'on tenait à garder son humanité. De plus, s'ils avaient, pour l'instant, suivis les instructions à la lettre, leur potion n'avait toujours pas la couleur voulue : elle était orange au lieu d'être jaune pâle.
Oui, c'était bien le genre d'Assem de leur tendre ce genre de piège.
- Attends, ordonna la jeune Poufsouffle tout en tendant la main vers Isaac qui allait laisser tomber une quantité non négligeable de crins de licorne dans le chaudron.
Ce dernier s'arrêta au dernier moment, lui adressant un regard mi-ennuyé mi-inquisiteur. Sans se préoccuper de lui, elle reprit les crins et en sépara un de la masse. Avant de le mettre dans le chaudron, elle lança un regard interrogatif à Isaac qui, après quelques secondes, hocha la tête, comme s'il venait de comprendre où elle venait en venir. Le crin tomba doucement dans le chaudron et le Serpentard remua six fois dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. La potion devint jaune pâle.
Et elle l'était toujours une heure et demi plus tard tandis que celle de leurs camarades était soit orange dans le meilleur des cas, soit d'une autre couleur lorsqu'elle était ratée comme celle de James et Anatole.
Ce fut une Dominique toute guillerette qui vint apporter une fiole de leur travail au professeur Assem. Cette dernière la regarda avec circonspection, comme si elle s'attendait à la voir exploser sous son nez et finit par ouvrir le bouchon d'un air … curieux ? Ce fut un moment étrange pour Dominique qui ne semblait plus aussi confiante que précédemment et douta même du bien pensé de son idée. Au final, alors que les élèves sortaient de cours, elle lui ordonna de rester ici et appela Nott d'un ton dur.
- Est-ce que vous pouvez me dire ce que vous avez trafiqué ? lança-t-elle en les regardant chacun leur tour.
Si Dominique baissa la tête, à présent convaincue d'avoir fait une bêtise, Isaac soutint le regard de leur professeur et expliqua d'une voix morne l'idée de la Poufsouffle qu'il présenta comme commune. Elle s'apprêtait à dire qu'elle était la seule responsable lorsqu'Assem reprit la parole.
- Je vois que vous avez compris mes réprimandes de la dernière fois, murmura-t-elle comme si elle n'y croyait pas vraiment. Cette potion est parfaite et vous êtes les seuls à avoir un tant soi peu réfléchi aux instructions. Vous méritez un O sans aucune hésitation. Et j'ajoute dix points à chacune de vos maisons.
Ce fut totalement déconcertée et ébahie que Dominique quitta la salle de classe, suivant Isaac avec lenteur. Si ce dernier paraissait complètement neutre et ne semblait même pas étonné de la réaction de leur professeur, elle-même n'y croyait pas. Assem était dure et intransigeante avec chacun d'entre eux depuis plus de six ans et jamais elle n'avait distribué des points en plus de cette manière. Quand Camille allait savoir ça !
- Je vais finir par l'apprécier cette vieille harpie, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour Isaac.
Et le professeur Assem de passer devant eux. Il était impossible qu'elle n'ai pas entendu le commentaire de Dominique, ainsi cette dernière ne comprit pas pourquoi elle ne lui avait pas donné une retenue ou fait une réflexion.
Décidemment, cette journée était des plus bizarres.
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- Où est Dewi ?
Wil Jordan regarda son meilleur ami d'un air circonspect, écartant momentanément le magazine qu'il tenait à la main. Affalé sur un fauteuil, le jeune homme profitait d'un moment de répit seul où aucun de ses deux amis ne tirait une tête de dix mètres de long comme c'était le cas depuis presque une semaine.
Devant lui, se tenait un James Potter aux traits tirés mais à l'air décidé. Son ami le regardait sans complexe, bras croisés autour du ventre. Wil déglutit. Ce James là, il le connaissait et il pouvait autant vouloir se réconcilier avec Dewi que l'enfoncer un peu plus.
- Dewi, attends !
Apparemment, il n'avait pas eu besoin de lui pour trouver la Gryffondor qui tentait de s'esquiver en dehors de la salle commune. Alors que James se lançait à sa poursuite, Wil poussa un grand soupir, posa son magazine sur le rebord du fauteuil et les suivit à grandes enjambées.
Lorsqu'il retrouva les deux Gryffondor, ils n'étaient pas allés très loin. James avait très vite rattrapé la jeune fille et la tenait par l'avant bras alors qu'elle cherchait visiblement à se dégager, l'air peinée.
- … je te lâche si tu promets de ne pas t'enfuir.
- Tu as été très clair la dernière fois Potter, nous n'avons aucune raison valable de nous parler.
Si James parut touché qu'elle l'appelle par son nom de famille, il se reprit bien vite et secoua doucement la tête. Il hésita quelques secondes et desserra son étreinte, doucement, très doucement. Ce fut cette tendresse qui convainquit Dewi de ne pas partir et elle resta les bras ballants dans le couloir, tandis qu'il la remerciait visiblement du regard.
- Je voulais te dire … vous dire, ajouta-t-il en tournant la tête vers Wil qui s'était appuyé à côté du tableau de la Grosse Dame, que j'ai été vraiment minable.
Le grand métis eut un sourire victorieux à l'encontre de Dewi alors que cette dernière ouvrait grand la bouche, visiblement étonnée de ce retournement de situation. Si Wil avait toujours été très fidèle envers James et ne cessait de lui répéter qu'il allait bien finir par se rendre compte de son idiotie, la jeune fille n'y croyait plus. Depuis bientôt une semaine, il n'avait de cesse de l'ignorer, passant la plupart de son temps libre seul et s'asseyant à coté de l'une ou l'autre de ses cousines de Poufsouffle en cours, la laissant toujours avec Wil.
- Marchons, ordonna le jeune Potter en regardant autour de lui.
Visiblement, le couloir était trop fréquenté à son goût et n'importe qui pouvait les entendre, ce qu'aucun d'entre eux n'avait envie. D'ailleurs, Wil Jordan se rendit compte que même la Grosse Dame ne bougeait plus, regardant avec avidité le couple que formait Dewi et James.
Ils marchèrent donc. Pendant de longues minutes, aucun d'entre eux ne prononça la moindre parole, se contentant d'avancer en rythme. Ils se retrouvèrent dans le hall, désert à ce stade de la journée qui précédait le repas et s'assirent sur un banc en pierre, entouré par deux armures gigantesques. Bien évidemment, Wil se plaça entre les deux adolescents. Ce n'était pas parce que James avouait s'être comporté comme un minable que les choses allaient s'arranger. Il avait beaucoup à se faire pardonner.
- J'ai bien réfléchi, hésita le jeune Potter en se passant une main dans les cheveux tandis que ses joues rougissaient à vue d'œil, bordel Dewi, j'en ai rien à foutre que tu préfères les filles, après tout moi aussi … Je … Je sais pas, c'est le choc qui m'a fait perdre les pédales, je m'en suis voulu tout de suite après … et j'ai pensé que c'était à toi qu'il fallait en vouloir de ne pas me l'avoir dis avant … et là, Dominique qui me dit que c'est moi qui ai quelque chose à me faire pardonner … Elle a raison, je suis désolé. Voilà.
Derrière Wil, Dewi renifla. Intérieurement, le grand métis remercia Merlin et les fondateurs pour avoir fait que James, malgré tous les défauts qui l'habitaient, n'était pas rancunier. Il lui avait apparemment fallut l'intervention involontaire de sa cousine pour comprendre qu'il était en tort mais, à partir de ce moment-là, son ressentiment avait disparu.
- Je suis désolée de ne rien t'avoir dit avant, murmura doucement Dewi de l'autre côté de Wil, sans arriver à le regarder.
La jeune fille bouscula le grand métis et, par-dessus ses jambes, tendit les bras. Avec un grand sourire, James vint s'y nicher, lui caressant doucement les cheveux. C'était vraiment émouvant comme moment mais …
- Vous pouvez pas faire ça ailleurs ? grogna Wil que Dewi écrasait et qui avait les cheveux de James dans les yeux.
Ils se séparèrent visiblement à regrets et Dewi essuya une larme qui avait roulé le long de sa joue. Néanmoins, cela fit sourire Wil qui songea que c'était sans doute la première fois qu'il voyait des larmes de joie sur le visage de la jeune fille depuis bien longtemps.
- Ecoute, Dewi, je sais que je suis parfois excessif dans mes réactions …
James se racla la gorge d'un air gêné avant de poursuivre.
- … Mais je ferais tout pour toi, ajouta-t-il alors que ses joues devenaient de plus en plus colorées. Et …
Il tourna le regard vers Wil qui leva les yeux au ciel, sentant les commissures de ses lèvres remonter doucement.
- C'est bon, garde le peu de virilité qu'il te reste mec.
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- C'est bon, garde le peu de virilité qu'il te reste, mec, lança son meilleur ami, semblant se retenir de se tordre de rire.
Le nœud qui s'était formé dans l'estomac de James depuis près d'une semaine se défit totalement.
Durant ce laps de temps, il avait eu besoin de réfléchir, pas seulement aux révélations de Dewi mais aussi à son comportement. S'il ne s'était pas réellement remis en question, il en avait très vite conclut qu'il avait été trop loin. Ce n'était que ce matin, avant le cours de Potions, que la phrase lancée à la volée par sa cousine lui avait réellement ouvert les yeux.
Dewi avait le droit de sortir avec des garçons, des filles, ou des Veracrasses si elle en avait envie. Ce n'était pas ça qui comptait. Ce qui avait réellement de la valeur, c'était leur amitié, vieille de sept ans. Et, s'il lui faudrait beaucoup de temps avant de l'admettre totalement et de ne plus y faire attention, il pouvait essayer. Pour elle.
Ce n'était pas vraiment ça qui l'avait blessé en y réfléchissant. Plutôt le fait qu'elle préfère se confier à Wil et qu'ils le tiennent tous deux à l'écart de cette manière alors qu'ils étaient inséparables. James détestait se sentir exclu, en dehors du coup et cette semaine-là, il avait passé beaucoup trop de temps seul, n'osant pas rester même avec Wil, à ressasser ses pensées.
- Ecoute, reprit Dewi en dégageant ses longs cheveux de son visage, mettons les choses au clair immédiatement. Si je ne te l'ai pas dis …
La jeune Gryffondor déglutit, l'air mal à l'aise et lança un regard à Wil comme si elle attendait un geste de sa part avant de poursuivre. Le grand métis hocha la tête et elle reporta son attention sur lui.
- C'est parce que je craignais que tu ne réagisses comme tu l'as fais.
Dewi le regarda avec attention, se demandant quelle serait sa réaction et craignant apparemment qu'il ne le prenne mal. Effectivement, il fallut toute la concentration possible chez James pour ne pas qu'il la fusille du regard et il avala sa salive, soudainement mal à l'aise.
- Mais j'avais tort, poursuivit-elle en poussant un petit soupir de lassitude. Toute cette histoire …
- Tu sais très bien que jamais je ne t'aurais laissé tomber. Tout ceci, toute cette semaine, ce n'était que le temps … d'intégrer, se justifia-t-il.
- Moi aussi il m'a fallut du temps pour intégrer le fait que j'aimais …
Et voilà, on y était. Il n'avait pas reparlé de cette histoire avec Moorehead, sentant combien il serait facile pour lui de s'énerver sur ce point et préférant éviter une autre altercation. Pire encore, il se sentait incapable de fléchir là-dessus, même pour Dewi.
Heather Moorehead était une Serpentard et, en son sens, ce mot englobait tout ce qui faisait qu'il ne pouvait pas l'accepter et encore moins l'apprécier. Froide et hautaine, la princesse des glaces souriait rarement et il avait déjà entendu des plus jeunes parler d'elle en des termes peu appréciable. Apparemment, elle n'aimait rien de mieux que de trouver le point faible des autres et appuyer dessus. Et puis, elle trainait avec Nott, son rival de toujours, Ayling, un clown idiot et sa sœur Harriet qui n'ouvrait presque jamais la bouche. Avec elle, leur aversion était purement physique.
Et lui n'y trouvait rien à redire ; on ne pouvait pas s'entendre avec tout le monde n'est-ce pas.
- … Heather, soupira Dewi alors que son teint devenait plus pâle et que sa main venait agripper son genoux, appuyant fermement dessus.
Wil Jordan se raidit un peu sans trop qu'on sache s'il craignait la réaction de James ou s'il était contre cette idylle lui aussi. Sûrement un peu des deux, songea le Gryffondor en observant son meilleur ami dont le visage s'était ternit à l'énoncé du prénom de la Serpentard.
Lui-même hésita un instant. Il n'avait aucune envie de donner son approbation pour cette histoire mais, en même temps, ne voulait pas se disputer à nouveau avec Dewi. Il chercha à s'en tirer avec une pirouette.
- C'est une Serpentard …
- Et alors ? grogna sa meilleure amie en fronçant les sourcils.
Décidemment, il était pire que maladroit. Mais, maintenant qu'il était lancé, James n'avait pas la sagesse de s'arrêter là et il reprit, ayant néanmoins la délicatesse de paraître hésitant.
- Tu sais très bien …
- C'est vieille rivalité entre les maisons est décidemment complètement absurde ! Laisse-moi te dire, James que je ne cesserais pas de courir après Heather pour tes beaux yeux. Je veux dire … il m'a fallut tellement de temps pour l'accepter, beaucoup trop d'ailleurs, que je ne peux plus faire demi-tour …
Ses yeux s'illuminèrent soudainement tandis que les deux Gryffondor la dévisageaient lentement, peu sûrs de l'attitude à adopter. Dewi tapa du poing sur son genou.
- … J'ai enfin compris que … n'est-ce pas ? C'est ce qu'elle voulait ! Et c'est grâce à toi, James. J'ai soudainement réalisé que rien ne valait que tu me tournes le dos de cette manière. Je me sens beaucoup mieux maintenant et même si ça sera dur, ça vaut le coup.
- Tu es sûre que tu te sens bien ? s'inquiéta Wil.
Il regardait Dewi sans oser espérer retrouver celle qu'il avait connu et pourtant, ses yeux brillaient d'un éclat si particulier qu'il se crut un instant revenu quelques mois plus tôt.
Ce en quoi il se trompait. Car si la jeune fille avait enfin intégré certaines choses, comme elle l'affirmait, le chemin était encore long avant qu'elle n'occulte le regard des autres et la partie d'elle-même qui lui faisait honte. Néanmoins, cette semaine n'avait été faite que de progrès et chaque jour qui passerait serait un pas de plus vers l'acceptation. De cela, la jeune fille en était sûre. Ne restait qu'à récupérer Heather et cela allait être plus difficile que de se promener nue dans les couloirs en criant je suis lesbienne.
- Tout va bien, affirma-t-elle avant de froncer les sourcils, regardant soudainement James d'un air grave. Toi, il va falloir que tu fasses de gros progrès envers les autres maisons. Regarde Wil, il fréquente bien des Serdaigle.
- Des Serdaigle ? s'exclama James en oubliant de baisser la voix. Qu'est-ce que tu foutrais avec des Serdaigle ? T'as perdu l'esprit ?! Tu veux en parler ?
- Merci …, soupira Wil en fusillant Dewi du regard.
La jeune fille haussa les épaules, ayant tout de même la décence de se trémousser sur le banc de pierre, montrant qu'elle avait parlé trop vite.
- Qu'est-ce que c'est encore cette histoire ? murmura James, redevenant soudainement sérieux en remarquant l'étrange comportement de Dewi.
- Je ne fréquente pas de Serdaigle. Enfin … une seule quoi. Et encore …
Un sourire se nicha sur le joli minois de Dewi qui se retenait visiblement d'éclater de rire. Cette soudaine réconciliation avec James lui avait donné une certaine bonne humeur qui la rendait taquine envers les maladresses de Wil à l'encontre de Nella Flint et elle avait hâte de voir la réaction de son meilleur ami lorsqu'il apprendrait que ce dernier appréciait plus que de raison l'amie de Lysenko. Car il ne faisait nul doute que Wil allait cracher le morceau, malgré l'envie de se terrer dans un trou de souris dont il semblait emprunt.
C'était au final, très facile de se réconcilier avec ses amis. Il suffisait de faire fi des apparences et, d'enfin, oser révéler qui l'on est vraiment. Les amis, les vrais, restaient toujours même s'ils n'étaient pas d'accord avec nos choix. Les autres, il valait mieux les oublier.
- … Nella Flint …, était en train de murmurer James lorsqu'elle reprit le cours de la conversation.
- Comment tu as deviné ? s'enquit-elle, légèrement étonnée d'autant de perspicacité de sa part.
- Il vient de me le dire, grogna James en levant les yeux au ciel.
Le jeune homme paraissait emprunt d'une grande concentration, comme s'il réfléchissait intensément. Au bout de quelques secondes, il poussa un soupir et leva les bras au ciel, en signe d'abdication.
- Très bien. Toi, tu aimes une fille de Serpentard et toi, tu voudrais bien d'une Serdaigle, lâcha-t-il. Ne reste plus qu'à me trouver une Poufsouffle et la boucle sera bouclée.
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- Tu vas voir Johnson ? soupira Nella en remarquant que sa meilleure amie nouait soigneusement sa cravate qu'elle avait enlevé après les cours.
- Non, soupira Gemma sans comprendre le mouvement d'humeur de son amie. Ce soir, c'est la dernière retenue que j'ai avec Potter.
- Oh … et bien, bon courage.
- J'en aurais besoin.
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James fit semblant de ne pas avoir remarqué l'entrée de Lysenko, autant parce qu'il était difficile pour lui de faire le moindre commentaire en présence de Scott, leur professeur de Sortilèges, désigné ce soir-là pour surveiller leur dernière retenue que parce qu'il songeait à tout autre chose.
Il n'avait pas tout dit à Dewi cet après-midi là. Volontairement, il avait accepté de courber l'échine et avait éluder toute tentative de la part de sa camarade de parler de sa relation avec Heather Moorehead, bottant en touche sur sa maison.
Il ne voulait pas parler, pas avouer que rien que le fait d'y penser lui donnait de petits frissons de dégoûts. Non pas parce que c'était une fille, et encore il lui faudrait du temps avant d'accepter totalement l'idée, mais parce que c'était … Moorehead quoi. Plus antipathique, c'était dur à faire. Sans parler de Wil qui s'était entiché de la meilleure amie de Lysenko.
Lysenko … Parlons-en. Reportant son attention sur la jeune fille, James la regarda placidement s'assoir devant lui, sur le même petit bureau que le sien et écouter avec attention Scott qui lui tendait une liasse de parchemins. Une vraie petite intello. Elle était tellement prévisible. A présent, elle allait sortir son encrier et sa plume et s'atteler tranquillement à sa tâche comme la gourde obéissante qu'elle était.
Elle était trop prévisible et elle n'avait aucune once de caractère Lysenko. Même sa veine tentative de le menacer d'une retenue lors d'une de ses dernières altercations avec Nott était pitoyable. On sentait bien qu'elle n'y croyait pas elle-même. Et rien que pour ça, malgré les mises en garde de Dewi et l'attitude surprenante de sa cousine la dernière fois, il ne cesserait de l'emmerder.
Comme Scott le regardait à son tour, il ajouta quelques annotations sur ce fichu devoir d'Etude des Runes auquel il ne comprenait strictement rien, afficha un regard enjôleur et innocent qui marchait avec la plupart des professeurs et ce dernier retourna s'assoir à son bureau, dans le but de corriger une montagne de copies.
Leur dernière retenue.
Malheureusement, ce n'était pas les derniers moments qu'ils allaient passer seuls à seuls. Il restait encore quelques mois de rondes pendant lesquelles James n'aurait de cesser de s'ennuyer, sans pourtant se lasser de son rituel hebdomadaire : faire réagir cette idiote de Lysenko.
Pourquoi ? Mais parce qu'elle le laissait faire, voilà tout ! Elle était si molle qu'il s'attendait à ce qu'elle se transforme en poupée de chiffon à chaque instant. Et c'était si agréable de la voir chercher de quoi riposter, ouvrir la bouche et puis finalement se taire, comme toujours. Comme si elle acceptait la critique et qu'elle l'approuvait même. Ce n'était pas humain cette façon d'être.
James ne se serait jamais permis ça avec personne d'autre. Même pas avec Dewi avec qui il avait été plutôt en froid ces derniers temps. Or voilà, elle, il la respectait.
Et c'était ce respect, cette amitié inconditionnelle, qui allait lui permettre d'accepter un jour les décisions de la jeune fille, même s'il n'était pas d'accord avec elle. Il n'avait pas le choix.
Devant lui, Lysenko remua et sa plume glissa par terre. Réflexes d'attrapeur ou simple coup de chance, James fut plus rapide qu'elle et posa son pied sur l'objet avant de le ramener vers lui. Il vérifia d'un coup d'œil vers Scott si ce dernier ne le regardait pas, mais il était trop occupé à pousser des soupirs face à ses copies à corriger, et la ramassa.
Un petit sourire s'afficha sur son visage et il fut satisfait de la voir les épaules de la Serdaigle s'affaisser un peu plus.
Oui, voilà, Lysenko était une sorte d'exutoire pour tout ce qui le frustrait en ce moment dans sa vie. Dewi, sa scolarité … la pression sur ses épaules. Le fait qu'elle était si prévisible avait quelque chose de malsain et réconfortant même s'il n'aurait pas pu réellement nommer la chose.
Le Gryffondor fit rouler la plume entre ses doigts tout en déchirant doucement un morceau de parchemin. Après quelques secondes de réflexion, il gribouilla un petit bonhomme en train de faire un geste obscène (lui) à une espèce de grosse patate ébouriffée (elle), roula en boule le petit papier, et le lui lança sur son bureau après un dernier coup d'œil à Scott.
Durant ce laps de temps, elle n'avait pas bougé que ce soit pour récupérer sa plume ou encore rapporter à Scott ce qu'il venait de faire. Tant mieux, il ne voulait pas d'autres retenues.
James la regarda déplier le parchemin et il lui sembla qu'elle avait soupiré doucement. Il fronça ensuite les sourcils en la voyant mettre le papier de côté et fouiller dans son sac à la recherche … d'une nouvelle plume ?
Si prévisible. En attendant, il avait gagné une plume. Et l'assurance de devoir se replonger dans ce foutu devoir d'Etudes des Runes car Scott avait relevé la tête et froncé les sourcils en le voyant bailler aux corneilles. Gentil mais il ne fallait pas le chercher non plus, le directeur des Poufsouffle.
Vivement les vacances.
