Merci à Isabelle Pearl, UranusMarie, Harry-potter-fictions, Jolierosedu68 (Super bien passé, merci ! Même pas mal ! Merci pour ta review, à bientôt !) et BarbieMustDie !

Mon histoire a dépassé les cent reviews ! Merci, merci, merci et encore merci à tou(te)s, vous êtes carrément géniaux ! Chacune de vos review est un plaisir pour moi que ça vienne des "habitués" (ouais, maintenant j'peux me la péter en disant que j'ai des habitués), des occasionnels ou de petits nouveaux ! C'est trooop coool ! Et en fait, je remercie bien fort Isabelle Pearl parce que, si je n'ai pas arrêté de poster cette fic, c'est grâce à elle qui m'a remotivé il y a quelques mois ... et que je crois pas lui avoir déjà dit ! Maintenant, c'est fait !

So ... Bonne lecture ! (Et m**** à tous les futurs bacheliers pour la semaine prochaine, s'il y'en a dans le coin !)


Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude -

Guy de Maupassant


"Jingle bells, jingle bells, jingle on the way !"

Gemma Lysenko afficha un petit sourire en entendant quelques premiers années entonner ce chant de Noël connu de tous mais, malgré tout, le cœur n'y était pas. Sa main se serra un peu plus sur sa valise qu'elle tirait vaillamment dans la neige tandis que ses pensées se dirigeaient vers la missive qu'elle avait reçu la veille au soir, après sa dernière retenue avec Potter -elle le retenait d'ailleurs celui-là : sa plus belle plume !- et qui ne contenait, à son sens, aucune bonne nouvelle.

Comme si elle avait pu lire dans ses pensées, Nella Flint, qui marchait silencieusement à ses côtés, une grosse valise grise dans sa main, lui adressa un petit sourire contrit.

- Ca sera bien quand même, lui assura-t-elle. Tu viendras à la maison.

La Serdaigle avait beau être adorable, la lettre de son père lui laissait un goût amer dans la bouche. C'était leur premier Noël sans sa mère et … comme pour les vacances d'octobre, il l'abandonnait à son sort, prétextant un surplus de travail. Comme s'ils avaient besoin de lui au Département des Sports et Jeux Magiques pendant la semaine de fêtes. Non, ce que son père ne voulait pas, c'était se retrouver seul avec elle dans leur grande maison bien vide depuis que le rire de sa mère n'y résonnait plus.

- Si tu veux, on fera un concours de celui qui a passé le Noël le plus pourri, renchérit Mervin Kalls, qui marchait de l'autre côté, plutôt silencieux lui aussi, pour une fois.

Sa mère absente, il devait finalement passer les fêtes avec son père et sa belle-mère moldue, ainsi qu'avec ses deux demi-sœurs qu'il n'appréciait pas beaucoup. Là-bas, on avait peur de ce monde magique qu'on ne connaissait pas et il n'était pas forcément très bien accueilli par la nouvelle femme de son père, même s'il était très heureux de retrouver ce dernier.

- Toi, au moins, tu seras pas tout seul le soir de Noël, grogna la Serdaigle en secouant fermement la tête.

- Oh Gem, soupira Nella en se tournant vers elle d'un air navré. Je … Oh si je pouvais t'amener avec moi chez cette vieille tante, je le ferais mais … c'est déjà tellement surprenant qu'elle nous invite, je …

- Ne t'inquiète pas, je comprends.

Les parents de sa meilleure amie avaient quelques soucis avec la branche paternelle et de sang-pur de la famille et ils avaient été longtemps tenu à l'écart à cause du mariage de son père avec une moldue. Apparemment, les choses commençaient peu à peu à s'améliorer (plus de vingt ans après !) et, si Nella n'avait jamais vraiment eu de contact avec ses grands-parents paternels, cette tante là avait recontacté son neveu quelques jours plus tôt, souhaitant enterrer la hache de guerre.

- Ca va vite passer de toute façon, conclut-elle alors que, après une bonne demi-heure de marche, les trois Serdaigle arrivaient enfin devant le Poudlard Express qui allait les ramener à Londres pour deux semaines de repos bien mérité.

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- Pousse-toi microbe, cette place est réservée.

Sans ménagement, Heather Moorehead fit sortir un gamin de première année, à Poufsouffle, du compartiment qu'il occupait et ce dernier fila sans demander son reste. La jeune fille monta sa valise sur le filet et aida sa sœur à en faire de même tandis que Nott et Ayling s'installaient tranquillement, aucun d'entre eux ne songeant à lui faire une remontrance sur son comportement.

Puis, entièrement satisfaite, elle se laissa tomber sur l'un des sièges près de la vitre, laissant son regard se promener au grès des flocons qui tombaient autour de la locomotive.

- Enfin les vacances, soupira-t-elle tout en souriant. Je suis bien contente de rentrer !

- Tu as l'air bien contente tout court depuis quelques jours, persifla Nott en levant un sourcil interrogateur dans sa direction.

La jeune fille haussa les épaules, se contentant d'un sourire mystérieux.

Isaac Nott -aussi énervante que soit sa perspicacité habituellement- ne pouvait pas deviner. Elle, elle avait compris dès le premier coup d'œil vers la table des Gryffondor. En même temps, James Potter n'était pas très discret à la reluquer de cette manière et la fusiller du regard à chaque fois qu'il en avait l'occasion. Mais, étrangement, cette haine de sa part lui réchauffait le corps et le cœur à chaque fois.

Etrangement, car elle en voulait toujours à Dewi pour son comportement et un mélange de dégoût et de pitié envers elle-même l'envahissait lorsqu'elle songeait à lui pardonner totalement. Elle n'était pas comme ça habituellement. Heather Moorehead ne pardonnait pas la trahison et, pire, n'oubliait jamais.

Quelle faiblesse de sa part !

- … Il faut croire que ça commence à se tasser, était en train de dire Thomas Ayling lorsqu'elle reprit le fil de la conversation.

- Plus d'agression depuis un mois, calcula Harriet. Mais est-ce qu'on peut dire que tout ça est définitivement derrière nous ?

La preuve que non car, même si sa sœur avait raison et qu'il n'y avait plus eu de nouvelles victimes depuis un mois, on ne parlait que de ça au château. Et, les professeurs avaient mal choisi leur tactique pour étouffer l'affaire. D'abord cette histoire de couvre-feu ramené officiellement à vingt heures, ensuite le fait que plus personne n'avait le droit de se déplacer seul malgré le calme plat de ce dernier mois.

Et puis, et ça tout le monde -enfin, les autres maisons et les Professeur qui n'imaginaient pas les répercutions de cette affaire- s'en fichait, mais on regardait les Serpentard bizarrement. Plus que d'habitude s'entend. Et ça, ça n'était pas près de cesser.

Heather elle-même devait avouer que ni la chance ni l'Histoire n'était de leur côté. D'abord, il n'y avait eu aucune victime dans leur maison, ensuite ces dernières se révélaient d'ascendance moldue.

- Ca ne sera derrière nous que lorsqu'ils auront trouvé un coupable, déclara calmement Nott tout en sortant un épais grimoire de Potions de son bagage.

Le jeune homme replaça sa valise sur le filet et se laissa tomber sur le siège en face d'Heather, pouvant admirer la vue à son aise lui aussi, Thomas Ayling ayant préféré se mettre à côté du couloir et Harriet près de sa sœur bien entendu.

- Pour l'instant, bien entendu que ça se tasse étant donné que les journaux se sont lassés de cette histoire mais croyez-moi, s'il y a une autre agression, les choses devraient encore empirer.

- Et comment ça pourrait être pire ? s'enquit Heather en fronçant les sourcils.

- Poudlard pourrait fermer.

Le Serpentard avait dit ça sur un ton badin, comme s'il s'en fichait mais s'il y avait une chose de sûre concernant Isaac Nott c'est qu'il ne souhaitait pas du tout que cela arrive. Autant cela n'aurait pas déplu à Ayling de retourner vivre chez ses parents, entouré de ses nombreux frères et sœurs, autant Heather et Harriet se seraient accommodées de la situation entourées par leur mère, autant les choses auraient été différentes pour l'attrapeur.

Il n'en parlait pas souvent mais, au fil des années, Heather avait pu glaner quelques informations sur la vie de ce Serpentard si secret. Son père avait épousé une sorcière qui était décédée peu après la naissance de leur fils. D'après Ayling -d'ailleurs, il lui faudrait retenir qu'il était incapable de garder un secret celui-là-, l'ambiance n'était pas très folichonne chez les Nott. En même temps, si le père avait le même caractère que le fils, ce n'était pas très étonnant.

- Tu parles, lança-t-elle du tac au tac, tant que la vieille McGo sera là, ils n'oseront pas s'en prendre à Poudlard. C'est quand même une héroïne de guerre.

Silencieusement, Thomas et Harriet hochèrent la tête mais Isaac se contenta d'un petit haussement d'épaule. Il paraissait septique sur ce point-là.

Quelques secondes plus tard, le Poudlard Express remua sur ses gongs et démarra lentement, jusqu'à atteindre une vitesse de croisière raisonnable. Si Nott garda le nez plongé dans son grimoire une bonne partie du trajet, les trois autres décidèrent, unanimes, que ce n'était pas le moment de réviser et tandis qu'Heather et Harriet disputaient une partie d'échec -ce qui était particulièrement ennuyant lorsqu'on joue avec sa sœur jumelle, c'est que les deux jeunes filles prévoyaient à l'avance le coup porté par l'autre et la partie devenait vite interminable-, Ayling se plongea dans magasine de Quidditch, sport qu'il avait abandonné au début de sa septième année mais qu'il suivait toujours avec passion.

oOoOoOoOo

- Récapitulons, soupira Joana en levant les yeux au ciel. Toi, Camille, tu passes tes vacances en France, comme d'habitude. Anatole se paye le luxe de partir en Argentine et toi Arthur tu vas sur la côte chez des cousins. Dominique et Molly vont passer Noël ensemble, comme d'habitude et Isabel tu vas chez Ayling pour le réveillon. Et moi, je vais rester cloitrée à Leeds, tout ça parce que ma mère a trouvé le moyen de se casser une jambe et qu'on a du …

- Annuler tes vacances en Afrique du Sud, on a compris, soupira en chœur la moitié des Poufsouffle présent dans le compartiment.

Joana Mayer pleurnichait tellement sur ses vacances de Noël qui allaient être, à ses dires, insipides et mortellement ennuyantes qu'ils en avaient, en plus d'avoir entendu le même discours pendant une semaine, vraiment assez. La jeune fille, pas vexée pour un sou, tira immaturement la langue à l'ensemble du compartiment, avant de se replonger dans un journal people.

Le Poudlard Express avait démarré depuis moins d'une heure et le trajet était encore long. Ainsi, chacun avait trouvé de quoi s'occuper personnellement, même si chacun intervenait tour à tour dans la discussion. Joana lisait donc tout comme Isabel qui était plongée dans un livre de poche moldu, prêté par Camille quelques jours plus tôt et qu'elle trouvait fascinant.

Molly, tête posée contre l'épaule d'Arthur qui contemplait pensivement le paysage, relisait ses notes de cours en Sortilèges après avoir déclaré qu'au moins, elle serait tranquille pour deux semaines après.

Et Anatole, Camille et Dominique -ravie de s'échapper de Poudlard- disputaient une partie de Bavboules. Pour l'instant, c'était la brune qui menait mais Anatole n'était pas très loin. Quant à la jeune Weasley, elle était loin derrière, comme d'habitude, mais s'amusait tellement qu'elle n'avait pas envie d'abandonner.

Néanmoins, après une quinte de toux particulièrement virulente, la jeune fille déclara forfait et, pour donner le change, décida d'aller se dégourdir les jambes sous le regard suspicieux de Molly. Ces derniers temps, elle avait beau ne plus avoir eu de crise depuis la dernière fois avec Lysenko, elle toussait beaucoup et avait du mal à respirer malgré les potions de Pomfresh. Néanmoins, ne voulant pas inquiéter sa cousine et mettre la puce à l'oreille des autres, elle n'avait rien dit, songeant que l'hiver et le froid devaient y être pour beaucoup.

Tout en respirant doucement pour reprendre son souffle, la jeune fille arpenta plusieurs wagons, se retrouvant obligée de saluer plusieurs connaissances au grès de ses pas. Elle rencontra ainsi Rose et Albus en pleine dispute, Malefoy étant étonnement absent pour une fois, mais ne s'attarda pas, peu désireuse de se prendre un sortilège perdu. Peu après, ce fut la moitié de son équipe de Quidditch qu'elle retrouva dans un compartiment et elle passa de longues minutes à discuter tactique avec Abel McKinley, un poursuiveur.

Lorsqu'elle parvint à s'échapper de la fougue naturelle du jeune homme, ce fut pour tomber nez à nez avec Lysenko. Encore elle. Encore une fois.

- Weasley, la salua celle-ci avant de passer sa tête dans le compartiment des autres Poufsouffle où Dominique venait tout juste de sortir. Pour information, le train arrivera d'ici une demi-heure. Cesse donc de m'imiter !

Instantanément, Dominique se pétrifia. Comment avait-elle pu deviner qu'elle était justement en train de grimacer dans son dos pour faire rire ses camarades ? Cette fille était le diable en personne !

Boudeuse, la Poufsouffle croisa les bras tandis que Lysenko s'éloignait à grands pas.

- Hé attends !

- Quoi encore ? soupira la Préfète-en-Chef sans prendre la peine de se retourner.

Dominique hésita réellement à lui tirer les cheveux, histoire de lui apprendre la politesse puis se rétracta. Elle n'avait aucune envie de tâter de la baguette de la Serdaigle.

Pendant quelques minutes, elle marcha silencieusement derrière elle, souriant ironiquement lorsque cette dernière rabroua des premières années qui usaient de la magie dans les couloirs et elle éclata même de rire en constatant que les gamins recommencèrent lorsque Lysenko fut partie.

Quelle autorité.

Lysenko finit par s'arrêter devant le compartiment où se trouvait Flint et un morveux de première année qui lisaient silencieusement. La porte fermée, personne ne pouvait les entendre mais le regard noir que lui lança la blonde n'échappa pas à Dominique. Pendant un instant, elles se jaugèrent du regard et Flint fut la première à baisser les yeux. Cet échange silencieux échappa totalement à Lysenko qui prit appui contre une fenêtre du couloir, regardant fixement la Poufsouffle.

Cette dernière s'accola devant la vitre, n'en déplaise à Flint, faisant face à Lysenko avec une bonne humeur non dissimulée. Un sourire s'afficha sur son visage sans qu'elle ne puisse le contrôler.

- Merlin …, soupira Lysenko sans la quitter des yeux. T'es vraiment complètement tarée comme fille.

- Il parait, se moqua la jeune Weasley. Mais tu aimes ça.

- Vraiment pas.

Et elle ne rigolait pas. Tant mieux, Dominique n'aurait pas aimé que Lysenko apprécie quelque chose chez elle.

Regardant distraitement sa montre, elle s'aperçut qu'il était presque sept heures et que le train ne tarderait pas à arriver. D'ailleurs, les premières lumières de Londres se dessinaient au loin et elle put constater que la neige continuait à tomber ici aussi. La Poufsouffle frissonna en songeant que, dans quelques minutes, elle allait devoir sortir du Poudlard Express et quitter la chaleur réconfortante du train, remerciant Merlin pour avoir inventé le transplanage.

- Au fait Lysenko, reprit-elle en reportant son attention sur la Serdaigle qui ne l'avait toujours pas quitté des yeux. Je … Je vais faire débloquer la cheminée de mes parents pour que tu puisses y accéder. Si je te manque trop … N'hésite pas. Pas un mot à qui que ce soit, ajouta-t-elle alors que la mâchoire de la Serdaigle se décrochait.

Puis, la petite blonde fit demi-tour, tournant le dos à son ennemie, se retenant d'éclater de rire devant la mine déconfite de cette dernière. Trop prévisible.

- Qu'est-ce qu'elle te voulait ? lança Nella Flint en remarquant le visage interloqué de sa meilleure amie alors qu'elle reprenait sa place dans leur compartiment.

- J'sais pas trop …, marmonna cette dernière, décidemment l'air très étrange.

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- Et voici la plus belle !

Isabel Lowell se permit un sourire franchement heureux, attrapant la main que lui tendait Thomas avec un bonheur non dissimulé, pour une fois. Quelle raison aurait-elle eu de faire la tête ? Même s'il se passait des choses très étranges à Poudlard cette année, et elle ne parlait pas seulement des agressions, les vacances de Noël étaient enfin là et, avec elles, sa dernière occasion de souffler un peu avant les ASPICS.

Sur le quai, Thomas à ses côtés, entourés par une foule d'élèves et de parents, elle était bien.

- On se voit toujours à Noël, n'est-ce pas ? chuchota le Serpentard dans son oreille, passant un bras autour de ses épaules.

- Seulement si t'es sage.

- Je suis toujours sage moi !

Et ce grand clown de lui plaquer milles et un baisers sur les joues, le front et même le nez, sous le regard dégoûté d'Heather Moorehead, jamais très loin de ses brebis. D'ailleurs, et cette constatation la fit rire, le visage de Dominique -jamais très loin de quiconque non plus- abordait la même expression à cet instant.

Isabel l'ignora royalement et, après avoir repoussé les ardeurs du Serpentard, lui confirma qu'elle passerait bel et bien les fêtes avec lui. Ils s'éloignèrent ensuite pour saluer les parents de la jeune fille qui n'étaient pas très loin, Thomas glissant sa main autour de la taille de cette dernière.

- Trop mignon, soupira Harriet, elle-même n'étant jamais très loin de sa sœur.

- Dégueulasse, commenta Heather avant de se tourner vers Nott d'un air interloqué. T'es pas sensé dire quelque chose comme "rien à foutre" ?

Elle éclata de ce rire si particulier, un peu comme un bruit de tambour, satisfaite de sa répartie tandis que le placide jeune homme la dévisageait gravement. Sa valise dans les mains, il s'éloigna vers un homme qui lui ressemblait étrangement et attendait droit comme un i, un peu en dehors de la foule sans le quitter du regard, avant de s'arrêter brusquement.

- La bonne humeur te sied à merveille. A la rentrée, tu comptes t'inscrire au fan-club des Poufsouffle ma chère Heather ?

Si cette dernière ne lui sauta pas dessus pour l'étrangler, ce fut seulement parce qu'Harriet la retint au dernier moment, argumentant qu'elle venait d'apercevoir leur mère.

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- Tu le connais ? s'enquit Wil tout en regardant bizarrement son père.

Ce dernier était un homme très grand, assez fin et d'une bonne humeur constante qui pouvait parfois fatiguer sa mère, dont le caractère calme et sérieux contrastait avec le métis. Lee Jordan avait un bras passé autour de cette dernière qui discutait tranquillement avec Harry et Ginny Weasley sans s'offusquer des regards tournés vers eux et des murmures sur leur passage. Elle avait l'habitude avec le temps, les Jordan fréquentaient assidument les Potter depuis que leurs rejetons s'étaient pris d'amitié, presque sept ans auparavant.

Alors qu'ils étaient en train de discuter d'une invitation à dîner qui intéressait particulièrement Wil et James -ce dernier avait même arrêté de reluquer les fesses de sa sœur Rosa pour se tourner vers ses parents-, son père s'était tourné vers une famille et n'avait pas détourné les yeux depuis.

L'homme n'était pas aussi grand que lui et plus épaté aussi. La femme quant à elle, avait quelque chose d'étrange. On devinait au premier coup d'œil qu'elle était moldue, avec ses vêtements colorés et son pantalon près du corps. Elle n'avait apparemment pas deviné l'attention dont elle était l'objet et parlait avec de grands gestes à deux jeunes filles qui étaient plus que familières à Wil et James.

Mais l'homme lui, avait bien vu Lee Jordan et se livrait à une sorte de duel silencieux avec son père, donnant envie à Wil de rentrer à dix mètres sous terre. Pourquoi diable ce dernier fixait-il le père de Nella Flint de manière si impolie ?

- Mais c'est Marcus Flint, répondit Ginny Weasley à la place de Lee, l'air assez étonnée.

La conversation autour d'une potentielle invitation à dîner chez les Potter cessa immédiatement et tous les adultes, ainsi que James, Wil et Rosa se tournèrent vers les Flint -et Lysenko qui tentait de convaincre sa chouette de ne pas mordre les doigts à la mère de Nella- et Lee Jordan murmura sombrement.

- C'était le pire.

- Le pire ? s'étonna Harry, l'air véritablement surpris. Mais …

- Le pire joueur de Quidditch de l'équipe des Serpentard. Tu ne te souviens pas ? Ce type n'avait aucun fair-play. Il a même essayé de m'enfermer dans les toilettes un jour de match.

- Mais tu n'étais même pas joueur, s'étonna Rosa en passant la main dans ses cheveux noirs de jais.

- J'étais commentateur, souffla Lee en bombant le torse. C'était très important aussi.

La mère de Wil se mit à pouffer, sans se soucier de vexer son mari tandis que tous les autres retenaient visiblement un sourire. Lee fronça les sourcils, semblant perdre un peu de sa superbe et se tourna vers son fils pour reprendre contenance.

- Pourquoi tu me demandes ça ? Tu ne fréquentes pas un Flint j'espère ?

Là ce fut James qui se mit à rire à gorge déployée, s'attirant une pichenette de sa mère qui avait remarqué le trouble de Wil. Boudeur, le garçon maugréa quelque chose dans sa barbe que personne ne comprit. For heureusement, ce fut Harry Potter lui-même qui détourna l'attention de lui, sans même s'en apercevoir.

- Au moins, ton fils ne fréquente pas celui de Malefoy.

- Papa ! J'ai entendu ! beugla Albus qui, malheureusement pour son père, avait choisi ce moment pour rejoindre sa famille. Il faut que tu arrêtes de dénigrer Scorpius comme ça, vraiment, c'est indigne de ton rang …

Et Harry Potter en fut quitte pour un long sermon de la part de son fils sous l'œil appréciateur de sa femme et celui, plus moqueur de son aîné, n'arrivant même pas à dire que c'était seulement une pique pour détendre l'atmosphère et non pas "une quelconque forme de racisme envers quelqu'un qui n'a rien fait du tout, est parfaitement innocent et diablement sympathique", dixit Albus Potter.

Les vacances de Noël commençaient bien, songea Wil en lançant un dernier regard à la dérobée vers Nella qui elle, ne l'avait même pas remarqué.

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Ce en quoi il se trompait car Nella avait parfaitement remarqué l'attention dont elle était l'objet, elle et sa famille plus Gemma et, si elle avait d'abord mis ça sur le compte de l'extravagance de sa mère et de son pantalon rouge qui la moulait comme une adolescente et jurait avec son gros manteau aubergine, elle avait vite remarqué l'étrange attitude de son père.

- Non True ! Il ne faut pas mordre les doigts de Max ! Mais pourquoi est-ce que tu t'obstines toujours ?

- Cette chouette ne m'aime décidemment pas, rigola la femme.

Max Flint. Un petit bout de femme, encore presque une enfant, qui portait un prénom de garçon. En vérité, le véritable prénom de sa mère était Maxine mais elle ne l'avait jamais aimé et avait ordonné à Gemma de l'appeler Max et non Maxine ou Madame. Max était la seule personne que True, la vieille chouette d'ordinaire si docile de Gemma, n'aimait pas et cherchait toujours à la griffer ou la mordre. Cela amusait sa mère plus qu'autre chose, elle qui était déjà ébahie par l'intelligence de ses animaux.

Bref, sa mère avait beau être adorée -voire adulée- par Gemma, elle n'en restait pas moins étouffante et fatigante lorsqu'on était sa fille. Ainsi Nella se désintéressa très vite de leur duo, se tournant vers son père qui regardait toujours le groupe formé par Jordan, Potter et leurs familles.

- Tu les connais ?

C'était idiot comme question, qui ne connaissait pas Harry Potter. L'élu, le Survivant, celui qui avait mis fin au règne de Vous-Savez-Qui. Bref, une légende vivante. Mais, observatrice, Nella avait bien remarqué que ce n'était pas lui qu'il regardait mais celui qui devait être le père de Wil Jordan, le Gryffondor.

Elle leva les yeux d'un air interrogateur vers Marcus Flint.

- Nous étions à Poudlard ensemble, déclara laconiquement ce dernier. Nous avons quelques différents.

Nella hésita à pousser son père un peu plus loin mais, de toute façon, elle n'était pas sûre d'obtenir une réponse. On ne savait jamais sur quel pied danser avec Marcus Flint. Et puis, de toute façon, sa mère coupa court à la conversation, lançant d'une voix criarde qu'elle avait hâte de transplaner pour rentrer à la maison.

Nella poussa un gros soupir. Qui d'autre que Maxine Flint pouvait aimer transplaner ?

Alors que chacun prenait un bagage dans sa main pour ne rien oublier, Nella Flint remarqua la chevelure blonde et emmêlée de Weasley qui, apparemment, regardait Gemma. En tournant la tête vers cette dernière, elle s'aperçut qu'elle la fixait aussi. Pire, elle fut convaincue de les avoir vu échanger un signe de tête. For heureusement, ils transplanèrent tous les quatre quelques secondes plus tard, ce permit à Nella de ne pas s'appesantir plus longtemps sur cet étrange sentiment qui lui vrillait le cœur à chaque fois qu'elle percevait une certaine connivence entre sa meilleure amie et Weasley.

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Dominique détourna son regard de Lysenko et se rendit compte que, loin d'être près à rentrer à la maison, ses parents discutaient âprement avec Ron et Hermione Weasley. Elle poussa un soupir à fendre l'âme qui lui valu un regard réprobateur de la part de sa mère, très à cheval sur les bonnes manières, maudissant une fois de plus sa trop nombreuse famille. C'est vrai quoi ! Quelle perte de temps alors qu'elle aurait déjà pu être sur son balai ou à courir sur la plage devant la Chaumière aux Coquillages.

Quoique. Avec tout ce qui c'était passé à Poudlard ces derniers temps et ses séjours répétés à l'infirmerie, nul doute que sa mère tenterait de la dissuader par tous les moyens de s'épuiser.

- Non, non, disait sa mère. Nul besoin d'amener quelque chose. Cette année, je me charge de tout.

C'est vrai que le traditionnel repas de famille des Weasley-Potter et autres pièces rapportées comme les amis et petits-amis de ses nombreux cousins et cousines se déroulait à la Chaumière aux Coquillages cette année. Lorsqu'elle était plus jeune, Dominique avait pris l'habitude de passer ce soir de fête chez ses grands-parents Weasley mais ces derniers étaient plus âgés et fatigués depuis quelques années. Ainsi, la génération au dessous avait décidé de prendre les choses en main avec plus ou moins de succès. Dominique se souvenait encore du pudding traditionnel qui avait explosé alors que sa tante Angélina était fièrement en train de le découper. Jamais elle n'oublierait la claque magistrale que son cousin Fred -responsable de cette mésaventure, bien que quelque chose lui disait que son oncle George avait aussi quelque chose à voir là-dedans avait reçu.

C'était il y a deux ans et l'année dernière, ils avaient tous envahis la maison d'Harry et Ginny Potter. Avec sa sœur, elles avaient surpris cette dernière, à moitié avachie sur une chaise après le dîner, répétant inlassablement que plus jamais cela ne se produirait. Fred avait eu la main trop lourde sur les pétards cette fois-ci et Lily Potter avait perdu la moitié de sa chevelure rousse.

- Au fait Dominique, tout se passe bien à Poudlard ?

De la part d'une personne de sa famille, on aurait pu s'attendre à ce qu'on lui demande son avis sur les agressions et l'atmosphère du château. Mais la Poufsouffle connaissait sa tante et elle ne pouvait parler que d'une chose : son relevé de notes.

Inutile d'espérer le moindre soutien de la part de Louis dont les commissures des lèvres s'étaient déjà étendues, ni de ses propres parents qui la regardaient d'un air inquisiteur, l'air très intéressés. Et Ron était malheureusement occupé à convaincre Rose de laisser son frère tranquille. Lequel boudait derrière sa mère. Elle avait déjà dit qu'elle ne supportait plus sa famille ?

- Heu … J'ai eu un O en Potions, murmura-t-elle. Et je m'en sors pas trop mal en Soins aux Créatures Magiques.

Un A, ce n'était pas trop mal n'est-ce pas ? Nul doute que si elle avouait l'ensemble des notes pitoyables qu'elle avait récolté ce début d'année, sa mère n'hésiterait pas à lui hurler dessus devant tout le monde.

- Sinon j'arrive presque à faire apparaitre un Patronus Corporel, changea-t-elle vivement de sujet.

- C'est vrai ? l'interrogea Hermione, faisant mine de n'avoir pas remarqué la diversion. Et quelle forme prends-t-il ?

- Je ne sais pas trop encore. Quelque chose de petit, long et assez fin.

- Je suis sûre que c'est un serpent, piailla Rose qui avait finalement cessé d'enquiquiner son frère. Le Choixpeau a complètement raté sa répartition !

Dominique la fusilla du regard, prête à la faire taire d'une pique mais sa tante endigua la dispute en déclarant qu'il était temps pour eux de rentrer car elle devait encore repasser au Ministère dans la soirée pour finir un rapport sur un traité obscur dont la jeune Poufsouffle ne comprit pas grand-chose.

Néanmoins Rose réussit à siffler de manière animale en passant à côté d'elle, lui rappelant qu'elle ne comptait pas oublier de sitôt que le Patronus de sa cousine ressemblait vaguement à un serpent.

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- C'est la mienne, susurra une jolie blonde en posant la main sur une tartine dorée, dont le fumet délicieux s'élevait dans la Chaumière aux Coquillages.

Dominique, qui avait encore la main suspendue en l'air, hésita à hurler de rage juste avant de croiser le regard de sa mère. Elle avait comprit le message : les bonnes manières avant tout.

- Bien sûr Hélène, fais donc. De toute façon je n'ai plus faim.

Le cou droit, la septième année contourna la table, attrapant au vol une pomme que lui tendait sa sœur Victoire, peu dupe de son manège.

Sept jours. Sept jours qu'elle se coltinait l'affreuse, non plutôt, l'horrible petite peste manipulatrice qu'était sa cousine Hélène Delacour. La tare qui habitait ce monstre en talons aiguilles était dissimulé derrière un visage d'ange et un sourire inoffensif qui trompait jusqu'au dernier membre de sa famille, Louis y compris. Ce traitre.

Hélène et elle avaient le même age, étaient nées le même mois, à quelques jours d'écart et avaient de longs cheveux blonds épais. For heureusement, la ressemblance s'arrêtait là. Fille unique de la sœur de sa mère, fraichement divorcée, elle avait repris le nom de jeune fille de Gabrielle -comment une aussi gentille personne avait pu engendrer un monstre pareil ?- qui lui allait, décidemment, comme un gant. Tout le monde était à ses pieds, lui passant le moindre de ses caprices. La musique qui émanait de la chambre de Dominique était trop forte ? Fleur lui demandait immédiatement d'éteindre. L'affreuse voulait aller faire les magasins ? Dominique était désignée d'office pour l'accompagner alors que tout le monde savait pertinemment qu'elle était plus du genre à se rouler dans la boue qu'à essayer dix-huit robes dans une journée.

Bref, sa mère avait complètement oublié de lui préciser la présence de ce côté-là de la famille. Tu parles, elle savait très bien que sa fille préférait passer les vacances de Noël seule à Poudlard plutôt que de supporter Hélène Delacour.

En plus, cette idiote lui avait même pris sa chambre et, pire, elle ne s'était même pas fendu d'un merci, se contentant de regarder le désordre ambiant d'un air dubitatif.

Seule Victoire la soutenait un peu même si elle ne comprenait pas vraiment ce qu'elle pouvait reprocher à leur cousine.

Heureusement, ce soir, il y aurait tellement de monde à la Chaumière aux Coquillages qu'elle allait pouvoir oublier sa cousine pour un long moment. Délivrance. Et après ? Elle avait déjà tout prévu. Dès le lendemain soir, elle se rendrait en France chez Camille pendant quelques jours avant de revenir le samedi suivant. Les Delacour seraient déjà parties. Délivrance je vous dis.

Arrivant dans le salon, elle se laissa tomber dans le canapé avec humeur. Au dessus de la cheminée, trônait une télévision accrochée au mur, la nouvelle lubie de sa mère qui était toute excitée à l'idée de voir des gens s'agiter dans un aussi petit écran. Sa tante Hermione y était pour beaucoup là-dedans -comme le téléphone et le micro-onde qui avaient envahis leur maison quelques années avant-. Toujours est-il que la télévision, après quelques jours d'emballement familial était devenue purement décorative. Dominique hésita à l'allumer, tant elle s'ennuyait, le mauvais temps ambiant l'empêchant de sortir son balai ou d'aller courir pour décompresser.

Elle s'était levée pour appuyer sur le bouton, lorsque quelque chose attira son attention. Les cendres de sa cheminée remuaient. Baissant doucement les yeux, elle fit un bon en arrière, manquant de hurler de terreur.

- Ly … Lysenko ? Qu'est-ce que tu fous là ?

- C'est toi qui a déverrouillé ta … oh et puis laisse tomber.

Dominique Weasley s'accroupit néanmoins devant la cheminée, se retenant de lancer à la Serdaigle à quel point elle avait l'air coincée avec son visage tordue et ses sourcils froncés. Mais après tout, cette dernière avait raison. Elle lui avait accordé l'accès à sa cheminée et le lui avait dit.

- Je ne pensais pas que tu me prendrais au mot, lâcha-t-elle âprement en croquant dans la pomme qu'elle tenait toujours en main.

- Tu baves.

Dominique s'essuya le menton tout en s'empêchant de lever les yeux au ciel.

- Qu'est-ce que tu veux ? T'es pas en train de fêter Noël ?

- DOMINIQUE ? VIENS ICI TOUT DE SUITE, TA COUSINE HELENE VOUDRAIT QUE TU LUI PRETES TON JEU D'ECHECS !

La jeune fille grimaça et fit un geste obscène en direction de la cuisine, ignorant momentanément l'ordre de sa mère. A choisir entre deux maux, elle préférait encore parler à Lysenko. Et puis, qu'est-ce que comptait faire Hélène avec son jeu d'échec à neuf heures du matin ? Lui détruire, comme son jeu de Bavboules ?

- Sympa l'ambiance, grinça Lysenko.

- Et toi, personne pourquoi ne te cries après ? lança méchamment Dominique sans faire attention. Merde … Pardon.

- Au final, c'était plus qu'une très mauvaise idée.

La Poufsouffle secoua la tête, sans se forcer pour paraitre piteuse. Quelle idiote elle était pour parler de ce genre de chose à Lysenko qui avait perdu sa mère cet été ? Bien sûr que cette dernière aurait été ravie qu'on lui crie dessus, elle.

- Désolée, répéta-t-elle. Bon, dis-moi tout.

- DOMINIQUE !

- Apparemment, tu es attendue.

- Je préfère encore sauter dans cette cheminée et passer Noël seule avec toi que de remettre un pied là-bas, grogna la Poufsouffle.

- Super.

- Lysenko ? Abrège.

- Quoi ?

- Si ta tête est dans ma cheminée, c'est qu'il y a une raison.

- Nella ne répondait pas.

La jeune fille poussa un soupir d'énervement, se retenant pour ne pas l'étrangler. Bon, d'accord, là, tout de suite, elle aurait eu du mal étant donné qu'elle ne réussirait qu'à se brûler si elle mettait la main dans les braises. Mais Lysenko lui paierait … un jour.

- C'est juste que …

Elle semblait soudainement hésitante et Dominique se détendit, véritablement curieuse de ce que cette dernière avait à lui dire qui semblait tant lui coûter.

- Qu'est-ce que tu fais ce soir ?