Merci à Dobbymcl, UranusMarie, Barbiemustdie, SmilingSparrow, Shiriliz, pepoune (Coucou :) Argh, parle pour toi ! Ces étudiants, ils ont bien trop de vacances, ça déprime ! (Bon, là je me fous un peu de toi, j'ai presque trois mois de congés par an, hum. Héhé, tu peux continuer à chercher, tu as le temps, le dénouement n'est pas pour tout de suite. Hum, il doit y avoir plus de soixante chapitres pour leur septième année et une vingtaine après. Et pour l'épilogue, aucune idée pour l'instant. Je n'ai pas finis d'écrire cette fic, donc je sais pas si ça sera utile :D Merci pour ta review et à bientôt ;)) et Isabel Pearl.
Bonne lecture !
(et merci à Barbie d'avoir corrigé ce chapitre :D)
"Nos deux cœur seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux."
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal.
Les yeux cernés, à demi-clos, Molly Weasley peinait à s'habiller. Elle avait choisi un jean noir moulant et trouvé un tee-shirt doré, qui se marierait parfaitement avec ses longs cheveux roux. Mais pour l'instant, ce dernier lui résistait. Peu importait la force qu'elle y mettait, sa tête ne voulait pas rentrer.
Elle comprit au bout de quelques minutes qu'elle tentait de l'enfiler par la manche et, pire encore, que ce n'était pas SON tee-shirt, mais celui de Camille Teyssier. Rageuse, elle le lança sur la petite poubelle de la salle de bain, se retrouvant en soutien-gorge devant le miroir.
Qu'est-ce qu'elle avait de plus qu'elle ? La brune était plus petite, plus grassouillette et bien moins sympathique qu'elle. La preuve, elle piquait le petit-ami des autres.
Oh non, Molly n'était pas prête à lui pardonner. La jeune fille faisait l'effort de s'assoir avec elle et Arthur à table, s'empêchait à présent de faire des commentaires désagréables, mais c'était uniquement pour ne pas manger toute seule. En vérité, elle avait envie d'éviscérer la Poufsouffle à chaque fois qu'elles se croisaient. Et, manque de bol, elles étaient dans la même maison, suivaient presque les mêmes cours et dormaient dans la même chambre. Cela faisait beaucoup de moments dans une journée où elle ressentait des pulsions assassines.
Mais c'était comme ça. Malgré sa trahison, la jeune fille restait persuadée qu'Arthur finirait par ouvrir les yeux et reviendrait vers elle au bout d'un moment. Elle avait déjà tout prévu. Elle résisterait quelques semaines et leurs retrouvailles seraient les plus belles du monde. Ensuite, ils iraient vivre loin de Camille et ses tentacules et tout rentrerait dans l'ordre.
Mais pour cela, hors de question qu'elle se laisse aller. Un chemisier blanc aux manches bouffantes voleta jusqu'à elle et elle l'enfila, prenant bien soin de ne pas le froisser. Elle appliqua soigneusement son fard à paupières et ajouta une touche de mascara avant de se déclarer satisfaite.
Une chose était sûre ce matin : elle était jolie.
Contente d'elle-même, la jeune Poufsouffle sortit de la salle de bain, ignora royalement Camille qui attendait patiemment devant la porte et fit semblant de ne pas avoir vu son regard peiné se poser sur son tee-shirt roulé en boule sur la poubelle. Voleuse de petit-ami.
Ignorant le sentiment grandissant de colère qui la prenait toujours lorsqu'elle voyait la brune, la jeune fille descendit à la salle commune où elle eut la satisfaction de retrouver Joana Mayer et Anatole Bensberg assis face à face à l'une des tables. Sa cousine n'était pas là mais, le matin, c'était toujours son estomac qui primait au détriment de sa sociabilité. Elle devait déjà être descendue déjeuner.
Toujours était-il qu'il n'y avait aucun signe d'Arthur, ce qui la satisfit et l'ennuya en même temps.
Troublée, elle tira une chaise et s'installa à côté de Joana qui releva la tête et la gratifia d'un grand sourire. Apparemment, si l'on en jugeait par les feuilles de parchemin qu'ils avaient tous les deux sous le nez, ils tentaient de finir le devoir de Sortilège à rendre le lundi suivant.
- Il y a un 's' à 'lois', indiqua-t-elle en louchant sur la copie de Joana, peu douée en grammaire et orthographe.
- Merci, murmura cette dernière.
La jeune fille corrigea la faute avant de relever les yeux vers Molly, l'air inquisiteur. Cette dernière fronça les sourcils en tentant de comprendre ce qu'elle lui voulait et s'aperçut très vite qu'Anatole abordait le même air sérieux.
- Quoi ? s'exclama-t-elle.
- Eh bien …
Anatole hésita nettement, ce qui parut ennuyer l'impétueuse Joana qui ne prenait pas souvent des pincettes pour dire le fond de sa pensée.
- Tu as largué ton Serpentard ?
Ah, c'était donc ça. Rougissant imperceptiblement malgré elle, Molly ouvrit la bouche avant de la refermer vivement, songeant à quelque chose.
- Comment tu le sais ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Et bien, Anatole le sait de Rose Weasley qui le sait de ton cousin Albus qui le sait de la petite sœur d'un membre de l'équipe de Quidditch.
- Rose ? lança-t-elle, un peu pour faire diversion, un peu parce qu'Anatole semblait un peu trop proche de sa peste de cousine en ce moment.
Ce fut au tour du garçon pataud de rougir jusqu'aux oreilles et il fusilla Joana du regard, comme si elle était responsable de ce malheur. Peu encline à compatir, cette dernière lui tira la langue avec immaturité avant de se retourner vers Molly, pas dupe de son manège.
- On sait aussi que tu sors avec Miller de Serdaigle, ajouta-t-elle en prenant un ton sérieux qui ne lui seyait pas du tout.
Là, Molly devint aussi rouge que les oreilles d'Anatole, ce qui n'était pas peu dire. A vrai dire, cette relation ne datait que de la veille, lorsque Demi Miller, qui était le plus grand frère du meilleur ami de son cousin Louis, était venu lui proposer un tour dans le parc. S'il avait la particularité d'avoir un cerveau et une langue bien aiguisée, il n'avait pas une réputation de coureur de jupon et était plutôt drôle.
Bref, il ne plaisait pas du tout à Molly mais elle n'avait aucune envie d'être seule en ce moment et avait un peu regretté son Serpentard après lui avoir signifié que tout était fini entre eux, et ce même s'il avait plus de muscles que de cervelle.
- Il est mignon, n'est-ce pas ? s'écria-t-elle d'une voix faussement enjouée, tout en battant des cils.
- Oui, admit Joana d'un air rêveur.
Anatole lui donna un coup de pied sous la table et elle sursauta, semblant se réveiller d'un seul coup.
- … Mais ce n'est pas bien ! Pas bien du tout !
La jeune fille avait l'air tellement peu convaincu que Molly éclata de rire.
- On s'inquiète pour toi, soupira Anatole. Tu enchaines les garçons et …
- Et ça ne vous regarde pas ! fit Molly en redevenant soudainement sérieuse. Je m'amuse, c'est tout. Personne n'a jamais rien dit à Joana lorsqu'elle enchainait les garçons en cinquième année. Je … toute cette histoire, enfin …
La jeune Weasley se mordit la langue, se forçant à rester calme.
- J'essaie d'oublier.
- Vous avez vu la Gazette ?
Dominique Weasley, en tenue d'entrainement, venait de rentrer au pas de course dans la salle commune, le journal entre les mains. Elle dérapa légèrement en arrivant à la table où se trouvaient les trois Poufsouffle et, fébrilement, désigna la une du doigt.
POUDLARD PERD LE CONTROLE !
Molly remercia intérieurement Merlin et les Fondateurs de l'intervention de sa cousine en remarquant que Joana semblait s'être désintéressée de son cas et parcourait le journal rapidement. Son regard s'y posa doucement. Il y avait un bref rappel des agressions mais on parlait surtout de ces élèves qui avaient décidé de faire vengeance eux-mêmes, sans aucune preuve. L'incompétence de l'équipe professoral au complet, plus l'Auror Wiertz, occupait un paragraphe. Sur leur directrice, il y avait tout une colonne qui décriait ses compétences et son autorité. Bien entendu, on rappelait que, depuis le temps, aucun élément permettant de faire avancer l'enquête n'avait été découvert. Avec ferveur, le journaliste concluait que personne n'était plus en sécurité à Poudlard et indiquait la mise en place d'une pétition demandant la démission de McGonagall, déjà signée par plusieurs centaines de personnes selon lui.
- Et bah, souffla Molly. Vous croyez vraiment que c'est une bonne idée que McGonagall démissionne ?
- Oui, affirma Joana.
- Surtout pas, s'exclama Dominique.
Les deux jeunes filles se fusillèrent du regard mais Joana reprit la parole avant que la jeune Poufsouffle ne puisse en placer une.
- L'incompétence de McGonagall est évidente. Et, comme elle ne parvient pas à se sortir de cette affaire, il faut mettre quelqu'un qui le pourra à sa place.
Elle avait dit ça d'un ton calme, comme une évidence, ce qui n'empêcha pas Dominique de la fusiller durement du regard.
Molly se rendit soudainement compte que l'espèce de trêve entre les deux Poufsouffle n'était pas faite pour durer. Si Joana et Dominique avaient mis leurs différents de côté et s'étaient unies pour elle, le ravin était bien trop profond entre elles. Tout les opposait. Mis à part elle et elle n'était pas assez forte pour les réunir tout à fait.
Combien de temps pourraient-elles encore faire semblant de se supporter pour elle ?
Pas bien longtemps, Molly le supposait.
- Tu parles de Minerva McGonagall, feula d'ailleurs la Capitaine. Fais attention à ce que tu dis, ce n'est pas n'importe qui. N'est-ce pas ?
Molly baissa légèrement les yeux, consciente d'être dans une position délicate face à la demande de prise de position de sa cousine. En vérité, elle n'était pas loin de rejoindre l'avis de Joana mais il était hors de question de le formuler à haute voix.
Fort heureusement, Anatole débloqua habilement la situation :
- L'entrainement de Quidditch n'aura pas duré longtemps, remarqua-t-il alors que la pendule de la salle commune avait presque atteint le huit.
Et sa cousine de partir en courant en se souvenant qu'elle avait donné rendez-vous à ses joueurs à huit heures précises, afin de pouvoir profiter du samedi matin pour perfectionner leur tactique.
oOoOoOoOoOoOo
- Dom !
- Dégage !
- Dominique !
- Fous moi la paix Potter !
Furieuse, la jeune Poufsouffle esquiva intelligemment le geste de la main que faisait son cousin en sa direction. En tenue d'entrainement, Dominique Weasley se rendait au stade de Quidditch, avait croisé par hasard son cousin dans le hall et tentait tant bien que mal de l'éviter depuis quelques minutes.
N'y tenant finalement plus, et sous les yeux ébahis d'Emmeline Carter et Abel McKinley, les deux autres Poursuiveurs qui l'attendaient pour sortir - elle les avait retrouvés près de la Grande Salle -, elle leva son balai, qu'elle tenait fermement dans la main et en assena un coup sur la tête du Gryffondor.
Bien fait.
Cette andouille avaitfaillila tuer la veille : elle n'allait quand même pas se jeter dans ses bras. Lysenko avait raison - pour une fois -, il était stupide, stupide, stupide ! Elle ne préférait même pas imaginer ce qui aurait pu se passer si la Serdaigle ne l'avait pas très vite libéréede son sort.
- Assassin, grogna-t-elle en passant devant lui, le menton levé.
Malheureusement, sa sortie étudiée fut stoppée par la poigne de James qu'elle ne parvint pas à éviter cette fois-ci.
- Je suis …
- … Désolé ! Bien sûr que tu es désolé ! Tu aurais eu du mal à expliquer ça à ma mère espèce de … Mais qu'est-ce qui t'a pris ? s'exclama-t-elle en oubliant de rester discrète.
Les deux joueurs de son équipe n'avaient pas loupé un seul mot de leur échange et Emmeline secoua ses longs cheveux bruns en signe d'incompréhension. Fort heureusement, Abel McKinley était doté d'un fort sentiment de pudeuren ce qui concernait la vie des autres - en réalité, mis à part Emmeline, le Quidditch et le déjeuner, il ne s'intéressait pas à grand-chose -, entraina très vite la quatrième année à l'extérieur, cette dernière louchant sur les deux cousins jusqu'à ce qu'ils passent la porte.
- Je n'ai pas pensé à ..., tenta James.
- C'est bien ça le problème, tu ne penses pas aux conséquences de tes actes ! Tu fais ce que tu as envie mais c'est pas ça la vie. On ne peut pas toujours …
- Dominique ! C'est le troll qui se fout de la harpie là ! s'exclama James, l'air accusateur.
La jeune fille eut la décence de rougir jusqu'aux oreilles, maugréant tout de même qu'elle n'atteindrait jamais un tel niveau d'égocentrisme et que, si tel était le cas, elle voulait bien se balader toute nue dans la Grande Salle à l'heure du déjeuner.
- Me tente pas, sourit doucement son cousin.
Pourquoi était-elle incapable de lui en vouloir ? Etait-ce son sourire enjôleur qui illuminait son visage lorsqu'il cessait d'être James-le-magnifique-et-moi-je-suis-le-meilleur ? Cette petite ridule sur son front qui lui donnait à la fois l'air sérieux et charismatique ? Ses cheveux bruns qui glissaient délicatement sur ses tempes ? Ses yeux bruns qui la suppliaientde le pardonner ?
Tu parles. Elle était sa cousine et n'était pas sensible à son charme soi-disant ravageur.
Dominique croisa les bras, signe qu'elle n'était pas prête à abdiquer.
- Depuis le début de l'année, tu te comportes en gamin pourri gâté ! D'abord cette histoire avec Lysenko …
- Nous y voilà, on en revient toujours à elle …
- … Et maintenant avec Isaac ! Tu m'emmerdes James, tu m'emmerdes vraiment ! Moi je ne suis pas Gemma, je ne courberai jamais l'échine devant toi. Je n'ai pas la prétention d'être toujours juste mais il me semble qu'accuser quelqu'un de quelque chose d'aussi grave sans aucune preuve est d'une stupidité absolue !
- Isaac ? s'exclama James, la bouche légèrement entrouverte.
Sous le coup de la colère, la jeune fille ne s'était même pas rendue compte de l'emploi familier du prénom du Serpentard. Néanmoins, peu encline à avoir honte sur ce point, elle tourna le dos à son cousin, songeant qu'il valait mieux qu'elle rejoigne le terrain de Quidditch avant de l'étrangler et lança :
- Sors un peu de ta bulle crétin.
Et toute à sa colère contre son cousin, la Poufsouffle ne se rendit pas plus compte qu'elle avait appelé la Serdaigle Gemma et non Lysenko.
oOoOoOoOoOo
- Qu'est-ce que c'est que cet attroupement ? marmonna Dewi, l'air fatigué, en se laissant tomber entre James et Wil, sur l'un des canapés de la salle commune.
Le premier, l'air passablement de mauvaise humeur, ne se donna même pas la peine de lui répondre, poussant un grognement vindicatif. Wil, quant à lui, paraissait perdu dans ses pensées et elle dut lui donner un coup de coude pour qu'il daigne reprendre ses esprits, ignorant James qui avait boudé toute la journée sans qu'on ne sache pourquoi.
- Tu devrais arrêter de trainer avec Flint, tu deviens idiot, marmonna d'ailleurs méchamment ce dernier en levant les yeux vers son meilleur ami.
- Je croyais que tu l'aimais bien ? s'étonna Dewi.
James se contenta de lever les yeux au ciel, ignorant le regard tout aussi noir de Wil qui avait finalement repris ses esprits. Boudeur, il enfouit sa tête entre ses mains, fixant d'un air hagard une table où rigolaient quelques filles de quatrième année.
- Ce sont juste les conseils d'orientation.
A juste titre, Wil venait de changer de sujet, songeant qu'il n'aurait pas le dessus en se disputant avec James maintenant. Immédiatement, Dewi oublia la mauvaise humeur de son meilleur ami et pâlit visiblement.
- Les … conseils d'orientation ?
- Oui, oui, toute la classe passe avec son directeur de Maison pour discuter de l'avenir … ces choses-là quoi, indiqua Wil.
- Mais … je ne sais absolument pas ce que je veux faire l'année prochaine ! s'exclama Dewi, totalement paniquée à présent. Je n'ai même pas eu le temps d'y penser avec tous ces devoirs et interrogations qu'ils nous collent sur le dos depuis quelques semaines.
- Bah, Londubat pourra peut-être t'aider, lança Wil, faussement compatissant.
Auror ? Médicomage ? Apothicaire ? Oh non, elle n'était pas assez douée ni ambitieuse pour se lancer dans de telles carrières qui demandaient beaucoup trop de travail et de temps à son goût. Bien, mais alors ? Un poste administratif au Ministère ou dans le privé ? Cela lui semblait peu passionnant. Néanmoins, avec son ascendant moldu, Dewi avait de la chance. Elle pouvait tout aussi bien travailler chez ces derniers que dans le monde magique. Le choix semblait plus large : hôtesse de l'air, maçon ou encore danseuse étoile ? N'importe quoi …
- Pour moi c'est facile, lança James en redressant doucement la tête. J'irai à Leeds. Les meilleurs joueurs de Quidditch y sont tous passés.
- Et moi, j'arrête les études. George Weasley a promis de me trouver un stage dans l'une de ses boutiques. Avec un peu de chance, il ne tardera pas à m'embaucher.
Le sorcier facétieux ne s'était pas arrêté à sa deuxième boutique de Pré-au-Lard. Non content de faire un carton auprès des jeunes, les boutiques de farces et attrapes se construisaient comme des châteaux de sable en Angleterre. Placées à des endroits stratégiques - dans des quartiers sorciers ou près d'universités -, elles faisaient toutes un tabac.
- On a combien de temps pour y réfléchir ? s'enquit Dewi, pas plus rassurée que ça d'être la seule de ses amis à n'avoir aucun projet pour l'année prochaine.
- Mercredi.
- Six jours ? Mais je ne peux pas tracer le reste de ma vie en six jours, c'est carrément impossible, je n'aurai jamais le temps de consulter toutes les brochures et de …
- Dewi ? soupira James. Cesse donc de t'agiter. De toute façon, ils vont passer toutes tes notes en revue et Neville te dira ce que tu peux faire. Ça restreindra déjà tes possibilités.
- Et sinon, George a sûrement plus d'un stage en réserve, proposa Wil.
- Même pas en rêve !
oOoOoOoOoOo
- Qu'est-ce que vous voulez faire vous ? s'enquit légèrement Isabelle Lowell avant de s'arrêter net.
La bouche ouverte, les yeux légèrement brillants, Camille Teyssier et Dominique Weasley avaient les yeux fixés sur la fenêtre de leur salle commune, donnant sur le parc où, bizarrement pour un mois de février, régnait une température presque printanière.
Lentement, elle passa sa main devant les yeux de Dominique, qui n'eut aucune réaction et réitéra l'expérience avec Camille qui ne bougea pas plus.
- Qu'est-ce qui se passe encore ? soupira-t-elle, ennuyée par le spectacle auquel s'adonnaient les deux théâtreuses.
Elle avait beau râler, la jeune fille préférait voir ces deux-là réconciliées plutôt que se faisant la gueule, créant une mauvaise ambiance dans leur dortoir.
- Anatole …, marmonna étrangement Dominique.
- Et bien quoi Anatole ?
- A-embrassé-Rose-Weasley, ajouta Camille à toute vitesse.
- Devant tout le monde. On est …
- … choquées.
- Par Merlin, mais qu'est-ce que j'ai fais au ciel pour devoir supporter deux andouilles comme vous chaque jour de l'année ? gémit Isabelle.
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- J'ai hâte de voir Potter essayer de te tomber dessus, ricana Thomas Ayling après avoir fait un tour devant le tableau d'affichage pour repérer son heure de passage pour les conseils d'orientation.
Non content d'avoir provoqué l'un des élèves les plus doués de son année en cours, James Potter ne cachait maintenant plus ses intentions aux autres Serpentard. Quelques minutes plus tôt encore, ce dernier l'avait apostrophé dans les couloirs - sûrement en sa qualité de meilleur ami de son adversaire - lui lançant d'une voix stupide - qu'il voulait sûrement assurée - qu'il allait faire du ragoût de Troll de Nott.
Cette annonce n'avait provoqué aucune réaction chez ce dernier qui attendait de voir si Potter aurait les couilles de se mesurer seul à lui. Néanmoins, quand il imaginait la tête qu'il ferait en prenant une déculottée - et il ne doutait pas de ça -, un léger sourire s'installait sur son visage . Non, il n'avait toujours pas décoléré après l'insulte que le Gryffondor avait faite à son père.
Si toute la famille Weasley s'y mettait …
- On ne retrouvera même pas son corps, approuva Heather, sa bouche s'étirant en un sourire carnassier.
- Dites, marmonna Harriet qui en avait marre d'entendre parler de cette histoire. Qu'est-ce que vous allez dire demain à Assem ?
- Moi je veux travailler dans le commerce, lança Ayling d'un ton assuré. Je paris que je pourrais vendre un balai à un manchot.
Heather esquissa un sourire moqueur mais ne releva pas la vanité de son camarade. Il n'avait pas tort après tout. Nott secoua la tête. Ce qu'il voulait faire n'était un secret pour personne.
Isaac Nott serait maitre des Potions ou ne serait pas. Point.
Harriet passa son tour elle haussa, semblant n'avoir aucune envie de révéler ses projets futurs pour l'instant.
- Et toi ? s'enquit-elle à l'intention de sa sœur.
- Aucune idée, grogna Heather en haussant les épaules. Mais j'ai plein de questions pour Assem. Du genre "Pourquoi met-on autant de temps à réagir à une agression ?", "Pourquoi une telle incompétence ?" et surtout "Qui est ce type trop malin pour tout un bataillon de professeurs ?"
Harriet soupira, semblant tout aussi lasse du sujet "agresseur" que du sujet "Potter". De toute façon, sa jumelle avait une certaine tendance à ressasser et elles avaient déjà eu cette discussion plusieurs fois. Elle aurait bien dû se douter que la rancunière Heather remettrait le sujet sur le tapis. En plus, à faire la maligne comme ça avec Assem, il était sûr et certain qu'elle allait récolter de nombreuses heures de retenue et faire pousser des hauts cris à leur mère.
- C'est vrai que l'inefficacité de leurs supposées actions me laisse pantois, ajouta Thomas Ayling, l'air plus sérieux que d'habitude.
- Si tu crois qu'Assem va répondre à tes questions, tu rêves, marmonna Nott en contemplant ses ongles d'un air passionné. Ils n'ont aucun intérêt à informer des gamins comme vous de l'avancée de l'enquête.
Harriet nota qu'il avait dit "vous" tout en s'excluant de cette immaturité qu'il exécrait.
- Parce que toi tu en sais plus peut-être ? rétorqua d'ailleurs Heather à qui l'insulte n'avait pas échappé.
- Non, admit-il d'un air pincé. Mais je suis d'accord avec McGonagall. Alerter les élèves reviendrait à mettre la puce à l'oreille du coupable.
- Sauf si ce n'est pas un élève, marmonna Ayling.
Tous les trois se tournèrent vers lui, interloqués. Nott fut le premier à réagir, poussant un sifflement aigu dans un signe d'expansion qui était inhabituel chez lui. Il frappa ensuite du poing sur la table, faisant se retourner quelques élèves qui le regardèrent bizarrement.
- Tu penses à un professeur ?
- J'y ai bien réfléchi …, commença-t-il et Heather ne put s'empêcher de glousser d'un air moqueur. Oh tais-toi.
Boudeur, il fit mine de se taire mais la jeune fille lui frappa l'épaule fraternellement pour s'excuser. Il fit semblant de réfléchir un moment mais son côté bavard reprit très vite le dessus.
- Ce type est trop bien organisé. A chaque fois qu'il agit, il semble avoir la chance de son côté. Par exemple, pourquoi ne s'est-il jamais retrouvé nez à nez avec un Préfet ou un Professeur en pleine ronde ? C'est … comme s'il connaissait parfaitement leurs horaires. En plus, je ne connais pas beaucoup d'élèves capables d'exécuter des sortilèges - ou des potions, oui, Nott - d'un niveau aussi élevé.
Même Heather médita silencieusement sur les suppositions d'Ayling. Nott fut le premier à reprendre la parole, l'intérêt qu'il avait eu pour les paroles du garçonsemblant avoir disparu soudainement. Il s'expliqua à voix basse, lentement, en pesant ses mots.
- Ce n'est pas idiot mais … il ne doit pas être bien difficile d'obtenir les lieux et horaires des patrouilles, non ? Toi qui a été Préfèt, tu le sais très bien. Il suffit que l'un d'entre eux laisse trainer le planning … ou en parle innocemment à quelqu'un …
- C'est vrai, admit Ayling même s'il semblait dubitatif.
- De même, je suis tout à fait capable de créer ce genre de Potions si je m'en donne la peine, continua-t-il. Je pense que Flint ou Lysenko aussi. J'ajouterai bien Weasley à la liste mais elle ne brille pas par son intelligence.
Il fit mine de ne pas remarquer le sourire moqueur d'Ayling et poursuivit :
- Si c'est un sortilège, alors Lysenko me parait être le suspect idéal. Même Potter ferait l'affaire ou toi, Harriet, tu es assez douée en cette matière.
- C'est peut-être vraiment Potter, supposa Heather d'un air rêveur.
- En parlant de Potter, murmura Harriet qui n'avait pas vraiment apprécié qu'on puisse la mettre sur la liste des suspects, ce n'est pas l'heure de ta retenue ?
Heather Moorehead poussa un juron horrifié en constatant qu'elle avait déjà deux minutes de retard. Non pas qu'elle soit pressée de retrouver son ennemi juré - à part pour finir ce qu'elle avait commencé quelques jours plus tôt - ni-même Assem, mais cette dernière était intransigeante sur les horaires et n'allait pas hésiter à la punir plus sévèrement encore pour ce manquement au règlement.
Elle attrapa son sac de cours qui trainait près de la table à la va-vite et se précipita en dehors des murs de pierre.
Quant aux autres, ils ne reparlèrent ni de Potter, ni de l'agresseur mais, intérieurement, chacun réfléchissait à la supposition d'Ayling, cherchant le fin mot d'une histoire qui les dépassait sûrement.
