Merci à chevalhistoire, LuuMineusement, Shiriliz, dobbymcl, m13a, maneeya, SmilingSparrow, Elia (Ne t'inquiète pas, Gemma reprendra du poil de la bête ! Merci pour ta review !), Lyra (Désolée pour tout ce temps perdu xD Quoique non, en fait je suis pas désolée vu tous les compliments que tu me fais !Ahaha, c'est la première fois qu'on me dit qu'on aime pas Dom mais je comprends tout à fait. Dans la vraie vie, je la supporterai pas non plus. Gemma/Isaac ? Roh, je sais pas trop quoi dire là ... donc je dis rien. A toi de voir :) Merci beaucoup pour ta review en tout cas!) , Jolierosedu68, fanfiction (Deux semaines après, on peut ! Profite bien de la dernière semaine des vacances pour deux, les prochaines ne sont pas avant le 30 décembre pour moi :D Merci pour ta review, à bientôt j'espère !) et Barbiemustdie !
Vous êtes de plus en plus nombreux alors merciiiiii :)
Bonne lecture !
"Si tu veux te faire un ami, commence par l'éprouver et ne te hâte pas de te confier à lui."
Bible, Ancien Testament
Gemma Lysenko et Dominique Weasley traversèrent de nombreux couloirs, descendirent plusieurs étages en courant, s'astreignant à un rythme éreintant même pour la Poufsouffle qui avait l'habitude avec ses entrainements de Quidditch. A aucun moment elles ne prononcèrent un mot et lorsque Gemma s'arrêta, en nage, son cœur menaçait d'exploser entre ses côtes.
La Serdaigle se laissa tomber sur le sol, sa poitrine se soulevant à un rythme régulier et rapide, tandis que Dominique, plus sage, effectuait quelques pas pour ne pas risquer la crise cardiaque.
Elles se regardèrent et ouvrirent la bouche avant de la refermer à toute vitesse. Au coin du couloir devant elles, un jais de lumière s'approchait d'elles. En vitesse, Dominique rejoignit Gemma, la poussa sans ménagement et elles se retrouvèrent derrière une tapisserie représentant une chasse aux Trolls par des Sorciers. Comme s'il était utile de lui préciser de se taire, la Serdaigle posa un doigt sur sa bouche, éteignant en même temps sa baguette.
Dominique lui lança un regard courroucé, elle n'était pas si idiote que ça, mais dans l'obscurité, la Serdaigle ne put pas le voir. A leur droite, la lumière se rapprochait de plus en plus et une silhouette sombre commençait à se dessiner. Bien qu'on ne puisse pas distinguer ses traits, l'individu était plutôt sec et portait le pantalon d'uniforme de Poudlard. Bien, déjà, elles pouvaient conclure qu'elles avaient affaire à une personne de sexe masculin.
Le garçon passa devant elles sans qu'elles ne puissent voir de qui il s'agissait car il gardait sa baguette bien droite devant lui, et ce ne fut que lorsqu'il fut de dos que les deux filles se penchèrent en avant, leur tête dépassant de la tapisserie.
- On dirait …, murmura Gemma.
- Isaac ! s'exclama Dominique sans plus se soucier de baisser la voix.
La Préfète-en-Chef la fusilla du regard pour son indiscrétion mais ne parvint pas à la retenir lorsqu'elle s'élança hors de la tapisserie. Bon gré, mal gré, elle fut bien obligée de la rejoindre avant qu'elle ne se fasse tordre le cou par ce Serpentard qui ne lui aspirait rien d'autre qu'une peur bleue. Bon, en vérité, sans connaitre ses véritables intentions, elle se souvenait qu'il lui avait déjà sauvé la mise une fois devant Potter, mais ses sentiments étaient sans doute décuplés par ce qu'il venait de se passer au septième étage.
Le Serpentard n'avait même pas sursauté en entendant la voix fluette de Dominique, enfin, du moins pas en apparence. Lentement, il se retourna, faisant face aux deux jeunes filles au visage échevelé et qui étaient toujours dégoulinantes de sueur après leur folle course.
Lui n'avait pas couru, ça c'était certain. Toujours aussi blanc de peau, ses yeux noirs s'étaient posés sur Dominique avec une indifférence certaine. Comme s'il n'était pas surpris de les voir là. Aussitôt, Gemma s'en méfia. Et pas seulement parce qu'il portait l'écusson des Serpentard.
- Qu'est-ce que tu fous là ? s'enquit la blonde, apparemment inconsciente du danger.
- Et vous ? demanda-t-il, ignorant la question de la Poufsouffle.
Son regard se posa sur Gemma et il tiqua enfin, semblant se demander à quoi était dû leur air défait.
En même temps, si les deux jeunes filles pouvaient se voir dans un miroir, elles auraient été surprises elles aussi. Totalement décoiffées, la sueur leur collait au visage, emmêlant leurs cheveux sur leur peau rougie. Et elles semblaient avoir croisé un fantôme, même si Dominique s'était un peu calmée à la vue du Serpentard. Il ne fallait pas être devin pour deviner qu'il s'était passé quelque chose.
- On … court, intervint Gemma alors que Dominique allait répondre.
Et, pour ce qu'elle en savait, elle était bien capable de lui dire la vérité. La Poufsouffle se tourna vers elle, interloquée, avant qu'un éclair de compréhension ne passe enfin sur son visage.
- Heu … ouais, on fait du sport, ajouta-t-elle néanmoins peu convaincante. Je veux … maigrir ?
La Préfète-en-Chef ne put s'empêcher de soupirer, agacée. C'était l'excuse la moins convaincante qu'elle n'ait jamais entendu et Nott semblait penser de même, détaillant Weasley avec circonspection, se demandant sans doute où elle devait perdre du poids.
- J'ai grossi des pieds, avoua Dominique en souriant, voulant rattraper sa bêtise.
Elle aurait mieux fait de se taire, songea Gemma.
Néanmoins, Nott se fichait sûrement de ce qu'elles faisaient réellement dans les couloirs en pleine nuit et, étant donné qu'il n'avait pas du tout le droit de se trouver là non plus, n'allait certainement pas les dénoncer.
- Je vous ramène dans vos dortoir, conclut-il d'une voix sans intonation.
Le lendemain matin
Dominique Weasley avait très bien dormi. Elle n'avait pas perdu de temps en considération et avait sombré dans un sommeil sans rêve deux minutes après avoir posé sa tête sur son oreiller. Néanmoins, sans qu'elle ne s'en rende compte, vers trois heures du matin, son cerveau avait commencé à s'interroger sur le sens de ce qu'elles avaient surpris avec Lysenko. Elle avait rêvé de couloir sombre sans fin, de son cousin James lui lançant une Bombabouse et d'Isabel lui parlant en Russe.
Lorsqu'elle s'était réveillée, en nage, son premier réflexe avait été de se glisser dans le lit de Camille ou Molly, avant de se souvenir qu'elle en voulait toujours à ses deux amies de s'être disputées la veille.
Quand elle s'était glissée sous la douche, sentant avec délectation l'eau tiède lui couler sur la nuque, elle n'était certaine que d'une chose : les voix qu'elles avaient entendues parlaient Slave. C'était peut-être du Russe ou de l'Ukrainien, elle n'en savait rien, mais elles avaient le même accent et les mêmes intonations que lorsqu' Arthur s'était mis en tête d'apprendre le Russe avec l'aide d'Isabel en troisième année. Il avait bien vite abandonné mais tous les Poufsouffle avaient eu le temps de s'extasier sur l'aisance naturelle d'Isabel en ce domaine.
Gemma Lysenko n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Tournant et s'agitant sans cesse dans son lit, elle n'avait pas arrêté de penser à ce qu'il s'était passé au septième étage, près de la salle de Divination, sans arriver à un résultat concluant. Il pouvait y avoir des dizaines d'explications plausibles.
Lorsqu'elle décida finalement de se glisser sous la douche, il était sept heures et elle ne s'était assoupie qu'une heure ou deux. La seule chose dont elle était sûre, c'était qu'il fallait qu'elle parle à Dominique qui avait affirmé reconnaitre l'odeur présente. Enfin, elle avait dit ne pas être sûre, mais, au moins, cela ferait disparaitre certaines de ses appréhensions. La pire d'entre elle étant que c'était l'agresseur qui se trouvait derrière cette porte.
En retournant dans son dortoir - vide - la jeune Serdaigle attrapa à la va-vite son sac de cours, jeta quelques manuels et parchemins à l'intérieur et descendit les escaliers quatre à quatre pour rejoindre la Grande Salle. La chance devait être de son côté car Weasley était en train de s'engouffrer à l'intérieur. Elle accéléra le pas et parvint à rattraper la Poufsouffle, la retenant par le bras.
- J'arrive, lança-t-elle à une grande blonde, Isabel Lowell, qui semblait l'attendre.
La Batteuse de l'équipe des Poufsouffle hocha la tête et salua poliment Lysenko avant de rejoindre la table de sa maison. Gemma se souvint qu'elle l'avait déjà croisée alors qu'elle était dans la volière avec Nella et qu'elles avaient eu une conversation presque normale, grâce à Ayling notamment, ce qui l'avait fortement étonnée à l'époque car elle ne pouvait pas souffrir Weasley.
Non pas qu'elles s'entendaient mieux maintenant en fait.
- Il faut qu'on retourne là-haut, chuchota Gemma en plantant ses yeux verts sur le visage de Dominique qui, étrangement, semblait bien plus en forme que la veille.
- Sûrement pas ! lança cette dernière en prenant un air effrayé.
- Écoute, j'ai bien réfléchi ! Et si un autre élève s'était fait agressé là-haut ? Et si personne ne le trouvait avant des lustres ? Comment crois-tu qu'on se sentirait avec un mort sur la conscience ?
Dominique allait répliquer mais se fit soudainement bousculer par un couple, grognant pour la forme, après tout, elle était dans le passage. La jeune fille reporta son attention sur Gemma qui, elle, regardait à présent la table des Gryffondor, un air indéfinissable sur le visage. La petite blonde se demanda si elle avait vu un fantôme et comprit finalement qu'il devait se passer quelque chose par là-bas. Elle se retourna.
Flint et Wil Jordan, le grand ami de son cousin, main dans la main.
Goguenarde, elle allait envoyer une pique à la Serdaigle mais se tut au dernier moment en remarquant son air perdu. Pire, elle semblait au bord des larmes et Dominique eut une vision de Lysenko pleurant sur son épaule. Hors de question.
- Vous ne vous êtes pas réconciliées ? s'enquit-elle, prenant un air de compassion de circonstance.
- Non, répondit tout de même Lysenko, alors que c'était une évidence.
- Écoute, on ira voir ce soir, après le cours de Duels, de toute façon, on n'a pas un seul moment de pause dans la journée.
Elle ne rajouta pas qu'elle n'avait aucune envie de sauter le petit déjeuner mais, de toute façon, Lysenko ne semblait pas s'en soucier. Elle regardait à présent Abel Johnson qui venait de passer devant elle en compagnie de Savannah Harper et Louis Weasley, leur parlant d'une voix forte et accompagnant ses mots de grands gestes. Son timide de frère avait l'air plutôt mal à l'aise et devait se contenir pour ne pas s'enfuir en courant et même l'exubérante Harper, sa petite-amie, n'avait pas l'air d'écouter la conversation du bellâtre.
- D'accord, approuva Gemma sans la contredire.
La Serdaigle ne la salua même pas avant de rattraper Johnson et les deux autres Serdaigle de son année en quelques enjambées.
De là où elle était, Dominique ne put manquer l'expression étonnée, presque blasée, de ce dernier, lorsqu'il remarqua la présence de sa petite-amie. Et elle ne fut pas surprise que Lysenko ne s'en rende pas compte, avec ses œillères autour des yeux.
- Je vois que la bonne humeur est générale ce matin, grogna Anatole Bensberg lorsqu'elle se glissa sans un mot à ses côtés.
La jeune Poufsouffle releva la tête et s'aperçut que la dispute de Molly et Camille, la veille, semblait avoir affecté tout le monde. La première, de l'autre côté d'Anatole, mangeait silencieusement, tandis que la seconde, à l'autre bout du groupe, parlait à voix basse à Arthur, le visage assez pâle. Au milieu, Isabel lisait silencieusement, jetant de tant à autres des petits coups d'œil à sa cousine. Même Joana avait le visage fermé et mélangeait méthodiquement son bol de lait et ses céréales sans pour autant y toucher.
Elle-même, alors qu'elle aurait pu tenter de détendre l'atmosphère, n'avait guère envie de parler, préoccupée par leur future escapade nocturne au septième étage. Elle n'avait même pas eu le temps de faire part de ses doutes à Lysenko et n'aurait pas l'occasion de la recroiser avant le cours de duels du soir.
- J'ai réussi à décrocher un stage chez Clothes & Spencer, lança Molly, apparemment à l'intention de Joana qui leva son nez de son bol de céréales, soudainement de bien meilleure humeur.
- Clothes … & Spencer ? s'exclama-t-elle. LE super magasin de couturier du chemin de traverse ?
- Oui ! Mon père a quelques contacts avec leur directrice alors …
- Mais c'est merveilleux, gloussa Joana en tapant des mains.
Dominique bailla mais personne ne le remarqua. Par contre, tous entendirent le rictus ironique d'Arthur et toutes les têtes se tournèrent vers lui.
- Quoi ? s'enquit Molly, sur la défensive.
Étonnement, c'était Camille - qui n'avait pourtant rien dit- qu'elle fixait de ses yeux bleus furibond. La brune tourna la tête, signifiant ainsi qu'elle refusait d'être tenue pour responsable de ce qui se passait. Au fond d'elle, Dominique comprit que, quoiqu'il se passe, ce serait quand même le cas. Molly avait beau dire ce qu'elle voulait, c'était une évidence qu'elle tenait toujours à ce grand dadais à lunettes et n'arrivait que très peu à lui en vouloir. Comme si elle souhaitait qu'il se rende compte qu'il était mieux avec elle qu'avec Camille, ce qui était totalement stupide selon Dominique.
- Rien, signifia-t-il en secouant la tête.
- Est-ce que tu te moques de moi ?
- Pas le moins du monde seulement … ce n'est pas très sérieux comme milieu.
- Comment ça ? s'enquit la rouquine en fronçant les sourcils.
Après les conseils d'orientation, il n'y avait eu qu'une seule surprise. Joana voulait travailler dans le journalisme et avait habilement convaincu Scott qu'elle ne pourrait jamais rien faire d'autre vu ses résultats, Anatole comptait reprendre le restaurant de ses parents, Camille entrer dans la Brigade Magique, Dominique avait bien failli étrangler son directeur de maison, apparemment convaincu qu'elle n'arriverait pas à avoir les notes nécessaires pour faire une école de Potioniste, Isabel voulait étudier les Runes Anciennes et Arthur travailler dans la politique. Quand à Molly, elle avait laissé tomber ses rêves d'Auror... pour se tourner vers le mannequinat. Elle n'avait rien dit à personne avant de sortir de son entretien et aucun des Poufsouffle n'avait fait de commentaire, trop sonnés.
Molly était certes jolie mais elle était avant tout intelligente et capable. Elle avait de bonnes notes partout, en travaillant dur, et même des moyennes de O dans certaines matières. Elle pouvait prétendre - au même titre qu'une Lysenko ou un Nott - à beaucoup de choses. Et voilà qu'elle laissait tomber tout ceci pour un métier beaucoup moins glorieux. Enfin, ça, c'était ce que pensait la plupart des Poufsouffle. Joana l'avait applaudie et, au final, Dominique s'en fichait.
Tout le monde suivait l'échange des deux ex, tournant la tête de droite à gauche pour suivre le fil de discussion. Seule Camille semblait mettre un point d'honneur à ne regarder ni l'un ni l'autre, contemplant gauchement son verre de jus d'orange.
- C'est... superficiel, expliqua-t-il en remontant ses lunettes sur son nez.
- Quoi ? Est-ce que je te parle de ton stupide poste au Ministère moi ? Je fais ce que je veux. Et je réussirai. Oh oui je réussirai, juste pour te prouver que je vaux bien mieux que ta greluche. Maintenant, tu m'excuseras, mais j'ai autre chose à faire que de discuter avec un idiot comme toi.
Relevant le nez, sortant la poitrine, Molly sortit de la Grande Salle la tête haute, sans se retourner.
Même si l'altercation avec jeté un froid, Dominique se sentit fière de sa cousine pour avoir osé tenir tête à Arthur. Même si elle n'y croyait pas vraiment, peut-être que cette dernière commençait à faire le deuil de son petit-ami et à ouvrir les yeux.
- C'était méchant ! s'exclama Joana, les joues rouges. Méchant et inutile !
- C'est la vérité, s'exclama Arthur. Je pense qu'elle est capable de bien mieux que de se mettre nue devant un objectif.
- Stéréotypes, rétorqua-t-elle. Molly ne se mettra nue devant personne. Et, quand bien même, ce ne sont pas tes oignons.
- Tu n'as vraiment rien à dire après ce qu'il s'est passé, ajouta Dominique.
- Et ça recommence, soupira Anatole Bensberg, l'air soudainement las.
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Le soir même, cours de Duels
Dominique, ravie, regarda son Patronus se glisser entre les jambes des élèves qui l'entouraient. Elle était censée s'entrainer à une liste de sortilèges à présent qu'elle maitrisait celui-ci totalement, mais cela ne lui disait rien. Ce sortilège, si difficile à produire, était sa fierté. Et rien ne pourrait changer cela, même pas certains élèves qui la taquinaient sur sa forme de serpent.
A présent, tout le monde arrivait à produire régulièrement un Patronus. Tout le monde ?
Non, deux irréductibles élèves résistaient encore et toujours à l'apprentissage de ce sortilège.
Le premier était James Potter et plus les cours passaient, plus il était évident que ce dernier commençait à perdre patience surtout qu'il était assez performant en Sortilèges d'habitude. En plus, son cousin n'aimait pas être le dernier en quoi que ce soit. Mais Dominique n'arrivait pas à le plaindre malgré l'application qu'il mettait à réussir.
Paradoxalement, le deuxième élève ne semblait pas y mettre tout son cœur. Ou plutôt, dès qu'une forme semblait se dessiner au bout de la baguette d'Isaac Nott, ce dernier loupait toujours le sortilège suivant. La jeune fille se demandait toujours s'il s'était moqué d'elle en affirmant qu'il maitrisait depuis longtemps le Patronus et quel était le but de cette manœuvre.
Près de ces deux élèves, le professeur Wiertz était l'attraction du jour. En effet, l'Allemand avait un sérieux bandage autour de la tête, légèrement rougi au niveau de l'oreille droite. Avec Lysenko, elles avaient spéculé quelques minutes sur la cause de cette blessure. Alors que Dominique affirmait que c'était un Inferi qui lui avait fait cela et qu'il ne tarderait pas à devenir un mort-vivant lui aussi, Gemma, plus terre à terre, avançait qu'il s'agissait de l'une de ses missions d'Auror qui avait mal tourné.
Elles s'étaient chamaillées gentiment quelques minutes - sans se disputer et c'était un miracle - avant que la Serdaigle, agacée par le manque d'effort évident de Dominique sur l'apprentissage des nouveaux sortilèges, reproduise successivement plusieurs sortilèges d'explosion. Ils semblaient parfaits à Dominique, néanmoins elle ne paraissait toujours pas satisfaite. Merlin, qu'elle était épuisante par moment !
- Toujours d'accord pour ce soir ? chuchota Lysenko en prenant garde à ce que que personne ne les entende.
Apparemment, elle faisait une pause avant de passer au sortilège suivant, censé agrandir une partie du corps de l'adversaire et pour lequel elle avait besoin d'un partenaire. Elle et Flint ne se parlant toujours pas et Anatole faisant momentanément équipe avec Ayling le Serpentard, Dominique semblait être la candidate désignée.
- Ouais, grogna Dominique qui n'avait pas envie de penser à cette fameuse salle du septième étage maintenant.
Il serait toujours temps d'y réfléchir tout à l'heure lorsque l'agresseur, qui se trouvait sûrement derrière cette porte, tenterait de les tuer pour avoir tenté de le surprendre en flagrant délit.
- Bon, on s'y met ! Tu préfères que je te fasse gonfler quoi ?
La jeune Weasley tourna la tête vers la Serdaigle, prête à lui répliquer d'aller se faire voir. Au dernier moment, néanmoins, une idée germa dans son esprit.
- Tout !
- Comment ça, tout ?
- Les fesses, les seins, le ventre... tout quoi !
- Je suis pas Plastomage, rétorqua Gemma en commençant à comprendre où elle voulait en venir. Et je ne maitrise pas suffisamment ce sortilège pour faire ça.
- Tu veux me lancer un sort que tu ne connais pas ? Hors de question, répliqua l'affreuse.
Et, avec un sourire suffisant, la jeune Poufsouffle fit réapparaitre son Patronus, le regardant avec admiration glisser entre les jambes des autres élèves, jusqu'à ce que Gemma comprenne qu'elle s'était faite avoir.
oOooOoOoOoOo
- Concentrez-vous Potter. Tout est une question de concentration.
S'il n'avait craint de se faire assassiner illico-presto par Assem, qui regardait la scène un peu plus loin, James Potter aurait bien envoyé se faire voir l'Auror Wiertz qui l'agaçait, en plus de le déconcentrer, avec ses recommandations à deux noises.
En plus, toute l'attention était concentrée sur lui, à présent qu'il faisait parti des rares élèves n'arrivant pas à faire apparaitre un Patronus.
Est-ce qu'il se concentrait ? Bien sûr. Et puis la lassitude et la fatigue reprenaient le dessus et l'épaisse fumée qui sortait de sa baguette se dissipait rapidement. En plus, cela ne l'aidait pas d'avoir Nott dans les pattes, le Serpentard tournant en rond près de lui, jetant de tant à autres le sortilège avec une désinvolture énervante.
Comme s'il était bien trop précieux pour un tel sortilège.
Le Serpentard s'appliquait à ne pas le regarder, ce qui l'énervait encore plus. A tous les coups, il essayait de se faire oublier après leur dernière altercation. James n'avait pas oublié qu'il lui avait promis un Duel, seul à seul, quelques semaines plus tôt.
Le jeune homme cessa de penser à sa première victoire au Quidditch - souvenir le plus fort à son sens - et reporta son regard sur Wiertz. L'Auror le regardait avec une bienveillance non feinte, remontant ses lunettes en cul de bouteille qui avaient glissées sur son nez.
James baissa un peu la tête, un peu honteux de faire partie des derniers alors que, d'habitude, il se débrouillait pas mal en Sortilèges et finit par conclure qu'il avait fourni assez d'efforts pour aujourd'hui. Il adressa un sourire enjôleur à Assem qui paraissait septique quant à son inaction depuis quelques minutes et finit par se rapprocher de Wiertz.
Depuis le début du cours, ce dernier était l'objet de nombreux murmures et regards à cause de son gros bandages autour de la tête. Quelques tâches rouges s'en dégageaient, augmentant le niveau de curiosité de chacun.
- Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? s'enquit-il, sans se rendre compte que cela pouvait passer pour de l'impolitesse.
L'Auror, qui, dans sa grande naïveté, supposait sans doute que le Préfèt-en-Chef voulait se faire prodiguer d'autres conseils pour réussir son Patronus, parut légèrement surpris un instant. Puis, ses yeux se soulevèrent légèrement et il parut se rendre soudainement compte de la présence du bandage sur sa tête.
Sans que James en soit réellement sûr, il parut hésiter un instant et ses yeux se tournèrent vers le professeur Assem qui n'avait pas cessé de les regarder durant leur court échange.
Puis il reprit d'une voix étonnement assurée :
- Et bien, vous savez que j'exerce toujours le métier d'Auror en dehors des cours que je donne à Poudlard. Ceci, reprit-il en désignant son bandage, fait partie des risques encourus.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Même l'effronté jeune homme sut à l'instant où elle sortit de sa bouche qu'il n'aurait pas de réponse à sa question. L'Auror secoua fermement la tête, signe que la conversation était close.
- Je crains que vous n'arriviez à rien avec votre Patronus ce soir. Rejoignez vos camarades et entrainez-vous aux sortilèges Potter.
Le Gryffondor, faisant bon gré mal gré, hocha doucement la tête avant de faire demi-tour. Au moins, il avait obtenu l'autorisation d'arrêter de s'entrainer au Patronus pour ce soir, contrairement à cet idiot de Nott qui essayait toujours, lui, et à qui il lança un regard narquois avant de rejoindre Wil et Flint.
- Alors ? s'enquit son meilleur ami qui n'avait pas perdu un mot de l'échange entre le jeune homme et le professeur sans pour autant arriver à saisir la moindre parole.
- Alors ? Ça pourrait bien être cette vieille bique d'Assem qui l'a défiguré qu'il ne le dirait pas, ironisa Potter en se tournant vers leur professeur de Potions.
oOoOoOoOoOoOo
- Ce n'est pas une bonne idée, répéta Dominique Weasley, pour la sixième fois au moins depuis qu'elles avaient quitté le cours de Duels.
Gemma ne prêta même pas attention à cet énième reproche de la part de sa camarade. Baguette en avant, ses yeux vifs parcouraient les alentours avec une grande concentration. Sans qu'elle ne puisse la voir, la Poufsouffle leva les yeux au ciel en continuant néanmoins à la suivre docilement.
Elles finirent par retrouver le couloir avec les deux portes, au plus grand damne de Dominique qui imaginait pouvoir éviter cette épreuve. Là, Gemma se fit encore plus prudente, et n'avança plus qu'à pas modérés, pour ne pas donner l'alerte, imagina Dominique.
- On peut encore faire demi-tour, proposa cette dernière.
- Chut ! Tu vas nous faire repérer, espèce de froussarde.
Froussarde ? Elle ? N'importe quoi.
Elle était juste prudente, c'est tout. Après ce qu'il s'était passé la veille au soir, quoi de plus normal ? Elle avait bon dos Lysenko mais elle ne faisait pas la maligne non plus et elle devait avoir eu la peur de sa vie lorsque l'éclair vert avait surgi sous la porte. D'ailleurs, Dominique en savait assez sur les éclairs verts pour ne pas avoir envie de s'en prendre un, même dans les pieds. Il n'y avait qu'à voir ses antécédents familiaux.
Gemma passa la première porte, celle qui contenait le nécessaire à nettoyage, sans s'en préoccuper et finit par se retrouver derrière la deuxième. Il n'y avait aucun bruit à l'intérieur et, étrangement, elles ne sentaient aucune odeur étrange.
- On ne sent rien, chuchota la Serdaigle, comme s'il était utile de le préciser.
Et ce n'était pas pour cela que cela rassurait la jeune Weasley. Il existait tellement de sortilèges de dissimulation et, même si elle n'était pas très assidue en cours, elle se doutait qu'on pouvait aisément enlever une odeur, même très persistante.
Gemma approcha sa main de la poignée de la porte.
- Non, attends ! s'exclama Dominique.
La Serdaigle sursauta avant de la fusiller du regard. Elle sembla même hésiter à la frapper pour avoir osé parler aussi fort mais elle dut sentir qu'elle n'aurait pas l'avantage : Dominique avait beau être fluette et petite, elle avait de la force dans les bras, notamment grâce au Quidditch.
- Quoi ? chuchota-t-elle, la main suspendue au dessus de la poignée.
- Ils pourraient être là-dedans.
Elle avait dit "ils" au hasard, peut-être pour faire peur à Gemma mais, au fond d'elle-même, la jeune Weasley n'espérait qu'une chose, que la porte soit verrouillée et qu'elles fassent demi-tour. Ce couloir sombre et cette étrange salle ne lui disaient rien qui vaille. Vraiment.
- On n'entend rien, objecta Gemma.
- C'est pas une raison. Ils peuvent être là quand même.
- Tu m'énerves !
Et Gemma appuya sur la poignée. Lentement, trop au goût de Dominique qui sentit une large goutte de sueur se loger sur sa tempe et fit même un pas en arrière lorsque la Serdaigle s'arrêta.
Et, à leur plus grande stupeur, la porte s'ouvrit. Elle n'était même pas verrouillée.
Gemma la première reprit ses esprits et avança d'un pas, tout en gardant sa baguette devant elle. Dominique, plus prudente, la laissa entrer dans la salle.
- Quoi, c'est tout ? s'exclama soudainement la Serdaigle.
Etonnée par ce changement de ton - après tout, c'était elle qui avait insisté pour qu'elle se taise -, Dominique s'avança à son tour tandis que Gemma était en train d'allumer les plafonniers grâce à de petites boules de lumière qui s'y logèrent d'elles même.
Tout comme la Serdaigle quelques secondes plus tôt, elle découvrit... absolument rien. Cette salle de cours était semblable à celles qu'elles occupaient en Sortilèges ou Défense Contre les Forces du Mal, quoiqu'un peu plus sale. Les pupitres étaient dégagés et exempts de poussière. Seuls les livres sur l'étagère derrière l'estrade du professeur indiquait que le ménage était fait de manière superficiel. Car il était fait, c'était certain.
Néanmoins, rien ne prouvait que quelqu'un s'était retrouvé là la veille encore ou qu'on y fabriquait quelque chose impliquant une odeur désagréable. D'ailleurs, la pièce était plutôt petite, faite pour des travaux en petits groupes et il n'y avait guère de place dans les allées. Et il eut été étonnant que quelqu'un se soit amusé à déplacer les pupitres, quoiqu'on ne puisse écarter cette éventualité pour le moment.
Soulagée, Dominique sentit un poids glisser de son estomac. Elles s'étaient sûrement trompées et avaient été victimes d'une hallucination collective la veille. Peut-être même était-ce encore une blague de James qui avait oublié sa demande expresse de laisser Lysenko tranquille et avait voulu s'amuser un peu.
Gemma, elle, paraissait plus déçue que soulagée. A croire qu'elle s'attendait à tomber sur le taré et se voyait déjà ramener l'individu saucissonné au professeur McGonagall.
- Ce n'est pas possible ! s'exclama à nouveau la Serdaigle. On a dû se tromper de salle.
- Non, opposa Dominique. C'était bien celle-là.
- Alors, quelqu'un a tout remis en ordre avant que nous arrivions, affirma-t-elle.
- P'tet, soupira Dominique, soudainement lasse. Et si on retournait dormir maintenant ?
Le trajet du retour fut rapide et assez agaçant pour la jeune Poufsouffle qui écoutait silencieusement les élucubrations de Lysenko qui cherchait encore une réponse à ce nouveau mystère. Elle fut satisfaite lorsqu'elles se séparèrent devant le grand escalier, chacune retournant à son dortoir respectif.
Au moins, songea-t-elle en posant la tête sur l'oreiller avec satisfaction dans son dortoir silencieux, elle avait évité la perspective d'une longue et délicate soirée en compagnie de ses amis semblable au déjeuner d'aujourd'hui.
