Merci à ChevalHistoire, Shiriliz, m13a, SmilingSparrow, dobbymcl, elia (Et oui, James a beaucoup de défaut mais, au final, il se fiche un peu de ce qu'on dit de lui ... Quant à Gemma, elle grandit mais va falloir encore du temps pour qu'elle ouvre les yeux ... un bon électrochoc quoi. Merci pour ta review, à bientôt :) ), pepoune (L'imagination de Dom est sans limite, ahah ! (Bon, d'accord, surtout la mienne) Moi sadique ? T'as pas encore tout vu ! Merci pour ta review, à bientôt !), jolierosedu68, FanDeFiction (C'est vrai qu'il est plus drôle mais ce n'est qu'un moment de répit avant la suite ... je peux pas toujours maltraiter mes persos, les pauvres, ils vont finir dépressifs après. , marushka G et Barbiemustdie
Je suiiiis en retard ! Y'avait la Fête des Lumières à Lyon (Si y'a des Lyonnais dans le coin ...) et tout et pendant quatre jours, j'ai été pas mal occupée ... Mais du coup, le prochain arrivera plus vite, faut voir le côté positif des choses.
Merci à Barbie-super-bêta, et bonne lecture !
c'est l'histoire assassine qui rougit sous nos pas
c'est la voix de Staline, c'est le rire de Béria
c'est la rime racoleuse d'Aragon et d'Elsa
c'est le cri des enfants morts à Karaganda
Karaganda (camp 99) HF Thiéfaine
(J'assume la propagande, hésitez pas à aller écouter, ce type est magique)
Deux jours plus tard, Dominique Weasley fut ravie d'être parvenue à convaincre Gemma Lysenko qu'il était inutile qu'elles se rendent au septième étage ce soir-là. En vérité, en plus d'être convaincue de perdre encore du temps, la jeune fille était épuisée. Cela faisait plusieurs jours qu'elle veillait jusqu'à point d'heure pour faire plaisir à la jeune fille, sans aucun retour.
Elle avait failli s'endormir en cours de Potions et n'avait dû son salut qu'à un coup de coude douloureux d'Isaac qui l'avait regardée bizarrement et ne s'était pas gêné pour lui faire remarquer qu'elle était totalement inutile aujourd'hui. Avant cet incident, elle avait presque failli tourner la potion dans le mauvais sens et ficher en l'air deux heures de travail.
Au final, lorsqu'ils rendirent une fiole violette, au liquide presque transparent et sans défaut au professeur Assem, ils n'avaient pas de bile à se faire et allaient sans doute récolter un énième O d'après son regard satisfait. Depuis qu'ils parvenaient à travailler ensemble, ils étaient devenus le binôme le plus habile à cet exercice et enchainaient les éloges.
- Attends, lança Dominique au Serpentard alors qu'il s'apprêtait à rejoindre les jumelles Moorehead. Viens.
Isaac hésita imperceptiblement avant de faire un signe de tête aux deux Serpentard si semblables et suivit docilement - en apparence du moins - la jeune fille dans le couloir tandis que les autres élèves s'éloignaient par petits groupes. Dominique se retint de bailler tout en adressant un signe de main et un pouce baissé à Lysenko, signe qu'il était hors de question qu'elle aille autre part que dans son lit après le dîner, et se retourna vers le Serpentard qui avait pris appui contre le mur.
Plus loin, les jumelles n'avaient pas bougé et discutaient tranquillement avec Thomas Ayling, ce qui n'empêchait pas l'une d'elle de jeter des regards frénétiques vers les deux adolescents.
- Qu'est-ce que tu faisais dans les couloirs l'autre soir ? attaqua-t-elle sans préambule.
- Et en quoi ça te regarde ? susurra-t-il sans pour autant lui retourner la question.
Dominique haussa les épaules. Même si elle en était convaincue, elle voulait s'assurer qu'il n'avait rien à voir avec l'apprenti potioniste du septième étage, ne serait-ce que pour le prouver à Lysenko qui se méfiait toujours de lui. Cela, elle ne pouvait bien entendu pas le dire au Serpentard qui allait se braquer totalement s'il apprenait qu'elle était la nature de ces doutes.
- Aller.
- Non.
- Si.
- Non.
- On est amis.
Au sourire narquois qui s'afficha sur le visage du Serpentard, elle sut qu'elle venait encore de lui donner les armes pour tenter de lui faire mal. Cela ne loupa pas car il se pencha légèrement vers elle, de manière à ce qu'elle soit la seule à l'entendre.
- Pas du tout.
- Et qu'est-ce qu'on est alors ?
- Et bien, je te croyais moins stupide mais s'il faut te l'expliquer mot pour mot… Toi et moi, on n'est rien.
La jeune Weasley tenta de ne rien montrer du coup de massue qu'elle avait l'impression d'avoir reçu dans l'estomac et redressa le menton, l'air fier.
- Moi, je refuse qu'on soit rien.
- Et bien, tu devras te contenter de ça.
Puis, il se redressa doucement, son regard se tournant vers les sœurs Moorehead et Ayling. Sans plus d'explications, il la laissa plantée là, rageuse, et tourna les talons pour rejoindre ses amis. La jeune Poufsouffle préféra ne pas se ridiculiser plus et marcha silencieusement jusqu'au hall, se rendant compte avec surprise que Lysenko l'attendait près des sabliers.
Preuve qu'elle avait eu raison, la Serdaigle se dirigea vers elle dès qu'elle l'aperçut avec un fin sourire qui n'augurait rien de bon. Après cette énième tentative de Nott pour lui faire croire qu'elle ne comptait plus pour lui, Dominique n'était pas d'humeur à subir le caractère parfois despotique de Gemma Lysenko.
- T'as réussi à lui faire cracher le morceau ? s'enquit la Préfète-en-chef.
- Non ! Pour la bonne raison qu'il n'a rien à avouer parce qu'il n'a rien à voir avec ça, s'énerva immédiatement la jeune fille en secouant ses longs cheveux blonds.
Ses paupières se plissèrent et elle défia son opposante de prétendre le contraire. Gemma dut sentir que quelque chose ne tournait pas rond car elle n'insista pas et son ton était plus doux quand elle reprit la parole.
- On monte ?
- Non, non, non, s'indigna Dominique. J'ai des devoirs moi !
- Moi aussi, répliqua la studieuse Préfète-en-Chef. Et peu importe.
Gemma pensait ses mots sans pour autant pouvoir s'empêcher de se sentir coupable face à la montagne de travail qui l'attendait. Devant elle, Dominique se sentit fléchir tout en cherchant un moyen de ne pas perdre la face. Au final, elle n'eut pas vraiment le choix car la Serdaigle glissa son bras sous le sien, la trainant quasiment jusqu'aux escaliers.
Elles croisèrent un groupe de Gryffondor dont faisait partie James Potter et la jeune Poufsouffle redouta une énième confrontation entre les deux ennemis. A sa plus grande surprise, son cousin se contenta de fusiller la Serdaigle du regard et cette dernière en fit de même.
Une minute.
Gemma avait regardé Potter dans les yeux.
Gemma n'avait pas baissé la tête, fondu en larmes et ne s'était pas enfuie en courant.
Perplexe, Dominique regarda s'éloigner les Gryffondor alors que l'escalier se mouvait de plus en plus haut. Elle les suivit jusqu'à ce qu'ils rentrent dans la Grande Salle avant de se tourner vers Gemma qui souriait distraitement, l'air ravie.
- Je dois m'inquiéter ? Sauter dans le vide ? s'enquit-elle en regardant par-dessus la rambarde de l'escalier qui s'élevait de plus en plus haut.
- Arrête ton cinéma, marmonna Gemma.
La jeune fille hésita à ajouter qu'il lui avait fallu tout le courage possible pour affronter le regard si froid de James Potter mais préféra garder cela pour elle. Weasley avait raison, c'était déjà une grande avancée. Inutile de lui confier ses doutes et interrogations quant à sa capacité à résister à sa peur sur le long terme. Le Gryffondor était tout à fait capable de la briser un peu plus mais elle n'avait plus à lui donner les armes pour ça.
- Tu sais quoi ? s'enquit-elle en sortant de sa rêverie. Ma technique, c'est de t'imaginer à sa place.
Le visage de la jeune Poufsouffle se tordit, visiblement elle hésitait entre rire et s'énerver. Finalement, elle choisit la neutralité et acquiesça.
De toute façon, l'escalier avait enfin atteint le septième étage après plusieurs arrêts pour permettre à d'autres élèves de rejoindre leur destination. Déjà, les deux filles se dirigeaient vers l'aile ouest, qu'elles atteignirent en quelques secondes.
- Attends, je vais faire pipi.
Désignant une porte où était indiquées les toilettes des filles, Dominique s'engouffra à l'intérieur sans attendre une réponse et Gemma la suivit à contrecœur, peu désireuse de perdre du temps, surtout lorsqu'elle songeait à ses devoirs en retard. Elle s'appuya contre le robinet, en profitant pour se laver machinalement les mains tout en se détaillant dans le miroir.
"C'est de l'éclabouille que tu as sur le visage ?"
Non ! Plissant les paupières, la jeune fille occulta volontairement son visage constellé de tâches de rousseurs. Néanmoins, elle ne tint pas longtemps et ses yeux reprirent leur position initiale, détaillant sans vergogne son nez trop plat et trop large, sa bouche démesurée par rapport au reste de sa figure et ses joues rondes.
Potter avait raison, elle était laide. Et grosse par-dessus le marché.
Ma jolie, jolie Gemma …
Le souvenir de sa mère la déstabilisa encore plus. Qu'est-ce que la charismatique Stella Lysenko avait pu trouver de beau en elle ? Elles n'avaient rien en commun et sa mère était si jolie. Rien en commun, à part ces yeux verts, de la même couleur qu'une pomme très claire.
La pensée d'Abel Johnson qui avait aussi les yeux verts, mais plus foncés, comme de la mousse, s'inséra en elle inopportunément et elle sourit en songeant que son petit-ami lui avait promis une balade dans le parc en fin d'après-midi.
- Qu'est-ce que tu fous ? Tu t'entraines pour Miss Sorcière ? s'enquit Dominique en se glissant à ses côtés, son visage anguleux s'infiltrant dans le miroir.
- J'ai toutes mes chances, non ? railla-t-elle en rejetant son épaisse chevelure brune en arrière.
- Plus que moi en tout cas. A moins que tu ne connaisses un sortilège pour prendre trente centimètres.
- Ça existe, répondit Gemma. Il y a des professionnels pour ça, des Plastomages mais je te l'avais déjà dit. Crois-moi, tu ne voudrais pas que je tente l'expérience, je ne suis pas sûre que tu en sortirais vivante.
Dominique parut tout de même considérer l'idée un instant puis secoua la tête, décidant finalement que ce n'était pas très grave de ne pas dépasser le mètre cinquante.Ça ne valait pas le coup de risquer sa vie en tous cas.
Les deux jeunes filles sortirent des toilettes en silence et reprirent leur marche. Elles arrivèrent très vite dans le couloir mais s'arrêtèrent net. Impossible de le louper, de là où elles étaient, elles voyaient très bien la deuxième porte ouverte.
Toutes les fois où elles étaient venues, la porte était soit verrouillée, soit déverrouillée mais jamais ouverte. Là, un espace de trente centimètres au moins indiquait que quelqu'un était venu peu de temps auparavant. Sans se concerter, les deux jeunes filles tirèrent leur baguette qu'elle placèrent devant elles sans pouvoir néanmoins s'empêcher de ressentir une peur extrême.
- On fait demi-tour, chuchota Dominique.
- Même pas en rêve, opposa Gemma en faisant un pas en avant.
Mais elle n'avança pas plus loin, un bruit métallique les faisant sursauter et la Poufsouffle poussa même un cri d'effroi. Au fond du couloir, le bras d'une des armures s'était détaché et reposait sur le sol où il vibrait toujours à cause du choc.
Gemma jeta un coup d'œil à la Poufsouffle et rejoignit l'endroit où le membre reposait en courant. Cette dernière, tétanisée par la peur, n'eut pas le réflexe de la retenir avant qu'elle n'aille se jeter dans la gueule du loup. Paralysée, elle regarda la Serdaigle vérifier derrière l'armure avant de lui faire de grands signes.
- Personne ! s'exclama la Préfète-en-Chef.
La peur commença à s'en aller et les membres de Dominique se délièrent au bout de quelques secondes. Elle rejoignit Gemma à grandes enjambées et jeta un coup d'œil dans la salle - vide - avant de se poster à côté d'elle.
- Ce machin n'est pas tombé tout seul, objecta-t-elle en poussant le bras de l'armure du pied.
Ce dernier fit un bruit cinglant et alla rouler un peu plus loin, arrêtant sa course contre le mur.
- Bravo Sherlock.
Dominique allait l'interroger sur cet homme mais elle se souvint que Camille en avait déjà parlé au début de l'année, c'était un détective moldu. Et puis, elles n'avaient pas le temps de discuter car une terrible constatation lui sauta au visage.
- Personne n'est passé devant nous, n'est-ce pas ? s'enquit-elle doucement en regardant derrière son épaule.
- Euh... non. A part peut-être l'homme invisible.
- Arrête de plaisanter. Personne n'est parti non plus de l'autre côté du couloir. Tu peux me dire où est celui qui a fait tomber ce machin ? lança-t-elle en désignant le bras de l'armure.
Gemma parut brusquement comprendre ce qui venait de sauter aux yeux de la Poufsouffle et se retourna, terrifiée, en oubliant même de brandir sa baguette. Mais rien. Le couloir était désert, Dominique avait vérifié la salle et on n'entendait rien d'autre que les battements de leur cœur.
La jeune fille savait qu'il existait plusieurs manières de se dissimuler aux yeux des autres et peu avaient de failles, mis à part le sortilège de Désillusion. Ils avaient appris en cours qu'en se concentrant, on pouvait découvrir quelqu'un soumis à ce sortilège en cherchant les endroits qui paraissaient flous. Elle se concentra pour voir si l'un des pans des murs de chaque côté semblait plus opaque qu'un autre mais ne découvrit rien.
- On se tire, chuchota-t-elle.
Ce qu'elles firent, non pas en courant mais en marchant à vive allure, chacune regardant derrière son épaule pour vérifier qu'elles n'étaient pas suivies. Lorsqu'elles furent sûres d'être en sécurité, elles ralentirent l'allure mais sans s'arrêter.
- C'était peut-être un fantôme, supposa stupidement Dominique.
- Les sorciers peuvent voir les fantômes, rétorqua Gemma. Même les moldus le peuvent si le spectre le souhaite. Dis pas n'importe quoi.
- Je dis pas…
- Mesdemoiselles !
Les deux acolytes sursautèrent, ne s'attendant pas à se faire interpeller de la sorte. Puis, elles se rendirent compte que ce n'était que le professeur Wiertz qui venait de les saluer, en Allemand, et elles soupirèrent intérieurement. L'Auror qui leur enseignait les duels leur était sympathique, surtout à la Poufsouffle qui se souvenait avoir réussi le sortilège Flipendo grâce à lui.
L'Auror n'était pas en tenue habituelle, qui se composait d'une longue cape noire, d'un pantalon de la même couleur et d'une chemise. Au contraire, il était habillé de façon décontractée et semblait du coup beaucoup plus jeune sans cette austère tenue. Néanmoins, avec ses lunettes en cul de bouteilles et ses cheveux roux, on pouvait ne pas le trouver beau tout en lui concédant un certain charisme.
- Professeur Wiertz, s'exclama Dominique la première en retrouvant la parole. Comment allez-vous ?
- Très bien, très bien, répondit ce dernier d'un ton badin, sans se départir de son accent Allemand. Néanmoins, j'ai encore dû donner une retenue à votre cousin Albus Potter. Ce garçon devrait apprendre à canaliser son caractère.
Après tout, Albus ne trainait pas avec Rose pour rien. Déjà petits, ils organisaient des combats à la moldue entre eux et à chaque fois s'en sortaient avec beaucoup de bleus qui faisaient criser leurs parents. Une fois, sa cousine avait même arraché une dent au Serpentard et depuis cet incident, ils s'étaient calmés. Ils tapaient sur les autres maintenant.
- Que voulez-vous, il faut bien que jeunesse se passe, dit-elle d'un ton très adulte qui ne trompa personne.
Gemma leva les yeux au ciel et intervint, de son ton de petite savante.
- C'est parce qu'on ne peut pas se défouler ici. Il devrait y avoir des cours de sports obligatoires à Poudlard… et le Quidditch n'est pas un sport, Weasley.
- Je te verrais mal courir pendant deux heures avec le sourire, se renfrogna cette dernière en croisant les bras.
- J'ai plutôt tendance à être d'accord avec vous Gemma, intervint Wiertz en remontant ses lunettes sur son nez. Les moldus sont beaucoup plus en avance sur nous sur beaucoup de points et on semble l'oublier...
Il soupira, puis comme s'il se souvenait de quelque chose d'important jeta un coup d'œil à sa montre sorcière qui virait au bleu.
- Je vous prie de m'excuser, mais je suis attendu. Nous nous reverrons ce soir, à bientôt.
Les deux filles le saluèrent chaleureusement et attendirent qu'il disparaisse au fond du couloir avant de pousser un soupir de soulagement. Le fait de se retrouver seules leur rappela soudainement ce qu'elles venaient de vivre et leur visage se fit plus inquiet. Aucune n'ouvrit la bouche pendant de longues minutes avant de retrouver le hall d'entrée, devant la Grande Salle.
- Au fait, je me suis renseignée : cette salle servait pour des cours d'Aritmancie. Elle n'est plus utilisée depuis plus de dix ans parce-que de moins en moins d'élèves suivent cette option et ils n'en ont gardé que deux, au troisième étage.
Ravie de cette information qui ne servait à rien, Dominique grimaça ostensiblement.
- Allons manger, marmonna-t-elle, sautant sur l'occasion pour ne plus entendre parler de cette histoire, du moins momentanément.
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Le cours de Défense Contre les Forces du Mal était enseigné par un petit homme aux tempes grisonnantes nommé Lynch et à la pédagogie plus que contestable lors de l'enseignement théorique. Les jours comme celui-ci,il se contentait de distribuer des parchemins et lisait le cours d'une voix monocorde, à moitié caché derrière son bureau.
Les élèves avaient donc la possibilité de faire ce qu'ils voulaient et, pour la plupart, ils n'avaient guère envie d'entendre parler des Inferis alors que tout était déjà noté sur leur feuille de cours.
Au premier rang, Gemma Lysenko recopiait le cours en luttant pour ne pas s'endormir, ce qui était un comble car elle pouvait très bien résister au Professeur Binns, ce qui était considéré comme un exploit. Sur sa droite, deux élèves de Gryffondor parlaient à voix basse, apparemment hermétiques au cours.
Derrière, tous les Poufsouffle occupaient l'ensemble de la rangée mais aucun n'était concentré. De gauche à droite, Molly Weasley contemplait ses mains d'un air vide, Joana Mayer laissait échapper un ronflement de temps en temps, Isabel Lowell griffonnait sur un parchemin vierge, Dominique Weasley et Camille Teyssier faisaient un morpion, Arthur Lowe fermait les yeux quand il était persuadé qu'on ne le voyait pas et Anatole Bensberg songeait à Rose Weasley, sa petite amie officielle depuis de longues semaines.
A l'avant dernier rang, à gauche, étaient serrés Wil Jordan, Nella Flint, James Potter et Dewi Carlson. La dernière ignorait en apparence sa voisine de droite qui n'était autre qu'Heather Moorehead mais lui lançait des regards complices en douce.
Cela n'avait pas échappé à Harriet Moorehead qui souriait dans le vide mais ni Isaac Nott ou Thomas Ayling ne semblaient s'en être aperçu. Le premier complétait un devoir d'Etude des Runes et le second était en train d'ouvrir une énième Patacitrouille.
Tout au fond se trouvaient encore quatre Serdaigle qui n'étaient pas plus concentrés.
Tout ce petit monde fut ravi lorsque la sonnerie retentit, les libérant pour le reste de l'après-midi.
Lynch, dans sa grande bonté, ne leur donna aucun devoir et tous se ruèrent vers la sortie : ils avaient, pour la plupart, quartier libre jusqu'au cours de Duels,le soir même.
Molly Weasley planta l'ensemble des Poufsouffle, prétextant devoir aller à la volière. Elle ne put ignorer les questions de ses amis et mit de longues minutes à pouvoir s'éclipser. Ils n'avaient pas eu l'air convaincus, mais elle allait réellement à la volière où elle devait envoyer un courrier. La jeune fille jeta un coup d'œil béat à l'enveloppe qui était coincée entre deux manuels dans son sac et accéléra le pas, maudissant les escaliers de Poudlard qui semblaient coincés sur vitesse lente cet après-midi là.
Molly finit par arriver dans le hall et un uniforme bleu retint son attention. Près de la porte de la Grande Salle, Gemma Lysenko regardait autour d'elle d'un air impatient.
Gemma Lysenko était une énigme pour Molly. Enfin, du moins, son amitié nouvelle avec sa cousine l'était, même si cette dernière niait fermement. Elles ne se fréquentaient pas en public, ainsi elle n'avait jamais eu l'occasion de parler à la Préfète-en-Chef, hormis les quelques mots qu'elle lui avait adressés à Noël. Comme beaucoup dans leur petit groupe, elle se demandait ce qui les liait réellement - même si elle avait un peu d'avance sur les autres et savait que Lysenko avait découvert les problèmes de santé de Dominique - et cela ne lui aurait pas déplu d'en savoir plus sur elle. Et puis, depuis cette histoire avec Camille et Arthur, Molly aimait faire de nouvelles rencontres.
Ainsi, mettant momentanément de côté son courrier - qui pouvait bien attendre quelques minutes de plus au final - la jolie rouquine s'avança d'un pas détendu vers la Préfète-en-Chef.
- Salut ! Tu attends quelqu'un ? lança-t-elle poliment sous le regard étonné de cette dernière.
- Euh… ouais, Abel Johnson, répondit Gemma, un peu hésitante.
Ah oui, son petit-ami sur qui de drôles de rumeurs - lancées par sa cousine Rose - courraient depuis le début de l'année. Contrairement à la plupart des élèves, elle trouvait ça mignon qu'il se soit finalement rangé, la plupart de ses autres amourettes n'ayant pas durées très longtemps. Tout comme Arthur le ferait, il avait fini par retrouver la raison.
- Ah c'est bien ! Je pensais que c'était peut-être Dominique mais qu'elle avait oublié comme elle est allée dans notre salle commune pour faire une partie de cartes explosives.
Elle était d'ailleurs prête à parier qu'Anatole aurait les sourcils cramés bien avant son retour.
Lysenko hocha poliment la tête, avec un petit sourire pincé.
- Bon, et bien, à bientôt, murmura Molly, sentant qu'elle était sûrement de trop.
Et, avec un grand sourire guilleret, la jeune fille fit un signe à la Serdaigle, stupéfaite, avant de se diriger vers le parc, tenant fermement son enveloppe dans sa main.
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Pouffant de rire, Dewi Carlson eut du mal à garder un semblant de décence lorsqu'Heather Moorehead fit la leçon à un gamin de deuxième année qui avait eu le malheur de lancer un emballage de Chocogrenouille dans un buisson du parc.
Elles marchaient à bonne distance l'une de l'autre pour ne pas se faire repérer et la Gryffondor attendait avec impatience le moment où elles pourraient se retrouver dans leur petit coin, adjacent au château, un endroit où personne ne mettait jamais les pieds. Néanmoins, avec les beaux jours qui arrivaient, elles allaient devoir commencer à se méfier mais, plus que jamais, Dewi commençait à songer que ce n'était pas très important si on devinait sa liaison avec Heather.
Il faudrait juste qu'elle songe à prévenir sa mère avant pour lui éviter un trop gros choc.
La jeune fille resserra son fin gilet noir en coton autour de son ventre et dépassa sa petite-amie qui saluait une jolie blonde d'origine française qui s'appelait, si elle se souvenait bien, Lou Delort et était Préfète des Serpentard dans une année inférieure. A ses côtés, il y avait Abel Johnson, le commentateur officiel des matchs de Quidditch qui tenait deux balais entre ses mains.
Sans faire plus attention à eux, la Gryffondor songea qu'Heather n'était pas du genre à faire la causette et ne tarderait pas à la rejoindre. Ainsi, elle ne fut pas très étonnée lorsque, à peine quelques secondes après qu'elle se soit assise sur leur banc, la silhouette familière de la jeune fille se dessina non loin.
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Nella Flint, l'air très concentrée, releva ses longs cheveux blonds sur le haut de sa tête, formant à la va-vite une queue de cheval qui avait l'avantage de libérer son champs de vision. Puis, mâchouillant le bout de sa plume, elle ajouta une explication sur les bulbes sauteurs qu'ils étudiaient en Botanique en ce moment. Bien organisée, la Serdaigle avait le cours devant elle, son manuel à sa gauche et une fiche récapitulative à sa droite qu'elle était occupée à remplir en tenant compte des informations données par les deux.
Une fois n'est pas coutume, Wil avait refusé tout net de l'accompagner à la bibliothèque, Dewi était quelque part dans le château et elle avait cru être tranquille pendant un long moment et n'en avait pas cru ses oreilles quand Potter avait voulu l'accompagner. Persuadée qu'il allait buller pendant deux heures comme d'habitude, elle avait été plus que surprise de le voir attaquer un devoir de Sortilèges qui n'était pourtant à rendre que la semaine prochaine.
A bien y réfléchir, il avait l'air assez abattu depuis quelques jours. Ça aurait pu être à cause de la rumeur qui courait sur une certaine partie de son anatomie mais Wil lui avait confié - mort de rire - que ce n'était qu'une pure invention de la part de Dominique Weasley. Elle n'en savait pas plus sur cette histoire mais, toujours selon Wil, il y avait une part de vérité là-dedans et Gemma lui avait réellement rabattu le caquet. Seulement, elle n'imaginait pas James Potter déprimer parce que son ancienne meilleure amie avait enfin trouvé le courage de s'affirmer.
Nella n'aimait pas trop penser à la Préfète-en-Chef, ainsi elle se reconcentra très vite sur ses bulbes sauteurs, songeant qu'elle serait incollable là-dessus si ça tombait en ASPIC de Botanique.
Néanmoins, quand son camarade poussa un énième soupir, elle ne put s'empêcher de lui lancer un regard étonné.
- Quoi ? grogna-t-il.
Nella haussa les épaules. Elle avait encore du mal à cerner James Potter, n'oubliait pas de quoi il était capable et était beaucoup moins proche de lui que de Dewi ou, évidemment, Wil. Et puis, ce n'était pas vraiment son genre de se mêler des affaires des autres.
Néanmoins, elle pensait avoir deviné pourquoi il était dans cet état. D'après ce qu'elle avait compris grâce à quelques paroles que Wil avait laissé échappées, Potter et Dewi avait une certaine tendance à se disputer depuis le début de l'année. Il n'avait pas précisé pourquoi et avait même semblé gêné en se rendant compte de ce qu'il avait dit mais Nella était persuadée que ce n'était pas si grave que ça.
- Tu devrais aller parler à Dewi, conseilla-t-elle sans baisser les yeux.
- Quoi ? Pourquoi ? s'enquit-il en paraissant surpris l'espace d'un instant.
- Pour t'excuser.
- Hein ? De quoi ?
- De ce que tu as fait.
- Mais qu'est-ce que j'ai fait ?
Le Préfèt-en-Chef parut soudainement se rendre compte de quoi elle parlait et un éclair de compréhension traversa son visage. Néanmoins, elle fut surprise par son sourire moqueur et par son attitude soudainement redevenue décontractée.
- Je n'ai rien à dire à Dewi pour la bonne raison qu'on ne s'est pas disputés. Et, d'ailleurs, si c'était le cas, je ne vois pas pourquoi ça serait obligatoirement de ma faute, opposa-t-il.
A nouveau, Nella haussa les épaules, n'osant s'expliquer. De toute façon, Potter n'était pas idiot, il avait très bien compris pourquoi. A ce qu'elle sache, c'était lui qui avait le caractère le plus affirmé et complexe des deux et il réagissait parfois bizarrement. Et puis, elle s'était prise d'amitié pour Dewi qui, malgré son exubérance, possédait une douceur toute maternelle et ne l'imaginait pas faire quoi que ce soit pour blesser son meilleur ami.
- Je sais pas, tu as l'air bizarre depuis que…, lança-t-elle finalement en baissant les yeux, même si elle avait écarté cette possibilité quelques minutes plus tôt.
- J'ai pas envie de parler de ça Princesse, grinça-t-il, l'air plus sombre à ce souvenir. Et je n'ai pas l'air bizarre. Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.
- On dirait que t'as vu un fantôme.
- Et bien tu te trompes.
- D'accord, conclut-elle d'un air perplexe.
La jeune fille n'insista pas, pas certaine de vouloir entrainer Potter dans une conversation sérieuse. Très vite, elle oublia cette discussion, se replongeant dans ses fiches de Botanique, révisant méthodiquement le sujet.
Ainsi, elle ne perçut pas l'air soulagé de Potter qui, depuis plus d'une heure, noircissait son parchemin de Sortilèges sans avoir la moindre idée de ce dont il parlait, l'esprit bien ailleurs.
