Merci à UranusMarie, m13a (Hello. Ahhh, la flemmardise est une vieille amie à moi je comprends ! Bonne réflexion pour le patronus, tu verras si tu as eu raison ... bon, va falloir attendre lonnnngtemps, Isaac est pas prêt d'en lancer un devant qui que ce soit. Plus de James pour la fin de la septième année ! Et des révélations sur lui. Promis ! Merci pour ta review et à bientôt !), LuuMineusement, Shiriliz, Marushka G, SmilingSparrow, Antig0ne, Pepoune (J'espère que tu passes de bonnes vacances alors ! Pour répondre à ta question, ça tient en trois mots : je suis sadique. Pis, rien ne dit qu'ils vont finir par se rapprocher au final, hein. Ca peut se terminer en Gemma/Dom aussi. Merci pour ta review :)), Isabelle Pearl, dobbymcl et Barbiemustdie.
J'ai encore un peu de retard, j'ai une vie sociale bien remplie en ce moment. En janvier, ça devrait aller mieux, j'aurais plus de temps pour moi.
Passez de bonnes fêtes et on se retrouve le 04 janvier ! (normalement ;))
Bonne lecture ! (Et merci à Barbie pour ses corrections)
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.
William Ernest Henley - Invictus
Quelques jours plus tard, Dewi Carlson avait pris une grande décision concernant Nella Flint.
Elle avait fini par totalement s'attacher à la Serdaigle qui représentait à présent pour elle cette amie fille qu'elle n'avait jamais eu. Alors que les autres filles de Gryffondor n'espéraient que se rapprocher de James ou Wil par son biais, Nella était d'une touchante sincérité. Lorsqu'on grattait en dessous de sa carapace, on découvrait une jeune fille intelligente et souriante, d'une profonde générosité. Elle n'avait peut-être pas confiance en elle mais cela ne la rendait que plus touchante.
Là où Dewi fonçait tête baissée, Nella analysait tous les risques et en arrivait souvent à une conclusion plus sage et réfléchie. Là où Dewi faisait des blagues salaces à tour de bras, Nella rougissait comme une tomate trop mûre et sa pudeur la faisait beaucoup rire. Là où Dewi riait à gorge déployée, Nella rigolait doucement mais chaleureusement. Elles n'avaient quasiment rien en commun mais leur amitié s'était développée très rapidement et il y avait une chose dont la Gryffondor était certaine : elle pouvait faire confiance à la Serdaigle.
Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir les mains moites et un nœud dans l'estomac en imaginant une réaction négative de sa part, ce qui pouvait arriver, elle ne se leurrait pas. Après tout, elle-même avait eu honte de ce qu'elle était, elle n'allait pas fustiger les autres s'ils réagissaient de la même manière.
- On dirait que tu es sur le point de sauter de huit mètres de haut, marmonna James Potter entre deux bâillements, la tête qui tombait à moitié au dessus de son bol de céréales.
Et Dewi avait peur de la hauteur, ce qui en disait long sur son état de panique.
- On dirait que tu n'as pas dormi depuis une semaine, répliqua-t-elle pour se donner contenance.
Le Préfèt-en-Chef ne répondit pas, luttant visiblement pour garder les yeux ouverts et, alors que Wil Jordan éclatait de rire, la jeune fille se demanda s'il ne leur cachait pas quelque chose. Nella Flint lui avait confié qu'elle le trouvait abattu et, même s'il était plus calme et sympathique comme ça, c'était assez bizarre à son goût.
En parlant de Flint, elle venait de rentrer dans la Grande Salle, ses longs cheveux blonds se balançant au rythme de ses pas et ne tarda pas à les rejoindre, s'installant familièrement à côté de Wil qui l'embrassa furtivement alors que ses joues devenaient rouges. Elle salua chaleureusement Dewi qui lui rendit un grand sourire et plus poliment James qui hocha doucement la tête, tout en se redressant.
- J'y vais, marmonna-t-il.
- Où ça ?
- Dormir !
- Mais on a cours ! opposa Dewi, les yeux écarquillés.
James avait beau être un élève moyen, assez inattentif en cours, il lui arrivait rarement de sécher. Il lui lança un regard entendu et elle comprit soudainement qu'il n'avait guère envie d'entendre ce qui allait suivre. Un peu peinée, Dewi hocha la tête et le suivit distraitement du regard jusqu'à ce qu'il quitte la Grande Salle et se souvint qu'elle s'était promis quelque chose.
- Faut qu'on parle, s'exclama-t-elle en se tournant vers Nella, faisant sursauter cette dernière qui était en train de beurrer tranquillement un bout de pain.
C'était le même genre de "faut qu'on parle" que quelqu'un utilisait généralement quand il voulait rompre avec son conjoint et les traits du joli visage de Nella sefirentun instant plus inquiets. Alors que Wil posait sa main sur son épaule d'un geste rassurant, elle reposa doucement son petit couteau sur la table et abandonna son petit déjeuner pour dévisager la Gryffondor, assise juste devant elle.
- Rien de grave, reprit immédiatement Dewi. Juste quelque chose que tu dois savoir.
- Je t'écoute.
Soudainement hésitante, la Gryffondor vérifia discrètement que personne ne pouvait les entendre. Fort heureusement, les élèves les plus proches d'eux étaient trop occupés à se disputer pour une histoire d'équipe de Quidditch pour faire attention à eux.
- Voilà, l'année dernière, il m'est arrivé quelque chose que … enfin, j'ai compris que je n'étais pas vraiment celle que j'étais et que … que quelque chose avait changé.
- Heu … oui ? s'enquit Nella, visiblement perdue.
- Bon. J'aime les filles.
La Serdaigle plissa les sourcils, la dévisageant gravement avant de relever les yeux vers Wil, sûrement pour vérifier qu'on ne se moquait pas d'elle. Ce dernier hocha doucement la tête et un o de surprise s'échappa de sa bouche. Dewi, les yeux à demi fermés, retenait son souffle, l'absence de réaction de la jeune fille n'augurant rien de bon à son avis.
- Et ? lâcha-t-elle finalement.
Wil lui lança un regard qui voulait dire "je te l'avais bien dit" et Dewi put enfin respirer. Un petit sourire se nicha sur son visage et elle poussa un soupir de soulagement.
- C'est vrai ? Tu t'en fiches ?
Nella hocha la tête, un peu hésitante.
- Je suis juste… un peu surprise.
Quand on connaissait les antécédents de Dewi, qui était sûrement sortie avec la moitié de la population mâle de Poudlard, il y avait de quoi effectivement.
- Et tu n'as pas entendu le meilleur, ricana Wil. Continue ma chère !
La jeune fille fusilla son ami du regard, sachant pertinemment de quoi il parlait. Faire accepter à Nella qu'elle aimait les filles était une chose plus facile qu'elle ne l'avait cru mais lui préciser qu'elle avait une petite-amie, et de qui il s'agissait, allait sûrement s'avérer plus ardu. Surtout que la Serdaigle était en binôme avec Heather en potions et qu'elle lui avait plusieurs fois rapporté qu'elle ne l'appréciait guère. Dewi avait même dit à sa petite-amie de faire des efforts pour paraitre plus humaine avec sa nouvelle amie mais celle-ci ne l'avait visiblement pas écoutée, trouvant très drôle de traumatiser la fragile Serdaigle.
- Et bien ? la poussa Nella qui paraissait à nouveau inquiète.
- Disons que j'ai quelqu'un, murmura Dewi. Tu me promets que ça reste entre nous ? Il y a vraiment très peu de monde au courant et je n'ai pas envie que tout le château...
- Bien entendu, la coupa-t-elle en hochant gravement la tête. Je tiendrai ma langue, rassure toi.
Sachant pertinemment que si elle ne parlait pas maintenant, elle aurait du mal à révéler sa relation avec Heather, la jeune fille reprit très vite.
- SorsavecMoorehead.
- Hein ?
- Elle sort avec Moorehead. Heather Moorehead, précisa Wil à sa place.
L'espace d'un instant, Nella parut horrifiée mais elle reprit bien vite un visage neutre qui rassura Dewi. Elle pouvait très bien comprendre l'aversion dont était l'objet Heather du moment qu'on ne le formulait pas à haute voix devant elle.
- Je comprends mieux pourquoi Potter a l'air si … si …, hésita Nella en reprenant finalement le beurrage de sa tartine comme si la discussion qu'ils avaient étaitdes plus normales.
- Furieux ? proposa Wil.
- Perturbé, déclara Nella, plus neutre.
- Hum …, marmonna Dewi, en vérité …
La jeune fille hésita, partagée entre le soulagement que Nella accepte si facile sa condition et l'incompréhension que le comportement de James soulevait.
Son meilleur ami avait l'air plus fatigué et inquiet qu'autre chose. Il était au courant depuis quelques mois maintenant de sa relation avec Heather et, à ce qu'elle sache, cela ne l'avait jamais empêché de dormir. Non, décidément, quelque chose ne tournait pas rond avec James sans qu'elle puisse mettre le doigt dessus. Et il était évident que ni Wil ni Nella n'était au courant, sinon ils n'auraient pas hésité à l'en informer.
Plus elle y pensait, plus elle était sûre que le garçon leur cachait des choses. Pas depuis longtemps, quelques jours, semaines tout au plus et elle était certaine qu'elle n'avait rien à voir avec sa mauvaise humeur cette fois. Cela la frustrait d'ailleurs de ne pas savoir à quoi cela était dû. Son altercation avec Lysenko ? James n'aurait pas parusi préoccupé, loin de là. Un problème avec sa famille ? Les Weasley-Potter n'étaient pas du genre à se taire quand quelque chose n'allait pas et puis, que ce soit Rose ou Lily, les deux Gryffondor qu'elles connaissaient un peu mieux que les autres, elles avaient l'air absolument normales en ce moment.
- Non, rien, tacla-t-elle, préférant garder ses interrogations pour elle. Tu me passes le chocolat chaud Wil ?
oOoOoOoOoOo
- Tu es complètement folle, complètement …, grogna Dominique Weasley, apparemment de fort mauvaise humeur.
- Et toi alors ? Tu m'as suivie à ce que je sache.
De mauvaise foi, la jeune Poufsouffle grimaça derrière la Serdaigle, préférant couper court à la dispute avant que les mots ne dépassent sa pensée.
Gemma Lysenko avait tant insisté pour retourner au septième étage que la Poufsouffle avait dû céder après avoir crié, menacé, et boudé pendant deux jours. Elle avait eu la peur de sa vie là-haut et n'avait envie que d'une chose : oublier toute cette histoire. Lysenko n'était pas du même avis et lui avait affirmé qu'elle y retournerait sans elle de toute façon, jouant encore sur ses sentiments en lui disant qu'elle aurait sa mort sur la conscience si elle la laissait toute seule. Dominique savait très bien qu'elle était en train de la manipuler - plutôt maladroitement d'ailleurs - mais elle avait fini par céder.
Lysenko avait raison : si elle mourrait ici, Dominique se sentirait coupable.
Ce qui ne l'empêchait pas de râler et de trainer.
Comme la dernière fois, elle voulut aller aux toilettes du septième étage, seulement c'était juste pour perdre du temps et embêter Lysenko cette fois. Cinq minutes trop courtes plus tard, les deux jeunes filles étaient presque arrivées dans le couloir et elles surent instantanément que quelque chose avait changé.
L'odeur. Elle était là, à nouveau. Écœurée, Dominique voulut faire demi-tour mais Gemma fut plus rapide. Glissant sa main dans la sienne, elle serra très fort, l'empêchant de s'en aller.
Elle ne comprenait pas. Cette odeur…
Paniquée, la jeune Poufsouffle sortit sa baguette de sa main libre, imitant ainsi la Serdaigle, mais l'empêcha de la trainer plus loin.
- Il y a quelque chose que je t'ai pas dit, chuchota-t-elle à toute vitesse. Cette odeur, tu ne sens pas ?
- Bien sûr que si, répondit Gemma sur le même ton, interloquée. Ça pue.
- C'est pas ça...
La jeune fille ferma les yeux quelques secondes, assez pour laisser son nez s'imprégner de l'odeur nauséabonde.
- Infusion d'armoise, quelque chose que je n'arrive pas à identifier… et du sang bouilli. Mais pas du sang humain, c'est beaucoup, beaucoup plus fort que tout ce que j'ai pu sentir…
Gemma se retourna soudainement vers elle, l'air éberlué.
- Tu n'es pas en train de sous-entendre ce que je crois que tu sous…
- Si, la coupa Dominique.
La jeune Poufsouffle était réellement pressée de partir de cet endroit et n'avait aucune envie de laisser le temps à la Serdaigle de se remettre de cette information. Avec cette salle du septième étage, elle avait découvert une Lysenko têtue et limite tête-brûlée qu'elle ne connaissait pas avant. Si c'était de l'inconscience plutôt que du courage ? Elle n'en savait rien.
Elle voulait partir d'ici.
- Du sang de licorne, chuchota Gemma en reportant son regard vers la porte qui paraissait close.
- Exactement, répondit la Poufsouffle sur le même ton. On se casse maintenant ?
- Oui… Non !
La Préfète-en-Chef secoua fermement la tête, l'air affolé qui s'était un instant affiché sur son visage ayant disparu pour laisser place à quelque chose de plus affirmé. Elle n'hésita pas longtemps avant de se diriger vers la porte, baguette en avant, avec la ferme intention de l'ouvrir.
- Lysenko ! Lysenko !
Mais les couinements étouffés de Dominique n'y firent rien. La Serdaigle allait appuyer sur la poignée, lorsque la Poufsouffle reprit ses esprits. Elle était complètement folle. Si la personne à l'intérieur voyait la poignée bouger, et même si la porte était verrouillée, elle allait prendre peur. Sortir. Découvrir les deux septièmes années. Les tuer peut-être.
Le visage dégoulinant de sueur, le souffle court à cause de la panique, Dominique s'élança. Bien évidemment, il était trop tard pour retenir la Serdaigle qui n'était plus qu'à quelques centimètres de son but mais son cerveau n'avait pas pris cette information en compte. Elle ne voulait qu'une chose : empêcher Lysenko de les faire repérer.
Gemma posa la main sur la poignée et Dominique s'étala par terre.
- Non mais ça va pas ! murmura la première, le cœur battant à cause de la surprise occasionnée par la chute de la Poufsouffle. Tu vas nous faire repérer.
Dominique avait eu le réflexe de se protéger le visage avant de tomber et elle releva la tête abruptement, fusillant Gemma du regard.
- Si tu crois que j'ai fait exprès… Il y avait quelque chose sur le sol ! répondit-elle sur le même ton, sourcils froncés.
Suspicieuse, la Serdaigle lança un regard derrière elle, en même temps que Dominique et elles purent constater ensemble qu'il n'y avait strictement rien par terre. Bon sang, la Poufsouffle aurait pu jurer que quelque chose l'avait fait tombée et que ses pieds ne s'étaient pas emmêlés comme semblait le croire Gemma qui la regardait comme si elle était devenue folle.
Puis, il lui sembla entendre un petit bruit, comme un froissement et elle fronça les sourcils, plaçant doucement son index contre sa bouche, pour faire signe à son acolyte de se taire. Doucement, elle se releva et rejoignit Gemma en quelques enjambées.
- Il y a quelque chose ou quelqu'un là-bas, murmura-t-elle.
- Strictement rien, objecta la Serdaigle sans même lever les yeux pour vérifier.
- J'ai entendu bouger.
- Bouger qui ? L'homme invisible ?
- Ouais bah l'homme invisible a déjà détruit une armure, tu te souviens ?
D'un regard éloquent, Dominique rappela à la Serdaigle la scène étrange qu'elles avaient vécu quelques jours plus tôt au même endroit. Pour elle, ce n'était pas un hasard si elle était tombée alors que le sol était vide d'obstacle en apparence. Pas un hasard non plus s'il se passait des choses aussi bizarres dans ce couloir que dans la salle en elle-même.
Elle songea un instant que celui qui préparait cette potion dégoutante avant peut-être un complice pour faire le guet mais chassa très vite cette idée de son esprit : toute cette histoire lui donnait des envies de crise cardiaque.
- Quelqu'un est là et nous surveille, insista-t-elle à demi-voix. On se tire.
A sa plus grande surprise, Lysenko hocha la tête avant de reculer de quelques pas, lâchant brusquement la poignée de la porte qu'elle tenait toujours fermement dans la main. Dominique faillit pousser un soupir de soulagement mais préféra profiter de ce revirement de situation. Les deux filles s'éloignèrent lentement, sans pouvoir s'empêcher de lancer des coups d'œil suspicieux autour d'elle, partagée entre l'idée qu'elles n'étaient pas seules ou que la peur leur faisait imaginer n'importe quoi.
Une fois qu'elles furent assez loin au goût de Dominique, près des toilettes des filles, cette dernière se laissa tomber contre le mur, épuisée.
- Tu veux aller à l'infirmerie ? s'enquit la Préfète-en-chef qui venait de remarquer son teint écarlate et sa poitrine qui se soulevait à une vitesse folle.
Dominique refusa fermement en secouant la tête et prit une grande bouchée d'air frais. Ce n'était pas une crise, juste un trop plein d'émotion. Lorsqu'elle fut calmée, ce qui ne prit que quelques secondes, elle releva la tête vers la Serdaigle. Cette dernière avait l'air effrayée aussi mais était beaucoup plus calme que Dominique et regardait vers le bout du couloir avec un air de regrets.
- Ne me dis pas que tu veux y retourner ? s'offusqua-t-elle.
- Pourquoi pas ? On était à deux doigts de savoir ce qui se tramait là-bas derrière.
- Oh non, non et non ! On a failli mourir !
- Personne n'allait mourir. J'allais ouvrir la porte et tu es tombée, c'est tout.
- On m'a fait tomber, lui rappela la Poufsouffle.
Le regard suspicieux que lui lança Gemma la convainquit que cette dernière ne la croyait pas vraiment et songeait plutôt à une mise en scène de sa part par pure couardise.
- Tu me prends pour une menteuse ?
- Non …, hésita Lysenko. Mais tu as pu te tromper.
- Je ne me suis pas trompée espèce de sorcière sans cervelle. Il y avait quelqu'un là-bas et je pourrais le jurer sur ma vie. Et tu sais quoi ? Je vais te le prouver ! On y retourne !
Furieuse qu'on mette en doute sa parole, Dominique agrippa sa camarade par la manche de son chemisier, prête à la tirer jusqu'au fameux couloir un peu plus loin mais, bizarrement, elle sentit une résistance.
- On a cours de Botanique dans un quart d'heure. C'est le temps qu'il nous faut pour aller aux serres.
- Très bien, grogna la Poufsouffle en croisant les bras. Ce soir j'ai entrainement mais crois-moi demain tu te mordras les doigts de m'avoir traitée de menteuse.
L'air grave, luttant pour ne pas sourire, Gemma Lysenko leva les yeux au ciel. D'un air affirmé, Dominique lui tourna le dos et s'éloigna à grands pas, l'attendant à peine. Au moins, la Poufsouffle avait accepté de retourner voir ce qu'il se tramait dans cette salle. Peu importe ses sautes d'humeur, c'était tout ce qui comptait pour la Préfète-en-Chef.
oOoOoOoOoOo
- Anatole ? Tout va bien ? Tu as l'air … exténué.
- C'est parce que je SUIS exténué.
- Je croyais que tu allais seulement faire un tour avec Rose ?
- Justement … Rose EST exténuante.
- Mais tu l'aimes bien.
- Mais je l'aime bien.
oOooOoOooO
Gemma Lysenko et Dominique Weasley ne furent pas très efficaces en cours de Botanique, chacune à leur façon. La première, trop pensive pour se plonger totalement dans ce cours, ne nota pratiquement rien de la leçon que leur dictait Neville Londubat tentant de démêler le mystère de cette ancienne salle d'Aritmancie. Sa seule idée un tant soit peu plausible était d'aller à la bibliothèque et tenter d'établir la liste des potions où le sang de licorne était utilisé. Malheureusement, là encore il y avait un obstacle : elle se doutait très bien que ce genre d'informations n'était pas laissé dans un lieu ou tant d'élèves allaient et venaient.
Dominique, elle, était trop fatiguée pour penser à quoi que ce soit. Elle se contenta de crayonner sur son parchemin, fermant les yeux quand Neville ne la voyait pas et finit par se prendre une heure de retenue lorsqu'elle s'assoupit sur l'épaule de Camille.
Toutes deux furent soulagées lorsque la cloche sonna.
- T'es sûre que tout va bien ? s'enquit Camille Teyssier en débarrassant ses affaires de son pupitre.
- Hein ? Ouais. Pourquoi ?
- Je sais pas, fit la brunette en haussant les épaules. Tu as l'air préoccupée... et on ne se voit plus vraiment en ce moment. Je sais que … depuis cette histoire avec Arthur tu m'en veux mais … tu es toujours ma meilleure amie, n'est-ce pas ?
La petite blonde releva la tête, intriguée par le ton plus que sérieux de la Poufsouffle et rougit jusqu'aux oreilles en découvrant son air mi-inquisiteur, mi-gêné. Preuve de son malaise, Camille ne soutint pas son regard très longtemps et son teint prit une belle couleur prune quelques secondes plus tard.
Dominique ressentit une bouffée d'amour pour la jeune fille, ce qui ne lui était pas arrivé depuis très longtemps et lui attrapa instinctivement le bras, comme si c'était le geste le plus naturel du monde.
- Bien sûr que oui, lâcha-t-elle avec un petit sourire. Ne t'inquiète pas, c'est juste le Quidditch qui me préoccupe.
- Mouais. Ou Lysenko qui commence à déteindre sur toi, ne put s'empêcher de lui reprocher la jeune fille en lançant un regard de travers à la Préfète-en-Chef qui s'apprêtait à quitter la serre.
Dominique éclata de rire tout en donnant un coup de coude à sa meilleure amie. Sa soudaine bonne humeur sembla contagieuse car Camille se mit à pouffer elle aussi et elles sortirent de cours bras dessus dessous, avec l'impression de se retrouver après une longue absence.
Avec ce qu'il s'était passé avec Arthur, puis la découverte de cette étrange salle de cours, Dominique avait un peu délaissé son amie sans même s'en rendre compte. Avec un plaisir partagé, elles convinrent de passer la fin de l'après-midi ensemble, sans aucun autre Poufsouffle. Mais, pour l'instant, elles devaient aller déjeuner avant de se rendre en cours de Défense Contre les Forces du Mal et Sortilèges.
Après avoir passé près d'une heure à la table des Poufsouffle, à l'écart des autres, et discuté de tout et de rien, les deux jeunes filles ressortirent de la Grande Salle, le ventre plein et totalement repues. Là, Dominique manqua de s'encastrer dans son cousin.
- T'pourrais faire attention, râla-t-elle alors que Camille gratifiait James d'un sourire poli.
- Ouais, ouais. Attends, lança-t-il alors que la jeune Poufsouffle s'apprêtait d'ors et déjà à reprendre son chemin.
Dominique poussa un soupir pas vraiment discret, peu désireuse de supporter l'une des nombreuses tirades de James sur 1 - ses fréquentations, 2 - le fait que les Poufsouffle allaient perdre la coupe, 3 - ses ASPICS qu'elle n'aurait jamais. Rayer la mention inutile selon l'humeur de son cousin.
Le Gryffondor, lui, hésita un instant, lança un coup d'œil à Camille et reposa son regard sombre sur la jeune Weasley.
- Bon, t'accouches ? grogna Dominique à l'attention du Préfet-en-chef.
- Je … quoi ?
- Ça veut dire qu'il faut que tu te dépêches sinon Dominique va te manger les oreilles, traduisit gentiment Camille en tentant de ne pas sourire.
La Poufsouffle, elle, ne se gêna pas pour éclater de rire, lançant des œillades sarcastiques au Gryffondor avec une satisfaction non dissimulée. Ce dernier ne parut pas trouver la plaisanterie très drôle et ses sourcils se froncèrent.
- Laisse tomber, lâcha-t-il avec suffisance. De toute façon, j'ai mieux à faire.
- Tout seul ? Tes amis t'ont abandonné ? Remarque, Flint a beaucoup plus d'atouts que toi, c'est tout à fait … Hé tu vas où ? Jamie ! Jamie-chou ?
- Il est parti, remarqua Camille avec brio.
Effectivement le Gryffondor était déjà loin derrière elles et était rentré dans la Grande Salle, les taquineries de Dominique retombant comme un soufflet dans l'air. La jeune fille oublia très vite cette épisode et prit la direction de la salle commune des Poufsouffle avec Camille, dans l'intention de récupérer leurs manuels pour l'après-midi.
oOoOoOoOoOo
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Hum … ? Oh, rien.
Timidement, Nella Flint chercha à dissimuler les prospectus dans lesquels elle était plongée depuis quelques minutes. Elle ne fut pas assez rapide pour James Potter et son acolyte, le premier les attrapant avec dextérité, comme s'il s'était agi du vif d'or qu'il devait attraper durant les matchs de Quidditch.
Les deux garçons revenaient d'ailleurs du stade, où ils étaient allés s'entrainer - ouplutôt, James entrainait son équipe et Wil beuglait pour les encourager depuis les tribunes - et avaient rejoint la Serdaigle qui se prélassait dans le parc avec Dewi Carlson, cette dernière somnolant.
La voix de Potter avait dû la réveiller, car elle avait à présent les yeux grands ouverts, battant des cils comme une biche, l'air aussi intéressée que les garçons par ces quelques prospectus.
- Orel ? s'interrogea Potter en tournant et retournant les bouts de papiers dans ses mains. Tu vas réellement partir en Russie ?
- Je … J'y pense. De plus en plus.
Nella ne mentait pas. Malgré son incapacité à se dire qu'elle pouvait réussir une carrière de droit internationale, comme semblait le penser son Directeur de Maison, l'idée la tentait. On parlait tout de même de l'une des plus prestigieuses universités du monde dont la renommée des maitres de potions en étant issus n'étaient plus à prouver. Cette nouvelle filière, et la volonté du directeur de s'entourer des meilleurs, ne lui laissait aucun doute sur la qualité de la formation qu'elle pourrait éventuellement suivre.
- Tes parents en pensent quoi ? s'enquit Dewi dont l'intérêt pour la conversation avait néanmoins baissé en découvrant quel en était l'objet.
- Mon père est d'accord. Ma mère refuse de me laisser partir à l'autre bout du monde, marmonna la Serdaigle en haussant les épaules.
Et, quand Maxine Flint parlait, Marcus Flint abdiquait. C'était aussi simple que ça.
- Elle a peur que je sois un peu perdue dans une ville inconnue.
- Au moins, toi tu as une idée de ce que tu veux faire, soupira Dewi en laissant tomber sa tête à la chevelure épaisse sur les genoux de Potter qui s'était installé à ses côtés.
Wil aussi s'était laissé tomber par terre et ses longues jambes frôlaient les mollets de la jeune fille qui rougit jusqu'aux oreilles. Le jeune Gryffondor lui offrit un sourire complice avant d'attraper un caillou qu'il lança vivement dans le lac.
Leur relation n'avait que quelques semaines et pourtant, Nella sentait ses sentiments grandir de jour en jour. Ils étaient passés d'une attirance naïve à une amitié bancale et cette dernière se renforçait au fil du temps. Parfois, elle se sentait un peu mal-à-l'aise de sortir avec un garçon dont elle n'était pas amoureuse - en même temps, elle ne connaissait rien à l'amour, peut-être l'était-elle après tout ? - mais le sourire du métis suffisait à la rassurer. Il ne lui mettait pas la pression et tout était très simple, très tranquille entre eux.
- Je pourrais peut-être trouver une place chez Nettoie Tout, grogna la jolie jeune fille.
Nella reporta son attention sur la conversation, tentant d'ignorer la gêne évidente qu'elle ressentait toujours quand Wil était trop proche d'elle, ignorant le regard goguenard de James qui, apparemment, avait tout à fait remarqué sa gêne.
Elle savait que son avenir préoccupait beaucoup Dewi et la jeune fille n'avait toujours aucune idée de ce qu'elle voulait faire plus tard. Alors, elle passait son temps à parcourir divers prospectus, récupérés auprès de nombreux élèves de Poudlard qui n'en n'avaient plus l'utilité à présent.
- Tu peux faire mieux que ça, l'encouragea gentiment Wil. Tu as des notes correctes partout, tu as le choix.
- Pas forcément non. J'ai des notes correctes, pas exceptionnelles. Je ne me distingue en rien, se lamenta Dewi. J'ai l'impression que toutes les universités proposées sont spécialisées dans un domaine et que, quand on est un élève moyen, on a moins de chance que les autres.
- Ça, c'est pas faux, remarqua James. Leeds est la meilleure université bien sûr...
- On y retrouve les plus grands sportifs, singea Wil. Et on est sûrs d'empocher des millions à la fin de ses études. Sans oublier les filles qui sont à nos pieds.
Il imitait parfaitement James et son ton hautain lorsqu'il parlait de sa future vie d'étudiant que les deux jeunes filles éclatèrent de rire sous le regard courroucé de ce dernier qui se défendit mollement de tant d'orgueil.
- Orel pour les Potions et, maintenant le Droit Magique, continua Dewi, une fois calmée. Tallahassee en Amérique pour les Médicomages, Guérisseurs et Plastomages, la Suisse pour les carrières politiques et commerciales, Denver pour l'Aritmancie et j'en passe...
- Londres a une université généraliste, lui rappela Nella.
- Oui mais rien ne m'intéresse. J'ai horreur des animaux et je ne comprends rien aux Runes Anciennes. Je n'ai pas envie de travailler au Ministère comme ma mère et.. et en fait, je suis pas sûre d'avoir envie de continuer mes études, finit-elle par soupir d'un air las. Sauf que si je fais ça, je vais réellement me retrouver chez Nettoie Tout.
- Mais non, marmonna James plutôt mollement.
Dewi gigota sur ses jambes et poussa un soupir digne des plus grandes tragédiennes.
- Regarde, moi je vais bien travailler chez l'oncle de James, la rassura Wil.
- Seulement pour un temps, non ? demanda innocemment Nella.
Le regard que posa Wil sur elle la fit rougir jusqu'aux oreilles et ses mains s'entortillèrent dans sa cravate, tandis qu'elle détournait la tête, trop brusquement pour que cela paraisse naturel.
- Non. Pour… tout le temps, marmonna-t-il.
- Je … je pensais que c'était en attendant de trouver mieux.
- Quoi de mieux que de travailler avec George Weasley ? s'exclama James, qui ne semblait pas avoir remarqué la tension entre les deux autres. C'est quand même …
- Ton oncle, on sait, soupira Dewi.
- J'allais dire un génie, un précurseur, le synonyme de la réussite, rétorqua le jeune homme en la fusillant du regard. Qu'est-ce que tu veux trouver de mieux ? Mis à part joueur de Quidditch professionnel, bien entendu.
Un mince sourire s'afficha sur le visage de Wil, qui approuva du chef, tout en surveillant Nella du coin de l'œil. Cette dernière ne put s'empêcher de sourire à son tour, presque convaincue par la tirade de James et le jeune Gryffondor soupira intérieurement.
- Oui, ça peut être… cool, conclut la jolie Serdaigle sans vraiment le penser.
