Merci à LuuMineusement, ChevalHistoire, Isabelle Pearl, dobbymcl, Shiriliz, Guest (Dom est bien plus forte que Harry t'as vu ! Bon, elle a pas fait exprès, mais on la félicite quand même ! T'as raison, va y avoir du grabuge ! Merci pour ta review à bientôt :) ), Barbiemustdie, Pepoune (Roh, t'excuses pas, c'est pas la taille qui compte x) Isaac est très têtu et Dom n'a pas encore trouvé réellement le moyen de percer sa carapace mais ça viendra petit à petit ! Merci pour ta review ! :) ) et SmilingSparrow !

Bonne lecture !


Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences.

Anna Gavalda


- Ils sont complètement tarés, soupira Dominique Weasley, allongée sur le canapé de la salle commune de sa maison, un énorme manuel dans les mains. Qui s'inquiète de savoir de quoi se nourrit une Acromentule ? C'est pas comme si je rêvais d'avoir un élevage dans mon grenier.

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- Ça fait trois heures que tu nous obliges à réviser. Par pitié, Nel… Je suis un cas désespéré en Métamorphose et tu le sais très bien ! Je sais que les ASPICS sont dans deux mois ! Mais, pardon, je n'en ai rien à foutre et, en plus, ma vessie va exploser ! Laisse-moi au moins aller aux toilettes. James, Dewi arrêtez de ricaner comme des hyènes ! Heu… Nel, lâche ce manuel tu veux ? Aïe !

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- J'ai croisé Albus Potter, regardez ce qu'il m'a vendu. De la potion de force. Avec ça, plus besoin de dormir. Je m'en fous que ça rende dépendant Isaac, je m'en fous réellement. A vrai dire, j'ai plus peur de la raclée que va me foutre ma mère si j'ose louper un seul ASPIC. Sans parler d'Isabel. Je sais pas laquelle me terrifie le plus. Heather, je me tais si je veux.

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- Passionnant ce devoir d'Histoire, n'est-ce pas ? Abel ? Abel ? Tu dors ?

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A vrai dire, Gemma Lysenko ne trouva même pas le temps de se torturer à propos du mystère du septième étage durant la semaine qui suivit. Les professeurs semblaient s'être rendus compte que les ASPICS arrivaient à toute allure et les abrutissaient de devoirs notés et d'exercices, tout en accélérant le rythme afin de finir le programme à temps.

Cela finit par la plonger dans une léthargie profonde, dont elle sortait rarement, trop occupée à étudier, perturbée par le retard qu'elle avait pris dans certaines matières. Elle n'était montée au septième étage que deux fois, toujours avec Dominique, et lisait consciencieusement ses fiches en ignorant cette dernière tout en restant bien cachées derrière une armure. La Poufsouffle ne paraissait pas lui en tenir rigueur, profitant elle-même de ces instants pour dormir. Cela avait néanmoins faillit dégénérer lorsque la Serdaigle avait découvert de la bave sur son épaule.

Entre son petit-ami, qui l'épaulait néanmoins dans cette épreuve, les cours, les devoirs, et le septième étage, Gemma avait rarement bien dormi durant cette semaine. Mais cela ne faisait qu'accroitre son efficacité et elle n'était même pas fatiguée, s'en réjouissant sans s'en préoccuper.

- Je reviens, il faut que j'aille me dégourdir les jambes, murmura Abel Johnson en s'étirant brusquement. Tu me feras lire après ?

La Préfète-en-Chef hocha la tête distraitement, sa bouche s'étirant en un fin sourire lorsque son amoureux l'embrassa doucement. Elle leva les yeux de ses fiches et le suivit un instant du regard, jusqu'à ce qu'il passe la porte de la bibliothèque où ils étudiaient depuis le début de l'après-midi. Lorsqu'elle tourna la tête, elle n'était plus seule à la table.

La jeune fille dissimula au mieux sa surprise et parvint à afficher un masque de neutralité qui ne pouvait néanmoins égaler le visage de façade de son interlocuteur. Les yeux aussi noirs que ses cheveux, doté d'une peau très blanche qui ne devait pas supporter le soleil, Isaac Nott lui faisait penser à un vampire. Qu'est-ce que lui voulait le Serpentard ? Lui sucer tout son sang et l'abandonner dans un couloir désert à la merci du premier venu ?

Hé, c'était peut-être ça la solution à leur énigme ! L'agresseur était un vampire doté d'une particularité tout sauf anodine : il ne prenait pas de sang à ses victimes, seulement les os.

Reprenant peu à peu ses esprits, Gemma se demanda si elle devait engager la conversation en premier. Elle décida que non car c'était lui qui s'était incrusté à sa table. Elle attendit plus longtemps que ce qu'elle espérait, Nott semblant perdu dans les rayonnages qui leur faisaient face. Lorsqu'il daigna se retourner vers elle, ce fut son visage sans expression qui la marqua le plus.

- Dominique est à l'infirmerie, murmura-t-il.

Comme s'il lui annonçait qu'il allait pleuvoir demain.

- Une espèce de bronchite.

Il ne pouvait comprendre la vérité dissimulée dans cette maladie bénigne mais les traits de Gemma se déformèrent aussitôt. Même si elles étaient en mauvais termes en ce moment - et toujours pas amies non plus, malgré leur entente des derniers mois -, elle s'inquiéta instantanément. La Poufsouffle avait-elle eu une autre de ses crises ? Intérieurement, elle se promit de faire un détour par l'infirmerie à la fin de la journée.

- Elle m'a interdit de remonter au septième étage seul.

Pas un seul instant, Gemma n'avait pensé à demander à Dominique si elle était remontée là-haut avec les deux autres. C'était de cette manière qu'elle avait réussi à occulter sa trahison, la rendant totalement inexistante. Nott lui apportait la preuve sur un plateau que la Poufsouffle ne montait pas au septième étage qu'avec elle. Néanmoins, il était sûr et certain qu'ils n'avaient aucun résultat car elle ne lui aurait pas dissimulé une information capitale.

Une minute. Etait-ce une invitation à monter au septième étage avec elle ?

Son air horrifié ne passa pas inaperçu car le jeune homme reprit.

- Quand elle te demandera, tu ne m'as pas quitté d'une semelle, compris ?

- Heu… pourquoi ?

Son regard se fit plus éloquent et Gemma ouvrit légèrement la bouche, se demandant si elle avait réellement bien compris.

- Tu as peur de Dominique ? s'exclama-t-elle, peut-être un peu trop fort.

Le jeune Serpentard fronça les sourcils, l'air légèrement vexé. Il fusilla du regard un groupe de Poufsouffle qui avait osé s'intéresser à eux quand Gemma avait haussé le ton. La jeune fille haussa les épaules, dans un semblant d'excuses.

- Non, tu as peur de Potter. Moi, je cherche seulement à éviter les ennuis, nuance.

La Préfète-en-Chef n'eut pas le temps de répliquer qu'il avait déjà tourné les talons, bousculant sans faire exprès un des gamins de Poufsouffle. La scène qui venait de se dérouler lui semblait déjà surréaliste, presque comme si elle n'avait eu lieu que dans l'un de ses rêves. Elle décida de ne pas chercher à comprendre pourquoi Nott désirait éviter une scène de la petite blonde qui, décidément, ne pouvait pas l'effrayer avec son mètre cinquante et ses quarante kilos. Il y avait des choses qu'il valait mieux ignorer.

oOoOoOoOoOo

- Hé mais c'est mon chouchou !

- Non, pas du tout, c'est mon frère qui me l'a offert.

- Tu mens ! C'est le mien !

- Mais puisque je te dis…

- Rends-le moi !

- Mais… Aïe !

- Rends-le moi je te dis !

- Par le caleçon de Merlin, t'aurais mieux fait de rester à l'infirmerie et… AÏE ! TU VAS ARRÊTER ?

Alors que Dominique Weasley tirait de toutes ses forces sur l'élastique noir qui retenait les cheveux de Joana Mayer et dont elle revendiquait la propriété, Molly Weasley et Isabel Lowell échangèrent un regard éloquent.

- Les choses redeviennent normales, murmura la slave à la rouquine.

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Le soir même, Gemma Lysenko eut la désagréable surprise de constater qu'elle devait faire sa ronde avec le Préfet-en-Chef. Ce fut Lou Delort, la Préfète des Serpentard qui lui apprit que l'élève malade et qui avait permis de faire permuter les équipes était de nouveau sur pied, peu avant qu'elle ne se rende devant la salle des Professeurs pour chercher son planning.

- Lysenko ? Tout va bien ?

Gemma sursauta, étonnée qu'on s'adresse à elle et adressa un sourire circonspect à Isabel Lowell qui lui avait posé la question. Elle rassura à demi-mots cette dernière avant de s'éloigner.

Sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi, les amis de Dominique avaient pris l'habitude de la saluer lorsqu'ils la croisaient dans les couloirs alors qu'elle n'avait jamais vraiment parlé avec un seul d'entre eux, hormis Bensberg qui n'hésitait plus à lui demander des conseils en cours de Duels. Au début, elle avait pensé à une blague mais, après réflexion, elle s'était dit que leur gentillesse était due à sa nouvelle entente avec Weasley.

Seule Camille Teyssier avait toujours l'air d'un Véracrasse constipé lorsqu'elle la saluait mais la Préfète-en-Chef ne s'en préoccupait guère.

En croisant son reflet dans un miroir, elle comprit pourquoi Lowell s'était inquiétée de son état de santé. Toujours enrhumée, la Préfète-en-Chef avait le nez rouge et les yeux cernés. Son teint était cireux et ses yeux à peine entrouverts. Quand elle avait su qu'elle devait passer deux heures avec Potter ce soir-là, un coup de chaleur s'était emparé d'elle et ses joues et ses oreilles étaient toutes rouges.

La jeune fille dut bien s'avouer qu'elle craignait beaucoup la tournure malheureuse que ne manquerait pas de prendre cette ronde.

Néanmoins, elle ne fit pas demi-tour et finit par arriver devant la salle des Professeurs. Elle n'était pas la première et croisa Louis Weasley et son homologue féminin qui en sortaient justement. Après les avoir saluer, elle pénétra à son tour dans l'antre des professeurs et Londubat lui remit leur feuille de route. Après l'avoir parcourue, la jeune fille constata que la majeure partie de leur patrouille se ferait dans les cachots.

Elle salua Londubat et les quelques professeurs présents - dont Wiertz qui discutait avec Assem, et ils n'avaient pas l'air d'accord sur quelque chose à en juger par la grimace de mépris de cette dernière- et, lorsqu'elle ressortit, Potter était là, près à entrer. Son geste de la main pour ouvrir la porte se retrouva suspendu en l'air et Gemma lui tendit leur feuille de route sans prononcer un mot, comme à son habitude.

La Préfète-en-Chef le contourna pour se retrouver dans le couloir et se dirigea vers les escaliers sans attendre son homologue. Au final, elle espérait qu'il ne la suive pas mais, même si ce n'était sûrement pas l'envie qui lui manquait, le garçon la rejoignit en quelques enjambées. Ils descendirent silencieusement les marches, Gemma ralentissant exprès le pas pour ne pas avoir la sensation désagréable du regard noir de Potter posé sur sa nuque.

La majeure partie de leur ronde se déroula ainsi. Potter marchait devant, elle suivait sans jamais le dépasser et arriva même à se perdre dans ses pensées au bout d'une heure de silence. Ils ne croisèrent personne, pas même un élève récalcitrant au couvre-feu - ce qui arrivait beaucoup depuis qu'il avait été reporté à vingt heures- et réussirent à parcourir les trois-quarts des couloirs des cachots sans se parler.

Il était presque minuit lorsqu'ils prirent le chemin du retour, toujours sans avoir prononcé une seule parole.

- Au fait, tu n'as toujours pas fait soigner ton immondice d'éclabouille ? Johnson ne dit rien quand ça lui explose au visage ?

Le cœur de Gemma loupa un battement et elle cessa de marcher pendant quelques secondes. Au final, elle avait cru qu'il la laisserait peut-être tranquille mais on en revenait toujours aux mêmes remarques ridicules et enfantines avec Potter. Ce dernier ne s'était d'ailleurs même pas retourné pour lui lancer cette méchanceté.

Rageuse, elle baissa la tête et repris sa marche. De toute façon, ils n'en avaient plus pour très longtemps. Il fallait juste qu'elle tienne jusqu'au bureau des Professeurs où ils iraient rendre compte à celui d'entre eux qui était d'astreinte qu'ils n'avaient rien vu de suspect. Ensuite, elle pourrait s'éclipser dans la salle commune des Serdaigle.

Mais James, lui, ne comptait pas la laisser s'en tirer à si bon compte.

- Je me disais bien aussi que tu n'aurais pas très longtemps les couilles de riposter, la nargua le Préfet-en-Chef, toujours sans se retourner. Ah, les désagréments de la célébrité…

Là, Gemma fronça les sourcils. Il avait pourtant très bien vu qu'elle était tout à fait capable de lui tenir tête, la dernière fois du moins et pendant un laps de temps très court. La rumeur lancée par Dominique suite à ça n'était d'ailleurs pas des plus agréables. Qu'est-ce qu'il cherchait ? Qu'elle recommence à l'insulter ?

Elle se souvint de ses airs victorieux lorsqu'elle s'enfuyait en larmes devant lui l'année dernière. Elle se souvint de la jouissance qu'il paraissait tirer de sa déconvenue. Elle se souvint de son étonnement lorsqu'elle avait enfin été capable de lui faire fermer son clapet.

Enfin, elle se souvint de Dominique lui disant que Potter ne respectait que les personnes capables de lui tenir tête.

Et pour la première fois depuis des mois, elle comprit que la petite blonde avait raison. C'était stupide, immature et complètement fou mais Potter ne la laisserait jamais tranquille s'il ne comprenait pas qu'elle était tout à fait capable de lui arracher la tête et de l'exposer dans la grande salle comme un trophée.

Sauf qu'elle n'était pas capable de ça. Vraiment ? Elle l'avait bien fait la dernière fois. Mais c'était parce qu'elle s'était imaginée être en face de Dominique et n'avait aucun problème à résister au caractère fort de cette dernière. Cela ne pouvait pas marcher à tous les coups.

La jeune fille fut soudainement déséquilibrée par l'une des marches du grand escalier et manqua de tomber à la renverse. Le rire gras et moqueur de Potter fut le déclic. Elle était tout à fait capable de s'opposer à ce despote en couche culottes.

- Écoute Potter, lança-t-elle d'une voix étonnement claire. Je pourrais te répéter milles et unes fois que tu es un emmerdeur profond, que tu as une tête si grosse que je ne sais pas comment elle passe les portes, que tu n'as pas plus de jugeote qu'un troll et que si j'étais à la place de tes parents, je n'oserais plus me regarder en face pour avoir produit une immondice pareille. Mais je suis sûre que tu n'intègrerais pas la chose, alors à quoi bon me fatiguer ?

La tête haute, sans néanmoins regarder le garçon, elle le dépassa alors qu'ils arrivaient sur le palier du deuxième étage. Elle commença à perdre le mince courage acquis jusqu'ici en sentant un regard menaçant derrière elle mais s'interdit de flancher.

Il était temps qu'elle mette un terme à tout ça. Elle ne pouvait plus vivre dans la crainte d'un adolescent de son âge, aussi effrayant et mauvais soit-il. Elle n'allait pas laisser Dominique la défendre jusqu'à la fin de l'année. Il en allait de sa santé mentale mais aussi du mince orgueil qu'il lui restait.

- Maintenant, tu permets, je vais me coucher. Tu n'as qu'à faire le compte-rendu aux professeurs tout seul.

La Serdaigle accéléra le pas, peu désireuse de se prendre un maléfice dans le dos et ne s'autorisa à respirer que lorsqu'elle fut sûre que Potter ne l'avait pas suivie et était descendu au deuxième étage pour se rendre dans la salle des professeurs.

Elle avait réussi.

Oh, il ne fallait jamais mettre l'attelage avant les hippogriffes et ce n'était qu'une bataille qu'elle avait remportée, pas la guerre, mais c'était un immense pas en avant.

Sa phobie était vaincue. Pour ce soir du moins.

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Le lendemain matin, Gemma Lysenko se réveilla avec la vague impression qu'elle venait de sortir d'un mauvais rêve. Il lui fallut quelques secondes avant de constater qu'elle était bien dans son lit, qu'à côté d'elle se trouvaient les filles de son dortoir, moins Nella. Mais, entendant l'eau couler dans la salle de bain, elle paria que son ancienne meilleure amie n'était pas très loin.

Elle avait tenu tête à Potter, pour la deuxième fois, songea-t-elle en enfilant son uniforme.

Était-ce bien ? Était-ce mauvais ?

Seule la suite des évènements pourrait lui dire. Pour l'instant, elle constata, malgré un pincement à l'estomac, qu'elle se sentait seulement… soulagée. Pas fière d'elle, ni même victorieuse mais soulagée d'avoir retrouvé un semblant de fierté.

La jeune fille quitta son dortoir sans un mot pour ses camarades et fut heureuse lorsqu'elle aperçut la chevelure châtain rassurante de son petit-ami. Ce dernier, l'air très en forme comme d'habitude, discutait avec Savannah Harper, la petite-amie de Louis Weasley, qui tenait un gros livre de Botanique dans ses mains. Ce dernier, à côté d'eux, lisait quelques fiches de révision sans paraitre tenir compte de la discussion des deux autres.

- Salut, murmura Gemma avec un petit sourire, se laissant tomber à côté d'Abel Johnson.

Ce dernier l'embrassa sur la joue, Harper lui lança un sourire véritable et joyeux et Louis Weasley daigna à peine lever les yeux vers elle.

- Oh, tu as encore besoin de cours de soutien ? s'enquit la Préfète-en-Chef à l'attention de la jeune fille, se rappelant qu'une fois, Abel avait dit qu'il devait l'aider dans cette matière.

Gemma désignait le livre de Botanique qu'elle tenait et bizarrement, le regard de Savannah se fit plus perplexe.

- Savannah est une tête en Botanique. Plus que moi, même, grogna Weasley, comme si ce détail le dérangeait.

- J'ai du me tromper, supposa Gemma en haussant les épaules.

Elle lança un regard interrogateur à Abel qui lui répondit par un grand sourire. Son petit-ami encercla ses épaules de ses bras et, bientôt, ils descendirent déjeuner, laissant les deux sixièmes années seuls. Gemma ne put ainsi pas remarquer le regard de connivence qu'échangèrent Louis et Savannah, comme s'ils venaient de comprendre quelque chose.

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- Je crois qu'il y a une histoire de princesse et de souris dans le truc, marmonna Dominique Weasley, cherchant vainement dans ses souvenirs.

- De crapaud. Ce n'est pourtant pas compliqué. La princesse embrasse le crapaud et il se transforme en prince ! Je te l'ai raconté hier encore.

Peu désireuse de faire des vagues en expliquant que tout ceci l'intéressait autant que les bas de sa grand-mère, Dominique hocha la tête, espérant être suffisamment convaincante pour Camille Teyssier. Les deux Poufsouffle se trouvaient dans le hall et venaient de déjeuner tout en révisant leur cours d'Etude des Moldus qui portait sur les contes. D'habitude, elle n'était pas mauvaise dans cette matière, simpliste à son goût mais, là, c'était vraiment trop compliqué. Les moldus croyaient à la magie - enfin, cela faisait partie du folklore moldu du moins - et des dizaines d'histoires toutes plus folles les unes que les autres avaient germé dans la tête d'auteurs tout aussi fous.

Un crapaud qui se transforme en homme ? A part si c'était un Animagus, elle ne voyait pas comment.

- Les souris, ce sont celles de Cendrillon. Tu confonds.

- Ouais, ouais, approuva Dominique. Ma mémoire… L'âge… Tu comprends.

- Oh oui, soupira Camille en hochant la tête.

Les deux filles pouffèrent tout en s'avançant vers le grand escalier. La première heure de cours allait bientôt sonner et la plupart des septièmes années devaient assister au cours de Sortilèges, où Scott allait leur rendre leur dernier devoir. Celui-là, Dominique ne l'avait pas révisé plus de cinq minutes et elle s'attendait à recevoir un P.

Au passage, Lysenko les rejoignit, après avoir quitté son bellâtre de petit-ami à qui Dominique offrit son plus beau regard noir. Il lui répondit par un grand sourire qu'elle jugea arrogant.

- Salut.

- Salut !

- Salut.

Camille n'appréciait pas vraiment Lysenko et, contrairement aux autres Poufsouffle ne faisait pas réellement d'efforts pour être polie avec elle. Dominique n'avait rien dit mais elle sentait que cela ne servait à rien d'insister. Après tout, elle-même n'était pas amie avec Lysenko, elle n'allait pas forcer Camille à l'apprécier.

Les trois filles marchèrent silencieusement pendant quelques minutes, pénétrèrent dans le couloir desservant les salles de Sortilèges et étaient presque arrivées quand un grand brun, plutôt sec, bouscula la Préfète-en-Chef.

Cette dernière bascula en avant, se rattrapa tant bien que mal à Camille qui, pas méchante pour un sou tout de même, l'aida à se redresser.

- Hé Potter ! Apprends à marcher ! grogna immédiatement Lysenko.

Le regard des deux Poufsouffle convergèrent vers elle, tandis que ledit Potter s'arrêtait net. Doucement, il se retourna, jaugeant la Serdaigle comme si elle avait été une poussière sur sa manche, bailla et reprit, une fois certain de son effet.

- Pardon, je t'avais confondue avec la crasse sous mes pieds.

- Crétin !

- Morue !

La scène devenait tellement surréaliste que Dominique pinça Camille pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. Cette dernière glapit, avant de lui asséner une tape sur la tête. Pendant ce temps, Carlson, Jordan et Flint - qui semblait ne faire plus qu'un avec la bande à Potter ces dernières semaines -, les avaient dépassés et embarqué Potter avant de disparaitre au coin du couloir.

Peut-être qu'elle avait rêvé mais, un instant, elle avait cru voir Dewi Carlson se retourner et adresser à Gemma un sourire qui n'avait rien de moqueur.

- Bah …

- … ça …

- … alors, compléta Dominique, les yeux grands ouverts.

- Quoi ? s'agaça Gemma.

Weasley et Teyssier avaient toutes les deux le même air ahuri, la bouche grande ouverte et des yeux de merlans frits. La Préfète-en-Chef ne put s'empêcher de rougir, mal à l'aise et grogna dans sa barbe avant de taper immaturement du pied.

- Non, c'est bon, c'était juste un rêve, assura Dominique en sortant de sa léthargie. Elle est tout aussi idiote que d'habitude.

Teyssier gloussa à son tour et toutes trois se rendirent en cours, Gemma et Dominique s'insultant allégrement tout le reste du trajet.

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- Weasley, cessez de ricaner bêtement. Vu la note de votre dernier devoir, je vous colle une retenue. Vous utiliserez votre trop plein d'énergie à bon escient comme ça.

Dominique, qui était en train de pouffer suite à un bon jeu de mot d'Isabel Lowell, grimaça tout en attrapant le parchemin que lui tendait Scott, la mine fermée. Son professeur de Sortilèges (et Directeur de Maison) lui lança un regard noir et elle-même eut moins envie de rigoler en découvrant sa note. Un "P". Un misérable "P". Bon, d'accord, elle était une larve en Sortilèges mais quand même.

Même Joana avait réussi à décrocher un "A" et la brune lui offrit son plus grand sourire goguenard. Deux rangs plus loin, à côté d'Arthur, Camille lui lança un petit sourire compatissant, alors qu'elle venait de recevoir un "O".

- Comme si j'avais que ça à faire, grogna la jeune Poufsouffle alors que Scott lui tournait le dos.

- Une retenue de plus Weasley. Je l'ai dit et le répète - Potter, taisez-vous ou vous rejoindrez Weasley en retenue, votre D est pitoyable -, vous n'avez que ça à faire. Les ASPICS sont dans moins de deux mois, il serait peut-être temps de vous en rendre compte. Pour ceux, comme Weasley qui n'ont pas réussi à récolter la moyenne - Potter, vous en faites partie -, je mets à disposition des devoirs supplémentaires. Avant que l'un de vous ne pose la question, ils sont obligatoires et notés.

Dominique dut se concentrer pour ne pas hurler au scandale mais un coup de poing de Molly, assise à sa gauche, la convainquit finalement de ne pas faire d'esclandre. Scott n'était pas un tendre et n'aurait eu aucun remord à lui rajouter une retenue en plus.

Le Professeur se dirigea ensuite vers l'estrade, agitant sa baguette devant le tableau où la correction du devoir s'afficha. Il y eut encore un peu d'agitation dans les premiers temps et ce fut Anatole Bensberg qui prit pour les autres, écopant d'une retenue lui aussi. A la décharge de Scott, il s'était retourné pour parler avec Dominique ou Joana même s'il n'avait pas eu le temps d'ouvrir la bouche.

Les deux heures passèrent lentement, très lentement. Dominique tint près d'une heure avant de laisser son esprit se détacher de la correction du devoir qu'elle n'était de toute façon pas prête d'intégrer vu son piètre niveau en la matière.

La veille, elle avait eu une crise plus violente que les autres. A ce moment là, elle se trouvait fort heureusement en compagnie de Molly qui avait été la seule à voir son malaise et l'avait immédiatement conduite à l'infirmerie. Elle n'avait pas pu échapper aux remontrances de Pomfresh qui n'avait même pas attendu qu'elle récupère son souffle avant de lui faire la morale.

"Elle s'épuisait trop. Elle ne faisait pas assez attention. Elle allait finir à Sainte-Mangouste avant la fin de l'année."

Et pourquoi pas dans une boîte en pin, les deux pieds en avant aussi ?

L'infirmière exagérait. Il était normal qu'elle soit fatiguée entre les entrainements de Quidditch, les devoirs qui se faisaient de plus en plus nombreux et l'obsession de Gemma, James et Isaac pour cette salle du septième étage.

Parlons-en de ces trois-là.

Gemma refusait de se trouver en présence de son cousin ou du Serpentard. Depuis, elle boudait et ne l'avait accompagnée là-haut qu'une ou deux fois.

James refusait de subir la tête pleine d'éclabouille de Lysenko et ne rêvait que d'une chose : mettre son poing dans la figure d'Isaac. Dominique n'avait même pas discuté et l'accompagnait là-haut avec plus ou moins d'entrain. Souvent, elle se contentait de titiller son cousin ou de dormir sur son épaule - à bien y réfléchir, sa relation était la même avec la Préfète-en-Chef en ce moment - sans que rien ne se passe.

Heureusement, Isaac était plus réfléchi. Il se contentait de l'écouter rendre compte de leurs interminables escapades là-haut et la seule fois où il avait voulu monter au septième étage, elle était à l'infirmerie et l'avait rapidement convaincu de se rendre là-bas avec Lysenko. Bizarrement, il avait accepté sans rechigner.

- Debout, lui ordonna Isabel en accompagnant ses paroles d'un coup de coude.

Apparemment, le cours était terminé. Dominique rangea rapidement ses affaires tandis que tous les autres élèves se précipitaient hors de la salle. L'emploi du temps des élèves était à présent consacré aux options, ce qui voulait dire qu'elle avait Etude des Moldus et le contrôle qui allait avec.

Peu motivée, Dominique se retrouva à marcher entre un Anatole Bensberg encore boudeur à cause de la retenue à laquelle il n'avait pas échappé et une Camille plutôt silencieuse.

- Tout ça à cause de Lysenko, grogna le garçon au bout de quelques minutes de marches.

Ils étaient d'ailleurs presque arrivés au deuxième étage, devant la salle de cours.

- Quoi Lysenko ? s'enquit Dominique, étonnée de le voir si amer envers la Préfète-en-Chef.

- La retenue ! C'est à cause d'elle. Je voulais juste vous dire qu'elle avait eu un EE.

- Un EE ? s'exclama la Poufsouffle. Elle ?

En effet, pour ce qu'elle en savait, la Serdaigle était abonnée aux O dans toutes les matières ou presque et les Sortilèges était son domaine de prédilection. Un large sourire s'étira sur les lèvres de la Capitaine lorsqu'elle songea qu'elle allait pouvoir l'embêter avec ça pendant trois jours au moins et elle se mit à rire en imaginant la tête de vieille chouette courroucée qu'allait faire cette dernière.

- Tu traînes trop avec Joana, espèce de commère, remarqua Camille qui ne paraissait pas saisir l'ampleur de la nouvelle.

- Hé, je suis juste derrière ! entendit-on. Je ne suis pas une commère…

- Oh que si, soupirent les trois adolescents en chœur.

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- EE ! chantonna Dominique pour la sixième fois depuis le début du cours de Duels.

Et, pour la sixième fois, Gemma lui envoya un sortilège de bloque-jambes qui la fit chuter par terre et atterrir douloureusement sur les fesses, manquant de peu le matelas prévu pour éviter les blessures et qui n'était qu'à dix centimètres à sa droite. La Poufsouffle ne pouvait même pas se plaindre - elle était sûre et certaine que la Serdaigle orientait ses sortilèges de telle sorte qu'elle se décale à chaque fois vers la droite et, donc, à côté du matelas -, étant donné que ce sortilège faisait partie de la liste à étudier.

Et, malgré la douleur de son fessier, hors de question de plier sous les œillades vengeresque de la Serdaigle.

- EE ! répéta-t-elle avec un grand sourire.

- T'as pas l'impression d'en faire trop ?

- T'as pas l'impression d'avoir un balai dans le cul ?

Lysenko poussa un soupir et, agitant négligemment sa baguette tout en regardant d'un œil distrait Nella Flint rire aux éclats avec Wil Jordan, elle lança une nouvelle fois le sortilège de bloque-jambes à Dominique. La Poufsouffle tomba sur le bras droit et poussa un couinement.

- Comment elle fait ça ? cracha-t-elle en se relevant.

- Le talent, le talent.

Anatole Bensberg, qui partageait à présent les cours de duels entre Dominique et Lysenko et Thomas Ayling qu'il appréciait, ricana doucement, prenant bien soin de ne pas se faire entendre par la jeune fille. Mal lui en prit car, si les réflexes de Dominique laissaient à désirer, son ouïe fonctionnait très bien et ses poings aussi. Il reçut un coup dans le ventre qui valut à la jeune fille trois points en moins de la part d'Assem qui rodait dans le coin.

Le cours se termina quelques minutes plus tard, et autant dire que Dominique n'avait pas intégré un seul des sortilèges sur la liste. A vrai dire, à part le Flipendo qu'elle maitrisait parfaitement depuis que Wiertz le lui avait appris quelques mois plus tôt, le reste lui paraissait trop difficile et elle ne faisait pas vraiment d'efforts. A peine son Bombardus Maxima réussissait à faire reculer de quelques pas Lysenko.

Tous les élèves s'entrainaient maintenant uniquement aux sortilèges. Même si Isaac et James ne maitrisaient toujours pas le sortilège du Patronus, Wiertz paraissait avoir lâché prise sur ce coup et les avait enjoint à suivre la liste eux aussi, pour ne pas prendre de retard.

Dominique traina un peu, comptant bien qu'Isaac la raccompagne mais, maintenant qu'il ne devait plus subir les sermons interminables de Wiertz sur sa non-concentration pour faire apparaitre un Patronus, le Serpentard ne voyait plus l'intérêt de s'attarder plus et il disparut très vite dans le hall. Elle fut contrainte à ranger les matelas et le reste du matériel, aidée par Gemma et, plus loin, quelques élèves d'années inférieures.

Lorsqu'ils eurent finis, la plupart des professeurs avaient disparu et il ne restait plus que Londubat qui les enjoignit, comme d'habitude, à la plus grande prudence en regagnant leur dortoir.

- On remonte vite fait ? chuchota la Serdaigle.

Dominique la regarda bizarrement avant d'acquiescer. En vérité, elle était certaine que Lysenko allait sauter sur l'occasion (et sur son EE) pour ralentir un peu leurs recherches. Enfin, Dominique disait recherches pour lui faire plaisir car si on lui avait demandé de nommer ce qu'étaient leurs longues gardes dans le couloir, elle aurait simplement dit "perte de temps".

La jeune fille regarda sa montre : il était à peine plus de vingt-deux heures. D'ici une heure elle serait en train de dormir tranquillement dans ses draps propres. Peut-être même qu'elle pourrait commencer sa nuit là-haut.

Les deux adolescentes passèrent la porte de la Grande Salle et se retrouvèrent dans le hall désert, ou presque. Dominique sentit la Préfète-en-Chef se tendre à ses côtés, elle aussi avait reconnu son homologue masculin. James semblait attendre quelque chose et il ne fallait pas avoir fait Médicomagie pour savoir que c'était elles. Enfin, elle plutôt.

D'ailleurs, en les voyant, il sortit du recoin où il s'était dissimulé grossièrement pour échapper à la vigilance des professeurs, eux aussi pressés d'aller se coucher.

- Lysenko tu peux dégager, je monte avec elle, attaqua-t-il directement en s'adressant à Dominique uniquement.

Apparemment, et le contraire eut été étonnant, le rouge et or n'avait pas digéré l'altercation matinale avec Lysenko. Dominique aurait été plus surprise s'il avait ne serait-ce qu'étiré un sourire en direction de la brune.

- Heu, "elle" n'est pas d'accord, rétorqua-t-elle immédiatement.

La Poufsouffle esquissa un sourire entendu à l'intention de Lysenko qui avait brusquement perdu le peu de couleurs qu'il lui restait mais ne faisait pas mine de se défendre. La jeune fille fronça les sourcils, un peu perdue. Après la hargne qu'avait mis Gemma à insulter son cousin, elle pensait qu'elle aurait au moins la décence de paraitre moins effrayée en sa présence.

- Pourquoi ? s'enquit James avec arrogance.

- J'monte avec Gemma. Soit tu viens avec nous, soit tu retournes dans les jupes de Carlson et Jordan.

Elle ne se préoccupa pas plus du regard noir de son cousin que de celui que lui octroya la Serdaigle après sa proposition et esquissa un sourire aussi idiot qu'ironique.

Il y avait un peu de sadisme là-dedans. Elle ne pouvait nier qu'elle avait envie de voir James pousser la Serdaigle dans ses retranchements et cette dernière réussir encore une fois à se défendre, à défaut de faire fermer son bec à ce grand dadais qui avait l'air un peu perdu dans son jean moldu, trop grand pour lui.

A force d'habitude, la Préfète-en-Chef arriverait peut-être à jeter un maléfice au Gryffondor. Et, comme elle était beaucoup plus douée que lui en Sortilèges, Dominique comptait bien être présente le jour de sa déchéance.

Sans compter que cela animerait un peu la soirée qui s'annonçait morne.

- Même pas en rêve, affirma James en s'éloignant.

Tant pis, elle se contenterait de baver sur l'épaule de Lysenko qui avait présentement repris un peu de couleur.

La Poufsouffle haussa les épaules d'un air faussement désolé et s'avança vers les escaliers, juste derrière James qui commençait déjà à remonter vers sa salle commune et devant Lysenko qui ne mouftait toujours pas.

- Tu fais chier, s'exclama brusquement son cousin en s'arrêtant net et se retournant vers elle, une expression indéfinissable sur le visage.

Indéfinissable ? Pas pour Dominique qui savait très bien qu'elle n'échapperait pas à des remontrances de sa part pour avoir osé lui faire respirer le même air que Lysenko pendant plus d'une demi-heure. Peu importe, elle courrait plus vite que lui.

Étonnement, il ne fit plus aucun commentaire. L'ambiance était tendue et la Poufsouffle sentait que Gemma n'avait qu'une envie : partir en courant. Elle ne restait de toute évidence que pour une vague histoire de fierté. Cette ancienne salle d'Aritmancie c'était sa trouvaille, son bébé, elle n'allait pas la laisser à son ennemi juré.

Ce qui agaça Dominique plus qu'autre chose. Elle voulait des insultes, de l'action, du sang ! Elle devait se contenter du silence.

Ils arrivèrent vite dans le couloir du septième étage malgré l'obscurité du château et, ce, sans avoir croisé personne. Entre temps, Gemma s'était renseignée discrètement. Aucun Préfèt n'était assigné à ce périmètre peu fréquenté. Ce n'était pas plus étonnant que ça : le château était immense et les moyens limités. Les professeurs se contentaient de surveiller les endroits susceptibles d'attirer les contrevenants au couvre-feu. L'aile droite du quatrième étage et une partie des cachots subissaient le même embargo.

L'agresseur avait donc eu une sacrée veine en choisissant cette salle en particulier.

Dominique, perdue dans ses pensées, ne se fit que très tard la remarque que quelque chose avait changé. Un frisson lui traversa l'échine et, instinctivement, elle recula de quelques pas, tandis que Gemma s'arrêtait et que James les ignorait totalement, avançant à grands pas.

L'odeur. Elle était là, toujours aussi nauséabonde même si elle n'était plus vraiment la même que les dernières fois. Dominique ne s'en étonna pas plus que ça. Gemma et elle en étaient déjà venues à la conclusion qu'elle devait être particulièrement longue à préparer pour avoir choisi de le faire à Poudlard. La personne qui la préparait devait pouvoir ainsi avoir accès à la plupart des ingrédients mis à disposition des élèves et qui composaient la plupart des potions, des plus banales aux plus rares. Il était donc normal que l'odeur change au fur et à mesure qu'on intégrait des ingrédients.

Elle releva le nez, juste à temps pour voir son cousin prêt à appuyer sur la poignée.

- James Potter ! siffla-t-elle.

Comme lorsqu'elle avait voulu empêcher Gemma de tomber dans un piège, la jeune fille se jeta en avant. Cette fois-ci, personne ne l'en empêcha en l'envoyant valdinguer au sol et elle attrapa l'avant bras du tempétueux Gryffondor juste à temps.

- Tu cherches à te prendre un Avada en pleine poire ? chuchota-t-elle, à peine rassurée de se trouver à quelques centimètres de cette maudite porte.

- Non mais...

- Pchut, siffla Lysenko, endiguant sans le vouloir la dispute entre les deux cousins. Il y a quelqu'un là-dedans.

De l'autre côté de Dominique, la Serdaigle avait approché sa nuque de la porte en bois, écoutant avec un réel intérêt ce qu'il se passait derrière. Elle fut aussitôt imitée par James puis, quelques secondes plus tard par Dominique qui n'osa pas rappeler tout haut qu'une porte n'avait jamais arrêté un sortilège, surtout pas un Impardonnable.

Elle reconnut avec une angoisse indescriptible la voix des deux hommes de la dernière fois. Leurs paroles étaient inaudibles et elle supposa qu'ils parlaient Russe ou Roumain, comme la dernière fois. Néanmoins, cette fois-ci, ils n'étaient pas seuls. Il y avait aussi une femme.

Une femme qui parlait d'un ton sec et assuré. Une femme qui avait la voix calme et un peu éraillée par l'âge.

La voix d'une femme qu'ils entendaient tous les trois depuis presque sept ans.

Dans un même mouvement de terreur, les trois adolescents se décalèrent de la porte, se regardant avec effroi pendant quelques secondes.

Cette voix, c'était celle de leur professeur de Potions : Agnès Assem.