Merci à Guest n°1 (Roooh, merde comment t'as deviné que James & Isaac entretenaient une relation secrète ? Ahah, pas convaincue par la culpabilité d'Assem ? Ouais, j'avoue, Gemma a une tendance à être emmerdante mais on en connait tous, une comme ça. Pis j'suis sûre et certaine qu'elle manquerait à tout le monde si elle n'était pas là (Ouais, j'ai une certaine tendance à la défendre et j'assume !). Tu as raison, elle est égoïste et, au fond, ses problèmes sont toujours plus importants que ceux des autres. Malheureusement, elle n'est pas prêt d'éradiquer ce défaut. Bravo pour cette troisième review et merci ! C'est dommage que tu ne sois pas inscrite par contre, j'pourrais disserter plus longtemps sur la coolitude (cachée) de Gem.), Shiriliz, UranusMarie, SmilingSparrow, ChevalHistoire, Elia (Merci pour ta review, ça faisait longtemps :D Pour Gemma/Abel, aller, encore quelques chapitres à tenir, promis ! ), dobbymcl, Marushka G., Guest n°2 (C'est clair qu'avec le nombre de fanfictions sur ce site, faut vraiment le vouloir pour trouver la mienne ! Encore que, j'ai vu que j'étais pas mal classée avec le nombre de mots, je blablate trop x) En tout cas, bravo, tu fais partie des rares qui préfèrent Gemma à Dom ! Bonne chance pour rattraper ton retard et merci pour cette review !) et Barbiethebest.
Merci à Barbiemustdie pour la correction du chapitre et bonne lecture à tous !
« Il se faut s'entraider, c'est la loi de la nature. »
Jean de La Fontaine
Cette voix, c'était celle de leur professeur de Potions : Agnès Assem.
Ils eurent alors la même réaction, la plus humaine possible : ils prirent leurs jambes à leur cou. Ce n'était pas glorieux pour un Gryffondor qui affirmait n'avoir peur de rien,une Poufsouffle qui crânait bravement que rien ne pouvait la déstabiliser et une Serdaigle qui voulait dépasser ses peurs, même les plus profondes. Mais à cet instant, cela leur parut à tous la meilleure solution.
Assem. Leur si sévère professeur de Potions que tous craignaient plus ou moins mais qui avait toujours été juste - bien qu'exigeante - avec chacun de ses élèves. Assem. Cette femme entre deux âges, au chignon toujours si impeccablement serré et à la mine continuellement fermée. Le genre de personne qu'on ne soupçonne même pas de penser à contrevenir à la loi. Bien sûr, pas le genre qu'on apprécie mais celui qu'on respecte, sans trop savoir pourquoi.
Assem. Un membre du corps professoral, en qui ils avaient confiance et qui était tenu de protéger les élèves et non de les agresser.
Un instant, Dominique songea qu'il devait y avoir une autre explication. Ce fut très bref.
Qui, mieux qu'Assem, était à même de préparer les plus complexes des potions au nez et à la barbe de tous ? Personne. Ici, à Poudlard, elle était la plus douée. Elle en connaissait un rayon et avait un talent inné pour ça. C'était si évident qu'elle se demanda pourquoi ne pas l'avoir compris avant.
Et dire que cette tarée s'intéressait à elle et était sur la piste de son secret… Tout son corps frissonna et Dominique se laissa tomber contre un mur, épuisée. James, plus loin devant, n'entendant plus sa cousine courir, s'arrêta net lui aussi. Gemma, qui était un peu à la traine car en moins bonne condition physique, manqua de lui rentrer dedans mais Dominique ne lui fit aucun reproche. Ce n'était pas le moment.
Tout comme ce n'était pas le moment pour que les deux adolescents autour d'elle en profitent pour régler leurs comptes. Ce qui expliquait peut-être pourquoi ils se mirent à discuter tous les trois sans oublier leurs différents mais en les enfouissant dans un coin de leur cerveau.
- C'est totalement fou, souffla James.
- Complètement.
- J'aurais dû y penser avant, marmonna Gemma, rejoignant les pensées de la Poufsouffle.
Avoir écarté momentanément leurs différents n'empêcha pas James de lever les yeux au ciel devant autant de suffisance de la part de la jeune fille. Cette dernière ne le remarqua même pas, tout occupée qu'elle était à faire fonctionner ses méninges.
- C'est pour ça que l'agresseur ne s'est jamais fait prendre. Tous les professeurs ont accès aux tours de garde des Préfets et il était très facile pour elle de les éviter, reprit Gemma en fronçant les sourcils.
- Et encore plus facile d'agresser les autres. On sait tous qu'Assem est presque aussi douée en Sortilèges qu'en Potions, approuva Dominique.
Ils hochèrent la tête de concert, jusqu'à ce que James interrompe le silence, une fois encore.
- Qui sont ces types ? s'enquit James, faisant référence aux deux voix slaves qu'ils avaient entendu.
- Sûrement pas des enfants de chœur, répondit Dominique en haussant les épaules.
Cette fois, ce fut Gemma qui leva les yeux au ciel devant la stupidité de la question de Potter. Si elles savaient qui ils étaient, ils n'en seraient peut-être pas là, à quelques mètres de la salle commune des Gryffondor, à se poser autant de questions.
- Pas maintenant, grogna la jeune Poufsouffle en faisant un signe de la main à son cousin à qui le comportement de Gemma n'avait pas échappé et qui allait visiblement y répondre à sa manière.
La jeune fille posa une main sur son torse, l'empêchant momentanément d'avancer et lui fit comprendre d'un regard que s'il osait déclencher une dispute, sa propre mère ne reconnaitrait même pas son corps. Le jeune homme recula donc d'un pas, songeant à contrecœur que sa cousine avait raison. Ce n'était pas le moment, il pouvait toujours éradiquer Lysenko de la surface de la terre plus tard. Paraissant se souvenir d'un détail, il baissa violemment la tête vers Dominique.
- Tu ne parles pas de ça à ce décérébré de Nott ! s'exclama-t-il.
- Hein ? s'enquit Dominique, un peu désorientée. Mais il marche avec nous !
- C'est un Serpentard ! Ça ne m'étonnerait même pas qu'il soit de mèche avec Assem, affirma le Préfèt-en-Chef.
- Retire !
Dominique avait sorti sa baguette et l'avait pointée sur le torse du Gryffondor, sous l'œil amorphe de Gemma qui ne fit rien pour l'en empêcher. Elle n'était pas loin d'être d'accord avec Potter mais n'allait certainement pas le dire à haute voix. Plutôt crever.
- Il marche avec nous par je ne sais quelle manipulation de sa part, persiffla James, inconscient du danger. Je ne sais pas ce qu'il t'a dit ou fait mais tu te fais avoir en beauté. Ce type ne marche avec personne d'autre que lui-même et tu le sais très bien !
- Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, ragea la jeune fille.
- Tu ne viendras pas te plaindre quand tu apprendras que j'avais raison depuis le début.
- Tu dis ça parce que tu n'as jamais pu le voir.
- Je dis ça parce que ce type ne suit que ses propres intérêts et qu'il n'a aucune, aucune raison de s'allier à nous. C'est un Serpentard !
- Ça ne veut rien dire !
- Au contraire.
- Ton frère est à Serpentard ! Roxanne était à Serpentard ! Et j'ai failli aller à Serpentard ! Ça ne compte pas ça ?
Face à cette révélation, le jeune Gryffondor parut un instant déconcentré. Néanmoins il se reprit très vite et darda un regard noir vers sa cousine.
- De toute façon, tu feras ce que tu veux. Mais je réitère : ne viens pas te plaindre !
Et il tourna les talons, laissant plantée là une Dominique aussi furieuse que vexée qu'il ne daigne même pas l'écouter. James n'était plus qu'une ombre au bout du couloir lorsqu'elle se rappela la présence de la Préfète-en-Chef.
Gemma Lysenko la regardait d'un air indéfinissable qu'elle n'était pas sûre de vouloir comprendre. Lentement, la main de cette dernière vint se poser sur son épaule et elle se racla doucement la gorge, comme si elle n'osait pas parler.
- Quoi ? Tu vas me reprocher toi aussi d'avoir failli être répartie à Serpentard ?
- A vrai dire, je me demande pourquoi tu n'y es pas réellement allée, marmonna la Préfète-en-Chef. Mais non… en fait… Est-ce que tu es amoureuse de Nott ?
Sous le coup de la surprise, Dominique faillit exploser de rire et un gloussement s'échappa de sa gorge, qu'elle refreina très vite. Elles se trouvaient dans un couloir exposé et n'importe qui aurait pu les surprendre. Mieux valait éviter ce genre de déconvenue ce soir.
Mais, elle, amoureuse d'Isaac ? C'était dégoûtant, il avait été son meilleur ami pendant un an, un peu comme un autre elle-même mais en carrément différent. Non, tout ce qu'elle voulait c'était récupérer son attention. Une attention exclusive et unique. Rien de plus.
- D'accord, d'accord, soupira Gemma, paraissant avoir compris le fil des pensées de la jeune Poufsouffle rien qu'en voyant son visage. Mais pardonne-moi, ce type te porte autant d'intérêt qu'à son premier balai jouet. Il n'a pas vraiment l'air d'avoir oublié tes accusations contre son père.
- N'importe quoi. C'est parce que tu ne le connais pas. S'il me parle, c'est qu'il m'a pardonnée. Et je ne comprends pas pourquoi personne ne s'en rend compte, pas même lui. Tu vois pourquoi il est hors de question que je lui mente ? Parce que, quand il l'apprendra, c'est pas pendant six ans qu'il se taira mais toute une vie. Et ça, ce n'est pas envisageable.
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Gemma Lysenko se réveilla avec un étrange mal de ventre qui n'était pas étranger à la tension ressentie la veille. Elle avait mal dormi, rêvant de dragonne - qui ressemblait étrangement à Assem -, de Dominique et même de Nott qui était tout aussi effrayant dans ses cauchemars que dans la vie réelle.
La jeune fille repoussa doucement la couette avant de se redresser sur ses coudes, les yeux encore à demi-clos. Elle se laissa immédiatement retomber sur son lit lorsqu'elle croisa le regard bleu de Nella et se demanda si cette dernière l'avait entendue rentrer aussi tard la nuit dernière ou même se retourner pendant de longues heures dans son lit. Au final, le jour était presque levé quand elle avait sombré dans le sommeil.
La porte claqua et elle estima pouvoir sortir de sa cachette de fortune. Effectivement, c'était bien Nella qui était sortie et il ne restait que deux de ses camarades de dortoir qui chuchotaient entre elles. Gemma n'avait jamais apprécié ces filles et se doutait bien que sa brouille avec la jeune Flint devait être au centre de leurs discussions en ce moment.
La Préfète-en-Chef sentit avec ravissement l'eau brûlante couler sur ses épaules quelques minutes plus tard. Il lui fallait au moins ça pour remettre ses idées en place.
Au final, Nott n'était pas important. Elle ne croyait pas vraiment qu'il puisse être le complice d'Assem, même si elle avait pu le penser un instant la veille au soir. Ce n'était pas les arguments de Dominique qui l'avaient convaincue mais, et elle ressentit un étrange dégoût à cette idée, Potter. Il n'avait pas tort - c'était moins difficile que de dire qu'il avait raison -, Nott était le genre de personne à suivre une seule ligne directrice : la sienne.
Mais Agnès Assem… La Directrice des Serpentard ? La Préfète-en-Chef n'en revenait pas. Non pas qu'elle apprécie particulièrement le professeur de Potions, la jugeant trop dure et sévère dans ses méthodes pédagogiques mais elle lui faisait confiance ! Et… c'était tellement hallucinant qu'elle n'arrivait toujours pas à coordonner ses pensées, même plusieurs heures après leur découverte.
Il était maintenant évident qu'ils ne pouvaient plus gérer ça tout seuls, songea-t-elle en frottant vigoureusement ses cheveux trempés avec une serviette sèche.
La jeune fille réussit à mettre de côté ses pensées le temps de s'habiller et préparer ses affaires de cours. Sa besace sur les épaules, elle descendit ensuite dans la salle commune et eut la surprise de retrouver Abel. Elle n'y avait pas pensé depuis la veille, trop préoccupée, mais son petit-ami était la meilleure manière de se distraire.
Lorsqu'elle se laissa tomber sur la chaise à côté de lui, ce dernier sursauta et se tourna vers elle. Un instant, il eut l'air étrange mais un sourire joyeux s'afficha très vite sur son visage. Il rangea distraitement un bout de parchemin dans sa poche, ce qui n'échappa néanmoins pas à Gemma.
- C'était quoi ? l'interrogea-t-elle après l'avoir furtivement embrassé.
- Oh ça … une lettre de mes parents, répondit-il sincèrement.
- De mauvaises nouvelles ?
- Pas vraiment bonnes disons. J'ai pas trop envie d'en parler, si on descendait déjeuner ?
La Préfète-en-Chef opina du chef, sans pour autant s'empêcher de trouver Abel plus renfermé que d'habitude malgré l'entrain qu'il mettait à sourire. Elle n'insista néanmoins pas, peu désireuse de le brusquer. De toute façon, son petit-ami n'avait pas de secrets pour elle, il finirait bien par lui raconter ce qui l'ennuyait.
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- Weasley, si tu pouvais arrêter de me suivre… Tout le monde te voit derrière cette tenture, c'est très gênant.
Le jeune Nott parlait à une tapisserie qui représentait une scène de Quidditch, le visage légèrement déformé par l'agacement. Il n'avait pas tort, on voyait nettement la droite de la tenture déformée par le corps de Dominique.
Par contre, il n'y avait personne dans ce couloir désert qui menait aux toilettes des garçons au deuxième étage. Le Serpentard en avait seulement marre, parce qu'elle le suivait depuis la fin des cours et qu'il ne pouvait faire un pas dans les couloirs sans sentir sa présence.
Immédiatement, la frêle silhouette de la Poufsouffle se dessina, boudeuse.
- Il n'y a personne, remarqua-t-elle, décidemment très perspicace.
- Ah, vraiment ? Je n'avais pas remarqué, rétorqua-t-il, ironique.
La jeune fille ne fit même pas l'effort de répliquer et il fronça les sourcils, détaillant sans vergogne son visage saillant. Elle avait l'air... préoccupée. Ce n'était pas vraiment la Dominique qu'il avait connu, ni même celle qui paradait dans les couloirs en reine des abeilles. Elle n'était pas lumineuse cet après-midi.
Il convainc que ce n'était pas si grave que ça, car la Dominique exubérante et nombriliste l'agaçait plus qu'autre chose.
- Hier soir…, commença-t-elle en se mordant la lèvre inférieure avant de refermer la bouche et de faire demi-tour.
Elle n'escomptait quand même pas… qu'il la suive et la supplie de lui parler ? Ce n'était pas envisageable. Premièrement, il n'était pas sûr d'avoir envie d'entendre une autre idiotie sortir de sa bouche et deuxièmement, elle allait faire demi-tour.
Il en fut un peu moins certain lorsqu'elle fit mine de s'engouffrer dans le couloir à sa droite. Néanmoins, un fin sourire victorieux s'afficha enfin sur sa bouche lorsque la chevelure blonde de Dominique cessa de virevolter autour de son dos.
- C'était Assem, lança-t-elle du bout du couloir.
Le jeune Nott fronça les sourcils, complètement perdu. Qu'est-ce que venait faire sa directrice de Maison dans la conversation ? Il ne la suivait pas sur ce coup. La jeune fille se retourna soudainement et revint vers lui d'un air décidé.
Plus lunatique, il n'avait pas encore trouvé.
- J'ai connu plus clair comme conversation, remarqua-t-il, légèrement ironique.
- Hier soir, nous sommes remontés au septième étage avec James et Gemma. Assem était dans cette salle. Avec deux autres types. En train de préparer cette fichue potion.
S'il n'avait pas eu une réputation à garder, le placide Isaac Nott aurait éclaté de rire. Malgré tout, il ne put empêcher ses lèvres de s'étirer, signe d'une folle hilarité chez lui. Assem ? Leur professeur de Potion et Directrice de maison ? Qu'est-ce qu'elle lui chantait comme sornettes ? Avait-elle reçu un sortilège ? Consommé de l'alcool ? Ou alors, elle s'était cognée la tête en venant ?
- Très bien, approuva-t-il, décidant d'écourter au plus vite cette conversation sans queue ni tête.
- Très bien ? Mais non ce n'est pas très bien ! Tu entends ce que je raconte ? C'était Assem… ASSEM ! reprit-elle en haussant le ton, ses sourcils clairs se fronçant au fur et à mesure que son agacement augmentait. Tu ne me crois pas c'est ça ? Moi non plus je n'y ai pas cru, mais nous n'avons pas rêvé ! C'était bel et bien elle et tu ne peux pas le nier. C'est totalement limpide à présent…
- Silence ! l'interrompit durement le Serpentard.
Ses yeux noirs se posèrent sur son visage et un instant il eut envie d'y enfoncer son poing juste pour la faire taire. Parce qu'elle ne l'avait pas écouté, bien entendu. Elle continuait à babiller, son visage pâle contrastant avec la belle couleur rose de ses joues, tirant un peu sur le prune. La jeune fille lui expliqua pourquoi tout ceci était tellement logique à présent mais il ne l'écouta pas.
Elle avait l'air sérieuse. Elle avait l'air d'y croire et ne paraissait pas ensorcelée par ce crétin de Potter. Finalement, il ne douta plus de la sincérité de ses paroles, juste de la véracité. Après tout, ils avaient juste entendu une voix. D'après ce qu'il comprit dans son babillage, personne n'avait pris la peine d'attendre que les trois individus ressortent de l'ancienne salle d'Aritmancie.
- … Et je ne te mentirai jamais ! conclut-elle finalement en croisant les bras autour de sa taille.
- Vraiment ?
Nott ne savait pas trop pourquoi il avait posé la question. Peut-être parce qu'il était toujours utile pour lui de savoir jusqu'où pouvait aller la jeune Poufsouffle pour récupérer son amitié. Ou en faire son objet. Il n'était pas certain, ça dépendait des jours. C'était plus compliqué parce qu'il était persuadé qu'elle-même ne savait pas vraiment.
Le Serpentard étudia calmement sa réaction, impénétrable. Il lui sembla qu'elle se raidissait un peu plus, semblant comprendre ce que supposait cette question, mais elle reprit bien vite contenance.
- Jamais.
Maintenant, il n'avait qu'à attendre son prochain faux pas pour se débarrasser d'elle.
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- Il ne me croit pas, marmonna Dominique.
- "Il" est là.
Ignorant l'intervention du Serpentard, la jeune fille se laissa tomber dans l'herbe à côté de Gemma Lysenko qui regardait pensivement le lac.
Comme elle le lui avait promis un peu plus tôt - lorsque la Serdaigle avait finalement compris qu'elle ne pourrait cacher la vérité au Serpentard -, Dominique avait réussi à trainer Isaac jusqu'au parc. Là, elles avaient prévu de tenir un bref conciliabule avant de décider de la suite des évènements. La Poufsouffle ne l'avait pas - encore - dit à Gemma mais elle avait décidé de prévenir son cousin.
Après tout, elle tenait à la vie et n'avait pas envie qu'il l'égorge net après ce qu'il allait considérer comme une trahison familiale. James était vraiment trop théâtral quand il s'y mettait.
Le beau temps et les cris joyeux des autres élèves aux alentours contrastaient avec les mines sérieuses des trois comparses.
- On l'a entendue, murmura Gemma sans lever la tête vers Nott qui s'était assis à son tour, du côté de Dominique, à une distance respectable.
- Vous ne l'avez pas vue, objecta-t-il.
La Préfète-en-Chef, d'abord hésitante, balaya ses propos d'un geste de la main. Tout comme Dominique, elle était persuadée que c'était bel et bien leur professeur de potions qui était dans cette salle. Tout son être, son instinct le lui soufflait. Et, maintenant que tout était clair dans leur tête - Nott ne comptait pas -, il ne restait plus qu'à décider lequel irait prévenir un professeur.
Son regard se promena sur le visage figé de Dominique qui lançait stupidement de petits coups d'œil en direction du Serpentard quand elle était sûre qu'il ne pouvait pas la voir, puis vers ce dernier qui n'avait pas d'expression. Seule la tempe qui ressortait dans son cou au rythme des battements de son cœur prouvait qu'il était vivant.
Ce type lui fichait la trouille. Comment pouvait-on contrôler à ce point ses émotions sans devenir fou ? Compartimentait-il tout ? Était-ce ça qui lui permettait de rester aussi zen face à cette annonce que face à Dominique et sa fougue naturelle ? Oh, elle avait au moins cent mille questions sur le Serpentard et il aurait fallu des années pour y répondre. Ce n'était pas le moment.
- Il faut qu'on aille voir McGonagall, ordonna-t-elle en remontant ses genoux contre son ventre, les encerclant de ses deux bras.
- Hors de question, objecta Nott.
Il était hors de question qu'ils continuent à fourrer leur nez dans cette affaire. C'était beaucoup trop dangereux et, d'ailleurs, elle commençait à regretter de n'avoir pas écouté Dominique plus tôt. La Poufsouffle serait peut-être sa meilleure alliée dans son idée et, d'ailleurs, comme ça elle aurait enfin l'occasion de lui prouver que son Nott l'avait réellement pardonnée et qu'elle pouvait le faire changer d'avis.
- Dominique ?
En relevant la tête, elle s'aperçut que cette dernière les regardait tous les deux alternativement, l'air complètement perdue. La Préfète-en-Chef fronça les sourcils, pressante. Qu'est-ce qu'elle attendait ?
- Grhumph.
- Si tu pouvais traduire ?
- J'ai pas d'avis.
- Comment ça t'as pas d'avis ? Tu as toujours un avis, même quand on ne te le demande pas ! rétorqua Gemma, légèrement agacée. Et, là, pour une fois que c'est important, tu te tais ?
- Hé oui, Lysenko ! Je croyais que tu me remercierais le jour où ça arriverait, me voilà blessée, railla la Poufsouffle en levant le menton.
Gemma fronça les sourcils, se demandant si Weasley cherchait à ce qu'elle la plonge dans le lac pour son insolence. Cette dernière ne bougea pas d'un poil, semblant la défier du regard de répliquer. Elle connaissait ce regard et ce sourire narquois sur son visage.
C'était le même qu'elle abordait lorsqu'elle avait envie d'insulter la Serdaigle pour se défouler. Cette dernière cherchait tout simplement à détourner la conversation. Face à cette constatation, Gemma n'eut pas l'intelligence de ne pas rentrer dans son jeu.
- Espèce d'idiote, grogna-t-elle. Ce n'est pas un jeu !
- Heureusement pour toi, car tu es en train de perdre, crâna la petite blonde.
- Est-ce que tu t'arrêtes parfois de dire des bêtises ? Est-ce que tu te rends réellement compte de l'enjeu de ce que nous avons découvert ?
- Enjeu ? Je croyais que ce n'était pas un jeu, tacla Dominique.
- Tu entends seulement ce qui t'arranges ! Tu n'as pas le droit de ne pas avoir d'avis, insista Gemma en lui octroyant son regard le plus noir.
- Et bien je le prends ! Je ne suis ni pour, ni contre prévenir un professeur. Je ne sais pas ce qu'il faut faire. Point.
La Préfète-en-chef ouvrit grand la bouche, totalement décontenancée. A ses côtés, Weasley paraissait fermée à tout argument et cela n'augurait rien de bon. Si elle restait neutre, que Nott préférait ne pas parler de tout ça à qui que ce soit et qu'elle-même voulait prévenir un professeur, alors il n'y avait pas d'issue. Ex-æquo.
Sauf que, songea-t-elle en son for intérieur, elle n'hésiterait pas à se défaire de l'avis des autres et n'attendrait pas plus longtemps avant de réclamer un entretien à McGonagall, d'accord ou pas.
Tout ceci était trop grave pour le garder pour eux.
Le temps sembla s'arrêter un instant, durant lequel elle ne quitta pas le regard bleu de Dominique. Décidément, elle ne la comprendrait jamais. Bien sûr, elles étaient en meilleurs termes qu'au début de l'année mais quelque chose l'empêchait de tout à fait cerner la jeune fille. Était-ce cette façon lunatique de vivre au jour le jour qui créait un fossé entre elles ? Ou tout simplement n'était-il pas question d'entente entre ces deux jeunes filles aux caractères si différents.
Puis, Dominique détourna le regard et tourna brusquement la tête. Gemma comprit très vite que c'était dû à un élément extérieur et en eut l'horrifiante confirmation quelques secondes plus tard.
- C'est sympa de m'avoir attendu.
Potter. Comment est-ce qu'il les avait trouvés ? La réponse lui apparut limpide : Weasley avait craché le morceau. Encore un de ses horribles défauts : cette fille était incapable de garder un secret.
- Visiblement, tu as compris que tu n'étais pas la bienvenue Potter. Si tu pouvais éviter de nous imposer ton horripilante présence, ce serait la meilleure idée de ta vie.
Dominique se tortilla sur l'herbe, l'air visiblement mal à l'aise. Quant à la Serdaigle, elle n'était pas loin de rejoindre l'avis de Nott sur ce coup.
1/ Même si elle arrivait à rabattre son caquet à l'horrible Préfet-en-Chef à présent, elle n'était totalement sereine que lorsqu'il n'était pas dans les parages ;
2/ Une confrontation Nott/Potter aurait été intéressante (et elle aurait parié sur le Serpentard avec le sourire) mais ce n'était pas le moment ;
3/ Potter ne pouvait rien apporter dans cette discussion si ce n'est son avis et elle pouvait parier là aussi que ce n'était qu'un ramassis d'ânerie.
Ignorant ostensiblement le mauvais accueil de Nott, Potter vint se poster devant les trois adolescents. En même temps, Dominique étant encerclée entre les deux autres, Gemma le voyait mal s'installer à ses côtés ou ceux de Nott.
Ostensiblement, la jeune Serdaigle détourna le regard. Potter venait de gâcher en quelques secondes le magnifique paysage du soleil se reflétant sur le lac.
- A quel moment vous comptiez m'en parler ? Quand l'un d'entre vous aura prévenu McGo et récolté toute la gloire ?
Gerbant. Malheureusement, Gemma arborait un nouveau foulard beige, envoyé par son père quelques jours plus tôt, et ne pouvait pas se permettre de le salir, surtout que les sortilèges ménagers n'étaient pas sa spécialité.
- Prévenir McGonagall ? tiqua Weasley.
- Et oui. Quand est-ce qu'on y va ?
- Pour ta gouverne, Potter, nous n'allons prévenir personne. Nous sommes to… nous sommes d'accord là-dessus, susurra Nott.
Sa langue avait fourché et il semblait avoir oublié de compter Gemma dans son argumentaire. Cette dernière ouvrit la bouche pour répliquer mais fut devancée par son homologue Gryffondor.
- Encore une de tes merveilleuses idées Nott. N'y a-t-il pas une corrélation avec le fait qu'Assem soit votre Directrice de Maison ?
- Ne dis pas n'importe quoi, intervint Dominique.
Le Gryffondor fusilla sa cousine du regard.
Décidément, tout le monde arborait son regard le plus noir cet après-midi là.
- De toute façon, le sujet est clos. Nous sommes d'accord.
- Pas moi, ne put s'empêcher de grincer Gemma. Il faut prévenir un professeur.
Un sourire victorieux se dessina sur le visage de Potter, néanmoins il disparut bien vite. Il regarda sa cousine, l'air de dire "Je croyais que vous étiez tous d'accord ? Bon, Lysenko compte de moitié, mais ce n'est pas exactement la majorité". Cette dernière détestait l'idée de donner raison à ce type mais l'heure n'était pas aux règlements de compte.
- Nott est contre, Weasley est neutre et je suis pour, précisa-t-elle.
- Il y a donc majorité.
Tout plutôt que de dire "nous sommes en majorité". Gemma ne le lui reprocha pas. Elle aurait préféré crever que d'être associée à Potter. Sauf en une de la Gazette, après l'avoir torturé et assassiné.
Elle décida de ne plus jamais repenser à ce moment. Parce que, somme toute, cela l'arrangeait bien d'avoir Potter du même côté qu'elle.
- Il n'y a aucune majorité, rétorqua la Poufsouffle. Il faudrait l'unanimité.
Même Nott lui lança un regard étrange, signe que ses paroles n'étaient pas des plus intelligentes. Mais la Poufsouffle ne se départit pas et continua à défier son cousin du regard.
- Il y a majorité, reprit son cousin. Je vais voir McGonagall tout de suite.
- Non ! s'opposa la Poufsouffle en se levant.
Mais, devant son cousin, elle ne lui atteignait même pas les épaules. Même si elle était coriace, Potter aurait pu l'enlever de son chemin avec une facilité déconcertante.
- Pas McGo, soupira-t-elle.
Nott se leva à son tour et, avant qu'elle ait pu expliquer ses paroles, il tourna les talons. Personne ne s'en préoccupa, hormis la Poufsouffle qui lui lança un long coup d'œil sans sembler trouver cela étrange. Même Gemma avait compris. Par ce geste, le Serpentard abdiquait avec une certaine classe.
Au moins, lui, semblait reconnaitre quand il avait perdu, songea Gemma en se levant à son tour, supportant mal de se faire dominer par les deux cousins.
La jeune fille épousseta nonchalamment son derrière pour se donner contenance.
- Ce vieux fossile ne nous croira jamais, reprit Dominique alors que le Serpentard avait disparu depuis longtemps. Et puis, rien n'a bougé depuis le début de l'année et c'est de sa faute.
L'argument était réducteur mais, en même temps, Gemma le trouva assez juste. Pensive, la jeune fille se rappela toutes les mesures adoptées par l'école sans qu'Assem n'en soit inquiétée, jouant même avec le système avec une aisance horripilante.
- Elle est dépassée, continua la jeune fille sans qu'aucun des deux autres ne l'interrompe. Non, il nous faut quelqu'un d'autre.
- Qui ? s'enquit Gemma, signe qu'elle rejoignait la jeune fille dans son résonnement.
- Scott ? proposa Potter, les rejoignant à son tour.
- Sûrement pas, s'opposa Dominique en entendant le nom de son Directeur de Maison.
Elle secoua vivement la tête, l'air de dire que ce n'était pas du tout une bonne idée. Elle n'avait pas tort, en même temps, le professeur de Sortilèges était connu pour son caractère sévère et intransigeant. Il aurait tout droit filé tout répéter à McGonagall ou, pire, Assem.
- Londubat ? proposa Gemma.
- Même pas en rêve, s'opposa à son tour Potter et Dominique hocha la tête en signe d'approbation.
La Préfète-en-Chef ne pouvait pas le savoir mais le Directeur des Gryffondor était beaucoup trop proche de la famille Weasley-Potter (c'était même le parrain de Rose) et ils ne pouvaient pas prendre le risque que tout ça revienne aux oreilles d'Harry Potter ou de quelqu'un de leur famille s'ils ne voulaient pas avoir de gros ennuis. Les adultes avaient vécu assez d'atrocités comme ça pour ne pas sermonner leurs progénitures s'ils osaient se fourrer dans les ennuis.
- Lastek ?
- Non, trop mou, objecta à son tour la Préfète-en-Chef.
En plus, pour ce qu'elle en savait, son Directeur de Maison s'entendait bien avec la sévère Assem, ce qui était assez paradoxal car c'était un homme doux et attentionné qui ne se préoccupait que des animaux. Dans tous les cas, ils ne pouvaient pas lui faire confiance sur ce coup.
- On va quand même pas aller voir Vancouver, râla Potter.
Aloïs Vancouver, professeur de Divination de son état, et franchement étrange. D'après ce qu'en disait sa mère lorsqu'elle se souvenait de ce qu'était Poudlard dans sa jeunesse, ça devait être un train commun à tous les professeurs de cette matière. Si sa mère était fantasque et imaginative, jamais elle n'avait cru à ces sornettes et Gemma était pareille.
- Wiertz ! s'exclama Dominique en relevant la tête, l'œil brillant. On va voir Wiertz.
C'était la proposition la moins tirée par les cheveux et la jeune Serdaigle ne réfléchit pas longtemps avant d'opiner du chef. Apparemment, Potter en fit de même de son côté car un étrange sourire flotta sur le visage de la Poufsouffle.
Wiertz était de loin leur meilleure option. Déjà, il n'appartenait pas vraiment au corps professoral, même s'il enseignait les Duels deux fois par semaine. Ensuite, malgré son air jovial et parfois enfantin, il était Auror et, donc, formé pour ce genre de chose. Dernièrement, Gemma le trouvait sympathique et prêt à les écouter ce qui n'était pas forcément le cas pour les autres professeurs.
- Au fait, lança la Poufsouffle, son sourire s'étirant de seconde en seconde.
Signe qu'elle allait dire une bêtise.
Ses yeux se mirent à briller d'une étrange manière.
Une grosse bêtise.
- Faites gaffe à pas être d'accord plus souvent, vous allez finir par devenir amis.
La jeune Poufsouffle éclata d'un rire carnassier avant de tourner les talons, ses cheveux blonds tressautant dans son dos au rythme de son rire.
Pour la première fois, le regard de Gemma se porta sur le cousin de la blonde.
Amis ?
Dominique avait sûrement seulement voulu faire le parallèle avec leur propre relation mais les larmes montèrent instantanément aux yeux de la Serdaigle. Pour ne pas perdre contenance, elle les ferma doucement et les souvenirs affluèrent.
"On m'a dit que tu étais amoureuse de moi. Désolé Lysenko mais d'habitude je les préfère plus… enfin moins… C'est de l'éclabouille que tu as sur le visage ?"
"Tu vois Lysenko, je dis ça pour toi, c'est un conseil mais tu devrais mieux choisir tes habits. Ton ventre dépasse de ton pantalon."
" Quelle horreur. Tu sais qu'il existe des solutions pour ton problème ? Un sac sur la tronche pourrait suffire. Quoique, vu ton corps…"
"Je t'ai déjà dit que tu étais vraiment laide aujourd'hui ?"
"Arrête de chialer Lysenko, t'es encore plus moche, si c'est possible."
Dominique ne savait pas ce qu'elle disait. Jamais elle ne serait amie avec Potter. Pas après tout le mal qu'il lui avait fait. Pas après lui avoir pris son amour propre et avoir baissé en flèche l'opinion qu'elle avait d'elle-même.
Jamais.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Potter avait eu la décence de disparaitre.
