Merci à Mlle Point de Cote, Dobbymcl, Barbie, Maneeya, UranusMarie, Galadriel (No panic, la suite est là :) Bravo à toi de t'être tapée 54 chapitres, en plus si tu ne connaissais pas vraiment la next-gen je suis encore plus fan de toi ! Ca a pas dû être facile entre eux et mes 10958,5 OC. En tout cas, merci pour tout ce que tu as dis -inscris-toi, c'est fruuustrant de pas pouvoir répondre plus en détails-, surtout le "ça fait réel", c'est mon seul but alors quand on me le dit, ça me touche vraiment ! Ah, et pour le gongs/gonds, tu as vexé ma bêta dans toute sa dignité et je pense qu'elle en laissera plus passer maintenant. Et moi j'ai bien rigolé, merci pour la remarque ! A bientôt j'espère :)), Shiriliz, Jolierosedu68, LouRêve, Elia (C'est vrai qu'en lui parlant comme ça James a agi comme un "ami" (entre guillemets parce que ce n'est pas le cas et que c'était quand même violent) mais comme ils ne le sont pas, ça passe mal -alors qu'entre toi et ta meilleure amie, c'est juste un moment difficile-. En plus, Gemma a pas vraiment compris le message et James a quand même été méchant sur le coup. En tout cas, merci pour ta review !), Pepoune (Bac/Bac blanc ? Si c'est ça, cesse de réviser, ça se réussi au talent ce genre de truc, ahah. Non, je déconne, révise parce que si tu l'as pas, je vais me sentir mal. Le russe ? On va dire que ça m'arrangeait par rapport à la suite. Ahah, grande peut-être mais construite, je pense pas du coup c'est chiant. Mais c'est vrai que je pars loin du coup. C'est la ZE question ça : est-ce que je posterai un jour un chapitre avec une Gemma heureuse de vivre et joyeuse ? LOL. Merci pour ta review et bon courage !), yoh-nee, Lyra Morgana et Smiling Sparrow.
Un grand DÉSOLÉE pour le retard et bonne lecture !
Et merci à Barbie pour la correction du chapitre :)
Le manque de courage n'est qu'un manque de bon sens
Georges Meredith
Ses mains se posèrent doucement sur son torse. Un instinct terrible lui fit lever les yeux vers celui qui la dominait d'au moins deux têtes. Jamais elle n'avait connu position plus confortable et naturelle. Elle se rendit compte à ce moment qu'elle aimait pouvoir remarquer que ses yeux n'étaient pas si noirs que ça mais presque bruns quand on les regardait de plus près, tout autant qu'elle appréciait la gêne évidente qui émanait de lui, même s'il ne fit rien pour la repousser.
La tête de son opposant s'inclina et sa main droite glissa vers son visage en effleurant doucement chaque parcelle. Le front, large, les pommettes, saillantes, le menton, fort, les lèvres, charnues. Elle aurait bien aimé en profiter un peu plus mais quelque chose la pressait. Elle ne se souvenait plus quoi.
Ses pieds se dressèrent, ses jambes s'allongèrent et leurs lèvres se rencontrèrent, doucement. Ca aurait été mentir de dire que jamais elle n'avait connu pareille sensation. C'était un mélange ce qu'elle avait ressenti quand il l'avait laissée tomber en première année et le jour où James Potter s'était pris une déculottée par sa mère. C'était un peu la sensation qu'elle avait lorsqu'elle rentrait chez elle pour les vacances, à la chaumière aux Coquillages. Un mélange de douleur, d'extase et d'habitude.
Comment est-ce qu'ils en étaient arrivés là ?
- Est-ce que… tu portes encore ton pyjama ? s'exclama la voix sèche du Serpentard.
Une heure plus tôt
- Dominique, soit tu m'écoutes, soit tu quittes la pièce. Tu déconcentres tout le monde.
La jeune Poufsouffle, qui était en train de ricaner à voix basse avec Camille Teyssier, se redressa brusquement, prête à répliquer violemment. Un coup de coude d'Isabel Lowell la stoppa net dans son élan et elle ne put que lever les yeux au ciel.
Ce matin, sa cousine Molly avait décidé de devenir un tyran. Le premier jour des vacances d'avril.
Dès le réveil, elle avait obligé les filles à se réunir dans le dortoir des garçons qui les attendaient, lavés et habillés. Aucune d'entre elles n'avaient pris le temps d'enfiler autre chose qu'un gilet par-dessus leur pyjama, toutes persuadées que quelque chose de grave se tramait.
Elles n'avaient pas tort : Molly avait décidé d'établir un planning de révision pour les ASPICS.
- Bien, soupira Molly, satisfaite. A présent, on va pouvoir enfin parler de choses sérieuses.
Dominique ne considérait pas vraiment les Sortilèges et la Défense Contre les Forces du Mal comme étant quelque chose de sérieux mais elle ne moufta pas, convaincue qu'interrompre sa cousine serait plus désastreux qu'autre chose. La rouquine allait s'agiter pendant quelques minutes et ensuite elle pourrait aller se dépenser au stade de Quidditch.
Elle s'avachit un peu plus sur Camille, sur le lit d'Anatole, et étouffa un bâillement.
- J'ai préparé ça hier.
Molly désigna un immense parchemin avec un air de satisfaction non dissimulé, s'attendant sûrement à ce que tout le monde l'applaudisse. Personne ne bougea. Un peu décontenancée par ce manque de réaction, la jeune fille agita sa baguette magique et le parchemin se déroula à plus d'un mètre au dessus du sol.
C'était un planning comme elle l'avait dit. Dominique ne se cacha plus pour bailler à présent.
- Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, énonça Molly tout en désignant le parchemin.
Sa cousine connaissait les jours de la semaine. Ça n'allait pas l'aider à avoir ses ASPICS mais c'était bien.
- J'ai indiqué les cours de chacun et les moments où on peut se retrouver. Comme cela ne convenait pas toujours, j'ai parfois fait des groupes. Par exemple, le mercredi à dix-sept heure, seules Joana et Isabel sont libres. Elles vont donc réviser la Divination. Mais le vendredi à vingt-et-une heure, tout le monde est là. On en profitera pour s'entrainer aux Sortilèges et à la Défense Contre les Forces du Mal. Et dimanche...
- Heu, toussota Joana. J'ai une question.
- Vas-y, s'exclama Molly, toute heureuse que quelqu'un s'intéresse à sa nouvelle idée.
- Quand est-ce qu'on dort ?
Alertée par le ton alarmé de la jeune fille, Dominique accorda un peu plus d'attention au planning de sa cousine. Ah, d'accord. C'était encore pire que ce qu'elle pensait. Si elle suivait les idées saugrenues de Molly, ce n'était pas que dormir qui allait lui manquer mais moult besoins essentiels comme celui d'aller aux toilettes.
- Tous les soirs à partir de minuit, soupira Molly.
- Mais...
- Ce sont les ASPICS ! Pas n'importe quel examen, s'indigna la rouquine en interrompant Dominique.
Un silence gênant se fit dans la pièce où la plupart se regardèrent d'un air entendu. A vrai dire, Joana et Dominique avaient l'air les plus réfractaires mais Isabel, Anatole et Arthur réfléchissaient intensément. Même Camille avait l'air de considérer la question.
- Je trouve que c'est une bonne idée, approuva finalement la brune.
La petite blonde la fusilla ouvertement du regard, prête à affirmer à voix haute qu'elle ne disait ça que pour se faire bien voir de sa cousine. Elle s'arrêta au dernier moment, finalement consciente que ça aurait été une perte de temps de déclencher une dispute. La jeune fille ne savait pas vraiment si Camille essayait de faire plaisir à Molly ou était réellement approbatrice mais ce n'était pas le problème.
Elle ne pouvait pas aller en cours, surveiller la porte du septième étage, aller courir et suivre le planning de Molly. Pour un être humain normal c'était déjà impossible, alors pour elle...
Dominique devait trouver une échappatoire et discrète, si possible. C'était tout à fait dans ses cordes.
- Et maintenant, on a quoi ? demanda-t-elle innocemment.
- Et bien, après le petit-déjeuner, on va réviser les Sortilèges, répondit Molly d'une voix enjouée, néanmoins un peu surprise de ce revirement de situation. Comme ce sont les vacances, on va avoir tout le temps qu'on veut pour réviser.
Petit-déjeuner... hum...
- Super ! On se retrouve ici dans une heure alors ! s'exclama Dominique en sautant sur ses pieds.
Avant que quiconque n'ait pu l'arrêter, la jeune fille détala et claqua la porte du dortoir des garçons. Elle n'avait pas le temps de remonter chez les filles, les autres avaient sûrement dû comprendre qu'elle ne faisait que s'échapper et pouvaient très bien se lancer à sa poursuivre. Elle fila directement en dehors de sa salle commune.
Elle avait tort sur un point : personne ne chercha à la rattraper.
- Je voudrais tellement voir sa tête quand elle va se rendre compte qu'elle est encore en pyjama, soupira Camille d'un air déçu.
Une demi-heure plus tôt
- Dominique Weasley ? Pourquoi est-ce que tu te trimballes dans cette tenue ?
- Quelle... AAAAAAAAAARGH !
En pyjama. Elle était sortie en pyjama de la salle commune. Personne n'avait jamais fait ça. Sauf Wil Jordan qui était arrivé une fois en cours de Métamorphose en caleçon mais ça, c'était parce qu'il dormait encore à moitié. Il avait écopé de deux semaines de retenues et McGonagall l'avait sommé d'aller se changer avant qu'elle ne l'éviscère.
- Cache-moi, supplia-t-elle en lançant un regard implorant à Gemma Lysenko.
Sans attendre sa réponse, elle se glissa derrière la Serdaigle qui la dissimulait - sans méchanceté - entièrement. Enfin, pour les élèves se trouvant face à elle. Parce qu'à présent, elle comprenait très bien pourquoi plusieurs personnes l'avaient regardée bizarrement alors qu'elle descendait les marches jusqu'au hall d'entrée.
- Faut que je remonte au dortoir.
- Ouais, faudrait, bailla Gemma.
- Et tu vas m'aider ! ordonna la jeune Poufsouffle.
- Pourquoi ?
- Parce que... espèce de garce !
Elle balança son poing sur l'épaule de la Préfète-en-Chef qui poussa un couinement de douleur. Finalement, elle n'avait sans doute jamais eu l'intention de la laisser seule dans ce pétrin car elle déboutonna sa cape et se retourna pour la tendre à Dominique qui l'attacha sans demander son reste. A présent, on ne voyait que le bas de ses jambes et son pantalon beige informe n'était pas trop voyant. Elle pouvait remonter en sécurité.
Non. Pas maintenant. Hors de question de croiser un seul Poufsouffle. Où pouvait-elle bien se cacher en attendant d'être certaine qu'ils ne soient pas dans leur salle commune ?
- On va au septième ? lança-t-elle en regardant Lysenko d'un air implorant.
- Tu ne vas pas te changer ? l'interrogea cette dernière d'un air septique.
- Non, je veux lancer une nouvelle mode. Aller, viens !
- Mais j'ai f…
- T'as déjà d'assez grosses fesses. On monte !
Dix minutes plus tôt
- Y'a du bruit.
- Je suis pas sourde.
Neuf minutes plus tôt
- Attention !
Dominique n'eut que le temps de tirer Gemma sur le côté qu'un éclair jaune passait à l'endroit où elle se trouvait avant. Les deux jeunes filles, soudainement inquiètes, se demandèrent si elles avaient bien fait de continuer alors qu'elles avaient deviné que quelqu'un se trouvait déjà là.
Puis, elles se rendirent compte que ce n'était pas vraiment quelque chose de dangereux pour elles.
Quelques mètres devant elles, Isaac Nott et James Potter se livraient le combat promis quelques semaines plus tôt sans qu'elles ne le sachent. Le Gryffondor avait une large entaille sur le front.
- Tu crois qu'il va avoir une cicatrice ? interrogea Dominique à voix haute.
Tandis que Gemma haussait les épaules, la Poufsouffle secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à ce genre de chose. James adorerait avoir la même cicatrice que son père mais la tuerait s'il savait qu'elle avait laissé Nott l'assassiner.
Aucun des deux assaillants ne les avaient remarquées. Face à face, ils s'envoyaient sortilèges sur sortilèges sans qu'aucun des deux ne prenne jamais le dessus, comme lors de leur précédent duel. Que ce soit Isaac ou James, ils se débrouillaient toujours, ou presque, pour éviter le sortilège de l'autre.
Dominique ne savait pas ce qui les avait conduits à se battre mais pouvait le supposer. Chacun de leur côté, ils avaient dû monter ici et la situation avait dérapé.
Puisque Gemma semblait prendre du plaisir à regarder la scène - et devait certainement prier pour que James se retrouve à Sainte-Mangouste - c'était à elle d'arrêter ça. Pour une fois, elle prit le temps de réfléchir. Elle avait appris de ses erreurs et se souvenait encore de la sensation d'étouffement qui s'était emparée d'elle lorsque James l'avait privée de sa principale source d'air. Elle ne devait donc pas leur laisser la possibilité, à l'un ou l'autre d'ailleurs, de l'écarter du combat.
Elle devait en éliminer un.
- Tu veux tuer Potter ? s'exclama Gemma, l'œil brillant.
- Non, se récria Dominique en se rendant compte qu'elle avait parlé à voix haute.
La jeune fille leva les yeux au ciel avant de reporter son attention sur la scène. Manque de chance pour elle et sa survie, c'était Isaac qui se tenait dos à elle et était, par conséquent, le plus facile à atteindre. C'était lâche d'attaquer quelqu'un par derrière mais elle ne tenait pas à ce qu'ils s'entretuent ou, pire, rameutent du monde dans ce couloir du septième.
Elle fixa un instant le visage de la Préfète-en-Chef et songea un moment qu'elle pourrait faire d'une pierre deux coups.
Dominique n'était pas très douée en Duels mais avait quand même appris quelques astuces lors des cours dispensés cette année : attaquer quelqu'un qui ne vous regardait pas était beaucoup plus simple.
- STUPEFIX !
Ainsi qu'elle s'y était attendue, son sortilège frappa Nott en plein dos. Le Serpentard s'écroula à terre tandis qu'elle réprimait un frisson de terreur. James, lui, s'arrêta net en plissant les yeux. Il comprit très vite que son adversaire n'était pas tombé grâce à lui en remarquant l'air coupable de sa cousine et poussa un grognement d'insatisfaction.
- Qu'est-ce qui te prends ? hurla-t-il. J'étais en train...
- …de te battre dans les couloirs, intervint Gemma d'une voix grave. Soit tu déguerpis, soit je t'emmène chez Londubat.
Même Dominique fit les yeux ronds devant la soudaine assurance de la Serdaigle. James, quant à lui, devint cramoisi. Sa baguette toujours sortie, il se dirigea vers les deux filles - sans oublier de donner un coup de pied à Nott au passage -, semblant se retenir pour ne pas éviscérer la Préfète-en-Chef. Elle soutint son regard sans faiblir, le visage fermé. Au bout d'un moment qui parut interminable à Dominique, James les contourna finalement, disparaissant d'un pas rageur.
- De rien, lâcha Gemma en se retournant vers la Poufsouffle avec un sourire ironique.
- On va finir par arriver à faire quelque chose de toi, marmonna Dominique sans relever. Peut-être bien que tu pourrais faire pareil avec Johnson la prochaine fois.
Les traits de Gemma s'affaissèrent devant la réflexion de la jeune fille mais elle ne la contredit pas. Dominique ne lui avait pas encore reproché son attitude de la dernière fois et elle devait s'y attendre. Elle baissa doucement la tête et fit demi-tour, priant pour que la Poufsouffle la laisse tranquille.
Cette dernière en avait bien l'intention. Nott commençait à bouger. Il allait bientôt pouvoir disposer de tous ses membres et quelque chose lui disait qu'il n'allait pas la remercier, bien au contraire. Ses sourcils se plissèrent et elle commença à réfléchir tout en se rapprochant du corps presque immobile.
Elle pouvait attendre la sentence sans bouger ou contre-attaquer dès à présent.
- Salut, sourit-elle d'un air faussement enjoué tout en s'asseyant près du corps du Serpentard.
Il était allongé sur le dos, les bras bien parallèles à son corps. Après un tel combat, son uniforme était à peine froissé et sa chemise toujours rentrée dans son pantalon. Elle ignora son visage, persuadée qu'il aurait le regard assassin malgré le sortilège de pétrification et croisa les jambes. La main du Serpentard eut un bref soubresaut qui la fit sursauter. Elle allait devoir faire vite, le sortilège semblait s'estomper de plus en plus.
- Je ne vais pas te colorier le visage au marqueur, n' aie pas peur, le rassura-t-elle en souriant ironiquement. Juste te faire passer un message. Tu ne m'as pas laissé le choix. C'est très mal d'essayer de blesser mon cousin. Non, je déconne. En vérité, c'est juste à cause de Lysenko. Je t'avais dit qu'elle ne m'arrivait pas à la cheville.
Dominique ricana et, comme si elle s'adressait à un vieux copain - ce qui n'était pas très éloigné de la vérité -, elle lui tapota familièrement l'épaule.
- Il fallait m'écouter au lieu de penser que tu pouvais gagner impunément. Un orgueil éraflé pour avoir tenté de me faire du mal. Ce n'est pas cher payé.
Sa dignité était sans doute la chose à laquelle il tenait le plus et elle avait frappé fort. Oh, en vérité, elle tenait autant à les séparer qu'à se venger.
- Tu lui feras la peau une autre fois, murmura-t-elle avant de se relever d'un bond. C'est pas que je ne tienne pas à être là quand tu pourras bouger mais...
Ses mots moururent dans sa bouche et sans qu'elle ne comprenne comment ni pourquoi, sa tête rencontra le mur froid et dur du couloir, le bras d'une armure pendant à quelques centimètres de ses cheveux. L'instant d'après, deux mains fortes la retenaient contre son appui de fortune et elle rencontra le regard noir d'Isaac.
Apparemment, le sortilège avait cessé de faire effet. Depuis quand ? Il attendait sûrement le meilleur moment pour le lui signifier. Un vrai Serpentard.
Alors que tant d'autres auraient dégluti, un sourire s'afficha sur le visage de la jeune fille. Qu'allait-il bien pouvoir faire ? Lui coller une raclée ? Ce n'était pas son genre de s'énerver ainsi. D'ailleurs, au même moment, il relâcha la pression exercée sur ses épaules et ses pieds retrouvèrent la terre ferme. Elle se rendit compte qu'elle avait mal à l'arrière du crâne et en serait sûrement quitte pour un bon bleu.
- Ne refais jamais ça, siffla le Serpentard, humilié en se frottant les mains, comme si le fait de l'avoir touchée l'avait sali.
- D'accord, promit la jeune fille sans discuter. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Potter.
Isaac ne rajouta pas un mot, ses yeux noirs pétillant d'une douce folie. Elle devina que son cousin avait encore dû le pousser à bout, de la même manière qu'il cherchait à briser Gemma. Cette fois-ci, le Serpentard n'avait pas su résister. Peut-être même s'étaient-ils promis cette revanche depuis longtemps.
Compréhensive, elle hocha la tête.
- Tu veux rester ici ? proposa-t-elle.
- Quel intérêt ?
La jeune fille faillit répliquer durement, lui dire qu'au moins, ils seraient ensemble, mais il avait un tel air de défi dans les yeux qu'elle referma la bouche. Il cherchait encore à lui faire du mal.
Ses mains se posèrent doucement sur son torse. Un instinct terrible lui fit lever les yeux vers celui qui la dominait d'au moins deux têtes. Jamais elle n'avait connu position plus confortable et naturelle. Elle se rendit compte à ce moment qu'elle aimait pouvoir remarquer que ses yeux n'étaient pas si noirs que ça mais presque bruns quand on les regardait de plus près tout autant qu'elle appréciait la gêne évidente qui émanait de lui même s'il ne fit rien pour la repousser.
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- Est-ce que... tu portes encore ton pyjama ? s'exclama la voix sèche du Serpentard.
Dominique cligna des yeux comme si elle sortait d'un rêve particulièrement doux dont elle n'aurait pas envie d'oublier le souvenir. Ce ne fut pas sa tenue qui la troubla après l'interrogation du Serpentard mais ce qu'elle venait de faire.
Elle n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle. Jamais.
Sans parler de l'étrangeté du naturel de la situation, c'était complètement stupide. Aussi stupide que Gemma amoureuse de Johnson, aussi stupide que Molly essayant de récupérer Arthur et que James lorsqu'il devenait ce monstre d'égocentrisme en présence de la Préfète-en-Chef. Parce que, à cet instant présent, jamais sa maladie ne lui avait paru plus présente. Elle pouvait presque la sentir se frotter à ses poumons et ricaner comme l'un des monstres de contes que sa mère lui lisait quand elle était plus jeune.
Complètement ridicule et trop dangereux. Elle ne pouvait pas prendre le risque qu'Isaac découvre son secret et elle se rendit compte à ce moment précis qu'elle était en train de lui donner les armes pour le faire. Et elle connaissait sa réaction à l'avance. Il n'aurait plus un mot ni un regard pour elle à la seconde où il saurait. Et cette fois encore, l'entente fragile qu'elle avait réussi à construire entre eux serait réduite à néant.
Son regard se reposa sur le visage d'Isaac, parfaitement neutre, comme si ce qu'il venait de se passer était complètement anodin. Elle secoua la tête et fit demi-tour sans lui répondre, sachant pertinemment qu'il ne chercherait pas à la rattraper, ce qu'elle espérait justement.
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- Ça va ? marmonna Gemma Lysenko, décidément peu rancunière.
Malgré tout, elle lui en voulait. Comment est-ce que Dominique Weasley pouvait se permettre de la juger ? Pourquoi, alors qu'il lui semblait qu'elles commençaient à s'apprécier, lui rappelait-elle toujours sa vraie nature et sa langue acérée et moqueuse. Ce n'était pas sa faute si elle n'arrivait pas à redresser la tête face à Abel. Elle l'aimait encore. Dominique ne pouvait pas savoir, elle n'avait jamais été amoureuse, mais on ne s'en remettait pas comme ça. Cela ne faisait même pas un mois, merde !
Néanmoins, elle avait décidé de ne pas provoquer une dispute sur le sujet. Que pouvait-elle attendre de plus de cette fille qui avait été un jour sa pire ennemie ?
Et puis, depuis le déjeuner, Weasley avait l'air préoccupée, pensive. Il n'en fallait pas plus pour attirer l'attention de Gemma qui se doutait que cela avait un rapport avec le duel de Nott et Potter.
- Ouais, grommela la jeune fille en plantant rageusement sa fourchette dans un bout de viande. Ah, au fait, j'ai dit à James qu'on le retrouvait dans le hall après manger.
Les deux jeunes filles déjeunaient tranquillement, loin des septièmes années, mais cela n'empêcha pas Gemma de regarder prudemment autour d'elle afin de vérifier qu'on ne les écoutait pas.
- Pourquoi ?
- On ne peut pas garder pour nous ce qu'on a entendu plus longtemps.
Elles pouvaient très bien, songea Gemma mais la jeune fille ne la contredit pas. Après tout, même si elle en doutait, peut-être que Potter aurait une idée de génie concernant le charabia qu'elles avaient entendu au septième étage. Un instant seulement, elle se demanda pourquoi Dominique n'avait pas convoqué Nott par la même occasion, mais son attention fut détournée par Mervin Kalls qui vint s'installer à côté d'elle tandis que sa petite-amie, Aurore Marin, venait s'assoir à côté de Dominique.
Les yeux de la Poufsouffle faillirent sortir de leur orbite mais elle ne fit aucun commentaire.
C'était la première fois que le jeune garçon mangeait avec elle depuis très longtemps et cela devait lui coûter de ne pas s'asseoir à la table des Serdaigle, lui qui aimait tant sa maison, ce qui fit plaisir à Gemma, finalement heureuse de leur complicité retrouvée. Au final, aussi enquiquinant qu'était Mervin, elle l'appréciait véritablement.
- Salut chef.
- Salut morveux.
- Je m'adressais pas à toi, feula Mervin en fusillant Dominique du regard.
Apparemment, ce n'était pas le cas de la Poufsouffle qui paraissait sur le point de se jeter sur le gamin pour l'étrangler. Elle n'avait apparemment pas oublié qu'il lui avait jeté des friandises dessus durant le match Gryffondor-Serdaigle. Sa fourchette s'abattit une nouvelle fois dans son bout de viande et tout le monde devina où elle aurait réellement voulu la planter.
Le déjeuner passa très vite finalement. Gemma découvrit un peu plus la jeune Aurore qui était très vivace pour son âge et freinait apparemment les ardeurs de Mervin. Tous trois discutèrent avec entrain pendant de longues minutes tandis que Dominique boudait.
A la fin, ce fut elle qui coupa court à la bonne humeur ambiante en rappelant à Gemma qu'elles avaient un rendez-vous. La Préfète-en-chef faillit lui signifier qu'elle pouvait y aller toute seule mais, au final, elle ne tenait pas à manquer quoi que ce soit ayant un rapport avec les agressions et hocha docilement la tête.
- Et vous allez où ? demanda impoliment Mervin en levant le nez de sa purée.
- Rien qui ne te regarde, répondit Dominique sur le même ton.
Et, sans plus attendre, la jeune fille repoussa son assiette et se leva, attendant impatiemment que Gemma en fasse de même. Cette dernière lança un regard d'excuses à Mervin et Aurore mais la suivit néanmoins.
- Tu pourrais être plus sympathique avec les seules personnes qui me parlent, lui signifia-t-elle néanmoins alors qu'elles sortaient de la Grande Salle.
Dominique haussa les épaules, lui indiquant par ce geste qu'elle n'en avait rien à faire et partit rejoindre Potter qui les attendait un peu en retrait, près des sabliers. Et en plus, il était à l'heure, pesta intérieurement Gemma qui n'avait pas envie de lâcher le morceau tout de suite sur ce coup.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire ? lança le Gryffondor en guise de bonjour.
Gemma n'avait pas reparlé, ni même croisé, le jeune homme depuis leur dernière rencontre mais celle-ci avait un goût étrange. Elle n'avait toujours pas réellement compris ce qu'il lui avait dit ou plutôt, son cerveau lui interdisait d'y penser. Elle ne pouvait décemment pas croire que Potter, pas lui, lui avait ordonné de redresser la tête et de tourner la page. Parce que c'était bien ça que voulaient dire ses mots, n'est-ce pas ? La Serdaigle y croyait à peine. Potter devait simplement se foutre de sa gueule, comme depuis plus d'un an. Ce n'était pas possible autrement.
- La dernière fois, au septième étage …, chuchota Dominique.
Puis son regard se perdit dans le vide, juste derrière Gemma et elle n'eut jamais l'occasion de rapporter à James les deux mots qu'elles avaient entendu la dernière fois qu'elles surveillaient la porte du septième étage. Au début, la Serdaigle se demanda ce qu'il se passait puis elle songea que le meilleur moyen de le savoir était de se retourner.
Son regard croisa celui d'Abel Johnson en premier. Puis les yeux gris d'Anabel Morgan, une grande fille brune de Serpentard, en cinquième année. Main dans la main.
Ils se dirigeaient vers la Grande Salle, comme s'ils étaient seuls au monde. Comme si tout le monde, dans le hall, ne s'était pas arrêté de discuter pour les dévisager sans aucune gêne. Comme si Gemma n'était pas présente et n'avait jamais existé.
- Et bien, je ne pensais pas que quelqu'un accepterait encore de sortir avec lui, siffla Dominique, ébahie.
- La famille Morgan est plus connue pour son avidité que pour sa décence, ricana Potter avant de s'interrompre. Lysenko, tu fais quoi là ?
A vrai dire, elle ne savait pas trop. La jeune fille avait esquissé un geste de la main en direction de son ancien petit-ami avant de se rendre compte de son attitude ridicule. Elle se contentait à présent de regarder le couple à travers un léger voile flou - ses yeux devaient être remplis d'eau - en songeant que, quelques semaines plus tôt, c'était elle qui avait la chance d'Anabel.
- Chance ? s'exclama Dominique.
Zut, elle avait dû parler à voix haute sans s'en rendre compte.
- Non mais t'es sérieuse ? Tu es complètement barjot ma pauvre fille, continua la Poufsouffle sans se rendre compte qu'elle était en train de l'enfoncer un peu plus.
Comme si elle ne s'en rendait pas compte.
- Après tout ce que ce type t'a fait, toi tu penses encore...
- Lysenko, l'interrompit Potter. Arrête ton cinéma. Redresse la tête et ravale tes larmes. Ne sois pas plus ridicule.
Dominique ouvrit stupidement la bouche, ahurie par les paroles de son cousin, mais cela ne provoqua aucune réaction chez la Préfète-en-Chef qui continuait de regarder en direction du Hall avec insistance. Ce fut le moment que choisit Abel pour se retourner nonchalamment et il croisa momentanément son regard, remarquant qu'elle n'avait rien perdu de la scène. Un sourire goguenard s'afficha sur son visage.
- Il a raison, approuva-t-elle finalement en remarquant l'attention dont Gemma était l'objet. Comme ça.
La jeune fille se grandit de plusieurs centimètres - elle n'arrivait toujours pas à l'épaule de la Serdaigle, même dans cette position -, bomba le torse et fusilla Abel du regard avant de lui adresser un geste obscène de la main. Gemma vit nettement le garçon tiquer mais il reporta très vite son attention sur elle, comme s'il la narguait.
- Grouille, grogna Potter en lui donnant un coup de pied dans le tibia.
Même s'il ne lui avait pas fait mal, elle se tourna vers lui d'un air accusateur et les larmes commencèrent à déborder. Une nouvelle fois, elle se demanda de quoi il se mêlait. De quel droit Potter, qui était à l'origine de la plupart de ses problèmes, se permettait de lui dicter sa façon d'agir ?
Qu'est-ce qu'il en savait lui ? C'était au dessus des forces de Gemma de faire le même genre de choses que Dominique.
Johnson et sa pimbêche étaient enfin entrés dans la Grande Salle et Gemma relâcha la pression. Le visage couvert de larmes, elle tourna le dos aux deux autres et se dirigea à grands pas vers le parc, comme la dernière fois. Elle tenta de rester digne face à la horde d'élèves qui regardait son visage ravagé de larmes mais n'y parvint que partiellement.
Elle fut plus qu'heureuse d'atteindre le parc où le soleil se nicha immédiatement sur son visage, lui faisant partiellement fermer les yeux.
Il fallait se rendre à l'évidence. Elle ne parviendrait pas à ignorer Johnson, surtout s'il se promenait au bras d'autres filles, et elle n'avait plus qu'à attendre la fin de l'année avant d'en être libérée. Loin de tout, elle pourrait oublier. Après tout, tout était déjà organisé. Deux semaines avant septembre, elle s'envolerait à Talahassee pour suivre sa formation de Médicomage et, en six ans d'études, elle avait bien le temps de tourner la page. Un nouveau monde, une nouvelle vie. Son père n'avait fait aucune difficulté, tout comme son directeur de maison d'ailleurs qui lui avait dit, pendant les entretiens, que, de toute façon, avec ses notes, elle pouvait envisager n'importe quelle formation.
- LYSENKO ! hurla Potter avec la plus douce de ses voix.
La jeune fille ouvrit les yeux et fit demi-tour, se rendant compte qu'en plus de sa voix, le corps de Potter se trouvait là. Et il avait l'air plutôt furieux.
- Tu n'écoutes jamais ce qu'on te dit ? s'exclama-t-il.
- Pas venant de ta part, non, rétorqua-t-elle en essuyant fugacement ses joues, par pudeur.
- Je le savais que tu étais faible mais à ce point ! Comment fais-tu pour te regarder en face Lysenko, comment ?!
Quel toupet ! Pour la première fois depuis longtemps, depuis qu'elle avait appris la trahison de Johnson, Gemma perdit son calme. Elle dégaina si rapidement sa baguette qu'elle eut le temps de la pointer sur la gorge du Gryffondor avant qu'il ne glisse sa main dans sa poche.
Peu lui importait si un professeur la surprenait. Elle voulait bien se prendre toutes les retenues du monde pour pouvoir massacrer Potter.
- TU NE COMPRENDS RIEN ! hurla-t-elle. JE LUI AI CONFIÉ TOUS MES PROBLÈMES. JE LUI AI PARLÉ DE MA MERE, DE MON PÈRE QUI... DE MON PUTAIN DE PÈRE QUI A MIEUX À FAIRE QUE DE PASSER NOËL AVEC MOI ! JE L'AIM...AIS ! ET DE TOUTE FAÇON TU NE PEUX PAS COMPRENDRE, À PART TON NOMBRIL, TU N'AS JAMAIS AIMÉ PERSONNE TOI ! ALORS DÉGAGE ET FOUS-MOI LA PAIX PARCE QUE JE TE JURE QUE …
- Tu ne sais pas de quoi tu parles, grogna étrangement Potter, l'air beaucoup plus calme qu'elle.
- TU N'ES QU'UN PETIT CON ÉGOÏSTE ET NOMBRILISTE ! TU M'ACCUSES DE T'AVOIR APPROCHÉ JUSTE POUR TON NOM ALORS QUE TU EN JOUES. TU UTILISES CE NOM DE POTTER TOUS LES JOURS POUR ARRIVER À TES FINS. ALORS…
- Oh la ferme Lysenko. Si ça peut te rassurer, mon cas est pire que le tien.
- TON CAS EST TOUJOURS PIRE QUE LES AUTRES ! NON MAIS TU TE PRENDS POUR QUI ? LE CENTRE DU MONDE ? TU CROIS QUE TU AS LE MONOPOLE DE LA DOULEUR ? CE N'EST PAS POSSIBLE ! CE N'EST TOUT SIMPLEMENT PAS POSSIBLE PARCE QUE CHAQUE MOT QUI SORT DE TA BOUCHE N'EST QU'UN RAMASSIS DE STUPIDITÉS VISANT À TIRER LA COUVERTURE À TOI ! TOI, TOI ET TOI ! IL N'Y A QUE JAMES POTTER QUI COMPTE !
- Elle préfère les filles, conclut calmement James tout en parvenant finalement à tirer sa baguette de sa poche.
