Blabla de début de chapitre : Bonsoir bonsoir ! Voici le nouveau drabble de ce recueil ! J'espère qu'il vous plaira, si c'est le cas n'hésitez pas à me faire part de vos avis ! Je signale une nouvelle fois que si vous avez des petits défis ou des UAs dont vous souhaitez me faire part, n'hésitez pas ! o/

Bonne lecture à tous !

Notes : UA monde normal, thème de la photographie, rating K.


Cliché

Ivan aimait beaucoup Paris. Il savait que cela répondait à un stéréotype assez répondu sur les Russes, mais peu lui importait. Le jeune homme avait réussi à amasser suffisamment d'argent pour passer deux semaines de vacances à la fin de l'été à Paris. La ville lui paraissait aussi belle que dans ses rêves.

Certes il y avait les différences culturelles, mais Ivan n'avait jamais commis l'erreur d'idéaliser quoi que ce soit. Aimant la France, il avait eu plusieurs correspondants français, dont un qui était devenu son ami et qui l'avait logé le temps du séjour, Francis. Tous l'avaient mis en garde contre les défauts de la capitale.

Le slave avait donc pu profiter au maximum.

Pendant les deux semaines, il avait visité, visité, et visité encore. Ses pieds criaient grâce, mais lui n'en avait cure. Le plus important était l'appareil photo qui ne le quittait jamais, et qui immortalisait tous ces beaux monuments, ces endroits secrets, ces moments volés. Il aimait trouver l'angle parfait, mitrailler jusqu'à capturer la perfection, attendre des heures pour avoir la bonne luminosité… la photographie était tout un art, un art qu'il adorait par dessus tout. Son appareil n'était pas le meilleur du marché car il était loin d'être riche, sans être pauvre pour autant. Cependant, il compensait avec sa connaissance pointue de l'art en question, et avec sa patience.

Il trouvait toujours le bon angle et le bon timing. N'importe quelle scène banale du quotidien pouvait être un bon modèle. Ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était les paysages. La beauté naturelle, à l'état pur. Néanmoins, les monuments de la capitale française lui plaisaient énormément. Ils recelaient tellement d'histoires… et Paris avait ce symbolisme, ce romantisme. Ivan avait capturé quelques moments touchants, bien qu'évidemment, il demandait toujours après aux personnes concernées s'il pouvait ou non garder le cliché.

C'est ainsi que, en se baladant dans le Jardin des Tuileries, le grand Russe aux yeux violets, croisa quelqu'un qui fit s'emballer son cœur.

Le jeune homme était magnifique. Il riait aux éclats, ses yeux bleus comme l'océan pétillaient d'un bonheur non-contenu, ses cheveux blonds se confondaient avec la lueur du soleil qui se couchait.

Sans même s'en rendre compte, il avait dégainé son appareil et avait appuyé, presque sans viser, sur le bouton.

Le blond en question dut sentir quelque chose, car il s'arrêta de rire et dévisagea d'un air franchement curieux le slave, qui rougissait, à moitié caché derrière son appareil. Il se sentait un peu honteux, comme pris en flagrant délit de voyeurisme.

Son modèle s'avança alors vers lui à grands pas.

-Hey dude ! s'exclama-t-il avec un accent indubitablement américain.

-J-je suis désolé, lâcha précipitamment Ivan. J-je ne voulais pas vous offenser, je…

-Oh, doucement ! sourit largement le jeune homme. Je ne viens pas pour crier ou quelque chose comme ça, ah ah ah ! C'est juste que… je ne m'attendais pas à ça. Pourquoi tu m'as pris en photo ? Je… peux voir ?

Ivan mit quelques temps à atterrir. Le garçon l'avait complètement captivé. Il lui faisait penser, plus que tout, aux tournesols qu'il adorait photographier. Ses cheveux dans le soleil, son sourire éclatant, son aura ! Tout en lui le fascinait et faisait naître un sentiment étrange en lui.

-O-oh bien sûr ! réagit-il en lui tendant son appareil.

Ce n'est qu'en regardant le cliché avec son modèle qu'Ivan sentit son cœur rater un battement.

C'était le plus beau cliché qu'il ait jamais pris de toute sa vie.

Le jeune homme resta un instant silencieux, puis lui rendit l'appareil et lui tendit la main.

-Alfred ! sourit-il largement.

Ivan prit timidement sa main et la serra.

-M-moi c'est Ivan…

-Enchanté, Ivan ! Oh, et tu n'as toujours pas répondu à ma question !

Ivan se gratta la nuque, tout gêné.

-J-je suis photographe amateur e-et… je ne sais pas… t-tu es… désolé de dire ça comme ça mais… tu es tellement beau… q-que je n'ai pas pu m'empêcher de te photographier…

Des rougeurs apparurent de concert sur leurs joues, et les yeux violets d'Ivan croisèrent ceux, bleus, d'Alfred. Un court silence s'installa entre eux, silence pendant lequel ils prirent le temps de sentir ce qui était en train de naître en eux.

-Touriste ? demanda alors Alfred, soudainement.

-O-oui… je repars demain en Russie… répondit le slave.

Nouveau silence. Puis :

-Est-ce que ça te dirait de passer tout le temps qui te reste à Paris avec moi ?

La demande était ponctué d'un sourire éclatant, non entaché par la proposition sous-jacente d'Alfred.

Ivan n'hésita pas, bien qu'il soit habituellement un grand timide.

Paris n'avait décidément pas usurpé sa réputation de cité de l'amour, pour que fleurisse en son sein, une romance entre un Américain solaire et un timide Russe aimant figer les instants éphémères de la vie.