Disclaimer: Albator, Toshiro, Clio, Kei, Maji, Eméraldas, Warius Zéro, Tori-San et Mi-Kun, appartiennent à leur créateur, M. Leiji Matsumoto.

Les autres personnages sont à bibi.

1.

La mine revêche, l'adolescent faisait face à son père, absolument pas porté à la contrition, plutôt prêt à une passe d'armes en règle !

- Tu sais pourtant que ce que tu as fait est mal ! ? gronda ce dernier.

Seul un dédaigneux haussement des épaules répondit à Skendar Waldenheim.

- Ilian, tes amis et toi avez humilié ce garçon, vous l'avez rabaissé plus bas que terre et ce devant presque tous ceux du Pensionnat ! Vous avez filmé ces sévices et vous avez diffusé l'enregistrement. Et pour couronner le tout, tu lui as pris sa petite amie ! Je peux savoir pourquoi vous vous en êtes pris à ce malheureux gamin ?

- Il n'a rien à faire avec nous, siffla le jeune garçon. C'est un Boursier et il ne sera jamais de notre monde.

Skendar s'approcha de son fils et lui souffleta les joues.

- Je t'interdis d'avoir ce genre de langage. C'est totalement indigne de toi, de notre nom !

Les prunelles marron d'Ilian étincelèrent.

- Depuis que je suis né, maman et toi n'avez cessé de me bassiner les oreilles avec notre nom en effet, notre position dans la haute aristocratie, notre sang bleu quasi ! Tu m'as mis dans ce Pensionnat où il faut plus que montrer patte blanche pour être accepté… Et voilà que n'importe qui peut y être admis maintenant !

- Vous êtes tous des jeunes gens, de chair et de sang. Le nom et une place dans la société ne signifie en réalité pas grand-chose, voire rien, si on ne s'en montre pas digne. Vu notre rang, nous avons à nous ériger en exemple, c'est notre rôle. Nous avons aussi à assurer un rôle de protection, puisque nous avons eu la chance d'être privilégiés de par notre simple naissance. Aussi, avoir ainsi pris de haut ce malheureux garçon est totalement inacceptable. Il a mérité sa place au Pensionnat, il a donc droit tout autant que toi à en suivre les enseignements et à être respecté pour la personne qu'il est.

- Je n'ai pas à frayer avec le petit peuple, s'enferra encore Ilian. Quant à sa copine, elle a juste su reconnaître qui de nous deux avait la meilleure trique.

Son père revint vers lui et le prit par les épaules.

- Nous avons des devoirs, des responsabilités. Ta mère et moi avons voulu t'inculquer une éthique saine, te faire voir la différence entre le bien et le mal afin d'opter pour les bons choix afin que tu puisses continuer à te regarder fièrement dans une glace ! C'est cela le plus important, Ilian : être quelqu'un de respectable et de respecté pour les valeurs qu'il incarne et qu'il défend. Il n'y a plus que moi pour te garder sur le droit chemin et tu peux compter que je vais y veiller scrupuleusement !

Une ombre de tristesse passa dans le regard de Skendar.

- Un tel comportement te ressemble bien peu, mon Ilian. Je croyais ta crise d'adolescence passée. Tu vas te reprendre, j'y compte bien. Sinon, je ne pourrai jamais appuyer ta demande d'entrée à l'Académie Militaire.

Le jeune garçon se contenta d'un grognement, se dégageant de l'étreinte de son père pour quitter le salon.

- Et tu vas aller faire amende honorable auprès de ce pensionnaire.

- Non !

- Bon, en ce cas, je vais aller présenter mes excuses à ce garçon, conclut Skendar. Comment s'appelle-t-il ?

- Zéro. Warius Zéro.


Albator s'était réveillé en sursaut, était demeuré allongé dans son lit, le cœur battant dans l'obscurité de la nuit chronologique du bord.

« J'aurais quand même préféré que ce soient d'autres souvenirs qui surgissent de ma mémoire ! ».

Il se leva, enfila une robe de chambre pour aller se servir un verre d'au.

Tout en le buvant à petites gorgées, il se planta devant la baie vitrée que décorait un quadrillage boisé.

« Comme le psy le prévoyait, ma mémoire s'ouvre sur des flashs, de plus en plus souvent. Mais, l'amnésie avait ses bienfaits… Il semble que je ne sois pas le petit garçon modèle que me décrivait un père trop heureux de me retrouver que pour s'appesantir sur ces frasques… Ce n'est pas une fresque. C'était de la persécution gratuite d'un plus faible. De ce que j'ai vu, il semble que je le savais parfaitement puisque cela allait à l'encontre des principes appris de mes parents. Ma vie était effectivement plus facile quand j'étais un Pirate, aucun sentiment, aucun remords, juste les actes à poser pour remplir mes soutes et aller monnayer cela pour l'entretien de l'équipage et du vaisseau ! ».

A pas feutrés, il alla jusqu'au berceau où un bébé roux de quatre mois dormait paisiblement. Du bout du doigt, il caressa la joue rebondie et rose avant de remonter la fine couverture sur le corps potelé.

- Fais de doux rêves, mon Alhannis.


Un nuage noir s'agita, semblant ne pas être loin de projeter des éclairs.

- Il est grand temps de ranimer tes états d'âme sinon tu ne feras jamais la paix entre ton présent et ce futur, avec ce passé sanguinaire de Pirate ! Je vais devoir faire plus que ramener ces réminiscences !

Le nuage noir, grossit, se mouva et parut changer de forme, devenir plus matériel aussi.

Le corps était long, effilé plutôt squelettique à un deuxième regard. Un corps d'insecte sans la moindre chair, qui semblait plus fragile que du papier, perché sur des pattes minces comme un fil. De part et d'autre s'étendaient des ailes noires pointues, déchirées. L'ensemble évoquait vaguement un papillon, monstrueux.

Le Thanatos claqua des mandibules, était apparu alors sous sa véritable apparence.