Bonjouuuuuuuuur. Ouais bon, je sais, ça fait quatre mois. J'ai pas d'excuse (enfin, si, j'en ai plein, mais elles sont toutes plus farfelues les unes que les autres). Donc, pas de blabla, merci à toutes les personnes qui ont reviewé le chapitre précédent, et le voilà enfin, le 63ème. Le tout dernier.
Bonne lecture.
Les amis sont les compagnons de voyage, qui nous aident à avancer sur le chemin d'une vie plus heureuse.
Pythagore
Gemma Lysenko boucla sa malle sans aucun signe de regret ou d'appréhension. Ces foutus ASPICS enfin passés, elle pouvait maintenant se tourner vers l'avenir.
Gemma décrocha doucement le badge de Préfète-en-chef qu'elle portait épinglé à sa chemise depuis le début de l'année, lança un regard mélancolique au pin's et le déposa doucement sur ses affaires. Voilà, elle était prête à partir. D'un coup de baguette, elle referma sa malle et passa un fin pull en laine qui commençait à être trop grand à force d'être porté. Puis, elle quitta son dortoir sans un regard. Les malles restaient à Poudlard, c'était le personnel qui s'occupait de faire le transfert jusque dans le Poudlard Express, qui restait le moyen de locomotion privilégié à la fin de l'année.
Elle ne s'attarda pas plus dans la salle commune, cet endroit lui rappelant trop de mauvais souvenirs. Il n'y avait pas un endroit ici où elle n'avait pas longuement discuté avec Mervin, supportant avec gentillesse et amitié ses humeurs et le plaignant réellement lorsqu'il parlait de sa famille.
- Enfin, grogna Dominique quand le mur de pierre s'ouvrit pour la laisser passer.
- Je n'ai que dix minutes de retard.
- Dix de trop.
La jeune fille haussa les épaules, peu encline à supporter les humeurs de la Poufsouffle. Le grand départ était prévu dans deux heures, soit pour dix heures et elles avaient prévu de déjeuner ensemble, à la table des Poufsouffle, pour la dernière fois.
Elles prirent leur temps pour descendre dans le hall, parce que Dominique était fatiguée, n'ayant pas très bien dormi la nuit dernière selon elle. Peut-être était-ce le fait de quitter ce château qui la rendait de si mauvaise humeur mais pour Gemma, l'heure de la délivrance avait sonné. Elle n'avait plus rien à faire ici.
Une mauvaise surprise les attendait néanmoins dans le hall. Au milieu d'une foule d'élèves surexcités, Dominique Weasley fut la première à repérer Abel Johnson. Lysenko n'avait plus fait aucune allusion à son ancien petit-ami après le vingt-huit mai mais elle songea qu'un face à face pourrait faire revenir la pleurnicheuse à grands pas. Ainsi, elle se positionna devant Gemma, tentant de cacher le garçon à l'aide de son corps. Action inutile car elle était beaucoup plus petite et fine que la Serdaigle qui avait déjà repéré son ancien petit-ami par-dessus sa tête.
- Tu sais quoi ?, sourit tristement Gemma.
- Non ?, s'enquit Dominique, espérant qu'elle n'allait pas encore lui répéter que tout ceci était de sa faute.
- Je viens de me rendre compte à quel point j'ai été idiote. Ce type n'a eu aucun respect pour moi et tout ce que j'ai trouvé à faire c'est m'humilier encore plus devant lui. En plus … il n'était pas si bien que ça. Il s'écoutait beaucoup parler et il s'est servi de moi pour ses devoirs. Tiens, tu sais ce qui me ferait du bien ?
Dominique en resta bouche bée. Mais elle ne fut pas au bout de ses surprises, manquant de tomber à la renverse lorsque Gemma fendit la foule en direction de Johnson, lui tapota doucement l'épaule et lui donna le coup de poing le plus majestueux qu'elle ait jamais vu. Quelques applaudissements survinrent de la part des élèves qui avaient vu la scène et elle s'y mêla joyeusement. Johnson fit un instant mine de répliquer mais, de là où elle était, Dominique vit nettement sa cousine Rose Weasley agiter sa baguette vers lui, faisant en sorte qu'il ne puisse parler, avant de faire un hochement de tête appréciateur en direction de Gemma.
La jeune fille rejoignit alors la Serdaigle et lui tapa fièrement l'épaule.
- Je suis fière de toi ma fille, tu deviens un homme ! Enfin !
- Ca ne veux rien dire ce que tu dis, répondit Gemma sans plus un regard pour Abel. Si tu m'appelles ma fille, tu ne peux pas dire que je suis un homme.
- Tu es tellement rabat-joie, soupira Dominique tandis qu'elles se frayaient un passage jusqu'à la grande salle. Je me demande comment j'ai fait pour te supporter toute une année.
- C'est moi qu'il faut plaindre.
- Je ne vois pas pourquoi. A côté de toi, je suis une fille facile. A vivre.
- Bien sûr, à vivre.
- On dirait un vieux couple, c'est tellement charmant.
Dominique et Gemma sursautèrent en même temps. Elles étaient presque arrivées à la table des Poufsouffle où Camille et Anatole leur faisaient de grands signes pour qu'elles les rejoignent. En se retournant, elles eurent la surprise de tomber nez à nez avec James Potter qui les regardait avec arrogance, les bras croisés autour du ventre.
Dominique se demanda simplement si James n'allait pas avoir droit à son coup de poing lui aussi. Il ne l'aurait pas volé celui-là, avec tout ce qu'il lui avait fait subir. Elle pencha la tête vers Gemma et lui murmura l'idée. Cette dernière sembla songeuse quelques secondes, puis secoua finalement la tête. La différence avec Johnson, c'était que Potter se trouvait dans la Grande Salle et que cette dernière était remplie de professeurs. Ils ne pouvaient plus lui donner de retenues à présent mais elle n'avait pas envie de provoquer un esclandre.
- Bon, qu'est-ce que tu veux James ?, s'enquit Dominique, s'ennuyant soudainement.
Si Gemma ne voulait pas frapper son cousin, ce moment en sa compagnie devenait beaucoup moins drôle.
- Je voulais juste dire à Lysenko qu'elle a un bon crochet du droit. Et qu'elle aurait dû m'écouter depuis longtemps.
- Je ne suis pas un…
Mais James était déjà loin. Cette façon de la prendre pour un hibou en parlant de Gemma comme si elle n'était pas là était franchement énervante. Néanmoins…
- Qu'est-ce qu'il faut comprendre à "elle aurait dû m'écouter depuis longtemps" ?
- Qu'il a un melon ce type, c'est hallucinant !, rétorqua la Serdaigle. Je crois qu'entre deux insultes, il m'a dit de relever la tête. Un truc du genre, je ne l'écoute plus depuis longtemps.
oOoOoOoOoOoOo
- Déjà nostalgique ?
Nella Flint sursauta et sa main se porta instinctivement vers sa poche arrière. Ses doigts glissèrent sur sa baguette à travers son jean et retombèrent mollement. Ce n'était que Potter.
La Serdaigle le détailla étrangement avant de reporter son regard sur ce qui l'avait attiré un peu plus tôt. Le château était si beau avec ses murs de pierres qui se dressaient fièrement en haut de la butte, ses tours et son lac qui se reflétait dans ses vitraux. Il était plus de neuf heures et la plupart des élèves se précipitaient pour ne pas rater le Poudlard Express. Tous, sauf les septième année qui ne pouvaient s'empêcher de contempler, pour la dernière fois, cet endroit si spécial qui les avait vu grandir. C'était étrange et intimidant à la fois, comme un adieu qu'on espère mais qui nous effraie.
Dehors, l'inconnu. La vie réelle.
Elle espérait désormais que ce qui l'attendait à Orel, en Russie, lui permette d'oublier. Ce serait sûrement plus facile si elle ne voyait pas tous les jours cet endroit, malgré toute la chaleur qu'il lui avait procuré.
- Wil te cherchait, murmura James qui admirait lui aussi Poudlard.
- Je sais, souffla-t-elle.
Au prix de ce qui semblait être un énorme effort, il baissa les yeux et se tourna vers Flint, observant sa longue chevelure blonde avec attention. Ses fesses en fait. Les blondes ne lui avaient jamais plu. Encore moins quand elles appartenaient à Wil Jordan.
- C'est ce portail c'est ça ?
Derrière eux, le portail de fer où ils avaient vécu cette nuit d'horreur. Doucement, Nella opina du chef, semblant moins paisible que tout à l'heure. Ce foutu portail. Cela faisait presque vingt minutes qu'elle lui tournait le dos, n'osant pas se retourner. De nombreux élèves étaient passés à ses côtés mais aucun n'avait remarqué son étrange manège. Elle regardait le château, comme de nombreux septième année. Elle avait le droit d'être bizarre aujourd'hui.
- Faudra bien le passer, affirma le Gryffondor en haussant les épaules, comme si c'était d'une facilité enfantine.
- Oui, approuva Nella d'une petite voix. Mais une fois que ce sera fait, rien ne sera jamais plus comme avant.
James lui lança un regard bizarre avant de froncer les sourcils, semblant enfin comprendre ce qu'elle voulait dire.
- Je n'ai aucune envie de t'entendre dire que tu vas larguer mon meilleur ami comme une vieille chaussette.
Surprise qu'il comprenne aussi facilement ce qu'elle avait voulu dire, Nella se sentit immédiatement honteuse et coupable. Elle baissa la tête et ses yeux s'embuèrent. D'une certaine façon, ce qu'elle s'apprêtait à faire était encore plus difficile que passer ce portail, qui n'était qu'un stupide symbole.
C'était une décision mature et raisonnable, quoi que puisse en penser James Potter et malgré son regard accusateur. Néanmoins, il n'y avait aucune trace de surprise chez lui. Peut-être qu'il le savait ou du moins le sentait depuis quelques temps. Peut-être même qu'il avait deviné avant elle, lors de son anniversaire, quand elle s'était confiée à lui à demi-mots.
- Je vais vivre à presque deux milles kilomètres de Londres, murmura-t-elle, comme pour se justifier.
- Ce n'est pas vraiment ça le fond du problème, n'est-ce pas ?, lui demanda-t-il avec un étrange regard.
Un long silence se mit en place pendant lequel Nella n'affirma ni n'infirma cette question. Ce n'était pas utile, ils le savaient tous les deux.
- T'es une princesse toi, il te faut un prince, ironisa James. Un truc bien ennuyeux mais qui rentre dans le moule et qui puisse te couvrir d'or et de diamants.
- N'importe quoi, s'exclama-t-elle, outrée qu'il puisse la penser aussi superficielle.
- C'est pas grave. P'tet que Wil a besoin de la reine des clowns et qu'il ne le sait pas encore.
Tout en parlant, le visage presque agressif de l'ancien Préfet-en-chef s'était fait plus moqueur qu'autre chose et carrément joyeux lorsqu'il assena une tape sur l'épaule de Nella. Cette dernière poussa un couinement et faillit glisser par terre. Seule la présence de James l'empêcha totalement de s'étaler.
- Idiot, grogna-t-elle. Tu sais que tu es fichtrement bizarre comme garçon ?
Un instant, elle avait cru qu'il allait s'énerver contre elle et même s'abaisser à l'insulter ou quelque chose comme ça. Après tout, il ne s'était jamais gêné. Potter était comme ça. Néanmoins, Dewi et Wil avaient toujours été d'accord sur ce point : James n'était détestable qu'avec les personnes qu'il n'aimait pas. Pire encore, elle lui avait en quelque sorte volé son meilleur ami et maintenant qu'il savait qu'elle comptait l'abandonner se pourrait-il qu'il l'apprécie vraiment alors qu'elle n'était que la pièce rapportée ?
- Laisse-moi en profiter, grogna-t-il. Je ne pourrais plus t'embêter quand tu seras à Orel.
- Tu trouveras toujours un hibou à Leeds, sourit doucement la jeune fille.
- Bien sûr. Seulement, je ne pars plus là-bas.
- Comment ça ?, s'exclama-t-elle, réellement surprise.
Il était vrai que la jeune fille passait plus de temps à fuir les Gryffondor que le contraire ces derniers temps mais il lui semblait que ce sujet aurait dû lui revenir aux oreilles s'ils en avaient parlé lors des rares moments qu'elle passait avec eux.
Et cela n'aurait pas pu lui échapper ! Cela faisait des mois que Potter leur rabattait les oreilles sur sa grande école de Quidditch, son avenir tout tracé, l'argent et les filles faciles. Autant dire qu'elle connaissait en long, en large et en travers toutes les activités de Leeds, les endroits à visiter et ceux pour s'amuser sans y avoir jamais mis les pieds.
- Et bien j'ai changé d'avis, expliqua James d'un air ravi.
- C'est une blague ?
- J'ai envoyé ma candidature à Sennen Cove.
- Où ça ?
Il la faisait marcher, ce n'était pas possible.
- Sennen Cove, répéta le jeune homme. Ils ont une excellente école de soigneurs là-bas.
De … soigneurs ? Elle savait Potter doué avec les créatures magiques mais pas au point d'abandonner son rêve d'enfant : le Quidditch. Comme sa mère, il voulait devenir un joueur doué et adulé par toute une génération pas aller s'enterrer à Sennen Cove où que cet endroit se trouve ! Qu'est-ce qui avait bien pu pousser le Gryffondor à changer d'avis ? A moins que …
- Oh.
- Ouais, c'est ce que mon père a dit aussi "Oh". Mais au final, je crois qu'il était plus surpris que mécontent.
Au final, cette maudite soirée avait changé tout le monde. Il n'était pas dur de comprendre ce qui était passé par la tête de Potter. Il avait fini par se rendre compte que la vie était trop courte pour suivre le chemin tracé par ses parents et s'avouer enfin qu'il préférait les animaux au Quidditch.
- Mais ils ont une équipe de Quidditch là-bas, reprit-il avec un petit sourire.
- Super.
- Vingt-cinquième au championnat universitaire … sur vingt-cinq.
Même Nella qui détestait le Quidditch se mit à sourire. Au moins, Potter pourrait l'avoir, son rôle de sauveur.
Après ça, le silence revint. Mais il n'était pas gênant. Les deux jeunes gens venaient de se rendre compte que le moment était enfin venu de quitter Poudlard. Ils devaient se mettre en route pour ne pas louper le Poudlard Express qui était toujours très ponctuel. Après un dernier regard nostalgique vers le château, James tendit sa main à la jolie blonde, lançant un regard étrangement pénétrant au portail de fer :
- Ensemble ?
- Ensemble, approuva Nella en saisissant sa main.
oOoOoOoOoOoOo
- Tiens, c'est quoi ce truc ?
Dominique et Gemma avaient été parmi les premières à s'installer dans le Poudlard Express, aucune d'entre elle n'ayant très envie de s'attarder au château. Elles avaient trouvé très facilement un compartiment libre -qui ne le resterait sûrement pas très longtemps- et profité de ce moment seules entre elles.
- Ne me dis pas que tu comptes te farcir ce truc alors que c'est notre dernier trajet ?, s'enquit Dominique en baillant ostensiblement.
Gemma haussa les épaules, caressant doucement la couverture du lourd grimoire qu'elle avait sorti de son sac pour en faire partir la poussière puis elle grimaça en découvrant le titre :
- C'est ce foutu bouquin. Les Mythes Slaves du 18ème siècle.
- Le bouquin inutile que tu as sauvé de ton expédition avec James à la bibliothèque ?
Gemma se remémora le fiasco de cette escapade et grimaça. Ils avaient pris beaucoup de risques pour rien et elle, comme une idiote, avait oublié le Sac-à-l'infini de Molly Weasley. Fort heureusement, cette dernière n'avait eu aucun ennui lorsqu'on l'avait découvert là-bas. Elle avait un alibi en bêton et comme rien n'avait été volé -selon les Professeurs- et qu'on avait d'autres chats à fouetter, l'enquête n'avait pas été très loin. Elle en avait été quitte pour une bonne frayeur.
A ce moment précis, la porte du compartiment s'ouvrit, laissant passer la bouille joyeuse d'Anatole Bensberg qui s'arrêta net en les reconnaissant. Gemma en profita pour fourrer le livre au fond de son sac, loin de sa vue.
- Aie, couina une voix derrière elle.
- Pourquoi est-ce que tu t'arrêtes comme ça, tu les as trouvées ?
- C'est elles ?
Dominique eut un sourire sincère en voyant rentrer l'ensemble des Poufsouffle à la queue-leu-leu dans leur compartiment qui se retrouva très vite bondé. Ces derniers jours avaient été remplis de tension, à cause des ASPICS mais surtout de son silence quant à la nuit du vingt-huit mai. Si Isabel, Arthur et Anatole ne lui avait pas posé de questions et Joana avait été égale à elle-même en l'assourdissant de paroles, Molly et Camille n'avaient pas vraiment compris qu'elle ne se confie pas à elles. Elle avait eu beaucoup de mal à rassurer sa cousine et son amie sans rien révéler.
Un an plus tôt, Dominique n'aurait pas hésité. Preuve qu'elle avait muri, pas un seul instant elle n'avait songé à se confier à elles. Outre que tout ceci était encore trop récent pour qu'elle arrive réellement à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, ç'aurait été trop dangereux d'impliquer Molly et Camille là-dedans.
En plus, leurs relations demeuraient tendues. La Poufsouffle ne s'était pas excusée des paroles très dures qu'elle avait eues envers chacune d'entre elles et ne comptait pas le faire. Si Molly faisait bonne figure et ne voulait certainement pas l'accabler après son séjour à Sainte-Mangouste, Camille semblait souvent songeuse et triste ces derniers temps. Ce n'était facile pour aucune d'entre elles.
- Hé, vous savez ce que j'ai appris ?, s'enquit Joana Mayer en se laissant tomber sur la banquette à côté de Lysenko. Il parait que Potter ne sera jamais Souaffle d'Or …
oOoOoOoOoOoOoOo
- Ah bah enfin vous êtes là ! Qu'est-ce que vous foutiez ? On a perdu tellement de temps à vous chercher qu'on a failli louper le Poudlard Express !
Nella Flint esquissa un faible sourire devant l'air faussement énervé de Dewi Carlson, ne cherchant même pas à s'expliquer. En réalité, elle nourrissait l'espoir secret que la jeune fille, enfin, plutôt Wil qui arrivait derrière elle, ne les trouve jamais.
En disant au-revoir à Poudlard, elle devait en faire de même avec Wil. Car, s'il n'était pas très mature ou réaliste, Nella l'était pour deux. Elle ne pouvait se permettre d'avoir les pensées ailleurs l'année prochaine, elle ne pouvait pas non plus entretenir une relation longue distance et surtout, surtout, elle n'était pas amoureuse de Wil.
Oh, elle l'aimait, certes, mais pas de cette façon. Elle ne s'en rendait compte que maintenant mais elle n'allait pas tomber amoureuse de Wil, peu importe comment leur relation évoluait. Pour elle, c'était plus un ami, voire un frère, qui lui avait permis de prendre confiance en elle et d'oser plus de choses. Ce n'était pas facile pour autant, car elle craignait sa réaction, supposant sûrement avec justesse qu'il ne serait pas du même avis qu'elle.
Mais elle avait besoin de se libérer de toute contrainte pour travailler son avenir. Sa décision était prise, ne restait plus qu'à l'annoncer à Wil Jordan.
Le grand métis, arrivé à la suite de Dewi, se laissa tomber à côté d'elle, tandis que Dewi s'était installée près de James.
- Pourquoi vous ne nous avez pas attendu ?, grogna la Gryffondor, visiblement vexée. On aurait pu faire le trajet ensemble.
- On disait au revoir à Poudlard, se justifia James avec un sourire ironique même s'il n'avait pas vraiment l'air très assuré.
Cela ne parut pas vraiment convaincre Dewi qui se renfrogna. Il fallut toute l'ingéniosité de James pour arriver à la dérider et, après deux ou trois blagues salaces, la jeune fille riait à gorge déployée comme s'il ne s'était rien passé.
La gorge de Nella se serra. Même si Poudlard n'allait pas lui manquer, ces trois-là si. Dewi était la joie de vivre incarnée, la gentillesse même et la Serdaigle ne se faisait pas d'inquiétude pour elle. Finalement, celle qui était devenue une très bonne amie au fil de mois, avait suivi ses conseils et s'était inscrite dans une formation qui permettait d'embrasser une carrière sociale. Elle serait très bien là-dedans.
Potter aussi, malgré tous ses défauts, lui manquerait. Il était plus mature que ce qu'il laissait paraître et savait détendre l'atmosphère comme personne. En plus, maintenant qu'elle était certaine qu'il ne lui tournerait pas le dos, elle devinait qu'ils avaient tissé une sorte d'amitié, bizarre, mais une amitié quand même, durant l'année.
Et Wil … Wil était plus taciturne ces derniers temps mais c'était parce qu'elle passait ses journées à l'éviter et ne voulait pas se confier à lui. Il ne comprenait pas pourquoi. C'était justement ça le problème, il ne pouvait pas comprendre. Il n'avait pas été là, lui, quand cet horrible éclair vert avait atteint Mervin Kalls. Il ne l'avait pas vu tomber à la renverse ni même comprendre avec horreur que ce visage figé resterait à jamais sur le première année. Et aussi dans sa tête, à chaque moment de la journée et dans ses cauchemars, la nuit.
- Bon tu viens Dewi ? Il faut que je te montre quelque chose !
- Quoi ?, s'enquit la Gryffondor, l'air septique.
- Eh bien …, ricana Potter en se levant brusquement, ma grosse baguette !
Il tendit la main vers Dewi qui l'attrapa de bon cœur en ricanant et se leva à son tour. En passant, Potter fit un clin d'œil à Nella qui le remercia silencieusement. Il lui offrait l'occasion de parler à Wil seul à seul, avant d'arriver à Londres.
Ce qui était plus facile à dire qu'à faire, songea la Serdaigle tandis que les deux amis sortaient du compartiment, bras dessus-dessous. Lorsqu'elle tourna la tête vers Wil, ce dernier l'observait attentivement, les lèvres pincées. Pourtant, son visage était impassible et il lui était donc impossible de savoir à quoi il pensait.
- Il fait beau hein ?, murmura-t-elle timidement en se tournant vers la vitre.
Quelle lâcheté ! Mais il était plus facile pour elle de commencer par échanger des banalités et en plus, il faisait réellement très beau, même pour un mois de juin. L'été s'annonçait prometteur quoiqu'on ne puisse jamais savoir en Angleterre.
- Ouais, répondit simplement le garçon en s'enfonçant un peu plus dans la banquette.
Affligée par sa propre stupidité, Nella rougit jusqu'aux oreilles mais garda tout de même le regard rivé vers la fenêtre. Elle devait se ressaisir avant d'affronter Wil. Ce ne serait sans doute pas la chose la plus difficile qu'elle aurait à faire dans sa vie, elle pouvait y arriver sans faire trop de dégâts. Elle lui devait bien ça.
Au bout de quelques secondes, elle se sentit plus apaisée. Les collines défilaient devant ses yeux, alternant avec les paysages montagnards et elle s'était forcée à les fixer sans qu'aucune pensée morose ne vienne troubler sa contemplation. Brusquement, elle se tourna vers son petit-ami :
- Ecoute Wil … il faut qu'on parle !, lança-t-elle d'une voix assurée qui se brisa sur ces dernières paroles.
Le Gryffondor se redressa, l'air plus ennuyé que surpris. Doucement, il tourna la tête vers elle, ses prunelles brunes se figeant dans le regard océan de la jolie blonde. Dire qu'il ne s'y attendait pas aurait été mentir. Il le savait depuis le début qu'un jour ces mots-là passeraient la bouche de cette fille qui ne savait même pas qu'elle était capable de retourner des montagnes.
- C'est le même "Il faut qu'on parle" que dans "C'est fini" ?
Elle ne le savait même pas mais elle aurait pu tenir le monde entre ses mains. Tout le monde était à ses pieds, même James qui ne pouvait s'empêcher de la protéger comme une mère-poule depuis qu'il la connaissait, sans même s'en apercevoir. Ce dernier n'avait pas tort d'ailleurs, elle était une princesse et pouvait tout avoir en un claquement de doigts.
Elle avait l'air tellement fragile, surtout depuis le vingt-huit mai, et son obstination à ne pas lui parler l'avait alerté. Il avait bien réfléchi, il n'y avait pas que ça. Elle ne pouvait pas tout mettre sur le compte du traumatisme.
- Oui, murmura-t-elle tristement, ne cherchant même pas à nier. Je t'adore Wil mais …
Evidemment. Elle ne pouvait pas dire le contraire et le plus pitoyable, c'était qu'elle était sincère. Cette fille devait le prendre pour une sorte de grand frère et si elle le regardait avec des yeux brillants ce n'était que de l'admiration.
- C'est bon je comprends, répondit-il avec ferveur.
Finalement, leurs différences ne les avaient pas rapprochés. Alors qu'elles auraient pu les porter et faire d'eux un duo uni, elles n'avaient fait que les éloigner un peu plus chaque jour. Wil s'était rendu compte que Nella souffrait d'un manque de reconnaissance flagrant et que cette manière de vouloir avoir un avenir doré était un moyen de le combler. Elle y arriverait, sans nul doute, mais il fallait qu'elle fasse attention à ne pas se perdre en chemin. La petite fille fragile ne devait pas se transformer en un monstre d'avidité et d'égoïsme, jamais. C'aurait été trop dommage.
- C'est vrai ?, s'exclama la Serdaigle sans se rendre compte de son mensonge éhonté. Oh Merlin, je suis vraiment ravie que tu réagisses comme ça !
Cause toujours.
C'était seulement pour ne pas la perdre qu'il restait calme alors qu'il aurait eu envie de hurler et de frapper le premier inconnu sous son nez. Ce n'était pas le meilleur choix possible. Comment tourner la page s'ils continuaient à se fréquenter ou correspondre par hibou, étant donné la distance qui les séparerait à la rentrée ? Mais oublier était pire que souffrir.
- On n'est pas faits pour être ensemble, se justifia-t-il dans un semblant de sourire.
- C'est vrai mais …, reprit-elle d'une voix timide, on peut quand même être amis ?
- Bien entendu.
Une amitié à sens unique alors. Parce que lui, il était certain qu'il n'oublierait pas de sitôt la jolie blonde qui lui retournait le ventre déjà des années auparavant.
Nella eut l'air soudainement soulagé - il lui avait drôlement mâché le travail en même temps- et esquissa un mouvement vers lui avant de se reprendre, l'air gêné. Il remarqua qu'elle n'osait pas le prendre dans ses bras, par honte ou par pudeur peut-être.
Ce fut lui qui fit l'effort de venir vers elle, luttant pour ne pas embrasser cette bouche rose ou caresser ses longs cheveux blonds.
- Au fait ?, s'enquit-elle avec un sourire malicieux en se redressant. Tu crois que la baguette de James est vraiment si grosse que ça ou alors c'est un complexe d'infériorité ?
- Complexe d'infériorité, lui assura Wil.
oOoOoOoOoOoOo
Complètement indifférentes au cœur brisé de Wil Jordan, Dominique Weasley et Gemma Lysenko avaient quitté le compartiment bondé de Poufsouffle dès qu'elles avaient pu. Toutes deux étouffaient, noyées sous des rires complices, des blagues joyeuses et des éclats de rire qui les laissaient pensives.
Alors qu'elles discutaient près des cabinets, se demandant quand exactement elles allaient pouvoir se retrouver pendant les vacances, elles étaient tombées nez à nez avec Heather Moorehead. Bizarrement, aucunes d'entre elles n'avaient recroisé cette alliée d'une nuit ces dernières semaines et elles ne s'en portaient pas plus mal. L'aide de la Serpentard avait beau avoir été décisive, elles n'avaient pas envie de se frotter à la reine des glaces, capable de crever un œil à un homme, aussi mauvais soit-il.
- Tiens, tiens, susurra Heather qui n'avait pas l'air décidée à reprendre son chemin malgré l'air ennuyé des deux autres. Mike Tyson et …
La jeune fille se tourna vers Dominique et haussa les épaules, ne trouvant pas de surnom approprié.
- Passe ton chemin Moorehead, soupira cette dernière.
- Mike Tyson ?, la coupa Gemma. Depuis quand est-ce que les Sang-Pur… D'ailleurs, pourquoi Mike Tyson ?
Moorehead leva les yeux au ciel et croisa les bras, sans répondre. Gemma fronça les sourcils et comprit, un peu trop tard, que ce surnom était dû au coup de poing qu'elle avait mis à Johnson avant les ASPICS et eut un hoquet horrifié. Est-ce qu'on l'appelait comme ça dans son dos depuis cet évènement ? Elle leva les yeux vers la Serpentard qui lui signifia d'un regard qu'elle ne satisferait pas sa curiosité sur ce coup.
Cette dernière les dépassa mais se retourna, l'air plus sérieux que jamais, comme si elle avait changé d'avis :
- Les apparences sont parfois trompeuses Lysenko et, bien que je doute que cela te serve de leçon, je vais te dire quelque chose : tous les Serpentard ne sont pas des S…
Elles ne surent jamais ce que Moorehead comptait leur dire.
- Bon, alors cette grosse baguette ?
Dominique sursauta et recula précipitamment d'un pas, tout comme Moorehead et Gemma. Aucune d'elle ne voulait se faire voir ensemble. Malheureusement c'était trop tard.
Carlson était dos aux trois jeunes filles mais son fidèle acolyte, James, les avait déjà repérées. A sa plus grande surprise il ne fit aucun commentaire -même pas sur cette histoire de … grosse baguette ?- et baissa les yeux vers son amie qui marchait à reculons tout en riant à gorge déployée.
Et il fit une chose totalement insensée. James attrapa brusquement la nuque de Carlson et l'embrassa à pleine bouche.
Mais … mais … s'était-elle trompée ? La dispute de James et Gemma lui avait laissé entendre que sa meilleure amie préférait les filles mais elle avait peut-être tiré des conclusions hâtives.
- Je vais y aller, ça sent le Veracrasse pourri ici, grogna Moorehead.
Ce fut le moment que choisit Carlson pour repousser son cousin et tourner la tête vers elle en poussant un couinement alarmé. Dominique se demanda si elle avait de la salade entre les dents pour qu'elle les dévisage de cette façon mais elle se rendit vite compte que ce n'était pas elle ou même Gemma qui avait l'air d'effrayer Carlson.
C'était Moorehead qui remontant le couloir à grands pas, ses chaussures claquant sur le sol comme un coup de fouet.
- Qu'est-ce que … tu as fais ?, s'exclama Carlson dans un sanglot. Tu savais qu'elle était là … tu savais que …
James haussa les épaules, l'air plus innocent que jamais.
Elle était là ?
D'accord, Dominique avait compris. Il lui fallait juste deux minutes -non deux ans plutôt- pour se remettre de tout ça. Carlson et Moorehead. Bordel quoi, comment est-ce que quelque chose d'aussi gros avait pu lui échapper ? Elle connaissait la plupart des secrets à Poudlard mais ça, elle ne l'avait pas vu venir.
- … qu'elle ne me laisserait plus aucune chance, balbutia Carlson.
- J'ai fais ce qu'il fallait, murmura James en baissant les yeux.
La bouche grande ouverte, Dominique écoutait sans gêne aucune la conversation entre les deux. A ses côtés, Gemma faisait genre de rien mais elle savait que rien ne lui échappait même si elle allait le nier jusqu'à la fin de sa vie.
- Ce qu'il fallait ?, s'exclama Dewi en plissant les yeux. Crétin ! N'essaie plus jamais de contrôler ma vie !
Sbaf !
Dewi Carlson : 1 - la joue de James : 0.
La Gryffondor partit en trombe dans le couloir d'un air si furieux que Dominique se demanda si elle pardonnerait un jour à son cousin. Ce dernier sembla se rendre compte à ce moment-là de la présence des deux autres et s'avança vers elle, les deux mains dans les poches de son pantalon brun.
- Ferme la bouche Dom, tu vas gober des mouches.
- Uuuuh, grogna la jeune fille.
- Depuis le temps que je dis à toute la famille que tu es débile …
- Alors c'était vrai ?, réussit-elle finalement à se reprendre, après avoir envoyé son poing dans le ventre de James. Et Moorehead et Carlson ?
A leurs côtés, Gemma soupira d'impatience. Elle n'avait rien compris à ce qui venait de se passer mais avait aimé que Carlson frappe Potter. A défaut de lui faire perdre ses derniers neurones, elle avait peut-être réussi à lui remettre les idées en place.
- Ouais. J'ai fais ce que je devais faire. Cette fille est tarée.
Et c'est lui qui disait ça ?
- Bon, on y va ?, s'enquit Gemma, peu encline à faire la conversation à Potter.
En plus, l'air hébété et idiot de Dominique commençait à lui courir sur le système. C'était comme si la Poufsouffle venait de comprendre quelque chose qu'elle-même ignorait et à laquelle elle ne voulait d'ailleurs pas penser, tellement elle se fichait de tout ce qui avait un rapport avec Potter.
Dominique opina heureusement du chef et les deux jeunes filles commencèrent à s'éloigner, après que la petite blonde ait salué son cousin.
- Attends ! Lysenko !
Sans trop savoir pourquoi, Gemma se retourna. Potter s'avançait vers elle, tout en farfouillant dans ses poches. Qu'allait-il encore trouver pour se moquer d'elle ?
Un peigne ?
Un prospectus pour un programme d'amaigrissement ?
Une potion novatrice pour la sauver de son éclabouille ?
Il était capable de tout, ainsi Gemma fut totalement abasourdie quand sa main se rouvrit sur une jolie plume bleue. C'était celle qu'il lui avait volé lors d'une retenue commune et qui avait appartenu à sa mère. Etait-il possible que … Non, elle ne devait pas faire confiance à Potter, il voulait simplement profiter un peu plus de la faiblesse qu'elle avait eue à son encontre.
La jeune fille lança un regard vers Dominique mais cette dernière était déjà loin, marchant d'un pas monotone et n'ayant même pas l'air de se rendre compte qu'elle n'était plus là.
Potter tendit la main vers elle, la plume reposant dans sa paume, semblant attendre qu'elle s'en saisisse. Gemma n'hésita pas plus longtemps et prit l'objet, la serrant fort dans sa main.
Ce n'était pas des excuses. Ce n'était pas un bon geste pour faire oublier ses actes. Ce n'était pas non plus pour se justifier des atrocités qu'il avait commises. C'était juste comme ça, parce qu'il semblait à James qu'il n'avait pas le droit de garder cette plume. Lysenko n'avait pas encore l'air d'y croire et la regardait comme si elle avait gagné le championnat de Quidditch.
- Merci, balbutia-t-elle.
- De rien. A bientôt Lysenko, lança-t-il en la dépassant.
A jamais, pensèrent-ils en même temps, quelques dixièmes de secondes plus tard.
oOoOoOoOoOoOo
- ' Man !
- Papa !
- Hé, ho, je suis là ! LA !
Perdue dans le cahot de la foule, Nella Flint aurait eu bien du mal à se frayer un chemin entre tous ces gens sans l'aide de Wil Jordan. Il la rattrapa quand un gamin trop intrépide la bouscula et elle repéra le visage familier de son père à cet instant précis.
La Serdaigle, ancienne Serdaigle maintenant, ne pouvait espérer mieux. Wil avait très bien pris sa décision et paraissait même d'accord avec elle. Cela aurait pu être blessant mais au final, cela la soulageait de ne pas être en froid avec lui. Il était un ami précieux et elle avait tenu à le lui dire. Ils avaient beaucoup discuté, à présent qu'il n'y avait plus aucune gêne entre eux, et elle avait passé un très bon moment.
La fin du trajet avait été pourtant gâchée lorsque Dewi était revenue en pleurs de son escapade avec Potter. En voyant son visage défait, même Wil n'avait pas osé plaisanter sur le rapport avec la grosse baguette de James et au fil des minutes, ils avaient fini par comprendre ce qu'il s'était passé.
Nella avait consolé du mieux qu'elle pouvait son amie, sans pouvoir s'empêcher d'approuver Potter. Certes, elle n'était personne pour juger les choix de Dewi mais Moorehead était salement atteinte. Elle avait éborgné un homme sans sourciller et c'était sûrement ça qui avait motivé Potter à l'embrasser devant cette dernière. Mais elle ne pouvait dire tout ça à Dewi et c'était contentée de lui caresser les cheveux jusqu'à ce que ses larmes sèchent en lui répétant que, non, la Serpentard ne pouvait pas refuser de lui parler jusqu'à la fin de sa vie, même si elle le lui avait signifié quand Dewi avait fini par la rattraper.
- Bon bah, je crois qu'il faut qu'on se dise au revoir ici, murmura Wil qui avait repéré sa propre famille lui aussi.
- Oui … enfin, on est pas obligés, répondit Nella qui venait d'avoir une idée.
- Comment ça ?
- Viens !
Avec un grand sourire, elle attrapa le bras du grand métis et ils avancèrent ensemble en direction de Marcus Flint. Bientôt, le visage heureux de sa mère apparut et elle n'eut même pas honte en remarquant qu'elle avait enfilé une robe aubergine, bien trop courte pour son âge. A ce moment précis, elle était heureuse d'être vivante, se rendait compte qu'elle avait échappé au pire et revoir ses parents lui fit monter les larmes aux yeux.
- Maman !, s'exclama-t-elle en se jetant dans les bras de Maxine.
D'habitude, elle appelait sa mère par son prénom parce que celle-ci trouvait que cela faisait plus jeune mais aujourd'hui elle ne s'en sentait pas la force. Sentir le parfum fleuri de sa mère lui fit un bien fou et lui donna l'impression de perdre dix ans, quand, petite, elle se blottissait dans ses bras au coin du feu.
- Ca va ma chérie ?
- Jordan.
Nella se demanda comment son père pouvait avoir deviné qui était Wil mais en se redressant, elle se rendit compte que ce n'était pas à lui qu'il parlait mais à l'homme qu'il avait un jour enfermé dans un placard pour l'empêcher de commenter un match de Quidditch et commença à se demander si elle avait réellement eu une bonne idée en voulant présenter Wil à ses parents.
Sa bouche s'ouvrit légèrement et elle fut hébétée de voir les deux hommes se serrer la main. Sans doute faisaient-ils semblant mais cela la rassura légèrement et lui fit reprendre un peu d'assurance.
- Je vous présente Wil, déclara-t-elle en se tournant vers son ex-petit-ami.
- Et moi Nella, continua ce dernier, le bras passé autour d'une brune qui lui ressemblait beaucoup, sa sœur surement.
Les parents de Wil lui sourirent -bien que le visage des deux patriarches s'était un peu fermé en comprenant que leurs enfants avaient un lien- et Maxine voulut embrasser tout le monde. Une fois sa mère calmée, Nella reprit, en regardant fièrement le grand métis.
- C'est un très bon ami.
oOoOoOoOoOoOo
En parlant d'amitié.
Gemma Lysenko et Dominique Weasley se faisaient face, perdues au milieu de la foule, sans paraitre remarquer qu'elles n'étaient pas seules sur le quai de la gare.
Dix mois plus tôt, une telle proximité aurait indéniablement finie en dispute et crêpage de chignon. Dix mois plus tôt, chacune d'entre elle aurait préféré mourir que de passer plus de trente secondes en compagnie de l'autre.
Dix mois plus tôt, elles se haïssaient, pour différentes raisons.
Gemma était trop lâche, timide et donneuse de leçon.
Dominique était trop exubérante, sûre d'elle et nombriliste.
Dix mois plus tôt elles ne se connaissaient pas parce qu'aucune de ces descriptions n'était vraie.
Bon d'accord, Gemma était un peu donneuse de leçon. Mais c'était aussi une fille attachante et intelligente, drôle quand elle était de bonne humeur et qui n'était pas rancunière. Elle avait beau être naïve, c'était aussi ce qui faisait sa force. Elle ferait encore des erreurs, accorderait sa confiance à n'importe qui mais maintenant, elle pouvait tout affronter. La Serdaigle avait aussi des démons, elle n'était peut-être pas parée pour s'en défaire et allait devoir apprendre à vivre avec. Mais elle avait grandi, était plus forte et prête à affronter le monde.
Dominique était réellement exubérante. Néanmoins, sous ses airs assurés, se cachait une jeune fille qui avait terriblement besoin d'être rassurée, manquait parfois de courage et était terriblement loyale. Il était bon de savoir que la Poufsouffle avait des faiblesses elle aussi et qu'elle ne savait pas vraiment quel chemin emprunter.
Elles parvenaient enfin à se comprendre, quand il le fallait.
Parfois, les opposés s'attiraient quand même.
- Amies ?, murmura Gemma avec émotion.
- Amies, approuva Dominique en la serrant dans ses bras.
FIN
Un grand merci à tous mes lecteurs, les plus invisibles comme les acharnés de la review (comme ça, je pense à Dobbymcl, Shiriliz, EllieFowl, LouRêve, UranusMarie, Luumineusement, Lyra Morgana, Pepoune, Elia, Kervana … et tant d'autres, que personne ne se vexe s'il n'est pas dans cette liste non exhaustive ! …) ceux qui sont là depuis le début ou presque et les derniers arrivés, ceux qui ont clairement un grain et ne sont pas tout seul dans leur tête (SmilingSparrow aka TheDevilOfSlytherin) et aussi Isabel Pearl qui était ma seule revieweuse ou presque au début de cette fic et m'a convaincu de continuer à la poster, à qui je dis (encore une fois) : MERCI. Et tous ceux qui m'ont laissé un jour un petit mot doivent savoir que c'est ça qui donne envie de continuer (même si on n'écrit pas pour les autres et blablabla, tout le monde aime avoir un avis concret !) à poster !
Vous pouvez aussi remercier Barbiemustdie qui, outre le fait qu'elle soit une super correctrice et vous a longtemps empêché de vous écorcher la cornée, est une gamine terriblement attachante qui m'a souvent empêché de me coucher à une heure décente le soir.
Et Mlle Point de Côte qui a repris le travail avec brio depuis quelques chapitres et qui va sans doute devoir me supporter encore longtemps vu mon rythme de publication assez aléatoire (malheureusement je ne la connais pas encore assez pour pouvoir dire que c'est "une gamine terriblement attachante" elle aussi, par contre, je peux dire qu'elle est sadique et encore plus méchante que moi avec ses persos. Alors, courrez lire Le Poids de l'Héritage si ce n'est pas déjà fait).
Bref, c'est donc le moment de vous lâcher. 62 chapitres, ça se fête, j'attends une explosion de reviews ! Bon, je vous aide, après deux ans, plutôt pro-Gemma ou Dominique ou aucune-des-deux-elles-sont-trop-relous (et qu'en plus, cette rivalité n'a plus lieu d'être vu qu'elles sont trop copines maintenant) ? James va finalement tomber amoureux de Nella / Gemma / Isaac ? D'ailleurs, pendant combien de temps ce dernier va-t-il refuser d'adresser la parole à Dominique cette fois-ci ? Dewi va-t-elle finir par récupérer Heather ? Quelle sera la nouvelle obsession de Gemma ?
Qui va survivre à la deuxième partie ?
Oui, bon, j'ai un peu menti, c'est pas vraiment la fin. Alors si vous voulez savoir ce qui arrive à toute cette joyeuse bande après Poudlard, direction mon profil et "Les Tourments", le premier chapitre est déjà posté. On se retrouve là-bas :)
