"- Bien, monsieur Holmes, vos premiers tests étaient brillants !"
Un compliment de la part du professeur Presbury étonnèrent l'équipe réunie. Autour d'une chaise centrale, tous les yeux des 7 blouses blanches se posèrent sur l'homme au cheveux bouclés attachés par les mains. Sa tête pendait légèrement vers la gauche montrant sa fatigue. La lueur qui avait autrefois brillé dans ses yeux bleu-verts avaient totalement disparu. Son regard n'était que flegmatique, neutre, sans direction.
Seul le professeur Presbury bougeait.
"- Monsieur Holmes, vous êtes cependant le seul qui est réussit le test d'Entrée avec succès.
- Je...n'ai...jamais demandé...à faire ce...test. Réussit Sherlock à dire avec énorme effort.
Les 7 personnes s'agitèrent tout à coup comme choqués de son intervention orale. Presbury sourit de ses dents blanches, impressionné par l'endurance de son prisonnier. Il éclata de rire et posa sa main sur l'épaule de Sherlock.
"- Il se trouve que vous avez été le bon élément pour moi.
- Monsieur Presbury, si je peux me permettre, intervint une voix féminine, ne croyez vous pas qu'il risquerait d'en mourir si on ne lui laisse pas...une pause."
Cette femme ressemblait à une poupée chinoise en porcelaine. Elle était cependant brune et bouclée, et avait des yeux aussi bleus que ses 6 autres compagnons. Bref, elle leur ressemblait mais avec un air plus féminin, trop féminin. Sherlock ne l'avait qu'une fois lors de l'expérience de l'aquarium.
"- Les expériences ne peuvent attendre, si il n'est pas compatible avec ce que j'attends, alors il peut mourir, il doit mourir, répondit sèchement le professeur. Puis il sourit tendrement et ajouta plus gaiement :
"- Mais il réussit jusqu'aujourd'hui. Il ne risquera rien.
- Il se trouve que son corps est de plus en plus faible, surtout avec la nourriture que vous lui donnait, semblait insister la jeune femme, en un mois, son poids a baissé de 10 kilos, il ne survivra pas avec un régime comme celui-là."
Le professeur lui décocha un regard noir qui lui fit baisser la tête. Puis il se tourna vers Sherlock avec le même regard.
"- Faible, vous dites ? Vous avez dit faible ?"
Sherlock jeta un coup d'œil vers celle qui avait essayé de le défendre. Il vit de la peur dans son regard. Une main le prit par les cheveux tout à coup, le forçant à diriger son regard vers celui qui l'avait attrapé. On le jeta brusquement à terre, et se retrouva étalé au pied de Presbury.
"- Faible vous dites ? répéta-t-il, nous allons voir."
Sherlock ignorait ce qu'il était en train de faire, mais il entendit que le prof. Presbury fouillait dans ses poches.
"- Non !" Cria la voix de la femme.
Une piqure violente dans le cou, lui lâcha un hurlement de douleur.
"- Étape numéro 2, l'expérience numéro 1 de la drogue Brutale."Annonça Presbury.
Il ressentait le muscle de ses jambes, de ses bras lui brulaient, s'écartant. Il eut l'impression que tout son corps souhaitait grandir, que ces cellules s'agitèrent de toutes parts de son corps faible. Son foie, son estomac et ses poumons lui piquaient. Il ressentait une violente envie de vomir. Ses yeux tournoyaient trop rapidement. Il voyait que du flou, des traces noirs, lignes souples. Couché au sol, il se tortillait de ces douleurs du surement à cette drogue. Il cria, hurla, pleura de ce qu'il ressentait. Il avait déjà connu la cocaine, un bon stimulant mais jamais une telle drogue. Il entendit un sifflement aigu dans ses oreilles. Du sang apparut dans sa gorge. Percevant ce gout immonde de son liquide sanguin, il se plaça sur le ventre de telle sorte qu'il put cracher le liquide rouge. Mais cela n'en finissait plus. En plus, des douleurs musculaires, des organismes, il vomissait du sang. Avait-il fait une émoragie interne ? Non. Cela ne se pouvait pas. Serait ce du poison ?
"- Arrêtez cela, professeur ! Il n'est pas encore prêt !"
Ce n'était pas la voix de la femme, mais d'un autre homme. Un des trois hommes qui avait "accueilli" Sherlock le premier jour. Le détective agonisant perçut sa voix mais plus faiblement. Car il venait de perdre à nouveau conscience.

Le plafond de sa chambre grise et morne l'accueillit. Il clignota des yeux pour s'y habituer car ses yeux lui piquaient. Son manteau était réposé. Un bol de bouillon de riz l'attendait devant la porte. Curieusement, un morceau de pain avait été posé à coté. Normalement, il n'avait le droit que d'un bol de bouillon par jour. Trop faible pour se lever, il abandonna à aller les chercher même si son ventre criait famine. Des fourmis lui parcoururent le corps, et un mal de tête léger le fit grimacer.
Il avait maigri énormément. Il était sur que la jeune femme avait légèrement diminué sa perte de poids pour ne pas "vexer" le professeur, de peur qu'il soit tuer pour "trop faible consistance".
Deux semaines. Deux semaines qu'il était ici. Aucune nouvelle qui aurait pu lui permettre de savoir si on était à sa recherche. Surtout que son portable est entre les mains de ses bandits et qu'ils peuvent envoyer des textos à John pour dire qu'il va bien et que ce n'est pas la peine de s'inquiéter. Detestant d'être couché trop longtemps, il réussit à s'asseoir et reposa son dos sur le mur de son matelas. Il ouvrit sa chemise violette presque en lambeaux au dos. La vision de son corps l'horrifia lui-même. Certes, jamais il ne s'était regardé entièrement sur un miroir mais ce qu'il vit l'effraya. Son torse était parsemé d'hématomes bleus et violettes aussi grosses les unes que les autres, de la taille d'une main. De fines lignes rouges de sangs séchés enguirlandaient son haut du corps. Des cercles rouges s'ajoutaient à ce décor corporel macabre. Ces cercles rouges étaient les souvenirs des électrodes. De petits points rouges ornaient quelques parties de son corps, signes de nombreuses piqûres de drogues ou autres dont il ignorait la consistance.
Ses propres doigts tremblaient quand il fleura sa peau meurtrie. Il ne pouvait y croire.
Son ventre grondait de plus en plus fort. Il avait faim. Même si il avait été habitué à se priver de nourritures pendant 3 jours, le corps humain avait des limites. Son plat journalier se trouvait à quelques mètres de lui et pourtant, il n'avait toujours pas la force de faire un ou deux pas. Depuis quelques temps, on le venait le chercher, faire sa toilette, s'habiller même si il gardait toujours les mêmes vêtements, et on lui déposait le repas en face de lui. Là, à cause de "cette expérience" qui avait précédé son réveil, on avait été contraint de lui déposer son repas devant la porte.
Il ne voulait pas bouger d'ici. Non. Il n'allait pas ramper comme un animal vers sa nourriture. Trop faible, trop lourd, trop déprimé, trop désespéré. Il valait mieux qu'il meurt comme tous les autres hommes-cobayes. Pourquoi est-ce lui ? Pourquoi l'avait-il choisi ?
"- Tu es le garçon le plus beau que je n'ai jamais vu" Disait sa mère quand il avait eu 16 ans.
"Sherlock, charmant comme vous êtes, je suis sure que vous aurez fait un bon mannequin, avait dit son professeur d'escrime.
"Vous avez été nommé comme étant le plus élégant et charmant élève de l'école, avait annoncé le directeur lors d'une fête de l'établissement.
Parce qu'il était beau, physiquement, que Presbury l'avait choisi. Non, non,non. Il était laid. Il l'avait toujours pensé. Si seulement son frère était là. Si seulement John avait découvert sa disparition. Si seulement Lestrade pouvait fouiller tous recoins de l'Angleterre pour le retrouver. Il voulait tellement retrouver sa chambre, son appartement, sa cheminée, son crane , son violon; Même revoir Moriarty l'aurait comblé de bonheur. Que va-t-il lui arriver ? Que sera la suite de ces immondes et cruels expériences ?