"- Nous n'avons encore rien trouvé sur la disparition de M. Sherlock Holmes, nous faisons de notre mieux pour le retrouver vivant...ou mort."
Lestrade répondait au question des journalistes de presse ou télévisée. Sally était à ses cotés comme à son habitude. Mais cette fois-ci, aucun texto n'allait déranger cette conférence de presse. Aucun.
"- Monsieur, pensez vous que M. Holmes soit mort ? Demanda un journaliste.
Greg craignait ce question. Il inspira fortement et lâcha :
"- c'est une hypothèse à ne pas éliminer, je le crains.
- a maintenant disparu depuis trois mois, avez vous des indices qui confirmeraient une chance de vie de ?
- Eh bien, nous savons que c'est un homme intelligent qui ferait n'importe quoi pour pouvoir vivre et donner son avis...
- Ce ne sont pas des indices, inspecteur, des indices fiables...
- Écoutez, vous voulez que je vous dise qu'il est mort ? C'est ça ? Comme ça vous avez la Une de vos journaux : "Sherlock Holmes est mort" ?
- Je pense que nous allons nous diriger vers une autre question, intervint Sally voyant que son supérieur allait se mettre en colère.
- Sa mort est donc dans les premiers hypothèses de votre enquête ? Continua le même journaliste ignorant totalement Sally.
- Je...peux vous confirmer que sa mort se trouve dans les derniers de notre liste. Tant que nous n'avons pas trouvé d'indices sur lui, nous ne pouvons rien dire.
- Mais vous que pensez vous ?
- Je pense que Sherlock Holmes est toujours en vie."
Des murmures s'élevèrent tout à coup comme si la réplique de Greg était une révélation et un bon scoop pour leur sujet.
"- avez vous chercher la possibilité d'un exil de la part de ? Interrogea une femme.
- nous y avons creusé. Il se trouve d'après des personnes très bien informés que, non, Sherlock Holmes n'a jamais quitté le pays.
- Nous n'avons entendu parlé que des "amis" de M. Holmes, mais aucun parent ne semble s'inquiétait à son sujet, engagea un autre journaliste, croyez vous que l'un de membres de sa famille soit responsable de sa disparition ?
- Non. Si vous n'en avez jamais entendu parlé c'est tout simplement parce que on veut garder leur anonymat...au cas où on voudrait un échange..."
Sa réponse eut encore de l'effet. Il regretta aussitot. Il ne voulait surtout pas retrouver dans les journaux du lendemain "Sherlock Holmes : l'Otage". Cette fois-ci, c'était pratiquement une étable, des voix résonnaient dans la salle, on criait presque, en plus de Sally qui demandait le calme. Greg, fatigué, n'avait plus la force de se lever et d'aider Sally pour le silence. Un texto le fit sursauter malgré le bruit qui régnait.
Vous avez besoin de repos, Lestrade, ne vous laissez pas aller avec ces idiots. MH
Greg grimaça. Si Sherlock était cassant, Mycroft était agaçant. Non pas parce qu'il lui conseille mais parce que en réalité, Greg savait très bien que le texto était un prétexte pour interrompre la conférence et retrouvait l'ainé des Holmes, dans son bureau. Mais il n'avait pas à lui en vouloir. Depuis, la disparition de Sherlock, Mycroft lui demandait toujours des nouvelles de son enquête, même lui s'y était mis. Même avec un cerveau comme Mycroft, ils n'avaient rien trouvé. Tout semblait croire que Sherlock s'était volatilisé dans la nature.
Avec mure réflexion, Lestrade interrompit finalement la conférence au grand malheur des journalistes qui continuaient à lui poser des questions tandis qu'il s'en allait.
"- Cela devait durer plus longtemps, Lestrade." Lui reprocha Sally.
- Écoutez, je suis fatigué, inquiet, angoissé et complètement...épuisé. Sally, si vous pouvez me laisser aussi tranquille.
- Vous ne devez pas trop forcé. Ce n'est qu'une simple et banale disparition comme les précédentes...
- Non, cassa-t-il froidement, c'est la disparition d'un être qui peut changer une situation en un claquement de doigts; C'est Sherlock Holmes. Il n'a rien d'ordinaire.
- C'est pour ça que vous vous donnez à fond dans cette enquête ?
- Je fais ce qu'il aurait fait pour moi...
- Mais qu'est ce que vous en savez ?
- Moi, au moins, je ne l'aurais pas laissé partir comme vous l'avez fait la dernière fois que vous l'avez vu..."
"- Votre corps est beaucoup plus fort que je le pensais en plus de votre moral. Vous êtes finalement un bon policier, Lestrade."
Mycroft Holmes semblait avoir perdu toute de sa splendeur de politicien, enfin presque. Ses habits étaient toujours propres, toujours soignés, changés tous les jours. Il avait même maigri. Pourtant, son visage était devenu deplus en plus pâle. Ses yeux de lynx avaient perdu son éclat d'autrefois.
"- Merci...je ne pense pas que je suis le sujet de ma venue...
- Effectivement, non. J'ai trouvé quelques indices qui permettraient de le retrouver..
- Comment ?
- J'ai essayé de tracer le chemin qu'avait suivi cette nuit Sherlock. Il se trouve que certaines caméras l'ont détecté près des installations des "gens de la rue".
- Nous les avons interrogé...
- Oui, je sais mais pas plus loin. Vous êtes contenté de "quand l'avez vous pour la première fois? " et de "est ce que vous l'aidez souvent ?". Vous n'avez pas prit en compte "pourquoi était-il avec vous ?"
- Ils avaient répondu que c'était pour lui donner des nouvelles...de ce qui se passait à Londres, quoique de plus important ?
- C'est au contraire la chose la plus importante ! S'exclama Mycroft, quelles étaient les nouvelles ?
- Je...ne suis pas allé...plus loin, bredouilla Greg honteux.
- Ils ont parlé "d'enlèvements probables", pour une expérience "la race supérieure".
- Qu'est ce que c'est ?
- Je n'en sais rien. Mais c'est surement ça qui a obligé Sherlock à venir à Scotland Yard ensuite.
- Vous en êtes sur ? Je pensais tout simplement parce qu'il s'ennuyait et qu'il souhaitait une affaire...Merde, et je n'étais même pas là. Si seulement, j'avais été là, rien de tout cela ne serait arrivé.
- Le passé est révolu, on ne peut pas retourner en arrière...si Sherlock avait tenté de vous en parler, c'est surement parce qu'il doutait. Sinon, il aurait tout laché à Donovan, si ce qu'il pensait était confirmé.
- Donc il doutait...mais de quoi ?
- Le mot "enlèvement" revenait souvent de la bouche des SDF quand ils m'ont parlé de leur dernière conversation. Ils craignaient d'être enlevé pour cet expérience qui est crainte. Probablement parce qu'elle fait penser à ce qui était arrivé aux Juifs lors de la deuxième guerre Mondiale, les allemands utilisaient des cobayes humains...
- Ce genre de pratique est totalement interdit par la loi et très réprimé ! Scandilisa Greg horrifié.
- Il existe en ce monde des organisations criminelles toujours libres, rétorqua Mycroft, pourquoi n'existeraient pas des organisations secrets néo-nazis ? J'ai cherché dans les archives de la police national du Royaume-Uni...ne faites pas cette tête, je suis considéré comme le gouvernement m'introduire dans ce genre de fichiers est un jeu d'enfant...il y a eu des récentes disparitions ces dernières années. Des jeunes hommes. De même âge que mon frère."
Il tendit alors des photos de ces disparus à l'inspecteur qui faillit s'étouffer en les regardant. Tous avaient pratiquement le même caractéristique que Sherlock. Cheveux bouclés bruns, yeux soit verts soit bleus, un visage fin, un teint pâle. A vrai dire, ils étaient bien beau à regarder. Même si aucun ne se ressemblaient vraiment.
"- Qu'est ce que cela veut dire ? Souffla-t-il.
- tous ont fait de hautes études, brillantes, l'un était devenu avocat, un autre architecte et le dernier, un professeur en archéologie. Leur QI est aussi élevé que celui d'Einstein mais guère aussi elevé que mon frère..
- Vous voulez dire que on a enlevé Sherlock...comme on a enlevé ces trois hommes ?
- Oui, probablement. Pour la "Race Supérieur". Il faut trouver cette organisation, la dissoudre, la bruler, la détruire...Et nous pourrons retrouver Sherlock.
- Ces trois hommes ont disparu tous à Londres ?
- Non. Dans trois villes différentes : Cardiff, Edimbourg et Dublin. Ce qui ne nous permet pas de localiser le quartier de ce groupe hors la loi. J'ai une petite idée à propos de l'arrière plan de la scène mais il faudra que vous alliez vous même me confirmer mes pensées.
- quelle idée ?
- celui d'une ancienne affaire. Je n'en suis pas sur. J'en ai fait partie pendant un moment. C'est l'affaire Presbury. Je n'ai malheuresement pas tous les dossiers qui concernent ce sujet mais Scotland Yard doit avoir le dossier complet.
- Très bien, j'irai voir. Vous croyez que cela peut nous conduire jusqu'à lui ?
- Peut-être que oui."
Un silence s'installa entre les deux hommes. Greg n'arrivait pas à détacher son regard des trois visages disparus. Il ne souvenait même plus à quoi ressembler le détective. Il n'avait jamais pensé à observer attentivement Sherlock.
"- vous avez prévenu, John ?
- Oui, je lui en ai parlé sauf de l'affaire Presbury. Je n'en suis pas certain car la plupart des accusés ont disparu, donc la piste est plutot faible.
- Ah, j'irai lui en parler si je trouve quelque chose."
L'homme du gouvernement soupira. Greg constata que ce dernier devait se fatiguer encore plus que lui. Il savait que le frère ainé des Holmes se battait pour retrouver son cadet et qu'il risquait en plus sa santé que son travail. Ces derniers temps, il voyait plus Mycroft sur l'enquête de la disparition qu'en voyage d'affaire.
John avait beau essayer de penser à autre chose mais le visage de Sherlock revenait toujours et encore. Il devait normalement ne pas s'inquiéter. Après tout c'est Sherlock Holmes, il s'en sort toujours. C'est un génie, un surdoué, un être exceptionel, rien ne peut lui arriver. Mais c'est un humain avant tout.
"- John ?"
Le médecin sursauta. Greg était debout devant lui, près de la porte du salon.
"- Greg ! Je suis désolé, je suis un peu déboussolé en ce moment. J'ai l'impression de perdre la tête des fois..."
Il invita son ami à s'asseoir et lui proposa un café et de quoi grignoter.
"- Je ne suis pas venu pour le thé...avoua Lestrade.
- A propos de Sherlock ?
- Oui.
- Mycroft vous a parlé de...
- Avant de venir vous voir, j'ai fait quelques recherches sur ces soi-disant rumeurs qui courent. Il se trouve que effectivement, Mycroft avait raison. J'ai cherché dans les archives pour voir si il y avait eu autrefois des cas comme celui-ci; Et j'y ai trouvé une affaire qui avait fait polémique, il y a une dizaine d'année de cela même plus. L'affaire Presbury.
- Presbury ? L'homme arrêtait pour utilisation de cobayes humains vivants ?
- C'est cela. On disait qu'il est mort, suicidé, d'autres disent qu'il sait infliger ses propres expériences sur lui. enfin, on l'a plus revu. Mais personne ne sait ce qu'il lui est arrivé."
John resta silencieux. Est ce que Sherlock allait subir lui aussi des expériences de ce genre. Certes, il avait vu son ami en pratiquer sur des corps humains...morts.
"- Et si on se trompait ? Si ce n'était pas ça la cause de son enlèvement...murmura-t-il pour lui-même.
- Mycroft a donné des preuves assez suffisantes pour nous diriger vers cet hypothèse, défendit Lestrade.
John ne savait que penser. Son ami lui manquait.
"- C'est ma faute. Si j'étais rentré plus tot, on ne l'aurait pas enlevé. Il sera là, ici à nous réprimander pour notre idiotie...dit-il la gorge serrée.
- Non, s'exclama Greg, il ne faut pas dire cela. Ce n'est la faute de personne encore moins de vous, John. Je suis sur que Sherlock ne vous en voudra pas
- Et si il revient traumatisé ? Si il perd la raison ? S'écria John se levant d'un bon submergé par la colère.
- Sherlock n'est pas un homme stupide. Il n'est pas aussi faible qu'on le croit.
- Il est humain avant tout. Si il a été enlevé, il ne reviendra pas sans dommages.
- Ecoutez John, je pense que nous avons tous besoins de souffler un peu. Je sais que le temps presse et que plus les jours passent, plus les chances de le retrouver son minimes...mais il ne faut que se tuer à la tache. Mes hommes travaillent sur ces pistes éventuelles. Soufflez un peu John. La terre tourne toujours;"
Greg avait raison. John ne dormait pratiquement jamais la nuit et il n'arrêtait pas de penser à Sherlock où qu'il aille. Il avait même rompu avec Sarah tellement ses pensées étaient occupés à l'enlèvement de Sherlock.
"- C'est vrai, je suis désolé...soupira-t-il en se frottant ses yeux fatigués.
- Mycroft est aussi épuisé, je crois que nous sommes tous à bout, ria doucement Greg.
Tout à coup, les lumières clignotèrent avant de s'éteindre définitivement. Ils se retrouvèrent dans le noir complet. Même les lampadaires de dehors n'émettaient aucune lumière.
"- Que se passe-t-il ? Une panne de courant ? Se demanda John.
- Dans tout Londres ? Lança Greg en regardant par la fenêtre.
Effectivement, le noir régnait sur toute la rue et sur les bâtiments d'en face qui était allumé la minute qui précédait. John sortit alors son portable pour s'éclairer un peu plus.
"- Greg, mon portable ne fonctionne plus.
- Le mien, non plus."
Mme Hudson les rejoignit pour leur faire par de son inquiétude. Eux-même lui dirent qu'ils ne savaient pas ce qu'il se passait. Des gens commençaient à sortir de chez eux en regardant le ciel. Greg et John firent de même.
Ce qu'ils virent dans le ciel, les laissèrent sans voix. On pouvait voir des nuages noirs qui se réunissaient un seul point vers le nord de Londres, peut-être à 40 kilomètres. Des petits éclairs en sortaient faiblement.
"- La météo ne disait pas qu'il y aurait un orage...se rappela John.
Pendant quelques minutes, Londres dans le noir complet, observa cet étrange phénomène. Les nuages tournaient, formant presque un cyclone bien que aucun vent ne soufflait. La police venait auprès des gens en leur disant de rentrer chez eux. Mais personne n'en avait envie. Il n'y avait pour l'instant rien qui pouvait dire qu'il y avait un danger quelconque.
"- Greg, que se passe-t-il ? Souffla John qui ne pouvait s'empêcher de fixer le ciel nuageux.
Puis tout se passa très vite. Un éclair descendit du milieu des nuages qui tournaient frappant le sol. La terre trembla alors. Telle un séisme. Des cris de panique se firent entendre, des pleurs. L'éclair resta pendant quelques minutes immobiles laissant à Londres la seule et unique lumière qui lui restait. Greg et John , dont leurs esprits avaient été suffisamment entrainés pour n'importe quelle situation, ne cillaient pas et tentèrent eux-même de calmer Baker Street. Cela ne dura que cinq minutes. Quand enfin, le tremblement de terre s'arrêta, l'éclair disparut, les nuages se dispersèrent alors lentement.
Laissez moi ! Laissez moi sortir !
Il allait mourir c'est ça. Non ! Ils n'ont pas le droit de me faire ça ! Il a si mal. Si froid. Sa tête est si lourde. Ses yeux presque aveugles. Son corps était endolori. Ses vêtements totalement déchirés. Ses cheveux mouillés.
Il voulait sortir de cette cabine. Il tenta de frapper l'endroit pas lequel il était entré bien que il ne s'en souvenait plus. Des aiguilles s'enfoncèrent dans sa peau, partout. Sur son visage, sur son corps, même près de ses yeux.
"J'ai mal. J'ai trop mal. Mon corps ne me réponds plus, je suis incapable de faire le moindre geste. Je les déteste. Je le déteste. Qu'il soit tous maudits. Qu'ils aillent mourir en enfer. Qu'ils crèvent tous ! Lui et sa bande ! Je les déteste ! Je les hais ! Qu'ils meurent dans la souffrance ! Maudits soient-ils ! Qu'ils aillent pourrir en enfer ! Qu'ils meurent tous ! Je les hais ! Je les déteste ! Ils m'ont fait du mal ! Ils m'ont détruit mais jamais ils ne détruiront mon esprit ! Mon esprit est encore assez fort pour les haïr tous, pour les tuer ! Mourrez dans la douleur, la perte ! Mourrez ! Soyez tous maudits ! Presbury, je te hais ! Tu n'en sortiras pas vivant ! MEURS !"
Son corps, ses yeux, ses organes, son cœur ne lui répondaient plus cette fois-ci. Il se sentit glisser le long de la paroi. Léger comme une plume. Ses vêtements abimés semblaient même flotter autour de lui. Il allait mourir ? Il n'en savait rien...peut-être que oui, ou non. Une autre vie l'attendait surement...
