Greg aurait aimé n'avoir jamais été inspecteur de police. Si c'était pour se rendre sur les lieux où la foudre avait frappé, on aurait mieux fait de se contenter des pompiers. Sally essaya de lui remonter la morale à coté de lui, sur le siège passager.
"- Ordre d'un supérieur. Et de toutes façons, vous étiez de nuit.
- Je sais. Mais...
- Je sais que vous traversez une période...difficile depuis quelques temps, mais on ne peut pas toujours rester sur la même page !"
Lestrade ne disait rien. Il croyait toujours que Sherlock les attendait quelque part, qu'on le retrouve. Il le sentait. Son instint de policier lui disait qu'un jour on pourrait le retrouver.
"- Dites-moi, depuis quand y avait-il ce bâtiment dans cette région, dit-il tout à coup pour changer de conversations.
Il voyait un étrange bâtiment qui ressemblait presque à un hôpital hanté. D'autres voitures de polices, de pompiers avaient été dépêché sur le lieu. L'immeuble était abimé, on aurait pu dire qu'il avait subi un tremblement de terre.
"- Est ce la foudre qui a fait cela ? Souffla Sally en sortant de la voiture.
Tous s'affalaient sur sa fonction. On cherchait des victimes potentiels, des portes non-condamnés ou des fenêtres facilement atteintes.
On se dépêcha d'entrer dans le bâtiment. Mais étrangement, la seule porte qui permettait d'entrer ne voulut s'ouvrir.
"- Êtes vous sur qu'il n'y a pas d'autres moyens d'entrer ? Demanda-Lestrade au commandant des pompiers.
- Non, monsieur, mais il faut faire vite, il y a un incendie aux troisièmes qui se propagent...
- Depuis combien de temps ?
- 3 heures environs.
- Vous ne trouvez pas cela étrange que on ne voit pas la fumée d'ici ? Remarqua Lestrade.
- On le voit du ciel, il se dirige vers l'arrière." Le pompier lui-même n'y croyait pas vraiment. Ce n'était simplement que pour se rassurer.
Quelques coups forcés des pompiers combattirent la porte qui céda. On entra rapidement dans l'enceinte suivi des policiers qui eux se dirigent plutôt aux sous-sols. Les pompiers avaient jugé possible cette inspection malgré le feu aux étages. Il n'y avait en plus pas d'électricités et tous durent utiliser des lampes.
Greg dirigea la compagnie policière. Le sous sol était différent de ceux qu'ils avaient pu visiter autrefois. Il n'était pas sombre, les murs étaient de blancs. A travers, leurs lampes de poche, ils remarquèrent que tous semblaient neufs, comme si ce bâtiment avait été construit récemment.
Greg crut entendre des murmures qui le firent trembler. Comme un vent qui venait d'une fenêtre, seulement, il n'y avait presque aucune fenêtre dans ce coin là. Comme si le bâtiment lui-même semblait lui souffler des mots. La tension régnait. Même les lampes de poches avaient un peu de mal à fonctionner. Pendant un certain temps, on pensait qu'elles allaient tomber en pannes. Personne ne parlait comme si on avait peur de réveiller le moindre être qui aurait pu vivre. L'inspecteur prit tête du groupe avec Sally, une arme à la main, justa au cas où. Aucun n'était rassuré.
Une porte vint leur barrer le passage. En fait, il y avait eu d'autres portes, mais tous étaient ouvertes. Celle-ci était différente. On aurait dit l'entrée d'une cellule car juste en bas de la porte, une petite ouverture avait été mise, assez grande pour placer un plateau repas ou autre chose. Curieusement, elle ne s'ouvrit pas comme à l'entrée et les coups d'épaules ou de pieds n'arrangèrent rien. Pas même la balle de Sally dans la poignée qui n'a servit à rien, puisque la porte était toujours close.
"- Comment est ce possible ? Une porte ne peut être aussi...solide, souffla Sally en chuchotant malgré elle.
- Utilisons la dernière méthode...
- Vous voulez qu'on explose cette porte ?
- C'est le seul moyen...
- Vous savez que on utilise ce genre de chose qu'en cas de difficulté, Lestrade ! S'écria Sally un peu soucieuse. Le dernier mot fit écho, étrangement dans le couloir qui installa un silence parmi les policiers.
Tout à coup, comme si le "prénom" du policier avait eu un effet, la porte s'ouvrit doucement, avec un léger grincement. Tous retinrent leurs souffles afin de connaitre l'identité de celui qui entrerait.
Greg en bon policier se décida à y aller le premier. Poussant doucement la porte...
Faites le souffrir, jusqu'à qu'il crie, c'est la loi quand vous entrez...
Il frissonna. D'où venait cette voix ? Il eut l'impression d'avoir reçu une charge électrique en touchant la porte. La pièce dans laquelle il se trouvait était grise, il n'y avait pas vraiment de luminosité pour bien voir. Un matelas avait été disposé montrant au policier que quelqu'un y vivait. A son opposé, une cuvette salle avait laissé les dernières traces de son propriétaire. Greg plaça une main sur sa bouche et son nez pour masquer l'odeur qui régnait. Le reste d'un vomissement décorait la toilette, mais il remarqua une plus grande quantité de sang qui peignait le mur, la cuvette ainsi que le sol alentour.
Sally entra elle aussi en se retenant de crier d'horreur à la vue de cette chambre si ... malheureuse. Greg, afin de se remettre de sa stupeur, se retint sur le mur le plus proche.
Un cri s'éleva. Un cri si puissant, si horrifiant que celui qui pouvait l'entendre aurait eu le coeur brisé.
"- C'est bien. 90 mins pour résister à la batte électrique. Dans trois heures, on essaiera les électrodes..."
Une silhouette s'en alla. Un corps, habillé d'une simple chemise en lambeaux et d'un pantalon sale et déchiré, gisait à terre.
"- Etrange, les étrangers. Seul, l'oiseau de feu. L'ami retrouvé est mort. Le coeur d'un Homme appartient à celui qui choisit."
Il récitait ses phrases tout en rampant jusqu'à le matelas. Son dos était en sang, sa peau en taches bleus et rouges.
"- La particularité de l'Homme est de désespéré. De l'enfant est d'espérer. De la femme, d'aimer. Du frère, de protéger. De l'ami...de...chercher. L'oiseur de feu sera retrouvé. L'ami retrouvé sera ressuscité. Les étrangers seront amis; Le coeur de l'Homme appartiendra à...celui qui choisit..."
Des sanglots.
"- Le bébé. L'enfant. L'adolescent. L'adulte. Le chemin qui mène ne sera que bonheur, rêve et espoir. Partir, revenir. Sortir, réfléchir, déduire. Oublier, abandonner...mourir. Jours, mois et année. L'oiseau de feu, de glace. L'araignée, le serpent. Le médecin, le policier, l'avocat, le meurtrier. Le taxi, le rose, la valise. Le banquier, le musée, le code. Le jeu, la bombe, l'enfant...l'enfant..."
"- Greg !"
Sally était à ses cotés lui tenant l'épaule.
"- Vous allez bien ? Demanda-t-elle inquiète.
- Je...ne sais plus trop...Murmura-t-il pris d'un fatigue soudain, j'ai cru...vous avez vu...vous...
- Greg...je...Je ne sais pas trop comment vous l'expliquer mais rester dans cette pièce pourrait vous faire délirer..."
Le policier croisa son regard, choqué par ses paroles.
"- Je ne veux pas dire que vous êtes en train de délirer. Ce qui je veux dire, c'est que...moi aussi...je ne me sens pas bien. Personne ne souhaite entrer ici, dans tous les cas..."
Lestrade, un peu étourdi, sortit de cette pièce maudite. Il ordonna à ces autres collègues de chercher d'autres salles et indices.


"-Dan, tu as trouvé quelque chose dans ses bureaux ?
- J'ai bien peur que oui, répondit le policier interrogé.
Greg fronça les sourcils. Les voilà maintenant à une étage au dessus du sous sol : trois bureaux.
"- Pourquoi dites-vous ça ?
- Je n'aime pas les mauvaises nouvelles...monsieur, avoua-t-il, j'ai trouvé des dossiers concernant trois hommes, Maurice Bretts, Edouard Rathboon et Robert Miller. Le physique que montre leur photo est assez frappant."
Il tendit trois fiches de renseignement à Greg qui le stupéfièrent. Leurs visages avaient les même caractéristiques que Sherlock : cheveux courts, bruns bouclés, yeux bleux ou verts, un visage fin. Tous avaient l'air assez séduisants.
"- D'après ses fichiers, Maurice Bretts était professeur en archéologie, Edouard Rathboon avocat et Robert Miller était...
- architecte, acheva Lestrade.
- Vous les connaissez ?
- Je sais que ces hommes avaient été porter disparu, il y a quelques années de cela. Autres choses ?
- Si j'en crois toutes ces feuilles, continua Dan en farfouillant dans les dossiers entassés sur le bureau abandonné, ils ont tous subi...des expériences. La mort de Miller a été signalé comme "Mort pour basse température", celle de Bretts comme "mort de consistance faible" et Rathboon de "Mort...d'une peau trop fragile". Je n'arrive pas à y croire que de telles choses viennent de se passer ici...
- Il faut continuer dans tes recherches."
Son portable sonna soudainement. L'écran affichait le nom de sa collègue.
"- Sally ? Que voulez vous ?
- Monsieur, il faudra que vous veniez voir..."


Si Greg avait su qu'il passerait une journée aussi horrible, il n'aurait jamais été policier de sa vie. Il avait beau se trouver dans le plus grand amphithéâtre qu'il ait connu dans sa vie, rien n'aurait pu le rendre aussi stupéfait, deplus la salle donnait l'impression de se trouver dans celle que l'on peut trouver dans "X-men" ou bien "Les 4 fantastiques". Mais là, c'était bien réel. Des quarantaines de cadavres gisaient dans les coins, près des bancs, affalés parfois les uns sur les autres. Tous sans exceptions avaient une peau frippé telle un plastique brulé. Tous avaient la bouche ouverte comme si ils étaient morts en même temps d'avoir crier. Greg avait l'impression d'entendre leurs cris qui résonnent encore entre les murs en argent circulaires de la salle.
Des membres parfois disloqués montraient à quels points la mort les a prit par surprise. Du sang sortait de leurs yeux, des langues pandaient, d'autres avaient perdu leurs boyaux par la bouche, ou bien même des sortes de veines rouges s'échappaient de leurs oreilles. Leurs peaux frippées rendaient la vue de ces cadavres encore plus terrifiante. Mais les policiers tentèrent de garder leurs sang froid.
Chacun des cadavres portaient à leurs têtes un casque avec une sorte de tuyau. Chaque tuyau se rassemblait en un point. Tous étaient reliés à une cabine étrange, comparable à un ascenseur qu'on aurait pu trouver dans une fusée. La cabine était blanche assez grande pour laisser entrer un homme. Des fils électriques étaient connectés à un ordinateur où gisait un dernier cadavre encore plus mal au point que les autres. Sa tête semblait avoir été retourné, si bien qu'il l'avait à l'envers. Ses yeux étaient arrachés, son nez déchiré, sa peau était encore plus frippés que les autres, du sang s'en échappait. Ses dents, étonnement blanches, étaient tous tombés. Sa bouche était si ouverte que sa machoire pendait. A coté, des boyaux et d'autres organes gisaient dans une mare de sang.
Mais personne n'osait s'approcher de ce corps. Comme si quelqu'un ne voulait pas. Greg ressentait une émotion étrange en se rapprochant de la cabine. Que pouvait-il avoir la dedans.
Tandis que Sally ordonnait qu'on aille chercher de quoi ouvrir cette "machine", Lestrade posa sa main dessus...
"L'expérience finale est enfin arrivé ! Une nouvelle race va naitre ! Une race supérieure !"
"- Vous allez...les tuer ! Vous allez les tuer..." Cria une voix faible.
- Mettez le ! Que l'on commence ! Ce jour est arrivé, nous allons recréer une nouvelle race aryenne !
- Non ! Arrêtez tant qu'il est tant ! Vous ne pouvez pas changer les cellules de la vie !
- Malgré tous ce que vous avez subi, vous êtes encore en train de protester...Mais c'est ce qui nous faut chez vous."
On l'enferma dans la cabine. On entendit encore sa voix à l'intérieur.
"- Laissez moi ! Vous ne pouvez pas ! Je vous en prie !"
Greg ouvrit les yeux. Autour de lui on s'agitait. Pourtant il eut l'impression que un vide s'était installé. Plus rien ne comptait. POurquoi tant de visions ? Pourquoi n'arrivait-il pas à apercevoir le visage de l'homme qui était torturé, frappé, blessé et qui pouvait se trouver la dedans. A moins...que...A moins qu'il finisse comme tous ces personnes mortes dans un état épouvantable. Qui était cet homme ? Serait-ce Sherlock ? Serait-ce un autre homme qui possédait les mêmes caractéristiques que lui ?
Il reposa encore la main sur la cabine espérant avoir une réponse.
L'oiseau de feu. L'enfant. L'espoir. La renaissance. attendre. La vie recommencera à zéro. Mourir est infini. Seuls meurent les maux; Seul pleure l'enfant. Seul attend l'enfant. Seul reste l'enfant. Sauvez le. Sauvez l'enfant. Sauvez le. Donnez lui le souffle de la vie. Protégez le. Sauvez le.
A qui appartenaient ces voix ? Il n'avait jamais entendu ses voix.
Sauvez l'enfant. Sauvez le. Ne l'abandonnez le pas. Sauvez le.
"- Je veux le sauver, je vais le sauver. Je vais te sauver, murmura Lestrade malgré lui mais cependant déterminer.
Un bruit se fit entendre, puis deux ouvertures pivotèrent sur le coté laissant ainsi Greg apercevoir l'intérieur de la cabine. Ces collègues restèrent bouche bée devant ce phénomène. A l'intérieur, il n'y avait pas un homme, non. Il eut les larmes aux yeux. Un garçon de 5à 6 ans était au sol, respirant, inconscient surement, enveloppé de vêtements déchirés trop grand pour lui. Greg s'abaissa vers lui et, avec hésitation, il le toucha. Le garçon ne réagit pas.
"- Que l'on apporte des Secours ! Ordonna-t-il en retrouvant sa force de policier.
Le garçon avait un physique qui lui rappela mystérieusement celui de son ami disparu. Cependant, son corps était parsemé de cicatrices, de bleus plus grandes que sa main d'enfant, et son visage était tuméfié.
Greg tenta le tout pour le tout. Il essaya de réveiller le petit jeune homme. Ce dernier ouvrit légèrement les yeux.
"- Hey, bonjours, ne t'inquiète pas je suis un policier."
Dans le regard de l'enfant, il lut la terreur et la panique.
Sally vint à son secours. Elle aussi est assez surprise de trouver un enfant survivant dans cette endroit.
"- Nous ne sommes pas là pour te faire du mal."
L'enfant éclata alors en sanglots.
"- Chut, viens, on ne te fera aucun mal. Je m'appelle Greg, se présenta-t-il doucement pour le rassurer.
- Greg ? Dit-l'enfant entre deux sanglots.
- Oui, c'est cela, répondit le policier surpris par la réaction à l'effet de son prénom.
Sans hésitations, comme si cela dépendait de sa vie, le jeune enfant sauta dans les bras du policier en versant continuellement des larmes. Greg tenta de le rassurer, de le consoler alors que les secours arrivèrent enfin.

A suivre...