Le Café des Princes

Twilight à S. Meyer -The 1st Shop of Coffee Prince à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

Réédition des neufs chapitres (corrigés et redécoupés de manière plus lisible) ainsi qu'ajout d'un nouveau chapitre !

o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Chapitre 05

Café Latte

Edward sent que son cœur est prêt à lâcher. Le vieux serveur, rejeton d'un amour interdit et risqué entre Bobby Six Killer et Charles Bronson, ou plus simplement un dénommé Billy lui dit. « J'ai l'impression qu'hier encore tu portais des couches... Tu y arrives tout seul maintenant hein ? Quoi que … Tu es le fils de Carlisle alors faut se méfier. ».

Oh ben tu n'es pas que la moitié d'un con et tu es ami avec ma mère ?

Edward regarde sa mère qui ne dit rien devant les commentaires du vieux. Il a bien envie de répondre mais il risque encore plus le courroux de sa mère. « Bon quand est ce qu'il commence ? Il y a pas mal de poussière ici, des toiles d'araignées et des souris à pourchasser. ». Esmée sort un mouchoir de son sac et nettoie sa cuillère avant de la tremper dans une tasse au contenu plus que douteux. Elle savoure doucement sa boisson et soupire de contentement.

Il me prend pour son clébard ou quoi ? OK Edward... là tu es dans la merde. Faut sortir l'artillerie lourde !

Il fait un regard brillant et sulfureux qui ferait se rhabiller le Chat Potté et dit. « Maman, tu ne peux pas me faire ça ! Est-ce à cause des rendez-vous ? Tu m'as pourtant dit que j'avais tout de même le choix non ? Ou est-ce le fait que ce soit avec un garçon ? ».

Esmée prend une petite bouchée au chocolat et semble ne pas écouter son fils. Elle finit sa tasse et va la poser sur le comptoir près de Billy. « Merci pour tout. Et n'oublies pas qu'on se voit à la fin de la semaine prochaine. ». Billy prend la main d'Esmée, y pose un baiser et lui fait une petite courbette. Edward fait semblant de vomir et dit. « Maman, tu ne vas pas me laisser là ? ».

Esmée se tourne vers lui, lui lance un sourire chaleureux et répond. « Je vais me gêner mon chéri. Travailles bien et n'oublies pas de venir diner. ». Elle part sans même un autre regard à son attention.

Billy rit doucement et lance un torchon dégoutant en direction d'Edward qui le rattrape et plisse le nez à la vue de la crasse qui est dessus. « Allez gamin. T'as du boulot qui t'attend. En espérant que tu sois plus doué que ton père. ».

Edward lève les yeux au ciel et pince de ses doigts l'arête de son nez. Il inspecte les alentours et remarque qu'il y a beaucoup de boulot pour remettre en état ce taudis. Pourtant quelques clients sont attablés et semblent contents du service.

Comment est-ce possible ?

Il fait, avec une mauvaise volonté tout de même, le tour du propriétaire, sous l'œil méfiant du chien de Billy. Mais c'est tout de même un Edward furieux qui sort du café dix minutes plus tard. Il brandit son portable d'un air menaçant et fait quelques pas dans la rue, avec la ferme intention d'en découdre avec sa mère.

Plan A, l'amadouer par téléphone...

Elle décroche. Il peut entendre en bruit de fond de la musique indienne, indication qu'elle est dans la voiture du chauffeur dont elle loue régulièrement les services.

« Maman, tu te moques de moi, pas vrai ? ». Elle ne répond pas. Edward prend un ton plus plaintif encore. « Comment veux-tu réhabiliter ce trou à rat ? ».

Il passe sa main libre dans ses cheveux puis se pince l'arête du nez par pure frustration. « Maman, ce café est une porcherie. Je ne peux pas travailler là... ». Il prend une grande inspiration, se sentant à court d'arguments et continue. « … Tu sais bien que je ne suis pas un manuel. Je ne veux pas paraître péteux mais moi c'est le design et la gestion pas le cambouis et la crasse. ».

OK... Là ça fait péteux...

Il n'entend toujours pas de réponse mais il sait qu'elle est toujours au bout du fil.

Bon, elle ne dit pas grand-chose, alors ça veut dire que ça lui donne à réfléchir, pas vrai ? Comment j'ai fait pour en arriver là ?

Puis, il l'entend soupirer dans le combiné. Edward sourit.

C'est gagné !

Mais ce qu'elle lui dit par la suite, lui fait l'effet d'une douche froide et indique bien le contraire. Edward écarquille les yeux en entendant l'énormité de sa situation. Les rouages de son cerveau tournent à plein régime. « Maman chérie, tu ne me ferais pas ça hein ? Pas à moi ? ».

'Oups trop tard '? Comment ça oups... trop tard ?

Son esprit divague encore un instant avant de se rendre compte que sa mère lui a raccroché au nez, sans aucun remord ni même une hésitation.

Il regarde son téléphone complètement hébété avant de le jeter violemment par terre. Les passants à proximité s'écartent de lui, effrayés pour certains, mécontents pour d'autres.

Edward refait quelques pas pour évaluer sa situation. Il tente d'y voir plus clair et cherche un moyen de retourner ses problèmes à son avantage. Sa mère a toujours cédé à ses caprices, qu'ils soient futiles ou non. Pourquoi changerait-elle aujourd'hui ?

C'est là qu'il remarque une dépanneuse qui embarque une voiture à proximité de l'endroit où il s'est garé. Le dépanneur l'aperçoit, sourit et lui fait un petit signe de la main.

Edward pâlit, tentant d'enregistrer la scène qui se passe sous ses yeux. « EH ! EH ! Ma voiture ! C'est ma voiture ! Arrêtez-vous ! ». Il se lance à la poursuite du camion mais celui-ci a déjà pris une vive allure.

Edward tâtonne ses poches, à la recherche de son portable puis il se souvient que l'objet en question est en plusieurs morceaux sur le sol. Il est complètement abasourdi et à bout de souffle.

Je comprends maintenant ce qu'elle voulait dire par 'oups'. Et là... on peut dire que je suis dans la merde...

xoxo

Quelques instants plus tôt...

Esmée fait signe à son chauffeur et une fois installée, lui demande de partir rapidement. Elle tente de se convaincre et de soutenir l'idée qu'elle fait tout cela pour le bien de son fils.

Son téléphone sonne. Elle prend une grande respiration car elle se doute que c'est lui, avant même de décrocher. Elle enchaine directement une conversation pour éviter les sujets qui fâchent.

Il s'en rendra compte bien assez tôt !

« Penses-tu que le café a besoin de beaucoup de réparations ?... des travaux plus importants peut être ? ».

Elle sourit en entendant Edward faire le joli cœur au téléphone. Elle se dit que celle ou aussi celui apparemment, qui réussira à le rendre heureux sera la personne qui ne craque pas toujours sous son charme. Rien qu'elle, en tant que mère cède à chaque fois. Elle est perdue dans ses pensées quand elle se rend compte qu'elle est encore au téléphone avec lui. « Mon chéri, tu as raison. ».

De quoi parlait-on déjà ?

Elle prend une confiserie qu'elle a en pagaille dans son sac, et soupire de contentement à la douceur posée sur son palais. « … Mais si tu ne viens pas à bout de ce projet, je vais te confisquer ta maison et ta voiture. Mon chéri n'oublies pas que tu vies à mes frais. ».

Esmée entend la tentative désespérée du plus jeune de ses fils et ne lâche qu'un « oups ! ». Le pauvre ne sait pas encore que la machine est déjà en marche. Elle ne prend pas la peine d'écouter le reste de ce qu'il raconte et met fin à l'appel. Elle compose rapidement un autre numéro. « Madame Cullen en ligne. Vous pouvez y aller et merci encore. ». Elle remet le téléphone dans son sac et se penche vers le chauffeur pour lui signaler un détour en direction de sa pâtisserie préférée.

Il vaut mieux avoir des munitions pour ne pas craquer devant Edward...

xoxo

Bella est assise sur un banc installé devant l'entrée de sa maison. Son père est près d'elle, sirotant tranquillement une bière tout en feuilletant son journal. Elle contemple, d'un air triste, un petit tas de photos où l'on peut voir la plupart des enfants du dojo. Elle passe le doigt sur chacun des visages souriants. Une larme tombe sur l'une des photos de groupe.

« Je n'ai même pas eu le temps de leur dire au revoir correctement. Regardes là, il y a la petite Lily et là c'est Kevin... Mon dieu, même sur cette photo on voit qu'il est horriblement laid ! ».

Charlie lève un sourcil et regarde la photo à son tour. « Merde ! En effet. On peut dire qu'il est atrocement laid ce môme ! C'est quoi là ? Des poils ? Et là ? Une dent ? ». Charlie voit sa fille qui ébauche un demi sourire. Il la prend dans ses bras et la blottit contre son uniforme pour tenter de la réconforter. « Chérie, on savait que cela risquait d'arriver. On avait plusieurs loyers de retard et les parents étaient prévenus qu'on risquait de fermer à tout moment. ». Une autre larme mouille le logo de l'entreprise de sécurité où il travaille. Il se dit qu'il donnerait beaucoup pour retrouver son insigne de policier à cet endroit. Il resserre son étreinte sachant que le problème est bien plus profond que le manque d'argent. Les gamins étaient une des seules passions qui lui restaient depuis qu'ils avaient emménagés à Seattle.

Bella passe le plat de sa main contre ses yeux et prend une profonde respiration. « Ça sert à rien de se lamenter, pas vrai ? Il faut que je trouve une solution. ». Charlie boit sa dernière gorgée de bière et déplie son journal pour retourner à sa lecture.

« Allez ma fille, remontes sur ton destrier. Nous allons trouver un moyen de nous refaire. ». Il lui fait un sourire auquel elle répond volontiers. Bella se lève et s'époussette.

« Je vais nous chercher à boire. Si on doit se refaire c'est avec les pages des petites annonces et pas celles des courses ou des paris Papa ! ».

L'ancien policier ne s'inquiète plus. Il sait que sa fille est largement assez forte pour surmonter sa peine.

xoxo

Edward sort de la douche. Il est crevé car il a dû courir à droite et à gauche pour tenter de trouver et récupérer sa voiture. Sans succès. Personne ne semble savoir où elle se trouve. Il se dirige vers son dressing, puis en retire une tenue lorsqu'on sonne à la porte. La seule personne qu'il attend est Alice. Il crie qu'il arrive et prend le temps d'enfiler son boxer et son pantalon avant d'ouvrir la porte en sautillant presque.

Il se retrouve en face d'un homme assez âgé, bedonnant des bajoues et du ventre et dont le crane bien qu'atteint par la calvitie est recouvert d'une mèche de cheveux gigantesque partant de l'oreille droite vers la gauche.

Nan... Définitivement pas Alice...Ou alors elle a pris une sacrée claque depuis la dernière fois.

Il tente de réprimer un fou rire et demande poliment. « Bonjour, vous désirez ? ». L'homme lui prend la main... qu'Edward ne tendait pas... et la serre fortement.

« Bonjour, la propriétaire a mis cette maison en vente dans mon agence et nous sommes ici pour y faire une visite. ».

Edward passe la main dans ses cheveux et demande d'un ton froid. « Qui aurait fait une chose pareille ? ».

L'homme avance d'un pas. « J'ai reçu l'appel et tous les papiers cet après-midi. Par Madame Cullen elle-même ! ». Il fait signe à un jeune couple resté en retrait depuis le début, d'avancer vers la porte. « Elle m'a bien fait comprendre qu'elle voulait vendre ce bien le... plus... rapidement... possible. ». L'agent immobilier accentue la fin de sa phrase, montrant bien que cette situation lui plait énormément. Mettre à la rue de jeunes princes tels que lui est une gratification sans borne.

Edward tend le bras dans la direction du gros joufflu pour lui faire signe de stopper son avancée. Il soupire et passe la main dans ses cheveux. « Je vois. ». Edward leur fait un petit sourire avant de claquer la porte au nez des trois personnes figées de stupeur sur son paillasson.

Il prend le temps de fermer la porte à double tour... on n'est jamais trop prudent, prend ses clefs et passe par la fenêtre de sa cuisine pour descendre par l'escalier de secours. Une fois en bas, il hèle un taxi et indique l'adresse de ses parents.

xoxo

Carlisle est à table avec sa femme et son plus jeune fils. Cette ambiance digne d'une veillée mortuaire est en train de l'achever. Il continue pourtant de siroter son thé glacé et se dit qu'il y glisserait bien quelque chose de plus corsé.

Ou encore je peux laisser le thé sur la table et partir avec la bouteille...

Mais il n'ose pas bouger car il sait qu'il risquerait que la colère et la fureur de sa charmante et douce Esmée changerait de main et passerait sur lui. Combien de fois a t-il déjà entendu ce discours. Il se demande si elle n'a pas de planqué quelque part une bande préenregistrée... Il sourit et pouffe doucement à l'idée. Grossière erreur.

Les regards d'Edward et d'Esmée se tournent vers lui. Edward sourit discrètement, sachant très bien que son père a dû décroché de la conversation même pas cinq secondes après qu'elle ait commencée. Esmée par contre ne le prend pas aussi bien. Elle fait de grands gestes et repart de plus belle.

« Ton fils n'est qu'un bon à rien. Il n'a encore rien fait de sa vie. Il n'a jamais eu un véritable travail. Et je ne te parle pas au niveau sentimental ! Bla... Bla... Bla... ».

Il finit par se rendre compte qu'il n'entend même plus correctement les mots prononcés par son épouse. Il relève la tête et se rend compte que son fils le regarde d'un air froid. Ses sourires et sa chaleur ne sont que pour sa mère.

Edward passe un bras autour des épaules de sa mère et lui dit de ne pas s'en faire et ajoute sur un ton moqueur qu'il grandira bien assez tôt. Il prend un biscuit et le trempe dans son verre de lait avant de l'enfourner dans sa bouche.

Carlisle se dit qu'il arrive à déchiffrer les complexités d'un cerveau humain mais qu'il est incapable de comprendre ce qu'il se passe dans la tête du plus jeune de ses fils.

Esmée se radoucit mais tape à plusieurs reprises l'épaule d'Edward en le traitant d'éternel adolescent. Elle prend un autre biscuit, le trempe aussi dans le lait et le met de force dans la bouche de son fils.

Elle leur explique qu'elle compte se retirer des affaires et qu'elle ne veut pas laisser son entreprise à quelqu'un qui n'a aucun sens des réalités. Puis elle conclut sur le fait qu'il serait bien que son mari s'implique plus dans cette histoire.

Leurs regards se tournent une nouvelle fois vers lui. Carlisle se lève et dit.

« Cela changerait-il vraiment quelque chose. Tu sais bien qu'il n'y a rien à tirer de ce garçon. C'est un bon à rien. Il serait préférable de laisser l'entreprise à Jasper ou encore à un parfait inconnu et de verser une rente mensuelle à Edward. Jasper est plus sérieux mais nous savons depuis longtemps qu'il est pris par le studio... ». Il prend la mallette posée sur la chaise près de lui. « … Esmée consacre toi à autre chose ma chérie car tu vas encore être déçue et tu sais que cela me contrarie. ». Il l'embrasse sur le front et part à son travail sans même un regard pour son fils.

Esmée sait qu'il a raison mais trouve qu'il s'est exprimé trop durement surtout devant le principal concerné. Elle se radoucit directement en voyant la tristesse et la colère dans les yeux d'Edward. Elle le prend maladroitement dans ses bras et lui tend un biscuit.

« Edward mon chéri. Tu sais qu'il t'aime n'est-ce pas. Ses paroles sont toujours plus dures que ses pensées. Peux-tu au moins essayer d'arriver au bout de ce projet. Montres nous que tu peux remonter cette boite en six mois et nous ne douterons plus jamais de toi. Mais il faut que tu fasses un effort. ».

Elle caresse doucement les cheveux soyeux de son fils et se demande comment sa famille a pu en arriver là.

xoxo

Jasper est chez Alice. Elle l'a appelé pour qu'il vienne faire quelques petits travaux chez elle et maintenant il se retrouve là, sur une échelle, dans un équilibre précaire. Il lui dit qu'elle l'exploite et qu'il espère en être récompensé gracieusement.

Alice, quand a elle, est confortablement installée sur un fauteuil, sirotant un thé. Elle contemple le spectacle qui a lieu sous ses yeux et n'en perd pas une miette. Pour rien au monde, elle ne changerait sa place avec quelqu'un d'autre. Son Jasper est torse nu, jeans tombant bas et laissant apparaître ce fameux V recherché et convoité par tant d'hommes et de femmes. Elle se dit qu'elle doit tout faire pour le garder auprès d'elle.

Jasper descend de l'échelle, en sautant gracieusement les derniers paliers. Il se rend compte qu'Alice a le regard fixé sur son corps et sourit. Il fait tourner l'ampoule grillée qu'il a dans la main et la tend vers elle. La jeune femme se redresse, sans un pli sur son tailleur impeccable, lui dit de se reposer un peu le temps d'aller lui chercher une boisson fraiche.

Tandis qu'il sirote son soda, elle fait courir ses doigts le long des muscles de son ami. Sa peau se tend à son contact. Jasper a encore un peu de mal avec toute cette situation.

Laisses parler ton cœur...

Il lui sourit et se laisse faire. Un frisson parcourt son corps lorsque les effleurements se font plus insistants et se transforment rapidement en caresses. Jasper finit par lui attraper le poignet et l'attire plus près de lui. Avec des lèvres rafraichies par la boisson, il l'embrasse passionnément.

Écoute ton cœur...

Ses mains agrippent et prennent plaisir à froisser le tissu de la tenue toujours parfaite d'Alice. Il continue à la couvrir de baisers, avec une hésitation qui inquiète la jeune femme. Elle sent qu'il est troublé et indécis. Est ce qu'il va la rejeter à nouveau ?

Ne pas vivre sur des regrets...

Elle décide de prendre les choses en main. Elle est revenue pour lui et fera tout pour qu'il redevienne l'amoureux transi qu'il était. Edward... Jasper... sont avec elle depuis si longtemps qu'elle ne sait pas comment vivre sans eux.

xoxo

Plus tard dans la journée...

Edward appelle Alice. Il a eu une journée plus que merdique et souhaite vraiment être auprès de celle qui compte à ses yeux. Elle l'invite à venir chez elle. Il se retrouve donc tout sourire, devant la porte de la jeune femme. Mais son sourire s'éteint aussitôt que la porte s'ouvre.

Jasper l'accueille chaleureusement et prend la bouteille de vin qu'Edward avait apporté en cadeau. Il semble ravi de l'arrivée de son petit frère. Mais Edward ne parvient qu'à exprimer des propos durs et acerbes. Ils s'installent tous les trois dans le salon d'Alice. La tension est palpable mais Jasper tente tant bien que mal de maintenir un semblant de bonne humeur. Edward prend son verre de vin et le lève dans leur direction.

« Cela fait près de trois ans que nous ne nous étions pas réunis ainsi. Je lève mon verre à mes deux meilleurs amis... ». Il vide son verre d'un coup et le repose violemment sur la table. « … D'ailleurs c'est depuis qu'Alice t'a quitté si je me souviens bien. Mais il semblerait que cela soit du passé... ».

Jasper sourit à son frère, comprenant où il veut en venir. « En effet nous nous sommes réconciliés. Mais rien ne sera jamais comme avant. Nous avons tous appris de nos erreurs. Et je sais qu'il y en a certaines que je ne referais pas... ». Il se lève et avance vers la cuisine. « … Je vais chercher de quoi grignoter, est ce que quelqu'un a faim ? ». Il quitte la pièce sans même attendre une réponse.

Edward s'installe un peu plus confortablement dans le fauteuil et jette un regard froid sur Alice. « Que voulait-il dire par là ? Ton jeu d'actrice dramatique n'a pas si bien fonctionné n'est-ce pas ? ». Elle ne répond pas, son regard est encore tourné vers la cuisine. Elle semble pale et confuse. Il décide de continuer à lui parler. « Pensais tu qu'avec ton retour, tout redeviendrai comme avant ? Je préfère m'en aller.». Alice pose son verre et se lève vers lui. Edward fait de même. Ils sont à un pas l'un de l'autre. Elle pose sa main sur le bras d'Edward pour le retenir.

« Ne pars pas. Ton frère ne comprendrait pas. ».

Edward passe sa main dans ses cheveux et soupire. « Je ne suis pas venu pour que tu puisses faire l'étalage de ta nouvelle relation avec Jasper... ». Il ferme les yeux avant de continuer. « … Est-ce que les sentiments que j'ai pour toi ont si peu de valeur à tes yeux ? ». Il se pince l'arête du nez avec sa main libre, finit par rouvrir ses yeux. Alice est surprise par le regard brillant d'Edward. Il retire la main posée sur son bras et se tourne vers la sortie.

En chemin, il croise un Jasper qui ne comprend pas ce qu'il se passe, il lui dit qu'il le rappellera bientôt et part en claquant la porte.

Une fois dehors, sous une pluie battante, il hèle un taxi et s'installe à l'intérieur, furieux.

Putain de journée de merde... D'abord mes parents, puis Alice et Jasper et maintenant quoi ?

Au bout de plusieurs minutes, le défilement du paysage et le bruit de la pluie qui tombe sur le véhicule ont raison de sa colère. Il entend vaguement le chauffeur se plaindre de quelqu'un qui ralenti le trafic sur la route. Le taxi dépasse la personne en question et Edward se rend compte que c'est le jeune Bee qui, sous les trombes d'eau, est en train de pousser sa moto. Il secoue la tête, le sourire aux lèvres, bien décidé à laisser le petit voyou dans son pétrin mais se ravise rapidement et demande au chauffeur de faire demi-tour.

Vu la journée, il peut rien m'arriver de pire...

xoxo

Bella a déjà eu des journées merdiques, mais là, celle-ci bat des records. Elle a sillonné les routes de Seattle et des environs, toute la journée. À la recherche d'un nouveau dojo, d'un nouveau boulot ou maintenant d'une corde pour se pendre. Tout cela sans grand résultat, soit une journée totalement infructueuse. Et cerise sur le gâteau, sa moto la lâche alors qu'il pleut des cordes et qu'elle est encore loin de chez elle.

Mais sa journée pourrait être facilement être profitable car elle se dit qu'elle n'est pas vraiment loin de chez Jasper et qu'elle pourrait oser lui demander de l'abriter le temps qu'elle et sa moto puisse récupérer.

Puis une chose en entrainant une autre... Bang !

Des voitures passent à côté d'elle en klaxonnant. Comme si c'était facile de pousser une moto pareille sous la flotte. Elle grommelle quelque chose à voix haute, et sursaute quand une voix lui répond.

« Tu trouveras toujours le moyen de te faire remarquer, pas vrai ? ». Elle relève la tête, décolle sa frange détrempée de sur ses yeux et marmonne de plus belle.

Cullen se tient devant elle, habillé d'une chemise et d'un pantalon qui semblent noirs ou bleus mais avec toute cette pluie la couleur est indéfinissable. Elle resserre son emprise sur la moto et une fois à hauteur du jeune homme, elle marmonne un « Connard » assez fort pour qu'il l'entende et tente de le dépasser avec ce qui lui reste de dignité sachant que chacun de ses pas est accompagné d'un élégant 'floc floc' dû à ses vêtements trempés.

Comment il fait pour être sexy sous la pluie ce con ? J'ai l'air d'une serpillère et lui du dieu de la pluie. Argh !

Cullen passe sa main dans ses cheveux et ricane. Elle se permet un petit regard en arrière et lève les yeux au ciel en soupirant.

Il est encore plus beau avec les cheveux en arrière. C'est vrai que rajouter une petite touche de frustration à cette journée au combien pourrie est mon caramel sur mon sundae !

Voyant qu'elle ne compte vraiment pas l'attendre, Cullen fait les quelques mètres les séparant en courant, il la dépasse et demande. « Besoin d'aide ? ».

Bella s'arrête, soupire profondément et dit. « Non, tu vois bien c'est un certain plaisir pour moi de trainer ma moto sur des kilomètres alors qu'il pleut. Je pense même que c'est le meilleur moment de ma journée ! ». Cullen la regarde, avec un sourcil relevé. Des gouttes d'eau se retrouvent prises dans ses longs cils. Il passe sa main élégamment sur son visage puis croise les bras sur son torse.

« OK, OK. Je vois que tu n'as pas besoin d'aide, alors je vais rentrer chez moi. Car vois-tu Monsieur Connard ici présent habite tout près... Lui... À bientôt ! ». Il fait demi-tour.

Bella gronde, tape du pied et tente de relever une nouvelle fois sa frange. Elle marmonne. « Aides moi s'il te plait... ».

Cullen se retourne vers elle et se baisse un petit peu. Il la regarde avec un grand sourire. « Excuses moi je n'ai pas entendu ? ».

Bella tourne sa tête sur le côté. Elle tente de se calmer tant l'envie d'arracher le sourire narquois du visage de Cullen se fait pressente. Elle grommelle. « Aides moi s'il te plait. ».

Il se met de l'autre côté de la moto pour la pousser à son tour. « Tu vois ce n'était pas si difficile... ». Bella en profite pour lui jeter quelques gouttes d'eau à la figure, ce qui n'est pas un grand mal vu la douche qu'ils se prennent actuellement. Puis s'ensuit une série de gamineries telles que sauter dans une flaque d'eau pour tenter d'arroser son voisin.

Ma moto ne redémarrera jamais avec nos conneries...

Ils parviennent jusqu'au niveau de l'immeuble de Cullen. Il ouvre l'accès à son garage, à l'aide de son pass. Ils y laissent la moto et montent ensuite jusqu'au toit.

Bella court s'abriter dans un coin de la terrasse qui est couvert tandis que Cullen entre dans la maison. Elle appelle discrètement sa mère pour lui dire que tout va bien et tente ensuite à plusieurs reprises de contacter Rosalie.

Elle finit par se lever et entre dans la maison. Cullen est nulle part en vue. Elle parcourt le séjour du regard et tombe sur une énorme collection de cd. Elle les frôle du bout du doigt, en retire un de temps en temps. Elle atteint ensuite un rayon réservé à la musique classique qui lui rappelle le temps où sa mère était prise de passion par ce genre. Époque lointaine où elle n'était que Bella, qu'elle n'avait aucun souci et que personne ne doutait de son identité sexuelle.

Cullen ne donnant toujours pas signe de vie, elle se permet d'installer un des cd dans l'ensemble hifi à proximité. Alors que la musique emplit l'air, Bella perd contenance et s'affale au pied du mur de cd. La fatigue et les soucis aidant, des larmes coulent de ses joues alors qu'elle essaie en vain de ne pas se remémorer le passé.

Restant par terre, elle tente d'étudier les différents cd tout en séchant ses larmes. Elle ne se rend pas compte du retour de Cullen et de son visage effaré quand il voit ce mec trempé en train de farfouiller dans sa collection de cd. Il jette ce qu'il avait dans les mains à terre et se précipite vers elle.

« Putain Bee ! Qu'est-ce que tu fous ? T'es en train de tremper mes cd ! ». Bella sort de sa torpeur et prend en compte la situation. Elle est tellement trempée qu'elle a fait une petite flaque autour d'elle et les cd qu'elle a choisie trempent dedans. Elle se précipite pour les retirer et tente de sécher ses larmes discrètement.

« Excuses moi ! Je suis désolée. ».

Cullen se penche pour l'aider et se rend rapidement compte de son état émotionnel. « Eh ! Bee ? Tu pleures ? ». Il se passe la main dans les cheveux et regarde autour de lui comme s'il s'attendait à trouver la réponse à sa question autour de lui. « Tu sais, faut pas te mettre dans un état pareil... tu ne pouvais pas deviner que j'adore cette collection de cd. ».

Bella sourit. « Non, je suis désolée. ». Elle se dit qu'il n'a peut-être pas un si mauvais fond et tente de sortir de ce moment de faiblesse en se moquant de lui. Elle est censée être un mec tout de même. « Tu sais ce qui me fait chialer Cullen ?... ».

Elle se redresse et lui tend les cd. Elle pose une de ses mains sur le bras du jeune homme d'un air compatissant. « Tu as les même goûts que mon père ! Tsk, tsk, tsk, franchement c'est navrant !».

Cullen ouvre de grands yeux avant de se reprendre. Bella fait un grand sourire et recule de quelques pas en prévision de la bombe Cullen qui s'apprête à lui exploser à la figure.

Il attrape la serviette de toilette qu'il avait pris pour elle et commence à lui courir après pour la fouetter avec. « Alors comme ça j'ai des gouts de vieux ? ». Il parvient à la rattraper mais ils se retrouvent rapidement tous les deux par terre. Ils éclatent de rire, évacuant tous les soucis qu'ils ont pu avoir dans la journée. Ils restent ainsi un instant, tranquillement pour retrouver un semblant de calme.

Bella penche la tête et dit doucement. « En vérité, c'est juste que j'ai eu une journée merdique. En plus, je n'ai plus le dojo. Le propriétaire l'a repris. Je n'ai même pas eu le temps de voir les mômes. Et j'ai cherché un nouveau boulot toute la journée sans succès. ».

Cullen soupire et se dirige dans la salle de bains pour prendre une autre serviette. « Et alors ? Merde, t'es un mec Bee, et tu pleures pour ça ? Oublies ça et passe à autre chose. ». il retourne vers Bella, ramasse les vêtements qu'il avait jeté à terre et lui tend le tout. « Tiens changes toi. Tu es trempé alors ne vas pas tomber malade en plus. ».

Bella prend les affaires qu'il lui tend et se dirige vers la salle de bains. Elle en ressort un peu plus tard, sèche et portant un pantalon et une chemise bien trop grands pour elle. Elle porte le col de la chemise à son nez et aspire avec plaisir l'odeur fraiche de la lessive complétée par celle d'Edward.

Je ne vais pas me plaindre, je suis au sec ! Et merde qu'est-ce qu'il sent bon.

Elle hume encore une fois et repère une autre bonne odeur. De la nourriture ! Elle se dirige dans cette direction. Cullen est en train de préparer le diner. Vêtu d'un pantalon large en toile et d'un t-shirt, près du corps dont les manches ont étés soigneusement coupées, il se tient devant une casserole dont il touille le contenu. Sans même se retourner, il dit. « Tu manges avec moi je suppose ? ». Elle dit son accord et s'installe près de lui. Un couteau, des légumes et une planche à découper. Si le message n'est pas clair. Elle plie les manches de la chemise et se met à l'ouvrage.

Pourquoi n'ai-je pas le droit de vivre la même chose en tant que Bella ? Est-ce trop demandé qu'un mec pareil s'intéresse à moi ?

Cullen met en marche une petite radio et ils continuent à cuisiner au rythme des morceaux qui passent. Une fois que le diner est prêt, Bella pose le plat entre eux sur la table et lui donne une cuillère.

Cullen s'interroge. « On ne met pas le couvert ? ». Elle le regarde, la tête déjà dans le plat et réponds la bouche pleine. « Pas besoin, pas le temps ! ».

Il sourit en la regardant manger de bon appétit. Bella voit bien qu'il a envie de lui poser des questions, surtout après son mélo de tout à l'heure mais elle apprécie le fait qu'il attende qu'elle lui fasse un signe.

Il n'aurait pas un égo surdimensionné et cette passion malsaine pour les filles faciles qu'il serait bon à présenter à Renée...

Elle a déjà englouti les trois quart du plat qu'il n'a pas encore prit deux bouchées. « Qu'est-ce que tu as Cullen ? Pourquoi tu ne manges pas ? ». Il semble hésiter. « Poses-moi ta question ou tu risques de ne rien manger ce soir ! ».

Il repose sa cuillère et demande. « Qu'est-ce qu'il t'arrive pour que tu sois autant à court d'argent ? ». La cuillère de Bella reste en suspens dans les airs, avant d'atteindre sa bouche. Elle mâche, ferme les yeux, soupire et déclare.

« Ma famille a fait une série de mauvais choix... qui nous ont entrainés dans la pente dans laquelle je suis actuellement. Il fallait que l'un d'entre nous fasse quelque chose et vu que personne ne veut gérer le problème alors je m'y colle. Fin de l'histoire. ».

Cullen s'appuie un peu plus sur le dossier de sa chaise et pose sa cuillère. « Tu ne m'en diras pas plus ? ». Bella reste les yeux baissés vers le plat. « Ce n'est pas mon genre de parler de mes problèmes. Je vais dans le séjour, j'ai un coup de fil à passer. ». Elle se lève sans un regard vers lui. Une fois au niveau de la porte, elle tourne sa tête et dit. « Merci pour le repas. C'était super bon. ».

Dans le séjour, Bella tente une nouvelle fois d'appeler Rosalie. Elle laisse un message sur son répondeur. Cullen revient, pose un plateau sur la table basse et dit à Bella de le rejoindre sur le canapé.

Vu que la pluie n'a pas cessée, ils décident de regarder un film ensemble. Il prend une sélection de DVD, le programme télé, des bières et quelques trucs à grignoter. Bella s'installe par terre avec quelques coussins alors que Cullen s'allonge sur le canapé. Ils rigolent en regardant des bandes annonces, des publicités et quelques clips.

Soudain, Cullen se retourne et se pose sur le ventre, tout près du visage de Bella.

« Pourquoi as-tu le visage si juvénile ? Tu as quoi ? 24, 25 ans et tu fais encore très gamin ? ».

Bella s'écarte un peu, gênée par autant d'attention ou le risque d'être démasquée. « C'est... hum... que... que je ne nourris pas toujours très bien, alors tu vois ma croissance en a pris un coup. ».

Cullen se marre. « Toi ? Tu ne manges pas bien ? Tu me prends vraiment pour un con ? ». Bella lui lance un coussin et lui dit de se mêler de ses affaires. Il prend une bière et lui en tend une. Elle s'en saisit et regarde leurs mains.

« Comment un mec peut avoir des mains si jolies ? Elles sont plus douces que les miennes !».

Cullen inspecte ses mains puis celles de Bella. « Parles pour toi. ». Il change de chaine. Bella le regarde et lui demande.

« Et toi ta journée ? Tu ne me sembles pas aussi péteux et coincé que d'habitude... c'est donc que quelque chose ne va pas... ».

Cullen soupire et lui raconte, dans les grandes lignes, les problèmes avec sa mère. Le fait que ses parents ne supportent plus qu'il ne fasse rien de ses journées. Bella s'indigne du fait qu'il a le droit de faire ses propres choix mais qu'en effet il faut qu'il fasse quelque chose de sérieux. Il lui explique qu'il doit s'occuper d'un café qui tient plus de la porcherie que d'un lieu de restauration digne de ce nom.

Bella le regarde d'un air moqueur. « Et tu n'es pas allé oublier tout cela entre les bras, ou plutôt devrais-je dire, les jambes d'une fille ? Par exemple celle de la dernière fois... tu prends vite sa défense à chaque fois... Ce n'est pas sérieux avec elle non plus ?». Bella tente de rester impassible mais elle trépigne de savoir s'il est sérieux avec quelqu'un ou non.

Il se passe la main sur le visage et dit. « Elle, ce n'est pas pareil. C'est.. hum... une habitude... ».

Bella ne voit pas plus clair dans son jeu. « Vous êtes vraiment proches alors ? ».

Cullen prend une gorgée de sa bière. « Notre relation est comme le café du matin. Tu ne peux pas t'en passer. Tu sais que tu dois le faire mais tu n'arrives pas à t'y soumettre. C'est une mauvaise habitude mais j'y suis accro. Bon on ne parle plus de ça s'il te plait. ».

Bella hoche la tête et prend quelques popcorns à grignoter.

J'ai vraiment aucune chance contre une fille pareille.

Elle réfléchit. « En parlant de café ! Il est où celui que tu dois gérer ? ».

Cullen relève un peu la tête du programme télé qu'il est en train d'étudier. « Mmmh celui qui est près de la gare. Le café du prince je crois... tu parles d'un prince... C'est tellement sale que tu chopes une gastro rien qu'en passant la porte... ».

Bella se redresse. « LE CAFÉ DES PRINCES ! SÉRIEUX ! ». Elle dit plus bas. « Je ne me rappelais pas qu'il était à vendre... puis Billy ne m'a rien dit... c'est curieux ! ». Elle se met à taper sur le dos de son ami.

« Il faut à tout prix que tu prennes ce boulot ! Et en plus tu pourrais m'embaucher ! Je ferais tout ce que tu veux ! Je suis plus costaud qu'il n'y paraît ! ».

Cullen le regarde et soupire. « J'embauche pas les idiots ! Encore moins les pleurnichards. ». Bella le regarde d'un air méprisant.

« Bon ben sans boulot je ne pourrais pas te rembourser. Puis maintenant je comprends mieux pourquoi tu ne trouves pas à te marier... Humpf... un mec qui en glande pas une de ses journées... »

Il roule son journal et le pointe vers Bella d'un air menaçant. « Ne. Me. Cherche. Pas. ».

Elle n'en démord pas et continue sur sa lancée. « Écoutes Cullen ! Tu n'as rien à y perdre. Tu gères le café. Si ça marche tu redores ton blason auprès de ta mère et de cette fille qui t'obsède tant et si ça marche pas … ben t'auras essayé et tu pourras reprendre ta vie de paresseux tranquillement. ».

Il la regarde et prend en compte les arguments. Il repose son journal et attrape sa bière.

Hum... Ça fait encore plus mal qu'un journal ça !

Il porte la bouteille à ses lèvres. Ce dont Bella ne perd pas une miette et elle souhaite même être à la place de ce petit goulot. Cullen repose la bière, se lève et va à la fenêtre.

« Il semble que la pluie ne se calme pas... Tu dors là ? Ou tu veux tenter de rentrer chez toi ? ».

Bella se mord la lèvre en se demandant ce qu'elle doit faire. Elle n'a pas eu de nouvelles de Rosalie et elle n'est pas assez douée pour réparer sa moto elle-même. Puis sa sœur la tuerait si elle se permettait de toucher à quoi que ce soit sans son accord. Et c'est rare qu'elle ai la chance de passer un si bon moment sans avoir à se soucier de quoi que ce soit.

À part le fait qu'il découvre que tu es une fille et que tu as omis de lui dire depuis le début, bien entendu...

« OK Cullen. Je veux bien dormir là, enfin si ça ne te dérange pas bien entendu. ».

Cullen retourne sur le canapé et se place au niveau de Bella. « Tu sais que tu peux m'appeler Edward. Je pense qu'on se connait assez pour que tu puisses te le permettre. Mais je te le dis tout de suite. PAS. DE. SURNOM ! ».

Bella se retourne et lui met un coup de coussin. « Alors va pour Eddy ? Ed ? Wardie ? Didi ? » Elle rigole en tentant de trouver d'autres surnoms tout aussi ridicules. « Eddichou est ce que tu aurais une brosse à dents à me filer ? ». Elle ne se rend même pas compte, avant l'impact, qu'Edward lui a relancé le coussin dans la tête. « Ouch ! OK, OK ! E. D. W. A. R. D. Edwaaaard. ! ».

« Dans la salle de bains, premier tiroir sous les vasques. Et files avant que je décide de te foutre dehors. ».

Bella se lève, lui fait un salut militaire. « Merci EddieBoy ! ». Elle détale et ferme la porte rapidement derrière elle. Elle entend le coussin s'abattre avec force de l'autre coté de la porte. Elle en sourit encore alors qu'elle se lave les dents.

J'aimerais vraiment savoir comment faire pour qu'il perde cette fameuse habitude... Ça ne doit pas être si difficile d'abandonner le café du matin ? Pour ce que j'en sais... moi je ne vis que pour mes céréales... J'ai jamais entendu parler d'une cure de désintox à base de Lucky Charms...

La porte s'ouvre violemment et Cullen entre précipitamment pour soulager un besoin urgent. Il soupire de contentement une fois debout en face des toilettes.

Bella, les yeux écarquillés lui demande. « Mais qu'est-ce que tu fais là Cullen ! C'est dégoutant ! ».

« Bah quoi ? On est des mecs non ? Je n'allais pas attendre que tu ai fini pour pisser... ». Il s'installe sur la vasque d'à côté et commence à se laver les mains. « … Et je t'ai dit que mon prénom est Edward. ».

Bella reste pensive devant sa vasque et la bouche encore pleine de dentifrice, elle recommence son manège. « D'accord, d'accord... Eddiboo... ». Le fameux Eddiboo en question l'empoigne par derrière et entreprend de lui passer la tête sous l'eau.

« Je vais nettoyer ta bouche qui semble bien sale avec du savon ! ». Bella éclate de rire mais s'étouffe rapidement avec le dentifrice qu'elle a encore dans la bouche. Il relâche sa taille pour l'aider à se calmer. « Purée, en plus d'avoir les traits fins, tu es aussi frêle qu'un petit oiseau. Et regardes dans quel état tu as mis le miroir ! Il est plein de dentifrice ! ». Edward tient Bella par un des pans de sa chemise et lui demande. « Alors, comment je m'appelle ? ». Bella se rince la bouche et répond doucement.

« Edward. ».

Les yeux verts d'Edward semblent vitreux l'espace d'un instant. Il passe la main dans ses cheveux et dit. « Hum... Ouais... Bon... voilà... Je te laisse le canapé ...hum... OK ? ». Il sort de la salle de bains sans demander son reste. Bella ne comprend pas ce changement d'attitude. Elle nettoie le désordre et retourne dans le séjour.

Des couvertures et un oreiller l'attendent déjà sur le canapé et Edward n'est nulle part en vue. Bella range les vestiges de leur plateau télé dans la cuisine et garde une oreille attentive pour guetter le retour d'Edward. Ne le voyant pas revenir, elle fait quelques pas dans le couloir et s'approche d'une porte entrouverte.

« Ed.. Edward ?... Tu es là ? ». Elle aperçoit dans la pénombre le corps étendu du jeune homme dans ce qui semblerait être déjà couché.

« Ouais… hum... désolé, je suis fatigué. Alors on se voit demain OK ? Fais comme chez toi en attendant. Bonne nuit. ».

Bella s'appuie contre la porte, regarde Edward un instant et finit par lui dit bonne nuit à son tour avant de retourner discrètement dans le séjour.

o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

À bientôt !

:3